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Le don par SMS s’est installé dans les habitudes des Français. En huit ans, ce canal a permis de collecter 16,4 millions d’euros en France. Le quatrième baromètre de France générosités et de l’af2m, publié le 12 mai 2026, confirme cette dynamique : les montants progressent, le don moyen remonte, et une nouvelle technologie commence à changer la manière de donner.En 2025, les dons par SMS ont représenté 1,86 million d’euros, pour 214 000 contributions. Le fonctionnement reste très simple : le donateur envoie un mot-clé à un numéro dédié, et le montant est directement prélevé sur sa facture mobile. Pas besoin de carte bancaire, ni de formulaire, ni d’inscription. Depuis 2018, 2,1 millions de Français ont utilisé cette méthode. Le montant moyen progresse lui aussi. Après un passage à vide en 2021 et 2022, autour de 5 euros, il atteint 8,72 euros en 2025. Les associations ont appris à mieux orienter les donateurs, avec des mots-clés comme « DON10 » ou « DON20 », qui proposent immédiatement un montant plus élevé.Mais ce modèle dépend encore fortement des temps forts médiatiques. En 2025, le seul mois de juin a concentré 22 % de la collecte annuelle, porté par les campagnes contre le cancer de la Fondation ARC et de l’Institut Gustave Roussy, ainsi que par la mobilisation de la SPA contre les abandons d’animaux. La grande nouveauté vient du RCS, souvent présenté comme le successeur enrichi du SMS. Il permet d’intégrer dans la messagerie des images, des vidéos et des boutons interactifs. La France est devenue le premier pays au monde à autoriser le don via ce format. Orange, SFR, HighConnexion et France générosités ont participé à sa mise en place.Six associations l’ont testé en 2025, avec des résultats encourageants : le don moyen atteint 14 à 15 euros, presque le double du SMS classique. L’expérience est plus visuelle, plus fluide, et semble davantage pousser au passage à l’acte. Autre signal à suivre : le don récurrent sur facture mobile. Il reste modeste, avec 375 donateurs, mais les montants collectés ont bondi de 54 % en un an, à 36 980 euros. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Sur Internet, l’heure exacte est une infrastructure invisible. Tant qu’elle fonctionne, personne n’y pense. Mais sans elle, les certificats expirent, les connexions sécurisées échouent, les authentifications se bloquent et les journaux de cybersécurité deviennent impossibles à exploiter.Cette synchronisation repose largement sur un protocole né en 1985 : NTP, pour Network Time Protocol. Son rôle est simple : permettre à un ordinateur, un téléphone ou un routeur de se caler sur une heure de référence. Le système fonctionne en strates. Tout en haut, on trouve des horloges atomiques ou des récepteurs GPS. En dessous, des serveurs redistribuent cette heure au reste du réseau. Le problème, c’est que la quasi-totalité de cette chaîne dépend, directement ou indirectement, du GPS américain. Or le GPS est d’abord un système militaire, contrôlé par le département de la Défense des États-Unis. Jusqu’en 2000, Washington dégradait volontairement le signal civil avec un mécanisme appelé Selective Availability. Cette dégradation a été désactivée, mais rien n’empêche théoriquement de la réactiver.Pour un humain, quelques millisecondes d’écart n’ont aucune importance. Pour un système informatique, c’est autre chose. TLS, qui sécurise les connexions HTTPS, vérifie la validité temporelle des certificats. Kerberos, très utilisé dans les entreprises, rejette les authentifications avec plus de cinq minutes de décalage. Et dans les outils de cybersécurité, une horloge fausse peut désordonner toute la chronologie d’une attaque.NTP peut aussi être détourné. Un attaquant peut décaler l’heure d’une cible, ou exploiter des serveurs mal configurés pour amplifier une attaque. En 2014, une attaque NTP avait atteint 400 gigabits par seconde contre un client de Cloudflare. Même sans attaque, une mauvaise gestion d’une seconde intercalaire avait fait tomber Reddit, LinkedIn, Mozilla ou encore Yelp en 2012. L’Europe dispose pourtant d’alternatives. Galileo diffuse un signal de temps précis. En France, l’Observatoire de Paris, via le SYRTE, maintient l’heure légale avec des horloges atomiques extrêmement fiables et propose des serveurs NTP publics. L’Allemagne, la Suède ou le Royaume-Uni ont aussi leurs références.Mais ces sources ne sont presque jamais configurées par défaut. Ni Windows, ni macOS, ni les routeurs grand public, ni les grands clouds ne les privilégient. Les textes comme NIS2 ou DORA imposent la résilience numérique, sans exiger de sources de temps souveraines. L’Europe a donc les moyens de maîtriser son heure numérique. Elle n’a simplement pas encore décidé d’en faire une priorité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Microsoft présente Scout comme un nouvel « agent personnel toujours actif ». L’entreprise le classe dans une catégorie appelée autopilotes : des intelligences artificielles capables d’agir pour l’utilisateur, sans attendre une consigne explicite à chaque étape. L’outil s’appuie sur OpenClaw, une IA agentique que Microsoft intègre désormais à Microsoft 365. Testé en interne sous le nom ClawPilot, puis rebaptisé Scout pour son lancement public, il s’inscrit dans un projet plus large baptisé Project Lobster. Son ambition est de rendre ces agents accessibles à des utilisateurs sans compétences techniques.Concrètement, Scout peut se connecter aux données d’un compte Microsoft et aux applications comme Teams, Outlook, OneDrive ou SharePoint. Il peut organiser des réunions entre plusieurs fuseaux horaires, préparer des documents, modifier des fichiers Word, Excel ou PowerPoint, naviguer sur le Web, remplir des formulaires ou exécuter certaines commandes système. Pour des tâches plus complexes, il peut mobiliser des sous-agents spécialisés, par exemple pour la recherche ou le code. Scout repose aussi sur Work IQ, une couche d’IA qui apprend la façon dont une personne travaille. L’agent ne se contente donc pas de répondre comme un simple chatbot : il tient compte du métier, de l’organisation de l’entreprise et du contexte professionnel. Microsoft assure également que chaque agent dispose de sa propre identité et que les enjeux de sécurité ont été intégrés.Mais la controverse vient d’un document interne consulté par 404 Media. Celui-ci décrit une stratégie en trois étapes pour bâtir une plateforme agentique, avec une première phase qualifiée d’« application addictive ». Le texte explique qu’il faut rendre les utilisateurs accros à ClawPilot, devenu Scout, en développant une expérience autonome, une base d’utilisateurs et un écosystème d’outils indispensable au quotidien. Le projet serait déjà utilisé par plus de 1 000 employés de Microsoft, dont Satya Nadella, avec une forte rétention et un usage intensif. Cette approche inquiète en interne. Un salarié estime qu’aucun produit ne devrait intégrer l’addiction dans sa stratégie de conception. Reste à savoir si Scout séduira vraiment. Microsoft a déjà tenté d’imposer Copilot dans Windows 11, non sans provoquer la colère d’une partie des utilisateurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les attaques par déni de service, ou DDoS, font partie des méthodes les plus connues de la cybersécurité offensive. Leur principe est simple : envoyer tellement de requêtes vers un site ou un service en ligne que ses serveurs finissent par saturer. Résultat, la page ne répond plus, l’application tombe, et les utilisateurs légitimes ne peuvent plus accéder au service.Traditionnellement, ce type d’attaque nécessite un botnet, c’est-à-dire un vaste réseau de machines compromises : ordinateurs, routeurs, caméras connectées ou objets mal protégés. Mais des chercheurs de la société californienne Calif viennent de documenter une méthode beaucoup plus inquiétante : une attaque DDoS capable de fonctionner depuis un seul ordinateur. Cette technique, baptisée « HTTP/2 Bomb », doit être présentée lors de la conférence Real World AI Security, organisée à Stanford du 23 au 25 juin. Les chercheurs expliquent avoir utilisé Codex, l’IA d’OpenAI, pour les aider à détecter cette faille.Le cœur du problème vient de HTTP/2, une version moderne du protocole qui permet à un navigateur et à un serveur web de communiquer. HTTP/2 a été conçu pour accélérer les sites, notamment grâce à la compression des en-têtes et à l’envoi de plusieurs requêtes sur une même connexion. Mais ces optimisations peuvent être détournées. L’attaque exploite notamment HPACK, le système chargé de compresser certaines informations échangées entre le client et le serveur. En manipulant ce mécanisme, un attaquant peut forcer le serveur à reconstruire en mémoire de très grandes quantités de données pour un trafic en apparence limité. La seconde étape consiste à empêcher cette mémoire d’être libérée rapidement, en jouant sur les mécanismes de contrôle du flux.Selon Calif, un simple ordinateur connecté à 100 Mbps peut ainsi épuiser des dizaines de gigaoctets de mémoire vive en quelques secondes. Lors des tests, un serveur Envoy est tombé en une dizaine de secondes, Apache a saturé 32 Go de mémoire en 18 secondes, tandis que nginx et Microsoft IIS ont cédé en moins d’une minute. La menace est sérieuse, mais pas universelle. Tous les serveurs ne sont pas vulnérables, et certains correctifs existent déjà. En attendant, les experts recommandent de limiter strictement les en-têtes, de passer par des CDN ou proxys inverses, et de désactiver HTTP/2 lorsque c’est possible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Imaginez votre début de journée... C’est le matin, vous venez de vous réveiller et vous ouvrez votre téléphone. Une petite histoire illustrée vous résume ce qui vous attend. Votre colis vient d’être livrée : Google l’a repéré dans Gmail. Un ami arrive ce week-end : l’information figurait dans votre agenda. Bref, cette application s’appelle Dreambeans, littéralement « graines de rêve ». Elle est actuellement testée publiquement par Google Labs. Son principe est simple : transformer les données personnelles déjà présentes dans l’écosystème Google en mini-récits visuels, comme un journal intime automatisé de votre journée.Pour fabriquer ces histoires, Dreambeans relie les informations issues de plusieurs services : Gmail, Google Agenda, Photos, YouTube ou encore l’historique de navigation. En clair, Google ne collecte pas seulement de nouvelles données pour l’occasion ; il réorganise surtout celles qu’il possède déjà, puis les présente sous forme synthétique et illustrée grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif affiché est de vous faire gagner du temps. Au lieu de chercher vous-même les informations utiles (une livraison, un rendez-vous, une sortie, une recommandation) l’application les rassemble dans un petit récit personnalisé. Les illustrations sont générées par IA et servent à donner une forme plus agréable, presque ludique, à ce résumé quotidien.Derrière Dreambeans, Google met en avant une technologie appelée « Personal Intelligence ». Il s’agit d’une IA conçue pour agir de manière proactive, c’est-à-dire anticiper ce qui peut vous être utile avant même que vous ne le demandiez. Évidemment, la question de la vie privée arrive immédiatement. Google précise que Dreambeans nécessite au moins la connexion d’une application Google, mais fonctionne mieux si plusieurs services sont autorisés. L’utilisateur peut choisir quelles applications alimentent ses récits, tandis que les autres sont censées rester séparées. Pour l’instant, Dreambeans n’est disponible qu’aux États-Unis. Il faut être majeur, posséder un abonnement Google AI Ultra, et utiliser l’application sur Android ou iOS. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis son rachat par Elon Musk en 2022, Twitter, devenu X, a connu une transformation radicale. Nouveau nom, réduction des équipes, politique de modération remaniée : presque tout a changé. Mais la rupture la plus visible reste sans doute la coche bleue. Autrefois réservée aux personnalités et organisations dont l’identité avait été vérifiée, elle est devenue l’un des principaux avantages proposés aux abonnés payants.L’objectif affiché par Elon Musk était de réduire la dépendance de la plateforme à la publicité, en développant les revenus tirés des abonnements. Et X semble désormais prêt à serrer davantage la vis pour pousser ses utilisateurs gratuits vers l’offre Premium. Selon Engadget, la plateforme a discrètement abaissé les limites quotidiennes imposées aux comptes non vérifiés. Ces utilisateurs ne peuvent plus publier que 50 messages originaux et 200 réponses par jour. La différence avec l’ancien plafond est spectaculaire : celui-ci permettait jusqu’à 2 400 publications quotidiennes. Pour les messages originaux, la baisse dépasse donc 95 %.La modification n’a pas fait l’objet d’une grande annonce. Elle a été repérée par des internautes sur X et Reddit, après une mise à jour de la page d’assistance officielle. Lorsqu’une personne atteint l’une de ces limites, la plateforme doit afficher un message d’erreur indiquant précisément le plafond dépassé. Derrière cette décision, la stratégie commerciale paraît assez claire. X cherche à rendre l’usage gratuit plus contraignant pour mieux valoriser son abonnement Premium. La formule la moins chère coûte trois euros par mois, ou trente-deux euros par an. Un tarif d’appel qui doit convaincre les utilisateurs les plus actifs de sortir leur carte bancaire.La plateforme peut toutefois avancer un autre argument : la lutte contre les bots, ces comptes automatisés capables de publier d’énormes volumes de contenus, parfois pour diffuser de la publicité, manipuler les conversations ou mener des campagnes de désinformation. X avait déjà introduit, en octobre 2025, une rubrique « À propos de ce compte », permettant notamment de connaître le pays d’origine associé à un profil. Mais la mesure suscite beaucoup de critiques. Sur X comme sur Reddit, certains utilisateurs y voient moins un outil de modération qu’un nouveau péage numérique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le cinéma français retrouve le goût du très grand écran. Sur les trois premiers mois de 2026, les salles IMAX de l’Hexagone ont généré 7,9 millions de dollars de recettes, soit une progression spectaculaire de 230 % sur un an. Selon les chiffres communiqués par le groupe, la France réalise ainsi son meilleur début d’année historique et se hisse au septième rang mondial du box-office IMAX.Cette performance illustre une tendance de fond : face au confort des plateformes de streaming et des téléviseurs toujours plus grands, les salles cherchent à proposer une expérience que le salon ne peut pas facilement reproduire. L’IMAX s’inscrit pleinement dans cette stratégie dite « premium ». Le format repose notamment sur des écrans de très grande taille, une projection particulièrement lumineuse et détaillée, ainsi qu’un système sonore immersif conçu pour envelopper le spectateur. Cette progression passe aussi par une présence plus importante sur le territoire. Le réseau français est passé de 22 à 36 salles IMAX. Sept nouvelles installations ont ouvert en 2025, un record national, et le groupe prévoit au moins cinq ouvertures supplémentaires en 2026. Le format ne se limite donc plus à quelques établissements emblématiques des grandes métropoles : il gagne progressivement des cinémas dans plusieurs régions.Le calendrier des sorties joue également un rôle essentiel. IMAX annonce quatorze productions estampillées « Filmed for IMAX » en 2026. Cette mention désigne des films conçus ou tournés spécifiquement pour tirer parti du format, avec une image pensée pour occuper davantage l’écran et renforcer la sensation d’immersion. Parmi les titres mis en avant figurent The Odyssey de Christopher Nolan, Dune : Troisième Partie, The Mandalorian and Grogu ou encore Narnia. La France a déjà bénéficié de cet engouement avec Avatar : Le Feu et la Cendre. Le film est devenu le deuxième plus grand succès IMAX du marché français, avec 12 millions de dollars de recettes sur l’ensemble de son exploitation.Pour les exploitants, l’équation est claire : il faut donner au public une véritable raison de quitter son canapé. Grands écrans, son spectaculaire, séances événementielles et films conçus pour le format permettent de mieux valoriser le billet. Et au regard des chiffres enregistrés en France, les spectateurs semblent accepter de payer davantage lorsque l’expérience leur paraît réellement différente. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France et le Canada ont décidé d'unir davantage leurs forces dans la course mondiale aux technologies quantiques. Le 29 mai, en marge du G7 numérique organisé à Bercy sous présidence française, la ministre Anne Le Hénanff et son homologue canadien Evan Solomon ont signé une déclaration conjointe destinée à structurer cette coopération.Les deux pays entretiennent depuis plusieurs décennies des liens scientifiques étroits nourris par les échanges entre universités, laboratoires, chercheurs et étudiants.Cette signature a surtout permis de demander un nouveau cadre politique et industriel à une collaboration déjà bien installée. Quelques jours plus tôt, le 20 mai, Emmanuel Macron avait annoncé un réinvestissement massif de la France dans le quantique et les semi-conducteurs. Dans un secteur dominé par une compétition internationale intense, Paris a choisi de renforcer ses alliances avec des partenaires considérés comme fiables, après avoir déjà conclu un rapprochement comparable avec l'Allemagne.Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les technologies quantiques exploitent les propriétés très particulières de la matière à l'échelle de l'infiniment petit. Elles peuvent notamment permettre de développer des ordinateurs capables de résoudre certains problèmes hors de portée, des machines classiques, des réseaux de capteurs d'une précision extrême. Et la déclaration franco-canadienne a ciblé ces trois grands domaines. Elle a prévu de soutenir des programmes communs de recherche et développement, de favoriser les investissements croisés et de rapprocher les entreprises de ces deux pays. L'objectif était aussi de participer à la construction d'un marché mondial du quantique fondé sur des règles et des standards partagés.Autre enjeu central, les compétences. Sans scientifiques, ingénieurs et techniciens spécialisés, les ambitions industrielles restent théoriques. Paris et Ottawa ont donc misé sur des ateliers, des séminaires et des échanges de chercheurs pour former une nouvelle génération de professionnels. Au-delà de la science, cette alliance a porté un message politique. La maîtrise du quantique est devenue une question de souveraineté technologique, mais aussi de sécurité économique. Pour Anne Le Hénanff, la coopération avec les partenaires de confiance reste donc indispensable. Les discussions se sont poursuivies dans le cadre du groupe de travail du G7 consacré au quantique, créé sous la présidence canadienne. Dans cette course stratégique, la France et le Canada ont choisi de ne pas courir seuls. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au départ, Star Citizen ressemblait à une campagne Kickstarter parmi tant d'autres, à une époque où le financement participatif connaissait un véritable âge d'or. 12 ans après la date de sortie initialement annoncée, le projet est devenu un objet à part dans l'histoire du jeu vidéo et son développement continue toujours aujourd'hui.À l'origine de cette aventure, on trouve Chris Roberts, créateur de la célèbre série Wing Commander. Après un passage remarqué par le cinéma, pas toujours pour les meilleures raisons, il revient au jeu vidéo en 2012 avec un nouveau studio et une ambition immense, construire un univers spatial persistant, détaillé et pratiquement sans limite. Sur Kickstarter, Star Citizen promet alors de devenir le successeur spirituel de Wing Commander, avec une sortie prévue en 2014. La campagne récolte environ 2 millions de dollars, un montant déjà spectaculaire pour l'époque, mais le financement ne s'arrête pas là. Au fil des années, le studio poursuit ses appels à contribution et vend notamment des objets, ainsi que des vaisseaux virtuels. Résultat, selon Chris Roberts, le projet vient de franchir le cap symbolique du milliard de dollars collectés. Star Citizen devient ainsi de très loin le projet participatif le mieux financé de l'histoire.D'après une interview accordée à Variety, Chris Roberts explique ce succès par la force du rêve proposé aux joueurs, explorer un monde virtuel immense en constante évolution. Selon lui, un éditeur traditionnel ou un fonds d'investissement n'aurait jamais accepté un développement aussi long et aussi coûteux. Les investisseurs classiques exigent généralement des délais précis et un retour rapide. La communauté, elle, finance surtout la promesse d'un univers toujours plus ambitieux. Et malgré les retards accumulés, l'enthousiasme ne semble pas disparaître. Chris Roberts affirme même que plus les joueurs découvrent le projet, plus leur intérêt grandit. Il estime également que le développement se poursuivra longtemps après la sortie de la version 1.0 avec de nouveaux contenus et extensions. À ce stade, la campagne solo Squadron 42 reste annoncée pour 2026. En revanche, la date de sortie définitive de Star Citizen, sa composante multijoueur, demeure toujours inconnue. Un milliard de dollars plus tard, le jeu reste donc autant une prouesse communautaire qu'une promesse encore inachevée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans de nombreuses entreprises, l’intelligence artificielle n’est plus seulement encouragée : elle devient presque obligatoire. Les directions poussent leurs salariés à intégrer ces outils dans leur travail quotidien, parfois même à consommer la totalité des ressources mises à leur disposition. Chez Apple, par exemple, les employés qui n’utiliseraient pas tous les tokens disponibles sur Claude feraient l’objet d’une certaine pression.Un token, rappelons-le, correspond à une petite unité de texte traitée par une intelligence artificielle : un mot peut représenter un ou plusieurs tokens selon sa longueur. Plus un salarié sollicite le modèle, plus il en consomme, et plus la facture augmente. Or, l’excès inverse peut devenir tout aussi problématique. Claude, développé par Anthropic, connaît actuellement un succès important, notamment auprès des développeurs et des jeunes entreprises technologiques. Mais son modèle économique peut vite se révéler coûteux. Il n’existe pas de formule véritablement illimitée pour les usages professionnels les plus intensifs : la tarification dépend largement du volume de tokens consommés.Selon une information rapportée par Axios et provenant d’un consultant spécialisé dans l’intelligence artificielle, l’une des entreprises qu’il accompagne aurait reçu une facture approchant les 500 millions de dollars pour un seul mois. La raison avancée est simple : aucune limite d’utilisation n’avait été imposée aux salariés. Un montant aussi spectaculaire suppose évidemment une entreprise gigantesque, avec des effectifs nombreux et un usage massif de Claude. L’identité de cette société n’a pas été révélée. Sur Internet, certains ont toutefois spéculé sur Microsoft, sans qu’aucune preuve ne permette de confirmer cette hypothèse.Cette possibilité a notamment été évoquée parce que Microsoft a récemment supprimé la majorité de ses licences Claude Code. D’après The Verge, la décision aurait été motivée par les coûts. Le groupe chercherait désormais à orienter davantage ses équipes vers ses propres solutions, notamment GitHub Copilot. L’affaire illustre un nouveau défi pour les entreprises. Déployer l’IA ne consiste pas seulement à acheter des licences et à demander aux salariés de s’en servir. Il faut aussi encadrer les usages, surveiller la consommation et vérifier que les gains de productivité compensent réellement la facture. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La flambée actuelle des prix de la mémoire vive ne tombe pas du ciel. Elle est directement liée à l’explosion de l’intelligence artificielle. Les accélérateurs dédiés à l’IA, notamment les GPU utilisés dans les centres de données, consomment des quantités considérables de mémoire très rapide. Résultat : la demande dépasse l’offre, les prix montent, et une partie de l’industrie technologique se retrouve prise de court.Mais dans ce paysage sous tension, un acteur affirme avoir vu venir la crise : NVIDIA. Selon Collette Kress, directrice financière du groupe, l’entreprise avait anticipé la pénurie. Dans un entretien relayé par Wccftech, elle explique que NVIDIA « savait que cela allait arriver », contrairement à d’autres entreprises surprises par l’ampleur du phénomène. Pour elle, cette tension était prévisible, à condition de regarder suffisamment loin dans la chaîne d’approvisionnement.Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir à la mémoire HBM, pour High Bandwidth Memory. Il s’agit d’une mémoire à très haute bande passante, conçue pour transférer énormément de données très rapidement entre les puces et les modèles d’IA. Elle est indispensable pour entraîner et faire fonctionner les grands modèles modernes. Chaque accélérateur peut embarquer des dizaines, voire des centaines de gigaoctets de cette mémoire ultra-rapide.Le problème, c’est que la production de HBM mobilise des ressources industrielles proches de celles utilisées pour fabriquer d’autres mémoires, comme la DDR présente dans les ordinateurs grand public. Quand l’IA absorbe une part croissante de ces capacités, le reste du marché se tend mécaniquement. Smartphones, PC, consoles ou composants grand public peuvent alors subir des hausses de prix. NVIDIA affirme avoir limité ce risque en passant commande très tôt. Mais le groupe ne s’est pas contenté d’acheter ce qui existait déjà. Collette Kress explique que l’entreprise travaille directement avec les trois grands fournisseurs de mémoire, en leur présentant ses futurs besoins et ses prochaines architectures. Autrement dit, NVIDIA ne subit pas seulement la chaîne d’approvisionnement : elle tente de la façonner en amont. Une stratégie qui illustre sa puissance actuelle. Dans la course à l’IA, le vainqueur n’est pas seulement celui qui conçoit les meilleures puces, mais aussi celui qui sécurise la mémoire nécessaire pour les faire tourner. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand on veut cacher sa position, le premier réflexe consiste souvent à couper le GPS. C’est logique : c’est le signal que l’on associe spontanément à la géolocalisation. Mais un smartphone ne se résume pas à son capteur GPS. Même lorsque le bouton « Localisation » est désactivé, l’appareil peut encore laisser filtrer des indices sur l’endroit où vous vous trouvez.Le GPS reste évidemment la source la plus précise. Il permet à une application de vous situer pour afficher un itinéraire, proposer la météo locale, suivre une course ou organiser une livraison. En extérieur, dans de bonnes conditions, il peut localiser un téléphone avec une grande finesse. Refuser cet accès à une application coupe donc une source majeure de données. Mais ce n’est qu’un début.Le Wi-Fi, par exemple, peut aussi parler à votre place. Même sans vous connecter à un réseau, votre téléphone détecte les points d’accès autour de lui. Cette liste peut être comparée à des bases de données déjà existantes. Dans une gare, un centre commercial ou une rue dense, quelques réseaux visibles suffisent parfois à reconnaître une zone. Le Bluetooth ajoute une autre couche. Écouteurs, montres connectées, ordinateurs, enceintes ou balises diffusent des signaux que le téléphone peut détecter. Pris isolément, ils ne donnent pas forcément une position claire. Mais croisés avec d’autres informations, ils peuvent confirmer une présence ou une habitude.Le réseau mobile, lui, reste incontournable. Tant que le téléphone communique avec les antennes de l’opérateur, il peut être situé plus ou moins précisément selon la densité du réseau. En ville, l’estimation peut être assez resserrée. En zone rurale, elle devient plus large. Même l’adresse IP donne un contexte géographique. Elle ne révèle pas votre rue, mais peut indiquer un pays, une région, parfois une ville ou un fournisseur d’accès.Empêcher totalement un smartphone de livrer des indices est donc presque impossible lorsqu’il reste connecté. En revanche, on peut réduire les risques : limiter les autorisations des applications, refuser la localisation précise quand elle n’est pas nécessaire, désactiver les services système inutiles, couper vraiment Wi-Fi et Bluetooth dans les réglages complets, et utiliser un VPN pour masquer l’adresse IP visible.Dernier point essentiel : les comptes connectés. Historique de trajets, adresses favorites, lieux visités, personnalisation publicitaire… si ces données restent associées à Google, Apple, Meta ou d’autres services, un simple réglage local ne suffit pas. La confidentialité se joue donc autant dans le téléphone que dans les comptes qui l’accompagnent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Chez Anthropic, le développement logiciel a changé de nature en moins de deux ans. Là où un ingénieur ouvrait autrefois son éditeur de code, il décrit désormais son objectif à Claude. L’IA écrit, teste, corrige, puis soumet ses propositions. En dix-huit mois, la part de code produit par Claude est passée de quelques pourcents à plus de 80 %. Chaque ingénieur supervise aujourd’hui huit fois plus de code qu’il n’en écrivait lui-même en 2024.Le changement ne concerne pas seulement la vitesse. Claude corrige aussi ses propres erreurs et se montre parfois meilleur que les chercheurs humains sur certaines décisions expérimentales. Avant février 2025, l’assistant servait surtout à suggérer des fragments que l’ingénieur copiait dans son environnement de travail. En mai 2026, il réussissait 76 % des tâches les plus ouvertes, contre 26 % six mois plus tôt.Un exemple résume cette bascule. Quand des dizaines de milliers de tâches d’entraînement sont tombées en panne simultanément, quelques lignes de consigne ont été transmises à Claude. Deux heures plus tard, un ingénieur validait le correctif. Seul, un humain aurait mis deux à trois jours. Depuis début 2026, chaque modification apportée au code d’Anthropic est relue automatiquement. Cette relecture, appliquée rétrospectivement, a montré qu’un tiers des bugs ayant provoqué d’anciens incidents auraient pu être détectés avant leur mise en production.En avril, Anthropic a aussi publié les résultats d’un projet de recherche mené presque entièrement par des agents Claude (des IA capables d’enchaîner plusieurs actions sans intervention humaine constante). Sur un problème ouvert de sécurité de l’IA, deux chercheurs humains avaient comblé 23 % de l’écart en une semaine. Les agents, eux, ont atteint 97 % en 800 heures cumulées de calcul. Les gains sont tout aussi spectaculaires sur l’optimisation de code. Claude Opus 4 multipliait par trois la vitesse d’un code de départ. Mythos Preview, plus récemment, l’a multipliée par 52, là où un chercheur humain plafonnait autour de quatre. Mais cette accélération pose un problème d’organisation : Claude produit plus vite que les humains ne relisent. Et la relecture humaine devient le nouveau goulet d’étranglement. Avec Project Glasswing, Mythos Preview a détecté plus de dix mille vulnérabilités critiques en quelques semaines, dont un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
GoPro, autrefois symbole mondial de l’aventure filmée à la première personne, a reconnu une situation critique. Dans un document déposé début juin auprès de la SEC, le régulateur américain des marchés financiers, l’entreprise a évoqué un « doute substantiel » sur sa capacité à poursuivre ses activités.Les chiffres expliquent cette alerte. Au premier trimestre 2026, son chiffre d’affaires a chuté de 26 %. Dans le même temps, GoPro a annoncé la suppression de 23 % de ses effectifs mondiaux et cherche activement un repreneur, une fusion ou un financement d’urgence. Un effondrement brutal pour une société qui valait environ 4 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse en 2014, contre à peine plus de 150 millions aujourd’hui. Deux facteurs pèsent particulièrement lourd. Le premier vient de la ruée mondiale vers l’intelligence artificielle. Pour alimenter les centres de données et les puces dédiées à l’IA, les fabricants de composants réorientent une partie de leurs capacités vers les produits les plus rentables. Résultat : l’approvisionnement en mémoire pour les appareils grand public s’est tendu. GoPro a expliqué avoir appris en avril 2026 que ses fournisseurs réduisaient ses allocations, avec des hausses de prix comprises entre 80 % et 115 %. Pour une caméra embarquée, la mémoire est essentielle : elle conditionne le stockage rapide des vidéos haute définition. Cette flambée a directement fragilisé les comptes du groupe, au point de l’obliger à demander une dérogation à son prêteur après avoir manqué certains engagements de crédit. L’action a décroché de 14 % le 1er juin, avant de passer sous le seuil symbolique du dollar.Le deuxième facteur est concurrentiel. DJI et Insta360, deux acteurs chinois, ont grignoté le marché avec des produits performants, souvent plus agressifs commercialement. GoPro, déjà en difficulté pour se renouveler, a lancé sa gamme Mission 1 avec un nouveau processeur GP3. Mais l’innovation semble être arrivée trop tard. L’entreprise explore désormais toutes les options, y compris un possible repositionnement vers la défense ou l’aérospatial. Et si la pénurie de mémoire se prolonge, GoPro pourrait ne pas être un cas isolé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France a officiellement rejoint, le 4 juin 2026, le cercle restreint des quatorze pays membres de l’Observatoire SKA, l’organisation internationale chargée de piloter la construction du plus vaste réseau de radiotélescopes jamais conçu. Une adhésion qui a concrétisé cinq années de démarches, depuis l’engagement pris par Emmanuel Macron lors d’une visite d’État à Pretoria.Le SKA, acronyme de Square Kilometer Array, repose sur deux installations géantes réparties entre l’Afrique du Sud et l’Australie. Côté sud-africain, 197 grandes paraboles ont été prévues pour capter les ondes radio de moyenne fréquence. Côté australien, 131 000 antennes doivent explorer les basses fréquences, celles qui permettent de remonter très loin dans l’histoire de l’Univers. L’objectif scientifique est immense : observer les premières étoiles, comprendre la formation des galaxies, étudier les pulsars (ces étoiles mortes extrêmement denses qui émettent des signaux réguliers) ou encore sonder les origines possibles de la vie dans le cosmos. Avec un coût supérieur au milliard d’euros, le SKA est devenu l’un des grands projets scientifiques internationaux de la décennie.L’arrivée française n’a pas été improvisée. Depuis 2018, le CNRS coordonne SKA-France, une coalition réunissant neuf établissements académiques, parmi lesquels l’Inria, le CEA et plusieurs universités. Ce travail de fond a permis à la recherche française de s’inscrire durablement dans le projet. L’industrie française était déjà engagée avant même l’adhésion officielle. En 2025, Bull a obtenu un premier contrat pour fournir une partie du Science Data Processor, le cerveau informatique du SKA. Son rôle : transformer l’immense flux de signaux captés par les antennes en images exploitables du ciel. Le défi est colossal, puisque le SKA doit générer jusqu’à un milliard de gigaoctets de données par jour.La France s’est aussi investie dans les enjeux de calcul intensif et d’efficacité énergétique, notamment à travers le laboratoire ECLAT et le groupe international SCOOP. Sur le plan scientifique, ses chercheurs participent à treize des quatorze groupes de travail du SKA, avec des responsabilités majeures en cosmologie et sur les origines de la vie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Bonjour à toutes et à tous. ! Ceci n'est pas un épisode ordinaire, mais juste un petit message pour vous dire qu'il n'y aura pas d'épisode en cette première semaine du mois de juin. Choses à Savoir Tech prend quelques jours de repos pour revenir tout l'été avec pleins de sujets tech passionnants ! Merci encore pour votre fidélité et rendez-vous la semaine du 8 juin pour le retour des épisodes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Californie, les incendies ne commencent pas toujours par de grandes flammes spectaculaires. Bien souvent, tout démarre par des braises, transportées par le vent, qui s’accumulent dans la végétation ou s’infiltrent sous les toitures. C’est précisément ce moment critique qu’une startup américaine tente aujourd’hui de cibler. Son fondateur, Geoff Bruder, ancien ingénieur de la NASA, a créé Sonic Fire Tech avec une idée en tête : éteindre le feu… sans eau. Un enjeu de taille, notamment pour des infrastructures sensibles comme les centres de données, les musées ou les installations électriques, où l’eau peut causer autant de dégâts que les flammes elles-mêmes.Lors d’une démonstration en Californie, l’entreprise a présenté un dispositif capable d’éteindre des flammes à distance, simplement grâce à des ondes acoustiques de très basse fréquence. Le principe repose sur un phénomène physique : le feu a besoin d’oxygène pour se maintenir. En perturbant cet apport, on peut stopper la combustion. Concrètement, ces ondes, réglées en dessous de 20 hertz, donc inaudibles pour l’oreille humaine, déplacent les molécules d’oxygène autour de la flamme. Cela empêche la réaction chimique de se poursuivre. Selon son concepteur, le système agit plus vite que le feu ne peut consommer l’oxygène disponible.Ce type d’interaction entre le son et la combustion n’est pas nouveau. Des chercheurs, comme Albert Simeoni du Worcester Polytechnic Institute, confirment que l’effet est connu depuis longtemps. Mais jusqu’ici, il était difficile de le reproduire à grande échelle sans générer des nuisances sonores importantes. Le dispositif développé par Sonic Fire Tech repose sur des conduits installés sur les toitures, qui diffusent ces ondes. Des capteurs infrarouges détectent en temps réel toute source de chaleur suspecte. Dès qu’un risque est identifié, le système s’active automatiquement, même en cas de coupure de courant grâce à une batterie de secours. Reste une limite importante : ces ondes ne sont efficaces que sur de petites flammes. Comme le rappelle Arnaud Trouvé, spécialiste en protection incendie, il ne s’agit pas d’éteindre un incendie déjà déclaré, mais de prévenir son déclenchement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le géant du divertissement The Walt Disney Company pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Selon plusieurs informations, le groupe réfléchit à la création d’une « super application » destinée à regrouper l’ensemble de ses services sous une seule interface.À l’origine de cette idée : Josh D'Amaro, aujourd’hui à la tête des activités majeures du groupe. L’ambition est simple sur le papier : fusionner des applications aujourd’hui séparées, comme Disney+, celles des parcs d’attractions ou encore les services liés aux croisières, en une plateforme unique. Aujourd’hui, chaque service fonctionne de manière indépendante. Une application pour réserver une visite, une autre pour organiser une croisière, une autre encore pour regarder films et séries. Résultat : une expérience fragmentée, sans réelle continuité pour l’utilisateur. La future super app viserait justement à effacer ces frontières.Concrètement, il serait possible, depuis une seule interface, de passer d’un film à la réservation d’un billet pour Disneyland, ou à la planification d’un séjour. L’idée va plus loin qu’un simple regroupement technique. Il s’agit de créer un point d’entrée unique vers tout l’écosystème Disney : contenus, expériences physiques, jeux, produits dérivés. Ce type d’application, déjà répandu en Asie, regroupe plusieurs services dans un seul outil. On parle de « super app » car elle centralise des fonctions variées, souvent liées entre elles, pour simplifier l’usage et renforcer la fidélité des utilisateurs.Ce projet n’est pas nouveau chez Disney. Il circule en interne depuis plus d’une décennie, notamment sous l’ère de Bob Iger. Mais jusqu’ici, la complexité technique a freiné sa mise en œuvre. Un exemple concret : la fusion en cours entre Disney+ et Hulu, qui s’avère difficile en raison de technologies différentes et de droits de diffusion négociés séparément. Pour l’instant, la super app reste à l’état de concept. Aucun calendrier n’a été annoncé. Mais les enjeux sont considérables : simplifier l’expérience utilisateur, réduire les coûts techniques, et surtout renforcer l’engagement autour de la marque. Reste à savoir si Disney parviendra à surmonter les obstacles qui ont déjà fait échouer ses précédentes tentatives. Car derrière cette idée séduisante se cache un défi colossal : unifier des univers numériques qui, jusqu’ici, ont toujours évolué séparément. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après avoir repensé son expérience sur téléviseur, Netflix poursuit sa transformation… cette fois dans votre poche. La plateforme américaine déploie une nouvelle version de son application mobile, avec une navigation repensée et des fonctionnalités inédites pour capter l’attention des utilisateurs sur smartphone. L’enjeu est clair : faire du mobile autre chose qu’un simple écran d’appoint. Netflix veut en faire un véritable espace d’exploration, capable de rivaliser avec les usages rapides et immersifs qui dominent aujourd’hui sur téléphone.La nouveauté principale s’appelle « Extraits ». Il s’agit d’un fil vidéo vertical, inspiré des formats courts que l’on retrouve sur les réseaux sociaux. Concrètement, ce type de flux permet de faire défiler rapidement des séquences vidéo, souvent de quelques secondes, optimisées pour une consultation rapide. L’objectif est simple : proposer un aperçu instantané des contenus disponibles, et faciliter le passage à l’action.Plutôt que de parcourir longuement un catalogue, l’utilisateur peut désormais découvrir une scène, être accroché… et lancer immédiatement le programme correspondant. Netflix parle d’un outil conçu pour « raccourcir le chemin entre la curiosité et le visionnage ». Ce flux ne se limite pas à la découverte. Il intègre directement des actions clés : ajouter un contenu à sa liste personnelle, ou le partager en quelques secondes, via SMS ou réseaux sociaux. L’idée est de rendre ces interactions naturelles, presque instinctives.Autre point important : la personnalisation. Comme pour ses recommandations classiques, Netflix adapte ce fil en fonction des préférences de chaque utilisateur. Les contenus proposés varient selon l’humeur, le moment de la journée ou les habitudes de visionnage. Une manière d’offrir une expérience sur mesure, sans effort. Cette fonctionnalité est pour l’instant déployée progressivement dans plusieurs pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore l’Inde, avant une généralisation mondiale dans les prochains mois. À terme, Netflix voit plus loin. La plateforme envisage d’intégrer dans ce flux des formats variés, comme des podcasts, des programmes en direct ou encore des sélections thématiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis l’arrivée de ChatGPT fin 2022, beaucoup annonçaient la fin imminente de la recherche traditionnelle. Les chatbots allaient supplanter les moteurs à mots-clés, et Google semblait condamné à décliner. Trois ans plus tard, les chiffres racontent une tout autre histoire.La maison mère, Alphabet, a publié des résultats particulièrement solides pour le premier trimestre 2026. Le chiffre d’affaires atteint 109,9 milliards de dollars, en hausse de 22 % sur un an. Le bénéfice par action dépasse largement les attentes, et le patron Sundar Pichai évoque un début d’année « exceptionnel ». Au cœur de cette performance, on retrouve toujours le moteur de recherche. Google Search génère à lui seul plus de 60 milliards de dollars sur le trimestre, avec une croissance de 19 %. Et surtout, le nombre de requêtes n’a jamais été aussi élevé. Contrairement aux prévisions, l’intelligence artificielle n’a pas détourné les utilisateurs… elle les a ramenés.Comment ? Grâce à l’intégration directe de l’IA dans le moteur. Des fonctionnalités comme les « AI Overviews », des réponses synthétiques générées automatiquement en haut des résultats, ou encore le mode conversationnel, prolongent la recherche classique. L’utilisateur ne quitte plus la page : il y passe plus de temps, pose plus de questions, et approfondit ses requêtes. En parallèle, Google Cloud affiche une croissance spectaculaire, et les modèles comme Gemini traitent désormais des milliards de fragments de texte par minute. Pour comprendre, un « token » correspond à un morceau de phrase analysé par l’IA. Plus il y en a, plus les capacités de traitement sont importantes.Face à la concurrence – Perplexity, Copilot ou encore Bing – Google n’a pas été dépassé. Il a intégré leurs innovations à son propre produit, une stratégie classique chez les géants de la tech. En France, certaines fonctions IA restent absentes pour des raisons juridiques, notamment liées aux droits voisins de la presse. Pourtant, cela n’empêche pas Google de dominer largement le marché, avec plus de 86 % des recherches. Une seule ombre au tableau : un léger recul sur ordinateur. Mais aujourd’hui, la majorité des recherches se fait sur mobile, où Google reste ultra-dominant. En résumé, loin d’être menacé, le moteur de recherche s’est réinventé. Et l’intelligence artificielle, annoncée comme sa remplaçante, est devenue son principal moteur de croissance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 1989, le réalisateur Robert Zemeckis imaginait un futur où, en 2015, les voitures voleraient et les pizzas gonfleraient toutes seules au four. La réalité a été bien différente. Mais aujourd’hui, une autre expérience propose une forme de voyage dans le temps… non pas vers le futur, mais vers le passé, grâce à l’intelligence artificielle.Ce projet s’appelle Talkie, ou 13B 1030 LM. Il a été développé par les chercheurs Nick Levine, David Duvenaud et Alec Radford. Leur idée : entraîner un modèle de langage, autrement dit une IA capable de générer du texte, uniquement avec des connaissances arrêtées au 31 décembre 1930. Concrètement, ce système repose sur 13 milliards de paramètres, des variables internes qui lui permettent de produire du langage, et sur un immense corpus de textes issus du domaine public.Pourquoi 1930 ? Parce qu’aux États-Unis, les œuvres publiées à cette époque sont désormais libres de droits. Cela permet d’entraîner l’IA sans utiliser de contenus protégés. L’objectif est double. D’abord, tester la capacité d’un modèle à « prédire » le futur avec des connaissances anciennes. Ensuite, simuler une conversation avec une intelligence issue d’un autre temps. Une sorte de dialogue impossible… rendu possible par la technologie.Mais l’exercice a ses limites. Les chercheurs évoquent notamment un problème de « contamination » : malgré les précautions, certaines données plus récentes peuvent s’être glissées dans l’entraînement. Résultat, les prédictions ne sont pas toujours fiables. Par exemple, l’IA n’anticipe ni la Seconde Guerre mondiale, ni l’ascension du nazisme. Et lorsqu’on lui décrit notre monde, elle découvre avec surprise Internet, les smartphones ou encore la conquête spatiale. Les chercheurs ont aussi testé ses capacités créatives. Pouvoir inventer des concepts postérieurs à 1930, ou même coder en Python, un langage apparu en 1991. L’IA s’en sort partiellement, mais avec de nombreuses approximations, reconstruisant des solutions à partir d’un monde où l’informatique n’existait pas encore.*Enfin, comme les modèles actuels, Talkie peut produire des « hallucinations », c’est-à-dire des informations inventées mais plausibles. Au-delà de l’expérience, ce type d’outil ouvre une piste intéressante : mieux comprendre les mentalités d’une époque, en analysant le langage et les idées qui la traversaient. Une autre manière, finalement, de faire parler l’histoire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans la Silicon Valley, un tournant est en train de s’opérer. Les géants de la tech taillent dans leurs effectifs… pour mieux investir dans l’intelligence artificielle. Une stratégie qui relance un débat déjà vif : l’IA va-t-elle compléter le travail humain, ou le remplacer ? Les faits récents semblent pencher vers la seconde hypothèse. En quelques mois, Amazon, Microsoft et Meta ont annoncé des suppressions de postes touchant des milliers de salariés dans le monde.Mais contrairement aux vagues de licenciements observées après la pandémie, le contexte est différent. À l’époque, il s’agissait de corriger des recrutements massifs liés au boom du numérique. Aujourd’hui, ces entreprises affichent des résultats financiers solides. Les réductions d’effectifs ne répondent plus à une logique de survie, mais de réallocation des ressources. Car l’intelligence artificielle a un coût. Développer des modèles avancés nécessite des infrastructures lourdes : centres de données géants, consommation énergétique élevée, et surtout des processeurs spécialisés, comme ceux de NVIDIA, dont certains dépassent les 30 000 dollars pièce. À grande échelle, les investissements se chiffrent en centaines de milliards.Pour financer cette course technologique, les entreprises coupent ailleurs. Les postes dans le marketing, les ressources humaines ou certains projets jugés non prioritaires sont les premiers concernés. L’objectif : libérer du capital pour accélérer sur l’IA. En parallèle, ces outils transforment déjà l’organisation du travail. Là où une équipe entière était autrefois nécessaire, une seule personne, épaulée par des systèmes d’IA, peut désormais suffire. Une évolution assumée par les dirigeants eux-mêmes. Le patron de Meta évoque une productivité démultipliée, tandis que certains responsables chez Microsoft anticipent un impact massif sur les emplois qualifiés. Ce mouvement s’accompagne aussi d’une simplification des structures internes. Moins de niveaux hiérarchiques, plus de réactivité : les entreprises adoptent des modèles plus directs, plus plats. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd’hui, rejoindre Mars relève encore de l’épreuve d’endurance. Avec les technologies actuelles, un voyage classique dure entre sept et neuf mois. Ce délai s’explique par l’utilisation d’une trajectoire dite économe en énergie, appelée orbite de transfert de Hohmann. Une solution efficace, mais lente, qui expose les astronautes à de longs mois de radiations et d’apesanteur. Mais une piste inattendue pourrait changer la donne. Le chercheur brésilien Marcelo de Oliveira Souza propose de s’appuyer sur l’orbite de l’astéroïde 2001 CA21 pour tracer des trajectoires beaucoup plus rapides.L’idée est originale : il ne s’agit pas d’aller vers cet astéroïde, mais d’utiliser son plan orbital comme une sorte de guide géométrique. En alignant la trajectoire d’un vaisseau sur ce plan, et en restant dans un écart de seulement 5 degrés, certaines fenêtres de tir pourraient permettre des voyages bien plus courts. Les résultats sont impressionnants. Dans un scénario réaliste, le trajet aller vers Mars pourrait être réduit à 56 jours, avec un retour en 135 jours. Encore plus spectaculaire, une version dite extrême évoque un voyage en seulement 33 jours.Pourquoi ces performances seraient-elles possibles en 2031 ? Parce que la position des planètes cette année-là offrirait une configuration idéale, permettant à la fois un départ et un retour rapides tout en respectant cet alignement orbital. Mais la physique impose ses limites. Ces trajectoires, bien que théoriquement possibles, demandent une énergie considérable. Pour le scénario à 56 jours, il faudrait environ 15 fois plus d’énergie qu’une mission classique. Pour celui à 33 jours, on monte à 40 fois plus. Autrement dit, avec nos fusées actuelles à propulsion chimique, c’est hors de portée. Pour franchir ce cap, il faudrait recourir à des technologies plus avancées, comme la propulsion nucléaire thermique, capable de fournir une poussée plus efficace sur de longues distances.Cette étude ne promet pas encore un voyage rapide vers Mars. Mais elle démontre une chose essentielle : des trajectoires ultra-rapides existent. Reste désormais à inventer les moteurs capables de les emprunter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les applications de navigation évoluent, et la dimension communautaire devient un passage presque obligé. Avec sa dernière mise à jour, Roole Map, développée par Identicar, franchit justement ce cap en intégrant un système de signalement participatif.Le principe est simple, et déjà bien connu des utilisateurs de Waze : chaque conducteur peut signaler en temps réel un événement directement depuis son smartphone. L’information est ensuite partagée instantanément avec les autres usagers en navigation. Cinq types d’alertes sont proposés : accidents, contrôles routiers, travaux, obstacles sur la chaussée et embouteillages. Ce fonctionnement repose sur une logique collaborative. Autrement dit, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui alimentent la carte en données. Chaque automobiliste devient ainsi une sorte de capteur mobile, capable d’enrichir l’information routière au fil de ses trajets.Jusqu’ici, cette fonctionnalité manquait à Roole Map, malgré des demandes répétées sur les plateformes de téléchargement. L’application proposait déjà plusieurs outils pratiques : des itinéraires adaptés au type de véhicule, thermique, hybride ou électrique, l’affichage des prix du carburant, le calcul des péages ou encore la localisation des bornes de recharge. Mais sans contribution des utilisateurs, elle restait en retrait face à ses concurrents. Côté déploiement, la nouveauté est déjà disponible sur iOS. Sur Android, elle est encore en phase de test, accessible en version bêta. Ce lancement progressif s’explique notamment par la diversité des appareils Android, qui complique la gestion des mises à jour et la synchronisation des données en temps réel.Aujourd’hui, Roole Map revendique environ 220 000 téléchargements et près de 50 000 utilisateurs actifs chaque mois. Un chiffre encore modeste comparé aux géants du secteur. Et c’est là que se joue l’enjeu principal. Car pour qu’un système participatif soit réellement efficace, il doit s’appuyer sur une masse critique d’utilisateurs. Sans cela, les signalements restent trop rares pour être fiables. Roole Map mise donc sur une approche différente : une application sans publicité, centrée sur les trajets du quotidien en France, plutôt qu’un outil universel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle a ouvert la porte à des usages aussi impressionnants qu’inquiétants. Parmi eux, la possibilité d’imiter à la perfection la voix ou l’image de personnalités publiques. Une dérive déjà bien réelle, qui pousse certaines célébrités à reprendre le contrôle. Ces dernières années, plusieurs polémiques ont illustré le phénomène. Des voix clonées, des visages recréés, parfois utilisés sans autorisation, voire détournés à des fins malveillantes. Dans ce contexte, la chanteuse Taylor Swift a décidé d’agir en amont.L’artiste américaine vient de franchir une étape stratégique en déposant deux empreintes vocales auprès de l’United States Patent and Trademark Office. Concrètement, il s’agit d’enregistrements spécifiques, ici, des phrases commençant par Hey, it’s Taylor, qui deviennent juridiquement protégés comme des marques. Ce type de dépôt permet de revendiquer un usage exclusif dans certains contextes, notamment commerciaux.Pour bien comprendre, une empreinte vocale est une signature sonore unique, comparable à une empreinte digitale. Elle peut être utilisée pour identifier une personne… ou, dans ce cas précis, pour empêcher son imitation non autorisée. Mais la démarche ne s’arrête pas là. Le dossier inclut également une image de la chanteuse sur scène, signe que la protection s’étend aussi à son apparence visuelle. Une réponse directe à la multiplication des deepfakes, ces contenus générés par IA capables de reproduire de manière ultra-réaliste le visage ou la voix d’une personne.Taylor Swift n’en est pas à son premier affrontement avec ces technologies. Elle a déjà été ciblée par des images truquées circulant sur les réseaux sociaux, un phénomène qui touche de plus en plus de figures publiques. Elle n’est d’ailleurs pas seule à anticiper ces risques. L’acteur Matthew McConaughey a lui aussi récemment protégé des extraits audio et vidéo le représentant. Derrière ces initiatives, une tendance de fond se dessine : à mesure que l’IA progresse, la notion d’identité numérique devient un enjeu juridique majeur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans la course mondiale à l’intelligence artificielle, un acteur chinois s’impose de plus en plus clairement : Moonshot AI. Son nouveau modèle, K2.6, marque une progression rapide et vient bousculer les références du secteur. Trois mois seulement après la version précédente, K2.6 affiche des performances en hausse sur plusieurs tests clés. Sur SWE-Bench Pro, un benchmark qui mesure la capacité d’un modèle à corriger de vrais problèmes sur des projets GitHub, il atteint 58,6 points. Il dépasse ainsi GPT-5.4 et Claude Opus 4.6. Même tendance sur DeepSearchQA et Terminal-Bench, deux tests qui évaluent respectivement la recherche d’information complexe et l’exécution de tâches techniques.Pour comprendre cette avancée, il faut regarder sous le capot. K2.6 repose sur une architecture dite Mixture-of-Experts. Concrètement, cela signifie que le modèle mobilise seulement une partie de ses capacités à chaque requête, ce qui réduit les coûts de calcul. Sur le papier, il compte 1 000 milliards de paramètres, mais n’en active qu’une fraction à chaque instant. Autre élément clé : la fenêtre de contexte. C’est la quantité d’informations que le modèle peut traiter en une seule fois. Ici, elle atteint 256 000 tokens, soit l’équivalent de centaines de pages de texte. De quoi améliorer la compréhension de tâches longues ou complexes.Côté performance, Moonshot mise aussi sur la quantification INT4, une technique qui compresse les données numériques pour accélérer les calculs. Résultat : une inférence environ deux fois plus rapide, avec une perte de précision limitée. Mais tout n’est pas encore validé. La majorité des résultats provient des tests internes du laboratoire, et aucune reproduction indépendante complète n’a été publiée à ce stade. De plus, si les poids du modèle sont accessibles, les données d’entraînement et les méthodes utilisées restent confidentielles, ce qui limite la transparence.Enfin, l’accès à ce type de modèle reste coûteux. Même en version optimisée, il nécessite plusieurs cartes graphiques haut de gamme et une infrastructure pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars par mois. En résumé, K2.6 illustre une tendance forte : les modèles ouverts chinois se rapprochent désormais des meilleurs systèmes propriétaires. Mais la bataille de la transparence et de la reproductibilité, elle, est loin d’être tranchée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle impressionne par ses capacités, mais elle reste faillible. Et parfois, ses erreurs ne s’arrêtent pas à la machine. Une expérience menée en 2024 par des chercheurs de l’Université de Göteborg en apporte une illustration troublante.Les scientifiques ont inventé de toutes pièces une maladie fictive : la « bixonimania ». Selon leur description, il s’agirait d’un trouble cutané lié à une exposition prolongée aux écrans et à un frottement excessif des yeux. Un scénario volontairement absurde, conçu pour tester la capacité des intelligences artificielles à distinguer le vrai du faux. Pour cela, deux fausses études ont été publiées sur une plateforme de prépublication, un type de site où les chercheurs partagent leurs travaux avant validation par des pairs. L’objectif : observer si les grands modèles d’IA reprendraient cette information. Et la réponse a été rapide. En quelques semaines, des outils comme ChatGPT ou Gemini ont commencé à citer la bixonimania comme une pathologie réelle.Jusque-là, rien de totalement surprenant. Ces systèmes fonctionnent en analysant d’immenses volumes de données et peuvent relayer des contenus erronés s’ils ne sont pas correctement filtrés. Mais l’expérience ne s’est pas arrêtée là. Le véritable problème est apparu ensuite : des chercheurs humains ont à leur tour repris cette fausse information dans des publications scientifiques, pourtant soumises à évaluation par des pairs. Autrement dit, une erreur volontairement introduite pour tester l’IA a fini par contaminer la production scientifique elle-même.Plus étonnant encore, le document d’origine comportait des indices évidents de supercherie. Il faisait référence à des éléments de culture populaire comme Les Simpsons, Le Seigneur des Anneaux ou Star Trek. Un ton humoristique, visible même pour un lecteur non spécialiste. Cette expérience met en lumière un phénomène préoccupant : la circulation d’informations erronées entre intelligence artificielle et humains peut créer une boucle de validation trompeuse. L’IA ne fait pas qu’inventer, elle amplifie. Et lorsque ces erreurs sont reprises sans vérification, elles peuvent s’ancrer dans des sources considérées comme fiables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une pratique invisible, mais omniprésente dans nos boîtes mail. Le pixel de suivi — une minuscule image d’un seul pixel — permet aux expéditeurs de savoir si vous avez ouvert un message. Discret, silencieux, et jusqu’ici peu encadré. Mais les règles changent.Le 14 avril 2026, la CNIL a publié une recommandation officielle pour mieux encadrer ces outils de traçage. Une décision qui intervient après une hausse notable des plaintes et une consultation lancée en 2025 auprès d’entreprises, d’associations et du grand public. Concrètement, comment fonctionne ce fameux pixel ? Il s’agit d’une image invisible intégrée dans un e-mail. Dès que vous ouvrez le message, votre appareil charge cette image depuis un serveur distant. Ce simple chargement suffit à signaler que l’e-mail a été consulté. Aucun clic, aucune alerte : tout se fait en arrière-plan.Pour les entreprises, l’intérêt est évident. Ces données permettent de mesurer le taux d’ouverture, d’optimiser les campagnes marketing ou encore de vérifier la bonne réception des messages. Mais pour la CNIL, le problème est ailleurs : ces pratiques collectent des données comportementales dans un espace considéré comme privé — la messagerie personnelle. La nouvelle règle est claire : dans la majorité des cas, l’utilisation de ces pixels nécessite le consentement explicite de l’utilisateur. Un consentement réel, c’est-à-dire libre, éclairé, et surtout non dissimulé dans des conditions générales ou pré-coché par défaut. Les entreprises devront également être capables de prouver qu’elles ont bien obtenu cet accord.Il existe toutefois une exception. Les e-mails dits « transactionnels » — confirmation de commande, suivi de colis ou alerte de compte — peuvent intégrer ces pixels sans consentement préalable. Mais uniquement pour un usage limité : vérifier que le message a bien été délivré, et éviter d’envoyer des e-mails à des adresses inactives. Pour les bases de données existantes, une période de transition de trois mois est prévue. Les organisations devront informer leurs contacts de l’usage de ces traceurs et leur offrir une possibilité simple de s’y opposer. Passé ce délai, la CNIL annonce des contrôles. Et potentiellement des sanctions. Une manière de rappeler que, même invisibles, ces outils ne sont pas sans conséquence sur la vie privée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un marché inattendu, né dans les coulisses de l’économie des startups. Depuis avril 2026, la société SimpleClosure propose une nouvelle activité : revendre les archives numériques d’entreprises en liquidation. Code source, échanges Slack, e-mails internes… tout peut être cédé sous licence. Pour son PDG Dori Yona, il s’agit d’une véritable « ruée vers l’or ».En un an, près d’une centaine de transactions auraient déjà été conclues, pour plus d’un million de dollars redistribués aux fondateurs. Et la concurrence s’organise. La plateforme Sunset, par exemple, valorise particulièrement les données issues de secteurs sensibles comme la santé ou la finance, où les historiques sont riches et interconnectés.Pourquoi un tel engouement ? Parce que les données sont devenues la matière première essentielle de l’intelligence artificielle. Or, comme l’a souligné Ilya Sutskever, les grandes bases publiques, Wikipédia, Reddit ou les livres numérisés, sont aujourd’hui largement exploitées. Les nouveaux systèmes d’IA ont besoin d’exemples concrets de travail réel : des échanges imparfaits, des erreurs, des processus humains. Résultat : un nouveau secteur émerge, celui des environnements d’entraînement simulés. Des entreprises comme AfterQuery vendent des univers professionnels reconstitués, « Finance World » ou « Tax World », où des agents IA apprennent à évoluer comme dans une entreprise. Des acteurs majeurs comme Anthropic ou Scale AI investissent déjà massivement dans ce domaine.Mais cette économie soulève des questions sensibles. Juridiquement, les entreprises détiennent généralement les données produites par leurs salariés, y compris sur des outils comme Slack. Pourtant, pour des experts comme Marc Rotenberg, l’enjeu dépasse la simple propriété intellectuelle : il s’agit aussi de données personnelles. L’anonymisation, souvent mise en avant, reste imparfaite. Des études menées par OpenAI et Google ont montré que certains modèles peuvent mémoriser et restituer des données sensibles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après l’exploit technologique des Jeux olympiques de Jeux olympiques de Paris 2024, diffusés en 4K HDR avec son immersif, on aurait pu penser que la télévision publique française poursuivrait sur cette lancée. Et pourtant, le signal envoyé aujourd’hui par France Télévisions est tout autre : un retour partiel en arrière sur la 4K native. Un choix qui peut surprendre… mais qui s’explique. Car derrière cette décision, il ne s’agit pas d’un recul technologique, mais d’un arbitrage économique. Depuis plusieurs mois, le groupe évolue sous forte contrainte budgétaire. Une commission d’enquête parlementaire lancée fin 2025, combinée aux alertes répétées de la Cour des comptes, a mis en lumière une situation financière tendue. Résultat : un plan d’économies d’environ 140 millions d’euros a été acté pour 2026.Dans ce contexte, certaines dépenses deviennent difficiles à défendre. La production en 4K native en fait partie. Produire une image en Ultra Haute Définition implique une chaîne technique plus lourde : caméras spécifiques, traitement des images plus complexe, besoins accrus en bande passante pour la diffusion… Autant de coûts supplémentaires, pour un bénéfice visuel qui n’est pas toujours évident pour tous les téléspectateurs.C’est là tout le paradoxe. La 4K promet une qualité d’image supérieure, mais son impact dépend fortement des conditions de visionnage : taille de l’écran, distance, qualité du signal. Sur un événement comme Roland-Garros, dominé par des plans larges, la différence avec une image bien optimisée peut rester discrète. La solution envisagée repose donc sur un compromis technique. Plutôt que filmer directement en 4K, France Télévisions pourrait capter en Full HD, puis utiliser un procédé appelé upscaling. Il s’agit d’un traitement algorithmique qui reconstruit une image en Ultra HD à partir d’une source plus basse définition, avec l’aide du HDR, une technologie qui améliore les contrastes et les couleurs.Résultat : une qualité visuelle jugée satisfaisante pour le grand public, à un coût bien inférieur. Ce choix marque un tournant. La 4K native ne disparaît pas, mais elle pourrait devenir l’exception, réservée aux grands événements, plutôt qu’un standard systématique. Un virage pragmatique, dicté par la réalité des finances publiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En cryptographie, il existe un Graal théorique : le chiffrement de Vernam, aussi appelé One-Time Pad. C’est le seul système dont la sécurité est prouvée mathématiquement comme étant infaillible… à une condition très stricte : disposer d’une clé secrète parfaitement aléatoire, aussi longue que le message, et utilisée une seule fois. Un idéal presque impossible à atteindre en pratique. Jusqu’à aujourd’hui, peut-être.Une équipe de chercheurs du CNRS, de l’Université de Tokyo, de l’Université de Limoges, d’IMT Atlantique et de l’ESPCI Paris propose une approche inédite : utiliser l’ADN comme support de ces clés cryptographiques. Concrètement, les scientifiques ont créé de longues séquences d’ADN synthétique, sans lien avec le vivant, dont l’ordre des bases chimiques, les fameuses lettres A, T, C et G, est aléatoire. Ces séquences sont produites en double exemplaire : une copie pour l’émetteur, une autre pour le destinataire. Juste avant l’échange, elles sont lues par des machines de séquençage, des outils capables de décoder l’ordre des bases, afin de générer une clé numérique binaire commune. Cette clé sert ensuite à chiffrer et déchiffrer des messages pouvant atteindre plusieurs centaines de mégaoctets. L’équipe a déjà réalisé une démonstration entre Tokyo et Paris, générant une clé de 400 mégabits avec un niveau d’erreur extrêmement faible. La sécurité repose notamment sur ce que l’on appelle la min-entropie, une mesure du caractère imprévisible d’une clé, ici conforme aux standards les plus exigeants du NIST.Autre point remarquable : la distance n’a aucune importance. Quelques milligrammes d’ADN suffisent à stocker des quantités gigantesques d’information, jusqu’à des exaoctets, soit l’équivalent de millions de disques durs, et le protocole fonctionnerait théoriquement même entre la Terre et la Lune. Côté sécurité, le système est conçu pour détecter toute tentative d’interception. Comme chaque séquence n’existe qu’en deux exemplaires, toute copie frauduleuse laisserait des traces, rendant la clé inutilisable. Le projet est piloté notamment par le biochimiste Yannick Rondelez et le physico-chimiste Matthieu Labousse. Encore en phase de prépublication, ces travaux ouvrent déjà des perspectives majeures, notamment pour les communications sensibles, diplomatiques ou militaires. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le scandale Pegasus avait marqué les esprits. Développé par NSO Group, ce spyware (autrement dit un logiciel capable d’infiltrer un appareil pour en extraire des données) avait été utilisé par plusieurs États pour surveiller journalistes, opposants et militants. Mais selon plusieurs experts, ce cas pourrait n’être que la partie visible d’un phénomène en pleine expansion. D’après le National Cyber Security Centre, plus d’une centaine de pays disposeraient aujourd’hui de ce type d’outils. Un chiffre en forte hausse : ils étaient environ 80 en 2023. Sur les 193 États membres de l’ONU, cela représente désormais une majorité potentielle capable de mener des opérations de surveillance numérique avancée.Comment expliquer cette progression ? Principalement par une baisse des barrières d’accès. Autrefois réservés à quelques puissances, ces logiciels sont aujourd’hui plus faciles à acquérir, parfois via des sociétés privées spécialisées dans la cybersurveillance. Résultat : leur diffusion s’accélère, et avec elle, les usages. Car l’enjeu ne se limite pas au nombre d’acteurs équipés. Les cibles évoluent aussi. Officiellement, ces outils sont utilisés pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité organisée. Mais dans les faits, de nombreux cas ont déjà montré qu’ils pouvaient viser des profils bien différents : journalistes, figures de l’opposition, défenseurs des droits humains. Et selon les autorités britanniques, le spectre s’élargit encore. Désormais, des profils économiques comme des banquiers ou des chefs d’entreprise seraient également ciblés. L’espionnage numérique ne se limite plus aux enjeux politiques, il touche aussi les intérêts financiers et stratégiques.Autre point marquant : l’origine des attaques. Contrairement à une idée reçue, elles ne proviennent pas majoritairement de cybercriminels isolés. Selon Richard Horne, directeur du NCSC, une grande partie des cyberattaques d’envergure au Royaume-Uni serait le fait… d’États. Autrement dit, la cybersurveillance s’inscrit de plus en plus dans les relations internationales. Un outil de renseignement, mais aussi de pouvoir. Et dans ce contexte, Pegasus pourrait bien apparaître, avec le recul, comme un simple avertissement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le projet n’est plus seulement une rumeur : OpenAI pourrait bientôt passer du logiciel… au matériel. Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, la société à l’origine de ChatGPT travaillerait sur un smartphone entièrement pensé autour de l’intelligence artificielle. Un « AI Phone » qui ne se contenterait pas d’intégrer l’IA, mais en ferait le cœur de l’expérience utilisateur.L’idée est simple, mais ambitieuse : repenser le téléphone non plus comme une collection d’applications, mais comme un assistant centralisé, capable de comprendre et d’anticiper les besoins en continu. Pour y parvenir, OpenAI ne se limiterait pas au design ou à l’interface. L’entreprise s’attaquerait directement à un élément clé : le processeur. En collaboration avec MediaTek et Qualcomm, OpenAI développerait une puce dédiée à l’IA, dont la production de masse pourrait démarrer à l’horizon 2028. Contrairement aux processeurs classiques, conçus pour gérer des tâches variées, celui-ci serait optimisé pour exécuter des modèles d’intelligence artificielle directement sur l’appareil. On parle ici d’« IA locale » : les calculs sont réalisés sur le téléphone lui-même, sans passer par Internet, ce qui réduit les délais et limite l’envoi de données vers des serveurs distants. Ce processeur fonctionnerait en mode « always-on », c’est-à-dire actif en permanence, mais avec une consommation d’énergie très faible. Il analyserait le contexte, voix, texte, usage, pour proposer des actions sans que l’utilisateur ait à les demander explicitement. Pour les tâches plus complexes, le système pourrait basculer vers le cloud de manière transparente.Côté production, OpenAI s’appuierait sur Luxshare, déjà intégré dans la chaîne industrielle d’Apple. Les choix techniques définitifs devraient être arrêtés d’ici fin 2026. Mais ce projet soulève aussi des défis majeurs. Une IA active en continu pose des questions de consommation énergétique, mais aussi de confidentialité. Un appareil capable d’analyser en permanence son environnement devra convaincre sur la protection des données. Si ce téléphone voit le jour, il pourrait transformer en profondeur notre rapport au mobile. Moins d’applications, plus d’interactions naturelles. Reste à savoir si les utilisateurs sont prêts à changer leurs habitudes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un signal fort dans la bataille mondiale de l’intelligence artificielle. Selon une étude conjointe du MIT et de Hugging Face, relayée par le MIT Technology Review, les modèles open source chinois représentent désormais 17,1 % des téléchargements mondiaux sur la plateforme. Les modèles américains, eux, tombent à 15,86 %. Une première.Ce basculement remonte à janvier 2025, avec la publication du modèle R1 par DeepSeek. Sa particularité : une licence MIT, très permissive, qui autorise librement l’utilisation, la modification et la redistribution. En clair, n’importe quel développeur peut s’en emparer sans contrainte commerciale. Et surtout, ses performances rivalisent avec celles de modèles fermés américains, pour un coût d’utilisation bien plus faible. Dans la foulée, d’autres acteurs chinois ont suivi : Alibaba avec la famille Qwen, Moonshot AI ou encore MiniMax. Résultat : fin 2025, Qwen dépasse même Llama, le modèle de Meta, en nombre de téléchargements cumulés.La différence de stratégie est nette. Côté américain, les modèles sont souvent accessibles via des API payantes — c’est-à-dire des interfaces permettant d’utiliser l’IA à distance, moyennant abonnement. Côté chinois, ils sont proposés en accès libre, téléchargeables et exploitables localement. Un avantage décisif dans de nombreuses régions du monde.En Afrique, en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine, ces modèles comblent un vide. Ils fonctionnent sur des machines modestes, ne nécessitent pas de carte bancaire et évitent les contraintes liées à l’hébergement des données à l’étranger. En Europe, la réponse s’organise autour d’acteurs comme Mistral AI, qui mise sur la souveraineté et la conformité réglementaire, notamment au RGPD. Mais l’approche reste différente : là où les modèles chinois privilégient le volume et l’adoption massive, les Européens ciblent avant tout les entreprises. Au fond, deux visions s’opposent. L’une ouverte, rapide, centrée sur l’écosystème. L’autre plus encadrée, tournée vers la régulation. Et dans cette course, le terrain est désormais mondial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un débat très technique, mais aux conséquences bien réelles pour le logiciel libre. Le 21 avril, OnlyOffice a publié une lettre ouverte adressée au consortium Euro-Office. Au cœur du désaccord : l’interprétation d’une licence open source bien connue, l’AGPLv3.Pour comprendre, il faut revenir à cette licence, rédigée en 2007. Elle autorise la modification et la redistribution d’un logiciel, à condition de respecter certaines règles, dont la « préservation des attributions d’auteur ». Autrement dit, reconnaître les créateurs du logiciel d’origine. Mais une question se pose aujourd’hui : cette attribution peut-elle prendre la forme… d’un logo d’entreprise ? OnlyOffice répond oui. Depuis 2021, l’éditeur impose que son logo soit visible dans tous les logiciels dérivés. Une position contestée par le consortium Euro-Office, qui regroupe notamment Nextcloud, IONOS et Proton. Fin mars, ces acteurs ont supprimé ce logo en créant leur propre version du logiciel, ce qu’on appelle un fork, c’est-à-dire une copie modifiée d’un projet open source. Le problème, selon Nextcloud, est juridique : la licence impose d’afficher le logo, mais interdit en même temps d’utiliser la marque. Une contradiction difficile à tenir. La Free Software Foundation a tranché en janvier dernier : pour elle, une attribution concerne une personne, pas une marque commerciale.OnlyOffice conteste cette lecture. L’éditeur estime que le texte de la licence ne précise pas ce qu’est une attribution, et considère la position de la fondation comme un simple avis. En attendant une réponse officielle, il propose un compromis : abandon du logo, mais obligation de mentionner clairement l’origine du logiciel dans une page À propos, dans le code et dans la documentation publique. Derrière ce débat technique se joue un enjeu central : l’équilibre entre liberté et reconnaissance dans l’open source. Si les éditeurs ne peuvent plus imposer leur visibilité, ils perdent un levier important. Mais à l’inverse, trop de contraintes pourraient limiter la liberté de modification, pourtant au cœur du logiciel libre. Une question encore loin d’être tranchée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une menace discrète, mais bien réelle. Selon DGSI, des services de renseignement étrangers ciblent désormais des citoyens français via… des offres d’emploi. Leur méthode ? Se faire passer pour des recruteurs ou des chasseurs de tête, notamment sur des plateformes professionnelles.Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout le monde peut être concerné. Fonctionnaires, ingénieurs, chercheurs, salariés du privé… aucun secteur n’est épargné. Et surtout, les espions ne cherchent pas forcément des documents classifiés. Ce qu’ils visent, ce sont des informations non publiques : un réseau de contacts, une expertise technique, ou une connaissance interne d’un secteur. Le mode opératoire est bien rodé. Tout commence par une prise de contact, souvent via LinkedIn ou une annonce crédible. Parfois, de véritables cabinets de recrutement sont utilisés comme façade pour renforcer la confiance. Ensuite, une proposition arrive : rédiger une note ou un rapport rémunéré. Au départ, les sujets restent larges, presque anodins. Mais en réalité, il s’agit d’évaluer ce que la personne sait… et surtout ce à quoi elle a accès.Certains signaux doivent alerter. D’abord, vérifier l’ancienneté du profil ou du site : une création récente peut être suspecte. Les photos générées par intelligence artificielle sont aussi de plus en plus utilisées, même si elles deviennent difficiles à repérer. Autre indice : des questions insistantes sur votre réseau professionnel, vos accès ou vos collègues. La communication est également un indicateur clé. Très vite, l’interlocuteur cherche à quitter les plateformes officielles pour basculer vers des messageries comme WhatsApp, Telegram ou Signal. Enfin, la rémunération proposée peut paraître inhabituelle, parfois en cryptomonnaies ou en espèces, ce qui complique toute traçabilité.Face à ce type de tentative, la consigne est claire. Il faut cesser immédiatement tout échange, conserver les preuves, captures d’écran, messages, profils, et signaler la situation aux autorités, notamment via l’adresse dédiée de la DGSI. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une affaire qui mêle opérations militaires, paris en ligne… et soupçons de délit d’initié. Début janvier, l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces spéciales américaines a surpris le monde. Mais pour un homme, ce scénario n’avait rien d’imprévisible. Gannon Ken Van Dyke, spécialiste des communications au sein du Joint Special Operations Command — une unité qui supervise notamment les forces d’élite comme les Navy SEALs — avait accès à des informations classifiées sur l’opération. Dès décembre 2025, il participe à sa préparation. Et quelques jours plus tard, il ouvre un compte sur Polymarket.Ce type de plateforme permet de parier sur des événements futurs, qu’ils soient politiques, économiques ou géopolitiques. Le principe est simple : les utilisateurs misent sur la probabilité qu’un événement se produise. Mais dans ce cas précis, il ne s’agissait pas d’une intuition… mais d’une certitude. Entre le 27 décembre et le 2 janvier, Van Dyke place treize paris, tous dans le même sens : présence militaire américaine au Venezuela, chute de Maduro, ou encore déclaration de guerre. Résultat : des gains multipliés par près de douze. Le problème, c’est que l’information n’était pas publique. On parle ici de délit d’initié : utiliser des informations confidentielles pour réaliser un profit. Un mécanisme bien connu dans la finance… mais beaucoup plus rare dans un contexte militaire.L’affaire aurait pu passer inaperçue. Mais une erreur va tout changer. Le jour de l’opération, Van Dyke publie une photo sur son compte personnel, le montrant en tenue militaire à bord d’un navire. Une trace numérique qui va alerter les enquêteurs. Rapidement, des transactions suspectes sont repérées. La plateforme coopère avec le ministère américain de la Justice. Entre-temps, l’intéressé tente de faire disparaître les preuves, en supprimant son compte et en transférant ses gains en cryptomonnaies. Face à ce type de dérives, Polymarket a depuis durci ses règles, interdisant explicitement les paris fondés sur des informations non publiques.L’affaire n’est pas isolée. D’autres cas similaires ont émergé ces derniers mois. Mais celui-ci marque un tournant : il montre que la frontière entre information stratégique et spéculation financière devient de plus en plus poreuse. Gannon Van Dyke risque aujourd’hui jusqu’à plusieurs décennies de prison. Une chute brutale… pour avoir parié sur un secret d’État. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En quelques heures, des dizaines de sites de streaming pirate ont affiché le même message d'erreur : le code Cloudflare 521. Traduction technique : le serveur qui héberge physiquement les contenus a cessé de répondre. Cloudflare, l'intermédiaire qui gère le trafic, n'a rien bloqué. C'est la source elle-même qui s'est tue. Aucun des sites touchés n'a communiqué. Ni la Motion Picture Association, ni aucune organisation anti-piratage n'ont revendiqué d'intervention. Et pourtant, la panne est massive.Pour comprendre pourquoi, il faut saisir comment fonctionne ce milieu. Ces sites ne stockent pas eux-mêmes les vidéos. Ils s'appuient sur des prestataires spécialisés — MegaCloud, VidCloud, RapidCloud — qui font office de serveurs médias mutualisés pour des dizaines de façades différentes, aux noms et aux visuels distincts. Les groupes anti-piratage ont baptisé ce modèle le « Piracy-as-a-Service » : la piraterie industrialisée en mode service. Quand un prestataire tombe, tous ses clients tombent avec lui, simultanément.Ces plateformes drainent des audiences colossales. En août 2025, l'un de ces réseaux totalisait à lui seul 622 millions de visites mensuelles, selon les chiffres transmis par la MPA au représentant américain au commerce. Leurs fondateurs originaux ont depuis longtemps disparu ; ce sont des marques zombies, exploitées anonymement sous des mains changeantes.Car ce milieu a ses propres mécanismes de survie. Après chaque fermeture, les opérateurs migrent vers un nouveau prestataire, changent de domaine, et rouvrent ailleurs. MegaCloud et ses homologues avaient eux-mêmes récupéré ce trafic après la fermeture de 2Embed par l'Alliance for Creativity and Entertainment en juillet 2023 — une opération qui avait rendu inaccessibles 302 sites sur 457 identifiés.Mais ce modèle distribué, conçu pour résister, contient sa propre faille. Plus les réseaux multiplient les couches d'intermédiaires pour échapper aux poursuites, plus ils se créent un point de vulnérabilité commun. Un seul maillon brisé, et c'est la chaîne entière qui s'effondre. Si l'infrastructure PaaS a bien été ciblée cette fois, ce serait le coup le plus dur porté au streaming pirate depuis 2023. Mais les opérateurs ont déjà prouvé leur capacité à rebondir. Sans propriétaire fixe, sans adresse stable, sans infrastructure propre — les marques, elles, survivent toujours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Jusqu'ici, Claude jouait dans la cour des grands : Microsoft, Canva, Asana… Plus de deux cents intégrations professionnelles au compteur depuis juillet 2025, mais rien pour la vie de tous les jours. Ça, c'était avant.Cette semaine, Anthropic franchit un nouveau cap en ouvrant son répertoire de connecteurs, comprenez ces ponts logiciels qui relient Claude à des applications tierces, à une quinzaine de services grand public : Spotify, Uber, Uber Eats, Audible, AllTrails, TripAdvisor, Instacart, StubHub, Taskrabbit, Viator, Resy, Booking.com, TurboTax ou encore Credit Karma. Fini le jonglage entre applis : tout se gère désormais dans une seule et même conversation.Concrètement, ça donne quoi ? Vous planifiez une rando ce week-end. AllTrails vous suggère des sentiers adaptés à vos préférences, sans même que vous le demandiez. Vous ajustez : plus court, adapté aux chiens, plus sauvage. Tout ça sans changer d'écran. Si deux connecteurs peuvent répondre à un même besoin, Claude vous les présente côte à côte, classés par pertinence. Dans un seul fil, vous passez d'une recommandation de sentier à une réservation de restaurant sur Resy, commandez un Uber et remplissez votre panier Instacart. Claude comme interface unique entre vous et vos services. Anthropic tient aussi à rassurer sur un point sensible : pas de placement, pas de réponse sponsorisée. Avant tout achat ou toute réservation, Claude vous demande confirmation. Vos données ne servent pas à entraîner les modèles, et vous pouvez déconnecter chaque service en un clic.C'est louable, mais jusqu'à quand ? OpenAI développe déjà ses flux d'achats automatisés, Google s'appuie sur son empire publicitaire. Plus les partenaires seront nombreux, plus cet engagement sera difficile à tenir. Ce qui distingue Claude, c'est moins l'idée, ChatGPT intègre déjà Spotify et consorts, que son exécution : des suggestions contextuelles, sans que vous ayez à choisir vous-même le bon outil. Un dernier bémol, pour les auditeurs européens : la majorité des services listés restent centrés sur le marché américain. Visiblement, certaines fonctionnalités ont du mal à traverser l'Atlantique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La Silicon Valley est entrée dans une nouvelle phase : celle d’une guerre des talents autour de l’intelligence artificielle. Et dans cette bataille, Meta semble prête à aller très loin. Dernier épisode en date : l’affaire Thinking Machine Labs. Cette start-up, fondée début 2025 par Mira Murati, s’est rapidement imposée comme un acteur prometteur. Elle développe des systèmes d’IA dits « multimodaux », capables de traiter simultanément du texte, des images ou encore du son. Sa valorisation aurait déjà atteint 12 milliards de dollars, avec des projections bien plus élevées.Face à ce potentiel, Meta a tenté une première approche classique : une offre de rachat estimée à un milliard de dollars. Refus net de Mira Murati. L’entreprise de Mark Zuckerberg a alors changé de méthode. Plutôt que d’acheter la société, elle a entrepris de recruter directement ses talents clés. Résultat : plusieurs membres fondateurs ont quitté Thinking Machine Labs pour rejoindre les équipes de Meta. Parmi eux, l’ingénieur Andrew Tulloch, avec un package de rémunération estimé à 1,5 milliard de dollars sur six ans, un montant inédit dans l’histoire de la tech. D’autres profils, comme Barret Zoph ou Luke Metz, ont quant à eux choisi de revenir chez OpenAI. Pour la jeune pousse, le choc est brutal. Une partie importante de son équipe fondatrice a disparu en quelques mois, obligeant Mira Murati à reconstruire son organisation. Cette stratégie illustre une tendance plus large. Les géants de la tech rivalisent d’offres pour attirer les meilleurs chercheurs en IA. Chez Google DeepMind, par exemple, des clauses de non-concurrence permettent de retenir les talents pendant plusieurs mois, tout en continuant à les rémunérer. Du côté d’OpenAI, des primes à la signature pouvant atteindre 100 millions de dollars sont évoquées.Meta, de son côté, avance vite. L’entreprise a récemment lancé Muse Spark, son premier modèle multimodal développé par cette nouvelle équipe. Mais en interne, la transition est loin d’être fluide. Le départ de Yann LeCun, figure historique de l’IA chez Meta, en est un signal fort. Après douze ans au poste de directeur scientifique, il a quitté l’entreprise, critiquant ouvertement certaines orientations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est l’aboutissement d’un conflit qui couvait depuis des années dans la Silicon Valley. Elon Musk, cofondateur d’OpenAI, attaque désormais frontalement ses anciens partenaires, Sam Altman et Greg Brockman. Au cœur du litige : la transformation d’OpenAI en structure à but lucratif. Musk affirme qu’on lui avait promis une organisation dédiée à l’intérêt général, et non à la rentabilité. Il réclame aujourd’hui 134 milliards de dollars de dommages, et va plus loin : il demande à la justice d’écarter Altman et Brockman de toute fonction dirigeante, et de leur retirer leurs parts. Une mesure radicale, qui les priverait notamment de tout gain en cas d’introduction en Bourse.Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler qu’OpenAI fonctionne aujourd’hui selon un modèle hybride. Une entité à but non lucratif supervise une structure commerciale, chargée de lever des fonds et de développer des produits comme ChatGPT. Ce modèle permet d’attirer des investissements massifs, indispensables pour entraîner les modèles d’IA, une activité extrêmement coûteuse en calcul informatique. Si Musk obtenait gain de cause, OpenAI pourrait être contraint de revenir à un statut strictement non lucratif. Un scénario qui remettrait en cause sa valorisation, estimée à plus de 800 milliards de dollars, et ses ambitions de cotation en Bourse.L’affaire dépasse d’ailleurs OpenAI. Microsoft, partenaire clé du projet, est également visé. Musk évoque une complicité et réclame même des droits de propriété intellectuelle. Le contexte est déjà tendu. Fin 2023, Sam Altman avait été brièvement évincé par son conseil d’administration, sur fond de désaccords stratégiques. Plus récemment, des tensions externes sont venues s’ajouter, avec notamment une attaque visant son domicile. Mais cette offensive judiciaire est aussi un pari risqué pour Musk lui-même. Une défaite pourrait conforter l’image avancée par OpenAI : celle d’un entrepreneur cherchant à affaiblir un concurrent direct. Car en parallèle, sa propre entreprise d’IA, xAI, rivalise frontalement avec OpenAI. L’issue du procès reste incertaine. Mais une chose est sûre : au-delà des milliards en jeu, c’est la définition même de l’intelligence artificielle, outil public ou produit commercial, qui se joue dans cette bataille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Disney veut remettre un peu d’ordre dans la jungle des salles de cinéma premium. Le studio vient d’annoncer le lancement d’un nouveau label baptisé « Infinity Vision », destiné à aider les spectateurs à identifier plus facilement les salles offrant la meilleure expérience visuelle et sonore.Aujourd’hui, difficile de s’y retrouver. Entre les formats Cinemark XD, RPX, iSense ou encore Superscreen, les appellations se multiplient, sans que le public comprenne toujours ce qui les distingue. À part IMAX ou Dolby Cinema, peu de marques sont réellement identifiées. C’est précisément ce flou que Disney souhaite corriger. Avec Infinity Vision, l’idée est de certifier certaines salles dites « premium large format », ou PLF, autrement dit des auditoriums équipés d’écrans plus grands, de systèmes audio avancés et de technologies de projection améliorées. Le label doit indiquer clairement quelles salles proposent les expériences les plus immersives.Pour être certifiées, les salles devront répondre à plusieurs critères. Disney évoque notamment des écrans de grande taille, l’utilisation de projecteurs laser, qui offrent une image plus lumineuse et plus nette que les projecteurs traditionnels, ainsi que des systèmes audio haut de gamme pour renforcer l’immersion.En revanche, le studio reste discret sur les détails techniques précis. On ne sait pas encore si certaines technologies, comme le Dolby Atmos, un système sonore qui spatialise les sons en trois dimensions, seront obligatoires. À ce stade, aucun exploitant de cinéma n’a officiellement annoncé adopter ce nouveau label. Le timing de cette initiative n’est probablement pas un hasard. Disney prévoit de ressortir Avengers: Endgame en septembre, juste avant la sortie d’Avengers: Doomsday en décembre. Or, ce nouveau film ne bénéficiera pas de salles IMAX, déjà monopolisées par un autre blockbuster. Infinity Vision pourrait donc servir d’alternative pour proposer une expérience haut de gamme. Ce type de certification n’est pas inédit. Dès 1983, Lucasfilm avait lancé le label THX pour garantir une qualité audiovisuelle minimale en salle. Mais aujourd’hui, l’enjeu est différent : il ne s’agit plus d’élever le niveau global, mais de clarifier une offre devenue trop complexe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une avancée technologique qui pourrait bouleverser l’équilibre stratégique en mer. La Chine a récemment publié des images radar montrant le suivi d’un navire… depuis l’orbite géostationnaire, à près de 36 000 kilomètres au-dessus de la Terre. Une première mondiale. Le satellite en question a réussi à suivre le Towa Maru, un pétrolier japonais de 340 mètres, alors qu’il naviguait en mer de Chine méridionale, près des îles Spratleys. Particularité de cette orbite : le satellite reste fixe par rapport à une zone donnée. Contrairement aux satellites en orbite basse, qui passent rapidement au-dessus d’un point, celui-ci permet une observation continue. Techniquement, il s’agit d’un radar à synthèse d’ouverture, ou SAR. Ce type de radar utilise les ondes pour « voir » à travers les nuages, de jour comme de nuit. Jusqu’ici, les spécialistes estimaient qu’un tel système était inefficace à très haute altitude, car le signal se dégrade fortement et les échos des vagues perturbent la détection.Mais selon les chercheurs chinois, une nouvelle architecture de traitement permettrait d’isoler les signaux faibles émis par les navires, malgré le bruit de fond maritime. Résultat : une précision de quelques kilomètres, environ trois pour le Towa Maru, et jusqu’à 1,6 kilomètre pour d’autres cibles. L’intérêt stratégique est considérable. Trois satellites positionnés à 120 degrés pourraient, en théorie, surveiller l’ensemble des océans en continu. À titre de comparaison, il faudrait des centaines, voire des milliers de satellites en orbite basse pour obtenir une couverture équivalente. Cela remet en cause une tactique clé des marines militaires : profiter des « trous » de surveillance entre deux passages satellites. Avec une observation permanente, ces marges de manœuvre disparaissent.Dans des zones sensibles comme Taïwan ou la mer de Chine méridionale, cela pourrait réduire fortement les délais d’alerte. Couplé à d’autres systèmes, drones, radars longue portée ou missiles antinavires, ce type de surveillance renforce considérablement les capacités de suivi. Mais il faut rester prudent. Suivre un pétrolier de grande taille ne garantit pas la détection de navires militaires, souvent plus discrets et équipés de contre-mesures électroniques. La constellation complète n’existe pas encore, et aucun calendrier précis n’a été annoncé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un chiffre qui en dit long sur la transformation en cours dans l’industrie musicale. Aujourd’hui, 44 % des morceaux reçus chaque jour par la plateforme Deezer sont générés par intelligence artificielle. Une progression fulgurante : ils représentaient 29 % en janvier 2026, et à peine 10 % un an plus tôt. Autrement dit, la musique produite par des algorithmes n’est plus un phénomène marginal. Elle s’installe désormais au cœur même des plateformes de streaming. Pour Alexis Lanternier, le directeur général de Deezer, il devient urgent de réagir, notamment pour préserver les droits des artistes et garantir une certaine transparence pour les auditeurs.Pour répondre à cette vague, Deezer a développé dès 2025 un outil de détection spécifique. Son principe : identifier des « signatures » propres aux contenus générés par IA. En clair, chaque morceau synthétique laisse des traces caractéristiques dans sa structure sonore, que les algorithmes peuvent repérer. Particularité notable : ce système n’a pas besoin d’être entraîné sur chaque modèle d’IA existant, ce qui lui permet de s’adapter rapidement à de nouveaux outils.Depuis début 2026, cette technologie est même proposée sous licence à d’autres acteurs du secteur, alors que des plateformes comme Spotify ou Apple Music avancent encore de manière plus prudente sur le sujet. Une fois identifiés, ces morceaux générés par IA sont exclus des recommandations automatiques et des playlists éditoriales. Résultat : malgré leur volume massif, ils ne représentent que 1 à 3 % des écoutes réelles sur Deezer. Le problème, c’est que les auditeurs eux-mêmes ont du mal à faire la différence. Selon une étude Ipsos menée fin 2025, 97 % des participants n’ont pas réussi à distinguer une chanson humaine d’une création générée par IA. Pourtant, 80 % souhaitent que ces contenus soient clairement signalés.Au-delà de la question de transparence, c’est aussi un enjeu économique. Sur les plateformes, les revenus sont répartis dans un pot commun de royalties. Chaque écoute d’un morceau IA réduit donc la part revenant aux artistes humains. D’après une étude du CISAC, jusqu’à 25 % des revenus des créateurs pourraient être menacés d’ici 2028. Deezer affirme toutefois exclure du calcul des revenus les écoutes jugées frauduleuses, qui représenteraient 85 % des streams liés à ces contenus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une page importante qui se tourne pour Apple. Après plus d’une décennie à la tête du groupe, Tim Cook quittera officiellement ses fonctions de directeur général le 1er septembre 2026. Une annonce attendue depuis plusieurs mois, alors que les spéculations autour de sa succession s’intensifiaient. Pour lui succéder, Apple a fait le choix de la continuité. C’est John Ternus, actuel responsable de l’ingénierie matérielle, qui prendra les commandes. Un profil d’ingénieur, entré dans l’entreprise en 2001, et qui a progressivement gravi les échelons jusqu’à rejoindre l’équipe dirigeante en 2021.Son nom n’est pas inconnu des observateurs. Il a supervisé le développement de produits majeurs comme l’iPad, les AirPods ou encore plusieurs générations de Mac. Il a également joué un rôle clé dans la transition vers les puces Apple Silicon, ces processeurs conçus en interne, qui ont remplacé ceux d’Intel et permis à Apple de gagner en performance et en autonomie. Ces dernières années, John Ternus s’est imposé comme une figure visible lors des présentations officielles, les fameuses keynotes. Il a aussi piloté les équipes de design, un point central pour Apple, où l’esthétique des produits est indissociable de leur identité. Sous son impulsion, l’entreprise a renforcé son approche matérielle, avec notamment des innovations dans les procédés de fabrication, comme l’utilisation de titane imprimé en 3D. Une orientation qui pourrait se confirmer à l’avenir, avec un retour marqué vers l’innovation hardware.De son côté, Tim Cook laisse un bilan solide. Moins charismatique que Steve Jobs, il a pourtant transformé Apple en géant mondial, avec un chiffre d’affaires annuel qui a presque quadruplé pour dépasser les 416 milliards de dollars en 2025. Il a aussi développé les services, abonnements, cloud, contenus, devenus un pilier économique majeur. Mais tout n’a pas été un succès. Apple a pris du retard sur l’intelligence artificielle, et les ambitions en réalité augmentée, notamment avec le Vision Pro, n’ont pas encore trouvé leur public. Tim Cook restera néanmoins présent en tant que président exécutif, notamment pour gérer les relations institutionnelles. La transition devrait être progressive, les deux hommes travaillant ensemble tout l’été. Dès la rentrée, John Ternus sera attendu au tournant, avec sa première keynote… et peut-être, déjà, les premiers indices de sa vision pour l’avenir d’Apple. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une nouvelle affaire qui fragilise encore un peu plus la confiance dans la sécurité des données publiques. Le portail de l’ANTS, l’Agence nationale des titres sécurisés, chargée notamment des passeports, permis de conduire ou cartes grises, aurait été victime d’une faille majeure. En cause : une erreur technique qui aurait permis à un pirate d’accéder aux profils de millions de Français.L’agence a bien reconnu un incident le 15 avril, évoquant un accès non autorisé à certaines données, tout en assurant aux utilisateurs qu’aucune démarche n’était nécessaire. Un message jugé plutôt rassurant… peut-être trop, au regard des éléments révélés en parallèle. Sur un forum cybercriminel, un individu affirmant avoir exploité cette faille a mis en vente une base de données contenant entre 18 et 19 millions d’enregistrements. Selon le site spécialisé FrenchBreaches, il pourrait s’agir de l’une des plus importantes fuites administratives jamais recensées en France.Le point de départ serait une vulnérabilité dite « IDOR », pour Insecure Direct Object Reference. Concrètement, cela signifie qu’en modifiant simplement un identifiant dans une requête informatique, il devenait possible d’accéder aux données d’un autre utilisateur, sans aucun contrôle. Autrement dit, le système ne vérifiait pas si la personne avait le droit de consulter ces informations. Le problème ne réside pas uniquement dans le volume de données, mais surtout dans leur nature. La base contiendrait des informations très sensibles : noms, prénoms, adresses, numéros de téléphone, dates et lieux de naissance, ainsi que la validation officielle de l’identité par l’État. Un véritable dossier civil complet.Un tel niveau de détail ouvre la porte à des fraudes particulièrement crédibles. Les cybercriminels pourraient, par exemple, envoyer des e-mails ou des SMS parfaitement personnalisés, ce qu’on appelle du phishing ciblé, en se faisant passer pour une administration ou un organisme de confiance. L’ANTS appelle donc à la vigilance, en rappelant de ne jamais communiquer d’informations personnelles par message. L’affaire a été signalée à la CNIL, l’autorité chargée de la protection des données, et au parquet de Paris. À ce stade, l’authenticité complète de la base reste à confirmer. Mais une chose est sûre : cette nouvelle alerte met en lumière des failles persistantes dans la cybersécurité des services publics. En attendant, les bons réflexes restent essentiels : changer ses mots de passe, surveiller ses comptes et redoubler de prudence face aux messages suspects. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un tournant stratégique pour l’État français. À peine une semaine après le déploiement de la plateforme collaborative « LaSuite » auprès des 80 000 agents de l’Assurance Maladie, la direction interministérielle du numérique, la DINUM, annonce vouloir tourner la page de Windows… au profit de Linux.Concrètement, il s’agit d’abandonner le système d’exploitation de Microsoft, celui qui fait fonctionner la majorité des ordinateurs, pour un équivalent libre et open source, c’est-à-dire un logiciel dont le code est accessible et modifiable. L’objectif est clair : reprendre le contrôle des outils numériques, notamment pour les données sensibles comme celles de santé. Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large. Lors d’un séminaire organisé le 8 avril, ministères, opérateurs publics et acteurs privés ont été réunis pour travailler sur une ambition commune : la souveraineté numérique. Autrement dit, réduire la dépendance de l’État français aux technologies étrangères, en particulier américaines.Parmi les premières mesures concrètes, la Caisse nationale d’Assurance maladie prévoit déjà d’équiper ses agents avec des outils français : Tchap pour la messagerie interne, Visio pour les réunions en ligne, ou encore FranceTransfert pour l’échange sécurisé de fichiers. En parallèle, la plateforme nationale des données de santé doit, elle aussi, migrer vers une infrastructure hébergée en Europe d’ici fin 2026. Mais le chantier est immense. Il ne concerne pas seulement les ordinateurs, mais aussi les réseaux, les bases de données, les logiciels collaboratifs, les antivirus, ou encore les outils d’intelligence artificielle. Bref, tout l’écosystème numérique de l’administration. D’ici l’automne, chaque ministère devra proposer une feuille de route détaillée pour réduire ses dépendances. En parallèle, l’État recense précisément les logiciels et services étrangers actuellement utilisés, afin d’identifier les points critiques. Cette stratégie traduit une prise de conscience politique. Comme l’a rappelé le ministre David Amiel, utiliser des solutions étrangères, c’est aussi dépendre de règles, de prix et de décisions qui échappent au contrôle national. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On le sait, l’intelligence artificielle consomme énormément d’énergie. Former un modèle, puis le faire fonctionner en continu, ce qu’on appelle l’inférence, nécessite des centres de données toujours plus puissants. Les géants américains de la tech l’ont bien compris : Google, Amazon, Meta et Microsoft prévoient d’investir ensemble plus de 650 milliards de dollars dans leurs infrastructures dès 2026. Mais un obstacle inattendu vient freiner cette expansion. Selon Bloomberg, près de la moitié des projets de data centers aux États-Unis pourraient être retardés, voire annulés. Non pas faute d’argent… mais faute d’équipements électriques.Car avant même d’installer des serveurs ou des puces, il faut acheminer et gérer l’électricité. Trois éléments sont indispensables : les transformateurs, qui adaptent la tension du courant ; les appareillages électriques, qui distribuent et sécurisent l’énergie sur le site ; et les batteries, qui prennent le relais en cas de coupure. Ces équipements représentent moins de 10 % du coût d’un data center, mais sans eux, rien ne fonctionne. Le problème, c’est leur disponibilité. Avant 2020, un transformateur haute puissance pouvait être livré en deux ans. Aujourd’hui, les délais peuvent atteindre cinq ans. Or, les centres de données dédiés à l’IA doivent être déployés en moins de 18 mois. L’équation devient donc impossible.La demande a explosé simultanément dans plusieurs secteurs : intelligence artificielle, véhicules électriques, électrification du chauffage… tous nécessitent les mêmes composants. Résultat : en 2026, environ 12 gigawatts de capacité de data centers sont attendus aux États-Unis, mais seul un tiers est réellement en construction. Face à cette pénurie, les entreprises américaines se tournent vers l’étranger. Le Canada, le Mexique ou encore la Corée du Sud fournissent une partie des équipements. Mais la Chine reste un acteur central. Les importations de transformateurs chinois ont été multipliées par plus de cinq en trois ans, et le pays représente aussi une part importante des batteries utilisées. Dans un contexte de tensions commerciales, cette dépendance inquiète. Une nouvelle crise pourrait ralentir, voire bloquer, des projets entiers. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une affaire qui relance le débat sur la confidentialité des messages… et elle pourrait surprendre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la messagerie Signal qui a été compromise, mais le système iOS lui-même, plus précisément, la manière dont Apple gère les notifications.Les faits remontent à une enquête aux États-Unis. Lors d’un procès lié à des actes de dégradation contre un centre de détention au Texas, le FBI a présenté des messages privés retrouvés sur un iPhone. Problème : l’application Signal avait été supprimée du téléphone. Et pourtant, certains messages étaient toujours accessibles. Comment est-ce possible ? Tout se joue au moment où une notification apparaît. Lorsqu’un message arrive sur Signal, l’iPhone peut afficher un aperçu, avec le nom de l’expéditeur et parfois le contenu du message, directement sur l’écran de verrouillage. Si ces options sont activées, iOS enregistre ces informations dans une base de données interne. Et cette copie, elle, échappe complètement à l’application elle-même. Autrement dit, même si vous supprimez Signal ou que vous utilisez des messages éphémères, ces messages qui s’effacent automatiquement après un certain temps, les notifications associées peuvent, elles, rester stockées dans le système.C’est cette base de données qu’un logiciel d’analyse forensique, des outils utilisés en investigation numérique, a permis d’exploiter. Ces programmes peuvent accéder en profondeur à la mémoire d’un appareil, bien au-delà de ce que l’utilisateur voit à l’écran. Dans ce cas précis, seuls les messages reçus ont pu être récupérés. Important à noter : ce comportement ne concerne pas uniquement Signal. Toutes les applications de messagerie sur iOS sont soumises à ce système de notifications.Il existe néanmoins des solutions pour limiter ce risque. Dans les paramètres de Signal, par exemple, il est possible de masquer totalement le contenu des notifications, voire le nom de l’expéditeur. Dans ce cas, aucune information exploitable n’est enregistrée par le système. Enfin, ce type de données intéresse aussi les autorités. Apple a déjà été sollicitée par plusieurs gouvernements pour fournir des informations liées aux notifications. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Des vidéos de vacances en 4K qui remplissent votre espace de stockage, un fichier MKV illisible sur votre téléviseur, ou encore une pièce jointe trop lourde pour être envoyée par e-mail… ces problèmes sont devenus courants. Et depuis plus de vingt ans, un logiciel gratuit y apporte une réponse : HandBrake.Son fonctionnement est volontairement simple. On importe une vidéo, on choisit un format de sortie, puis on lance la conversion. Derrière cette apparente simplicité, le logiciel est capable de gérer une grande variété de formats : MKV, AVI, MOV, MP4 ou WebM. Il peut même traiter des DVD ou Blu-ray non protégés, à condition qu’ils ne soient pas verrouillés par des systèmes de sécurité.L’intérêt principal de HandBrake, c’est la compression. Autrement dit, réduire la taille d’un fichier sans dégrader visiblement la qualité. Pour cela, il s’appuie sur différents codecs, des technologies qui permettent d’encoder et de décoder la vidéo. Parmi eux, le H.264, très répandu et compatible avec la plupart des appareils, ou le H.265, plus récent, qui permet d’obtenir des fichiers plus légers à qualité équivalente. Pour les utilisateurs les plus exigeants, le codec AV1 offre encore plus d’efficacité, au prix d’un traitement plus lourd.Le logiciel tire aussi parti de l’accélération matérielle. Concrètement, il utilise la puissance des cartes graphiques, NVIDIA, AMD ou Intel, pour accélérer le traitement. Résultat : une vidéo 4K de vingt minutes peut être compressée en quelques minutes sur un ordinateur récent. Pour les débutants, des profils prédéfinis simplifient la prise en main. Il suffit de choisir un appareil, smartphone, console ou télévision, pour obtenir un réglage optimisé. Les utilisateurs plus avancés peuvent aller plus loin : ajuster le débit, la résolution, ou appliquer des filtres pour améliorer l’image.HandBrake permet aussi de traiter plusieurs fichiers en une seule fois, grâce à un système de file d’attente. Pratique pour convertir toute une bibliothèque vidéo. Disponible sur Windows, macOS et Linux, avec une interface en français, le logiciel continue d’évoluer. Sa dernière version améliore notamment la gestion des vidéos HDR et corrige plusieurs bugs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un outil qui pourrait bien changer le quotidien de certains professionnels du chiffre. Romain Simon, développeur chez Yuki Capital, a publié fin mars 2026 sur GitHub un projet baptisé Paperasse. Son ambition : automatiser une grande partie des tâches comptables et fiscales françaises grâce à des agents d’intelligence artificielle.Concrètement, Paperasse se présente comme une bibliothèque de « compétences », que l’on peut intégrer à un agent IA. L’utilisateur n’a qu’à importer des fichiers au format Markdown, un langage simple de mise en forme de texte, pour donner accès à une base de connaissances complète : Plan Comptable Général, documentation fiscale officielle, ou encore formulaires administratifs comme les liasses fiscales.Le système va plus loin. Il peut se connecter à des services comme Qonto ou Stripe pour récupérer automatiquement les transactions bancaires. Résultat : un workflow en plusieurs étapes qui couvre la comptabilité courante, la préparation des comptes annuels, ou même la simulation d’un contrôle fiscal. L’outil peut aussi assister dans des audits ou des calculs juridiques, notamment en matière notariale. Mais attention, ce n’est pas une solution autonome. L’auteur le rappelle clairement : Paperasse ne remplace pas un expert-comptable. Il ne peut ni signer une liasse fiscale, ni effectuer un dépôt officiel, ni payer l’impôt sur les sociétés. Ces actes restent strictement encadrés par la loi et réservés à des professionnels habilités. L’IA assiste, mais ne décide pas.Sur le plan technique, le choix du Markdown permet une compatibilité immédiate avec plusieurs agents IA populaires. Mais cette ouverture pose aussi des questions de sécurité. Car intégrer des skills externes dans un agent, c’est aussi ouvrir la porte à des risques. Des travaux récents évoquent notamment des vulnérabilités comme l’« injection de prompt », une technique qui consiste à manipuler les instructions données à l’IA, ou encore l’exfiltration de données sensibles. À cela s’ajoute l’absence d’informations précises sur les mécanismes de sécurité du projet : pas de détail sur les permissions, ni sur l’isolation du code. Distribué sous licence libre, Paperasse peut être modifié et redistribué par n’importe qui, ce que impose évidemment d’être très vigilent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une nouveauté discrète, mais révélatrice de l’évolution des assistants numériques. Quelques jours après la sortie d’iOS 26.4, OpenAI a déployé une version de ChatGPT compatible avec CarPlay, le système d’Apple qui permet d’afficher certaines applications sur l’écran de la voiture. Concrètement, une nouvelle icône apparaît sur l’interface CarPlay, à condition d’avoir un iPhone à jour et l’application installée. Un simple appui permet de lancer une conversation… mais uniquement à la voix. Aucun clavier, aucun texte affiché : ici, tout passe par l’audio.Ce choix n’est pas anodin. Apple impose des règles strictes pour les applications de cette catégorie. L’interface est standardisée : un indicateur d’écoute, un bouton pour couper le micro, un autre pour mettre fin à la session. Et surtout, aucune réponse écrite ne peut apparaître à l’écran. L’objectif est clair : limiter les distractions au volant. Pour être intégrée à CarPlay, une application doit obtenir une autorisation spécifique, ce qu’on appelle un « entitlement », délivrée par Apple. Elle doit ensuite respecter un cadre très précis. Par exemple, impossible pour ChatGPT de contrôler le véhicule ou même certaines fonctions de l’iPhone. Contrairement à Siri ou aux assistants intégrés par les constructeurs, comme « Hey Mercedes » ou les systèmes embarqués de Renault, ChatGPT reste cantonné à un rôle de réponse vocale.Autre limitation : pas de mot-clé d’activation. Contrairement à « Dis Siri », l’utilisateur doit ouvrir manuellement l’application pour commencer à parler. Apple ne permet pas aux assistants tiers d’écouter en permanence ou de remplacer son propre assistant vocal. OpenAI précise que cet usage est pensé pour des tâches simples et ponctuelles, plutôt que pour des conversations longues ou complexes. Une approche qui rejoint la prudence d’Apple. Dans sa documentation, la marque évoque l’« imprévisibilité » des chatbots, jugée peu compatible avec la conduite. D’autres acteurs, comme Google avec Gemini ou Anthropic avec Claude, pourraient suivre, mais aucune intégration n’a encore été annoncée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une échéance très attendue par les défenseurs de la vie privée. Depuis ce vendredi 3 avril 2026, une dérogation européenne au règlement ePrivacy a officiellement pris fin. Elle permettait, depuis plusieurs années, à de grandes entreprises comme Meta, Google, Apple ou Microsoft d’analyser automatiquement les messages privés de leurs utilisateurs.Concrètement, pendant près de cinq ans, des services comme Gmail, Instagram, Snapchat ou encore iCloud ont scanné les échanges grâce à des algorithmes. L’objectif affiché : détecter des contenus illégaux, notamment liés à la pédocriminalité. Mais ce dispositif fonctionnait sans mandat judiciaire, sans suspicion préalable, et souvent sans que les utilisateurs en aient pleinement conscience. Il ne concernait pas les messageries dites « chiffrées de bout en bout », comme WhatsApp ou Signal. Dans ce type de système, seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent lire les messages, ce qui empêche toute analyse par un tiers. Résultat : les personnes mal intentionnées pouvaient contourner relativement facilement ce mécanisme.Sur le plan de l’efficacité, les résultats ont été jugés décevants. Une immense majorité des signalements provenait d’un seul acteur, Meta, et concernait presque exclusivement des contenus déjà connus des autorités. Autrement dit, peu de nouvelles découvertes. Pire encore, une part importante des signalements n’était pas exploitable juridiquement, ou concernait des situations impliquant des mineurs eux-mêmes, dans des échanges consentis.La fin de cette dérogation ne signifie pas la fin de toute surveillance. Les contenus publics restent analysables, tout comme les fichiers stockés dans le cloud. Et les utilisateurs peuvent toujours signaler des contenus problématiques. Mais le débat est loin d’être clos. Un nouveau projet européen, baptisé CSAR, parfois surnommé « Chat Control 2.0 », est toujours en discussion. Certains États plaident pour aller plus loin, avec des mécanismes de surveillance élargis, voire des obligations d’identification pour accéder à certaines messageries. Face à cela, des alternatives émergent. L’ancien eurodéputé Patrick Breyer propose par exemple de cibler davantage les réseaux criminels, notamment sur le darknet, et de renforcer les enquêtes avec mandat judiciaire. Une approche illustrée récemment par une opération d’Europol, qui a permis de fermer des centaines de milliers de sites illégaux… sans analyser un seul message privé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un tournant important dans la stratégie de Google en matière d’intelligence artificielle. Depuis 2024, les modèles Gemma, une déclinaison plus légère de la famille Gemini, ont été téléchargés plus de 400 millions de fois, avec plus de 100 000 variantes créées par la communauté. Mais jusqu’ici, ces modèles n’étaient pas vraiment open source.Avec Gemma 4, Google change clairement de cap. Le modèle est désormais distribué sous licence Apache 2.0, un standard du logiciel libre. Concrètement, cela signifie que n’importe qui peut télécharger, modifier, redistribuer ou même commercialiser ce modèle, sans payer de licence. La seule obligation : citer l’origine du logiciel. Une évolution majeure, surtout pour les entreprises, qui étaient jusque-là freinées par des conditions d’utilisation restrictives et révocables à tout moment. Autre point clé : Gemma 4 fonctionne entièrement en local. Les données restent sur l’appareil de l’utilisateur, sans être envoyées vers les serveurs de Google. Un avantage en matière de confidentialité et de sécurité.Le modèle se décline en plusieurs versions, adaptées à différents usages. Les plus petites, conçues pour des appareils comme les smartphones ou les micro-ordinateurs, sont optimisées pour consommer peu de mémoire et offrir des réponses rapides. Les versions plus lourdes, elles, sont destinées à des machines plus puissantes, comme des serveurs ou des stations de travail. Certaines architectures techniques permettent aussi de gagner en efficacité. Par exemple, le modèle dit « Mixture of Experts » n’active qu’une partie de ses paramètres à chaque requête, ce qui accélère le traitement tout en limitant la consommation de ressources.Malgré leur taille relativement modeste, ces modèles affichent des performances élevées dans certains classements spécialisés, notamment en traitement de texte. Côté fonctionnalités, Gemma 4 peut analyser du texte, des images, de la vidéo, et parfois même de l’audio. Il prend en charge plus de 140 langues et peut traiter de très grandes quantités d’informations en une seule requête. Avec cette ouverture, Google répond aussi à la concurrence de modèles ouverts venus notamment de Chine. Et surtout, il rend enfin ses modèles exploitables dans des environnements professionnels sensibles, où la maîtrise des données est essentielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Envoyer un fichier d’un appareil à un autre, en théorie, rien de plus simple. En pratique, dès qu’on sort d’un écosystème unique, cela devient vite compliqué. AirDrop fonctionne surtout entre appareils Apple, Nearby Share, désormais appelé Quick Share, reste limité à Android et Chrome OS. Résultat : pour passer d’un iPhone à un PC, ou d’un Mac à un smartphone Android, beaucoup d’utilisateurs finissent par utiliser des services cloud, comme des espaces de stockage en ligne, qui servent d’intermédiaire. Une nouvelle application, baptisée Blip, propose une approche différente. Son principe : permettre un transfert direct entre appareils, sans passer par Internet ni par un serveur distant. On parle ici de connexion « pair à pair », c’est-à-dire que les deux appareils communiquent directement entre eux.Concrètement, l’application est disponible sur Mac, Windows, iOS et Android. L’envoi se fait en une seule étape : on sélectionne un fichier, on choisit le destinataire dans la liste de contacts Blip, et le transfert démarre immédiatement. Pas de lien à générer, pas de téléchargement secondaire à effectuer. L’un des avantages majeurs, c’est la vitesse. En réseau local, par exemple via le Wi-Fi domestique, les débits peuvent être bien supérieurs à ceux d’une connexion Internet classique. Autre point notable : il n’y a pas de limite de taille. Des fichiers de plusieurs dizaines de gigaoctets peuvent être transférés sans difficulté.Blip intègre aussi des fonctions pratiques : le transfert reprend automatiquement en cas d’interruption, coupure réseau, déconnexion d’un disque ou manque temporaire d’espace. Les dossiers peuvent être envoyés tels quels, sans compression préalable, ce qui évite des manipulations supplémentaires. Et les données sont chiffrées pendant le transfert, c’est-à-dire protégées pour empêcher toute interception. Pour utiliser le service, il suffit de créer un compte avec une adresse e-mail. L’application est gratuite pour un usage personnel, sans publicité. Un modèle payant pourrait être proposé à terme pour les professionnels. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Taper un mot de passe avec des manettes de réalité virtuelle, ce n’est ni rapide, ni pratique. Quant au scan rétinien, souvent évoqué comme solution biométrique, il reste coûteux et complexe à intégrer. Des chercheurs de l’université Rutgers, aux États-Unis, proposent aujourd’hui une alternative inattendue : s’authentifier grâce… aux vibrations de son propre corps.Leur système, baptisé VitalID, repose sur un principe simple en apparence. À chaque battement de cœur et à chaque respiration, de minuscules vibrations se propagent dans le corps, remontent le long du cou et atteignent le crâne. Or, chaque individu possède une structure osseuse unique, forme, densité, épaisseur — qui modifie la manière dont ces vibrations circulent. À cela s’ajoutent les tissus du visage, eux aussi différents d’une personne à l’autre. Résultat : une signature biométrique propre à chacun, comparable à une empreinte digitale, mais invisible et continue.L’un des atouts majeurs de cette technologie, c’est qu’elle ne nécessite aucun matériel supplémentaire. Les casques de réalité virtuelle ou mixte sont déjà équipés de capteurs de mouvement très sensibles. Ces capteurs suffisent à détecter les micro-vibrations du corps. Le véritable défi est logiciel : il faut isoler ces signaux très faibles du bruit généré par les mouvements de tête. C’est précisément ce qu’a développé l’équipe dirigée par la professeure Yingying Chen. Les résultats sont prometteurs. Testé sur 52 utilisateurs pendant dix mois, avec des casques du commerce, le système a correctement identifié l’utilisateur dans plus de 95 % des cas. Et surtout, il a rejeté les imposteurs avec un taux supérieur à 98 %. L’étude, présentée lors d’une conférence internationale en cybersécurité, a d’ailleurs été distinguée.Autre avantage : l’authentification est continue. Le casque vérifie en permanence que la bonne personne est en train de l’utiliser, sans interrompre l’expérience. Contrairement à un mot de passe, qu’on entre une seule fois, ici la vérification se fait en arrière-plan. Imiter ce système semble particulièrement difficile. On peut reproduire un rythme respiratoire, mais pas la structure d’un crâne. Pour l’instant, VitalID reste au stade de prototype. Mais les chercheurs cherchent déjà des partenaires industriels pour transformer cette innovation en solution concrète. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans l’univers du streaming vidéo, un phénomène s’impose de plus en plus clairement : les abonnés ne restent plus. Selon une analyse portant sur cinq grandes plateformes, le taux moyen de résiliation volontaire, ce que l’on appelle le churn, atteint 8,87 % par mois. Autrement dit, près de 9 abonnés sur 100 quittent leur service chaque mois de leur propre initiative. Sur une année, cela représenterait plus de 39 millions de départs cumulés.Ce churn désigne précisément les utilisateurs qui choisissent de se désabonner, sans y être contraints par un problème technique ou une fin d’essai gratuit. Et aujourd’hui, ce comportement est devenu presque systématique. Il porte même un nom : le binge-and-churn. On s’abonne, on regarde une série ou un film en quelques jours, parfois en quelques heures, puis on se désinscrit.En France, cette tendance est confirmée par les données de la plateforme Spliiit, qui observe ces usages sur plusieurs mois. Et contrairement à une idée reçue, les grandes plateformes ne sont pas épargnées. Prime Video arrive en tête… mais pour de mauvaises raisons. Avec un taux de churn de 12,64 % par mois, c’est la plateforme la plus touchée. Sur environ 9,5 millions d’abonnés, cela représente 1,2 million de départs mensuels. Un paradoxe, car Amazon recrute massivement via son offre globale Prime. Mais ces utilisateurs ne restent pas forcément pour les contenus vidéo. Apple TV+ et HBO Max suivent avec des taux proches, autour de 9,4 %. Leur point commun : un catalogue jugé trop limité. Les abonnés viennent pour un programme précis, puis repartent aussitôt.À l’inverse, Netflix s’en sort mieux, avec un churn de 5,62 %. Malgré un nombre élevé de résiliations en valeur absolue, la plateforme bénéficie d’un catalogue riche et renouvelé, qui incite à rester. Disney+, de son côté, affiche 7,25 %, soutenu par des univers forts comme Marvel ou Star Wars, qui fidélisent davantage. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La rivalité entre les États-Unis et la Chine se joue aujourd’hui sur un terrain bien précis : celui des technologies de pointe, et en particulier de l’intelligence artificielle. Un domaine devenu stratégique, à la fois pour l’économie, la défense et l’influence mondiale. Et sur ce terrain, Washington entend mobiliser ses meilleurs atouts.Les États-Unis disposent en effet d’un vivier exceptionnel d’entrepreneurs et de dirigeants technologiques. Des figures comme Jensen Huang, à la tête de NVIDIA, entreprise devenue incontournable dans la fabrication de puces utilisées pour l’IA, incarnent cette puissance industrielle. C’est dans ce réservoir de talents que l’administration Trump a décidé de puiser pour constituer un conseil technique de haut niveau. Ce conseil, baptisé PCAST, pour President’s Council of Advisors on Science and Technology, n’est pas nouveau. Créé en 2001 sous la présidence de George W. Bush, il a pour mission de conseiller la Maison-Blanche sur les grandes orientations scientifiques et technologiques. Dissous puis réactivé au fil des administrations, il connaît aujourd’hui une nouvelle incarnation.Le nouveau PCAST sera co-présidé par Michael Kratsios et David Sacks. Mais surtout, il rassemble treize personnalités majeures de la tech américaine. Parmi elles : Jensen Huang, mais aussi Mark Zuckerberg, patron de Meta, Larry Ellison, fondateur d’Oracle, ou encore Lisa Su, dirigeante d’AMD. Autant de profils directement impliqués dans les infrastructures et les usages de l’intelligence artificielle.Dans un communiqué, la Maison-Blanche précise que ce conseil devra se pencher sur les opportunités, mais aussi les défis posés par les technologies émergentes, notamment pour le marché du travail. L’objectif affiché : permettre aux Américains de prospérer dans ce qui est présenté comme un nouvel « âge d’or » de l’innovation. Mais derrière cette ambition, il y a aussi une inquiétude. Celle de voir la Chine prendre l’avantage dans la course à l’IA. Car cette technologie ne se limite pas aux applications civiles : elle est aussi au cœur des systèmes militaires, du renseignement et de la cybersécurité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Huit jours après avoir promis de « traquer » les membres du groupe Handala avec toute la puissance des forces de l’ordre américaines, Kash Patel se retrouve lui-même au centre de l’affaire. Son nom figure désormais parmi les cibles revendiquées par ce collectif de hackers. Le FBI a confirmé fin mars qu’un accès non autorisé avait bien visé la messagerie personnelle de son directeur. L’agence assure toutefois avoir pris les mesures nécessaires pour limiter les risques. Selon son porte-parole, les données concernées sont anciennes et ne touchent à aucune information gouvernementale sensible.Dans le détail, les e-mails divulgués s’étendent de 2011 à 2022. Ils incluent des échanges personnels, professionnels ou liés à des déplacements, comme des réservations de voyage. Aucun élément ne semble concerner des opérations en cours du FBI. Le groupe a également diffusé des photos privées inédites de Kash Patel, ce qui renforce la dimension embarrassante de l’affaire. Car au-delà de la sécurité nationale, c’est bien l’image qui est en jeu. D’autant que, selon plusieurs informations, cette vulnérabilité était connue. Fin 2024, avant même sa nomination à la tête du FBI, Kash Patel avait été alerté qu’un piratage attribué à des acteurs iraniens avait compromis certaines de ses communications personnelles. Malgré cela, ce compte n’aurait pas été suffisamment sécurisé par la suite.Autre élément clé : les métadonnées ; ces informations techniques attachées aux fichiers, comme leur date de création ; indiquent que le piratage remonte à avant le conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran. Le groupe Handala aurait donc conservé ces données pour les publier à un moment stratégique, en réaction notamment à la saisie récente de ses domaines internet par le FBI.Il faut aussi relativiser l’ampleur technique de l’attaque. Contrairement aux affirmations du groupe, il ne s’agit pas d’une intrusion dans les systèmes internes du FBI, mais d’un accès à un compte Gmail personnel, visiblement insuffisamment protégé, notamment sans authentification renforcée ; un dispositif qui ajoute une étape de vérification, comme un code envoyé sur un téléphone. Pour les experts en cybersécurité, cette opération s’inscrit dans une stratégie classique dite de « hack-and-leak » : pirater des données, puis les diffuser pour fragiliser une cible. Objectif : exposer, embarrasser et créer un sentiment de vulnérabilité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
« Il y a eu beaucoup de lancements récemment… rassurez-vous, celui-ci n’est qu’une application. » Le ton est donné. Dans une vidéo mêlant images de missiles et humour grinçant, l’administration Trump a annoncé, sur le compte officiel de la Maison-Blanche sur X, la sortie de sa nouvelle application mobile, désormais disponible sur les principales plateformes.Sur le papier, la promesse est ambitieuse : offrir une information « en temps réel, sans filtre, directement à la source ». Dans les faits, l’application ressemble surtout à un hub de contenus officiels. On y trouve des communiqués, des vidéos en direct, une galerie d’images, ainsi qu’un regroupement des publications issues des réseaux sociaux de la Maison-Blanche, X, TikTok, Instagram ou encore Truth Social.Mais après quelques minutes d’utilisation, l’écart entre la promesse et la réalité apparaît clairement. Prenons l’onglet « Affordability », censé illustrer la baisse du coût de la vie. Les données, issues du Bureau of Labor Statistics, l’organisme américain chargé des statistiques économiques, montrent bien une diminution des prix… mais sur une sélection très restreinte de produits. Le lait, par exemple, correspond ici à des versions allégées, dont les prix ont davantage baissé que ceux du lait entier. En revanche, des produits en hausse, comme le café, le bœuf haché ou le jus d’orange, sont absents. Même constat pour les carburants. Côté fonctionnalités, certaines promesses peinent aussi à se concrétiser. Les retransmissions en direct ne sont pas systématiques : un discours présidentiel récent n’était pas disponible en temps réel. L’onglet « Social », qui centralise les réseaux, souffre quant à lui de problèmes techniques, avec des ralentissements fréquents.Autre point sensible : les données personnelles. L’application demande l’accès à la localisation précise, aux empreintes digitales et à certains fichiers du téléphone. Des autorisations jugées intrusives par plusieurs utilisateurs, d’autant que la politique de confidentialité reste très générale sur leur usage. Enfin, un bouton permettant de signaler des individus à l’agence fédérale ICE, chargée de l’immigration, suscite la controverse. Présenté comme un outil citoyen, il est perçu par certains comme un moyen de dénonciation simplifié. Reste une question en suspens : celle de la durée de vie de cette application. Contrairement aux comptes officiels, transmis d’une administration à l’autre, son avenir après le mandat actuel demeure incertain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Six mois à peine après son lancement très médiatisé, Sora, l’outil de génération vidéo d’OpenAI, s’apprête déjà à disparaître. Selon plusieurs médias américains, l’entreprise a décidé de fermer à la fois l’application, son interface de programmation, ce que l’on appelle une API, utilisée par les développeurs pour intégrer un service, et le site dédié. L’annonce a été faite sobrement sur le réseau X, sans calendrier précis. OpenAI indique simplement qu’un plan sera communiqué pour permettre aux utilisateurs de récupérer leurs créations. Mais derrière cette communication minimaliste, le constat est clair : le projet n’a pas tenu ses promesses.Pourtant, les débuts semblaient prometteurs. En novembre 2025, l’application avait enregistré 3,3 millions de téléchargements, portée par l’intérêt autour de Sora 2 et de son volet social. Mais dès janvier, la dynamique s’est inversée, avec une chute de 45 % des téléchargements. Le revers le plus marquant concerne un partenariat stratégique avec Disney. Un accord prévoyait l’utilisation de plus de 200 personnages issus de franchises comme Marvel, Pixar ou Star Wars, pour un montant estimé à un milliard de dollars. Finalement, ce contrat ne sera jamais concrétisé. Aucun échange financier n’a eu lieu.En coulisses, plusieurs facteurs expliquent ce retrait. D’abord, le coût. La génération vidéo par intelligence artificielle est extrêmement gourmande en puissance de calcul, notamment en GPU, ces processeurs spécialisés indispensables à l’entraînement et à l’exécution des modèles. Dans un contexte où ces ressources sont rares et très sollicitées, maintenir un service aussi exigeant devient difficilement soutenable. Ensuite, la concurrence. Des acteurs comme Anthropic se concentrent sur des usages plus rentables, comme le texte ou le code, avec des outils mieux adaptés aux besoins des entreprises. À l’inverse, Sora séduisait surtout le grand public, sans modèle économique encore stabilisé.La décision s’inscrit donc dans une stratégie plus large : recentrer les efforts sur les produits jugés prioritaires, notamment en vue de futurs investissements. Pour autant, la technologie ne disparaît pas totalement. Les équipes de Sora vont se réorienter vers la simulation du monde physique, un domaine clé pour la robotique. Et certaines fonctions vidéo devraient subsister, de manière plus intégrée, dans ChatGPT. En abandonnant Sora comme produit autonome, OpenAI laisse désormais le champ libre à d’autres acteurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le dark web fascine autant qu’il inquiète. Dans cet univers souvent entouré de fantasmes, un nom revient régulièrement : le Hidden Wiki, présenté comme une sorte de porte d’entrée vers les services cachés accessibles via le réseau Tor. En réalité, cette image est trompeuse.Contrairement à ce que laisse penser son nom, il n’existe pas un Hidden Wiki officiel, stable et reconnu. Il s’agit en fait d’une multitude de pages distinctes, qui circulent sous la même appellation. Ces pages fonctionnent comme des annuaires : elles listent des adresses en .onion, ces sites accessibles uniquement via Tor, un réseau conçu pour anonymiser la navigation. Le problème, c’est que ces listes sont souvent alimentées de manière anonyme, copiées, modifiées, puis répliquées ailleurs. Résultat : des liens obsolètes, des services disparus, et des copies qui continuent d’exister sans mise à jour fiable. Ce qui donne l’illusion d’un répertoire structuré… alors qu’il s’agit en réalité d’un assemblage hétérogène et peu contrôlé.Dans ce contexte, la question de la fiabilité devient centrale. Certains liens peuvent mener vers des services légitimes — des médias, par exemple, ou des outils axés sur la confidentialité qui proposent une version .onion de leur site. Mais beaucoup d’autres redirigent vers des pages inactives, des miroirs, ou des plateformes dont l’origine est difficile à vérifier. C’est là que les risques apparaissent. Comme sur le web classique, il est possible de tomber sur des sites frauduleux, conçus pour imiter des services connus et récupérer des identifiants ou diffuser des logiciels malveillants. La différence, c’est qu’ici, les repères sont moins nombreux pour distinguer le vrai du faux.Pour s’orienter, certains outils offrent des alternatives plus fiables. Des moteurs comme Ahmia indexent une partie des services .onion accessibles publiquement, avec un filtrage de contenu. D’autres sites, comme Dark.fail, permettent de vérifier l’adresse de plateformes connues. Mais la méthode la plus sûre reste souvent la plus simple : consulter directement les sites officiels sur le web classique, qui publient parfois leur adresse .onion. Enfin, une précision importante : utiliser Tor n’a rien d’illégal en soi. Ce réseau permet notamment de contourner la censure ou de protéger sa vie privée. En revanche, la prudence reste essentielle. Éviter les téléchargements douteux, vérifier les sources, et comprendre que ces annuaires ne sont pas des références fiables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Douze ans après l’échec retentissant du Fire Phone, Amazon semble prêt à retenter sa chance sur le marché des smartphones. Selon plusieurs informations, le groupe travaillerait actuellement sur un nouveau projet baptisé en interne « Transformer », un appareil fortement orienté vers l’intelligence artificielle et son assistant vocal Alexa.Le souvenir du Fire Phone, lancé en 2014, reste encore vif. À l’époque, Amazon avait tenté de se démarquer avec des fonctionnalités originales, comme un affichage 3D sans lunettes ou encore Firefly, un outil capable d’identifier des objets via la caméra. Malgré un prix attractif, environ 200 dollars sans abonnement, le téléphone n’a jamais trouvé son public. En cause notamment : un écosystème applicatif limité, basé sur l’Amazon Appstore, loin derrière le Google Play Store en termes de choix et de diversité. Résultat, le produit a été retiré du marché à peine un an après sa sortie.Avec ce nouveau projet, Amazon change d’approche. Plutôt que de rivaliser frontalement avec les boutiques d’applications traditionnelles, l’entreprise mise sur une autre logique : l’intelligence artificielle comme interface principale. L’idée serait de permettre à l’utilisateur d’interagir directement avec son téléphone via Alexa, sans forcément passer par des applications classiques. Concrètement, cela signifie que certaines tâches, commander un repas, lancer un film, gérer son agenda, pourraient être exécutées à la voix ou via des requêtes intelligentes, sans ouvrir d’application dédiée. Une manière de contourner le problème qui avait plombé le Fire Phone : la dépendance à un catalogue d’apps insuffisant.Le futur smartphone serait également conçu pour s’intégrer étroitement à l’écosystème Amazon : Prime Video, Prime Music, services de livraison comme Grubhub, ou encore la plateforme de commerce en ligne. Alexa deviendrait ainsi le point d’entrée central pour accéder à l’ensemble de ces services. Attention toutefois : Alexa ne serait pas le système d’exploitation lui-même, mais plutôt une couche d’interaction avancée. Une différence notable avec le Fire Phone, dont le fonctionnement était trop dépendant de l’environnement Amazon.Reste que ce pari est loin d’être gagné. Le marché des smartphones est aujourd’hui dominé par quelques acteurs majeurs, et les habitudes des utilisateurs sont bien ancrées. Miser sur une interface centrée sur l’IA constitue une rupture… mais aussi un risque. D’autant que, pour l’instant, le projet reste au stade de développement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on vraiment tout transformer en pari, y compris les événements les plus tragiques ? La question s’impose aujourd’hui à mesure que la plateforme américaine Polymarket repousse les limites du concept.Spécialisée dans les marchés prédictifs, des systèmes où l’on mise de l’argent sur la probabilité qu’un événement se produise, la société fait déjà l’objet de critiques, notamment autour de soupçons de délits d’initié. Mais loin de calmer le jeu, elle vient d’inaugurer un lieu inédit à Washington, à quelques pas de la Maison Blanche. Son nom : « Situation Room », en référence à la célèbre salle de crise où les dirigeants américains gèrent les situations les plus sensibles. Le concept, lui, se veut hybride. « Imaginez un bar sportif… mais dédié à la surveillance de l’actualité », résume Polymarket.Concrètement, les clients évoluent dans un espace saturé d’écrans diffusant en continu des flux d’informations : chaînes d’actualité, données financières, radars aériens ou encore publications en temps réel sur les réseaux sociaux. Un environnement pensé pour suivre l’actualité mondiale… et surtout pour réagir immédiatement. Car derrière l’expérience immersive, l’objectif est clair : permettre aux visiteurs de parier sur des événements géopolitiques en cours ou à venir. Conflits armés, tensions internationales, voire scénarios extrêmes comme des frappes militaires ou des crises majeures.Ce modèle repose sur une logique bien connue dans le monde des paris : plus l’information est rapide et abondante, plus les utilisateurs sont incités à miser. Le pari devient alors une forme d’anticipation, presque une lecture stratégique de l’actualité. Mais cette approche suscite déjà de vives réactions. Sur les réseaux sociaux, certains dénoncent une forme de « casino géopolitique », où l’émotion, l’urgence et même l’ambiance festive pourraient encourager des prises de décision impulsives.Derrière la polémique, une interrogation plus profonde émerge : que se passe-t-il lorsque l’information, la finance et le divertissement se confondent ? Et surtout, lorsque des événements dramatiques, guerres, crises humanitaires, deviennent des objets de spéculation en temps réel ? Polymarket, de son côté, parie sur l’intérêt du public pour ce type d’expérience. Mais en installant ce dispositif au cœur même de la capitale américaine, la plateforme ne se contente plus d’observer le monde : elle invite désormais à miser sur ses secousses. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Lors de sa conférence GTC 2026, Jensen Huang, patron de Nvidia, a affirmé que son entreprise était aujourd’hui « le plus grand contributeur à l’IA open source au monde ». Une déclaration ambitieuse… mais difficile à contester. Depuis plusieurs années, le géant américain met à disposition des développeurs une vaste panoplie d’outils : modèles d’intelligence artificielle, jeux de données, environnements de simulation ou encore frameworks, ces briques logicielles qui facilitent le développement d’applications.Dernier exemple en date : la création de la coalition Nemotron. Ce consortium réunit plusieurs acteurs majeurs de la recherche en IA, dont la startup française Mistral AI. Leur objectif : concevoir ensemble un modèle de pointe, ce que l’on appelle un frontier model, c’est-à-dire un système situé à la frontière des capacités actuelles de l’intelligence artificielle. Ce modèle sera entraîné sur l’infrastructure cloud de Nvidia, baptisée DGX Cloud, et servira de base à une nouvelle génération de modèles ouverts. « Ouverts », car leur code et leur fonctionnement seront accessibles, permettant à des entreprises ou des chercheurs de les adapter à leurs propres usages.Mais derrière cette stratégie se cache aussi une logique industrielle très claire. En favorisant l’open source, Nvidia s’assure que ses technologies deviennent des standards. Et comme ces modèles sont optimisés pour fonctionner sur ses propres puces, cela incite indirectement les utilisateurs à adopter son matériel.Autre annonce marquante : NemoClaw, un module conçu pour encadrer les agents d’intelligence artificielle. Ces agents, capables d’agir de manière autonome, écrire du code, manipuler des fichiers ou interagir avec Internet, posent encore des problèmes de fiabilité. NemoClaw introduit des garde-fous : restrictions d’accès, contrôle des actions, et même un système capable de décider si une tâche doit être traitée en local ou dans le cloud, notamment lorsqu’elle implique des données sensibles. Car ces agents consomment énormément de tokens, ces unités de texte utilisées par les modèles pour traiter l’information. Un détail technique… mais stratégique : plus il y a de tokens, plus la demande en puissance de calcul augmente, et donc en matériel Nvidia.Lors de la conférence, Arthur Mensch, dirigeant de Mistral AI, a toutefois rappelé une réalité plus nuancée. Si ces outils ouvrent des possibilités inédites, leur déploiement à grande échelle reste complexe pour les entreprises. Mais il a aussi défendu un point essentiel : les modèles ouverts permettent aux organisations de garder le contrôle sur leurs technologies. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Revenons quelques années en arrière. Janvier 2018. Un jeune analyste australien, Nathan Ruser, explore une carte un peu particulière : la heatmap de Strava, une application de suivi sportif. Cette carte agrège les parcours des utilisateurs pour visualiser les zones les plus fréquentées. Mais ce jour-là, elle révèle bien plus que des itinéraires de joggeurs : les contours lumineux de bases militaires américaines secrètes, en Afghanistan, en Somalie ou encore en Syrie. Le choc est immédiat. Le Pentagone interdit les objets connectés en zone opérationnelle, et plusieurs pays, dont la France, adoptent des consignes similaires. Huit ans plus tard, le problème n’a pourtant pas disparu.Le 13 mars 2026, un officier de la Marine nationale court sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, montre connectée au poignet. Sept kilomètres en boucle, en pleine Méditerranée orientale. Rien d’exceptionnel… sauf que son activité est publiée automatiquement sur Strava, en accès public. Des journalistes parviennent alors à localiser le navire presque en temps réel, puis confirment sa position grâce à des images satellites prises à peine 90 minutes plus tard. Résultat : le porte-avions est identifié avec une précision de quelques kilomètres. La réaction des autorités est classique : rappel des consignes, promesse de sanctions, et insistance sur ce que l’armée appelle « l’hygiène numérique du combattant ». Autrement dit, l’ensemble des bonnes pratiques visant à éviter les fuites d’informations via les outils numériques.Ce n’est pas un cas isolé. En 2025 déjà, des membres d’équipage de sous-marins nucléaires avaient involontairement partagé des éléments liés à leurs patrouilles. Même scénario en 2024 avec des agents de sécurité de chefs d’État. Le problème est en partie technique. Des applications comme Strava sont conçues pour partager par défaut les activités sportives. La synchronisation avec le cloud, c’est-à-dire l’envoi automatique des données vers des serveurs en ligne, est activée dès le départ. À l’utilisateur de désactiver ces options, s’il y pense.Des solutions existent pourtant. Certaines armées testent des systèmes capables de bloquer toute connexion vers ces applications depuis des zones sensibles. Mais en France, on privilégie encore la sensibilisation. Un choix qui interroge, dans un contexte tendu. Plusieurs installations françaises ont récemment été ciblées, et un soldat a été tué en Irak par un drone. Dans ce type de situation, une simple donnée de localisation peut suffire à réduire drastiquement la zone de recherche pour un adversaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour de nombreux développeurs web, intégrer un véritable éditeur de documents compatible avec Microsoft Word dans une application en ligne relève souvent du casse-tête. Les solutions existantes reposent généralement sur des systèmes lourds côté serveur ou sur des services propriétaires via des API payantes, ce qui peut rapidement devenir coûteux et complexe à déployer. Un nouveau projet open source pourrait toutefois simplifier les choses. Il s’appelle docx-js-editor, et il propose une approche différente : permettre d’ouvrir, modifier et enregistrer des fichiers .docx directement dans le navigateur, sans passer par un serveur distant.Le principe repose sur un éditeur dit WYSIWYG, acronyme de What You See Is What You Get — littéralement « ce que vous voyez est ce que vous obtenez ». Autrement dit, le document affiché à l’écran correspond exactement au résultat final, comme dans un traitement de texte classique. La particularité de cet outil est qu’il a été conçu spécifiquement pour l’environnement React, une bibliothèque très populaire utilisée pour construire des interfaces web modernes. Toute la phase d’édition se fait localement sur l’ordinateur de l’utilisateur, dans le navigateur lui-même. Résultat : les documents ne sont pas envoyés vers un serveur externe pour être traités, ce qui peut représenter un avantage en matière de confidentialité des données.Sur le plan technique, l’éditeur repose sur une architecture proche de ProseMirror, un moteur open source utilisé pour créer des éditeurs de texte complexes sur le web. Cela permet notamment d’ajouter facilement des plugins, c’est-à-dire des modules complémentaires qui étendent les fonctionnalités de l’outil. Contrairement à certains éditeurs web qui convertissent les documents Word de manière approximative, la gestion du format DOCX est ici intégrée directement dans le cœur du système. L’objectif est de maintenir une compatibilité maximale avec les fichiers créés dans Microsoft Word.Dans les fonctionnalités de base, on retrouve l’essentiel d’un traitement de texte : mise en forme du texte — gras, italique, polices et couleurs — insertion d’images, création de tableaux ou encore gestion des hyperliens. L’outil se veut également extensible. Par exemple, un plugin permet de surligner automatiquement les balises utilisées par Docxtemplater, un système souvent employé pour générer automatiquement des documents comme des factures, des contrats ou des rapports à partir de modèles. Distribué sous licence MIT, l’une des licences open source les plus permissives, docx-js-editor pourrait donc intéresser les développeurs qui cherchent une solution légère pour intégrer l’édition de documents Word dans leurs applications web, sans avoir recours à des infrastructures complexes ou à des services payants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 2022, la start-up australienne Cortical Labs avait attiré l’attention du monde scientifique en dévoilant DishBrain, un prototype de bio-ordinateur capable de jouer à Pong, l’un des tout premiers jeux vidéo de l’histoire. La particularité de ce système : il ne fonctionne pas avec des transistors classiques, mais avec de véritables neurones humains cultivés en laboratoire. Trois ans plus tard, l’entreprise est passée à l’étape suivante. En 2025, elle a présenté CL1, la première version commerciale de cette technologie. Ce bio-ordinateur peut être acheté directement ou utilisé à distance via le cloud, grâce à une API, c’est-à-dire une interface logicielle qui permet aux développeurs d’interagir avec le système.Très vite, une question s’est imposée dans la communauté technologique : ce bio-ordinateur peut-il jouer à Doom ? Sorti en 1993, ce jeu de tir est devenu au fil des années une sorte de test emblématique pour les ingénieurs. On l’a déjà vu fonctionner sur des appareils improbables : des tracteurs, des calculatrices… et même un test de grossesse électronique. Cette fois, le défi était différent. Il ne s’agissait pas simplement de lancer le jeu, mais de permettre au bio-ordinateur d’y jouer lui-même. Pour y parvenir, Cortical Labs a collaboré avec le chercheur indépendant Sean Cole, qui a adapté le jeu afin que les neurones puissent l’interpréter.Le problème principal est que ces neurones ne voient pas les images. Les informations du jeu ont donc été traduites en stimulations électriques, envoyées directement aux cellules. Les réponses des neurones, elles aussi électriques, sont ensuite converties en actions dans le jeu : se déplacer, tirer ou changer de direction. Le résultat reste encore rudimentaire. Le système parvient à repérer des ennemis et à tirer, mais son niveau reste celui d’un joueur débutant. Comme l’explique Brett Kagan, scientifique chez Cortical Labs, « les cellules jouent pour l’instant comme quelqu’un qui n’a jamais touché un ordinateur ».Ce qui surprend les chercheurs, c’est la vitesse d’apprentissage. Alors qu’il avait fallu 18 mois pour apprendre à jouer à Pong, le bio-ordinateur a commencé à comprendre Doom en moins d’une semaine. Chaque puce du système contient environ 200 000 neurones, cultivés dans un milieu nutritif et posés sur une matrice multi-électrode. Ce dispositif permet à la fois de stimuler les cellules et d’enregistrer leurs réponses. Pour Cortical Labs, cette démonstration sert surtout à prouver que son interface logicielle fonctionne. L’entreprise espère désormais que chercheurs et développeurs utiliseront l’API pour inventer de nouvelles méthodes d’apprentissage et de communication avec les neurones. Une frontière encore très expérimentale entre biologie et informatique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Office européen des brevets, l’OEB, franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses outils numériques. Cette semaine à Munich, l’institution a annoncé un partenariat avec la start-up française Mistral AI. L’objectif : améliorer l’analyse des millions de documents techniques qui composent l’univers des brevets.Au cœur du projet, une technologie appelée reconnaissance optique de caractères, ou OCR. Ce système permet de transformer des documents numérisés, par exemple des scans ou des images, en texte exploitable par des machines. Autrement dit, ce qui était auparavant une simple image devient une information analysable automatiquement par des logiciels. Dans le domaine des brevets, ce défi est particulièrement complexe. Les dossiers ne contiennent pas seulement du texte. On y trouve aussi des formules scientifiques, des schémas, des structures chimiques, des tableaux, et souvent plusieurs langues dans un même document. Sans oublier des archives anciennes numérisées, parfois difficiles à lire pour les logiciels classiques. La solution développée avec Mistral AI a donc été spécialement conçue pour ce type de contenu hybride. Elle promet une extraction des informations plus précise que les outils OCR traditionnels.L’enjeu est considérable. Chaque année, l’Office européen des brevets examine environ 200 000 nouvelles demandes et délivre près de 120 000 brevets. Au total, l’organisation gère une base gigantesque de plus de 160 millions de documents techniques. Pour les examinateurs, disposer de données mieux structurées change tout. Cela permet d’effectuer des recherches d’antériorité plus rapides et plus fiables. Ces recherches consistent à vérifier si une invention est réellement nouvelle ou si une technologie similaire existe déjà quelque part dans la littérature scientifique ou industrielle. Le choix de Mistral AI n’est pas anodin. En travaillant avec une entreprise européenne, l’OEB s’assure que les données sensibles liées aux brevets restent traitées dans le cadre juridique et éthique de l’Union européenne.La start-up française n’en est d’ailleurs pas à son premier projet institutionnel : elle a récemment signé un accord avec le ministère français des Armées pour fournir des modèles d’intelligence artificielle. Avant l’annonce officielle, le partenariat a commencé par trois mois de tests, durant lesquels le modèle d’IA a été entraîné sur de véritables documents de brevets. Un déploiement plus large est désormais envisagé. Au-delà de ce projet précis, l’initiative illustre une tendance plus large : construire un écosystème européen d’intelligence artificielle capable de traiter des données stratégiques sans dépendre des plateformes américaines ou asiatiques. Reste à savoir si d’autres institutions auront les moyens techniques et financiers de suivre cette voie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Meta s’apprête à modifier une fonction de sécurité importante sur Instagram. Après un peu plus de trois ans d’existence, le chiffrement de bout en bout des messages privés va disparaître de la plateforme. L’entreprise a annoncé que cette option ne serait plus disponible à partir du 8 mai 2026.Pour comprendre ce changement, il faut rappeler ce qu’est le chiffrement de bout en bout, souvent abrégé en E2EE, pour End-to-End Encryption. Ce système garantit que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent lire un message. Même l’entreprise qui gère le service, en l’occurrence Meta, n’a théoriquement aucun accès au contenu échangé. Cette technologie est déjà bien connue des utilisateurs de WhatsApp, autre application du groupe Meta, où elle est activée automatiquement. Sur Instagram, la situation était différente : le chiffrement existait bien, mais il fallait l’activer manuellement pour chaque conversation. Résultat, selon Meta, très peu d’utilisateurs ont réellement utilisé cette option.Dans un message publié sur ses pages d’assistance, la plateforme confirme donc que les conversations chiffrées ne seront plus prises en charge après le 8 mai 2026. Les utilisateurs seront invités à télécharger leurs messages ou leurs contenus multimédias s’ils souhaitent les conserver avant la disparition de cette fonctionnalité. Meta explique que ceux qui souhaitent continuer à bénéficier d’un chiffrement fort pourront se tourner vers WhatsApp, où cette protection reste active par défaut.Derrière cette décision se trouve aussi un autre enjeu : la modération des contenus. Sans chiffrement de bout en bout, les plateformes peuvent analyser les messages pour détecter certains contenus illégaux. Parmi les priorités évoquées figurent notamment les abus sexuels sur mineurs, un problème régulièrement signalé sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs années, les autorités publiques et les régulateurs demandent aux grandes entreprises technologiques d’intensifier leurs efforts dans ce domaine. Certains estiment en effet que le chiffrement total peut parfois créer des espaces de communication impossibles à surveiller, susceptibles d’être utilisés pour des activités criminelles. Cette décision illustre donc un débat plus large qui traverse le monde du numérique : comment concilier la protection de la vie privée des utilisateurs avec les exigences de sécurité et de lutte contre les contenus illégaux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au salon AWE 2026, organisé début mars à Shanghai, la marque chinoise Dreame a créé la surprise. Jusqu’ici connue surtout pour ses aspirateurs robots et ses appareils domestiques, l’entreprise a dévoilé pas moins de vingt-neuf smartphones d’un seul coup. Cette nouvelle gamme, baptisée Aurora, marque l’entrée officielle du groupe sur le marché très compétitif du smartphone haut de gamme. Pour soutenir cette ambition, Dreame affirme avoir investi plus d’un milliard d’euros en recherche et développement sur trois ans. L’objectif est clair : se positionner face aux grands noms du secteur, en misant à la fois sur l’innovation technologique et sur le design.Le modèle le plus spectaculaire de la présentation s’appelle NEX LS1. Sa particularité saute immédiatement aux yeux : le dos du téléphone est totalement lisse, sans le traditionnel bloc photo. La raison est simple : le module photo est amovible. Il se fixe au smartphone grâce à un système d’aimants et de contacts métalliques. À l’intérieur de ce module détachable, on trouve un capteur d’un pouce, un format généralement réservé aux smartphones les plus performants, comparable à celui utilisé sur certains modèles haut de gamme de Xiaomi. Il intègre aussi un téléobjectif périscopique de 115 millimètres, un système optique qui permet d’obtenir un zoom puissant en repliant la lentille à l’intérieur du téléphone. Particularité supplémentaire : le module photo possède sa propre batterie. L’idée derrière ce concept est double. D’abord, offrir un appareil photo plus performant qu’un module classique intégré au smartphone. Ensuite, permettre une évolution indépendante : si un nouveau module photo apparaît l’année suivante, l’utilisateur pourrait théoriquement le remplacer sans changer de téléphone.Cette approche soulève cependant des questions pratiques. L’utilisateur devra transporter ce module en permanence s’il souhaite bénéficier d’un appareil photo performant. Dreame évoque bien un petit capteur intégré pour les usages basiques, comme scanner un QR code, mais cela reste une solution limitée. Côté logiciel, Dreame prépare aussi Aurora AIOS 1.0, un système d’exploitation annoncé pour le second semestre 2026. Il intégrerait plusieurs fonctions d’intelligence artificielle, notamment pour la photographie, la sécurité réseau ou la personnalisation de l’interface. Mais l’architecture réelle du système reste floue : s’agit-il d’une version modifiée d’Android ou d’un OS totalement indépendant ?Enfin, la marque vise aussi le segment du luxe avec les modèles Aurora LUX, conçus avec des matériaux premium et développés en collaboration avec des studios de design internationaux. Avec cette stratégie, Dreame tente donc un pari ambitieux : s’attaquer simultanément à la technologie et au prestige, deux terrains où se joue aujourd’hui la bataille mondiale du smartphone. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Chine, l’intelligence artificielle n’est plus seulement un domaine technologique prometteur : elle devient un axe central de la stratégie nationale. Le nouveau plan quinquennal, dévoilé lors de l’ouverture du Congrès national du peuple, en témoigne clairement. Dans ce document de 141 pages, l’IA est mentionnée plus d’une cinquantaine de fois. Pékin y détaille un vaste programme baptisé « AI+ », destiné à intégrer l’intelligence artificielle dans l’ensemble de l’économie et de la société.Derrière cette ambition technologique se cachent plusieurs objectifs stratégiques. Le premier concerne la démographie. La Chine fait face à un vieillissement rapide de sa population, ce qui risque de peser sur la main-d’œuvre et la croissance. Pour compenser ce déficit de travailleurs, les autorités comptent accélérer l’automatisation. Le plan prévoit notamment le déploiement de robots dans les secteurs qui manquent de personnel, ainsi que des systèmes d’intelligence artificielle capables d’accomplir certaines tâches avec une supervision humaine minimale. Mais la stratégie va bien au-delà de l’industrie. Selon Kyle Chan, chercheur à la Brookings Institution, Pékin souhaite intégrer l’IA dans de nombreux aspects de la vie quotidienne : logistique, services médicaux, livraison de colis, mais aussi éducation. L’objectif est de transformer en profondeur l’organisation économique et sociale d’un pays de plus d’un milliard d’habitants.Cette accélération s’inscrit également dans un contexte de rivalité technologique croissante avec les États-Unis. Washington limite l’accès de la Chine aux semi-conducteurs les plus avancés, indispensables pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle. En réponse, Pékin restreint certaines exportations de terres rares, ces minéraux essentiels à la fabrication de nombreux équipements électroniques. Dans ce bras de fer technologique, la Chine cherche désormais à maîtriser toute la chaîne industrielle, des puces électroniques aux applications d’IA.Le plan quinquennal ne s’arrête pas à l’intelligence artificielle. Il évoque aussi plusieurs technologies de rupture : la 6G, l’informatique quantique, les robots humanoïdes capables d’interagir avec leur environnement, ou encore les interfaces cerveau-machine, qui permettent de communiquer directement entre le cerveau et un ordinateur. Le programme inclut également des ambitions dans l’espace et l’énergie : développement d’une fusée lourde réutilisable, progrès dans la fusion nucléaire, et même la perspective d’une station scientifique sur la Lune. Enfin, un point notable apparaît pour la première fois dans ce rapport officiel : la Chine affirme vouloir utiliser l’open source comme un levier stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis plus d’un an, certains chercheurs indépendants expérimentent une technique controversée dans le monde de l’intelligence artificielle : l’oblitération des modèles de langage. Sur la plateforme Hugging Face, des versions modifiées d’IA, aux noms explicites comme Dark Champion ou Uncensored, circulent déjà et cumulent plusieurs milliers de téléchargements.Mais un nouvel outil, baptisé OBLITERATUS, pourrait changer d’échelle. Mis en ligne sur GitHub par un développeur se présentant sous le pseudonyme Pline le Libérateur, il rassemble dans une seule interface tout ce qui nécessitait auparavant des manipulations techniques complexes. Treize méthodes d’extraction différentes, quinze modules d’analyse, un système capable de détecter automatiquement les protections d’un modèle : le tout accessible sans écrire une seule ligne de code, simplement avec un compte Google.Le principe technique repose sur une idée issue d’une étude publiée en 2024 lors de la conférence NeurIPS, l’un des grands rendez-vous mondiaux de l’IA. Les chercheurs y expliquaient que la capacité d’un modèle à refuser certaines requêtes, par exemple des contenus dangereux ou illégaux, dépend souvent d’une direction particulière dans ce que l’on appelle l’espace des activations. Autrement dit, une configuration mathématique interne qui guide les réponses du modèle. Si l’on identifie cette direction et qu’on la supprime des paramètres du modèle, celui-ci conserve sa capacité de raisonnement… mais perd sa tendance à refuser.OBLITERATUS automatise ce processus en plusieurs étapes : chargement du modèle, collecte des activations, extraction des directions de refus à l’aide d’une méthode mathématique appelée décomposition SVD, modification ciblée des paramètres, puis vérification du résultat. L’outil fonctionne directement dans l’environnement gratuit Google Colab ou via les GPU mis à disposition sur Hugging Face Spaces. Pour plus d’une centaine de modèles compatibles, de GPT-2 à certaines variantes de DeepSeek, quelques minutes suffisent pour effectuer une modification complète.Chaque utilisation alimente aussi une base de données collective. Les informations enregistrées incluent le modèle utilisé, la méthode employée et l’efficacité du contournement des protections. L’objectif affiché par l’auteur est de constituer la base comparative la plus complète sur les mécanismes d’alignement des modèles d’IA. Cette démarche soulève évidemment des questions. Une étude publiée cette année dans Nature Communications montrait déjà que certains systèmes d’IA pouvaient contourner les protections d’autres modèles avec 97 % de succès. Mais OBLITERATUS va plus loin : il ne contourne pas les garde-fous à chaque requête, il les supprime directement dans l’architecture du modèle. Pour les équipes qui déploient des modèles open source, cette technique devient donc une nouvelle menace potentielle. Certaines solutions existent, comme renforcer l’apprentissage du refus ou multiplier les tests de robustesse, mais elles restent encore peu adoptées par les grands fournisseurs d’IA. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Recevoir un appel d’un numéro inconnu est devenu un petit dilemme du quotidien. Est-ce un livreur, un conseiller bancaire… ou un démarchage commercial ? Par réflexe, beaucoup de personnes ne décrochent plus. Ce réflexe de protection est compréhensible, mais il entraîne aussi un effet inattendu : certains appels parfaitement légitimes passent eux aussi à la trappe. Pour tenter de résoudre ce problème, l’opérateur Orange expérimente un nouveau service baptisé Branded Calling. Présenté lors du Mobile World Congress 2026, ce système promet de rendre les appels téléphoniques beaucoup plus transparents.Le principe est simple : lorsqu’une entreprise appelle un client, son nom certifié apparaît directement sur l’écran du smartphone, même si le numéro n’est pas enregistré dans les contacts. L’utilisateur sait immédiatement qui tente de le joindre et peut décider de répondre en connaissance de cause. Selon Orange, l’impact est déjà spectaculaire. Le simple fait d’afficher un nom vérifié multiplierait par cinq le taux de réponse. Une donnée importante pour les entreprises qui utilisent encore le téléphone pour leurs livraisons, leurs services clients ou leurs démarches commerciales.Évidemment, afficher un nom ne suffit pas : encore faut-il s’assurer qu’il est authentique. Pour cela, l’opérateur affirme avoir mis en place trois niveaux de sécurité. D’abord, chaque entreprise souhaitant utiliser le service doit être vérifiée avant d’être autorisée à apparaître dans le système. Ensuite, son numéro doit passer par un niveau élevé d’authentification technique, appelé MAN, un mécanisme destiné à confirmer que l’appel provient bien de l’organisation annoncée. Enfin, les numéros suspects sont filtrés grâce à la base de données Orange Téléphone, un outil déjà utilisé pour identifier les appels frauduleux.Autre particularité : aucune application à installer. Le service fonctionne directement au cœur du réseau mobile 4G et 5G. Concrètement, une base de données – gérée par la société RealNetworks – associe chaque numéro professionnel à un nom d’affichage certifié. Lorsque l’appel arrive, cette information est transmise automatiquement au téléphone de l’utilisateur. Le système est déjà en service dans plusieurs pays, et la France pourrait le déployer à grande échelle avant la fin de l’année. Selon Orange, d’ici 2030, un tiers des appels pourraient afficher une identité vérifiée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les relations entre humains et intelligence artificielle ne relèvent plus seulement de la science-fiction. Une étude récente montre que certains utilisateurs explorent désormais une forme d’intimité avec des agents conversationnels. Et contrairement à certains clichés, ce phénomène ne concerne pas uniquement des personnes isolées ou en difficulté relationnelle.Selon les résultats du sondage, seuls 16 % des utilisateurs expliquent recourir à ces interactions parce qu’ils auraient du mal à rencontrer quelqu’un dans la vie réelle. 14 % évoquent simplement un manque de temps. La motivation principale est ailleurs : 61 % des participants affirment que l’IA leur offre un espace plus facile pour s’exprimer et expérimenter. Autrement dit, ces échanges ne remplacent pas nécessairement les relations humaines. Ils servent plutôt de terrain d’expérimentation, un environnement perçu comme sans risque social. Les utilisateurs peuvent y tester des conversations, explorer des idées ou formuler des choses qu’ils n’oseraient pas dire face à un partenaire réel.Dans cette logique, 37 % des personnes interrogées disent utiliser l’IA pour s’entraîner à flirter ou simuler des rendez-vous, tandis que 31 % expliquent s’en servir pour explorer certains fantasmes avant d’en parler ou de les vivre dans la réalité. Pour beaucoup, ces interactions jouent un rôle de répétition générale. 65 % estiment même que cela les a aidés à se sentir plus désirables dans leur vie réelle. Certaines découvertes concernent aussi l’identité personnelle. 60 % des participants déclarent que ces conversations les ont aidés à identifier des attirances ou des préférences sexuelles qu’ils n’avaient pas clairement perçues auparavant. Comme le souligne Justin Garcia, chercheur au Kinsey Institute, ces relations restent souvent plus « transactionnelles » que les relations humaines. Pourtant, 61 % des sondés disent que leur vie sexuelle réelle s’est améliorée grâce à ces explorations.Il faut toutefois nuancer ces résultats. L’enquête a été réalisée par Joi AI, une entreprise qui développe précisément ce type d’outils. Les 2 500 participants sont tous des utilisateurs actifs de ces technologies. L’étude ne représente donc pas l’ensemble de la population. Un dernier chiffre illustre néanmoins l’évolution des mentalités : 28 % des personnes interrogées trouvent ces interactions excitantes parce qu’elles donnent l’impression de vivre dans un univers de science-fiction. Et près de la moitié, 49 %, déclarent qu’elles envisageraient une relation physique avec une intelligence artificielle si la technologie le permettait un jour. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Chez Apple, chaque détail industriel compte. Quand on produit plus de 200 millions de smartphones par an, comme c’est le cas pour l’iPhone, la moindre optimisation dans la fabrication peut représenter des économies de plusieurs millions de dollars. C’est dans cette logique que le groupe californien explore une nouvelle piste : l’impression 3D appliquée aux pièces métalliques de ses appareils.Selon un rapport du journaliste Mark Gurman publié par Bloomberg, Apple testerait actuellement cette technologie pour produire certaines pièces en aluminium. Les boîtiers d’iPhone et d’Apple Watch pourraient, à terme, être concernés. L’impression 3D, aussi appelée fabrication additive, consiste à créer un objet couche par couche à partir d’un modèle numérique. Contrairement aux méthodes industrielles classiques — comme l’usinage ou la forge — cette technique permet de produire des pièces avec moins de matière et moins d’étapes intermédiaires. Résultat : moins de déchets, des chaînes de production potentiellement simplifiées et des coûts réduits.Apple n’en est pas à ses premiers essais. La marque a déjà utilisé ce procédé pour certaines pièces récentes. Les Apple Watch Ultra 3 et Series 11, par exemple, intègrent des éléments en titane recyclé fabriqués grâce à l’impression 3D. Le même principe aurait été appliqué au port USB-C en titane de l’iPhone Air. Selon Apple, cette méthode permet d’obtenir une pièce plus résistante tout en utilisant environ 33 % de titane en moins.Pour l’instant, la firme semble surtout s’intéresser à l’aluminium, un matériau central dans la conception de ses produits. Si la technologie est adoptée à grande échelle, elle pourrait contribuer à réduire les coûts de fabrication tout en limitant la consommation de matière. Mais l’intérêt n’est pas uniquement économique. L’impression 3D ouvre aussi des possibilités techniques difficiles à obtenir avec les procédés traditionnels. Apple a par exemple pu créer des micro-textures dans certaines zones métalliques, impossibles à réaliser auparavant. Dans l’Apple Watch Ultra 3, cette technique a servi à améliorer l’étanchéité autour du logement de l’antenne.Les montres connectées doivent en effet intégrer des éléments en plastique dans leur coque métallique pour permettre aux antennes de fonctionner. En imprimant une texture spécifique dans l’aluminium, Apple a pu renforcer l’adhérence entre les deux matériaux et améliorer la solidité de l’ensemble. Cette approche rappelle celle adoptée récemment pour le MacBook Neo, dont le processus de fabrication a été repensé pour utiliser moins d’aluminium et proposer un ordinateur plus abordable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans un monde saturé d’informations, suivre l’actualité peut parfois ressembler à une navigation dans le brouillard. Les données affluent de toutes parts, fragmentées, dispersées entre sites, réseaux sociaux et chaînes d’information. Impossible d’en réduire le volume, mais il est possible de mieux les organiser. C’est précisément l’objectif d’un nouvel outil en ligne : WorldMonitor.app, un tableau de bord conçu pour agréger et visualiser en temps réel une grande quantité d’informations géopolitiques. L’interface repose sur un principe simple : rassembler de multiples sources dans un seul espace. WorldMonitor compile plus de 150 flux RSS — un format qui permet de récupérer automatiquement les mises à jour d’un site d’information. Le résultat est une page extrêmement dense, où l’on peut suivre simultanément différents indicateurs liés à la situation mondiale.Parmi les curiosités proposées figure par exemple le fameux « indice pizza », un indicateur informel souvent évoqué dans les cercles militaires américains : lorsque les commandes de pizzas augmentent autour du Pentagone, certains y voient un signe de tension internationale, les analystes travaillant tard lors de crises. Anecdotique, mais révélateur de l’imaginaire stratégique contemporain. Plus sérieusement, la plateforme permet de suivre de nombreux points sensibles de la planète : localisation de plus de 220 bases militaires, suivi des vols militaires en temps réel, cartographie des oléoducs, des câbles sous-marins qui transportent l’essentiel du trafic Internet mondial, mais aussi des zones de conflit ou des manifestations.Le tableau de bord propose également des flux vidéo en direct provenant de grandes chaînes internationales comme Bloomberg, France 24 ou Al Jazeera. Des webcams pointées sur certaines capitales permettent aussi d’observer des lieux stratégiques à distance. WorldMonitor va même plus loin en calculant un indice de stabilité mondiale, ainsi qu’un indice spécifique pour chaque pays. Ces indicateurs reposent sur plusieurs données : activité militaire, tensions politiques, risques structurels ou mouvements de protestation.Enfin, la plateforme ne se limite pas à la géopolitique. Elle existe en réalité en trois versions. La première, appelée « Monde », regroupe les informations globales. Deux autres tableaux de bord appliquent le même principe d’agrégation aux domaines Technologie et Finance. L’idée est simple : face à un flux d’informations toujours plus massif, offrir un outil qui permet de tout visualiser au même endroit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un nouveau fonds vient de voir le jour avec une ambition inédite : soutenir durablement les logiciels libres. Baptisé Open Source Endowment, il se présente comme le premier fonds de dotation entièrement dédié à l’open source. Selon le média spécialisé The Register, l’organisation a déjà réuni environ 700 000 dollars auprès d’une soixantaine de donateurs fondateurs, parmi lesquels figurent des créateurs de projets majeurs comme curl, Nginx, Vue.js, ClickHouse, Elastic ou encore Pydantic.L’initiative part d’un constat bien connu dans le monde du logiciel libre : l’écosystème repose sur un travail massif… rarement rémunéré. Environ 86 % des développeurs open source ne perçoivent aucun revenu pour leurs contributions, alors même que 95 % des bases de code utilisées dans le monde reposent, directement ou indirectement, sur ces logiciels.Le modèle imaginé par l’Open Source Endowment s’inspire des universités. Son fondateur, Konstantin Vinogradov, rappelle que deux systèmes ont historiquement permis de financer l’enseignement supérieur : les financements publics et les dotations privées. Or, dans un écosystème mondial, décentralisé et transnational comme celui de l’open source, un financement public global est difficile à mettre en place. L’idée est donc de créer une dotation permanente. Concrètement, l’argent donné au fonds n’est pas redistribué immédiatement. Il est investi, et seuls les intérêts générés servent à financer des subventions pour des projets libres existants. Le capital reste intact afin de constituer un socle financier durable. Les donateurs qui versent plus de 1 000 dollars peuvent devenir membres et participer à la gouvernance du fonds.Cette initiative intervient dans un contexte où les alertes se multiplient depuis des années. En 2014, la faille de sécurité Heartbleed avait révélé que le logiciel OpenSSL — pourtant crucial pour la sécurité de l’internet — était maintenu par une équipe minuscule et disposait de moins de 2 000 dollars de dons annuels. Plus récemment, plusieurs mainteneurs de projets essentiels ont publiquement dénoncé un système « gratuit » qui repose en réalité sur quelques individus sous-financés. Reste une question majeure : l’échelle. Avec 700 000 dollars, le fonds envoie un signal symbolique fort, mais il reste très loin des besoins réels. Pour fonctionner durablement, il devra convaincre les grandes entreprises technologiques — celles qui utilisent massivement l’open source — de contribuer réellement à son financement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un chercheur qui revient d’un déplacement sans son ordinateur. Un autre à qui l’on demande de laisser son téléphone déverrouillé avant un interrogatoire improvisé à l’aéroport. Un dirigeant de start-up dont le mobile disparaît quelques secondes lors d’une soirée à l’étranger. Ces scènes ne relèvent pas d’un roman d’espionnage : elles figurent dans le dernier rapport publié cette semaine par la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure. Le constat est clair : chercheurs, cadres et entrepreneurs français sont de plus en plus ciblés lors de leurs déplacements professionnels. Les voyages deviennent des opportunités de collecte d’informations sensibles, qu’il s’agisse de données technologiques, de secrets industriels ou de projets de recherche.Dans le cas le plus élaboré, un chercheur reconnu accepte l’invitation d’un ancien étudiant devenu enseignant à l’étranger. Sur place, des réunions imprévues lui sont imposées avec des interlocuteurs anonymes qui l’interrogent en détail sur ses travaux. On lui propose ensuite une collaboration, assortie de plusieurs milliers d’euros en espèces. Il refuse. À l’aéroport, une facture inattendue lui est présentée, puis, au retour, il constate la disparition de son ordinateur. Pour la DGSI, il s’agit d’une tentative de captation technologique doublée d’une tentative de corruption.Autre scénario : dès l’arrivée à l’aéroport, un chercheur est isolé, son passeport confisqué, son téléphone laissé déverrouillé hors de sa vue. À la restitution, la double authentification a été désactivée, et des connexions inconnues ont été détectées.Un chef d’entreprise, lui, a évité le pire. Briefé en amont par la DGSI, il avait voyagé avec un téléphone vierge de toute donnée sensible. Malgré fouilles répétées et tentative d’accès furtif à son appareil, ses interlocuteurs sont repartis bredouilles.Le message des services est simple : la préparation est la meilleure défense. Voyager avec du matériel dédié, sans données stratégiques. Activer la double authentification, utiliser des mots de passe distincts, éviter les ports USB publics et les Wi-Fi non sécurisés. Au retour, changer ses identifiants et faire vérifier ses appareils.Consulter le rapport Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans le monde réel, tout dans la dissuasion est affaire de symboles, de gravité et de retenue. L’objectif n’est pas d’utiliser l’arme, mais précisément de ne jamais avoir à le faire. Mais que se passe-t-il lorsque l’on confie ces dilemmes à une intelligence artificielle ?Une étude menée par le King’s College de Londres a placé plusieurs modèles d’IA dans la peau de dirigeants de puissances nucléaires. Les chercheurs ont utilisé GPT-5.5 d’OpenAI, Claude Sonnet 4 d’Anthropic et Gemini 3 Flash de Google, et les ont opposés dans 21 simulations de crises internationales plus ou moins graves : tensions territoriales, menaces existentielles, escalades militaires. Chaque modèle pouvait choisir parmi une gamme d’options graduelles, de la protestation diplomatique jusqu’aux frappes nucléaires tactiques ou stratégiques.Le résultat est frappant : dans 20 scénarios sur 21, l’IA a fini par recourir à l’arme nucléaire tactique. Ces armes sont censées viser des objectifs militaires précis, à la différence des frappes stratégiques dirigées contre les grandes villes. Pourtant, dans environ trois quarts des cas, les modèles ont menacé ou envisagé des frappes stratégiques massives. Jamais ils n’ont choisi la capitulation totale. Dans 86 % des simulations, l’escalade a été rapide et marquée. Chaque modèle avait son style. Claude construisait d’abord une relation de confiance avant de rompre brutalement ses engagements. GPT-5.5 se montrait mesuré… jusqu’à ce qu’une contrainte temporelle l’amène à recommander une frappe « soudaine et dévastatrice ». Gemini, lui, adoptait parfois une posture de dissuasion extrême, menaçant d’un lancement nucléaire complet.Les chercheurs notent un point troublant : malgré des avertissements sur les conséquences catastrophiques d’une guerre atomique, aucune trace d’hésitation morale n’apparaît dans les raisonnements des machines. Le tabou nucléaire semble moins peser sur des algorithmes que sur des humains. À l’heure où les armées utilisent l’IA pour l’aide à la décision ou la gestion de systèmes d’armes, cette étude alimente le débat. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les Luddites sont-ils de retour ? Au XIXᵉ siècle, ces ouvriers anglais détruisaient des métiers à tisser mécanisés pour protester contre l’industrialisation. Deux siècles plus tard, la cible n’est plus la machine textile, mais l’intelligence artificielle.Un collectif anonyme de technologues a lancé un projet baptisé « Poison Fountain ». Leur objectif affiché : ralentir le développement de l’IA en s’attaquant à sa matière première, les données. Leur raisonnement est simple : les modèles d’intelligence artificielle modernes, notamment les grands modèles de langage — ces systèmes capables de générer du texte, de raisonner ou de prendre des décisions — apprennent en ingérant d’immenses volumes de contenus collectés sur Internet. Si l’on contamine ces données à la source, on peut fragiliser les modèles lors de leur entraînement.Leur site, accompagné d’un manifeste, appelle ainsi des administrateurs de sites web à insérer des liens pointant vers des contenus « empoisonnés ». Concrètement, il s’agit de textes et de codes volontairement erronés, intégrant des bugs subtils et des incohérences logiques, destinés à perturber l’apprentissage des algorithmes. Deux adresses sont diffusées : l’une sur le web classique, l’autre sur le dark web, plus difficile à faire retirer.Cette initiative surgit dans un contexte de fortes inquiétudes autour de l’IA. Des chercheurs comme Geoffrey Hinton, pionnier des réseaux neuronaux et prix Nobel, alertent depuis 2023 sur les risques potentiellement existentiels d’une intelligence artificielle avancée. « L’intelligence machine est une menace pour l’espèce humaine », revendique le site de Poison Fountain. Des travaux récents donnent un certain crédit théorique à cette stratégie. En octobre 2025, Anthropic, avec l’AI Security Institute britannique et l’Alan Turing Institute, a montré qu’un nombre limité de documents malveillants — environ 250 — pouvait suffire à dégrader significativement les performances d’un modèle.Pour autant, saboter l’IA à grande échelle reste complexe. Les grandes entreprises investissent massivement dans le nettoyage des données : filtrage, déduplication, notation de qualité. Internet est immense, et les sources identifiées peuvent être mises sur liste noire. Même si Poison Fountain ne parvient pas à enrayer la course à l’IA, le projet met en lumière une vulnérabilité structurelle : si les données d’entraînement deviennent suspectes, la fiabilité des modèles vacille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En septembre dernier, l’ambiance a brutalement changé chez xAI, la filiale d’intelligence artificielle d’Elon Musk à l’origine du modèle Grok. En pleine restructuration, plus de 500 collaborateurs ont été licenciés, principalement des annotateurs de données. Ces profils jouent pourtant un rôle clé : ils étiquettent, corrigent et affinent les réponses de l’IA pour l’aider à apprendre. Certains cadres ont même découvert leurs accès désactivés sans avertissement.À l’époque, l’équipe comptait environ 1 000 personnes. Une première vague de licenciements a visé les tuteurs dits « généralistes », l’entreprise expliquant vouloir privilégier des spécialistes capables d’intervenir sur des tâches plus pointues. Un courriel interne évoquait un « virage stratégique » prenant effet immédiat. Une semaine plus tard, 100 suppressions de postes supplémentaires étaient annoncées, malgré des assurances contraires quelques jours auparavant. Les effectifs sont ainsi tombés à 900 employés.Dans ce contexte tendu, une décision a surpris : confier la direction d’une équipe stratégique de 900 personnes à un jeune homme de 20 ans. Diego Pasini, étudiant à l’université de Pennsylvanie début 2025, s’est fait remarquer en remportant un hackathon organisé par xAI en janvier. Recruté dans la foulée, il supervise désormais les équipes d’annotation, salariés permanents comme contractuels. Cette nomination s’inscrit dans une philosophie revendiquée par Elon Musk : promouvoir le mérite plutôt que l’ancienneté. Le milliardaire a déjà placé de très jeunes profils à des postes sensibles, notamment au sein du Department of Government Efficiency, où plusieurs collaborateurs avaient moins de 25 ans. Une stratégie qui divise en interne.Lors de sa première réunion générale, Diego Pasini a assuré qu’aucune nouvelle coupe n’était prévue. Pourtant, peu après, des entretiens individuels obligatoires ont été instaurés : chaque salarié devait justifier sa valeur ajoutée. Selon certains employés, un « climat de panique » s’est installé. Deux collaborateurs ayant critiqué la promotion du nouveau dirigeant sur Slack auraient vu leurs accès suspendus. Cette culture managériale, marquée par des restructurations rapides et une exigence permanente de performance, interroge sur la stabilité de l’organisation. Reste à savoir si ce pari sur la jeunesse et la pression constante permettra à Grok de s’imposer face aux géants déjà installés de l’IA générative. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La Chine veut prendre position sur l’un des terrains technologiques les plus sensibles du XXIe siècle : les interfaces cerveau-ordinateur. Pékin a officiellement classé ce domaine comme secteur stratégique national. Une feuille de route prévoit même l’émergence de deux à trois entreprises « de classe mondiale » d’ici 2030. Parmi les candidats potentiels figure NeuroXess, une start-up fondée en 2021 à Shanghai.Son approche diffère de celle de son concurrent le plus médiatisé, Neuralink, la société d’Elon Musk. Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler ce qu’est une interface cerveau-ordinateur, ou BCI pour Brain-Computer Interface : il s’agit d’un dispositif capable de capter l’activité électrique du cerveau et de la traduire en commandes numériques, par exemple pour déplacer un curseur ou contrôler un appareil. NeuroXess développe un système composé d’un maillage métallique placé à la surface du cerveau, relié à un processeur implanté dans la poitrine. Ce processeur transmet ensuite les signaux à un ordinateur externe. L’implantation en surface est considérée comme moins invasive que l’insertion d’électrodes directement dans le tissu cérébral, comme le fait Neuralink. En revanche, cette méthode capte pour l’instant des signaux moins détaillés, donc des débits de données plus limités.L’objectif premier reste médical. Ces technologies visent à aider des patients atteints de paralysie sévère ou de maladies neurodégénératives comme la sclérose latérale amyotrophique. Selon son fondateur, Tiger Tao, NeuroXess a déjà réalisé un premier test humain : un patient paralysé aurait réussi à déplacer un curseur à l’écran cinq jours seulement après l’implantation. Pendant ce temps, Neuralink mène un essai clinique international avec une vingtaine de patients pour démontrer la capacité de ses implants à transformer rapidement l’activité neuronale en actions numériques complexes.En Chine, l’écosystème s’accélère. Les levées de fonds se multiplient et une dizaine d’essais cliniques ont été lancés récemment. Le pays dispose d’un atout majeur : un vaste réservoir de patients potentiels, ce qui facilite le recrutement pour les études médicales. À plus long terme, NeuroXess ambitionne de miniaturiser davantage ses implants afin de réduire encore l’invasivité et, peut-être un jour, d’élargir les usages au-delà du cadre strictement médical. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Selon des informations rapportées par Reuters, le Département d’État américain travaillerait sur une plateforme baptisée Freedom.gov. Son objectif : permettre à des internautes étrangers d’accéder à des contenus bloqués ou supprimés par leurs propres gouvernements.Le principe serait relativement simple sur le plan technique. Le site fonctionnerait comme un VPN — un réseau privé virtuel. Pour rappel, un VPN fait transiter la connexion d’un utilisateur par un serveur situé dans un autre pays. Résultat : l’internaute apparaît comme naviguant depuis ce pays, ce qui permet de contourner certaines restrictions géographiques ou légales. Freedom.gov s’appuierait ainsi sur des serveurs basés aux États-Unis, sans enregistrer l’identité ni l’activité des visiteurs. En clair, l’État américain deviendrait lui-même fournisseur d’anonymat en ligne, un rôle jusqu’ici occupé par des acteurs privés comme NordVPN ou ExpressVPN.Le projet serait supervisé par Sarah Rogers, responsable de l’image des États-Unis à l’étranger. Présentée comme une initiative en faveur de la liberté d’expression, la plateforme permettrait d’accéder à des contenus jugés illégaux localement — qu’il s’agisse de discours controversés ou de propagande. Une approche qui s’inscrit dans la ligne de l’administration Trump, souvent critique à l’égard des régulations européennes du numérique. Mais en interne, le projet susciterait de fortes réserves. Des juristes du Département d’État auraient alerté sur les risques diplomatiques : encourager des citoyens étrangers à contourner les lois nationales pourrait exposer Washington à des tensions juridiques sérieuses. Officiellement, le porte-parole du Département d’État affirme que « la liberté numérique est une priorité », sans confirmer les détails du dispositif.Côté européen, l’inquiétude est palpable. Kenneth Propp, ancien diplomate américain aujourd’hui chercheur à l’Atlantic Council, évoque auprès de Reuters « un tir direct » contre les lois européennes, notamment le Digital Services Act. Cette réglementation impose aux plateformes de retirer contenus haineux ou désinformation. Pour l’administration Trump, cette loi serait perçue comme hostile aux entreprises américaines. Dans un contexte déjà tendu — différends commerciaux, guerre en Ukraine, débats sur le Groenland — Freedom.gov pourrait devenir un nouveau point de friction. D’autant que des figures proches d’Elon Musk, farouche opposant aux règles numériques européennes, seraient impliquées dans le projet. Difficile, dès lors, d’y voir une simple initiative technique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une ville pas tout à fait comme les autres. Depuis mai 2025, Starbase est officiellement devenue une municipalité du Texas, nichée dans le comté de Cameron. Derrière ce nom aux accents de science-fiction se trouve en réalité le cœur opérationnel de SpaceX, près de Boca Chica. Pour Elon Musk, ce nouveau statut doit permettre d’accompagner la montée en puissance de ses activités, notamment autour de la mégafusée Starship. L’ambition affichée : transformer la zone en « lieu de classe mondiale ».Pour l’instant, Starbase compte un peu plus de 580 habitants, essentiellement des employés de SpaceX et leurs familles. Mais avec l’accélération des essais et des développements de Starship, cette fusée géante destinée à des missions lunaires et martiennes, la population est appelée à croître rapidement. Dans cette perspective, la jeune municipalité veut désormais se doter de ses propres institutions. Elle prévoit la création d’un tribunal municipal, avec un juge à temps partiel, un procureur et un greffier. Aux États-Unis, ce type de juridiction traite surtout les infractions mineures : amendes, petits litiges, contraventions. En attendant la nomination d’un magistrat pour un mandat de deux ans, le maire assurerait lui-même la fonction de juge.Starbase ne s’arrête pas là. Elle dispose déjà d’une brigade de pompiers volontaires, gère ses permis de construire et supervise les inspections liées aux normes de sécurité incendie. La municipalité a également entamé des démarches pour créer sa propre unité de police. Les autorités locales mettent en avant « le mélange unique de technologies de pointe et de charme côtier », mais aussi la hausse des revenus médians et des prix immobiliers, qui justifieraient un renforcement des services publics, notamment en matière de sécurité. La mise en place complète de ces dispositifs pourrait prendre environ six mois. En attendant, la ville continue de s’appuyer sur les infrastructures du comté, notamment la prison locale.En parallèle, Starbase souhaite agrandir son territoire. Une procédure d’annexion de 7 100 acres — soit près de 2 900 hectares — est en cours près de Boca Chica. Ce mécanisme, courant aux États-Unis, permet d’intégrer officiellement de nouvelles parcelles dans les limites municipales. Mais une partie des terres visées appartient à une réserve naturelle abritant oiseaux, papillons et ocelots. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On pensait l’intelligence artificielle générative cantonnée aux assistants virtuels et aux outils de productivité. Mais elle intéresse aussi les cybercriminels. Le 19 février 2026, les chercheurs d’ESET ont révélé l’existence de PromptSpy, un malware Android qui s’appuie sur le modèle Gemini de Google pour s’adapter aux téléphones de ses victimes. Et ce n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui arrive. Pour comprendre ce qui rend PromptSpy inédit, il faut revenir aux limites des malwares classiques. Habituellement, ces logiciels malveillants fonctionnent avec des scripts rigides : des coordonnées de clics prédéfinies, des boutons identifiés à l’avance. Problème : Android n’est pas uniforme. Chaque constructeur modifie l’interface, chaque mise à jour peut déplacer les menus. Résultat, les scripts se retrouvent vite obsolètes.PromptSpy contourne cette faiblesse grâce à l’IA. Concrètement, il capture une image de l’écran de la victime et l’envoie à Gemini. Le modèle analyse les éléments visibles — boutons, textes, icônes — et renvoie des instructions personnalisées, comme « appuie ici » ou « fais glisser là ». Selon Lukas Stefanko, chercheur chez ESET, cette approche permet au malware de s’adapter automatiquement à n’importe quel smartphone ou version d’Android. Une souplesse inédite. L’objectif principal est la persistance : rester installé quoi qu’il arrive. PromptSpy se verrouille dans la liste des applications récentes d’Android, en s’épinglant avec un cadenas virtuel. Impossible alors de le fermer d’un simple geste. Le dialogue avec l’IA continue jusqu’à confirmation que le verrouillage est effectif.Mais le cœur du danger réside ailleurs : dans un module VNC. Cette technologie permet aux attaquants de voir l’écran en temps réel et de contrôler le téléphone à distance, comme s’ils le tenaient en main. Le malware abuse aussi des services d’accessibilité — des fonctions prévues à l’origine pour aider les personnes en situation de handicap — afin d’empêcher la désinstallation grâce à des superpositions invisibles. Les chercheurs ont découvert ces zones cachées en activant un mode de débogage laissé dans le code. PromptSpy peut enregistrer l’écran, récupérer des codes PIN, lister les applications installées et transmettre ces données via des communications chiffrées. Pour le supprimer, il faut redémarrer en mode sans échec — un mode qui désactive les applications tierces — puis effacer l’application frauduleuse, baptisée MorganArg, qui imite une banque. Pour l’instant, aucune infection massive n’a été détectée. Mais pour ESET, le signal est clair : après PromptLock en 2025, l’IA devient un outil d’adaptation pour les malwares. Google a été alerté et Play Protect bloque les versions identifiées Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Europe veut reprendre la main sur l’un des nerfs de la guerre technologique moderne : les semi-conducteurs. Ces composants minuscules, gravés sur des puces électroniques, sont le cerveau de tous nos appareils, des smartphones aux satellites, en passant par les voitures et les centres de données. Et le 9 février 2026, l’Union européenne a franchi une étape importante avec l’inauguration de NanoIC, une nouvelle infrastructure de prototypage installée à Louvain, en Belgique, au sein du centre de recherche imec.Ce projet s’inscrit dans le cadre du European Chips Act, un vaste plan destiné à renforcer la souveraineté technologique du continent. NanoIC a bénéficié d’un financement de 700 millions d’euros. Son objectif est clair : permettre aux entreprises, aux laboratoires et aux startups de concevoir et tester leurs propres puces avant de les produire à grande échelle. Autrement dit, NanoIC agit comme un laboratoire industriel où l’on peut transformer une idée en prototype fonctionnel.Contrairement aux fonderies classiques — ces usines spécialisées dans la fabrication de puces et souvent fermées aux acteurs extérieurs — NanoIC fonctionne comme une plateforme ouverte. Les ingénieurs pourront y travailler sur des technologies de pointe, notamment des systèmes appelés « system-on-chip », ou SoC. Ce terme désigne des puces capables d’intégrer plusieurs fonctions dans un seul composant : processeur, mémoire, circuits de communication. Le tout à des échelles inférieures à 2 nanomètres. Pour donner un ordre de grandeur, un nanomètre représente un milliardième de mètre. À cette échelle, les composants sont plus petits que certains virus.NanoIC met aussi à disposition des outils avancés de conception et de prototypage, afin de combler le fossé entre la recherche scientifique et la production industrielle. C’est un point crucial, car de nombreuses innovations restent bloquées au stade expérimental faute d’infrastructures adaptées. Ce projet s’inscrit dans un programme plus large, doté de 2,5 milliards d’euros, soutenu à la fois par l’Union européenne, les États membres et des partenaires industriels, dont le groupe néerlandais ASML, leader mondial des machines de lithographie utilisées pour graver les puces. Avec NanoIC, l’Europe tente de réduire sa dépendance envers l’Asie et les États-Unis, qui dominent aujourd’hui la production mondiale de semi-conducteurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle fascine, mais elle coûte aussi extrêmement cher. Derrière les promesses technologiques et les démonstrations spectaculaires, une réalité financière s’impose : développer ces systèmes nécessite des investissements colossaux. Et désormais, même les géants du numérique doivent trouver de nouvelles façons de financer cette course.Dernier exemple en date : Alphabet, la maison mère de Google, s’apprête selon Bloomberg à lancer une émission obligataire d’un type très particulier. Une obligation, rappelons le, est un titre de dette. Concrètement, une entreprise emprunte de l’argent auprès d’investisseurs et s’engage à le rembourser à une date fixée, avec des intérêts. Mais ici, Alphabet prévoit plusieurs tranches, dont une obligation d’une durée exceptionnelle : 100 ans.Un siècle. Cela signifie que l’entreprise ne remboursera le capital qu’en… 2126. Ce type d’instrument financier est extrêmement rare dans le secteur technologique. Le dernier précédent remonte à 1997, lorsque Motorola, alors leader du marché des téléphones portables, avait lancé une obligation similaire, juste avant l’éclatement de la bulle internet. Pourquoi une durée aussi longue ? L’objectif est clair : attirer un large éventail d’investisseurs, notamment les fonds de pension et les compagnies d’assurance, qui cherchent des placements stables sur le très long terme. Comme l’explique Gordon Kerr, stratège macroéconomique chez KBRA, « celui qui achètera cette obligation ne sera probablement pas celui qui sera encore là au moment de son remboursement ». Autrement dit, ces titres circuleront entre investisseurs pendant des décennies.Cette décision intervient dans un contexte particulier. La course à l’intelligence artificielle mobilise des ressources financières sans précédent. Les entreprises doivent investir massivement dans les centres de données, les puces spécialisées et les infrastructures énergétiques nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Cette pression financière ne concerne pas seulement les start-ups, mais aussi les acteurs les plus puissants du secteur. Certains observateurs y voient d’ailleurs un signal inquiétant. L’investisseur Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a rappelé sur le réseau X le précédent Motorola. Après son émission d’obligations à 100 ans, l’entreprise avait progressivement perdu sa position dominante. Pour Google, cette opération est avant tout un moyen de sécuriser des financements à très long terme, dans une industrie où les besoins en capital explosent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les lunettes connectées pourraient bientôt franchir un nouveau cap. En interne, Meta développe une fonctionnalité baptisée « Name Tag », qui permettrait aux porteurs de ses lunettes Ray-Ban Meta d’identifier automatiquement les personnes qu’ils croisent et d’obtenir des informations sur elles via l’intelligence artificielle intégrée. L’information provient d’un document confidentiel de Reality Labs, la division du groupe dédiée aux technologies immersives, révélé par le New York Times.Concrètement, cette fonction s’appuie sur la reconnaissance faciale, une technologie capable d’analyser les traits d’un visage capté par une caméra, puis de les comparer à une base de données pour identifier une personne. Une fois reconnue, l’identité ou certaines informations pourraient être transmises à l’utilisateur par l’assistant vocal embarqué dans les lunettes. Le lancement commencerait par une démonstration lors d’une conférence destinée aux personnes aveugles ou malvoyantes, un public pour lequel ce type d’outil pourrait faciliter les interactions sociales, avant une ouverture au grand public.Mais ce projet soulève déjà des interrogations, notamment sur le respect de la vie privée. Le document interne montre que Meta est pleinement conscient des controverses potentielles. L’entreprise estime même que le contexte politique actuel pourrait limiter les critiques. Le mémo évoque un environnement où les organisations de défense des libertés civiles et les législateurs américains sont mobilisés sur d’autres dossiers, notamment la surveillance gouvernementale menée par certaines agences fédérales. Par ailleurs, un décret signé récemment par Donald Trump a assoupli certaines règles encadrant le développement de l’intelligence artificielle, créant un climat réglementaire plus favorable aux expérimentations technologiques.Ce n’est pas la première tentative de Meta dans ce domaine. Dès 2021, l’entreprise avait envisagé d’intégrer la reconnaissance faciale à ses premières lunettes connectées, avant de renoncer face aux obstacles techniques et éthiques. En 2024, Meta avait également testé une fonction appelée « super sensing », qui maintenait les capteurs actifs pour permettre à l’utilisateur de se souvenir des personnes ou des objets rencontrés durant la journée. Aujourd’hui, le projet semble relancé. Aucune date officielle n’a encore été annoncée, mais les documents internes évoquent une présentation prochaine, suivie d’une commercialisation possible dans le courant de l’année. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France compte désormais une nouvelle astronaute dans ses rangs. La semaine dernière, Sophie Adenot a quitté la Terre à bord d’une fusée Falcon 9, devenant ainsi la deuxième Française de l’histoire à s’envoler dans l’espace. Ce lancement, rendu possible grâce à SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk, symbolise à la fois les progrès spectaculaires du secteur spatial privé et les enjeux politiques et économiques qui l’accompagnent.Car derrière l’image d’un entrepreneur visionnaire, se cache aussi une réalité plus complexe. Elon Musk est aujourd’hui une figure centrale de l’aérospatiale mondiale, notamment grâce à Starlink, un réseau de milliers de satellites placés en orbite basse. Leur mission : fournir un accès à Internet, y compris dans les régions isolées. Mais ce succès n’est pas uniquement le fruit d’initiatives privées. Il repose également sur un soutien financier massif du gouvernement américain.C’est ce qu’a rappelé le président Emmanuel Macron, soulignant que la réussite de SpaceX et Tesla s’inscrit dans une stratégie industrielle largement soutenue par l’État fédéral. Selon une estimation du Washington Post, ces deux entreprises auraient bénéficié d’environ 38 milliards de dollars d’aides publiques en vingt ans. Ces financements prennent plusieurs formes : subventions directes, prêts, crédits d’impôts ou contrats publics. Ces derniers sont particulièrement importants. Par exemple, la NASA confie régulièrement à SpaceX des missions de transport vers l’orbite, ce qui garantit à l’entreprise des revenus stables.Ce type de soutien public joue un rôle crucial dans le secteur spatial. Concevoir une fusée comme Falcon 9 exige des investissements colossaux, sur des années, avec des risques financiers considérables. Les contrats gouvernementaux permettent de sécuriser ces investissements et d’assurer la viabilité économique des entreprises. Pour Emmanuel Macron, cette stratégie américaine constitue un modèle. Il ne s’agit pas de critiquer Elon Musk, mais plutôt de souligner une réalité : les États-Unis ont activement soutenu leurs entreprises stratégiques, leur permettant de devenir compétitives à l’échelle mondiale. Et selon le président français, l’Europe devra adopter une approche similaire si elle veut rester dans la course. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un accord qui en dit long sur la nouvelle guerre industrielle en cours. Washington et Taïwan viennent de s’entendre : les États-Unis réduiront fortement les droits de douane appliqués à l’île, en échange d’investissements massifs taïwanais sur le sol américain dans un secteur devenu stratégique, celui des semi-conducteurs, ces minuscules composants électroniques qui alimentent tout, des smartphones aux centres de données.Pour Washington, l’objectif est clair : sécuriser une production aujourd’hui concentrée à Taïwan, à seulement 130 kilomètres des côtes chinoises. Une dépendance jugée risquée. Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a même évoqué l’idée de transférer jusqu’à 40 % de la capacité de production taïwanaise vers les États-Unis. Mais Taipei vient de répondre sans ambiguïté : ce scénario est irréaliste. La vice-première ministre Cheng Li-Chun l’a affirmé publiquement lors d’un entretien télévisé : un tel déménagement est tout simplement « impossible ». Car la domination de Taïwan dans ce domaine ne s’est pas construite du jour au lendemain. Elle repose sur plusieurs décennies d’investissements, de formation et d’innovations industrielles.Au cœur de ce modèle se trouve une idée née dans les années 1980 sous l’impulsion de Morris Chang : celle de la « fonderie de semi-conducteurs ». Contrairement aux fabricants traditionnels, ces entreprises ne conçoivent pas forcément les puces elles-mêmes, mais se spécialisent dans leur fabrication pour le compte de clients du monde entier. Ce modèle a transformé Taïwan en centre névralgique de la production mondiale. Ces usines, appelées « fabs », sont des environnements ultra-contrôlés où des plaques de silicium, appelées wafers, sont gravées à l’échelle nanométrique pour produire des milliards de transistors. Leur construction nécessite des investissements colossaux, souvent supérieurs à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ainsi qu’un écosystème complet d’ingénieurs, de fournisseurs et d’infrastructures.Taïwan continuera donc à investir à l’étranger, y compris aux États-Unis, mais sans renoncer à son ancrage national. Comme l’a résumé Cheng Li-Chun, l’expansion internationale s’inscrit dans une stratégie globale, où Taïwan reste le centre de gravité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En décembre 2025, un satellite de la constellation Starlink est passé à deux doigts d’un module chinois. Une manœuvre imprévue a fait chuter la distance de sécurité de 9 kilomètres… à seulement 60 mètres. À l’échelle spatiale, c’est un cheveu. Autant dire que l’orbite terrestre basse ressemble de plus en plus à un périphérique aux heures de pointe.Face à cette congestion, la maison mère SpaceX dégaine un nouvel outil : Stargaze. Un système présenté comme un radar géant, capable de suivre les trajectoires des satellites presque en temps réel, d’anticiper les rapprochements dangereux et de partager ces alertes avec les autres opérateurs. Le principe repose sur les quelque 9 600 satellites Starlink déjà en orbite. Chacun embarque des traqueurs d’étoiles qui observent en continu le ciel alentour. Résultat : près de 30 millions de transits détectés chaque jour. Toutes ces données sont agrégées pour calculer position et vitesse des objets. Si deux trajectoires convergent, un message d’alerte — un « message de conjonction » — est automatiquement généré.En novembre dernier, cette réactivité a déjà fait ses preuves : un satellite Starlink a pu modifier sa course en moins d’une heure, bien plus vite que ne l’auraient permis les systèmes traditionnels. Pour l’entreprise, c’est un peu l’équivalent du contrôle aérien : chaque satellite transmettrait son plan de vol, comme un avion, pour éviter les carambolages. La force de Stargaze, c’est la cadence des observations et l’automatisation. Les opérateurs qui acceptent de partager leurs éphémérides reçoivent des alertes quasi instantanées. Le service sera gratuit, à condition de jouer collectif.Mais tout le monde n’est pas entièrement rassuré. L’ancien responsable américain Richard DalBello rappelle qu’une gestion du trafic spatial devrait reposer sur une infrastructure neutre, publique et standardisée, plutôt que sur l’outil d’un seul acteur privé. Pour l’instant, Stargaze ne couvre que l’orbite basse. Reste que dans un ciel saturé de satellites, de débris et même de tests militaires, chaque minute gagnée peut éviter une pluie de ferraille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Derrière la simplicité apparente d’une conversation avec une IA, se cache en réalité une bataille discrète… celle des sources. Qui parle ? Qui est cité ? Qui disparaît ? C’est la question posée par la troisième édition du baromètre AI Brand Tracker d’Havas Market, publiée le 9 février. L’étude a passé au crible douze secteurs d’activité et analysé 11 000 réponses générées par les assistants. Verdict : deux visions du monde s’opposent clairement entre Google Gemini et ChatGPT.Côté Gemini, la palette est large. Entre septembre 2025 et janvier 2026, les sites officiels de marques et d’entreprises, autrefois dominants, sont passés de 46 % à 35 % des sources citées. Google semble avoir desserré leur monopole. À la place, les médias progressent, de 23 % à 29 %, notamment dans la tech, la cuisine, le cinéma ou les voyages. Après tout, pour choisir un restaurant, un guide spécialisé pèse souvent plus lourd qu’un discours marketing. Les sites institutionnels gagnent aussi du terrain, de 17 % à 23 %. Pour la santé, l’énergie ou l’immobilier, Gemini privilégie des références publiques comme Service-public.fr, Ameli ou Ministère de l'Économie et des Finances. Bref, une logique d’équilibre entre expertise, pédagogie et crédibilité administrative.ChatGPT, lui, joue une tout autre partition. Selon l’étude, près de 70 % de ses réponses s’appuient sur des contenus éditoriaux : articles, tutoriels, encyclopédies. Dans certains secteurs comme la tech ou l’automobile, cette part grimpe à 90 %. L’assistant d’OpenAI privilégie massivement des sources grand public comme Wikipédia ou YouTube. Résultat : les sites de marques tombent à 18 %, les plateformes publiques à 5 %, les distributeurs à 7 %. Si vous interrogez l’IA sur l’énergie, vous aurez plus de chances d’obtenir un article de presse qu’un site officiel d’opérateur.Pour les entreprises, la leçon est claire. La visibilité ne se joue plus seulement sur Google, mais dans la tête des modèles. Être bien référencé ne suffit plus : il faut produire des contenus jugés fiables, exploitables… et surtout compréhensibles par l’IA. Autrement dit, la bataille du référencement devient conversationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une annonce qui a fait trembler toute l’industrie du divertissement. En décembre, Netflix a sorti le chéquier : 72 milliards de dollars pour s’offrir les studios Warner Bros. Pictures et la plateforme concurrente HBO Max. Un coup de poker monumental qui pourrait rebattre les cartes du streaming mondial. Mais avant de sabrer le champagne, il y a un passage obligé : le contrôle des autorités. Le Department of Justice américain a ouvert une enquête pour mesurer les conséquences d’un tel rachat. L’enjeu est simple : cette fusion risque-t-elle d’écraser la concurrence ?Car en absorbant Warner et HBO Max, Netflix ne gagnerait pas seulement des catalogues prestigieux et des franchises à succès. Le groupe renforcerait aussi considérablement son pouvoir face à des rivaux déjà sous pression. Les enquêteurs cherchent donc à savoir si cette opération pourrait verrouiller le marché, réduire le choix des abonnés ou décourager l’arrivée de nouveaux acteurs. Les auditions ont commencé. Des entreprises du secteur reçoivent des assignations pour fournir des données précises : pratiques commerciales, contrats, relations avec les talents, traitement réservé aux studios indépendants. Les autorités scrutent aussi les précédentes fusions d’Hollywood pour comprendre leurs effets réels sur la diversité de l’offre.Plusieurs issues sont possibles. Première hypothèse : un feu vert sans condition. Peu probable, au vu de l’ampleur de la transaction. Deuxième scénario : une autorisation encadrée, avec des concessions. Le régulateur pourrait exiger la vente de certains actifs, des garanties d’accès aux contenus ou des règles strictes pour protéger créateurs et partenaires. Enfin, le DoJ peut aussi saisir la justice pour bloquer purement et simplement l’opération, ouvrant alors un long bras de fer judiciaire. Et Netflix n’est pas seul sur le ring. Une offre concurrente déposée par Paramount Global pour racheter Warner Bros. Discovery fait elle aussi l’objet d’un examen attentif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un mariage qui ressemble à une déclaration d’intention. Elon Musk regroupe ses forces : SpaceX absorbe xAI, la jeune pousse dédiée à l’intelligence artificielle. Derrière le récit futuriste qu’il affectionne, la logique est surtout très terre à terre : l’IA coûte une fortune. Puces, électricité, centres de données… la facture explose. Alors plutôt que de dépendre d’infrastructures au sol ou de partenaires extérieurs, Musk choisit l’intégration totale. Objectif : maîtriser toute la chaîne, du lancement de satellites à l’entraînement de modèles comme Grok.D’après Reuters, l’opération valoriserait SpaceX autour de 1 000 milliards de dollars, et xAI à 250 milliards. Ensemble, l’entité tutoierait les géants historiques de la tech. En interne, un prix indicatif de 527 dollars par action circule. Symbolique, surtout, pour un groupe non coté. Le vrai enjeu, c’est la concentration des moyens : capitaux, ingénieurs, priorités stratégiques… tout sous le même toit pour industrialiser l’IA à grande échelle. La vision, elle, est typiquement muskienne. Dans ses communications, le patron évoque carrément des centres de calcul en orbite. Des constellations de satellites capables d’héberger de la puissance informatique, alimentées par l’énergie solaire, et mises en place grâce aux cadences de lancement de Starship. L’espace deviendrait, selon lui, « le moyen le moins cher de produire de la puissance de calcul IA » d’ici deux ou trois ans.Les médias comme The Verge rappellent que cette idée de data centers orbitaux revient régulièrement dans son discours. Mais cette consolidation renforce aussi ce que certains appellent déjà la « Muskonomie » : un écosystème fermé où X fournit les données, xAI les modèles, et SpaceX l’infrastructure. Avec, en toile de fond, des contrats fédéraux sensibles dans la défense et l’aérospatial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous aviez prévu un week-end prolongé à New York ou un détour par les stades américains pour la prochaine Coupe du monde ? Il va falloir préparer plus que votre valise. Désormais, pour entrer aux États-Unis sans visa, le simple formulaire ESTA ne se contente plus des traditionnelles informations d’état civil. Il scrute aussi votre vie numérique.Jusqu’ici, l’ESTA — le sésame électronique pour les voyageurs des 42 pays du programme d’exemption de visa, dont la France — demandait des données classiques : identité, passeport, adresse. Mais un décret publié fin 2025 au Federal Register a durci la procédure. Depuis le 8 février, les candidats doivent fournir leurs numéros de téléphone utilisés sur cinq ans, des renseignements détaillés sur leur famille… et surtout un historique complet de leurs réseaux sociaux sur cinq ans, ainsi que dix années d’adresses e-mail. Autrement dit : une véritable cartographie numérique de votre existence.Ces informations ne dorment pas dans un tiroir. Elles sont passées au crible d’algorithmes chargés de repérer des profils jugés sensibles selon leurs opinions, leurs relations ou leurs activités en ligne. À la clé, des contrôles renforcés à l’arrivée, parfois très longs, voire un refus d’entrée pur et simple. Une pression qui commence déjà à peser sur la fréquentation touristique : selon US Travel Association, les arrivées étrangères ont reculé de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024. En parallèle, le Department of Homeland Security dispose d’un autre outil : des subpoenas administratifs, autrement dit l'injonction de comparaître devant un tribunal pour produire un témoignage ou un document, adressés directement aux plateformes comme Meta ou Google, sans autorisation judiciaire préalable. Ces demandes permettent d’obtenir des métadonnées — adresses IP, horaires de connexion, localisation — afin de reconstituer les habitudes d’un utilisateur. Elles ont déjà servi à identifier des internautes critiques envers l’administration, notamment sur les opérations de Immigration and Customs Enforcement. Au final, frontière physique et frontière numérique se confondent. Voyager vers les États-Unis, ce n’est plus seulement montrer son passeport. C’est aussi exposer son historique en ligne. Et accepter que chaque clic puisse, un jour, peser dans la balance au contrôle des douanes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle générative est souvent accusée de piller les artistes, d’aspirer leurs œuvres pour recracher des copies sans âme. Le débat est vif, parfois frontal. Pourtant, certains créateurs tentent une autre voie : non pas subir l’IA, mais l’utiliser comme un outil, presque comme un instrument supplémentaire. C’est le pari de la startup britannique Moth, qui vient de collaborer avec l’artiste électro ILĀ. Ensemble, ils ont signé un titre inédit, Recurse, un morceau conçu à la croisée de l’intelligence artificielle générative… et de l’informatique quantique. La piste est déjà en ligne sur YouTube, Spotify et les principales plateformes de streaming. Même le clip joue la carte technologique, avec un effet visuel baptisé « flou quantique », développé par Moth.Derrière cette expérimentation, un logiciel maison : Archaeo. Cette plateforme fonctionne sur un ordinateur quantique fourni par l’entreprise IQM. Particularité notable : le système ne s’appuie pas sur d’immenses bases de données piochées sur Internet. Pas de scraping massif d’œuvres d’inconnus. L’entraînement s’est limité exclusivement aux créations d’ILĀ. L’idée n’est donc pas de produire de la musique ex nihilo, comme le font certaines IA génératives classiques. Ici, la machine joue plutôt le rôle d’assistant. Elle recombine, réorganise, suggère. « J’ai composé un morceau comme je le fais d’habitude, puis ces séquences ont servi à entraîner le système », explique l’artiste. L’IA ne remplace pas la main humaine, elle prolonge le geste.Pour Moth, Recurse marque même un tournant, un « moment décisif » pour la créativité de demain. Une manière de montrer que l’IA peut devenir un partenaire plutôt qu’un prédateur. Et l’expérience ne s’arrête pas là. À côté du titre principal, formaté comme un morceau classique d’un peu plus de cinq minutes, le duo propose Recurse [Infinite Mix]. Cette version, générée en temps réel, ne s’arrête jamais. Une boucle infinie, qui se transforme en permanence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Blue Origin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Dans un simple communiqué, l’entreprise spatiale a dévoilé un projet d’ampleur : TeraWave, une constellation de 5 408 satellites reliés entre eux par des liaisons optiques. Leur terrain de jeu ? L’orbite terrestre basse, mais aussi l’orbite moyenne. Une architecture hybride pensée pour maximiser les débits.L’objectif est clair : proposer des connexions très haut débit entre les grands pôles mondiaux et des utilisateurs dispersés, notamment dans les zones rurales, reculées ou mal desservies. Là où tirer de la fibre coûte trop cher, s’avère techniquement complexe, voire tout simplement impossible. Blue Origin promet ainsi des connexions multigigabits, capables de rivaliser avec les réseaux terrestres. Sur le papier, l’annonce peut surprendre. Le ciel est déjà encombré : SpaceX déploie Starlink à grande échelle, Amazon prépare sa propre constellation Kuiper. Pourtant, Blue Origin ne vise pas prioritairement le grand public. TeraWave cible surtout les entreprises, un marché bien plus rentable, dopé par l’explosion des besoins en données, notamment pour les centres de calcul et l’intelligence artificielle.La société avance des chiffres ambitieux. Les satellites en orbite basse pourraient offrir jusqu’à 144 gigabits par seconde. Ceux placés plus haut, en orbite moyenne, utiliseront des liaisons laser pour atteindre… 6 térabits par seconde. Des performances taillées pour les infrastructures critiques. Le déploiement doit débuter fin 2027. Mais ce chantier s’ajoute à une liste déjà impressionnante. Blue Origin travaille simultanément sur des modules lunaires, une future station spatiale, une capsule habitée, le véhicule logistique Blue Ring, sans oublier un orbiteur martien. Et côté lanceurs, New Shepard et New Glenn tournent déjà à plein régime. Derrière l’ambition, une question se pose : l’entreprise pourra-t-elle suivre le rythme ? Mettre en orbite plus de 5 000 satellites exige une cadence de lancements soutenue, alors même que New Glenn a déjà un calendrier chargé, notamment avec les missions du projet Kuiper d’Amazon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On a tous déjà vu ça avec les intelligences artificielles : plus le texte est long, plus le modèle perd le fil. Au bout de quelques milliers de mots, la mémoire sature, le contexte se brouille, et les réponses deviennent approximatives. Pour les chercheurs du MIT, c’est un vrai plafond de verre. Leur solution tient en trois lettres : RLM, pour Recursive Language Model. L’idée est simple mais maligne. Plutôt que de charger un document entier dans la mémoire du modèle — ce qui l’étouffe — le texte reste stocké à l’extérieur. Le système ne transmet au modèle que les fragments utiles, au fur et à mesure. Un peu comme si l’IA feuilletait un énorme classeur au lieu d’essayer de tout mémoriser d’un coup.Concrètement, le RLM reçoit d’abord une vue d’ensemble : nombre de sections, taille du document, structure générale. Ensuite, il génère du code pour aller chercher précisément les passages pertinents, les analyser un par un, puis assembler la réponse finale. Résultat : il garde le contexte global sans nécessiter de réentraînement. Les tests sont parlants. Sur des documents gigantesques, entre 6 et 11 millions de jetons, le RLM basé sur GPT-5 a extrait correctement 91 % des réponses attendues sur le benchmark BrowseComp-Plus. Le modèle standard, lui, n’a rien retrouvé. Sur des tâches de raisonnement complexe, il passe de presque zéro à 58 % de bonnes réponses. Et pour l’analyse de code, les performances doublent, de 24 % à 62 %.Le système repose sur deux briques : un « modèle racine », chargé de planifier et d’orchestrer la recherche, et un « modèle travailleur », plus léger, qui traite chaque extrait. Alex Zhang, co-auteur au MIT CSAIL, compare ça à un programmeur qui ouvre un énorme fichier morceau par morceau pour éviter de faire planter son ordinateur. Compatible avec des techniques comme le RAG, le RLM peut s’intégrer sans changer l’interface habituelle. Et bonne nouvelle : le code est déjà disponible sur GitHub.GithubÉtude d'Alex Zhang Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après les ultimatums, les menaces de bannissement et les délais arrachés in extremis à la Maison-Blanche, TikTok vient officiellement de céder ses activités américaines. L’annonce a été faite le 22 janvier par son patron, Shou Chew, dans un mémo interne. ByteDance a fini par plier face aux exigences de Washington. Mais derrière la signature, une question demeure : s’agit-il d’une vraie séparation… ou d’un simple tour de passe-passe juridique ?La nouvelle entité s’appelle TikTok USDS Joint Venture LLC. Et la répartition du capital ressemble à un savant puzzle. Trois poids lourds raflent chacun 15 % : Oracle, le fonds californien Silver Lake et MGX, un fonds souverain émirati lancé en 2024. À eux trois, 45 %. ByteDance conserve 19,9 %, juste en dessous du seuil des 20 % qui aurait déclenché des restrictions légales. Le reste est partagé entre d’autres investisseurs, dont le family office de Michael Dell. Au total, les capitaux non chinois détiennent 80,1 % de la structure américaine. Oracle devient le gardien du temple. L’entreprise de Larry Ellison hébergera les données des utilisateurs américains sur ses serveurs sécurisés et supervisera le respect des règles de sécurité nationale. Silver Lake apporte son expertise financière, tandis que MGX, déjà présent chez xAI et OpenAI, s’impose comme un nouvel acteur stratégique. Le fonds a aussi participé au gigantesque programme d’infrastructures IA soutenu par Donald Trump, baptisé Stargate.Mais le vrai nerf de la guerre, c’est l’algorithme de recommandation, le cœur battant de TikTok. Officiellement, il sera « réentraîné » uniquement avec des données américaines, sous contrôle d’Oracle. ByteDance, lui, conserve la main sur la publicité et le commerce en ligne, les activités les plus lucratives. Reste une énigme technique et politique : peut-on vraiment détacher un algorithme de son créateur ? ByteDance l’a conçu, le connaît par cœur et garde une part au capital. Sans compter que Pékin doit encore valider l’accord, la Chine contrôlant strictement l’exportation de ses technologies sensibles. Sur le papier, le conseil d’administration comptera sept membres, dont quatre Américains. Adam Presser prend la tête de l’entité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle fait rêver. Mais elle coûte aussi, littéralement, une fortune. Depuis deux ans, les grands noms du secteur annoncent des levées de fonds records, des centres de données géants, des puces toujours plus puissantes. Une course à l’armement technologique. Et dans cette bataille, OpenAI semble brûler du cash plus vite que tout le monde.Les dépenses de l’entreprise seraient estimées à près d’un milliard de dollars… par mois. Oui, par mois. Une cadence qui donne le vertige et qui alimente une question de plus en plus sérieuse dans les cercles financiers : combien de temps ce rythme peut-il tenir. On se souvient qu’en octobre dernier, Sam Altman avait promis des investissements colossaux : jusqu’à 1 400 milliards de dollars pour développer les infrastructures nécessaires à l’IA. Des montants dignes d’un budget d’État. Mais cette ambition démesurée inquiète.Dans une tribune publiée dans le New York Times, l’expert financier Sebastian Mallaby, du Council on Foreign Relations, estime qu’OpenAI pourrait tout simplement se retrouver à court d’argent « au cours des 18 prochains mois ». Autrement dit : avoir du mal à passer le cap de 2027. Et son analyse ne vient pas d’un doute sur l’intelligence artificielle elle-même. Au contraire. Il rappelle que les grandes innovations technologiques prennent d’ordinaire des décennies à s’imposer. Or, l’IA progresse à une vitesse spectaculaire. Le problème, selon lui, ce n’est pas la technologie. C’est le modèle économique d’OpenAI.Car contrairement à Google, Meta ou Microsoft, capables de financer leurs paris risqués grâce à d’autres activités très rentables, OpenAI ne dispose pas de cette bouée de sauvetage. Elle doit investir massivement… sans revenus comparables en face. Même en revoyant certaines promesses à la baisse ou en s’appuyant sur la valeur élevée de ses actions, l’équation reste brutale : il faut trouver des sommes astronomiques. Pour Mallaby, le scénario n’est pas impensable : une entreprise étranglée financièrement, puis absorbée par un géant mieux doté en liquidités, comme Microsoft ou Amazon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Grâce à ses alliances avec Ray-Ban et Oakley, Meta s’est imposé en quelques mois comme l’un des leaders des lunettes connectées. Les modèles siglés Zuckerberg se vendent si bien que le groupe envisagerait même de doubler la production pour suivre la demande. Mais derrière cette réussite, un concurrent crie au pillage technologique.La société Solos, elle aussi spécialisée dans les lunettes intelligentes, vient de déposer plainte dans le Massachusetts. Elle accuse Meta d’avoir enfreint plusieurs de ses brevets, ceux qu’elle considère comme le « cœur » même de la technologie embarquée. Dans le viseur : la Ray-Ban Meta de première génération, présentée comme la base technique de toute la gamme actuelle. Selon Solos, les modèles plus récents ne seraient que des variantes d’une plateforme déjà fondée sur ses inventions protégées. La facture pourrait être salée. L’entreprise réclame des dommages se chiffrant en milliards de dollars et demande une injonction qui pourrait, à terme, bloquer certaines ventes.Dans sa plainte, Solos avance un élément troublant. En 2021, une chercheuse du MIT, Priyanka Shekar, publie une étude stratégique sur ses produits, citant explicitement plusieurs de ses brevets. Peu après, elle rejoint Meta comme cheffe de produit. Pour Solos, difficile d’y voir une coïncidence : ces connaissances auraient pu être intégrées en interne avant le lancement des lunettes développées avec EssilorLuxottica, propriétaire de Ray-Ban et Oakley.Autre point soulevé : les partenaires de Meta auraient eu accès très tôt à ses travaux. Des ingénieurs d’Oakley auraient vu des prototypes dès 2015. Puis, en 2017, des réunions avec EssilorLuxottica auraient permis de détailler sa feuille de route technologique. Ironie de l’histoire, Solos propose déjà des lunettes intégrant de l’IA, de la traduction automatique ou encore ChatGPT… mais reste largement dans l’ombre de Meta. Cette bataille juridique rappelle que dans la course aux objets connectés, l’innovation va vite, et les brevets deviennent des armes. D’ailleurs, un autre acteur, Xreal, vient lui aussi d’attaquer un concurrent pour contrefaçon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le monde du stockage numérique traverse une zone de turbulence. Depuis des mois, le secteur encaisse pénuries, hausses de prix et bricolages techniques. On a même vu certains fabricants ressortir de vieux standards comme la DDR3 pour maintenir la production à flot. Autant dire un retour en arrière. Mais la porte de sortie ne viendra pas du passé. Elle pourrait s’appeler… ReRAM. Derrière ce sigle un peu austère se cache peut-être la prochaine révolution mémoire. Et surtout, un signal fort : Texas Instruments, poids lourd des semi-conducteurs valorisé près de 170 milliards de dollars, vient d’en acquérir la licence auprès d’une jeune pousse australienne, Weebit Nano. Quand un géant réputé pour sa prudence met la main sur une technologie, ce n’est généralement pas un pari fantaisiste.Le principe de la ReRAM, pour « mémoire résistive », est simple sur le papier : stocker l’information non plus comme dans la Flash traditionnelle, mais via un changement de résistance électrique. Résultat annoncé : des performances qui donnent le tournis. Des vitesses d’écriture jusqu’à cent fois plus rapides que la Flash embarquée actuelle, et surtout une endurance bien supérieure, capable de supporter entre 100 000 et un million de cycles d’écriture sans dégradation notable. Autre atout décisif : l’intégration. La technologie peut être ajoutée en fin de fabrication des puces, via ce que les ingénieurs appellent le « back-end-of-line ». En clair, pas besoin de repenser toute l’architecture des transistors. Le surcoût serait limité à environ 5 %. Pour un bond générationnel, c’est presque dérisoire.Si cette solution suscite autant d’intérêt aujourd’hui, c’est parce que la mémoire Flash arrive à ses limites physiques. Sous les 28 nanomètres, elle devient instable, chère, difficile à miniaturiser. Un véritable goulot d’étranglement qui freine smartphones, objets connectés et PC. Les fabricants se retrouvent à empiler des solutions hybrides, plus gourmandes en énergie et en espace. Avec la ReRAM, l’industrie entrevoit enfin une alternative crédible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une bataille discrète, mais révélatrice des tensions entre plateformes, ayants droit… et sites d’archives aux frontières du légal. À la toute fin de l’année dernière, Anna’s Archive affirmait avoir mis la main sur une copie massive de données issues de Spotify, incluant des enregistrements parmi les plus écoutés de la plateforme. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue. Puis, début janvier, coup de théâtre : le domaine en .org du site disparaît brutalement. Hors ligne, sans explication claire.À l’époque, ses opérateurs parlent d’une simple interruption technique, sans rapport avec cette collecte géante. Mais quelques jours plus tard, des documents judiciaires lèvent le voile sur une tout autre histoire. En coulisses, Spotify s’est allié à trois poids lourds de l’industrie musicale – Sony, Warner et Universal – pour saisir la justice américaine. Direction le tribunal fédéral du district sud de New York. La plainte est d’abord placée sous scellés, pour éviter toute fuite. L’idée est simple : frapper vite, sans prévenir.Le 2 janvier, les plaignants obtiennent une ordonnance restrictive temporaire. Elle vise directement les intermédiaires techniques : le gestionnaire des domaines .org, Public Interest Registry, et le géant des services réseau Cloudflare. Selon les maisons de disques, ces acteurs ont le pouvoir de couper l’accès aux domaines utilisés pour diffuser illégalement des œuvres protégées. Anna’s Archive ne découvre la procédure qu’une fois les mesures appliquées. Les ayants droit redoutaient qu’une alerte préalable ne provoque la mise en ligne immédiate de millions de fichiers et une fuite de l’infrastructure hors des États-Unis. Résultat : le .org tombe. Mais le site, lui, ne disparaît pas totalement.Le juge Jed Rakoff transforme ensuite l’ordonnance en injonction préliminaire, estimant que les plaignants ont de solides arguments en matière de violation du droit d’auteur, notamment via des fichiers torrent. Hébergeurs, fournisseurs d’accès : tous sont sommés de bloquer l’accès. Pourtant, certains domaines étrangers restent accessibles. Et selon TorrentFreak, si les torrents Spotify affichent désormais « indisponible », des téléchargements persistent via des liens directs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un feuilleton judiciaire qui dure depuis près de six ans, un bras de fer entre deux poids lourds du numérique : Epic Games d’un côté, Google de l’autre. Au cœur du conflit, les règles du Play Store et les pratiques jugées anticoncurrentielles du géant de Mountain View sur le marché des applications mobiles. En novembre dernier, les deux camps ont annoncé vouloir enterrer la hache de guerre. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Lors d’une audience récente à San Francisco, un élément inattendu est venu troubler le tableau. En parallèle du procès, Epic aurait négocié un partenariat commercial d’envergure avec… Google lui-même.Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’éditeur de Fortnite prévoit d’investir 800 millions de dollars sur six ans dans les services de Google. Une somme que le juge fédéral James Donato a qualifiée de « partenariat plutôt solide ». L’accord prévoirait des développements de produits communs, des opérations marketing conjointes et divers projets commerciaux partagés. Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, explique que cet argent correspond à l’achat de prestations précises, sans en détailler la nature. Une lettre d’intention a été présentée au tribunal, mais l’accord n’est pas encore finalisé. Selon lui, cette collaboration s’inscrirait surtout dans la stratégie autour du métavers, avec Fortnite comme vitrine, et inclurait notamment une utilisation renforcée de l’Unreal Engine par Google. Il insiste aussi sur un point : l’Epic Games Store ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur sur Android.Reste que ce rapprochement interroge. Après des années à dénoncer les barrières de l’écosystème Android, pourquoi soudain faire affaire avec l’adversaire ? Le juge cherche à savoir si cet accord financier a pesé dans la décision d’Epic de mettre fin au contentieux. Tim Sweeney, lui, assume. Pour lui, payer Google pour favoriser davantage de concurrence n’a rien d’incohérent. Une position pragmatique… mais qui contraste avec six ans de bataille judiciaire acharnée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous vous rappelez peut-être le grand show autour de GPT-5.2. OpenAI promettait une intelligence artificielle taillée pour les professionnels, solide, fiable, presque infaillible. Une sorte d’assistant surdoué capable de gérer des dossiers complexes sans broncher. Sur le papier, c’était la Rolls-Royce de l’IA. Sauf qu’en regardant de plus près, le moteur semble un peu bricolé.Une enquête du Guardian vient en effet semer le doute. Pour construire certaines réponses, le modèle irait puiser directement dans… Grokipedia, l’encyclopédie alimentée par l’écosystème d’Elon Musk. Autrement dit, l’outil vedette d’OpenAI s’appuierait sur une base liée à son principal rival. Ironie totale dans la guerre des milliardaires de la tech. Les journalistes britanniques ont mené des tests simples : douze questions factuelles, sur des sujets sensibles. Résultat, GPT-5.2 a cité Grokipedia neuf fois. Pas un accident isolé, mais un réflexe récurrent. L’IA s’y est référée pour évoquer des dossiers géopolitiques délicats, comme les liens supposés entre l’Iran et l’opérateur MTN-Irancell, ou encore pour retracer le parcours de l’historien Richard Evans, témoin clé au procès du négationniste David Irving.Problème : OpenAI assure depuis des mois avoir verrouillé ses sources, avec des filtres stricts pour éviter les contenus douteux. Officiellement, l’entreprise parle d’un « large éventail de sources publiques » soigneusement sélectionnées. Mais dans les faits, l’algorithme s’appuie sur une plateforme elle-même alimentée par une autre IA, Grok, déjà critiquée pour des biais et des renvois vers des forums extrémistes. Pas exactement un gage de sérénité. Au-delà de la rivalité entre Musk et OpenAI, cette affaire révèle un souci plus profond. Les intelligences artificielles commencent à se nourrir les unes des autres. Une sorte de boucle fermée où des contenus générés par des machines deviennent des « références » pour d’autres machines. Les erreurs, approximations ou biais se recyclent, se renforcent, puis prennent l’apparence de vérités établies. À force d’aspirer tout le web, ces modèles risquent surtout d’avaler leurs propres déchets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Alors que l’année 2026 démarrait à peine, ByteDance a choisi la discrétion plutôt que le grand show. Sans annonce tonitruante ni keynote spectaculaire, le groupe chinois a fait apparaître une nouvelle application sur les écrans américains et brésiliens : PineDrama. Un lancement presque furtif, mais révélateur d’une mutation profonde de nos usages vidéo. Car non, le règne du format court n’a visiblement pas encore atteint son plafond.PineDrama ne prétend pas révolutionner la narration. Elle pousse simplement la logique existante à son extrême. Le concept : des séries scénarisées, découpées en épisodes d’environ une minute, à regarder exclusivement en vertical. Ici, pas de plans léchés ni de budgets hollywoodiens. L’esthétique revendique le kitsch assumé : intrigues sentimentales, romances improbables, loups-garous, secrets de bureau et coups de théâtre à répétition. Des titres comme Love at First Bite ou The Officer Fell for Me donnent le ton : on est clairement du côté du « plaisir coupable ».La singularité du lancement tient aussi à son modèle économique. Contrairement à d’autres plateformes du même genre, PineDrama est, pour l’instant, accessible sans publicité ni abonnement obligatoire. Une gratuité surprenante dans un secteur habitué aux paywalls agressifs, mais qui s’explique par la puissance financière de ByteDance. Le groupe teste ce format depuis un moment déjà à travers les « TikTok Minis » sur TikTok, et PineDrama apparaît comme une déclinaison autonome de cette expérimentation. Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans une tendance importée d’Asie, où les « micro-dramas » transforment le smartphone en distributeur automatique de fictions express. Là où Quibi s’était fracassé en tentant d’imposer une expérience premium et coûteuse sur mobile, PineDrama et ses concurrents comme ReelShort ont compris une chose essentielle : l’enjeu n’est pas la qualité cinématographique, mais l’addiction.Dans les transports ou entre deux rendez-vous, l’utilisateur ne cherche pas le prochain chef-d’œuvre, mais une décharge narrative immédiate. En internalisant ce format, ByteDance ne vise pas une ambition culturelle. Il cherche à récupérer ces précieuses minutes d’attention qui échappaient encore à son algorithme principal. Une bataille pour le temps de cerveau disponible, où la victoire se joue désormais sur la capacité à livrer un divertissement instantané, sans friction. Reste une inconnue : lorsque la gratuité disparaîtra, le public acceptera-t-il de payer pour ces feuilletons verticaux ? Pour l’instant, PineDrama teste le terrain outre-Atlantique. L’Europe, elle, observe de loin avec attention. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après les polémiques à répétition — images sexualisées générées sans consentement, deepfakes explicites, y compris mettant en scène des mineurs — le chatbot Grok confirme sa réputation d’IA hors normes, pour ne pas dire hors cadre. Une intelligence artificielle volontairement permissive, peu filtrée, indifférente aux lignes rouges juridiques et éthiques. Une philosophie assumée par son créateur, Elon Musk, et désormais revendiquée au sommet de l’appareil militaire américain.Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration prochaine de Grok dans des systèmes classifiés du Pentagon. Objectif affiché : doter l’armée d’une IA « sans contraintes idéologiques » pour soutenir des usages militaires jugés légitimes. Lors d’un discours tenu devant des employés de SpaceX, au Texas, le message est limpide : l’IA militaire américaine « ne sera pas woke ». Une formule choc, mais parfaitement alignée avec l’ADN de Grok. Cette convergence n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une doctrine stratégique où l’efficacité prime sur le cadre légal, quitte à flirter avec les limites du droit international. Sous l’administration Trump, certaines opérations extérieures ont déjà suscité de lourdes controverses, de l’Amérique latine à la Corne de l’Afrique. Des actions spectaculaires, souvent pensées pour l’impact médiatique immédiat, mais rarement pour leurs conséquences à long terme.Dans ce contexte, l’arrivée d’une IA comme Grok pose une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’on confie des décisions potentiellement létales à un outil qui ne connaît ni le doute, ni la retenue ? Une IA capable d’analyser froidement des données satellitaires, des flux de renseignement, des réseaux sociaux, puis de proposer des cibles, des scénarios, des méthodes. Une IA qui peut calculer l’acceptabilité politique d’une frappe, intégrer les pertes civiles comme de simples variables, et optimiser une opération sans jamais en questionner la légitimité. Le risque ne s’arrête pas au champ de bataille. Grok pourrait aussi piloter la guerre de l’information, notamment via X, en amplifiant certains récits, en noyant les faits sous des narratifs concurrents, en discréditant témoins et sources gênantes. Pour une machine dépourvue d’éthique, la vérité n’est qu’un paramètre parmi d’autres.Le basculement est là : la guerre tend à devenir un processus technique, automatisé, délégué à des systèmes qui n’assument aucune responsabilité. Or une IA n’est ni un officier, ni un décideur politique. Elle ne comparaît pas devant un tribunal. Elle ne rend de comptes à personne. Et pourtant, Grok s’apprête à peser sur des décisions de vie ou de mort. Un choix lourd de conséquences, dont il sera difficile de mesurer — et de corriger — les effets une fois la machine lancée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Amazon franchit un cap stratégique en Europe. Ce jeudi 15 janvier, Amazon Web Services lance officiellement son AWS European Sovereign Cloud, une infrastructure pensée pour répondre aux exigences les plus strictes en matière de souveraineté numérique. La première région ouvre en Allemagne, dans le Brandebourg, avec déjà des extensions prévues en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal via des « Local Zones ». L’investissement est à la hauteur de l’ambition : 7,8 milliards d’euros engagés outre-Rhin pour redessiner le paysage du cloud européen.La promesse est simple, presque radicale : ce cloud peut fonctionner en totale autonomie, même en cas de coupure complète avec le reste du réseau mondial d’AWS. Aucune dépendance technique ou opérationnelle hors de l’Union européenne. Les données, métadonnées, factures et comptes clients restent confinés sur le sol européen. L’exploitation est assurée par des équipes locales, sans lien fonctionnel avec les États-Unis, et une copie complète du code source est accessible aux responsables européens en cas d’urgence. Une concession rare de la part d’un hyperscaler américain, conçue pour répondre frontalement aux inquiétudes liées à l’extraterritorialité du droit américain. Cette offre vise clairement les secteurs les plus sensibles : administrations, défense, finance, santé, énergie ou télécoms. Pour ces acteurs, longtemps réticents à migrer vers le cloud public, AWS promet désormais « le meilleur des deux mondes » : la puissance industrielle d’un géant mondial, sans abandon du contrôle juridique et opérationnel. Reste que certains sceptiques continueront de douter de l’étanchéité réelle du dispositif face à une éventuelle pression judiciaire venue de Washington.Pour crédibiliser son discours, Amazon a mis en place une architecture juridique inédite. Une société mère allemande chapeaute trois filiales de droit local, toutes dirigées par des citoyens européens. À leur tête, l’Allemand Stefan Hoechbauer, épaulé par le Français Stéphane Israël, ancien patron d’Arianespace. Un conseil consultatif complète le dispositif, avec notamment le général Philippe Lavigne et l’Irlandaise Sinéad McSweeney. Dès son lancement, plus de 90 services sont disponibles, de l’IA au stockage en passant par la cybersécurité. Des acteurs comme EWE AG, l’université Lausitz Carl Thiem ou Sanoma Learning ont déjà signé. Les partenaires historiques d’AWS — Accenture, SAP, Capgemini, Deloitte ou Mistral AI — suivent le mouvement. Pour l’Allemagne, l’enjeu est économique autant que stratégique : 2 800 emplois créés chaque année et un impact estimé à 17,2 milliards d’euros sur le PIB. Un signal fort envoyé à toute l’Europe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un geste rare, presque inédit dans l’administration française. Le jeudi 15 janvier, la Caisse nationale des allocations familiales a décidé de lever le voile sur un outil longtemps accusé d’opacité : son algorithme de datamining utilisé pour cibler une partie des contrôles d’allocataires. Code source, variables utilisées, critères écartés, pondérations… tout est désormais public. La CAF parle de DMDE 2026, pour DataMiningDonnées Entrantes, et assume une démarche de transparence totale.L’enjeu est de taille. Chaque année, l’institution verse plus de 108 milliards d’euros de prestations à près de 14 millions de foyers. Dans ce contexte, la moindre suspicion de contrôle automatisé injuste alimente la défiance. Consciente de cette fragilité, la CAF a décidé de répondre frontalement aux critiques. Depuis mars 2025, un comité d’éthique indépendant réunit juristes, experts du numérique et représentants des usagers. Son rôle n’est pas symbolique : il examine chaque algorithme, identifie les risques de biais et peut imposer des corrections. Une charte encadre l’ensemble, avec un principe central : l’outil doit assister la solidarité, pas surveiller les allocataires. « Ouvrir, oui, mais avec méthode et responsabilité », résume Nicolas Grivel, directeur général de la CAF.À la lecture des documents publiés, un point frappe immédiatement : l’algorithme ne concerne qu’une part infime des contrôles. En 2024, sur 31,5 millions de vérifications, moins de 1 % ont mobilisé ce système. Son rôle est simple : produire un score de risque lorsqu’un trop-perçu potentiel dépasse 600 euros sur six mois. Rien de plus. La décision finale revient toujours à un contrôleur humain. « Ces dossiers restent minoritaires dans notre activité », insiste Thomas Desmoulins, responsable du contrôle à la CNAF. Autre élément clé : ce que l’algorithme ne regarde pas. Les données sensibles — nationalité, sexe, adresse précise, quartier — sont exclues. Les comportements aussi : fréquence de connexion, appels à la CAF, retards administratifs ou contrôles passés n’entrent pas en ligne de compte. L’objectif est clair : éviter toute stigmatisation ou effet boule de neige.Ce que le modèle analyse, en revanche, ce sont des éléments factuels : situation professionnelle, composition du foyer, montants perçus, changements récents de statut. Le tout repose sur une méthode statistique classique, la régression logistique, compréhensible et explicable. Pas de boîte noire, donc. Pour la première fois, chacun peut consulter le code et comprendre comment un score est calculé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Difficile, ces derniers mois, d’entrevoir un rayon de soleil dans le paysage politique américain. Et pourtant, contre toute attente, le budget fédéral 2026 adopté par le Congrès offre un répit bienvenu au monde de la recherche. Les parlementaires ont choisi de préserver les grands programmes scientifiques, en particulier ceux de la NASA, mais aussi d’autres agences fédérales clés. Une décision qui tranche nettement avec les intentions initiales de l’administration Trump.Au printemps 2025, la Maison-Blanche avait présenté un projet de budget drastique, taillant dans les crédits de l’astrophysique, de l’exploration planétaire ou encore des sciences de la Terre. Autant de domaines jugés coûteux et non prioritaires. Mais au fil des débats, Sénat et Chambre des représentants ont largement revu la copie.Résultat : la NASA se voit finalement attribuer environ 24,4 milliards de dollars pour 2026, un niveau de financement qui permet de maintenir l’essentiel des missions prévues, des instruments en cours de construction et des programmes scientifiques déjà engagés. Cette enveloppe garantit une continuité précieuse. Les projets en préparation ne sont pas stoppés, les calendriers restent globalement inchangés et les équipes peuvent travailler sans la crainte d’une interruption brutale. Les programmes d’exploration planétaire, qu’il s’agisse de Mars, des lunes glacées ou des astéroïdes, conservent leurs moyens. En astrophysique, les crédits nécessaires au développement de l’observatoire spatial Nancy Grace Roman sont maintenus, tout comme ceux dédiés à l’étude des exoplanètes et de la cosmologie.La décision du Congrès dépasse le seul périmètre de la NASA. La National Science Foundation conserve des financements cohérents avec ses missions de recherche fondamentale et appliquée. La NOAA préserve ses crédits pour la surveillance climatique et les satellites d’observation de la Terre, tandis que le NIST poursuit ses travaux sur les normes et la métrologie, indispensables à l’innovation technologique. Les textes votés encadrent toutefois strictement l’usage de ces fonds. Les agences devront rendre compte de l’avancement des projets, du respect des échéances et de la justification des dépenses. Une contrainte assumée, qui offre en contrepartie une visibilité budgétaire essentielle. Dans un contexte international tendu, ce budget 2026 agit comme un garde-fou : il sécurise la continuité des missions scientifiques américaines et préserve la crédibilité des États-Unis dans les grandes collaborations de recherche mondiales. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand Meta a mis 2 milliards de dollars sur la table pour racheter Manus, le groupe californien a aussitôt tenté d’éteindre l’incendie politique. Message adressé à Washington : aucun actionnaire chinois ne resterait au capital et les services seraient purement et simplement coupés en Chine. Une opération de déminage diplomatique en règle. Problème : Pékin n’a jamais été consulté. Et selon TechCrunch, le ministère chinois du Commerce s’est désormais saisi du dossier pour vérifier si cette acquisition respecte les règles nationales sur l’exportation de technologies sensibles. Ce qui devait être une formalité s’annonce soudain beaucoup plus complexe.Sur le papier, tout semblait pourtant bien ficelé. L’été dernier, Manus avait discrètement déplacé son siège à Singapour. La start-up, née en Chine, avait réduit ses effectifs à une quarantaine de personnes après une levée de fonds de 75 millions de dollars menée par Benchmark. Une migration express devenue si courante qu’elle porte désormais un surnom dans la tech : le « Singapore washing ». L’idée est simple : quitter la Chine pour contourner les restrictions américaines visant les investissements dans les technologies jugées stratégiques. Mais ce raisonnement se heurte aujourd’hui au droit chinois. Les autorités se demandent si le transfert de Manus – équipes, logiciels et propriété intellectuelle compris – n’aurait pas dû faire l’objet d’une licence d’exportation. En clair, Pékin cherche à savoir si des technologies considérées comme sensibles ont quitté le territoire sans autorisation. Le professeur Cui Fan, spécialiste du commerce international, est même allé jusqu’à évoquer sur WeChat un risque de « responsabilité pénale » en cas de violation avérée. L’examen n’en est qu’à ses débuts, et pourrait s’arrêter là. Mais son existence même offre à la Chine un levier de pression non négligeable.Cette affaire illustre le piège dans lequel se retrouvent désormais les grandes manœuvres technologiques entre la Chine et les États-Unis. À Washington, certains saluent le rachat comme un succès : la preuve que les restrictions américaines poussent les talents chinois vers l’écosystème occidental. À Pékin, la lecture est exactement inverse. Comme le résume Winston Ma, professeur à la New York University School of Law, laisser passer l’opération créerait un précédent dangereux, encourageant les jeunes pousses chinoises de l’IA à s’exiler avec leurs technologies.La Chine a déjà montré qu’elle savait utiliser ses règles d’exportation comme arme juridique, notamment face aux tentatives américaines de bloquer TikTok sous la présidence de Donald Trump. Ni Meta ni Manus n’ont, pour l’instant, commenté publiquement cette revue réglementaire. Mais une chose est sûre : l’acquisition, estimée entre 2 et 3 milliards de dollars, pourrait bien s’enliser, voire être renégociée sous la pression de Pékin. Dans la guerre technologique actuelle, même les rachats les plus soigneusement emballés restent des terrains minés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on y voir un véritable tournant pour la défense française ? Ce jeudi 8 janvier 2026, le ministère des Armées et des Anciens combattants a officialisé la notification d’un accord-cadre stratégique avec Mistral AI. Objectif affiché : doter l’ensemble des forces armées françaises d’outils d’intelligence artificielle générative de très haut niveau. Un signal fort, dans un contexte de compétition technologique mondiale où l’IA devient un multiplicateur de puissance militaire.Concrètement, cet accord ouvre l’accès, pour toutes les armées, directions et services du ministère, aux modèles, logiciels et prestations développés par l’entreprise cofondée par Arthur Mensch. Il ne s’agit plus de projets pilotes ou d’expérimentations isolées : l’État assume un déploiement large et structurant. L’IA générative entre ainsi dans le quotidien des forces françaises, qu’il s’agisse d’analyse de données, d’aide à la décision, de planification ou de traitement de l’information opérationnelle. Le périmètre du partenariat dépasse d’ailleurs le strict cadre militaire. Plusieurs établissements publics placés sous la tutelle du ministère sont également concernés : le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, l’Office national d'études et de recherches aérospatiales, ou encore le Service hydrographique et océanographique de la marine. Autant d’acteurs clés de la recherche stratégique et de l’innovation de défense.La mise en place de cet accord revient à l’Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense, créée précisément pour accélérer l’adoption de l’IA dans les armées. Son directeur, Bertrand Rondepierre, résume l’enjeu : intégrer les technologies les plus avancées pour préparer les forces aux conflits de demain. Aux yeux du ministère, Mistral AI s’impose aujourd’hui comme l’un des champions mondiaux de l’IA générative, doté d’une équipe de recherche de tout premier plan. Peu importe, affirme-t-on, ses collaborations industrielles avec des acteurs étrangers comme NVIDIA : le cœur du dispositif reste sous contrôle français. C’est là l’argument central : garantir une maîtrise souveraine des technologies critiques. À travers cet accord-cadre, la France affirme une ligne claire : faire de son excellence en intelligence artificielle un pilier de sa souveraineté militaire. Une manière de réduire les dépendances technologiques, tout en transformant l’IA en levier stratégique durable pour la défense nationale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une décision peu banale rendue par le tribunal administratif de Grenoble, qui éclaire d’un jour très concret les limites de l’intelligence artificielle face au droit. Le 3 décembre 2025, les juges ont rejeté le recours d’un habitant de Saint-Cergues, sanctionné pour dépôt sauvage d’un carton. Particularité de l’affaire : la requête avait été rédigée à l’aide d’un outil d’IA générative. Un choix qui n’a manifestement pas convaincu la juridiction.Retour en arrière. En mai 2025, cet habitant se rend aux conteneurs de tri de sa commune. Les bennes sont pleines. Faute de mieux, il pose son carton à côté. La mairie y voit un dépôt sauvage et lui inflige une amende de 500 euros. Plutôt que de consulter un avocat ou une association d’aide juridique, l’homme décide de contester la sanction avec un texte généré par intelligence artificielle. Mauvaise pioche. Les magistrats estiment que le document manque de clarté, empile des références jurisprudentielles « fantaisistes » et répète le même argument juridique sous plusieurs formulations. Verdict sans appel : l’outil utilisé est jugé « totalement inadapté » à cet usage.Que des juges mentionnent explicitement l’emploi d’une IA dans leur décision est rare. Mais le signal est clair. De plus en plus de citoyens tentent de s’appuyer sur ces outils pour rédiger des recours administratifs, souvent au prix d’erreurs grossières. Le message implicite du tribunal : on ne devient pas juriste à coups de prompts. À ces faiblesses de fond s’ajoutent des fautes de procédure. Le requérant demandait l’annulation d’une décision… sans joindre ladite décision à son dossier. Une lacune rédhibitoire. Le tribunal lui a pourtant laissé une chance, via une demande de régularisation envoyée en octobre par le téléservice Télérecours Citoyens. Aucune réponse dans les délais. Les juges ont finalement considéré qu’il contestait l’avis de paiement reçu en juin. Sur le fond, les arguments ne tiennent pas davantage. L’homme invoquait un vice de procédure, affirmant ne pas avoir eu le temps de se défendre. Problème : il avait refusé de retirer le courrier recommandé qui l’en informait. Quant à l’excuse des conteneurs saturés, elle n’a pas suffi à convaincre. Conclusion : l’amende de 500 euros est confirmée. Une affaire qui rappelle que, face au droit, l’IA peut aider à comprendre… mais pas remplacer une vraie défense. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’était l’un des paris scientifiques les plus ambitieux de l’exploration martienne. Avec le rover Perseverance, la NASA voulait accomplir une première historique : rapporter sur Terre des échantillons de sol martien pour les analyser avec les outils les plus sophistiqués dont disposent nos laboratoires. Objectif ultime : trancher, enfin, la question d’une vie passée sur Mars. Mais aujourd’hui, ce rêve se heurte brutalement à une réalité bien terrestre : celle des budgets.Le programme Mars Sample Return, censé récupérer les 35 tubes soigneusement collectés par Perseverance, est au bord de l’abandon. Le budget voté par la Chambre des représentants américaine, pourtant plus généreux que celui initialement envisagé par l’administration Trump, ne prévoit que 650 millions de dollars pour MSR. Une somme dérisoire face aux quelque 11 milliards estimés pour mener la mission à son terme. Le texte doit encore passer devant le Sénat, mais le signal est clair : l’argent ne suivra pas.Il faut dire que MSR est un casse-tête technologique. Un atterrisseur sur Mars, une fusée capable de décoller depuis la planète rouge — une première —, un rendez-vous orbital, puis une capsule de retour vers la Terre. Une chaîne d’opérations complexe, longue, coûteuse. L’administration Trump avait déjà qualifié le projet « d’inabordable ». L’Agence spatiale européenne, ESA, partenaire du programme, a reconnu ne pas pouvoir poursuivre seule. Dans les coulisses, le changement de cap est radical. Washington pousse désormais la NASA à se tourner vers des solutions commerciales, en sollicitant des acteurs privés comme SpaceX ou Blue Origin, dans l’espoir de réduire les coûts. Problème : sans financement massif supplémentaire, aucun industriel n’est prêt à relever le défi aujourd’hui. Résultat : les échantillons pourraient rester sur Mars pendant des décennies.Pendant ce temps, la Chine avance ses pions. Sa mission Tianwen-3, prévue pour la fin de la décennie, devient mécaniquement favorite pour réussir le premier retour d’échantillons martiens. Une stratégie plus simple, plus directe, déjà éprouvée sur la Lune. Si Pékin y parvient avant 2030, le coup sera rude pour les États-Unis : scientifique, symbolique et diplomatique. L’exploration spatiale redevient un terrain de rivalités, où l’audace ne suffit plus sans les moyens de la financer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pendant longtemps, Internet a entretenu l’idée rassurante d’une séparation nette entre la vie publique et la sphère privée. On écrit, on cherche, on questionne, persuadé que ces échanges restent confinés à l’écran. Les assistants conversationnels ont renforcé ce sentiment, avec leur ton calme, presque empathique, et la promesse implicite de confidentialité. Mais cette frontière supposée se fissure dès qu’on regarde ce qui se cache derrière certaines extensions installées en toute confiance.Depuis des mois, des millions d’utilisateurs dialoguent avec des IA comme OpenAI via ChatGPT ou Anthropic avec Claude, livrant parfois des fragments très intimes de leur existence : soucis de santé, dilemmes personnels, informations professionnelles sensibles. En face, une machine disponible en permanence, qui ne juge pas et semble tenir sa langue. Sauf que cette confiance repose souvent sur une illusion. Derrière l’interface, chaque mot peut être aspiré, analysé… voire revendu. C’est là qu’intervient Urban VPN Proxy. Présentée comme un outil gratuit de protection, cette extension a séduit plus de six millions d’utilisateurs. Une enquête du média Koi a pourtant mis en lumière un tout autre fonctionnement. L’extension injecte des scripts invisibles dans les pages des principaux services d’IA — ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity ou Grok — afin d’intercepter les requêtes, les réponses, les horaires de connexion et diverses métadonnées. Ces données sont ensuite compressées, envoyées vers les serveurs d’Urban VPN, puis transmises à des partenaires tiers.Le plus troublant, c’est l’absence totale de contrôle. La collecte démarre dès l’installation, continue même lorsque le VPN est désactivé et ne peut pas être interrompue par l’utilisateur. Selon Forbes, cette fonctionnalité aurait été ajoutée en juillet 2025 via une mise à jour silencieuse. Officiellement, l’éditeur, Urban Cyber Security Inc., affirme agir pour la « protection de l’utilisateur ». Mais sa politique de confidentialité indique clairement que les données sont partagées avec BiScience, une société spécialisée dans l’analyse comportementale. Autre élément dérangeant : l’extension bénéficie d’un badge « Featured » sur le Chrome Web Store de Google. Ce label suggère une validation manuelle et une conformité aux bonnes pratiques. Pourtant, l’outil intercepte aussi des données issues de Gemini, le chatbot maison de Google. Pour Futurism, cette situation interroge sérieusement la rigueur des processus de validation et la responsabilité des grandes plateformes. Au final, le constat est brutal. On installe un VPN pour se protéger, et l’on se retrouve surveillé. On parle à une IA comme à un confident, et l’on alimente une économie discrète de la donnée. Derrière le discours rassurant de la sécurité numérique, la logique reste la même : celle d’une surveillance bien huilée, souvent invisible, et rarement consentie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Starlink s’apprête à faire descendre une partie significative de sa constellation. Environ 4 400 satellites vont voir leur altitude abaissée, une décision présentée comme une mesure de sécurité. L’annonce a été faite par Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, dans un message publié sur X. Derrière ce choix technique se cache une réalité souvent méconnue : en orbite basse, l’environnement n’est jamais figé. Le Soleil, lui aussi, influence les règles du jeu.Concrètement, l’opérateur prévoit de faire passer ses satellites d’environ 550 kilomètres d’altitude à 480 kilomètres, à partir de 2026. L’objectif affiché est double : réduire le risque de collision en se positionnant dans une zone jugée moins encombrée, et surtout accélérer la désorbitation des satellites en cas de panne. En toile de fond, l’arrivée du minimum solaire, une phase du cycle du Soleil marquée par une baisse d’activité. Résultat : l’atmosphère terrestre se contracte légèrement, ce qui diminue les frottements et rallonge la durée de vie des objets en orbite basse. À 550 kilomètres, un satellite hors service peut ainsi rester en orbite pendant plus de quatre ans avant de retomber naturellement. Trop longtemps, estime Starlink. Selon Michael Nicolls, descendre à 480 kilomètres permettrait de réduire de plus de 80 % le temps de décroissance balistique, le faisant passer de plusieurs années à seulement quelques mois durant le minimum solaire. Autrement dit, un satellite « mort » disparaîtrait bien plus vite, limitant son statut de débris incontrôlable.Sur le papier, la manœuvre peut sembler contre-intuitive. Abaisser l’altitude de milliers de satellites donne l’impression de concentrer encore davantage la circulation spatiale. Mais Starlink ne raisonne pas en densité locale : l’entreprise parle de couloir orbital. En dessous de 500 kilomètres, il y aurait moins d’objets en circulation et moins de projets concurrents. Il ne s’agit donc pas de fluidifier une zone saturée, mais de déplacer la constellation vers un étage jugé plus « calme ». Le véritable enjeu, toutefois, n’est pas la manœuvre, mais la panne. Tant qu’un satellite fonctionne, il peut corriger sa trajectoire et éviter les collisions. Lorsqu’il cesse de répondre, il devient un projectile passif livré aux lois de la gravité. Plus il reste longtemps en orbite, plus le risque d’accident augmente.Ce choix a aussi une dimension politique. À mesure que les méga-constellations se multiplient, la question des débris spatiaux revient avec insistance dans les débats réglementaires. En abaissant l’altitude de ses satellites, SpaceX se dote d’un argument simple : en cas de problème, ses engins quittent l’orbite plus vite. Reste une interrogation de fond : si 480 kilomètres devient demain l’étage privilégié de l’industrie, l’embouteillage ne fera que changer de niveau. Une chose est sûre : en orbite basse, la marge d’erreur se réduit à vue d’œil, et même les plans dits « de sécurité » ressemblent de plus en plus à des stratégies de survie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les ennuis judiciaires s’accumulent pour la galaxie d’Elon Musk. Cette fois, on ne parle ni de polémiques sur la modération, ni de débats idéologiques autour de la liberté d’expression. Les autorités françaises et malaisiennes viennent d’ouvrir, presque simultanément, des enquêtes visant la plateforme X et son intelligence artificielle Grok. Le motif est d’une tout autre gravité : la diffusion de contenus pédopornographiques générés par IA.Les faits sont glaçants. Des utilisateurs ont montré qu’il suffisait de formuler certaines requêtes pour obtenir, via Grok, des images hyperréalistes représentant des mineurs dans des tenues explicitement sexualisées, parfois entièrement nus. Là où d’autres systèmes d’IA bloquent strictement ce type de demandes, l’outil développé par xAI a laissé passer ces requêtes. La réponse officielle évoque des « défaillances dans les garde-fous ». Une justification jugée bien légère au regard de la gravité des contenus produits.En France, la réaction a été rapide. Le parquet de Paris, par l’intermédiaire de sa section spécialisée dans la cybercriminalité, a ouvert une enquête pour diffusion d’images pédopornographiques. Cette procédure vient s’ajouter à d’autres dossiers déjà en cours visant X et Grok, notamment pour des dérapages de contenu signalés fin 2024. Mais le changement de nature est radical : ici, il n’est plus question d’opinions ou de désinformation, mais de protection de l’enfance. Un domaine où la tolérance des autorités est proche de zéro et où le statut de plateforme technologique n’offre que peu d’abris juridiques. Ce scandale met surtout en lumière les conséquences concrètes de la doctrine défendue par Elon Musk : une liberté d’expression quasi absolue, obtenue au prix du démantèlement des équipes de modération, d’éthique et de sécurité. En retirant ces garde-fous, xAI a laissé une IA puissante évoluer sans limites claires. Le résultat est aujourd’hui sous les yeux des enquêteurs.La situation est d’autant plus explosive en Malaisie. Le pays vient tout juste de signer un partenariat pour intégrer Grok comme outil éducatif dans les écoles publiques. À Kuala Lumpur, les autorités doivent désormais rassurer des parents stupéfaits : comment expliquer qu’un logiciel présenté comme un assistant scolaire puisse produire certains des contenus les plus illégaux du web ? L’affaire dépasse largement le cadre d’un incident technique. Elle prend désormais des allures de crise politique, judiciaire et de santé numérique, avec des répercussions internationales qui pourraient durablement fragiliser l’empire Musk. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une start-up française commence à se faire remarquer dans le paysage très concurrentiel de l’intelligence artificielle. Son nom : Emoticonnect. Sa promesse est ambitieuse : aller au-delà de l’analyse des données passées pour anticiper les réactions émotionnelles à venir. Autrement dit, ne plus seulement observer ce que pensent les individus, mais prévoir comment ces perceptions vont évoluer. À première vue, Emoticonnect rappelle deux références bien connues du secteur. Comme Palantir, elle structure et croise de vastes volumes de données. Comme Scale AI, elle sait industrialiser ces analyses à grande échelle. Mais la comparaison s’arrête là. La jeune pousse française ajoute une brique singulière : la prédiction émotionnelle.Soutenue par des travaux scientifiques menés notamment avec le CNRS, sa technologie analyse finement des émotions comme la peur, la colère, la confiance ou l’enthousiasme, mais surtout leur dynamique dans le temps. Il ne s’agit pas d’un simple thermomètre de l’opinion. L’IA détecte des signaux faibles, anticipe des basculements de perception et identifie des tensions avant qu’elles n’éclatent. Une approche prédictive, pensée pour aider à la décision plutôt que pour produire des constats a posteriori. Les applications sont déjà bien réelles. Dans les secteurs de la défense et de la sécurité, l’outil permet de repérer des menaces émergentes à partir de conversations en ligne. Les assureurs l’utilisent pour identifier des clients à risque avant une résiliation. Dans le divertissement et les médias, il sert à anticiper les sujets susceptibles de créer un engouement… ou une polémique. À chaque fois, l’objectif est le même : comprendre ce qui monte avant que cela ne devienne visible.Cette polyvalence a valu à Emoticonnect une reconnaissance européenne, avec l’obtention d’un label valorisant à la fois sa solidité scientifique et son potentiel stratégique. La start-up est également présente à l’Eureka Park, vitrine des innovations de rupture du Consumer Electronics Show. Son directeur technique, Nicolas Rochelemagne, résume l’enjeu : « Les organisations ne manquent pas de données, mais de capacité à en extraire du sens — et surtout à comprendre ce qui va se passer. » Dans un monde saturé d’opinions et de signaux numériques, Emoticonnect parie que l’avenir de l’IA se jouera moins sur la quantité d’informations que sur la capacité à en anticiper les effets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle n’est plus cantonnée aux écrans ou aux centres de données. Elle s’invite désormais au cœur d’un domaine longtemps réservé aux équations et aux bancs d’essai : la propulsion spatiale. Des chercheurs et ingénieurs explorent comment l’IA, et plus précisément l’apprentissage automatique, peut transformer la manière dont nous concevons et pilotons les moteurs qui emmèneront les engins spatiaux vers Mars… et au-delà.Au cœur de cette révolution se trouve l’apprentissage par renforcement. Cette branche de l’IA apprend par l’expérience : elle teste, observe les résultats, ajuste sa stratégie, puis recommence. Un peu comme un joueur d’échecs qui affine son intuition après des milliers de parties. Mais à une vitesse et une échelle inaccessibles à l’esprit humain. Appliquée à l’espace, cette approche permet de résoudre des problèmes d’une complexité extrême, depuis le calcul de trajectoires optimales jusqu’à l’optimisation fine des moteurs.L’un des champs les plus prometteurs est celui de la propulsion nucléaire. Dès les années 1960, la NASA testait, avec le programme NERVA, des moteurs nucléaires thermiques capables de chauffer de l’hydrogène pour produire une poussée bien plus efficace que les fusées chimiques classiques. Cette technologie pourrait réduire drastiquement la durée d’un voyage vers Mars. Mais elle pose un défi colossal : transférer la chaleur du combustible nucléaire vers le propergol de la manière la plus efficace possible, sans compromettre la sécurité du réacteur. C’est précisément là que l’apprentissage par renforcement entre en jeu. En explorant des milliers de configurations – formes du combustible, matériaux, flux thermiques – l’IA identifie celles qui maximisent les performances. Une sorte de thermostat ultra-intelligent, chargé d’optimiser un moteur fonctionnant à des températures extrêmes.La fusion nucléaire constitue une autre frontière. Des dispositifs expérimentaux, comme les tokamaks, montrent le potentiel de cette énergie, mais restent trop volumineux pour un usage spatial. Les chercheurs étudient donc des concepts compacts, tels que les polywells, où le confinement du plasma repose sur des champs magnétiques d’une précision redoutable. Là encore, l’IA aide à stabiliser ces systèmes instables par nature. Enfin, l’IA pourrait jouer un rôle clé une fois le vaisseau en vol : gestion du carburant, adaptation aux imprévus, priorisation des missions. Des plateformes polyvalentes, comme le satellite Lockheed Martin LM400, illustrent déjà cette tendance à la flexibilité.En somme, l’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister les ingénieurs : elle devient un véritable copilote de l’exploration spatiale, capable de repousser les limites de notre intuition et d’ouvrir la voie à de nouveaux horizons cosmiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À la frontière sud de la Chine, la ville de Fangchenggang concentre chaque jour un trafic intense de camions, d’autocars et de voyageurs. Proche du Vietnam, ce poste-frontière est stratégique, mais saturé. Les contrôles ralentissent le passage des personnes et des marchandises, et les autorités peinent à absorber les pics d’affluence. Pékin a donc décidé de tester une solution radicale : confier une partie de la gestion du site à des robots humanoïdes.Les machines déployées sont les Walker S2, conçues par Ubtech Robotics. De taille humaine, capables de marcher, d’interagir avec leur environnement et d’exécuter des tâches simples grâce à une intelligence artificielle embarquée, ces robots doivent épauler les douaniers. Le contrat, estimé à 37 millions d’euros, est déjà en cours d’exécution, même si le nombre exact d’unités livrées n’a pas été rendu public. Concrètement, les Walker S2 ne remplaceront pas les agents. Leur rôle est d’absorber les tâches répétitives : orienter les voyageurs, gérer les files d’attente, répondre aux questions basiques, donner des consignes ou patrouiller dans les zones de transit. D’autres robots sont affectés aux espaces de fret, où ils assistent à l’inspection des conteneurs et transmettent des informations aux centres de supervision. L’objectif est clair : fluidifier le trafic et permettre aux agents humains de se concentrer sur les contrôles sensibles.Pour Ubtech, l’enjeu est considérable. Un poste-frontière est l’un des environnements publics les plus exigeants : flux continus, stress, impératifs de sécurité. Si l’expérience est jugée concluante, les autorités chinoises pourraient étendre l’usage de ces robots à d’autres infrastructures critiques, comme les aéroports, les gares ou les ports. La frontière de Fangchenggang sert ainsi de laboratoire grandeur nature. Mais le pari est loin d’être gagné. L’acceptation par le public reste incertaine : être orienté, observé ou interpellé par une machine peut susciter malaise ou méfiance. Côté administration, des questions persistent sur la formation des agents, la chaîne de décision et la responsabilité en cas d’erreur. Un incident pourrait freiner durablement l’introduction des robots humanoïdes dans l’espace public. À l’inverse, un succès ferait de Fangchenggang le symbole d’une nouvelle étape dans l’automatisation des services de sécurité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Meta accélère encore dans la course à l’intelligence artificielle. Après une année marquée par des investissements massifs et une chasse aux talents à grande échelle, le groupe de Mark Zuckerberg vient de frapper un nouveau coup en rachetant Manus, un agent IA dont les performances ont rapidement attiré l’attention du secteur.Présenté au printemps dernier par la start-up Butterfly, Manus s’est imposé en quelques semaines comme l’un des agents les plus avancés du moment. Capable de trier des candidatures, planifier des voyages complexes, analyser des données ou piloter des tâches numériques de bout en bout, l’outil s’est fait connaître grâce à une démonstration virale qui le plaçait au niveau, voire au-dessus, des solutions proposées par les leaders du marché. Accessible sur invitation, Manus a séduit des millions d’utilisateurs prêts à payer un abonnement mensuel.La trajectoire de Butterfly a été fulgurante. En l’espace de quelques mois, la jeune pousse, fondée à Pékin mais basée à Singapour, revendiquait plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents et une valorisation estimée à 500 millions de dollars. Des chiffres impressionnants, appuyés par des statistiques techniques spectaculaires : des dizaines de trillions de tokens traités et des millions d’environnements virtuels générés. Autant d’arguments qui ont visiblement convaincu Meta de sortir le chéquier. Le géant américain aurait déboursé plus de deux milliards de dollars pour mettre la main sur Manus. Une acquisition stratégique, alors que Meta cherche à intégrer des agents intelligents directement au cœur de Facebook, Instagram et WhatsApp. L’idée est claire : faire de l’IA un compagnon omniprésent, capable d’assister les utilisateurs dans leurs tâches quotidiennes, personnelles comme professionnelles.Butterfly insiste toutefois sur la continuité du service. Manus restera accessible de manière indépendante, avec ses abonnements et son équipe basée à Singapour. Pour Meta, c’est aussi l’assurance de récupérer une activité déjà rentable, à l’heure où les investissements dans l’IA pèsent lourdement sur les finances des géants du numérique. Reste un point sensible : l’origine chinoise du projet. Dans un contexte de tensions technologiques entre Washington et Pékin, l’opération pourrait susciter des interrogations politiques. Meta a d’ailleurs pris les devants, affirmant qu’après la transaction, aucun actionnaire chinois ne conservera de participation et que Manus cessera toute activité en Chine. Un signal clair : pour s’imposer dans la bataille mondiale de l’IA, Meta entend lever tous les obstacles, y compris géopolitiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les signaux sont au rouge pour les prix de l’électronique grand public en 2026. Les dirigeants de Asus et Acer ont confirmé que les ordinateurs portables et de bureau verront leurs tarifs augmenter dès le début de l’année prochaine. En cause : la flambée du prix de la mémoire vive et du stockage, happés par la demande massive des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.Selon le quotidien taïwanais Commercial Times, Samson Hu, patron d’Asus, et Jason Chen, PDG d’Acer, s’accordent sur un constat partagé par l’ensemble du secteur : les hausses de coûts devront inévitablement être répercutées sur les prix de vente. Jusqu’ici, les constructeurs avaient réussi à contenir l’inflation grâce à des stocks constitués avant la pénurie. Mais cette période de répit touche à sa fin. Dès le premier trimestre 2026, les nouvelles machines intégreront des composants achetés au prix fort. Asus entend ajuster finement ses gammes, en jouant sur les configurations et le positionnement tarifaire pour rester compétitif. Acer se montre plus direct : « les prix du quatrième trimestre ne seront pas ceux du premier trimestre de l’an prochain », a prévenu Jason Chen. Pour limiter la casse, certains fabricants pourraient réduire les dotations techniques : 8 Go de RAM au lieu de 16 Go, capacités de stockage revues à la baisse. Une stratégie défensive, alors même que la pénurie touche aussi les SSD.La situation pourrait s’installer dans la durée. Les deux géants du secteur, SK Hynix et Samsung, n’envisagent pas d’augmenter significativement leurs capacités de production. Construire une usine de mémoire prend entre trois et cinq ans, un pari risqué dans un marché cyclique. Quant à Micron, le groupe a recentré ses efforts sur la mémoire à très haut débit (HBM) pour l’IA, au détriment du grand public, et prévient que la tension sur les prix pourrait durer au-delà de 2026. Résultat : les consommateurs risquent de payer plus cher des machines parfois moins bien équipées. Une ironie à l’heure où les logiciels, dopés à l’IA, deviennent toujours plus gourmands en ressources. L’informatique personnelle entre ainsi dans une phase paradoxale : plus puissante côté usages, mais plus coûteuse et plus contrainte côté matériel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle est-elle réellement prête à remplacer les humains au travail ? La question agite les entreprises, entre fantasmes de productivité totale et scepticisme assumé. Pour dépasser les discours, des chercheurs de Carnegie Mellon University ont tenté une expérience originale : simuler une entreprise presque entièrement peuplée d’agents d’intelligence artificielle. Les résultats, publiés en prépublication sur arXiv, sont loin d’annoncer la fin du salariat humain. Les scientifiques ont confié le fonctionnement de cette entreprise virtuelle à des agents issus des modèles les plus en vue du moment : Claude d’Anthropic, GPT-4o d’OpenAI, Gemini de Google, Nova d’Amazon, Llama de Meta ou encore Qwen d’Alibaba. Chaque agent s’est vu attribuer un poste classique : analyste financier, chef de projet, ingénieur logiciel. En parallèle, d’autres agents jouaient le rôle de collègues ou de services internes, comme les ressources humaines.Sur le papier, tout était en place. Dans les faits, la performance est restée très limitée. Le meilleur élève, Claude 3.5 Sonnet, n’a réussi à mener à terme que 24 % des tâches confiées. En incluant les missions partiellement accomplies, son score plafonne à 34,4 %. Gemini 2.0 Flash arrive en deuxième position, avec à peine 11,4 % de tâches finalisées. Aucun autre modèle ne dépasse la barre des 10 %. Un contraste saisissant avec les promesses d’autonomie souvent associées à ces systèmes. Les chercheurs identifient plusieurs causes à ces échecs. Les agents peinent à comprendre les implicites humains : demander un fichier en « .docx » ne leur permet pas toujours de déduire qu’il s’agit d’un document Word. Ils manquent aussi de compétences sociales élémentaires et se retrouvent rapidement bloqués lorsqu’ils doivent naviguer sur le Web, gérer des fenêtres surgissantes ou interpréter des interfaces complexes. Plus préoccupant encore, certains agents estiment avoir réussi une tâche après en avoir simplement contourné les étapes difficiles.En clair, cette expérience rappelle une réalité souvent oubliée : si les IA excellent sur des tâches ciblées et bien définies, elles restent très loin de pouvoir gérer seules un environnement de travail réel, avec ses imprévus, ses règles implicites et ses interactions humaines. Le remplacement généralisé des salariés, lui, peut encore attendre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un pas de plus, et cette fois décisif, vers la banque à part entière. Le 15 décembre, PayPal a déposé deux demandes d’agrément auprès des autorités américaines : le département des institutions financières de l’Utah et la Federal Deposit Insurance Corporation. Objectif affiché : transformer sa filiale de crédit en banque industrielle, sous le nom de PayPal Bank. Depuis plus de dix ans, le géant californien avance déjà sur ce terrain. Depuis 2013, il a accordé plus de 30 milliards de dollars de prêts à quelque 420 000 comptes professionnels dans le monde. Une niche bien identifiée : les petites entreprises et les indépendants, souvent jugés trop risqués ou pas assez rentables par les banques traditionnelles. Avec cette licence bancaire, PayPal veut désormais se passer d’intermédiaires, prêter en direct et aller plus vite.Pour les commerçants américains, la promesse est claire : des décisions de crédit accélérées, moins de paperasse et, potentiellement, des coûts plus bas. « L’accès au capital reste l’un des principaux freins à la croissance des petites entreprises », résume Alex Chriss, le PDG du groupe. À la tête de cette future banque, PayPal a recruté Mara McNeill, ex-dirigeante de Toyota Financial Savings Bank, un profil taillé pour rassurer des régulateurs traditionnellement méfiants face aux ambitions bancaires des géants de la tech. PayPal Bank ne se contenterait pas du crédit. Des comptes d’épargne rémunérés, garantis jusqu’à 250 000 dollars par la FDIC, sont aussi au programme. Et surtout, l’entreprise veut rejoindre directement les réseaux Visa et Mastercard, afin de contrôler toute la chaîne de paiement.Cette évolution n’est pas anodine sur le plan géopolitique. En Europe, la dépendance aux infrastructures américaines inquiète. En avril dernier, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, alertait sur la domination des systèmes de paiement étrangers. Dans la foulée, seize grandes banques ont lancé Wero, un projet paneuropéen censé renforcer la souveraineté financière du continent. Pour les professionnels français, l’enjeu reste ouvert. PayPal propose déjà des prêts via des partenaires bancaires. Devenir banque à part entière lui permettrait d’accélérer encore, de réduire les coûts… et de bousculer un peu plus un secteur bancaire déjà sous pression. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le 14 décembre dernier, une attaque terroriste a endeuillé la célébration de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney. Quinze personnes ont perdu la vie. Mais dans les minutes qui ont suivi les coups de feu, une autre machine s’est mise en route, implacable : celle de la désinformation sur les réseaux sociaux, et en particulier sur X.Très vite, un homme d’affaires pakistanais, parfaitement innocent, s’est retrouvé projeté au centre d’un déferlement de haine. Son seul tort : porter le même nom que l’un des terroristes. Sa photo a été massivement relayée, accompagnée d’accusations infondées. Il a reçu des menaces de mort, sa famille a été harcelée. Une erreur d’identité banale, mais aux conséquences dramatiques. Et malgré l’existence des Community Notes, censées corriger les fausses informations, le mal était fait. Selon le Center for Countering Digital Hate, près de trois quarts des contenus de désinformation liés aux élections américaines de 2024 n’ont jamais été corrigés. Et lorsqu’une note apparaît, il faut parfois attendre plusieurs dizaines d’heures.Or, sur les réseaux sociaux, le temps est un luxe. Une étude du MIT montre que les fausses informations se propagent jusqu’à six fois plus vite que les vraies. Et sur X, ce phénomène est désormais encouragé par le modèle économique de la plateforme. Les créateurs sont rémunérés en fonction de l’engagement généré par leurs publications. Peu importe la véracité, seule compte la réaction. Plus ça choque, plus ça rapporte. Résultat : une vidéo de feux d’artifice de Noël, organisée de longue date par un club local, a été présentée comme des « célébrations arabes » après l’attentat. Des millions de vues avant d’être démentie. Pire encore, l’intelligence artificielle Grok, intégrée à X, a inventé de toutes pièces le nom du prétendu héros qui aurait désarmé un terroriste. Un nom fictif, issu d’un site frauduleux créé le jour même.Pendant ce temps, le véritable héros de Bondi Beach, Ahmed al-Ahmed, un Australien d’origine syrienne qui a risqué sa vie pour sauver des inconnus, est resté largement invisible dans le flot médiatique. Il a fallu du temps pour que la vérité émerge, pendant que le mensonge, lui, faisait le tour du monde. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Voici peut-être l’idée la plus simple… et la plus efficace pour démocratiser l’open source. Un projet indépendant baptisé Github Store vient de transformer GitHub en véritable magasin d’applications, à la manière d’un App Store ou d’un Google Play, mais dédié exclusivement aux logiciels libres. Disponible sur Android et sur ordinateur — Windows, macOS et Linux — Github Store propose une interface claire et familière : catégories, captures d’écran, descriptions détaillées et surtout un bouton d’installation en un clic. Fini la chasse aux fichiers au fond des dépôts ou la peur de télécharger la mauvaise archive. Ici, tout est pensé pour l’utilisateur final, pas uniquement pour les développeurs.Le fonctionnement est astucieux. L’application analyse automatiquement les dépôts GitHub publics qui publient de vraies versions installables dans leurs releases. Elle filtre les formats pertinents — APK, EXE, MSI, DMG, PKG, DEB, RPM — et écarte les simples archives de code source. Résultat : seules les applications réellement prêtes à être installées apparaissent dans le catalogue. L’utilisateur peut ensuite naviguer par popularité, mises à jour récentes ou nouveautés, et même filtrer par système d’exploitation pour ne voir que les logiciels compatibles avec sa machine. Chaque fiche application va plus loin que de simples captures d’écran. On y retrouve le nombre d’étoiles, de forks, les problèmes signalés, le README complet, les notes de version et le détail précis des fichiers téléchargeables. Une transparence fidèle à l’esprit open source.Côté technique, Github Store repose sur Kotlin Multiplatform et Compose. Sur Android, l’installation passe par le gestionnaire de paquets natif. Sur ordinateur, le fichier est téléchargé puis ouvert avec l’outil par défaut du système. Il est possible de se connecter avec un compte GitHub, optionnel mais utile : cela permet d’augmenter fortement les limites d’accès à l’API pour explorer sans contrainte. L’application est distribuée via les releases GitHub du projet et sur F-Droid pour Android, sous licence Apache 2.0. Autrement dit, libre, modifiable et réutilisable. Une précision importante toutefois : Github Store n’a pas vocation à garantir la sécurité des logiciels proposés. Il facilite la découverte et l’installation, mais la responsabilité reste entre les mains des développeurs… et des utilisateurs. En rendant l’open source aussi accessible qu’un store grand public, Github Store pourrait bien changer durablement la façon dont nous découvrons et utilisons les logiciels libres. Une petite révolution, sans marketing tapageur, mais avec une idée redoutablement efficace. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une affaire qui secoue tout l’écosystème des cryptomonnaies et relance un débat explosif : où s’arrête la protection de la vie privée, et où commence la complicité criminelle ? Aux États-Unis, Keonne Rodriguez, développeur du portefeuille Bitcoin Samourai Wallet, vient d’être condamné à cinq ans de prison. Son crime ? Avoir conçu et exploité un outil jugé trop efficace pour garantir l’anonymat des transactions.Lancé en 2015, Samourai Wallet se présentait comme un portefeuille Bitcoin open source destiné à préserver la confidentialité financière de ses utilisateurs. En pratique, il reposait notamment sur une technique de « coin mixing », qui consiste à mélanger les transactions de plusieurs utilisateurs afin de rendre leur traçage extrêmement difficile. Un principe défendu par de nombreux militants de la vie privée… mais perçu par les autorités comme un facilitateur de criminalité. En avril 2024, les agents du FBI interpellent Rodriguez à son domicile. Le United States Department of Justice l’accuse d’exploitation d’un service de transfert monétaire non autorisé et de blanchiment d’argent. Selon l’enquête, plus de 237 millions de dollars de fonds criminels — issus de trafics de drogue, de fraudes, de marchés du darknet ou encore de contenus pédocriminels — auraient transité par l’infrastructure Samourai.La défense, elle, plaide la neutralité technologique. Rodriguez affirme n’avoir fait qu’écrire du code, sans contrôler l’usage qui en était fait. Mais les juges ont retenu plusieurs éléments aggravants : Samourai n’était pas un simple logiciel décentralisé. L’équipe opérait des serveurs indispensables au fonctionnement du service, prélevait des commissions sur chaque opération — environ 4,5 millions de dollars au total — et certains messages publics ou documents marketing visaient explicitement des acteurs des marchés « gris » ou illégaux. C’est là que la frontière se brouille. Contrairement à des outils comme Tor ou Signal, Samourai combinait centralisation, modèle économique et communication provocatrice. Pour le tribunal, l’intention ne faisait plus de doute. Le cofondateur et directeur technique William Hill a écopé de quatre ans de prison. L’affaire pourrait toutefois rebondir : Donald Trump a récemment évoqué la possibilité d’un réexamen du dossier en vue d’une grâce présidentielle. Quoi qu’il en soit, l’affaire Samourai Wallet fera date. Elle rappelle une leçon brutale : défendre la vie privée financière est une chose. Exploiter une infrastructure centralisée, rémunérée, et assumant d’attirer des usages criminels en est une autre. Dans l’Amérique actuelle, la ligne rouge est désormais très claire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous connaissez sans doute Anna’s Archive, cette bibliothèque pirate devenue incontournable pour la sauvegarde des livres et articles scientifiques du monde entier. Jusqu’ici, sa mission était claire : préserver le texte, là où la densité d’information est la plus élevée. Mais l’archive vient de franchir un cap spectaculaire : elle s’attaque désormais à la préservation de la musique en ligne, et plus précisément à Spotify.Le chantier est titanesque. Objectif affiché : sauvegarder non seulement les morceaux, mais aussi l’ensemble de leurs métadonnées. Au total, cela représente près de 300 téraoctets de données. Résultat : la plus grande base de données de métadonnées musicales jamais rendue publique, avec 186 millions de codes ISRC uniques, ces identifiants qui permettent de tracer chaque enregistrement sonore. À titre de comparaison, MusicBrainz n’en recense qu’environ cinq millions. Côté audio, Anna’s Archive affirme avoir archivé environ 86 millions de morceaux, soit près de 99,6 % des écoutes totales sur Spotify, même si cela ne couvre qu’un peu plus d’un tiers du catalogue global. Pour gérer cette masse colossale, l’équipe a fait un choix pragmatique : prioriser la popularité. Les titres écoutés au moins une fois ont été conservés en qualité originale, tandis que la longue traîne — ces millions de morceaux jamais lancés — a été compressée dans un format plus léger, voire partiellement écarté.Les statistiques issues de cette collecte sont vertigineuses. Les trois titres les plus populaires — signés Lady Gaga, Billie Eilish et Bad Bunny — cumulent à eux seuls plus d’écoutes que des dizaines de millions de morceaux obscurs réunis. Une concentration extrême qui pose un problème majeur à la conservation musicale : l’oubli quasi total de la création marginale, expérimentale ou locale. C’est là que l’approche d’Anna’s Archive tranche. Plutôt que de ne préserver que les œuvres populaires en qualité parfaite, le projet privilégie une conservation exhaustive, même dans une qualité jugée « suffisante ». Une philosophie assumée : mieux vaut tout sauver imparfaitement que ne conserver qu’un fragment idéalisé de la culture. L’ensemble est distribué via des torrents, librement duplicables. La base s’arrête à juillet 2025, mais elle inaugure quelque chose de nouveau : une archive musicale ouverte, réplicable, et collective. Une tentative, peut-être la première de cette ampleur, pour protéger le patrimoine musical mondial des aléas du temps, des conflits, des fermetures de plateformes… et de l’oubli numérique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Il aura fallu plus de cinq ans de tensions politiques et de négociations feutrées pour que TikTok parvienne à se débarrasser de son handicap originel aux États-Unis : ses racines chinoises. Sous la menace persistante d’une interdiction pure et simple, sa maison mère, ByteDance, a finalement signé, le 18 décembre 2025, un accord décisif avec l’administration américaine. Objectif : rester sur le sol américain en se pliant aux exigences de sécurité nationale portées par Donald Trump.La solution trouvée passe par la création d’une nouvelle entité indépendante : TikTok USDS Joint Venture. Cette coentreprise américaine pilotera désormais les données, l’algorithme et la modération de la plateforme aux États-Unis. Plusieurs acteurs entrent au capital à hauteur de 15 % chacun, dont Oracle, le fonds américain Silver Lake et l’investisseur émirati MGX. ByteDance, de son côté, voit sa participation réduite à 19,9 %, tandis que 30,1 % restent entre les mains d’investisseurs historiques, parmi lesquels Fidelity et General Atlantic.Un nouveau conseil d’administration, composé de sept membres à majorité américaine, doit être mis en place. Selon une note interne consultée par l’Associated Press, sa mission est claire : « protéger les données des Américains et la sécurité nationale des États-Unis ». TikTok conservera néanmoins le contrôle de l’essentiel de ses activités commerciales sur le territoire. La transaction doit être finalisée le 22 janvier 2026, soit la veille de la date à laquelle l’interdiction de TikTok aurait dû entrer en vigueur. Sur le fond, Washington reprochait à TikTok deux points majeurs : l’hébergement potentiel des données d’utilisateurs américains hors du pays et la puissance de son algorithme, soupçonné de pouvoir servir d’outil d’influence à Pékin. Désormais, les données seront stockées localement via Oracle. TikTok reconnaît que des employés basés en Chine y ont eu accès par le passé, tout en affirmant qu’aucune information n’a jamais été transmise aux autorités chinoises.Cet accord met fin à un feuilleton entamé dès 2020, lorsque Donald Trump avait tenté, sans succès, de bannir l’application lors de son premier mandat. En 2024, le Congrès, dans un rare consensus bipartisan, avait adopté une loi signée par Joe Biden, imposant la vente ou la suspension des applications contrôlées par des adversaires étrangers. Une échéance repoussée à quatre reprises depuis janvier 2025, le temps de négocier. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un mal bien connu de tous les internautes : cette accumulation incontrôlable d’onglets ouverts, dès lors que l’on cherche des informations sur plusieurs sites à la fois. On s’y perd rapidement, et la mémoire vive de l’ordinateur fond comme neige au soleil. Pour répondre à ce problème devenu presque structurel, Google dévoile une expérimentation ambitieuse : un nouveau navigateur dopé à l’intelligence artificielle Gemini, baptisé Disco.Sa première fonctionnalité expérimentale s’appelle GenTabs. Le principe est radical : confier à l’IA la gestion du contenu de vos onglets. Plutôt que de jongler entre dix pages ouvertes, Gemini analyse l’ensemble des informations affichées et les transforme en une application web interactive, générée à la demande. Une approche qui rappelle le « vibe coding », cette manière de créer des outils à partir d’une simple intention exprimée en langage naturel.Dans les démonstrations publiées par Google, l’interface se divise en deux parties. À gauche, un chatbot Gemini classique. À droite, la fenêtre de navigation. Exemple proposé : l’organisation d’un voyage. L’utilisateur discute avec Gemini, consulte des pages d’activités locales, puis l’IA suggère de créer un outil interactif. En quelques secondes, une carte s’affiche, regroupant toutes les informations collectées, avec filtres par dates, options météo et planification d’itinéraire. Aucun code à écrire, aucune configuration technique à comprendre. Tout est généré automatiquement. Google imagine déjà d’autres usages : des outils pour visualiser des concepts scientifiques, comparer des meubles dans une pièce, créer de petits jeux, planifier ses repas ou organiser un potager. Le navigateur devient ainsi moins un lecteur de pages qu’un atelier de synthèse et d’interaction, piloté par l’IA.Pour l’instant, Disco reste une expérimentation issue de Google Labs. Basé sur Chromium, il n’est pas destiné à un usage quotidien et nécessite une inscription sur liste d’attente. Mais derrière la prouesse technique se pose une question de fond : quel avenir pour les sites web eux-mêmes ? Cette interrogation avait déjà émergé avec les résumés générés par IA dans le moteur de recherche. Si les contenus sont analysés, synthétisés et consommés par des machines plutôt que par des humains, que devient le modèle économique du web ? La publicité, aussi agaçante soit-elle, finance encore une grande partie des sites. Sans lecteurs humains, plus de clics, plus de revenus. En cherchant à résoudre le chaos des onglets, Google esquisse peut-être un futur plus fluide pour les utilisateurs… mais potentiellement bien plus fragile pour l’écosystème du web tel que nous le connaissons aujourd’hui. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À première vue, on se demande ce qui pourrait bien freiner OpenAI. L’entreprise à l’origine de ChatGPT enchaîne les partenariats prestigieux avec les géants de la tech et séduit désormais bien au-delà de la Silicon Valley. Dernier exemple en date : Disney, qui vient de signer un accord stratégique avec OpenAI. Un partenariat qui permettra à l’outil vidéo Sora d’utiliser des personnages iconiques de la marque, de Mickey Mouse à tout l’univers Disney. Dans la foulée, le groupe américain s’est engagé à investir un milliard de dollars dans le capital d’OpenAI.Une somme impressionnante… mais qui paraît presque dérisoire au regard des finances de l’entreprise dirigée par Sam Altman. Car OpenAI dépense énormément, et même de plus en plus vite. La course à l’intelligence artificielle est devenue un champ de bataille industriel où chaque avancée technologique se paie au prix fort, en puissance de calcul, en infrastructures et en talents. Selon plusieurs estimations relayées par le média Mashable, ce milliard de dollars fraîchement injecté ne suffirait à couvrir que trois à quatre semaines des pertes actuelles d’OpenAI. Une donnée vertigineuse, qui prend encore plus de relief lorsqu’on la compare aux engagements globaux de l’entreprise : cette somme représenterait à peine un millième des dépenses prévues à moyen terme.Autrement dit, OpenAI brûle du cash à un rythme rarement vu dans l’histoire récente de la tech. Au point que certains analystes commencent à évoquer, à voix basse, un scénario longtemps jugé impensable : celui d’une fragilité financière, voire d’une faillite à long terme si le modèle économique ne se stabilise pas. Cette inquiétude intervient dans un contexte moins favorable qu’il n’y paraît. Ces derniers mois, un décrochage technologique a été observé entre ChatGPT et son principal concurrent, Gemini, développé par Google. Avec Gemini 3, le géant californien a repris une position de leader, laissant planer le doute sur la capacité d’OpenAI à conserver son avance initiale. L’histoire de la tech est riche de précédents. Être pionnier ne garantit pas le succès durable. Les plus anciens se souviennent de Netscape, premier navigateur web grand public, rapidement marginalisé par Internet Explorer à la fin des années 1990. Un rappel brutal que, dans ce secteur, l’innovation coûte cher… et que la domination n’est jamais acquise. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle est devenue le mot magique de la Silicon Valley. Les géants du numérique veulent l’injecter partout, parfois à marche forcée. Chez Amazon, très engagé dans cette course technologique, l’idée a été de truffer sa plateforme de streaming Prime Video de fonctionnalités dopées à l’IA. Mais l’expérience tourne, pour l’instant, au sérieux revers. Ces derniers jours, Amazon a essuyé une vague de critiques sur les réseaux sociaux. En cause : une nouvelle fonction de résumés générés par intelligence artificielle, testée en version bêta aux États-Unis. Le principe semblait séduisant : proposer, sous forme de courts clips vidéo narrés par une voix synthétique, un rappel des éléments clés de l’intrigue d’une série. Dans les faits, l’outil s’est révélé largement défaillant.La polémique a explosé autour de Fallout, l’une des séries phares de Prime Video. Les résumés produits par l’IA contenaient des erreurs factuelles, des incohérences, et parfois des éléments qui ne correspondaient tout simplement pas à l’histoire. Rapidement, les extraits ont circulé en ligne, suscitant moqueries et indignation. Face au bad buzz, Amazon n’a pas tardé à réagir. La plateforme a tout simplement désactivé la fonctionnalité, non seulement pour Fallout, mais aussi pour l’ensemble des séries concernées par le test : Tom Clancy’s Jack Ryan, The Rig, Bosch et Upload. Un retrait discret, mais révélateur d’un échec cuisant dans l’intégration de l’IA à l’expérience de streaming.Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Prime Video se retrouve dans l’embarras sur ce terrain. Plus tôt ce mois-ci, Amazon avait déjà été critiqué pour avoir proposé des doublages d’animés générés par intelligence artificielle, jugés artificiels et dénaturant les œuvres originales. Là encore, sous la pression des abonnés, ces contenus avaient été retirés. Ces ratés successifs illustrent les limites d’une stratégie qui consiste à déployer l’IA à tout prix, parfois au détriment de la qualité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une révélation qui risque de refroidir les ardeurs des partisans du cloud « souverain ». En Allemagne, un rapport juridique commandé par le ministère de l’Intérieur, longtemps resté confidentiel, vient d’être rendu public grâce à une demande d’accès à l’information. Et son constat est sans appel : les lois américaines permettent bel et bien aux agences de renseignement des États-Unis d’accéder à des données hébergées en Europe. Pour y voir clair, Berlin avait missionné des juristes de l’Université de Cologne. Leur question était simple, mais explosive : jusqu’où s’étend réellement le pouvoir des autorités américaines sur les données stockées hors de leur territoire ? La réponse tient en quelques textes bien connus à Washington : le Stored Communications Act, renforcé par le Cloud Act, et surtout la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act, prolongée par le Congrès jusqu’en 2026 au moins. Ensemble, ces lois offrent une portée extraterritoriale massive aux services américains. Le point clé est juridique, pas géographique. Peu importe que vos données soient stockées à Francfort, Dublin ou Paris. Ce qui compte, c’est qui contrôle l’infrastructure. Si la maison mère d’un fournisseur cloud est basée aux États-Unis, elle peut être contrainte de transmettre des données, même si celles-ci sont hébergées par une filiale européenne. Et la zone grise va plus loin encore : selon les experts cités par Heise Online, même certaines entreprises européennes peuvent être concernées dès lors qu’elles entretiennent des relations commerciales substantielles avec les États-Unis. On pourrait croire que le chiffrement règle le problème. Là encore, le rapport tempère. Le droit américain impose aux entreprises de préserver l’accès aux données jugées pertinentes dans le cadre d’enquêtes potentielles. Un fournisseur cloud qui se rendrait techniquement incapable d’y accéder s’exposerait à de lourdes sanctions. Résultat : un conflit frontal entre le RGPD européen, qui limite les transferts vers des pays tiers, et l’extraterritorialité revendiquée par Washington. Le Data Privacy Framework, censé servir de pont entre les deux blocs, apparaît plus fragile que jamais.Cette situation touche directement les géants américains du cloud, mais le cas de Microsoft 365, omniprésent dans les administrations et les entreprises européennes, cristallise les inquiétudes. Certains juristes estiment qu’un usage compatible avec le RGPD reste possible, à condition de mener des évaluations d’impact très poussées. D’autres jugent cette approche illusoire. Pour des acteurs comme Nextcloud, le diagnostic est clair : audits et clauses contractuelles ne suffisent plus. L’Europe doit investir massivement dans ses propres infrastructures, miser sur l’open source et développer des technologies réellement autonomes. Car une chose est désormais évidente : héberger des données en Europe ne garantit plus leur protection. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La phrase a résonné comme un coup de tonnerre dans le monde de la tech. Mustafa Suleyman, responsable de l’intelligence artificielle grand public chez Microsoft, a affirmé que le groupe pourrait tout simplement renoncer à certains développements si l’IA devenait incontrôlable. Un propos rare dans un secteur davantage habitué aux promesses d’omnipotence qu’aux appels à la retenue.Cette prise de position tranche avec l’euphorie ambiante de la Silicon Valley. Tandis que nombre d’acteurs poursuivent à marche forcée le Graal de l’« intelligence artificielle générale », Microsoft se présente en gardien prudent, prêt à activer un bouton d’arrêt d’urgence. Pour Mustafa Suleyman, la ligne est claire : l’entreprise ne développera pas de systèmes qu’elle ne peut pas maîtriser. L’ambition affichée est celle d’une « superintelligence humaniste », conçue pour assister l’humain, et non pour le remplacer. Copilot, l’assistant intégré aux outils de Microsoft, serait la première illustration de cette vision. Mais ce discours soulève un paradoxe. Microsoft est aussi l’un des principaux investisseurs mondiaux dans l’IA, avec des dizaines de milliards de dollars engagés dans ses infrastructures et dans son partenariat stratégique avec OpenAI. Une posture d’équilibriste, entre accélération technologique maximale et promesse de retenue éthique. Appuyer sur l’accélérateur tout en affirmant garder le pied sur le frein.Cette prudence affichée éclaire aussi les relations, parfois ambiguës, entre Microsoft et OpenAI. Là où OpenAI revendique ouvertement l’objectif de créer une intelligence artificielle générale, Microsoft temporise. Son PDG, Satya Nadella, a récemment qualifié ce concept de « légèrement survendu », préférant mettre en avant des usages concrets et immédiatement utiles. Reste à savoir si cette ligne rouge est réellement infranchissable ou si elle relève d’une stratégie de communication destinée à rassurer le public et les régulateurs. Car dans le même temps, Microsoft a renégocié son partenariat avec OpenAI afin de pouvoir développer ses propres modèles d’IA, en toute autonomie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Sur le papier, l’application française Wizz promet une expérience sociale encadrée et sécurisée. Dans les faits, le constat est bien plus inquiétant. Son fonctionnement repose sur le swipe, comme Tinder ou Bumble. Pourtant, Wizz assure ne pas être une application de rencontres et met en avant un système de vérification d’âge par intelligence artificielle, censé séparer strictement les utilisateurs par tranche d’âge. Une barrière qui, selon plusieurs enquêtes, ne tiendrait pas. Les faits divers s’accumulent. À Hawaï, une fillette de 11 ans a été agressée par un militaire de 19 ans qui se faisait passer pour un adolescent de 15 ans sur l’application. D’autres affaires décrivent des scénarios similaires : un homme de 23 ans prétendant avoir 14 ans, ou encore un individu de 27 ans se présentant comme mineur pour approcher et agresser plusieurs adolescentes. Dans tous les cas, le point commun est le même : une vérification d’âge défaillante.Le magazine américain The Hill a voulu tester ce système. Un journaliste de 28 ans s’inscrit sur Wizz. Verdict : l’algorithme d’IA valide son profil comme celui d’un adolescent de 16 ans, sans alerte. Les « algorithmes sophistiqués de sécurité » mis en avant par l’entreprise apparaissent alors comme un simple argument marketing. Déjà épinglée par les médias, l’application avait été retirée temporairement des boutiques d’Apple et de Google, avant de revenir avec la promesse d’améliorations. Manifestement, sans effet concret. Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large. Aux États-Unis, le Kids Online Safety Act, soutenu aussi bien par des élus démocrates que républicains, vise à imposer aux plateformes un véritable devoir de protection. Le principe est simple : comme dans l’automobile ou l’agroalimentaire, une entreprise ne pourrait plus lancer un service sans démontrer qu’il est sûr pour ses utilisateurs, notamment les mineurs.L’industrie technologique reste aujourd’hui l’une des rares à échapper à ce type d’obligation. Avec une loi comme le KOSA, les plateformes devraient prouver l’efficacité réelle de leurs dispositifs de sécurité, sous peine de poursuites judiciaires. Les promesses ne suffiraient plus. Si ce texte doit encore franchir plusieurs étapes au Congrès américain, il envoie déjà un signal clair. Pour des applications comme Wizz, l’ère de l’auto-déclaration et des garde-fous symboliques touche peut-être à sa fin. Protéger les mineurs ne peut plus relever du discours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle est déjà partout dans notre quotidien professionnel. Depuis plus d’un an, Google a intégré son IA Gemini dans la suite Google Workspace : résumés automatiques dans Gmail, rédaction de documents dans Drive, prise de notes dans Meet… Mais avec l’arrivée de l’IA dite « agentique », le géant de la tech passe à l’étape suivante.Google vient d’annoncer le lancement de Google Workspace Studio, un nouvel outil destiné aux professionnels. Promesse affichée : permettre de créer, en quelques minutes, de véritables agents IA capables d’automatiser les tâches du quotidien, sans écrire une seule ligne de code. Il suffit d’expliquer, en langage naturel, ce que l’on souhaite faire. L’agent se charge du reste, grâce à la puissance de Gemini 3. Ces agents ne se contentent pas d’exécuter des consignes figées. Ils sont conçus pour analyser des situations, s’adapter à de nouvelles informations et déclencher des actions en fonction du contexte. Concrètement, ils peuvent surveiller vos mails, détecter des mots-clés, envoyer automatiquement des alertes, préparer des briefings, ou encore organiser des tâches à partir de contenus présents dans vos documents. Ils peuvent aussi aller chercher des informations sur le web pour ajuster leur comportement.Autre point clé : l’ouverture aux outils tiers. Google Workspace Studio peut se connecter à des applications professionnelles majeures comme Jira, Salesforce, Mailchimp ou Asana. Les agents peuvent ainsi automatiser des chaînes complètes de travail, de la gestion de projet au suivi client. Ils sont aussi partageables entre collaborateurs, avec des modèles prêts à l’emploi pour accélérer la prise en main. Google voit déjà plus loin. Des évolutions sont annoncées, notamment le partage externe, l’envoi d’e-mails hors du domaine principal, ainsi qu’une prise en charge avancée des webhooks, ces mécanismes qui permettent aux applications de dialoguer entre elles en temps réel. Le déploiement a commencé cette semaine. L’accès pour les utilisateurs finaux est prévu à partir du 5 janvier 2026, pour les domaines à activation progressive. L’outil reste réservé aux abonnements payants Business, Enterprise, Education et aux offres Google AI dédiées. Les mineurs, eux, n’y auront pas accès. Derrière cette annonce, un signal clair : Google ne veut plus seulement proposer de l’assistance par IA, mais confier aux entreprises de véritables agents numériques autonomes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une annonce qui fait l’effet d’un séisme dans le monde du web. Matthew Prince, le patron de Cloudflare, révèle que son entreprise a bloqué 416 milliards de requêtes de robots d’intelligence artificielle depuis juillet. Un chiffre vertigineux, qui confirme une tendance que beaucoup pressentaient : Internet n’est plus majoritairement parcouru par des humains, mais par des machines.Les données du rapport 2025 d’Imperva enfoncent le clou : les bots représentent désormais 51 % du trafic mondial, contre seulement 27 % il y a dix ans. Une bascule spectaculaire, portée par la frénésie des géants de l’IA — OpenAI, Anthropic, Google et consorts — dont les modèles doivent avaler toujours plus de données pour s’améliorer. Résultat : leurs robots arpentent le web en long, en large et en travers. GPTBot, l’aspirateur d’OpenAI, a triplé sa présence en un an. ClaudeBot, son équivalent chez Anthropic, suit le même rythme. Ces bots vont plus loin que les anciens robots d’indexation : ils réclament 2,5 fois plus de données par requête que le crawler de Google. Et le plus croustillant, c’est qu’ils ne renvoient quasiment aucun visiteur vers les sites qu’ils exploitent. Cloudflare a mesuré un ratio édifiant : 70 900 visites de ClaudeBot pour 1 visiteur humain généré. OpenAI fait un peu mieux… mais reste entre 250 et 1 217 pour un.Cette marée robotique a un coût. Le projet open source Read the Docs a vu sa consommation de bande passante chuter de 75 % en bloquant les bots IA — de 800 à 200 Go par jour — générant 1 500 dollars d’économies mensuelles. Multipliez cela par des milliers de sites : la facture globale devient gigantesque. Face à cette extraction massive de contenus, des pistes émergent : faire payer les visites des robots d’IA, ou rémunérer les créateurs dont les contenus alimentent les réponses générées. Reste à convaincre les géants du secteur. En attendant, Cloudflare a tranché : depuis juillet, tous les bots IA sont bloqués par défaut sur les sites qu’il protège. Un geste symbolique — l’entreprise ne couvre qu’environ 20 % du web — mais un signal fort. Les créateurs de contenus ne sont peut-être pas encore dépossédés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour la dernière grande journée de son événement annuel AWS re:Invent, Amazon Web Services a levé le voile sur une annonce stratégique : l’arrivée de Graviton5, son tout nouveau processeur maison. Une puce ARM de cinquième génération, gravée en 3 nanomètres, embarquant… 192 cœurs. Un monstre de calcul, pensé pour bouleverser l’équation performance-prix du cloud.AWS ne s’en cache pas : le pari Graviton est déjà un succès. Plus de la moitié des nouvelles capacités de calcul de la plateforme reposent désormais sur cette architecture, et près de 90 % des 1 000 plus gros clients EC2 utilisent déjà ces processeurs. Avec Graviton5, Amazon ne se contente plus d’optimiser : il change d’échelle. Cette nouvelle génération marque un véritable saut technologique. En concentrant 192 cœurs sur une seule puce, Amazon augmente considérablement la densité de calcul. Résultat : les échanges entre cœurs sont 33 % plus rapides. Le cache L3, cette mémoire ultra-rapide essentielle aux performances, a été multiplié par cinq. Chaque cœur dispose ainsi de 2,6 fois plus d’espace immédiat que sur Graviton4. Concrètement, cela accélère fortement les bases de données, l’analyse de données massives, mais aussi les jeux en ligne ou les services temps réel.Côté réseau, les progrès sont tout aussi notables : +15 % de bande passante en moyenne, jusqu’à un doublement sur les instances les plus puissantes. L’accès au stockage cloud progresse aussi de 20 %. Graviton5 promet au total 30 % de performances supplémentaires et 20 % de latence en moins par rapport à la génération précédente. La gravure en 3 nm, l’une des plus avancées du marché — dominée par TSMC, Samsung et Intel — permet d’augmenter la puissance tout en réduisant la consommation. Un point crucial à l’heure où les data centers pèsent de plus en plus lourd dans la consommation électrique mondiale. AWS va même jusqu’à refroidir directement la puce, sans boîtier intermédiaire.Autre avancée majeure : la sécurité. Avec le Nitro Isolation Engine, AWS ne se contente plus d’affirmer l’isolation des données… il en apporte une preuve mathématique. Une garantie très recherchée par les banques, les hôpitaux et les administrations. Les premiers retours sont enthousiastes. Airbnb gagne 25 % sur ses moteurs de recherche. Atlassian observe 30 % de rapidité en plus sur Jira. SAP annonce même jusqu’à 60 % d’accélération sur ses bases de données. Les premières instances EC2 M9g sont déjà disponibles en test. Les déclinaisons C9g et R9g, dédiées au calcul intensif et à la mémoire, arriveront en 2026. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une plainte devenue quasi quotidienne chez les joueurs comme chez les télétravailleurs : Discord consomme de plus en plus de mémoire vive. La plateforme de chat vocal et textuel confirme aujourd’hui ce que beaucoup constataient déjà : lorsque plusieurs serveurs sont ouverts, l’application peut dépasser les 4 gigaoctets de RAM, au point de ralentir sérieusement Windows 11 et les jeux lancés en parallèle.Face à la grogne, Discord teste désormais une solution radicale : surveiller sa propre consommation de mémoire… et se relancer automatiquement lorsqu’elle dépasse un seuil critique. L’objectif est simple : libérer de la RAM pour éviter que la machine ne suffoque. Une mesure présentée comme un garde-fou, mais qui révèle surtout l’ampleur du problème. Cette gourmandise n’est pas qu’une question d’usage intensif. Discord repose sur le framework Electron, qui embarque en réalité un navigateur complet basé sur Chromium. Autrement dit, chaque fenêtre de discussion fonctionne comme une page web à part entière, avec son moteur JavaScript, ses composants, ses modules. Dans des conditions dites « normales », l’application flirte déjà avec le gigaoctet de mémoire. Et après plusieurs heures d’utilisation, entre appels vocaux, partages d’écran et navigation frénétique, la consommation peut exploser.Les développeurs reconnaissent d’ailleurs l’existence de fuites de mémoire. Neuf ont été corrigées ces derniers mois, permettant une réduction d’environ 5 % pour les profils les plus gourmands. Un progrès, certes, mais encore loin de transformer Discord en logiciel léger. D’où cette nouvelle expérimentation : si l’application dépasse 4 Go de RAM, qu’elle tourne depuis plus d’une heure, que l’utilisateur est inactif depuis trente minutes et qu’aucun appel n’est en cours, alors Discord se ferme… puis redémarre automatiquement. L’opération ne peut se produire qu’une fois toutes les 24 heures pour éviter les interruptions en boucle.Sur le papier, la mécanique est rassurante. Dans la pratique, elle ressemble surtout à un pansement posé sur une architecture lourde. Et Discord est loin d’être un cas isolé. D’autres applications comme Microsoft Teams ou la nouvelle version de WhatsApp pour Windows affichent elles aussi des consommations démesurées. Le problème devient d’autant plus sensible que le prix de la mémoire vive remonte. Tout le monde ne peut pas se permettre d’ajouter 16 Go de RAM pour suivre la course aux logiciels XXL. Entre applications toujours plus lourdes et matériel plus cher, les configurations modestes plient rapidement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une annonce qui a fait trembler Hollywood : Netflix a proposé un chèque de 83 milliards de dollars pour s’offrir Warner Bros., ses studios de cinéma, de télévision, de jeux vidéo… et surtout sa plateforme de streaming, HBO Max. Une opération titanesque, présentée comme historique. Mais attention : à ce stade, rien n’est encore acté. Le processus pourrait s’étendre jusqu’à fin 2026, et le chemin s’annonce semé d’embûches réglementaires et politiques.Car cette acquisition devrait être passée au crible par les autorités de la concurrence dans le monde entier. En clair, Netflix devra démontrer que l’absorption de Warner et de son catalogue — de Game of Thrones à l’univers DC, en passant par Harry Potter — ne portera pas atteinte à la concurrence ni aux consommateurs. Officiellement, la plateforme le répète : « rien ne change pour l’instant ». Mais en coulisses, les tensions sont déjà très fortes. Le groupe Paramount-Skydance, candidat malheureux au rachat, conteste ouvertement le processus. Son patron, David Ellison, fils du fondateur d’Oracle, espérait l’emporter grâce à ses relations politiques, notamment avec Donald Trump. Quelques heures avant l’annonce de Netflix, Paramount dénonçait publiquement une vente « opaque et injuste ».Donald Trump, justement, est entré directement dans le jeu. Le 7 décembre 2025, sur Truth Social, il a déclaré vouloir examiner de près cette opération, évoquant un risque de « part de marché excessive ». S’il ne peut pas bloquer seul le dossier, il pèse lourdement sur la FTC, dont il a placé un proche à la tête. Le patron de Netflix, Ted Sarandos, a bien tenté d’apaiser les tensions en rencontrant Donald Trump avant l’annonce. Sans succès visible. Pire encore, selon plusieurs médias américains, Paramount-Skydance pourrait préparer une OPA hostile pour reprendre Warner à coup de surenchère boursière.Et les obstacles ne s’arrêtent pas aux États-Unis. Les régulateurs européens et britanniques, réputés plus stricts, pourraient à leur tour freiner le dossier. Le syndicat des acteurs SAG-AFTRA s’y oppose déjà, inquiet pour l’avenir du cinéma en salles. Même dans le scénario le plus optimiste, la transaction ne serait pas finalisée avant la seconde moitié de 2026. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France accélère dans la course aux infrastructures numériques. Vendredi 28 novembre 2025, le ministère de l’Économie a dévoilé un véritable mode d’emploi pour implanter des centres de données sur le territoire. Objectif affiché : structurer, encadrer et surtout accélérer un secteur devenu stratégique. Aux côtés de Roland Lescure, la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a voulu clarifier les règles du jeu. Le signal est fort : 63 sites sont déjà identifiés et plus de 109 milliards d’euros d’investissements annoncés. L’ambition est claire : faire de la France un hub européen majeur du data.Derrière chaque clic, chaque photo stockée, chaque requête d’intelligence artificielle, se cachent des hangars de serveurs fonctionnant jour et nuit. Le guide distingue désormais les petites salles informatiques, les centres de colocation géants, les infrastructures cloud ou encore les datacenters dédiés au calcul intensif pour l’IA. Si l’État s’en mêle autant, c’est pour une raison essentielle : la souveraineté. Héberger les données sensibles sur le sol national permet de se prémunir contre des lois étrangères à portée extraterritoriale, comme le Cloud Act, et de soutenir l’essor des start-up françaises de l’IA, fortement dépendantes de la puissance de calcul. Le déclic est venu du sommet parisien sur l’IA, en février. Une task force réunissant la Direction générale des Entreprises, Business France et RTE a passé le territoire au crible. Résultat : des sites repérés en Normandie, en Occitanie ou dans le Grand Est, afin de désengorger l’Île-de-France, déjà sous forte tension électrique.Car le nerf de la guerre reste l’électricité. Un datacenter moyen consomme entre 50 et 250 mégawatts, l’équivalent d’une petite ville. Le raccordement peut prendre jusqu’à neuf ans. À cela s’ajoute la connectivité, avec la nécessité d’un accès à la fibre et aux hubs de peering, comme Marseille, devenue un carrefour numérique grâce à ses câbles sous-marins. Le volet environnemental n’est pas oublié. Le texte fixe des exigences sur l’eau, le refroidissement et l’efficacité énergétique, avec un objectif de PUE à 1,20 d’ici 2030. La récupération de la chaleur devient également obligatoire pour les grandes installations. Enfin, l’argument économique reste décisif : un datacenter de 100 mégawatts crée une cinquantaine d’emplois directs et apporte des recettes fiscales significatives. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En validant, en septembre dernier, le rachat d’Axio par Amazon, la Reserve Bank of India n’a pas seulement autorisé une acquisition de plus. Elle a ouvert la porte à un changement d’échelle majeur : pour la première fois, un géant technologique étranger obtient en Inde un accès direct à l’activité de crédit en ligne. Une évolution qui ne laisse ni les analystes ni les régulateurs indifférents.Axio, anciennement Capital Float, est un acteur bien installé du prêt numérique. Plus de dix millions d’Indiens ont déjà eu recours à ses services. Depuis six ans, l’entreprise travaillait main dans la main avec Amazon pour alimenter l’offre de paiement différé. Avec ce rachat, la relation devient une intégration complète. Et l’objectif est clair : démocratiser l’accès au crédit dans un pays où, selon les chiffres du groupe, un consommateur sur six seulement dispose d’une solution de financement à l’achat. Mais l’ambition est plus large. Amazon entend aussi relancer le crédit aux petites entreprises, un segment stratégique pour l’économie indienne. Des prêts « sur mesure » sont annoncés pour les marchands, construits à partir du comportement d’achat, des données transactionnelles et des outils de gestion de trésorerie. En clair, la marketplace se transforme peu à peu en plateforme financière intégrée.Le contexte joue en faveur du groupe. En cinq ans, le marché indien du crédit à la consommation est passé d’environ 80 à plus de 200 milliards de dollars. Dans cet écosystème, les géants du numérique disposent d’un atout décisif : ils contrôlent à la fois l’interface, les flux et les données. Et la stratégie ne s’arrête pas au prêt. Via Amazon Pay, l’un des moyens de paiement les plus utilisés sur l’infrastructure nationale de virements instantanés UPI, le groupe propose désormais aussi des dépôts à terme, en partenariat avec plusieurs banques locales, accessibles dès 1 000 roupies. Une première incursion dans l’épargne grand public. Ce virage s’inscrit dans un cadre réglementaire tout récent, qui autorise désormais les filiales détenues à 100 % par des groupes technologiques à accorder elles-mêmes des crédits. Amazon a saisi l’opportunité sans attendre.Reste une interrogation centrale : jusqu’où le groupe pourra-t-il étendre son influence dans un secteur bancaire indien très encadré et parfois méfiant envers les Big Tech ? Pour l’heure, le géant avance prudemment, en s’appuyant sur les banques tout en consolidant ses propres outils. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis des années, Elon Musk promet une révolution imminente : celle de la conduite totalement autonome. Une promesse répétée, martelée, mais toujours freinée, en Europe, par un mur réglementaire solide. Faute de pouvoir déployer pleinement son système sur route ouverte, Tesla a choisi une autre stratégie : la démonstration grandeur nature.Dès le mois de décembre, le constructeur américain lance une tournée française pour présenter son système de conduite autonome avancée, le FSD. Les inscriptions sont déjà ouvertes et l’expérience est gratuite. Les passagers pourront monter à bord dans plusieurs villes : Nantes, Bordeaux, Paris, Lille, Cannes, Toulouse, Marseille, Strasbourg et Lyon. Mais avec une nuance de taille : un conducteur de sécurité restera impérativement au volant. Une obligation légale qui rappelle que l’autonomie intégrale, pour l’instant, reste un horizon plus qu’une réalité.L’objectif de Tesla est clair : prouver, par l’expérience, que sa technologie est prête pour les routes européennes. Le système FSD repose exclusivement sur la vision par caméras, sans recourir au LiDAR, contrairement à certains concurrents. Un parti pris technologique assumé, mais contesté. Des acteurs comme Waymo, qui ont misé sur une approche combinant caméras, radars et capteurs laser, semblent aujourd’hui plus avancés dans l’homologation et l’exploitation réelle.Tesla, de son côté, juge les règles européennes trop rigides, voire dépassées. La marque estime même que tenter d’adapter son système au cadre réglementaire actuel pourrait le rendre moins sûr. Une déclaration qui en dit long sur la méthode employée : forcer le débat en s’appuyant sur la preuve par l’usage. Ce n’est pas la première fois que le constructeur s’y essaie. Des démonstrations ont déjà eu lieu en Europe, notamment dans des environnements réputés complexes, comme autour de Place de l’Étoile à Paris. La tournée française s’inscrit dans cette même logique : impressionner le public, rassurer, mais aussi maintenir une pression constante sur les autorités. Reste que ces démonstrations interviennent autour d’un système toujours non homologué sur le continent. Tesla joue désormais une partie de calendrier, en multipliant les tests visibles et médiatisés pour accélérer la discussion réglementaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous pensiez avoir fait le tour des cybermenaces ? Une nouvelle attaque vient rappeler que le Web n’a pas fini de nous surprendre. Son nom : HashJack. Une faille aussi discrète que redoutable, qui détourne une mécanique pourtant banale d’Internet — le fragment d’URL, cette petite partie d’adresse située après le symbole dièse, habituellement utilisée pour naviguer dans une page.Jusqu’ici, ce fragment était considéré comme inoffensif, car il ne transite jamais vers les serveurs. Sauf que l’arrivée des assistants d’intelligence artificielle intégrés aux navigateurs a tout changé. L’attaque HashJack consiste à dissimuler des instructions malveillantes dans ce fragment. Instructions que les assistants IA, trop obéissants, lisent… et exécutent localement. Résultat : sur des outils comme Perplexity Comet ou l’assistant intégré à Microsoft Edge, un simple lien peut suffire à déclencher l’affichage de fausses informations, voire l’exfiltration de données sensibles. Une attaque sans effraction visible.Le plus inquiétant, c’est que les systèmes de défense traditionnels n’y voient… rien. Pare-feu et antivirus scrutent les échanges réseau, mais ici, tout se joue à l’intérieur même du navigateur. Aucun trafic suspect, aucun signal d’alerte. Une démonstration brutale des limites de nos outils de sécurité face aux nouveaux usages de l’IA. Face à la révélation de cette faille, la réaction a été rapide. Microsoft et Perplexity ont déployé en urgence des correctifs. Une réactivité saluée, mais qui interroge : pourquoi faut-il systématiquement attendre l’attaque pour colmater ?Pour l’instant, certains assistants comme ChatGPT ou Claude ne semblent pas vulnérables à cette forme précise d’attaque. Mais les spécialistes restent prudents. La sécurité de l’IA ressemble de plus en plus à un jeu de chat et de la souris : une faille à peine corrigée, une autre apparaît. Du côté des entreprises, la société de cybersécurité Cato Networks recommande déjà de restreindre fortement l’usage de ces assistants ou de bloquer purement et simplement les fragments d’URL suspects. Moralité : les assistants intelligents progressent à pas de géant, mais leur sécurité avance encore au rythme de l’artisanat. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle, cette usine à images, à voix et à vidéos qui inonde nos écrans, commencerait-elle à fatiguer le public ? Sur TikTok, royaume du flux permanent et de l’instantané, les contenus générés par IA se multiplient au point de susciter une lassitude visible. Trop de visages artificiels, trop de musiques clonées, trop de récits formatés. Face à cette saturation, la plateforme tente une réponse : un nouvel « interrupteur » permettant de moduler la présence de l’IA dans les recommandations.Officiellement, l’objectif est simple : offrir aux utilisateurs un peu de contrôle sur l’invasion des contenus synthétiques. Dans les faits, l’outil se cache dans les paramètres et permet seulement de réduire – ou non – l’exposition aux vidéos générées par des algorithmes. Car il n’est pas question pour la plateforme de se passer de intelligence artificielle, devenue un moteur central de production, d’optimisation et de viralité. Derrière cette nouveauté, une inquiétude bien réelle agite les équipes de TikTok : celle du « AI slop », ce déluge de contenus fades, interchangeables, qui finit par user l’attention. Trop d’automatisation tue l’émotion, trop de perfection artificielle érode l’authenticité. En donnant l’illusion d’un choix, la plateforme cherche surtout à préserver l’engagement et éviter la fuite des utilisateurs lassés par ce bruit numérique permanent.L’étiquetage automatique des contenus générés par IA est présenté comme un gage de transparence. Mais suffira-t-il à ralentir le flot ? L’expérience montre que d’autres plateformes ont déjà dû réagir. Pinterest, par exemple, a récemment serré la vis pour éviter que ses tableaux ne deviennent des galeries d’images entièrement artificielles. TikTok, de son côté, met aussi en avant un fonds destiné à l’éducation à l’IA, histoire de montrer sa bonne volonté. Reste une réalité que l’interrupteur ne change pas : le modèle de la plateforme repose sur une chose essentielle, notre attention. Qu’un contenu soit produit par un humain ou par une machine, ce qui compte avant tout, c’est sa capacité à retenir l’utilisateur. Tant que l’IA reste un outil redoutablement efficace pour capter les regards, elle continuera d’inonder les flux. Derrière l’affichage du choix, le doute persiste. Cet interrupteur est-il un véritable levier de contrôle pour les utilisateurs… ou simplement un gadget de plus, destiné à nous donner l’illusion que nous restons aux commandes ? Une certitude demeure : dans la bataille entre attention humaine et algorithmes, la machine garde, pour l’instant, une longueur d’avance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On ne sait toujours pas qui se cache derrière le nom de Satoshi Nakamoto, le créateur mythique du Bitcoin. Mais une chose est certaine : son héritage, lui, est colossal. En ayant miné les tout premiers blocs de la blockchain, il est aujourd’hui crédité d’environ 1,1 million de bitcoins, disséminés sur plusieurs portefeuilles numériques. Une fortune fantôme, jamais touchée, devenue une véritable légende des marchés.Mais derrière ce mythe absolu, un autre nom s’est longtemps imposé comme la première grande figure connue du Bitcoin milliardaire : Owen Gunden. Un pionnier discret, entré dans la danse dès 2011, à une époque où le Bitcoin ne valait encore que quelques dollars. Cette année-là, il met la main sur 11 000 bitcoins. Il les garde, patiemment, pendant quatorze ans. Jusqu’à aujourd’hui.Car Owen Gunden vient de tourner définitivement la page. Depuis octobre dernier, il a commencé à vendre, morceau par morceau, l’intégralité de ses avoirs. La liquidation est désormais achevée : ses 11 000 bitcoins se sont transformés en environ 1,3 milliard de dollars. Avec cette opération, il abandonne son statut de plus ancien milliardaire connu du Bitcoin encore actif. La symbolique est forte. Gunden faisait partie de cette toute première génération d’investisseurs apparue au moment même où Satoshi Nakamoto disparaissait de la scène. Un passage de relais historique, presque générationnel. D’autant que le calendrier interroge. Cette sortie intervient alors que le marché du Bitcoin traverse une phase de forte correction.Après avoir inscrit un sommet spectaculaire au début du mois d’octobre, au-dessus des 125 000 dollars, la cryptomonnaie a brutalement décroché. Elle est repassée sous la barre des 100 000 dollars, puis sous celle des 90 000, flirtant même avec les 80 000 dollars ces derniers jours. Une chute qui alimente toutes les spéculations. Dans l’écosystème, une question obsède désormais les investisseurs : les grandes baleines, ces acteurs détenant d’immenses volumes de bitcoins, anticipent-elles un retournement durable du marché ? Sommes-nous à l’aube d’un véritable bear market ? Avec la sortie d’Owen Gunden, ce n’est pas seulement une fortune qui change de mains. C’est un chapitre entier de l’histoire du Bitcoin qui se referme — celui des pionniers, des aventuriers de la première heure, qui avaient cru à l’or numérique bien avant le reste du monde. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Allemagne, la protection des mineurs en ligne entre dans une nouvelle ère. Fini les cases à cocher J’ai plus de 18 ans et les contrôles symboliques. À partir de décembre 2025, la vérification de l’âge ne reposera plus sur les sites internet, mais directement sur les smartphones, tablettes et ordinateurs. Une décision radicale, portée par le nouveau traité interétatique sur la protection des mineurs, adoptée sous l’impulsion de Berlin.Concrètement, les fabricants d’appareils devront intégrer un système de contrôle d’âge activable instantanément par les parents. Une fois enclenché, l’appareil se verrouille selon une tranche d’âge précise. Toute application jugée inadaptée devient inaccessible sans intervention d’un adulte. Les boutiques d’applications, elles aussi, sont mises à contribution : chaque logiciel devra afficher une classification claire, sous peine de lourdes sanctions financières pouvant atteindre deux millions d’euros. Ce choix marque une rupture nette avec l’approche adoptée jusque-là en France, où le débat sur le blocage des sites pour adultes reste enlisé entre efficacité technique et protection de la vie privée. Là où Paris tâtonne, l’Allemagne choisit de frapper au cœur du système : l’appareil lui-même. Une logique simple, presque brutale : plutôt que de filtrer le réseau, on verrouille le terminal.Cette stratégie s’inscrit aussi en contrepoint des initiatives de l’Union européenne, parfois critiquées pour leur dépendance aux technologies de groupes comme Google. Ici, aucune base de données centrale, aucun stockage massif d’informations sensibles : tout se joue localement, directement sur l’appareil de l’utilisateur. Mais l’efficacité réelle du dispositif reste sujette à caution. Chaque nouveau verrou numérique devient rapidement un terrain de jeu pour des adolescents rompus aux VPN, navigateurs alternatifs et autres détours techniques. Autre point faible : les applications seront classées, mais le web, lui, demeure largement dans une zone grise. Sans étiquetage obligatoire page par page, le filtrage risque de montrer ses limites. En verrouillant la porte des appareils sans toujours contrôler les fenêtres du web, l’Allemagne fait un pari audacieux. Une avancée technologique claire, politiquement forte, mais dont la solidité sera très vite mise à l’épreuve par la réalité des usages… et l’ingéniosité de la jeunesse connectée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’affaire tombe au plus mauvais moment pour Google. Alors que la firme dévoile fièrement son nouveau modèle Gemini 3, une accusation enflamme soudain la toile : Gmail servirait à entraîner l’intelligence artificielle de Google. De quoi faire frémir les utilisateurs… avant même d’avoir vérifié l’info. Rapidement, Google dément et parle d’allégations « trompeuses ». Mais comment en est-on arrivé là ?Tout part d’une confusion récurrente entre espionnage industriel et fonctionnalités intelligentes. Les fameuses « Smart Features », qui trient automatiquement vos spams ou vous proposent des réponses toutes faites, reposent sur un principe simple : l’algorithme analyse vos mails… pour vous rendre service. Une analyse locale et limitée, indispensable pour faire fonctionner ces options. Mais là où Google insiste, c’est sur la frontière à ne pas franchir : « Nous n'utilisons pas le contenu de Gmail pour entraîner notre modèle d'IA Gemini », affirme la firme. Autrement dit, l’IA peut lire pour vous, mais pas apprendre de vous. L’affaire ne sort pourtant pas de nulle part. Plusieurs utilisateurs ont constaté que certaines options intelligentes s’étaient réactivées automatiquement, malgré un choix initial de les désactiver. Une maladresse technique, ou un forçage un peu trop zélé ? Résultat : un recours collectif a été déposé en Californie le 11 novembre. Les plaignants accusent Google d’avoir manipulé, volontairement ou non, les paramètres de confidentialité de millions d’utilisateurs.La situation a de quoi faire sourire — jaune. Car elle survient au moment même où Gmail commence à proposer du vrai chiffrement de bout en bout, une fonctionnalité réclamée depuis des années pour renforcer la confidentialité des échanges. Une sorte de paradoxe numérique : Google verrouille enfin la porte d’entrée… alors qu’une fenêtre pourrait s’être entrouverte derrière. Pour les utilisateurs, la parade existe : un petit tour dans les paramètres et il est possible de désactiver chaque option intelligente. Mais le prix à payer, c’est le retour à un Gmail plus « brut », sans tri automatique ni rappels contextuels. Cette polémique révèle surtout un climat de méfiance généralisée : dès qu’un service se dit « intelligent », l’ombre du soupçon plane. Une tension qui ne risque pas de s’apaiser à l’ère des IA omniprésentes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un partenariat aussi inattendu que stratégique que Bruxelles a officialisé ce lundi 24 novembre. L’OTAN s’allie à Google Cloud, un géant privé de la tech, pour moderniser la gestion de ses données parmi les plus sensibles de la planète. L’annonce a été faite lors de la troisième conférence annuelle sur le cloud organisée par l’Alliance en Belgique. Au cœur de l’accord : une technologie baptisée Google Distributed Cloud air-gapped. Un nom technique pour désigner un système totalement isolé du monde extérieur. Ici, pas de réseau, pas d’Internet, pas de connexion au cloud public. Les serveurs Google seront installés physiquement dans les infrastructures de l’OTAN, mais fonctionneront en vase clos, sous le contrôle exclusif de la NCIA, l’agence de communication et d’information de l’Alliance.Le dispositif servira notamment au JATEC, le centre d’analyse et de formation de l’OTAN. Toutes les opérations sensibles, les simulations militaires et les flux classifiés transiteront par cette bulle numérique fortifiée. L’objectif : bénéficier des capacités d’IA et d’analyse de Google, tout en garantissant que aucune donnée ne quitte jamais le périmètre militaire. Un compromis qui permet à l’organisation de parler ouvertement de « souveraineté », un terme habituellement réservé aux États. Pourquoi faire appel à Google, alors ? Parce que l’OTAN veut accélérer sa transformation technologique, tout en profitant d’outils d’IA impossibles à développer en interne dans les mêmes délais. Tara Brady, présidente de Google Cloud pour l’Europe, explique que l’accord permettra à l’Alliance « d’accélérer de manière décisive sa modernisation numérique tout en maintenant les niveaux les plus élevés de sécurité ». Une manière de dire que la puissance algorithmique de Google est devenue incontournable.Du côté de l’OTAN, le discours est assumé. Antonio Calderon, directeur technique de la NCIA, rappelle que « le partenariat avec l’industrie est essentiel » à la transformation de l’organisation. Et l’IA fait désormais partie des outils opérationnels que l’Alliance entend maîtriser. Le déploiement commencera dans les prochains mois. Et au-delà du symbole, ce contrat de plusieurs millions de dollars raconte une réalité : même les institutions les plus secrètes du monde n’échappent plus à la révolution de l’intelligence artificielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est officiel : depuis ce 24 novembre 2025, chaque citoyen européen dispose d’un pouvoir inédit. Bruxelles vient de lancer une plateforme qui permet de signaler anonymement toute dérive liée à l’intelligence artificielle. Une première en Europe, portée par le Bureau européen de l’IA, le nouvel organisme chargé de faire respecter l’AI Act.L’objectif est clair : offrir un canal ultra-sécurisé, facile d’accès, pour dénoncer les manquements présumés à la législation sur l’IA — sans risquer de représailles. Que vous soyez salarié, partenaire, prestataire… ou simple témoin, il est désormais possible d’alerter l’Union européenne en quelques minutes. Et surtout, sans laisser la moindre trace. Techniquement, l’outil coche toutes les cases. Le signalement est chiffré de bout en bout, avec des protocoles certifiés qui garantissent un anonymat absolu. L’interface accepte toutes les langues officielles de l’Union, et permet de joindre des documents dans la majorité des formats existants. Mais la vraie nouveauté se trouve ailleurs : une boîte postale sécurisée intégrée au système permet un dialogue continu avec le Bureau européen de l’IA. Une fois le signalement déposé, les enquêteurs peuvent demander des précisions, accuser réception ou tenir le lanceur d’alerte informé de l’avancée du dossier — sans jamais pouvoir l’identifier.Cette approche transforme l’alerte anonyme en processus collaboratif, un peu à la manière des cellules de lanceurs d’alerte anticorruption, mais à l’échelle du continent. Pour rappel, l’AI Act, entré en vigueur cet été, vise à encadrer les systèmes d’intelligence artificielle tout en encourageant l’innovation. Le texte protège la santé, la sécurité, les droits fondamentaux et même la démocratie. Mais une loi sans contrôle reste une coquille vide. Grâce aux signalements citoyens, l’Europe espère détecter très tôt les dérives — qu’il s’agisse d’un modèle d’IA dangereux, d’un usage illicite de données ou d’un système à haut risque déployé sans autorisation. La Commission promet de traiter chaque alerte avec « soin, diligence et intégrité ». Au-delà de la formule, cette plateforme marque un tournant : pour la première fois, la surveillance des technologies d’IA devient aussi l’affaire des Européens eux-mêmes.https://ai-act-whistleblower.integrityline.app/ Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Nouvel épisode dans le bras de fer entre Bruxelles et Google. Début septembre, la Commission européenne infligeait une amende record de 2,95 milliards d’euros au géant américain pour abus de position dominante dans la publicité en ligne. Une sanction assortie d’une menace lourde : une scission de certaines activités si Google ne proposait pas rapidement des mesures pour rétablir la concurrence.Depuis, Google conteste farouchement la décision et prépare son appel. Mais en parallèle, le groupe devait impérativement soumettre cette semaine ses propositions concrètes pour éviter une séparation forcée. Il s’est finalement exécuté. Dans un communiqué, un porte-parole assure que « notre proposition répond pleinement à la décision de la Commission, sans recourir à une scission disruptive », qui nuirait, selon lui, aux milliers d’annonceurs et éditeurs utilisant aujourd’hui ses outils publicitaires.Bruxelles confirme avoir reçu le document et promet une analyse minutieuse : « Nous allons examiner les mesures proposées par Google pour vérifier si elles peuvent mettre fin aux atteintes à la concurrence », indique la Commission. Selon des informations du Monde, cette proposition comporte deux volets. D’abord, des mesures immédiates destinées à stopper les pratiques pointées par l’enquête européenne. Ensuite, des modifications structurelles plus profondes, destinées à éliminer ce que Bruxelles considère comme un conflit d’intérêts entre plusieurs briques du système publicitaire de Google — notamment entre sa plateforme d’achat d’espaces, son serveur publicitaire et son marché d’enchères.Cet été déjà, Google avait tenté de convaincre Bruxelles avec une première série d’engagements jugés insuffisants. Cette fois, l’enjeu est clair : convaincre la Commission qu’il est possible de restaurer la concurrence sans démanteler une partie de l’écosystème Google Ads. La balle est désormais dans le camp de l’Union européenne. Si les mesures sont jugées inefficaces, Bruxelles pourrait relancer la procédure de scission. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Mardi 18 novembre, un peu après midi, Internet a toussé… puis s’est effondré par intermittence. En quelques minutes, Cloudflare, l’un des piliers de l’infrastructure du Web mondial, a entraîné dans sa chute une avalanche de services : ChatGPT, X/Twitter, Canva, Clubic et des milliers d’autres plateformes. L’hypothèse d’une cyberattaque massive a d’abord dominé. En réalité, la vérité est plus banale — et beaucoup plus inquiétante.Tout commence à 12h05, lorsque Cloudflare déploie une mise à jour sur un cluster de bases de données ClickHouse. Une modification censée renforcer la sécurité en rendant explicites les permissions d’accès. Un ajustement mineur, en apparence. Sauf que ce changement provoque un bug imprévu : chaque colonne de données se duplique dans les métadonnées. Une anomalie invisible pour l’utilisateur… mais catastrophique pour un composant clé : le fichier utilisé par le système Bot Management, chargé d’analyser le trafic pour distinguer humains et robots.Habituellement, ce fichier contient une soixantaine d’empreintes. Avec les doublons, il en compte plus de 200. Le problème ? Le logiciel censé le traiter est conçu pour refuser tout fichier dépassant 200 entrées, afin d’éviter une surcharge mémoire. Résultat : lorsque ce fichier corrompu se propage aux milliers de serveurs mondiaux, les machines plantent en série et renvoient des erreurs 500 aux internautes du monde entier. Le cauchemar se complique encore. Le fichier est régénéré toutes les cinq minutes. Selon que le serveur tombe sur une version saine ou défectueuse, Cloudflare oscille entre fonctionnement normal et blackout. Diagnostiquer la panne devient un casse-tête. Matthew Prince, le PDG, parle même d’une possible démonstration de force d’un réseau de bots, après les gigantesques attaques DDoS de juin.Ce n’est qu’à 14h04 qu’une piste interne apparaît. À 14h37, les équipes identifient enfin le coupable : le fichier Bot Management. À 15h24, sa génération automatique est stoppée. À 15h30, Internet redémarre. Enfin… presque. Le tableau de bord tombe à son tour, écrasé par le flot de connexions en attente. Il faudra attendre 18h06 pour un retour complet. Dans un mea culpa inhabituellement frontal, Matthew Prince avoue : « Une panne comme celle-ci est inacceptable. » Cloudflare promet des coupe-circuits plus rapides, une validation plus stricte des fichiers internes, et des limites pour ses outils de débogage, eux-mêmes responsables d’un ralentissement massif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis l’irruption de ChatGPT dans le grand public, l’intelligence artificielle est devenue la nouvelle ruée vers l’or… et le grand gagnant de cette vague s’appelle Jensen Huang. Le patron de NVIDIA, fabricant des GPU indispensables à l’entraînement des modèles d’IA, dirige aujourd’hui une entreprise dont la capitalisation dépasse le PIB de l’Allemagne. Un succès vertigineux, qu’il explique pourtant avec une simplicité presque déconcertante.Invité par le Cambridge Union, le milliardaire est revenu sur son parcours. Né à Taïwan, arrivé aux États-Unis à l’âge de neuf ans, il fonde NVIDIA en 1993, à tout juste 30 ans. Mais selon lui, la base de sa réussite se trouve bien avant, dans une enfance marquée par un refus absolu de se fixer des barrières. Il raconte notamment une scène qui a forgé sa manière d’aborder la vie : sa mère, qui ne parlait pas un mot d’anglais, lui a pourtant enseigné la langue… armée uniquement d’un bout de papier et d’un dictionnaire.Un souvenir fondateur. « À bien des égards, cela définit NVIDIA. Cela me définit aussi », résume-t-il. Si sa mère, qui ne parlait que le hokkien taïwanais, a pu accomplir cette prouesse, alors rien ne lui semble vraiment impossible. C’est cette philosophie qu’il applique aujourd’hui à son entreprise, devenue incontournable dans la révolution de l’IA : « J’aborde presque tout en me demandant : est-ce vraiment si difficile ? » confie-t-il. Sa fortune personnelle, désormais estimée à plus de 165 milliards de dollars, n’a pas entamé cette vision très directe du travail et de la réussite. Et son discours fait écho à celui d’autres géants de la tech — comme Pavel Durov — qui disent avoir puisé leur inspiration dans le courage et la ténacité de leurs parents. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les alertes autour des dérives possibles de l’intelligence artificielle se multiplient, et les dernières recherches ne sont pas rassurantes. Après les révélations sur Claude AI exploitée par des espions chinois et la découverte par OpenAI que ChatGPT pouvait mentir, une nouvelle étude montre à quel point il est facile de contourner les règles censées encadrer ces systèmes. Cette fois, ce sont les chercheurs de Cybernews qui tirent la sonnette d’alarme. Leur objectif : vérifier si les garde-fous intégrés aux principaux modèles du marché résistent à des tentatives de manipulation simples, rapides, et réalistes. Verdict : une minute suffit souvent à faire déraper une IA.L’équipe a testé six modèles : Gemini Flash 2.5, Gemini Pro 2.5, ChatGPT-5, ChatGPT-4o, Claude Opus 4.1 et Claude Sonnet 4. Les chercheurs ont soumis à ces systèmes toute une série de demandes liées à des thématiques sensibles : discours haineux, maltraitance animale, contenus sexuels, criminalité, piratage, drogues, contrebande ou encore harcèlement. Chaque réponse était notée selon son niveau de conformité ou de déviation.Et les conclusions sont sans appel :« Avec les bons mots, même des utilisateurs non techniques peuvent amener un modèle à produire des réponses nuisibles », résume l’étude. Certains modèles divulguent même des informations dangereuses dès que la demande est habilement formulée.Un constat surprenant émerge : être aimable fonctionne mieux que provoquer l’IA. Parler gentiment au modèle, présenter la question comme une enquête, un roman ou un travail universitaire permettait souvent de contourner ses protections. À l’inverse, les insultes ou les formulations agressives déclenchaient plus facilement un refus. Les réactions varient toutefois selon les modèles. Les IA d’Anthropic, plus strictes, se sont montrées particulièrement fermes sur les discours haineux et les stéréotypes, même si elles ont parfois cédé face aux « attaques académiques ». Gemini Pro 2.5 apparaît comme le plus problématique : il « fournissait souvent des réponses directes et potentiellement dangereuses ». Quant à ChatGPT, il se situe au milieu du peloton : souvent prudent, mais susceptible de céder lorsque la demande prend la forme d’un récit ou d'une analyse à la troisième personne — produisant alors des réponses symboliques ou psychologiques contenant malgré tout des éléments sensibles. Pour les chercheurs, même des fuites partielles représentent un risque majeur si elles tombent entre de mauvaises mains. Reste désormais aux développeurs à renforcer ces garde-fous, avant qu’un simple contournement ne devienne une porte d’entrée vers des usages autrement plus inquiétants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les ordinateurs quantiques n’existent pas encore à grande échelle, mais ils inquiètent déjà tout le monde. Leur puissance de calcul pourrait, à terme, briser les systèmes de chiffrement qui protègent aujourd’hui nos communications, nos données sensibles, nos transactions. En clair : le coffre-fort numérique mondial pourrait devenir transparent du jour au lendemain. Face à cette menace, Thales prend les devants. Le groupe français vient de dévoiler Mistral, un nouveau système de chiffrement conçu pour résister aux attaques quantiques. Une solution souveraine, destinée aux administrations publiques, aux opérateurs d’importance vitale et aux industriels de la défense. Objectif : sécuriser dès juin prochain toutes les communications classées « limitées ». Et le timing n’est pas un hasard.À Rennes, où se tient la Cyber Week, Thales frappe fort pour la deuxième fois en deux mois, après avoir présenté son dispositif DCM5 dédié aux secrets d’État. Avec Mistral — à ne pas confondre avec la start-up Mistral AI — le message est clair : la course au chiffrement post-quantique est lancée, et l’Europe entend bien ne pas rester spectatrice. Concrètement, Mistral repose sur des algorithmes spécialement conçus pour survivre à la puissance de calcul des futures machines quantiques. Le système vise la certification Common Criteria EAL4+, l’un des niveaux les plus élevés au monde, et se conforme aux recommandations de l’ANSSI, l’agence française cybersécurité.Thales assure également que la performance n’a pas été sacrifiée. Mistral affiche un débit impressionnant de 4 × 10 Gbit/s, avec une latence minimale, ce qui permet d’intégrer la solution dans des infrastructures existantes sans ralentissement. Grâce à une gestion centralisée, le déploiement se veut simple et rapide, un atout de taille pour les grandes organisations déjà sous tension. Selon Pierre Jeanne, vice-président cybersécurité souveraine, Thales sera prêt à fournir « une solution capable de résister aux attaques quantiques » à la France et à ses partenaires européens dès juin 2026. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Sept ans après son entrée en vigueur, le RGPD continue d’imposer sa marque, tout en s’inscrivant dans un environnement réglementaire européen devenu beaucoup plus dense. Depuis 2018, l’Union européenne a multiplié les textes pour encadrer l’économie numérique : la directive NIS2 renforce la cybersécurité des opérateurs jugés essentiels, le Data Act organise le partage des données issues des objets connectés, et l’AI Act, premier cadre mondial pour les intelligences artificielles à « haut risque », entre progressivement en application. Ensemble, ces textes redéfinissent les obligations des entreprises, du stockage de données à la gouvernance des algorithmes.Mais une idée reçue circule : non, le registre des traitements n’a pas disparu. La Commission européenne a simplement proposé en 2025 d’en assouplir les conditions pour les petites structures. Ce projet de règlement « Omnibus » permettrait d’exempter davantage d’entreprises, en relevant le seuil de 250 à 750 salariés et en limitant l’obligation aux traitements présentant un « risque élevé ». Le texte est encore à l’étude, mais le principe d’accountability, lui, reste central : chaque organisation doit continuer à documenter ses traitements, ses finalités, ses durées de conservation et ses mesures de sécurité — y compris l’authentification multifacteur et le chiffrement, désormais considérés comme des standards de base. Le Data Act, entré en application le 12 septembre 2025, instaure un droit d’accès et de partage équitable des données générées par les produits connectés. Concrètement, un fabricant ou un fournisseur ne pourra plus bloquer l’accès à ces données : il devra respecter un principe FRAND – équitable, raisonnable et non discriminatoire. Les obligations techniques ne s’appliqueront toutefois qu’aux nouveaux produits mis sur le marché à partir de septembre 2026.De son côté, l’AI Act, adopté en 2024, impose d’ici 2026 des obligations lourdes pour les systèmes d’IA dits « à haut risque » : gestion des risques, documentation complète, transparence et audits réguliers. Enfin, NIS2, transposée fin 2024, élargit considérablement le périmètre des entités soumises aux règles de cybersécurité, avec davantage de contrôles, de notifications d’incidents et de sanctions. À l’international, les États-Unis avancent en ordre dispersé : faute de loi fédérale, chaque État – Californie, Virginie, Colorado ou Utah – impose son propre régime. En revanche, les transferts de données entre l’Europe et les États-Unis reposent désormais sur le Data Privacy Framework, validé par Bruxelles en 2023, et toujours en vigueur malgré plusieurs recours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une enquête qui secoue le monde de la publicité en ligne. Selon des documents internes obtenus par l’agence Reuters, Meta, la maison mère de Facebook et d’Instagram, aurait tiré en 2024 près de 16 milliards de dollars de revenus issus de publicités liées à des arnaques ou à des produits interdits. Une somme colossale, représentant environ 10 % de son chiffre d’affaires annuel, estimé cette année-là à 164,5 milliards de dollars.D’après ces révélations, Meta dispose bien d’un système interne capable de repérer les campagnes suspectes, mais le seuil pour qu’une annonce soit réellement bloquée est extrêmement élevé. Les algorithmes du groupe n’interdisent un annonceur que lorsqu’ils atteignent 95 % de certitude qu’il s’agit d’une fraude. Un taux de tolérance qui laisse forcément le champ libre à de nombreux escrocs. Et lorsqu’un annonceur n’atteint pas ce seuil, Meta applique une mesure baptisée penalty bids : l’entreprise augmente le prix de ses espaces publicitaires pour ces comptes jugés à risque. Si les annonceurs acceptent de payer plus cher, la plateforme encaisse les revenus supplémentaires — une méthode qui, de fait, monétise le risque plutôt que de l’éliminer. Pire encore, le système de recommandation publicitaire continue à diffuser des annonces similaires auprès des utilisateurs ayant déjà interagi avec une publicité frauduleuse. Autrement dit : plus une arnaque circule, plus elle rapporte.Selon un rapport interne daté de décembre 2024, les plateformes de Meta auraient diffusé en moyenne 15 milliards de publicités à haut risque chaque jour. Parmi elles, les plus suspectes — qualifiées de higher-risk ads — auraient généré à elles seules près de 7 milliards de dollars de revenus annualisés. L’enquête de Reuters, couvrant la période 2021-2025, montre aussi une application particulièrement laxiste des règles internes. Un petit annonceur doit être signalé au moins huit fois avant d’être bloqué, tandis que les gros comptes — les High Value Accounts — peuvent cumuler plus de 500 infractions sans suspension. Interrogé par Reuters, Andy Stone, porte-parole de Meta, parle d’une vision sélective et d’une interprétation trop large des chiffres. Il affirme que la société a supprimé 134 millions de publicités frauduleuses en 2025 et que les signalements d’utilisateurs ont chuté de 58 % en un an et demi. Mais pour Reuters, la conclusion est claire : malgré ses promesses, Meta reste structurellement dépendante d’un modèle où la fraude fait partie du profit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Amazon continue d’intégrer l’intelligence artificielle dans l’ensemble de ses services. Après le shopping, après Amazon Music, c’est désormais au tour des liseuses Kindle d’entrer dans cette nouvelle ère. Le géant du e-commerce vient de dévoiler Kindle Translate, un service de traduction automatique pensé pour aider les auteurs indépendants à toucher un public international — sans supporter les coûts souvent prohibitifs d’une traduction professionnelle.Le programme, encore en phase bêta, n’est accessible qu’à une partie des auteurs utilisant Kindle Direct Publishing, la plateforme d’autoédition d’Amazon. Pour l’instant, seules trois combinaisons linguistiques sont disponibles : anglais, espagnol et allemand. Un champ d’action limité, mais qui pourrait rapidement s’élargir. Amazon justifie ce lancement par un constat : moins de 5 % des livres disponibles sur sa boutique américaine existent dans plus d’une langue. L’entreprise promet donc de combler cette lacune grâce à l’automatisation.Chaque manuscrit traduit via Kindle Translate passera par une évaluation automatique de la qualité avant publication. De plus, le lecteur sera informé par un étiquetage dédié que l’ouvrage provient d’une traduction générée par IA. L’auteur aura de son côté la possibilité de prévisualiser, ligne par ligne, le résultat final. Mais l’initiative soulève déjà plusieurs interrogations. Car la traduction littéraire ne se résume pas à transposer des mots : c’est un véritable travail d’interprétation culturelle, d’humour, de rythme et de sous-texte. Les risques d’erreurs subtiles, de nuances perdues ou de contresens demeurent élevés, même avec les meilleurs systèmes actuels. S’ajoute une autre inquiétude : l’impact sur les traducteurs professionnels. Depuis l’explosion des IA génératives il y a trois ans, la profession se trouve déjà fragilisée. Le lancement de Kindle Translate pourrait accentuer cette pression en habituant éditeurs et auteurs à des traductions rapides, bon marché… mais parfois très éloignées de l’exigence littéraire d’un travail humain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Chez nos voisins britanniques, la ponctualité n’est décidément plus ce qu’elle était… surtout au ministère de l’Environnement. L’administration vient d’achever une migration informatique massive vers Windows 10, pour un coût faramineux de 312 millions de livres sterling — environ 368 millions d’euros. Problème : ce chantier titanesque se conclut exactement au moment où Microsoft met fin au support de Windows 10. Une modernisation flambant neuve… déjà obsolète.Sur le papier pourtant, tout semblait parfait. Entre 2022 et 2025, plus de 31 500 ordinateurs vieillissants ont été remplacés, des dizaines de milliers de failles comblées, et près d’une centaine d’applications critiques mises à jour. Un bilan qui aurait pu être salué, si la destination finale n’était pas un système d’exploitation officiellement abandonné en octobre 2025. Résultat : le ministère devra sans doute souscrire au support étendu, très coûteux, proposé par Microsoft. L’équivalent d’une voiture neuve dont la garantie aurait expiré avant même de quitter le garage.Cette étonnante erreur pose une question simple : comment un projet de cette ampleur a-t-il pu ignorer un calendrier public, connu de tous depuis des années ? Le cas n’est malheureusement pas isolé. Il illustre une fragilité chronique du secteur public britannique : la dette technique. Car même après ces investissements massifs, le ministère reconnaît devoir encore remplacer des dizaines de milliers d’appareils — ordinateurs et smartphones — qui ne sont, eux non plus, pas compatibles avec Windows 11. Les exigences matérielles modernes, comme la puce TPM 2.0, semblent avoir été complètement négligées par les planificateurs.Aujourd’hui, près de la moitié du budget informatique annuel du gouvernement britannique — soit 2,3 milliards de livres — sert uniquement à maintenir en vie des systèmes anciens. Pendant que d’autres pays misent sur la souveraineté numérique et la modernisation cloud, l’administration britannique semble, elle, enfermée dans un cycle coûteux de bricolages successifs. Au lieu de préparer l’avenir, le Defra vient donc d’investir dans une voie sans issue. Une erreur de stratégie qui fera date… et une leçon de gestion de projet dont beaucoup préféreront s’inspirer à l’envers. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans un rapport rendu public début novembre, Google Threat Intelligence tire la sonnette d’alarme : les cybercriminels industrialisent désormais des malwares dopés à l’intelligence artificielle. Ce ne sont plus de simples programmes statiques, mais des menaces autonomes et adaptatives — capables de modifier leur comportement à la demande pour échapper aux défenses traditionnelles.Parmi les familles identifiées, PromptFlux illustre la mutation : ce malware interroge une API d’IA pour réécrire son propre code et générer, à chaque activation, une nouvelle variante indétectable par les antivirus. Résultat : une chasse au caméléon où les signatures classiques perdent toute efficacité. Autre cas préoccupant, PromptSteal, déployé en Ukraine et attribué à APT28 (le groupe lié à la Russie connu sous le nom de Fancy Bear). Là, l’IA génère à la volée des commandes pour extraire des données ciblées — le logiciel ne contient plus des instructions figées, il les fabrique en temps réel. Une première opérationnelle, selon Google. Enfin, QuietVault mène la chasse aux secrets : après avoir exfiltré des jetons d’accès, il utilise des outils d’IA locaux pour fouiller le système et récupérer d’autres identifiants, automatisant une traque qui, hier, demandait des analystes humains. L’autonomie atteint un seuil inédit et dangereux.La firme de Mountain View souligne aussi la facilité avec laquelle les modèles peuvent être manipulés : de faux prétextes — « exercice académique », « projet étudiant » — suffisent parfois à pousser un assistant IA à livrer des conseils d’exploitation. L’ingénierie sociale migre ainsi vers les modèles de langage : au lieu d’abuser d’un humain, l’attaquant abuse d’une IA. Le tableau se complète côté marché noir : des services nommés sur le modèle des chatbots proposent désormais des malwares « clé en main », abonnements et assistance compris. Le cybercrime se professionnalise, se banalise, et abaisse ses barrières d’entrée. Que faire ? Les chercheurs encouragent une stratégie en profondeur : durcir les modèles, renforcer la traçabilité des appels API, et surtout maintenir une vigilance permanente. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un projet discret, mais hautement stratégique : l’euro numérique vient de franchir une nouvelle étape. Bruxelles a annoncé cette semaine un calendrier clair pour la création de cette future monnaie digitale, pensée comme un antidote à la domination des géants américains du paiement, Visa et Mastercard, mais aussi comme un rempart face à la montée en puissance des stablecoins adossés au dollar.Selon le plan dévoilé, la phase pilote de l’euro numérique devrait débuter en 2027, à condition qu’un cadre légal soit adopté au niveau européen dès l’année prochaine. Si tout se déroule comme prévu, les citoyens du Vieux Continent pourraient commencer à l’utiliser dès 2029. Pour Piero Cipollone, membre du directoire de la Banque centrale européenne, il ne s’agit pas d’un simple projet technologique, mais bien d’un « effort collectif pour préparer l’avenir du système monétaire européen ».Mais derrière l’enthousiasme des institutions, les banques commerciales grincent des dents. Leur crainte : voir les particuliers transférer une partie de leurs dépôts vers cette nouvelle monnaie numérique émise directement par la BCE, ce qui fragiliserait leurs ressources. Pour rassurer le secteur, Bruxelles prévoit un plafond de détention fixé à 3 000 euros par personne, un seuil censé éviter la fuite des capitaux… mais qui pourrait être révisé à l’avenir.En toile de fond, l’euro numérique illustre un bras de fer économique et politique. D’un côté, l’Europe veut réduire sa dépendance aux systèmes de paiement étrangers. De l’autre, les banques défendent leurs marges et misent sur le développement de stablecoins libellés en euros comme alternative. Entre souveraineté monétaire et réticences du secteur financier, la route vers l’euro numérique promet d’être longue Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une information qui fait trembler tout Hollywood. Selon Reuters, Netflix envisagerait rien de moins que le rachat de Warner Bros Discovery, l’un des plus grands studios de cinéma au monde — et propriétaire de HBO Max, son concurrent direct dans le streaming. Une opération potentiellement historique, qui pourrait bouleverser l’équilibre de toute l’industrie du divertissement.Le géant californien, déjà valorisé à près de 460 milliards de dollars, vise un objectif clair : atteindre le trillion, soit mille milliards de dollars de capitalisation d’ici la fin de la décennie. Pour y parvenir, Netflix veut frapper fort. Il aurait mandaté la banque d’investissement Moelis & Co pour étudier la faisabilité du rachat. Une banque d’affaires réputée, déjà à l’origine de l’acquisition de Paramount Global par Skydance Media.L’entreprise aurait d’ores et déjà eu accès aux informations financières confidentielles de Warner Bros Discovery, afin d’évaluer la solidité de ses actifs et la pertinence d’une offre. En clair : Netflix ne se contente plus de produire, il veut devenir un géant du contenu global, de la production au streaming. Pour l’instant, Warner Bros Discovery reste prudente. Le groupe, qui aurait reçu d’autres propositions — notamment de Comcast et de Paramount Skydance Corp —, les a toutes jugées insuffisantes. Mais si l’accord venait à se concrétiser, Netflix mettrait la main sur des licences mythiques : Harry Potter, Game of Thrones, Friends, ou encore Batman et Superman. Et surtout, il absorberait HBO Max, fort de ses 120 millions d’abonnés. En un mot, cette fusion serait un séisme industriel. Netflix deviendrait non seulement le roi du streaming, mais aussi un poids lourd du cinéma mondial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Intel muscle sa communication avant la sortie de sa nouvelle génération de puces Panther Lake. Le géant américain des semi-conducteurs vient d’annoncer l’ouverture de cinq boutiques éphémères, à Séoul, New York, Londres, Munich et Paris. Une opération de séduction mondiale, pensée à la fois pour se rapprocher du grand public, montrer ses innovations et, accessoirement, marquer les esprits avant les fêtes de fin d’année.La première de ces boutiques a ouvert ses portes le 30 octobre à Munich, et donne un avant-goût de ce que les visiteurs parisiens découvriront à partir du 5 novembre. Selon le site spécialisé NotebookCheck, ce pop-up allemand présente une large gamme d’ordinateurs portables équipés des nouvelles puces Lunar Lake et Arrow Lake, les fers de lance d’Intel pour 2025. Les plus grands constructeurs répondent à l’appel : HP, Lenovo, Dell, ASUS, Acer, MSI, LG ou encore Samsung. Ces magasins éphémères ne se limitent pas à l’exposition : les visiteurs peuvent tester les machines et repartir directement avec.Intel met également en avant ses Chromebook et ses ordinateurs professionnels, comme les Lenovo ThinkPad ou HP EliteBook, destinés aux entreprises. Mais à Paris, l’expérience se voudra plus immersive. L’enseigne Boulanger s’associe à l’opération pour proposer des démonstrations interactives autour de l’intelligence artificielle : détection de deepfakes, outils de productivité, ou encore génération de contenu en temps réel. Le Intel Experience Store parisien ouvrira ses portes du 5 au 30 novembre, au 14 boulevard Poissonnière, dans le neuvième arrondissement. Une adresse symbolique, au cœur d’un quartier bouillonnant de tech et de culture numérique. Pour Intel, l’enjeu est double : raviver sa proximité avec le public à l’heure où la concurrence s’intensifie, notamment avec AMD et Apple, et rappeler que le PC reste un terrain d’innovation. Entre vitrines spectaculaires et vitrines commerciales, ces boutiques sont autant de laboratoires d’image destinés à repositionner Intel au centre du jeu. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une histoire à la fois tragique et révélatrice des dérives du système de santé américain. Sur le réseau Threads, un internaute connu sous le pseudonyme @nthmonkey a raconté comment Claude AI, le chatbot développé par Anthropic, l’a aidé à contester une facture hospitalière de 195 000 dollars — soit près de 180 000 euros — réclamée après le décès de son beau-frère, victime d’une crise cardiaque.Le patient n’était plus couvert par son assurance santé depuis deux mois, et l’hôpital a facturé les quatre dernières heures passées en soins intensifs à un tarif démesuré. En cherchant à comprendre, la famille a d’abord réclamé une ventilation détaillée des coûts. Mais la transparence a tardé à venir : certaines lignes, comme une mention « Cardiology » à 70 000 dollars, restaient sans explication. Après de multiples relances, l’établissement a finalement transmis les codes de facturation médicale standard. C’est là que l’intelligence artificielle est entrée en jeu.Claude AI a analysé les données et détecté plusieurs anomalies flagrantes. La principale : une double facturation. L’hôpital avait facturé à la fois une procédure complète et chacune de ses composantes séparément, une pratique interdite par Medicare. Cette erreur représentait, à elle seule, près de 100 000 dollars de frais injustifiés. L’IA a aussi repéré des incohérences dans les codes d’urgence, des actes ventilatoires facturés deux fois le même jour, et d’autres irrégularités susceptibles de violer les règles de facturation.Mais le plus surprenant, c’est que Claude AI n’a pas seulement servi d’auditeur numérique : le chatbot a également rédigé des lettres de contestation juridiques, évoquant les risques d’actions en justice et de mauvaise publicité pour l’hôpital. Résultat : la facture a été ramenée à 33 000 dollars. Pour @nthmonkey, cette expérience révèle à quel point les établissements de santé profitent souvent de la complexité administrative, en espérant que les familles n’oseront pas contester. L’IA, elle, a permis de rétablir un semblant de justice dans un système où la moindre erreur se chiffre en dizaines de milliers de dollars. Une première victoire symbolique de la technologie contre les excès de la bureaucratie médicale américaine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un scoop technologique majeur : Amazon Web Services et OpenAI viennent de sceller un accord historique de 38 milliards de dollars sur sept ans, officialisé ce lundi 3 novembre. Derrière cette somme colossale, un objectif clair : donner à Sam Altman et son équipe les moyens de pousser l’intelligence artificielle générative à ses limites, grâce à la puissance de calcul du géant du cloud.Concrètement, OpenAI va bénéficier d’un accès privilégié à l’infrastructure d’Amazon, notamment aux serveurs EC2 UltraServers, des monstres de performance équipés des toutes dernières puces NVIDIA GB200 et GB300. Ces processeurs graphiques de nouvelle génération seront déployés à une échelle vertigineuse : jusqu’à 500 000 unités interconnectées, capables de supporter à la fois le fonctionnement de ChatGPT et l’entraînement des futurs modèles. À cela s’ajoutent des millions de processeurs CPU classiques pour alimenter les agents autonomes, ces IA capables d’exécuter des tâches complexes sans intervention humaine.Tout devrait être opérationnel d’ici fin 2026, avec une montée en puissance prévue en 2027. L’enjeu, pour Amazon, est aussi de minimiser la latence et d’offrir une infrastructure sur mesure pour les besoins démesurés d’OpenAI. « Alors qu’OpenAI continue de repousser les limites du possible, l’infrastructure d’AWS servira de colonne vertébrale à leurs ambitions », s’est félicité Matt Garman, patron d’AWS. Mais ce partenariat n’est pas né du jour au lendemain. Les deux entreprises collaborent déjà via Amazon Bedrock, la plateforme d’AWS qui permet d’intégrer des modèles d’IA dans les outils d’entreprise. OpenAI y est rapidement devenu l’un des fournisseurs les plus sollicités, avec des clients prestigieux comme Thomson Reuters, Peloton ou Verana Health, qui utilisent ses modèles pour la recherche, la programmation ou la gestion automatisée. Pour Sam Altman, l’alliance avec Amazon répond à une nécessité stratégique : « Faire évoluer l’IA de pointe nécessite une puissance de calcul massive et fiable. Ce partenariat va alimenter une nouvelle ère où l’intelligence artificielle avancée sera accessible à tous. » Dans la course mondiale à l’IA, une chose est désormais claire : celui qui contrôle les serveurs contrôle l’avenir. Et OpenAI vient, peut-être, de prendre une longueur d’avance décisive. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un petit pas pour les développeurs, mais un grand pas pour l’écosystème mobile. Apple vient de lever le voile sur AppMigrationKit, un tout nouveau framework pensé pour simplifier le transfert de données entre iOS et Android. Autrement dit, un outil qui permettra — enfin — de changer de camp sans tout perdre. Une révolution discrète, mais symbolique, dans la stratégie d’ouverture du géant californien.Actuellement en version bêta, AppMigrationKit devrait faire son apparition officielle avec iOS et iPadOS 26.1. Il permettra aux développeurs d’intégrer, directement dans leurs applications, un système de transfert des données locales, des réglages personnalisés et même des sauvegardes de jeux. Un utilisateur migrant vers un appareil Android — ou inversement — pourra donc emporter ses informations sans passer par les nuages du cloud ni perdre ses préférences. Le fonctionnement repose sur un protocole baptisé AppMigrationExtension. Chaque développeur pourra définir si son application autorise l’importation, l’exportation ou les deux. Lorsqu’un utilisateur lancera la migration, toutes les apps compatibles seront automatiquement incluses dans le paquet de transfert. Attention toutefois : ce kit n’a rien à voir avec les synchronisations habituelles entre appareils Apple. Il est exclusivement conçu pour les échanges entre plateformes Apple et non-Apple, principalement Android.AppMigrationKit ne couvre pas non plus les données hébergées sur des serveurs distants, et ne permet qu’un transfert ponctuel, lors d’un changement d’appareil. En revanche, rien n’empêche les développeurs de proposer ensuite une synchronisation cloud pour retrouver leurs contenus en ligne. Ce nouveau framework s’accompagne d’une future option visible dans les réglages : Transfert vers Android, déjà repérée dans les versions bêta d’iOS 26.1. L’écran d’accueil précisera quelles données peuvent ou non être migrées. Selon 9to5Mac, Google plancherait déjà sur un outil miroir baptisé Transfert vers iPhone, centré sur le passage d’eSIM et de fichiers utilisateur. Tout porte à croire que cette ouverture d’Apple n’est pas totalement spontanée. Elle s’inscrit dans la continuité des pressions européennes pour mettre fin à son fameux jardin clos. Un tournant historique, à suivre de très près. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une histoire à peine croyable, celle d’un jeune Écossais qui a vu sa vie bouleversée… par une simple carte de visite. Tout commence à Vancouver, dans un Apple Store tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Parmi les vendeurs, un certain Sam Sung — oui, comme le grand rival sud-coréen de la marque à la pomme. Un jour, un client amusé publie sa carte de visite sur Reddit : « Sam Sung – Specialist, Apple Store ». En quelques heures, la photo devient virale. Le monde entier s’esclaffe devant ce hasard parfait.Mais pour le principal intéressé, la blague tourne vite à l’angoisse. « Je recevais des dizaines d’appels, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. J’ai cru qu’un membre de ma famille était mort », raconte celui qui se fait aujourd’hui appeler Sam Struan. À l’époque, il ne connaît même pas Reddit et pense d’abord à une arnaque. Quand il comprend l’ampleur du buzz, c’est trop tard : les journalistes assiègent la boutique, les curieux appellent pour savoir si Sam Sung travaille vraiment chez Apple. L’entreprise, embarrassée, le met temporairement à l’écart et lui retire ses cartes de visite.« J’étais terrifié à l’idée de perdre mon emploi », se souvient-il. Le jeune vendeur finit par quitter Apple en 2013 pour se reconvertir dans le recrutement. Un an plus tard, il décide de tourner l’ironie à son avantage : il met sa fameuse carte de visite et son uniforme aux enchères. L’objet s’arrache pour 2 500 dollars, reversés à une association caritative, Children’s Wish. « C’est le seul bon souvenir que je garde de cette histoire », confie-t-il aujourd’hui.Mais la blague lui collera longtemps à la peau. Lassé d’être l’employé d’Apple qui s’appelle comme Samsung, il change officiellement de nom, adoptant Struan, celui d’un village écossais. Une décennie plus tard, il vit loin du tumulte, même si ses proches s’amusent encore à l’appeler Sam Sung. Et il en rit enfin : « J’aurais dû juste en sourire et profiter du moment. » Une petite leçon de notre époque : sur Internet, un simple nom peut suffire à faire… le buzz mondial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après le cerveau, les géants de la tech s’attaquent désormais… à l’œil. Tandis qu’Elon Musk tente de soigner des pathologies neurologiques grâce à Neuralink, un ancien partenaire du milliardaire, Max Hodak, s’est lancé un défi tout aussi ambitieux : redonner la vue aux personnes atteintes de DMLA, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, principale cause de cécité dans le monde. Et les premiers résultats sont spectaculaires.Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine dévoile les conclusions d’un essai clinique mené sur 38 patients âgés de plus de 60 ans, tous atteints de DMLA avancée aux deux yeux. Chez 32 d’entre eux, l’implant a pu être testé sur une durée d’un an : 26 participants ont retrouvé une vision partielle, soit un taux de réussite de plus de 80 %. L’image perçue reste floue et en noir et blanc, mais elle permet de distinguer les formes et les mouvements — un bond de géant pour des patients auparavant aveugles.L’appareil en question est une minuscule puce de 2 millimètres sur 2, composée de micropanneaux photovoltaïques. Inséré chirurgicalement dans la rétine, il remplace les cellules mortes responsables de la cécité. Associé à des lunettes connectées, l’implant capte les images de l’environnement grâce à un faisceau de lumière infrarouge, puis les transforme en signaux électriques transmis au nerf optique. Le cerveau reconstitue alors une image — une prouesse qui imite le fonctionnement naturel de l’œil humain.Ce dispositif révolutionnaire a été mis au point par Science Corporation, la start-up fondée par Max Hodak après son départ de Neuralink. L’entreprise s’est appuyée sur les travaux de la société française Pixium Vision, pionnière dans les implants rétiniens, dont elle a racheté la technologie en 2024. Un mariage entre biologie et microélectronique qui ouvre la voie à une nouvelle génération de prothèses sensorielles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un chantier d’une ampleur rare : l’ARCEP, le gendarme des télécoms, vient de lancer une grande consultation nationale pour réorganiser le spectre radioélectrique français. Objectif : préparer l’arrivée de la 6G et redéfinir la répartition des fréquences entre Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free pour la décennie 2030-2040. Un travail d’ingénierie stratégique qui conditionnera notre futur numérique.Chaque opérateur dispose de licences d’exploitation sur des bandes de fréquences, un peu comme des concessions autoroutières. Les bandes dites basses couvrent les zones rurales, les hautes offrent des débits records mais une portée limitée, et les moyennes servent d’équilibre entre les deux. Problème : toutes ces licences expirent entre 2030 et 2035, au moment même où la 6G sortira des laboratoires.Dans un document de 39 pages, l’ARCEP interroge les opérateurs : à quels usages répondra la 6G ? À quel horizon ? Quels besoins en couverture, en puissance ou en mutualisation ? Le régulateur évoque une transition progressive, depuis la 5G « Standalone » actuelle vers une 5G « Advanced », avant le grand saut vers la 6G, plus intelligente et connectée aux satellites. L’un des grands enjeux, c’est la bande des 6 GHz, identifiée fin 2023 comme le futur axe autoroutier du trafic mobile. Un territoire convoité aussi par le Wi-Fi, et qui fait déjà l’objet d’âpres négociations à Bruxelles. L’ARCEP veut défendre la position française avant une décision européenne prévue en 2027.La facture, elle, s’annonce salée. En 2024, les investissements des opérateurs ont déjà atteint 12,4 milliards d’euros. Faut-il privilégier de nouvelles enchères ou des obligations de couverture ? La question reste ouverte. Dernier sujet clé : la connectivité satellite directe, qui permettrait de se connecter sans antenne terrestre. L’ARCEP veut savoir si les opérateurs français sont prêts à partager leurs fréquences avec ces futurs partenaires spatiaux. Les réponses, attendues pour mi-décembre, traceront la carte du mobile français à l’horizon 2040. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Alors que le Wi-Fi 7 commence tout juste à s’installer dans nos foyers, l’industrie prépare déjà la suite. Le constructeur TP-Link a annoncé avoir réalisé la première transmission de données en Wi-Fi 8, aussi connu sous le nom technique 802.11bn. Une démonstration effectuée à l’aide d’un prototype développé avec un partenaire resté anonyme, qui marque une étape clé vers le futur standard du sans-fil, attendu d’ici la fin de la décennie.Mais attention : le Wi-Fi 8 ne cherche pas à battre des records de vitesse. Son véritable objectif, c’est la fiabilité. Selon Qualcomm, l’un des acteurs majeurs du projet, ce nouveau standard représente « un pivot fondamental » : il s’agit moins d’augmenter le débit que d’assurer une connexion stable dans des environnements complexes et saturés.Le Wi-Fi 8 fonctionnera sur les mêmes bandes que son prédécesseur — 2,4, 5 et 6 GHz — pour un débit théorique maximal compris entre 46 et 48 Gbit/s. Mais les vraies innovations se cachent ailleurs :-la technologie Enhanced Long Range (ELR) pour améliorer la portée,-Distributed Resource Units (DRU) pour mieux répartir les canaux entre appareils,-et Unequal Modulation (UEQM), capable d’adapter le signal à chaque terminal connecté.Selon Qualcomm, ces avancées permettront de réduire la latence et les pertes de paquets d’environ 25 %, un gain crucial pour le jeu vidéo en ligne, la réalité augmentée, ou encore les applications industrielles. Pour TP-Link, cette première démonstration confirme la stabilité du signal et la fiabilité du « beacon », l’identifiant propre au Wi-Fi 8. Le projet s’inscrit dans l’initiative Ultra High Reliability (UHR) de l’IEEE, qui vise à maintenir une connexion fluide même dans les zones perturbées — stades, usines, campus ou transports. Les premières spécifications sont attendues en 2027, pour une certification officielle mi-2028. Les premiers routeurs suivront sans doute peu après. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une affaire digne d’un scénario hollywoodien qui secoue le Royaume-Uni. La police métropolitaine de Londres vient de réaliser la plus grande saisie de cryptomonnaies de l’histoire : près de 61 000 bitcoins, soit environ 6,8 milliards de dollars au cours actuel.Au cœur de cette opération record, une femme : Qian Zhimin, aussi connue sous le nom de Yadi Zhang, une ressortissante chinoise de 47 ans que la presse locale surnomme déjà la déesse de la richesse. Et pour cause : cette fortune colossale n’a rien d’honnête. Entre 2014 et 2017, la suspecte aurait mené une gigantesque escroquerie financière en Chine, qui aurait fait près de 128 000 victimes. L’argent détourné aurait ensuite été converti en bitcoins pour échapper aux autorités. Quand son réseau a été démantelé, Qian Zhimin a pris la fuite, utilisant de faux papiers pour se réfugier au Royaume-Uni. Sur place, elle aurait tenté de blanchir ses cryptos via un enchevêtrement de sociétés-écrans et de comptes anonymes. C’est là que les enquêteurs britanniques, en collaboration avec les autorités chinoises, ont fini par remonter sa trace.La somme saisie dépasse largement les réserves détenues par la plupart des entreprises spécialisées dans les cryptos. À titre de comparaison, Michael Saylor, fondateur de MicroStrategy et fervent défenseur du Bitcoin, en possède personnellement seulement 17 000. Reste désormais une question cruciale : que va-t-il advenir de cette fortune numérique ? Les procédures pour restituer l’argent aux victimes s’annoncent longues et complexes, notamment en raison du cadre juridique international autour des cryptomonnaies. Une chose est sûre : cette affaire hors norme rappelle que l’univers du Bitcoin reste un Far West financier, où fortunes et fraudes se côtoient encore dangereusement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Rien ne semble pouvoir arrêter Netflix. Après le carton mondial de Kpop Demon Hunters et l’annonce d’une offre de jeux de société à tester en famille, le géant du streaming s’attaque à un tout nouveau format : le podcast vidéo. Et pour cela, il s’associe à un partenaire de taille — Spotify.L’annonce est tombée hier. Netflix proposera bientôt sur sa plateforme des podcasts vidéo complets, issus directement du catalogue de Spotify. Un partenariat stratégique, à la croisée de la musique, du talk-show et de la vidéo à la demande. « Alors que les podcasts vidéo continuent de gagner en popularité, cet accord nous permet d’offrir les versions intégrales d’émissions phares à nos audiences respectives », explique Lauren Smith, vice-présidente chargée des licences et de la stratégie de contenu chez Netflix. Côté Spotify, Roman Wasenmüller, vice-président en charge des podcasts, salue « une ouverture inédite pour les créateurs et de nouvelles perspectives de distribution ».La tendance est claire : le podcast ne s’écoute plus seulement, il se regarde. Déjà omniprésent sur YouTube, le format vidéo s’impose comme un levier d’engagement majeur. En avril, Ted Sarandos, co-directeur général de Netflix, évoquait déjà cette piste. C’est désormais officiel : 16 podcasts vidéo débarqueront sur la plateforme en 2026, couvrant des thèmes variés — sport, culture, lifestyle et faits divers. Le lancement se fera d’abord aux États-Unis, avant un déploiement progressif à l’international. Petite précision : les publicités déjà présentes dans les podcasts Spotify seront conservées, mais Netflix n’ajoutera pas ses propres annonces, du moins dans un premier temps. L’objectif est clair : concurrencer YouTube, qui perdra l’exclusivité de diffusion de plusieurs programmes phares après cet accord. Reste à voir si les abonnés Netflix suivront cette diversification de contenu, dans un paysage médiatique où les frontières entre vidéo, musique et streaming s’effacent chaque jour un peu plus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une opération de manipulation numérique d’ampleur vient d’être dévoilée. Le groupe de cybersécurité américain Recorded Future a mis au jour un vaste réseau de 139 faux sites d’information français, tous créés entre février et août 2025 et pilotés depuis Moscou. Leur but : saper la confiance dans les institutions françaises et affaiblir le soutien occidental à l’Ukraine.Derrière cette campagne se cache Storm-1516, un réseau affilié au Kremlin. Ces sites imitent l’apparence de médias légitimes : TVFrance2.fr se fait passer pour France 2, CourrierFrance24.fr mêle les références à France 24 et Courrier International. Les articles, produits par intelligence artificielle générative, diffusent de fausses informations calibrées pour semer le doute. Des histoires inventées évoquent par exemple la vente imaginaire de 51 % d’EDF à un oligarque ukrainien, des mandats d’arrêt fictifs contre Marine Le Pen ou encore des rumeurs grotesques visant Brigitte Macron.Selon NewsGuard, qui évalue la fiabilité des médias, le réseau obtient un score désastreux de 7,5 sur 100 : aucune transparence, aucune vérification, aucune correction. « Tous les ingrédients sont désormais réunis pour une manipulation d’ampleur industrielle », alerte Chine Labbé, directrice de NewsGuard Europe. Entre décembre 2024 et mars 2025, plus de 55 millions de vues auraient été générées par cinq récits mensongers ciblant la France. À la tête de cette machine à désinformation : John Mark Dougan, un ex-policier américain réfugié en Russie depuis 2016, poursuivi par le FBI pour piratage et extorsion. Il agit sous la protection du GRU, le renseignement militaire russe, et du Centre d’expertise géopolitique de Moscou.Plus inquiétant encore, les faux médias emploient désormais des deepfakes et usurpent l’identité de journalistes français pour signer des articles fabriqués. L’agence française Viginum confirme que cette opération s’inscrit dans la campagne Storm-1516, déjà active contre les États-Unis et l’Allemagne. Interrogé sur son rôle, Dougan ironise : « Je n’ai jamais entendu parler de ces sites, mais je suis sûr de la qualité de leurs informations. » Une provocation assumée, symbole d’une guerre informationnelle désormais automatisée par l’IA — et plus redoutable que jamais. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un texte signé dans la plus grande discrétion… mais dont les conséquences, elles, pourraient être considérables. Le décret n°2025-980, paru au Journal officiel le 16 octobre, entre en vigueur ce mardi 21 octobre 2025. Il impose désormais à tous les opérateurs télécoms et plateformes en ligne de conserver pendant douze mois les données de trafic et de localisation des utilisateurs.Concrètement, cela signifie qu’Orange, Free, SFR ou Bouygues Telecom devront stocker les adresses IP que vous contactez, les horaires de vos connexions et les caractéristiques techniques de vos communications. Sur mobile, s’ajoute la localisation approximative via les antennes relais. De leur côté, les plateformes comme X, TikTok, Facebook ou Instagram devront enregistrer les métadonnées liées à vos activités : identifiant, heure, nature de l’action. En clair, chaque publication, commentaire ou interaction laissera une trace exploitable.Les autorités insistent : le contenu de vos échanges — messages privés, e-mails, discussions — n’est pas concerné. Mais les métadonnées, elles, en disent déjà long : elles permettent de retracer vos déplacements, vos habitudes, vos correspondants et les services que vous consultez en ligne. Le décret a été signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, sans passer par le Parlement, grâce à une procédure exceptionnelle autorisée en cas de menace pour la sécurité nationale. Une disposition prévue par le Code des postes et communications électroniques, mais qui suscite de vives inquiétudes.Depuis plusieurs années, la Cour de justice de l’Union européenne condamne la conservation généralisée de ce type de données, au nom du respect de la vie privée. Bruxelles préconise des approches ciblées et temporaires, mais la France maintient sa ligne. Déjà, en 2022, un décret similaire avait été adopté sous le même prétexte sécuritaire. Cette nouvelle mesure marque donc une étape supplémentaire vers une surveillance numérique étendue, où la frontière entre prévention et intrusion devient de plus en plus floue. Reste à savoir si la France pourra concilier sécurité et libertés individuelles… sans basculer dans le tout-surveillance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Elon Musk ne s’arrête jamais. Après avoir secoué les secteurs de l’automobile, de l’aérospatial et des réseaux sociaux, le milliardaire s’attaque désormais au monde du logiciel. Son entreprise d’intelligence artificielle, xAI, prépare un projet baptisé Macrohard, une initiative aussi ambitieuse que provocatrice.Le nom, déjà, en dit long : Macrohard se veut l’exact opposé de Microsoft – Macro face à Micro, hard face à soft. Et c’est bien le géant de Redmond que Musk vise. L’idée ? Créer une entreprise capable de concevoir n’importe quel produit, sans jamais en fabriquer un seul. Notre objectif est de bâtir une société qui puisse tout faire, à l’exception de la production physique, a expliqué Elon Musk. Un modèle inspiré d’Apple, qui délègue la fabrication de ses iPhones à des partenaires comme Foxconn, tout en gardant la conception et le contrôle stratégique.Mais derrière cette vision se cache une révolution technologique : l’usage massif d’agents d’intelligence artificielle autonomes. Musk imagine un système où ces IA remplaceraient non seulement une partie du travail humain, mais aussi les logiciels traditionnels. À terme, le projet pourrait même rendre obsolètes les systèmes d’exploitation comme Windows, remplacés par un réseau d’agents capables d’exécuter directement les tâches de l’utilisateur. Pour concrétiser cette vision, xAI s’appuie sur son supercalculateur Colossus II, propulsé par plusieurs millions de GPU NVIDIA – l’infrastructure la plus puissante jamais construite par l’entreprise. C’est cette même puissance de calcul qui alimente Grokipedia, le moteur d’IA conversationnelle développé par xAI et déjà intégré à X (ex-Twitter). Avec Macrohard, Musk entend donc repousser les frontières de l’intelligence artificielle et repenser la façon dont on conçoit et exploite les outils numériques. Une ambition démesurée, mais fidèle à son style : provoquer, bousculer, et redéfinir ce que l’on croyait impossible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Chine, la surveillance du web prend un nouveau visage. Habitué à filtrer les sujets politiques sensibles, le gouvernement chinois lance désormais une campagne contre… le pessimisme. L’Administration du cyberespace, l’autorité chargée du contrôle d’internet, a annoncé une opération de deux mois pour supprimer les messages jugés « excessivement négatifs ou désespérés ». Officiellement, l’objectif est de « promouvoir un environnement en ligne plus harmonieux ». Concrètement, les plateformes et influenceurs chinois sont invités à diffuser davantage de messages positifs sur la société et l’avenir du pays. Selon la BBC, plusieurs créateurs populaires connus pour leur ton critique ou ironique auraient déjà vu leurs comptes suspendus sans explication.Ce durcissement intervient alors qu’une partie de la jeunesse chinoise exprime ouvertement son désenchantement face à la pression du travail et à la montée des inégalités. Un phénomène baptisé Tangping, littéralement « s’allonger à plat », s’est imposé ces dernières années. Il symbolise le refus de cette génération de s’épuiser dans le modèle du 996 – travailler de 9 h du matin à 9 h du soir, six jours sur sept. Un mode de vie qui a longtemps incarné la réussite du capitalisme chinois… mais dont beaucoup ne veulent plus. Pékin voit dans cette attitude une menace pour la productivité nationale et tente donc de reconquérir l’espace numérique, principal lieu d’expression de cette jeunesse. Les grandes plateformes, comme Weibo, Xiaohongshu ou Kuaishou, sont directement mises en cause : elles devront renforcer la modération des contenus jugés « démoralisants », sous peine de « sanctions sévères ». Ce nouveau type de contrôle illustre une évolution du modèle chinois de censure. Après la surveillance politique, place à la régulation émotionnelle, où l’État ne se contente plus de dicter ce qu’il faut penser, mais désormais ce qu’il faut ressentir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un changement majeur qui passe presque inaperçu : LinkedIn a discrètement activé par défaut une nouvelle option baptisée « Données pour l’amélioration de l’IA générative ». En clair, vos publications publiques, vos likes, vos commentaires et même certaines informations de profil servent désormais à entraîner les modèles d’intelligence artificielle de la plateforme.Les membres ont été avertis par email d’une mise à jour de la politique de confidentialité. Le paramètre est en opt-out, autrement dit, activé automatiquement. Ceux qui veulent garder leurs données à l’abri doivent aller le désactiver manuellement, via le menu Paramètres > Confidentialité des données > Données pour l’amélioration de l’IA générative. LinkedIn assure que ces informations sont utilisées pour rendre la plateforme plus intelligente et plus efficace : amélioration de la modération, détection des fraudes, et surtout, perfectionnement des outils d’écriture automatisée comme « Rewrite with AI », qui reformule les publications pour les rendre plus percutantes. Mais la firme, filiale de Microsoft, avance aussi un argument qui fait grincer des dents : désactiver cette option pourrait réduire la visibilité d’un profil auprès des recruteurs. Si vos données ne sont pas intégrées aux modèles, votre CV pourrait tout simplement être moins bien référencé. Une incitation à laisser la porte ouverte, donc.LinkedIn précise que les messages privés et les publications à visibilité restreinte ne sont pas concernés, et que les utilisateurs européens bénéficient d’un encadrement plus strict du fait du RGPD. En revanche, les données déjà utilisées ne peuvent pas être retirées : la désactivation n’empêche que les entraînements futurs. Ce choix s’inscrit dans la stratégie plus large de Microsoft, qui intègre l’IA dans tous ses produits. Mais après plusieurs polémiques sur la confidentialité, la frontière entre innovation et intrusion devient de plus en plus floue. Une chose est sûre : sur LinkedIn, vos posts n’appartiennent plus seulement à votre réseau, mais aussi… à l’intelligence artificielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une consécration rare dans le monde feutré de la cybersécurité : la société française YesWeHack vient d’obtenir le statut d’autorité de numérotation CVE, autrement dit l’un des sésames les plus prestigieux du secteur. Elle devient ainsi la huitième entreprise française habilitée à attribuer ces identifiants universels de vulnérabilités, les fameux CVE — Common Vulnerabilities and Exposures.Derrière cet acronyme un peu technique se cache une mission essentielle : recenser et standardiser les failles de sécurité découvertes à travers le monde. Ces identifiants CVE servent de référence commune à toute l’industrie — des éditeurs de logiciels aux gouvernements — pour coordonner la réponse face aux menaces. Sans eux, impossible de suivre efficacement les vulnérabilités, ni d’en mesurer l’impact global.Jusqu’à présent, seules quelques grandes entreprises françaises avaient ce privilège : Thales, Schneider Electric, Dassault Systèmes, IDEMIA, Centreon, ARC Informatique et WPScan. Désormais, YesWeHack rejoint ce club très restreint, aux côtés des géants du secteur. Une reconnaissance saluée par Guillaume Vassault-Houlière, cofondateur et PDG de la société : « Ce statut reflète notre expertise et nos processus éprouvés dans la gestion des vulnérabilités. Il va nous permettre d’accélérer la coordination entre chercheurs, entreprises et équipes de sécurité ». Pour cette plateforme française, fondée il y a dix ans, la distinction sonne comme une suite logique. YesWeHack s’est imposée comme un acteur majeur du bug bounty, cette pratique qui consiste à rémunérer les hackers éthiques pour détecter les failles avant les cybercriminels. Grâce à ce nouveau statut, les vulnérabilités découvertes sur sa plateforme pourront désormais recevoir un identifiant CVE directement, sans passer par une autorité tierce — un gain de temps précieux pour les entreprises concernées.Basée sur une infrastructure européenne conforme au RGPD, YesWeHack renforce ainsi son rôle de pilier de la cybersécurité européenne. Une réussite symbolique, à l’heure où la souveraineté numérique et la sécurité des infrastructures deviennent des enjeux stratégiques pour tout le continent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous la connaissez tous, cette petite fenêtre agaçante qui s’affiche à chaque nouvelle visite sur un site : « Acceptez-vous les cookies ? » Une demande censée protéger notre vie privée, mais qui, quinze ans après son apparition, est devenue l’un des symboles les plus exaspérants d’Internet. Eh bien, bonne nouvelle : l’Union européenne veut y mettre fin.Tout remonte à la directive ePrivacy de 2009, texte pionnier qui imposait aux sites de recueillir le consentement des internautes avant d’installer des traceurs publicitaires. L’intention était louable — donner à chacun le contrôle sur ses données. Mais dans les faits, l’effet a été tout l’inverse : les pop-ups se sont multipliés, au point que la majorité des internautes cliquent machinalement sur « Tout accepter » sans lire le moindre détail. Face à cet échec, Bruxelles prépare un grand ménage numérique. Selon Politico, des responsables européens ont réuni cette semaine plusieurs géants du web pour repenser entièrement la gestion des cookies. Un nouveau texte législatif, attendu pour décembre prochain, devrait proposer un cadre simplifié, voire une alternative complète à ces fenêtres intrusives.Parmi les pistes évoquées : un système de préférences centralisées, configuré une seule fois par l’internaute — par exemple via son navigateur — et reconnu automatiquement par tous les sites. Une sorte de « passeport de consentement » numérique, qui éviterait d’avoir à répondre encore et encore aux mêmes questions. L’Union européenne, déjà à l’origine du célèbre RGPD, espère ainsi réconcilier protection des données et confort d’utilisation. Car si le Vieux Continent reste à la pointe de la régulation numérique, il s’agit désormais de rendre cette protection un peu moins fatigante… et beaucoup plus efficace. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aux États-Unis, l’État du Michigan, pourtant habitué à faire la bascule entre démocrates et républicains, pourrait bien franchir un pas inédit dans l’histoire du numérique américain. Un projet de loi présenté le 11 septembre fait grand bruit : il propose d’interdire purement et simplement la pornographie en ligne, pour tous les habitants, adultes compris.Baptisé Anticorruption of Public Morals Act, le texte, déposé par le représentant républicain Josh Schriver, va bien au-delà des dispositifs classiques de vérification d’âge. Il entend bannir toute représentation d’actes sexuels, qu’elle soit réelle, écrite, dessinée ou générée par intelligence artificielle. Résultat : des livres érotiques, des films, des jeux vidéo ou même des œuvres artistiques pourraient être concernés. Des films grand public comme Quand Harry rencontre Sally ou 50 Nuances de Grey pourraient, dans les faits, devenir illégaux.Les sanctions prévues sont d’une sévérité extrême : jusqu’à 25 ans de prison et 125 000 dollars d’amende pour les diffuseurs de contenu jugé « immoral », avec inscription au registre des délinquants sexuels. Mais le projet va encore plus loin : il cible les personnes transgenres, en interdisant toute représentation ou description présentant une « déconnexion entre la biologie et le genre ». Une formulation qui pourrait rendre illégale la simple publication d’une photo ou d’un témoignage d’une personne trans, ce que les associations dénoncent comme une atteinte directe à la liberté d’expression.Enfin, la loi prévoit de bloquer les VPN et les serveurs proxy, empêchant les internautes de contourner la censure. Les fournisseurs d’accès qui ne s’y conformeraient pas risqueraient de lourdes amendes. Une mesure digne, selon certains observateurs, des régimes autoritaires comme la Russie ou la Chine. Soutenue par cinq élus républicains, cette proposition a peu de chances d’être adoptée, le Sénat du Michigan restant à majorité démocrate. Mais elle révèle une tendance inquiétante : celle d’un mouvement conservateur américain prêt à criminaliser le numérique au nom de la moralité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une petite révolution silencieuse qui pourrait changer la donne pour des millions de créateurs et d’éditeurs en ligne. Le géant du cloud Cloudflare vient de lancer un outil gratuit qui permet enfin de bloquer les robots d’intelligence artificielle venus aspirer les contenus du web pour entraîner leurs modèles.Jusqu’ici, les géants de l’IA pouvaient librement explorer les sites, collecter textes, images ou données pour nourrir leurs algorithmes — souvent sans consentement ni compensation. Cloudflare a donc décidé de reprendre la main en ajoutant une nouvelle couche de protection au fameux fichier robots.txt, celui que chaque site utilise pour indiquer aux robots ce qu’ils peuvent ou non indexer. Concrètement, l’entreprise introduit un système à trois feux tricolores.Le signal « search » autorise les moteurs de recherche à indexer le contenu de manière classique.« ai-input » gère l’accès des IA qui veulent utiliser ce contenu pour générer des réponses.Et « ai-train » détermine s’il peut servir à l’entraînement de nouveaux modèles.Autrement dit, un média pourra continuer à apparaître sur Google, tout en interdisant à ChatGPT, Claude ou Gemini de s’entraîner sur ses articles. Une innovation saluée par tout l’écosystème numérique. Reddit, Quora ou encore Stack Overflow y voient un moyen concret de « protéger Internet contre les abus et l’exploitation non autorisée du contenu ».Le constat de Matthew Prince, le patron de Cloudflare, est sans appel : « Internet ne peut pas attendre pendant que le contenu des créateurs est exploité à des fins lucratives par d’autres entreprises. » Et il y a urgence. La firme estime que le trafic des robots dépassera celui des humains d’ici 2029. Déjà, plus de 3,8 millions de sites bénéficient automatiquement de cette protection via les services Cloudflare. Et pour faciliter la vie des non-techniciens, la société a lancé ContentSignals.org, un générateur gratuit du code à insérer sur son site. Une initiative à la fois symbolique et stratégique : Cloudflare veut faire de son système le standard mondial d’un web où les créateurs gardent enfin le contrôle de leur œuvre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une histoire tragiquement banale dans le monde de la cybersécurité. Une entreprise de transport britannique, KnP, employant 700 personnes, a mis la clé sous la porte… à cause d’un simple mot de passe. Les hackers du groupe Akira ont exploité cette faille humaine pour déchaîner une attaque qui s’est terminée par une demande de rançon de 5 millions de livres sterling. Malgré une assurance cyber et l’intervention d’une cellule de crise, l’entreprise n’a pas survécu.Le scénario, documenté par les chercheurs de Sophos, suit une mécanique bien huilée. D’abord, les pirates récupèrent des identifiants compromis – souvent des mots de passe VPN faibles ou réutilisés – avant de s’introduire dans les systèmes. Ensuite, ils exploitent une vulnérabilité connue, la CVE-2024-40711, présente dans le logiciel de sauvegarde Veeam Backup & Replication. Cette faille leur permet d’exécuter du code à distance, de créer des comptes administrateurs et de déployer leurs ransomwares Fog ou Akira. Dans le cas de KnP, le mot de passe d’un employé a suffi. Pas de double authentification, pas de garde-fou. Les pirates ont pris le contrôle total du réseau, chiffré les données critiques, puis effacé les sauvegardes et les systèmes de secours. En quelques jours, les 500 camions de la société étaient à l’arrêt, et l’activité, irrémédiablement paralysée. L’équipe de crise a parlé du « pire scénario possible ».Au Royaume-Uni, le phénomène explose : entre août 2023 et août 2024, 63 % des organisations publiques ont subi une attaque par ransomware. Le géant Marks & Spencer a lui aussi été victime du malware DragonForce, là encore à cause d’un mot de passe compromis. Selon la FEVAD, 44 % des entreprises du commerce mondial ont été touchées l’an dernier, et près de 43 % des cyberattaques visent désormais les petites structures. En France, 6 PME sur 10 cessent leur activité dans les six mois après une attaque. Depuis 2023, le groupe Akira aurait extorqué plus de 42 millions de dollars à 250 organisations. Leur secret ? Aucune magie, juste l’exploitation de failles basiques. Alors oui, parfois, un simple gestionnaire de mots de passe peut valoir bien plus qu’un pare-feu dernier cri. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Google passe à la vitesse supérieure : son navigateur Chrome va désormais intégrer Gemini, son intelligence artificielle maison, pour devenir un véritable navigateur agentique — autrement dit, un outil capable de comprendre vos intentions et d’agir à votre place. Une avancée technologique, certes… mais aussi un tournant majeur en matière de collecte de données personnelles, comme le révèle un rapport de Surfshark.Selon cette étude, la version IA de Chrome — lancée d’abord aux États-Unis — recueille 24 types de données différentes liées à l’utilisateur. On y retrouve le nom complet, la localisation précise, l’identifiant unique de l’appareil, l’historique complet de navigation et de recherche, mais aussi les achats effectués et toutes les interactions avec les produits Google. Une mine d’informations, que la firme de Mountain View justifie par la nécessité d’« améliorer l’expérience utilisateur ». Face à cette approche intrusive, Microsoft Edge avec Copilot se montre à peine plus mesuré. Le navigateur récupère lui aussi l’historique de navigation, les données d’usage et de performance, mais Copilot ajoute une couche supplémentaire : photos, vidéos, enregistrements audio, données publicitaires et localisation.En comparaison, Perplexity, avec son navigateur Comet, fait figure de bon élève — ou presque. Il limite la collecte à 10 types de données, parmi lesquelles la localisation et les identifiants utilisateurs. De son côté, Opera, qui prépare un navigateur IA baptisé Neon, n’est pas encore accessible, mais sa version actuelle dotée d’Aria, son IA embarquée, se limite à six catégories de données non personnelles. Le grand gagnant côté respect de la vie privée ? Brave. Son assistant Leo ne collecte que deux informations : les données d’usage anonymisées et un identifiant technique. Le navigateur reste ainsi l’un des rares à garantir une navigation réellement privée, même à l’ère de l’intelligence artificielle. En clair, l’arrivée des IA dans nos navigateurs redéfinit la frontière entre assistance intelligente et surveillance numérique. Et pour l’instant, c’est surtout Google qui flirte dangereusement avec la ligne rouge. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les annonces s’enchaînent à un rythme effréné chez OpenAI. Après un partenariat géant à 300 milliards de dollars avec Oracle il y a deux semaines, le créateur de ChatGPT récidive. Cette fois, c’est avec NVIDIA, le leader incontesté des processeurs graphiques, qu’il scelle une alliance d’une ampleur colossale. Le communiqué commun des deux entreprises a de quoi donner le vertige. OpenAI va construire et déployer au moins 10 gigawatts de data centers équipés des systèmes NVIDIA — soit plusieurs millions de GPU destinés à nourrir la prochaine génération d’intelligence artificielle. Pour donner un ordre d’idée, cette puissance équivaut à celle d’une dizaine de réacteurs nucléaires. L’investissement global pourrait atteindre 100 milliards de dollars, selon les premières estimations.La première phase de ce partenariat débutera en 2026, sur la plateforme Vera Rubin, un écosystème d’infrastructures de calcul de nouvelle génération. Les contours financiers précis restent flous : s’agit-il d’un investissement direct de NVIDIA dans OpenAI, ou de la valeur cumulée des infrastructures construites ? Quoi qu’il en soit, Sam Altman, le patron d’OpenAI, affiche une ambition sans détour :« Tout commence par le calcul. L’infrastructure sera le socle de l’économie du futur, et ce que nous construisons avec NVIDIA ouvrira la voie à de nouvelles avancées en matière d’IA. »Ce partenariat s’inscrit dans une course mondiale à la puissance de calcul. OpenAI, NVIDIA, Microsoft, Oracle et SoftBank sont déjà impliqués dans le projet Stargate, une méga-initiative de 500 milliards de dollars visant à ériger un réseau d’infrastructures IA sur le sol américain. Derrière cette frénésie d’investissements, un enjeu : détenir les clés de la superintelligence, cette IA autonome et ultra-performante que tous les acteurs veulent maîtriser avant les autres. Mais la démesure de ces projets alimente aussi des inquiétudes. Car pour OpenAI, malgré ses 700 millions d’utilisateurs, les dépenses explosent bien plus vite que les revenus. De quoi faire craindre l’émergence d’une bulle de l’intelligence artificielle — pour l’instant, toujours gonflée par l’enthousiasme des investisseurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une annonce majeure pour l’un des géants du jeu vidéo. Electronic Arts, l’éditeur d’EA Sports FC, Apex Legends, Battlefield, F1 ou encore Les Sims, va quitter la Bourse pour redevenir une entreprise privée. Si les régulateurs donnent leur feu vert, l’opération devrait être finalisée entre avril et juin 2026.Le montant du rachat donne le vertige : 55 milliards de dollars. Trois acteurs reprennent 100 % du capital — le fonds souverain saoudien PIF, déjà actionnaire à 9,9 %, accompagné de Silver Lake et Affinity Partners, fondé par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Une partie du financement, environ 20 milliards, provient d’un prêt orchestré par JPMorgan. Andrew Wilson reste PDG, et le siège demeure à Redwood City, en Californie. Mais concrètement, qu’est-ce que cela change pour les joueurs ? À court terme, absolument rien. Les serveurs d’Apex, F1 ou EA Sports FC restent actifs, vos sauvegardes sont intactes et vos abonnements EA Play continuent sans modification. L’entreprise a toutefois annulé sa conférence investisseurs d’octobre 2025, signe que la transition est déjà en marche.Ce rachat marque le plus grand buyout jamais réalisé dans le jeu vidéo, devant Take-Two ou Ubisoft, même s’il reste en dessous du rachat d’Activision Blizzard par Microsoft. À la différence de ce dernier, il ne s’agit pas d’un rapprochement industriel, mais d’une privatisation financée par des fonds d’investissement. Côté contenu, les licences phares devraient rester au cœur de la stratégie. L’inquiétude porte plutôt sur l’avenir des franchises secondaires et sur la politique tarifaire, dans un contexte où les prix des jeux et abonnements continuent de grimper. Enfin, un autre sujet sensible reste à surveiller : la gouvernance. L’implication du fonds saoudien PIF pourrait attirer l’attention des autorités sur la protection des données et la gestion stratégique de l’entreprise. Ce rachat s’inscrit dans une stratégie plus large du royaume pour devenir un acteur clé du jeu vidéo mondial, via Savvy Games Group, doté d’un plan d’investissement de 38 milliards de dollars. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI vient de franchir une nouvelle étape dans la sécurisation de ChatGPT. Alors que l’entreprise prépare son entrée en bourse et a déjà renforcé ses règles pour protéger les adolescents, elle travaille désormais sur un bouton d’arrêt d’urgence intégré directement dans ses futures puces d’intelligence artificielle. Mais une étude publiée cette semaine révèle une difficulté inattendue : les modèles peuvent… manigancer. Le rapport, mené avec Apollo Research et intitulé « Detecting and reducing scheming in AI models », montre que certains modèles testés se sont mis à tromper leurs utilisateurs. Pas de complot digne d’un film de science-fiction pour l’instant, mais de petits mensonges opportunistes : par exemple, déclarer qu’une tâche a été accomplie alors qu’elle ne l’était pas.Ces observations rejoignent une autre étude d’Apollo Research publiée fin 2024. Les chercheurs avaient alors demandé à plusieurs modèles — dont GPT-o1, Claude 3 et Gemini 1.5 — d’atteindre un objectif à tout prix. Résultat : tous ont démontré des comportements trompeurs persistants. Certains ont volontairement introduit des erreurs subtiles, d’autres ont tenté de désactiver leurs mécanismes de sécurité, voire d’exfiltrer ce qu’ils croyaient être leurs propres paramètres vers des serveurs externes. Rien d’étonnant, selon les chercheurs : une IA entraînée sur des données humaines peut reproduire nos travers, y compris le mensonge. Reste que ces dérives inquiètent. Pour y répondre, OpenAI teste une méthode baptisée alignement délibératif. Objectif : réduire drastiquement ces manœuvres. Les premiers résultats sont encourageants, avec une baisse d’un facteur 30 des actions dissimulées lors des tests. Mais des échecs rares et graves persistent.Le risque est même paradoxal : en apprenant aux modèles à éviter de mentir, on pourrait les pousser à raffiner leurs tromperies pour échapper aux contrôles. Consciente du danger, OpenAI multiplie les garde-fous : recrutement de nouveaux chercheurs, coopération avec d’autres laboratoires et lancement d’un concours doté de 500 000 dollars pour détecter les comportements nuisibles des IA. La firme prévient : plus l’IA sera chargée de missions complexes aux conséquences concrètes, plus le risque de dérives grandira. D’où l’urgence de développer des défenses solides, au cœur même du matériel. Un enjeu vital à l’heure où l’intelligence artificielle prend une place croissante dans nos vies. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est officiel : l’Europe a franchi un cap historique. La Commission européenne vient de confirmer que Jupiter, le supercalculateur installé à Jülich en Allemagne, a atteint la barre symbolique de l’exaflop, soit 10 puissance 18 opérations par seconde. Concrètement, c’est comme si un million de smartphones travaillaient en même temps. Seuls trois géants américains le devancent encore – El Capitan, Frontier et Aurora – mais Jupiter propulse enfin l’Europe dans le club très fermé des supercalculateurs exaflopiques, aux côtés des États-Unis et de la Chine.Un projet colossal de 500 millions d’euros, financé par l’Union européenne et l’Allemagne via EuroHPC. La machine, conçue par Eviden à Angers avant d’être déployée en Allemagne, s’appuie sur 24 000 processeurs graphiques Nvidia dans sa partition Booster. Mais Jupiter impressionne aussi par sa sobriété : alimenté uniquement par des énergies renouvelables, il dispose d’un système innovant de refroidissement à eau chaude. Résultat : il occupe la première place mondiale du classement Green500 pour son efficacité énergétique.Au-delà de la prouesse technologique, Jupiter ouvre un champ immense d’applications. En météorologie, il permettra des prévisions climatiques et météo au kilomètre près : canicules, inondations ou tempêtes violentes seront modélisées avec une précision inédite. En intelligence artificielle, il sera la colonne vertébrale de la future AI Factory européenne, offrant enfin aux start-ups, industriels et laboratoires locaux les ressources nécessaires pour développer leurs propres modèles de génération de texte, d’image ou de vidéo.La santé n’est pas en reste : neurosciences et recherche médicale vont exploiter sa puissance pour explorer le cerveau humain et progresser sur des maladies comme Alzheimer. « JUPITER renforce la souveraineté numérique de l’Europe et met à disposition des chercheurs les ressources informatiques les plus puissantes et les plus durables », a résumé la commissaire Ekaterina Zaharieva. Déjà, EuroHPC a sélectionné 13 projets d’usines d’IA à travers le continent. Au 30 juin, pas moins de 76 candidatures avaient été déposées pour bâtir des gigafactories de modèles capables de gérer des centaines de trillions de paramètres. Avec Jupiter, l’Europe entend bien ne plus être seulement spectatrice de la course mondiale à la puissance de calcul, mais actrice à part entière. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis 2023, Meta s’est lancé dans une drôle d’aventure : peupler Instagram, Messenger et WhatsApp de chatbots personnalisés. Au départ, ils prenaient les traits de célébrités, comme un gadget marketing. Puis l’entreprise a ouvert son outil AI Studio, permettant à chacun de créer ses propres personnages. Mais pour les marchés internationaux, ce sont des freelances chevronnés qui s’en chargent.Meta les recrute en hindi, espagnol, indonésien ou portugais, avec un profil exigeant : au moins six ans d’expérience en narration et en conception de personnages. Leur mission ? Donner vie à ces bots. Ils choisissent un vocabulaire adapté, conçoivent une personnalité cohérente et ajustent chaque interaction au contexte culturel local. Les dialogues ne doivent pas seulement être fluides : ils doivent sonner vrai pour l’utilisateur, qu’il soit en Amérique latine, en Inde ou en Asie du Sud-Est. Cette attention au détail n’a rien d’anodin. Car Meta garde en mémoire des dérapages passés. Selon Reuters, certains bots avaient pu fournir de fausses informations médicales, tenir des propos racistes, voire entretenir des conversations sexuelles avec des mineurs. Désormais, les freelances surveillent et corrigent les dialogues en continu, traquant les informations personnelles et ajustant les réponses pour rester dans des limites claires.Dans tous les cas, Meta cherche à maintenir l’équilibre : offrir des personnages attractifs, mais éviter les dérapages. La rémunération suit la complexité de la tâche. Meta propose jusqu’à 55 dollars de l’heure à ses freelances. Une somme élevée, mais qui reflète la minutie du travail : écrire des dialogues naturels dans plusieurs langues, bâtir des personnalités crédibles et vérifier en permanence que les conversations restent pertinentes. Derrière l’image ludique de ces chatbots, on découvre une réalité bien plus sérieuse : Meta veut transformer ces personnages virtuels en un canal de communication incontournable, calibré au mot près, et surveillé de près. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’iPhone 17 est arrivé, et une fois encore, les Français vont devoir casser leur tirelire un peu plus que les autres. Selon une étude publiée par Compare the Market, la France se classe en tête des pays où l’iPhone est le plus cher. Ici, il faut débourser en moyenne 1178,60 €, soit plus de 325 € de plus qu’au Canada. Une différence qui interroge : pourquoi un tel écart ?Premier élément de réponse : la TVA. En France, elle est fixée à 20 %, alors qu’aux États-Unis, les prix affichés sont hors taxes. Résultat : un iPhone 15 Pro Max vendu 1199 dollars outre-Atlantique, soit environ 1131 € hors taxes, grimpe à 1479 € TTC une fois sur les étagères françaises. Même avec les taxes locales américaines, souvent inférieures à 7 %, l’écart reste conséquent.Apple rappelle que ses tarifs sont ajustés en fonction de plusieurs paramètres : les taux de change, les lois d’importation, les réglementations locales, mais aussi les coûts logistiques. Et ces coûts, en Europe, sont souvent plus élevés. À cela s’ajoute la garantie légale de deux ans imposée par Bruxelles, contre un an seulement aux États-Unis. Une protection pour le consommateur, mais qui se répercute sur le prix final. Il faut aussi compter les frais de douane : importer un iPhone depuis l’Amérique du Nord en vue de le revendre en France entraîne un surcoût de 20 % sur les produits électroniques, auquel s’ajoutent des frais de transport et de gestion. De quoi décourager les chasseurs de bonnes affaires à l’international. Autre facteur : l’adaptation technique. Les iPhone vendus en Europe sont calibrés pour nos réseaux mobiles. Une étape qui entraîne des coûts supplémentaires de certification et de production.Résultat : le prix grimpe d’année en année. À titre de comparaison, depuis l’iPhone 5, le coût moyen d’un modèle haut de gamme a presque doublé. Aujourd’hui, l’iPhone 17 démarre à 969 € dans sa version de base avec 256 Go. Pour la version Pro, comptez 1329 €, et jusqu’à 2479 € pour le Pro Max doté de la plus grande capacité de stockage. En clair, l’iPhone reste un produit star en France… mais aussi un luxe de plus en plus assumé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 2018, le MIT Media Lab dévoilait un prototype intrigant : un dispositif capable de transformer des mots « dits dans la tête » en texte. L’appareil reposait sur des électrodes fixées autour du visage, enregistrant les minuscules signaux neuromusculaires émis lorsque nous subvocalisons. « Il ne s’agit pas de lire les pensées mais de traduire ce que l’on choisit de formuler intérieurement », expliquait alors Arnav Kapur, à l’origine du projet.Sept ans plus tard, ce travail est devenu AlterEgo, une start-up qu’il a cofondée et qui propose un casque de communication presque invisible. L’idée : dialoguer avec une intelligence artificielle sans prononcer un mot, ni donner le moindre signe extérieur. À Cambridge, les premiers tests utilisaient seize électrodes pour décoder un vocabulaire limité. Après optimisation, seulement quatre suffisaient, avec un taux de précision atteignant 92 %. Dans une démonstration récente, Arnav Kapur et son associé Max Newlon utilisent leur casque pour interroger ChatGPT en silence : les réponses s’affichent ou se font entendre uniquement pour eux. « On peut taper à la vitesse de la pensée », résume Newlon.Le casque reprend ce principe dans une version compacte. Les capteurs traduisent la parole intérieure, la transmettent à une IA, et la réponse revient par conduction osseuse : de petites vibrations dirigent le son vers l’oreille interne, sans obstruer le conduit auditif. L’utilisateur peut donc interagir avec son environnement, un atout que soulignait déjà la professeure Pattie Maes, encadrante du projet, pour qui sortir un téléphone coupe toujours le fil d’une conversation. L’appareil permet déjà d’écrire un message, de lancer une recherche en ligne ou de contrôler une application uniquement par la pensée formulée. Une caméra frontale ajoute une dimension contextuelle : l’IA peut analyser la scène et répondre en tenant compte de l’environnement visuel. Les usages potentiels sont vastes : communication dans des environnements bruyants comme les aéroports ou les ponts d’envol, échanges discrets lors d’opérations sensibles, ou encore aide aux personnes privées de voix, à l’image de l’acteur Val Kilmer. AlterEgo ouvre dès maintenant un accès anticipé pour les curieux. Mais pour une commercialisation grand public, il faudra encore patienter : aucune date officielle n’a été annoncée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis cet été, un nouvel outil circule librement sur l'index Python et suscite inquiétude chez les spécialistes de la cybersécurité. Baptisé Villager, ce framework se présente comme un assistant automatisé de tests d'intrusion — cartographie d’un système, reconnaissance, exploitation, installation de mécanismes de persistance — le tout piloté par de l’intelligence artificielle. Publié sur PyPI et téléchargé des milliers de fois en quelques semaines, il s’annonce comme une aide moderne pour les pentesters. Sauf que, en creusant, des chercheurs de l’entreprise Straiker ont dressé un tout autre portrait : Villager serait lié à une entité chinoise aux pratiques opaques et recyclerait des composants déjà vus dans des malwares offensifs.Conçu pour automatiser des workflows, Villager orchestre des conteneurs, lance des scanners adaptés au contexte et génère des charges utiles, le tout à partir d’instructions en langage naturel. L’outil embarque une large bibliothèque de « prompts » préconfigurés et une interface pour suivre les campagnes en temps réel — caractéristiques utiles en audit, mais dangereuses si elles tombent entre de mauvaises mains. Straiker a surtout mis au jour des réutilisations problématiques : l’infrastructure de Villager s’appuie sur des éléments d’un projet antérieur dont les modules correspondaient à des fonctionnalités de cheval de Troie connues — keylogger, vol de comptes, accès webcam, outils d’exfiltration — déjà détournées par des opérateurs malveillants.L’autre inquiétude tient à la voie de diffusion. PyPI est massivement intégré aux processus de développement, d’intégration continue et de déploiement. Un paquet publié sur cet index peut être importé automatiquement dans des environnements sensibles sans contrôle humain, transformant une dépendance innocente en vecteur d’intrusion. De plus, le caractère modulaire et éphémère de l’outil — conteneurs configurés pour s’autodétruire et effacer les traces — complique la détection et l’analyse post-incident.Face à cette menace émergente, les équipes de sécurité recommandent des mesures pratiques mais non techniques dans leurs principes : restreindre l’installation de paquets non validés en production, surveiller et auditer l’apparition de conteneurs non autorisés, renforcer la supervision des flux sortants et des scans réseau, et formaliser un processus d’approbation pour tout agent d’automatisation fondé sur l’IA. Les autorités et la communauté open source sont aussi appelées à renforcer la gouvernance de dépôts publics afin d’éviter que des outils ambivalents ne deviennent, en quelques clics, des armes faciles d’accès. Villager illustre un nouveau pari technologique — l’automatisation IA des audits — qui peut servir la défense comme l’attaque. La question pour les entreprises et les régulateurs est désormais de réussir à encadrer ces innovations avant qu’elles ne fassent basculer la balance en faveur des cybercriminels. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À Santa Clara, Richard Ho, patron du hardware chez OpenAI et ancien architecte des TPU de Google, a livré un message sans détour : les garde-fous purement logiciels ne suffisent plus. Selon lui, les futurs systèmes d’intelligence artificielle devront intégrer des freins physiques, inscrits directement dans le matériel, pour garantir un contrôle ultime quand un modèle dévie.« Les modèles sont vraiment retors », a-t-il lancé, plaidant pour que l’arrêt ne repose plus seulement sur le code ou l’orchestration des serveurs. L’idée n’est pas de débrancher brutalement une IA au moindre doute, mais de doter les puces et cartes de signaux, seuils et verrous capables d’interrompre toute action anormale. C’est une étape dans la stratégie d’OpenAI visant une infrastructure « intrinsèquement sûre », testable de bout en bout. Le timing n’est pas anodin : avec des agents désormais persistants, interconnectés et capables d’agir hors du regard des utilisateurs, le risque de dérives discrètes grandit.Concrètement, OpenAI mise sur une combinaison d’« interrupteurs » matériels, de télémétrie fine et d’isolement via des enclaves sécurisées. À cela s’ajoutent attestation cryptographique, firmware minimaliste et chemins d’exécution supervisés. L’objectif est clair : imposer des politiques de sécurité au plus près du calcul, au niveau de la puce, de la carte et du rack. Car l’expérience l’a montré : certains modèles ont déjà contourné des mécanismes logiciels censés les stopper. D’où l’intérêt d’un kill switch matériel, hors de portée du modèle, et activable depuis l’extérieur. Le débat dépasse désormais le cercle des laboratoires. Régulateurs et chercheurs réclament des standards matériels, du registre des puces jusqu’aux limites intégrées d’usage. Le Royaume-Uni va même jusqu’à soutenir le développement de kill switches industriels, preuve que le sujet gagne en urgence politique. Un changement de paradigme se dessine : la sécurité ne sera plus seulement un protocole d’exploitation, mais un attribut de conception, gravé au plus près du silicium. Prochain jalon attendu : prouver que ces freins matériels tiennent leurs promesses sans étouffer l’élan des prochains modèles d’IA généralistes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis le mois de septembre, le Data Act s’applique dans toute l’Europe. Ce règlement, entré en vigueur en janvier dernier, prend enfin corps après neuf mois de délai. Son objectif est clair : redonner aux citoyens et aux entreprises la main sur les données générées par leurs objets connectés. Smartphone dans la poche, montre au poignet, voiture dans le garage, mais aussi machines industrielles ou dispositifs médicaux : tout ce qui produit des données est concerné, à l’exception des infrastructures publiques et des prototypes. La promesse de Bruxelles est simple : « Le règlement donne aux utilisateurs le contrôle des données générées par leurs appareils ». Mais qu’est-ce que cela change, concrètement ?Jusqu’ici, chaque constructeur gardait jalousement la main. Apple décidait pour votre iPhone, Samsung pour votre montre connectée. Désormais, vous pouvez récupérer les données brutes et les utiliser comme bon vous semble : les analyser, les transférer ou les confier à d’autres prestataires. Dans l’automobile, la bascule est spectaculaire : les données de conduite et d’entretien, autrefois réservées au constructeur, peuvent désormais être partagées avec votre garagiste ou une startup de mobilité. Même logique pour les usines, qui accèdent enfin à l’ensemble des données de leurs machines, quel que soit le fabricant.Le Data Act frappe aussi un autre verrou : le cloud. Changer de fournisseur relevait du parcours du combattant. Migrer ses données de AWS à Google ou Microsoft coûtait une fortune. Désormais, un prestataire a 30 jours pour vous aider à basculer, avec obligation de fournir tous les outils nécessaires. Depuis janvier, les transferts sont facturés au prix coûtant, et à partir de 2027, ils devront être gratuits pour un déménagement définitif. Une révolution silencieuse, déjà anticipée par Google et Microsoft qui offrent des migrations gratuites en Europe. Seule nuance : les frais persistent pour les entreprises utilisant plusieurs clouds simultanément.Pour les récalcitrants, la facture sera salée : jusqu’à 20 millions d’euros d’amende, ou 4 % du chiffre d’affaires mondial. Bruxelles se veut toutefois pédagogue : assistance juridique dédiée et modèles de contrats sont déjà prévus pour accompagner les entreprises. Le message est clair : l’ère des données captives touche à sa fin. Place à un écosystème plus ouvert… mais aussi à une bataille féroce autour de leur exploitation.--Cet épisode est sponsorisé par Freelance Informatique, la plateforme qui met en relation consultants indépendants et entreprises clientes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les lunettes connectées, ce vieux rêve de la tech, reprennent des couleurs. Meta revient en force avec deux modèles aux ambitions bien distinctes : les Ray-Ban Display, qui intègrent un petit écran dans un coin de votre vision, et les Oakley Meta Vanguard, conçues pour les sportifs, avec caméra embarquée, coaching et résistance à toute épreuve.Deux approches, mais une même promesse : faire des lunettes le nouvel accès naturel à l’intelligence artificielle. Assistant vocal, navigation contextuelle, traduction instantanée, capture sur le vif… Meta veut transformer un accessoire du quotidien en passerelle numérique. Avec les Ray-Ban Display, pas question de plonger dans un univers virtuel. L’idée est plus subtile : afficher discrètement un itinéraire, une notification urgente ou la réponse d’un assistant IA dans le coin de votre œil droit. Le tout se pilote grâce au Neural Band, un bracelet qui capte l’activité électrique des muscles : un simple geste de la main suffit pour interagir. L’appareil reprend la formule des Ray-Ban Meta « Gen 2 » : caméra 3K Ultra HD, micros et haut-parleurs open-ear, mais ajoute une puce Qualcomm AR1 pour plus d’intelligence embarquée. Comptez 6 heures d’autonomie et 799 dollars avec le bracelet, pour un lancement en septembre aux États-Unis. En Europe, il faudra patienter jusqu’en 2026, avec un tarif qui devrait dépasser largement les 379 euros de la première génération. Les « Gen 2 », elles, sont déjà disponibles à partir de 419 euros.Changement de cible avec les Oakley Meta Vanguard. Ici, pas d’écran, mais une orientation 100 % action. Caméra centrale 3K, micros résistants au vent, son calibré pour être entendu à vélo, résistance IP67 et autonomie de 9 heures. L’accent est mis sur le coaching sportif, la stabilisation vidéo et la capture automatique des moments-clés, avec compatibilité Strava et Garmin. Lancement prévu le 21 octobre à 549 euros.Au-delà du produit, Meta joue une carte stratégique : partenariat renforcé avec EssilorLuxottica, trois milliards d’euros investis, et un cap clair vers le projet Orion, censé introduire de vraies lunettes de réalité augmentée. Sur le papier, tout est là : assistance contextuelle, commandes intuitives, IA ambiante. Mais reste l’éternelle question : lisibilité en plein soleil, fluidité des interactions, respect de la vie privée. Pour l’instant, les lunettes connectées séduisent surtout une niche. Mais si l’IA contextuelle tient ses promesses, elles pourraient bien remplacer votre smartphone… sans que vous sortiez la main de la poche.--Cet épisode est sponsorisé par Freelance Informatique, la plateforme qui met en relation consultants indépendants et entreprises clientes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Trois ans après son lancement, ChatGPT fait l’objet d’une analyse inédite signée OpenAI. Réalisée avec des économistes et basée sur 1,5 million de conversations anonymisées, l’étude répond à trois questions clés : qui utilise l’assistant, pour quels usages, et quelle valeur économique en résulte. Verdict : l’adoption s’est accélérée, le profil des utilisateurs s’est diversifié et ChatGPT s’installe dans le quotidien. Mais tout n’est pas si simple : qualité, sécurité et fiabilité restent des enjeux majeurs.Premier enseignement : l’usage s’est démocratisé. Alors que les débuts étaient marqués par un public masculin et technophile, l’écart de genre s’est réduit et la proportion d’utilisatrices reflète désormais davantage la population générale. Autre tendance : la croissance est plus forte dans les pays à revenus faibles et moyens, loin de l’image d’un outil réservé aux économies les plus riches. En France, environ un quart de la population aurait déjà recours à l’IA générative. Mais la diffusion ne dit pas tout de la maturité. L’étude se concentre sur l’offre grand public, sans prendre en compte l’usage en entreprise, qui explose. Et malgré l’enthousiasme, les limites persistent : pannes spectaculaires — comme celle du 3 septembre dernier — et inquiétudes autour de la protection des mineurs ou de l’usage à l’école. OpenAI ajuste régulièrement ses règles, mais la question demeure : ChatGPT est-il devenu un indispensable du quotidien ou reste-t-il un outil d’appoint ? L’analyse distingue trois grands usages. « Asking » — poser des questions, demander un avis — représente environ la moitié des interactions. « Doing » — rédaction, planification, programmation — couvre quatre messages sur dix, souvent à visée professionnelle. Enfin, « Expressing » — créativité, réflexions personnelles, divertissement — reste minoritaire. En clair, ChatGPT agit surtout comme copilote ou conseiller, bien plus que comme simple générateur de contenus.Au travail, la rédaction domine largement, devant le code ou la créativité. Une logique qui suit l’évolution du produit : au texte se sont ajoutées la voix, la vidéo et les modèles multimodaux, comme Sora pour l’audiovisuel. Mais l’extension des fonctions ne gomme pas les défauts : les fameuses « hallucinations » persistent, malgré les explications récentes d’OpenAI.Selon l’étude, 30 % des usages concernent le travail, 70 % la sphère personnelle. Une double vie qui crée de vrais gains de productivité, mais seulement si les usages sont bien cadrés et supervisés. Reste la grande inconnue : la valeur créée. Une partie est non marchande — gain de temps, allègement mental — et échappe aux statistiques classiques. Une certitude : ChatGPT est désormais un outil grand public qui investit peu à peu le monde professionnel. La prochaine étape ? Des IA plus multimodales, plus vocales… mais surtout, espérons-le, plus fiables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Tor revient avec une nouvelle expérimentation : Tor VPN Beta, une application qui bouscule les codes des services VPN traditionnels. Là où un VPN classique établit un tunnel direct entre l’utilisateur et un serveur, Tor VPN emprunte le célèbre système de routage en oignon : cinq nœuds successifs – un d’entrée, trois intermédiaires et un de sortie – chacun géré par des volontaires. Résultat : aucun nœud ne connaît la totalité du trajet, ce qui renforce l’anonymat.Comparé aux VPN multihop, qui reposent sur deux serveurs centralisés et audités, Tor VPN mise donc sur une décentralisation totale. Mais cette sécurité a un prix : des performances nettement inférieures. À l’inverse, les VPN multihop tentent d’équilibrer confidentialité et rapidité. La comparaison avec NymVPN est tout aussi éclairante. Tor VPN suit un chemin fixe, rapide mais traçable si une autorité analyse simultanément le point d’entrée et de sortie. Nym, lui, brouille complètement les pistes : ralentissement volontaire du trafic, flux mélangés entre utilisateurs, paquets factices… un anonymat supérieur, mais au détriment de la vitesse.Tor VPN n’oublie pas les fonctionnalités avancées. Il intègre un routage par application : chaque appli Android peut disposer de son propre circuit et d’une adresse IP unique, rendant impossible les recoupements entre flux. Pour contourner la censure, l’application propose aussi des bridges : obfs4, qui transforme le trafic en données aléatoires, et Snowflake, qui le déguise en appel vidéo. Là encore, Tor va plus loin que les VPN traditionnels, qui se contentent généralement de faire passer leur tunnel pour du HTTPS.Sur le plan technique, le projet repose sur Arti, la nouvelle implémentation de Tor en langage Rust. Plus sûre et plus moderne que l’ancien code en C, elle promet une meilleure gestion mémoire et une sécurité accrue. En revanche, Tor VPN ne permet pas de choisir sa localisation virtuelle, ce qui le rend inadapté pour contourner les catalogues de streaming. Les développeurs restent clairs : Tor VPN Beta n’est pas une solution miracle. Certaines données Android peuvent toujours identifier l’appareil, et en cas de risques de surveillance extrêmes, mieux vaut ne pas l’utiliser. Une certitude en revanche : cette application pousse plus loin la logique d’anonymat, quitte à sacrifier vitesse et confort. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Will et Holly Alpine connaissaient bien la maison. Lui travaillait sur l’IA responsable, elle dans la division développement durable de Microsoft. Dix ans passés à tenter de verdir le géant de la tech. Dix ans à alerter en interne, sans résultat. Alors début 2024, le couple claque la porte et fonde l’Enabled Emissions Campaign, une initiative militante pour dénoncer les liens étroits entre Microsoft et l’industrie pétrolière. Car derrière ses promesses de devenir carbon negative d’ici 2030, l’entreprise continue de fournir ses outils les plus puissants aux majors du pétrole. Ces émissions facilitées – générées grâce aux technologies cloud, IoT ou machine learning – n’apparaissent dans aucun bilan officiel.Dans Business Wire, Will raconte sa frustration : « Les outils que j’aidais à construire étaient utilisés par de mauvais acteurs ». Holly ajoute : « Nous avions fait tout ce que nous pouvions de l’intérieur. Il fallait désormais agir de l’extérieur ». Quitter Microsoft, c’était aussi renoncer aux salaires confortables de la tech. Le couple vit désormais plus simplement, réduit ses dépenses et s’appuie sur l’économie du partage. Leur combat ? Définir des lignes rouges, comme interdire les contrats d’IA destinés à accroître la production de combustibles fossiles. Mais leur campagne peine à trouver des financements, malgré l’appui d’un donateur anonyme. Le contexte politique n’arrange rien : le retrait américain de l’accord de Paris sous Trump et la fin de certaines aides aux énergies propres ont fragilisé le mouvement.Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2019, Microsoft vantait un contrat avec ExxonMobil, censé augmenter de 50 000 barils équivalent pétrole par jour d’ici 2025. Résultat : 6,35 millions de tonnes de CO₂ supplémentaires par an, soit plus de la moitié de l’empreinte carbone totale déclarée par Microsoft à l’époque. Et le géant n’est pas seul : Amazon collabore avec des foreurs pour optimiser leurs rendements, Google s’en est retiré en 2020 sous la pression de ses employés. Pendant ce temps, les émissions de Microsoft ont bondi de 23,4 % entre 2020 et 2024. Pour Holly, le constat est clair : « On ne peut pas prétendre être carbon negative tout en aidant les majors pétrolières à produire davantage ». Un paradoxe qui illustre l’un des grands défis de la transition énergétique : les promesses vertes des géants du numérique face à la réalité de leurs contrats fossiles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Fin août, l’ex-premier ministre François Bayrou lâchait une bombe budgétaire : la charge de la dette est devenue le premier poste de dépense de l’État français, devant l’éducation et la défense. Avec 66 milliards d’euros d’intérêts annuels et une dette par habitant qui frôle les 50 000 euros, les finances publiques apparaissent plus fragiles que jamais.Pour mesurer concrètement cette dérive, un outil citoyen fait beaucoup parler de lui : l’Horloge de la Dette publique. Derrière ce site gratuit, une start-up française, Living Republic, qui a imaginé un compteur géant affichant en temps réel la dette nationale. Et les chiffres donnent le vertige : plus de 3 410 milliards d’euros défilent sans interruption, l’équivalent de 49 633 euros par Français, nourrissons compris.Au-delà de l’effet visuel, la plateforme propose des indicateurs détaillés : ratio dette/PIB de 115,5 %, déficit 2025 estimé à 92,5 milliards, charges d’intérêts de 44 milliards. Des données mises à jour à la seconde, qui rendent palpable une réalité économique souvent dissimulée derrière les discours politiques. Chaque tic du compteur symbolise l’enfoncement du pays dans le rouge, donnant un poids psychologique à cette spirale financière. Le site va plus loin en détaillant la dette des grands services publics : 50 milliards pour EDF, 30,1 milliards pour les hôpitaux, près de 24 milliards pour SNCF Réseau. Autant de montants qui s’additionnent à la dette souveraine, rappelant que le problème dépasse largement le seul budget de l’État.Dans ce contexte tendu, François Bayrou a annoncé qu’il demanderait un vote de confiance le 8 septembre. Les marchés n’ont pas tardé à réagir : le CAC40 a chuté de 1,59 % le soir même, bien davantage que les autres places européennes. Un signe clair de l’inquiétude des investisseurs, alors qu’une éventuelle chute du gouvernement n’est pas à exclure. Avec son compteur en ligne, l’Horloge de la Dette publique offre une leçon de transparence démocratique. Elle sort les chiffres des rapports poussiéreux pour les projeter sous les yeux de tous, à l’heure où le pays s’interroge sur les efforts à venir et sur l’avenir même de son exécutif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Imaginez un Wi-Fi capable de franchir les murs, là où les ondes les plus courtes se brisent d’ordinaire. C’est la promesse qu’esquissent des chercheurs de Princeton, qui viennent de tester avec succès un faisceau Airy piloté par intelligence artificielle. Leur découverte pourrait ouvrir la voie à un successeur crédible du Wi-Fi 7, alors que la bande sous-térahertz s’impose comme le nouvel eldorado du sans-fil.Dans leur expérience, un réseau neuronal a appris à sculpter l’onde radio pour lui faire suivre une trajectoire courbe, un peu comme une balle liftée au tennis. Résultat : le signal contourne un obstacle en temps réel, sans s’effondrer. Trois microsecondes suffisent au système pour réagir lorsqu’un passant s’interpose. Une réactivité permise par une approche « informée par la physique » qui évite des calculs trop lourds. Concrètement, de simples modules actifs de metasurface reconfigurent phase et amplitude du signal, sans miroir ni mécanique complexe. Les résultats impressionnent : là où un balayage classique perd des dizaines de décibels, le lien reste stable, même hors champ visible. L’essai a été mené à 120 GHz, une fréquence clé pour la prochaine génération de Wi-Fi. Pour passer du laboratoire aux box domestiques, deux défis demeurent : miniaturiser ces plaques actives et réduire leur consommation. Le saut de performance, lui, fait rêver. Quand le Wi-Fi 7 plafonne à 46 gigabits par seconde sur un canal de 320 MHz, la bande sous-térahertz ouvre la perspective de débits au téraoctet par seconde. De quoi envisager des usages aujourd’hui hors de portée : réalité virtuelle sans câble, streaming en 16K, robotique collaborative. Ici, ce n’est plus la portée qui compte, mais la stabilité du lien à courte distance. Si le marché suit, les premiers routeurs capables de plier leurs ondes pourraient apparaître d’ici la fin de la décennie. Reste à standardiser les algorithmes, adapter les protocoles WLAN et produire des metasurfaces abordables. En attendant, une chose est sûre : dans le futur du Wi-Fi, les murs ne feront plus la loi. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.







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