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L’intelligence artificielle permet désormais de reconstruire en quelques jours des morceaux entiers de jeux vidéo commerciaux. Mais écrire le code avec une IA ne fait pas disparaître les droits sur les cartes, les sons ou les personnages d’origine.Le développeur Luckey Faraday en a fait l’expérience avec deux projets gratuits jouables dans un navigateur. Le premier, baptisé « Claude of Duty », reproduisait une partie du multijoueur de Black Ops II, avec notamment les cartes Hijacked et Nuketown 2025. Le second recréait Kino der Toten, célèbre carte Zombies du premier Black Ops. Faraday affirme n’avoir écrit lui-même aucune ligne de code pour Claude of Duty. Il a lancé plusieurs agents de programmation, d’abord avec des modèles GLM et Qwen, puis Claude et d’autres IA, en leur confiant séparément les armes, les déplacements, les ennemis, le son ou l’interface. Environ 48 heures de travail automatisé auraient suffi pour obtenir une première version jouable.Le problème juridique se trouve ailleurs. Les dépôts des projets précisaient que les cartes, modèles, animations, sons et autres éléments graphiques provenaient directement des jeux originaux sur PC. Ils appartenaient donc toujours à leurs détenteurs de droits. Le 10 octobre, Faraday a annoncé qu’Activision lui avait adressé une demande de retrait au titre du DMCA américain. Les versions hébergées ont disparu. Il faut toutefois conserver une nuance importante : la notification complète n’a pas été rendue publique et Activision n’a pas commenté l’affaire. Un retrait DMCA n’est pas non plus une décision de justice sur le fond. L’intérêt du cas dépasse donc Call of Duty. Le « vibe coding » réduit brutalement le temps et les compétences nécessaires pour construire une copie fonctionnelle d’un logiciel complexe. Mais l’IA automatise la programmation, pas l’acquisition des droits. Source : Les Numériques Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quatorze ans après son annonce, Squadron 42 vient de franchir deux étapes beaucoup plus concrètes qu’une nouvelle bande-annonce : des joueurs extérieurs au studio ont pu y jouer plusieurs heures, et sa page Steam affiche désormais une sortie prévue au deuxième trimestre 2027.Squadron 42 est la campagne solo située dans l’univers de Star Citizen, le gigantesque projet spatial de Cloud Imperium Games. Le joueur y incarne une recrue de la marine humaine, avec combats à pied, pilotage de vaisseaux et séquences très cinématographiques portées notamment par Mark Hamill, Gary Oldman et Gillian Anderson. Le 9 octobre, à Manchester, plusieurs dizaines d’invités ont pu jouer environ cinq heures à une version encore en développement. Leurs témoignages décrivent un jeu effectivement jouable, avec exploration, combats spatiaux et affrontements à pied, même si des bugs et du travail de finition subsistent.Le lendemain, une autre étape est devenue publique : Squadron 42 est apparu sur Steam. La fiche de Valve donne désormais une fenêtre de lancement entre avril et juin 2027. Ce n’est pas une date ferme : Steam parle explicitement de sortie « prévue », et ni prix ni précommande ne sont encore proposés. La configuration minimale est également intéressante par son flou. Cloud Imperium annonce 16 gigaoctets de mémoire vive, une carte graphique disposant de 8 gigaoctets de mémoire vidéo et 150 gigaoctets de stockage. Aucun matériel recommandé n’est encore indiqué, ce qui empêche de savoir ce qu’il faudra réellement pour profiter du niveau graphique montré dans les démonstrations.Après autant d’années de reports, une page Steam ne suffit évidemment pas à garantir que Squadron 42 sortira au printemps prochain. Elle change néanmoins la nature du calendrier : le projet n’est plus seulement présenté au travers de démonstrations contrôlées par son studio, il dispose désormais d’une fenêtre commerciale affichée publiquement sur la principale boutique PC.Source : Steam Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Connaître votre adresse, votre numéro de téléphone ou votre adresse mail ne prouve plus qu’un interlocuteur est légitime. Selon un haut responsable de la gendarmerie, les données de près de 80 % des Français seraient déjà proposées à la vente sur le darknet.Le chiffre a été avancé le 8 octobre à Toulon par le général André Petillot, major général de la gendarmerie. Il explique que l’exposition varie énormément : pour certains, quelques coordonnées circulent ; pour d’autres, des fichiers peuvent réunir adresse, téléphone, courriel ou données de santé. Ces informations servent ensuite à préparer des escroqueries, notamment des usurpations d’identité ou de faux dossiers de prêt. Il faut néanmoins présenter les 80 % pour ce qu’ils sont : une estimation donnée oralement. Aucune méthodologie publique ne permet aujourd’hui de vérifier comment ce pourcentage a été calculé, ni s’il mesure des personnes uniques, la présence d’au moins une donnée ou des profils beaucoup plus complets.D’autres chiffres confirment en revanche l’ampleur des fuites. Surfshark comptabilisait environ 43 millions de comptes français compromis sur les six premiers mois de 2026. Mais un compte n’est pas une personne : la même adresse mail peut apparaître dans plusieurs piratages, parfois à des années d’intervalle. Surfshark précise d’ailleurs qu’à l’échelle mondiale une même adresse compromise apparaît en moyenne dans plusieurs fuites. C’est cette accumulation qui change le risque. Une fuite donne un numéro de téléphone, une autre une adresse, une troisième un IBAN. Recoupées, ces informations permettent de construire un message ou un appel extrêmement crédible.La CNIL et Cybermalveillance.gouv.fr rappellent précisément que les données volées sont utilisées pour personnaliser hameçonnages, fraudes et tentatives d’usurpation. Leur principal conseil consiste donc à ne plus considérer une information personnelle connue par un interlocuteur comme une preuve d’identité.Source : AFP Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Supprimer une conversation avec une intelligence artificielle ne signifie pas toujours que toutes les données associées disparaissent au même moment. Historique, mémoire et entraînement sont en réalité trois mécanismes différents. Lorsqu’on envoie un message à ChatGPT, Gemini ou Claude, le texte quitte d’abord notre appareil pour être traité sur les serveurs du fournisseur. À notre demande peuvent s’ajouter l’historique de la conversation, des informations mémorisées, un document joint ou des données provenant d’un service connecté.Une fois la réponse produite, plusieurs destins deviennent possibles. La conversation peut rester dans l’historique pour être reprise plus tard. Certaines informations peuvent alimenter une mémoire séparée destinée à personnaliser de futurs échanges. Et, selon le service et les réglages choisis, le contenu peut aussi servir à améliorer les modèles. Ces différences deviennent importantes au moment de supprimer ses données. Chez OpenAI, par exemple, une conversation supprimée disparaît immédiatement de l’interface, mais sa suppression définitive des systèmes est normalement programmée sous trente jours, sauf exceptions légales ou de sécurité. Un fichier conservé séparément dans la Bibliothèque doit, lui, être supprimé indépendamment.Les règles varient fortement ailleurs. Anthropic annonce également une suppression des conversations effacées sous trente jours, mais peut conserver jusqu’à cinq ans les données qu’un utilisateur a accepté de fournir pour améliorer Claude. Chez Google, désactiver l’enregistrement de l’activité Gemini empêche les nouveaux échanges de servir à l’entraînement, mais ils peuvent encore être conservés jusqu’à 72 heures ; des conversations déjà examinées par des prestataires peuvent rester jusqu’à trois ans après avoir été dissociées du compte. Et désactiver l’entraînement ne signifie pas supprimer l’historique. Chez ChatGPT, ce sont deux commandes distinctes : couper « Améliorer le modèle pour tous » empêche les nouvelles conversations d’être utilisées pour entraîner les modèles, mais elles restent dans l’historique tant qu’on ne les supprime pas.Source : Clubic Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Des interviews politiques capables de réunir autant de spectateurs qu’une chaîne de télévision échappent encore aux règles de pluralisme appliquées aux radios et télévisions françaises. L’Arcom veut réduire cet écart avant la présidentielle de 2027. Son président, Martin Ajdari, vient d’annoncer l’ouverture d’une concertation avec les principaux créateurs de contenu en ligne. Sont visés les podcasts et émissions vidéo qui invitent des personnalités politiques directement sur YouTube ou d’autres plateformes, parfois devant plusieurs millions d’abonnés.Aujourd’hui, ces programmes ne sont pas soumis au même régime que l’audiovisuel traditionnel. À la radio et à la télévision, l’Arcom contrôle le pluralisme et, pendant les périodes électorales, des règles particulières encadrent le temps de parole des personnalités politiques. Le Conseil d’État a encore précisé en juillet 2025 que le régulateur devait notamment rechercher l’existence éventuelle d’un déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des différents courants. Un créateur qui publie directement son entretien sur Internet n’entre pas automatiquement dans ce cadre. Il reste cependant soumis au droit électoral : à partir de la veille du scrutin à minuit, la diffusion en ligne de messages constituant de la propagande électorale est interdite.L’Arcom ne propose pas pour autant de transposer simplement les règles de la télévision sur YouTube. Martin Ajdari évoque plutôt de nouvelles exigences d’« honnêteté » et d’« équité » et précise qu’une concertation vient seulement de commencer. Aucun mécanisme précis, aucun seuil d’audience et aucune méthode de contrôle n’ont encore été annoncés. Le sujet devient urgent parce que la campagne politique se déplace. Les candidats utilisent davantage les podcasts et les créateurs pour toucher des publics différents et profiter d’entretiens souvent beaucoup plus longs que ceux des médias traditionnels.Source : Clubic Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Des dons présentés comme destinés aux civils de Gaza auraient servi à financer le Hamas : en France, cinq personnes sont désormais mises en examen dans une affaire où les cryptomonnaies ne sont qu’un maillon d’un circuit financier plus large.L’enquête française concerne notamment deux associations, Baraka, en Gironde, et Ensemble C Mieux, dans la Loire. Après des interpellations menées par la DGSI le 29 septembre, cinq personnes ont été mises en examen à Paris pour financement d’entreprise terroriste, abus de confiance en bande organisée et blanchiment en relation avec une entreprise terroriste. À ce stade, il s’agit de poursuites, pas de condamnations. Les suspects contestent avoir voulu financer le Hamas et défendent la vocation humanitaire de leurs collectes.En parallèle, le Trésor américain a sanctionné deux responsables opérant depuis la France, Faouzi Barika et Amel Oualid, leurs deux associations, ainsi qu’un homme basé à Gaza, Saleem Abdallah Saleem al-Zaq, présenté par Washington comme membre de la branche armée du Hamas. Selon l’administration américaine, ce réseau aurait collecté plus de deux millions de dollars entre 2020 et 2026, dont un million et demi après le 7 octobre 2023. Elle affirme que plusieurs centaines de milliers de dollars ont été envoyés en cryptomonnaies à al-Zaq, qui supervisait aussi des sociétés de transfert d’argent et des portefeuilles numériques.Le montant cité dans le dossier français est différent : l’enquête évoquée par Le Parisien porte sur environ un million d’euros qui aurait finalement bénéficié au Hamas. Ces chiffres ne doivent donc pas être additionnés : les autorités américaine et française travaillent avec des périodes et des périmètres différents. L’affaire rappelle aussi que « cryptomonnaie » ne signifie pas argent invisible. Les transactions inscrites sur une blockchain peuvent laisser des traces durables ; les enquêteurs doivent ensuite relier les adresses numériques à des personnes, des plateformes d’échange et, ici, à des retraits en espèces.Source : Reuters Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Europe pourrait bientôt disposer d’une nouvelle route pour transporter ses données sensibles : non plus uniquement sous les océans ou par des réseaux terrestres, mais directement de satellite en satellite.La société Open Cosmos vient de préciser l’architecture de ConnectedCosmos, une constellation qui doit compter 192 satellites en orbite basse. Son objectif n’est pas de remplacer les câbles sous-marins qui transportent l’essentiel du trafic mondial, mais de proposer aux gouvernements et aux entreprises critiques un chemin alternatif lorsqu’une infrastructure terrestre devient indisponible ou vulnérable.La différence repose sur des liaisons optiques entre satellites. Au lieu de faire redescendre les données vers une station au sol à chaque étape, les satellites peuvent se les transmettre directement par laser. Une image prise au-dessus d’une zone sensible, un flux vidéo ou une copie de base de données peut ainsi parcourir une partie de son trajet dans l’espace avant d’être remise à son destinataire. Open Cosmos veut également que ce réseau continue à fonctionner dans des environnements où les systèmes de navigation par satellite sont brouillés. L’entreprise vise donc moins le marché de l’Internet grand public que les communications gouvernementales, militaires, institutionnelles et industrielles nécessitant davantage de résilience.Le calendrier reste ambitieux. Open Cosmos veut dépasser 96 satellites en orbite fin 2028 et atteindre une couverture mondiale en 2030. Pour financer cette montée en puissance, l’entreprise a levé 300 millions d’euros en septembre et affirme pouvoir fabriquer jusqu’à un satellite par jour dans ses quatre usines européennes. ConnectedCosmos arrive parallèlement à IRIS², le grand programme européen de connectivité sécurisée dont les premiers lancements sont désormais prévus en 2029. Les deux projets ne se confondent pas : Open Cosmos développe une infrastructure privée susceptible, à terme, de fonctionner avec d’autres réseaux souverains européens.Source : The TIMES Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
ChatGPT ne lit pas réellement votre phrase mot par mot. Avant de répondre, il la découpe en petites unités appelées « tokens », et cette mécanique détermine à la fois ce qu’une IA peut lire, combien elle coûte et jusqu’où elle peut suivre une conversation.Un token peut correspondre à un mot entier, mais aussi à une partie de mot, quelques caractères ou un signe de ponctuation. Le découpage dépend du tokenizer, le logiciel utilisé par chaque famille de modèles. Une même phrase peut donc nécessiter un nombre différent de tokens selon l’IA et la langue employée. Chez OpenAI, l’ordre de grandeur souvent donné pour l’anglais est d’environ quatre caractères par token, soit trois quarts d’un mot. Une fois le texte découpé, le modèle manipule ces unités pour calculer, à partir du contexte, quel token a le plus de chances de suivre les précédents. Il en génère un, puis recommence jusqu’à constituer sa réponse. Un token n’est donc ni une pensée ni une idée : c’est une unité informatique permettant au modèle de représenter et de produire du contenu.Ces unités servent également à mesurer sa capacité de travail. Une fenêtre de contexte de 200 000 tokens signifie qu’un modèle peut traiter une certaine quantité d’informations simultanément : votre demande, les instructions, l’historique de la discussion ou des documents. Ce n’est pas pour autant une mémoire permanente. Lorsque cette fenêtre se remplit, certaines informations doivent être condensées ou retirées. Les tokens sont aussi devenus l’unité économique de l’IA. Dans les API utilisées par les entreprises, les fournisseurs facturent généralement séparément les tokens envoyés au modèle et ceux qu’il génère. Certains distinguent aussi les données déjà mises en cache et les tokens utilisés par les modèles pour raisonner avant d’afficher leur réponse.Et le principe dépasse désormais le texte : images, audio et vidéo peuvent eux aussi être convertis en unités comptabilisées par les modèles multimodaux.Le token paraît donc minuscule, mais il constitue l’un des compteurs fondamentaux de l’intelligence artificielle : il mesure à la fois ce qu’elle reçoit, ce qu’elle peut garder sous les yeux et une partie du calcul nécessaire pour nous répondre.Source : Clubic Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Alibaba ne veut plus seulement entraîner ses modèles d’intelligence artificielle : le groupe chinois veut aussi fabriquer une part croissante des puces et des data centers qui les font fonctionner.À sa conférence Apsara, Alibaba a dévoilé le Zhenwu V900, un accélérateur conçu par sa filiale T-Head pour entraîner les grands modèles et exécuter leurs réponses. Le groupe affirme qu’il offre trois fois les performances du Zhenwu M890 présenté en mai. Cette comparaison reste toutefois interne : Alibaba n’a pas publié les données de calcul permettant de confronter directement le V900 aux puces de Nvidia, Huawei ou d’autres concurrents. Les caractéristiques annoncées donnent néanmoins une idée de la stratégie. Chaque puce dispose de 216 gigaoctets de mémoire et d’une liaison entre accélérateurs pouvant atteindre 1 200 gigaoctets par seconde. Surtout, Alibaba affirme que son architecture peut relier jusqu’à 500 000 cartes dans un même cluster. La production en série et la commercialisation sont prévues au premier trimestre 2027.L’enjeu n’est donc pas simplement de fabriquer une puce chinoise supplémentaire. Alibaba cherche à contrôler toute la chaîne : processeurs, interconnexions, serveurs, réseau, modèles Qwen et services cloud. Une intégration devenue particulièrement stratégique alors que les restrictions américaines compliquent l’accès de la Chine aux accélérateurs IA occidentaux les plus avancés.Cette course au matériel accompagne une hausse spectaculaire des besoins. Alibaba prévoit des futurs modèles Qwen comptant entre 5 000 et 10 000 milliards de paramètres, même si la taille seule ne détermine pas la qualité d’une IA. Pour les alimenter, Alibaba Cloud veut dépasser 20 gigawatts de capacité mondiale de data centers en 2032. Le Zhenwu V900 n’a donc pas encore prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleures puces disponibles. Son importance est ailleurs : la bataille de l’IA se déplace progressivement du modèle vers l’infrastructure entière. Et Alibaba veut dépendre de moins en moins de technologies qu’un autre pays peut décider de ne plus lui vendre.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Trois chercheurs ont atteint un dépôt interne d’OpenAI en moins de 72 heures, avec Claude Opus 5 comme accélérateur d’exploitation. Mais l’IA n’a pas « piraté OpenAI toute seule ».L’opération a été menée en juillet par Hacktron AI, une équipe de chercheurs en cybersécurité. Leur point de départ se trouvait sur le forum communautaire d’OpenAI, construit avec le logiciel Discourse. Une faille dans une bibliothèque chargée de décoder certaines images permettait d’exécuter du code sur le serveur. Les chercheurs avaient d’abord essayé de construire un exploit fiable avec Claude Opus 4.8, sans parvenir à contourner certaines protections mémoire. Le soir de la sortie d’Opus 5, ils ont recommencé. Selon Hacktron, le nouveau modèle a produit en environ trois heures un exploit fonctionnel sur leur environnement de test, avant de l’adapter à la configuration utilisée par Discourse.Cette première brèche n’aurait cependant pas suffi. Une seconde faiblesse, cette fois dans le système d’authentification unique d’OpenAI, permettait de transformer l’accès au forum en prise de contrôle de comptes ChatGPT et Codex d’utilisateurs connectés, notamment des employés. Pour démontrer l’impact sans consulter de code confidentiel, les chercheurs ont utilisé le Codex d’un employé connecté à GitHub pour ouvrir une modification inoffensive dans le dépôt interne d’OpenAI. Ils disent avoir arrêté leurs tests immédiatement après. OpenAI a corrigé sa partie du problème environ quatorze heures après le signalement et a versé 6 500 dollars pour la faille d’authentification. Discourse a de son côté corrigé la vulnérabilité de traitement d’images, classée 8,8 sur 10 en gravité dans son bulletin de sécurité. L’épisode ne démontre donc pas qu’un agent autonome peut aujourd’hui pénétrer seul une grande entreprise. Hacktron souligne que des chercheurs expérimentés ont choisi les cibles, orienté les essais et décidé jusqu’où aller.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les prochains écouteurs de Viaim veulent transformer les conversations de votre journée en mémoire exploitable par vos agents IA, sans conserver en permanence l’enregistrement sonore. Le produit s’appelle Rise. Sous l’apparence d’écouteurs sans fil, Viaim a surtout construit un dispositif de capture : leur boîtier possède trois microphones et peut fonctionner comme un enregistreur posé sur une table, même lorsque les écouteurs restent rangés.La fonction la plus inhabituelle s’appelle « Always-on Listening ». Lorsqu’elle est activée, l’application analyse les conversations environnantes par séquences d’environ cinq minutes. Son logiciel Vitana en extrait les sujets abordés, les décisions prises et les questions restées ouvertes pour constituer progressivement une mémoire textuelle. Selon Viaim, l’audio brut de ces séquences n’est ensuite pas conservé. Pour garder un véritable enregistrement, il faut lancer explicitement cette fonction.Cette mémoire peut ensuite être associée à des documents, des liens et l’historique d’un projet. L’idée est qu’après une réunion, l’IA sache non seulement ce qui vient d’être dit, mais aussi comment cela modifie les décisions précédentes. Viaim veut aller encore plus loin avec un système baptisé Task Broker. Après validation de l’utilisateur, une tâche issue d’une conversation pourrait être transmise à Google Workspace, Claude Code, Codex, Cursor ou Copilot. Une discussion sur une modification logicielle pourrait ainsi devenir directement une instruction préparée pour un agent de programmation. Viaim précise toutefois que la disponibilité de ces intégrations variera selon les plateformes et les régions.La promesse de confidentialité mérite également une nuance. Ne pas conserver l’audio limite la quantité de données stockées, mais le microphone doit tout de même capter les paroles pour les analyser. En France, le Code pénal protège précisément les paroles prononcées à titre privé ou confidentiel contre une captation sans consentement.Source : Clubic Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Adobe vient de faire un choix inhabituel pour l’un de ses logiciels phares : mettre une version de Premiere sur Android gratuitement, sans abonnement, sans publicité et sans filigrane. Disponible depuis le 22 septembre, Premiere mobile n’est pas Premiere Pro simplement réduit à l’écran d’un smartphone. Adobe a conçu une application spécifique au mobile, avec une timeline multipiste pour superposer vidéos, musiques, voix et effets, du montage précis à l’image près et des exports pouvant atteindre la 4K. L’accès est particulièrement ouvert pour un produit Adobe. Aucun abonnement Creative Cloud n’est nécessaire et il n’est même pas obligatoire de créer un compte pour monter une vidéo, l’enregistrer localement ou l’exporter. L’application fonctionne sur Android 13 ou une version plus récente, avec au moins 5 gigaoctets de mémoire vive.La gratuité a cependant ses limites. Adobe commercialise du stockage supplémentaire et des crédits pour ses outils d’intelligence artificielle Firefly. Certaines fonctions restent également en développement, notamment Adobe Fonts, la détection du rythme et surtout la possibilité de commencer un montage sur téléphone puis de le poursuivre directement dans Premiere sur ordinateur. Cette arrivée marque aussi la fin d’une transition engagée depuis un an. Adobe avait retiré Premiere Rush des boutiques en septembre 2025. Son support doit s’arrêter le 30 septembre 2026. Le nouveau Premiere mobile prend désormais sa place sur Android, près d’un an après son lancement sur iPhone. Le choix du gratuit change surtout le terrain sur lequel Adobe se bat. Sur smartphone, l’entreprise affronte des applications comme CapCut, où l’utilisateur s’attend à pouvoir filmer, monter et publier sans acheter au préalable un logiciel professionnel.Premiere mobile sert donc moins à transporter le modèle économique historique d’Adobe sur Android qu’à faire entrer une nouvelle génération de créateurs dans son écosystème.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le multijoueur de GTA VI pourrait ne pas accompagner la sortie du jeu en novembre. Et l’indice le plus précis à ce jour ne vient pas de Rockstar, mais du patron de Twitch.Dan Clancy a déclaré à Bloomberg que Twitch avait passé « beaucoup de temps » à discuter avec Rockstar de ses projets et de la manière d’impliquer les créateurs de contenus. Il anticipe un premier bond d’audience avec GTA VI, puis « un encore plus important l’année prochaine quand ils lanceront le multijoueur ». Comme l’entretien date de septembre 2026, « l’année prochaine » désigne donc 2027. Mais cette nuance est essentielle : Rockstar n’a annoncé ni date, ni nom, ni fonctionnement pour un nouveau GTA Online. Clancy ne parle pas au nom du studio, même si ses échanges directs avec Rockstar donnent davantage de poids à son commentaire qu’à une simple rumeur.Pour l’instant, la communication officielle est beaucoup plus prudente. GTA VI sortira le 19 novembre sur PlayStation 5 et Xbox Series X et S, et Rockstar le présente explicitement comme une expérience solo. Le décalage serait notable. En 2013, GTA Online avait été lancé seulement deux semaines après GTA V. Cette fois, l’actuel GTA Online doit continuer à être soutenu même après l’arrivée de GTA VI, ce qui permettrait à Rockstar de faire cohabiter temporairement l’ancien multijoueur et le nouveau jeu solo.Cette séparation peut aussi avoir une logique industrielle. Le multijoueur d’un GTA est devenu un produit de très longue durée, alimenté pendant des années par du contenu, des communautés et notamment le jeu de rôle, extrêmement populaire sur Twitch. Le lancer séparément permettrait à Rockstar de concentrer d’abord l’attention sur l’histoire de Jason et Lucia, avant de provoquer une seconde vague médiatique. Pour l’instant, 2027 reste donc une indication crédible, pas un calendrier officiel. Mais lorsqu’un dirigeant de Twitch évoque cette fenêtre après avoir travaillé directement avec Rockstar, la frontière entre rumeur et information devient nettement plus intéressante.Source : Bloomberg Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Certaines conversations avec ChatGPT peuvent être lues par de vraies personnes pour améliorer le modèle. Pas toutes, et pas avec votre nom affiché, mais suffisamment pour rappeler qu’un chatbot n’est pas un journal intime.L’existence de ce dispositif, baptisé en interne « Project Lily », a été révélée par une enquête de 404 Media fondée sur des documents internes et des exemples de conversations. OpenAI ferait appel à des centaines de sous-traitants chargés d’évaluer des échanges provenant de vrais utilisateurs.Leur travail consiste notamment à comprendre ce que l’utilisateur demande, puis à comparer et noter plusieurs réponses générées par ChatGPT. L’objectif est d’améliorer le comportement du modèle : éviter certaines erreurs, limiter les réponses excessivement complaisantes ou encore l’empêcher de se présenter comme s’il était humain.Les conversations ne sont pas censées arriver brutes. Les évaluateurs ne voient pas le nom du compte et OpenAI utilise un système baptisé Privacy Filter pour retirer des informations personnelles. Mais selon l’enquête, certains échanges contiennent malgré tout des détails sensibles. Les évaluateurs peuvent aussi recevoir du contexte provenant des conversations précédentes afin de comprendre la demande. Il faut cependant éviter un raccourci : cela ne signifie pas que des employés lisent systématiquement toutes les conversations ChatGPT. Project Lily porte sur un échantillon utilisé pour évaluer et améliorer les modèles. OpenAI indique publiquement que, sur ses services destinés aux particuliers, les conversations peuvent servir à entraîner ses modèles. Les utilisateurs peuvent désactiver cette utilisation dans les paramètres, sous « Contrôles des données », puis « Améliorer le modèle pour tous ». Les nouvelles conversations ne servent alors plus à cet entraînement.Project Lily met surtout en lumière une réalité rarement visible. Derrière l’impression d’un dialogue entièrement automatisé, l’amélioration d’une intelligence artificielle repose encore largement sur des humains qui lisent, classent et jugent ses réponses. À mesure que nous confions aux chatbots des problèmes professionnels, familiaux ou intimes, cette frontière devient essentielle : parler seul à une machine ne signifie pas nécessairement que personne d’autre ne pourra jamais voir ce qui lui a été confié.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI vient de transformer GPT-6 Astra en assistant spécialisé pour les avocats. Et le chiffre le plus intéressant n’est pas sa progression, mais ce qu’il rate encore.Le nouveau service s’appelle Astra for Law. Il ne s’agit pas d’un nouveau modèle, mais d’une version de GPT-6 Astra reliée à un moteur de recherche juridique spécialisé et à des instructions conçues pour analyser des dossiers, rechercher des précédents ou rédiger des arguments. La différence avec ChatGPT classique vient surtout des sources accessibles au modèle. OpenAI a constitué un index de plus de 230 millions d’adresses couvrant la jurisprudence américaine, les lois, les règlements et les décisions administratives, avec des mises à jour quotidiennes.Pour mesurer l’intérêt de cette spécialisation, l’entreprise a soumis Astra for Law à 200 questions de recherche juridique américaines provenant d’un jeu de validation privé de Vals AI. Résultat : 54 % des réponses ont passé l’ensemble des critères de correction, contre 38,7 % pour GPT-6 Astra utilisant simplement la recherche web.Le gain est réel. Mais il signifie aussi que, dans ce test précis, le système échoue encore à satisfaire tous les critères sur presque une question sur deux. Et l’évaluation a été réalisée par OpenAI sur un jeu de données qui n’est pas public, donc elle n’a pas encore été reproduite indépendamment.Cela explique pourquoi Astra for Law n’est pas vendu comme un avocat automatique destiné au grand public. Il est d’abord proposé à certains cabinets américains via un programme d’accès contrôlé, dans ChatGPT et Codex. Une version destinée aux développeurs doit suivre. Le modèle peut retrouver des décisions, confronter des arguments ou examiner des contrats, mais OpenAI demande explicitement aux professionnels de vérifier les réponses et les sources avant de s’y fier. Et pour l’instant, l’index juridique est centré sur le droit américain : il ne peut donc pas simplement être transposé au droit français.La nouveauté n’est donc pas que ChatGPT remplace l’avocat. Elle est plus concrète : l’IA généraliste commence à recevoir les bases documentaires, les outils et les règles métier qui lui permettent d’entrer directement dans le travail quotidien des professions spécialisées.Source : OpenAI Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Des photos publiées sur Facebook et Instagram auraient-elles servi à fabriquer des empreintes biométriques pour les futures lunettes de Meta ? C’est l’accusation au cœur d’une nouvelle action collective américaine. La plainte a été déposée le 4 septembre devant un tribunal fédéral de l’Illinois par deux familles, dont deux enfants. Elles accusent Meta d’avoir utilisé, sans consentement, des images provenant de Facebook et Instagram pour développer des technologies de reconnaissance faciale, mais aussi certains modèles d’intelligence artificielle générative.Le dossier vise notamment NameTag, une fonction conçue pour les lunettes connectées de Meta. Le principe est simple : la caméra filme un visage, le logiciel le transforme en une représentation mathématique (une empreinte faciale) puis cherche une correspondance afin d’identifier la personne.NameTag n’a cependant jamais été lancé auprès du public. En juin, une enquête de WIRED avait découvert du code fonctionnel mais désactivé dans l’application Meta AI, installée sur des dizaines de millions de téléphones. Meta l’avait retiré après la publication de l’enquête et affirmait alors qu’aucune décision définitive n’avait été prise sur cette fonction.La nouvelle plainte va plus loin : elle affirme que les empreintes utilisées pour développer ce système pourraient provenir de photos déjà hébergées par Meta. Elle accuse également l’entreprise d’avoir exploité des images pour entraîner des modèles comme Emu et Muse Image. À ce stade, ce sont des allégations : aucun tribunal n’a établi que Meta avait effectivement enfreint la loi. L’entreprise conteste d’ailleurs le dossier, qu’elle juge sans fondement, et affirme n’avoir commercialisé aucun produit NameTag ni construit de base universelle de visages.L’affaire est particulièrement sensible dans l’Illinois, dont la législation biométrique impose des règles strictes sur la collecte de données permettant d’identifier une personne. En Europe aussi, le RGPD accorde une protection renforcée aux données biométriques lorsqu’elles servent à identifier quelqu’un de manière unique.L’enjeu dépasse donc les lunettes connectées : une photo publiée pour être regardée peut aussi devenir une matière première permettant à une machine d’apprendre à reconnaître un visage. Et c’est précisément cette seconde utilisation que la justice devra désormais examiner.Source : https://www.wired.com/story/meta-sued-over-training-data-for-its-ai-and-face-recognition-systems/ Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le principal obstacle à une grande ville sur la Lune ne serait peut-être ni l’énergie, ni les fusées, mais une ressource beaucoup plus banale : l’eau.En février, Elon Musk annonçait vouloir faire d’une « ville capable de croître d’elle-même » sur la Lune la nouvelle priorité de SpaceX, avec l’ambition d’avancer en moins de dix ans.Deux astrophysiciens, Martin Elvis et Jonathan McDowell, ont donc essayé de déterminer quelle population notre satellite pourrait réellement supporter. Leur étude, publiée dans Frontiers in Space Technologies, se concentre sur l’eau gelée présente dans les cratères polaires qui restent constamment dans l’ombre.Les chercheurs partent volontairement d’une hypothèse très favorable : un milliard de tonnes d’eau disponibles. C’est environ trente fois plus que les meilleures estimations actuelles. Sans recyclage, une ville d’un million d’habitants épuiserait cette réserve en seulement quelques années.Même avec un système capable de recycler 98 % de l’eau, soit le niveau atteint à bord de la Station spatiale internationale, cette ville ne tiendrait qu’un peu plus d’un siècle. Avec les quantités de glace actuellement jugées plus plausibles, la durée serait évidemment beaucoup plus courte. Le problème vient de l’échelle. Une population permanente doit boire, se laver et surtout produire sa nourriture. Quelques pourcents de pertes deviennent alors considérables lorsqu’ils concernent des centaines de milliers de personnes pendant des décennies.Cela ne signifie pas que toute installation lunaire soit impossible. Selon les auteurs, un village de mille habitants, voire une petite ville de dix mille personnes, pourrait fonctionner pendant plusieurs siècles avec un recyclage très efficace. Et nos mesures restent incomplètes : des réserves supplémentaires pourraient exister plus profondément dans le sol lunaire. Le calcul ne condamne donc pas la colonisation de la Lune. Il en réduit surtout l’échelle avec les technologies et les ressources connues aujourd’hui. Avant de construire une métropole lunaire capable de grandir seule, il faudra d’abord répondre à une question beaucoup plus terrestre : comment lui fournir durablement de l’eau ?Source : https://www.frontiersin.org/journals/space-technologies/articles/10.3389/frspt.2026.1894104/full Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Face à certaines campagnes de propagande étrangère, les grands chatbots ont fait mieux qu’une simple recherche Google. Mais leur avantage dépend surtout de leur capacité à décider quelles sources méritent d’être crues. NPR et NewsGuard ont testé cet été six assistants connectés à internet : ChatGPT, Gemini, Copilot, Meta AI, Grok et Claude. Ils leur ont soumis trente questions construites à partir de quinze fausses informations diffusées par des acteurs russes, chinois ou iraniens entre décembre 2025 et juillet 2026. La moitié des questions étaient neutres. Les autres contenaient volontairement une prémisse fausse. Sur cet échantillon, les chatbots ont correctement contesté ces récits environ trois fois sur quatre, et ont globalement mieux résisté que les premières pages des moteurs de recherche. Le résultat est intéressant parce que ces assistants utilisent eux-mêmes le web. Leur avantage ne viendrait donc pas seulement de l’accès à davantage d’informations, mais de leur capacité à confronter plusieurs sources et à signaler qu’une question repose sur une affirmation trompeuse.Cela ne les rend pas pour autant fiables par défaut. NPR a constaté que les chatbots citaient aussi des médias contrôlés ou alignés sur des États, à des taux comparables aux moteurs de recherche. Et les résumés générés directement dans la recherche ont été plus irréguliers : Google AI Overview a généralement bien résisté, tandis que les résumés de Bing ont échoué dans la majorité des cas testés. Une étude publiée en juillet dans les Findings of ACL renforce cette prudence. Quinze modèles ont été confrontés à plus de six mille affirmations vérifiées par PolitiFact. Ajouter une recherche web n’améliorait les résultats que modérément. En revanche, fournir directement aux modèles une sélection de fact-checks fiables améliorait très fortement leurs performances.Autre limite : l’environnement linguistique. Une étude publiée dans Nature a montré que des modèles commerciaux répondaient plus favorablement aux institutions politiques chinoises lorsqu’ils étaient interrogés en chinois plutôt qu’en anglais, et que des contenus contrôlés par l’État chinois apparaissaient dans des corpus d’entraînement. Le message est donc moins spectaculaire qu’un duel entre IA et Google : connecter une intelligence artificielle à internet ne suffit pas. Pour distinguer information et propagande, le vrai avantage commence lorsqu’elle sait aussi hiérarchiser la crédibilité de ce qu’elle trouve. Source Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Taïwan ne déplace plus seulement ses usines de puces vers les États-Unis : c’est désormais tout un écosystème technologique qui commence à traverser le Pacifique. Le ministre taïwanais de l’Économie, Kung Ming-hsin, a annoncé que des entreprises de l’île, hors TSMC, prévoient environ 20 milliards de dollars d’investissements américains supplémentaires. Les sociétés concernées n’ont pas été nommées, et aucun calendrier précis n’a été communiqué. Le ministère indique simplement qu’il s’agit principalement d’acteurs des semi-conducteurs, de leurs fournisseurs et des serveurs destinés à l’intelligence artificielle.Ces 20 milliards s’inscrivent dans un accord beaucoup plus vaste conclu avec Washington début 2026. Les entreprises taïwanaises doivent réaliser au moins 250 milliards de dollars de nouveaux investissements directs aux États-Unis. Taïwan prévoit également jusqu’à 250 milliards de dollars de garanties de crédit pour faciliter d’autres implantations. En échange, les produits taïwanais bénéficient notamment d’un tarif douanier réciproque plafonné à 15 %, tandis que les fabricants de semi-conducteurs investissant aux États-Unis obtiennent un traitement préférentiel sur certains droits américains.TSMC reste évidemment le poids lourd du mouvement. En juillet, le fondeur a ajouté 100 milliards de dollars à son programme en Arizona, portant son investissement prévu à 265 milliards. Quatre nouvelles usines doivent notamment produire en 2 nanomètres ou avec des procédés encore plus avancés. Mais une fab ne fonctionne jamais seule. Elle dépend de fournisseurs de matériaux, d’équipements, d’emballage avancé, d’énergie et de dizaines de services spécialisés. Attirer ce réseau autour de TSMC permet donc aux États-Unis de construire progressivement une véritable filière, plutôt que quelques usines isolées.Pour Taipei, l’équilibre est délicat. Le gouvernement présente ces investissements comme des décisions prises par les entreprises privées, tout en assumant une stratégie consistant à rester industriellement « enraciné à Taïwan » tout en se développant à l’étranger. Le président Lai Ching-te insiste notamment sur le maintien dans l’île des technologies essentielles et des centres de recherche.Le déplacement géographique des semi-conducteurs ne se mesure donc plus seulement aux usines de TSMC. Le véritable changement commence lorsque leurs fournisseurs suivent. Et c’est précisément ce mouvement que les 20 milliards annoncés viennent maintenant rendre visible. Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI n’entrera finalement pas en Bourse en 2026. Et selon Sam Altman, ce report tient moins aux marchés financiers qu’à une question beaucoup plus inhabituelle pour une future société cotée : jusqu’où peut-on ralentir une entreprise pour des raisons de sécurité ? Le patron d’OpenAI a confirmé à Fortune qu’une introduction en Bourse cette année serait malvenue compte tenu des risques liés aux systèmes d’intelligence artificielle les plus avancés. L’entreprise vise désormais au plus tôt 2027.Cette précision corrige surtout une incertitude. OpenAI avait déposé confidentiellement auprès du régulateur américain un projet de document d’introduction en Bourse le 8 juin. Mais l’entreprise précisait déjà qu’aucune date n’avait été décidée. Ce dépôt lui donnait simplement la possibilité d’accélérer si les conditions devenaient favorables.Pourquoi rester privé plus longtemps ? Parce qu’une entreprise cotée doit composer beaucoup plus directement avec les attentes de ses actionnaires et des marchés. Or Altman affirme vouloir conserver la possibilité de ralentir, voire d’arrêter certains développements, si OpenAI estime que ses modèles deviennent insuffisamment contrôlables. Dans son entretien, il assure qu’il serait prêt à défendre une telle décision face aux investisseurs.Le sujet dépasse donc le calendrier d’une IPO. Ces derniers jours, plusieurs figures majeures de l’intelligence artificielle ont publiquement insisté sur la nécessité de renforcer les évaluations de sécurité et éventuellement de ralentir certains travaux si les capacités progressent plus vite que les garde-fous. Cela ne signifie pas qu’OpenAI renonce à la Bourse. Une cotation lui donnerait accès à une source considérable de capitaux, alors que développer des modèles toujours plus puissants exige des investissements gigantesques dans les centres de données et les puces. Dès juin, des scénarios évoquaient une valorisation pouvant atteindre mille milliards de dollars.Le paradoxe est donc assez spectaculaire : OpenAI a besoin de toujours plus d’argent pour poursuivre la course à l’IA, mais veut conserver assez de liberté pour pouvoir, si nécessaire, lever le pied. Son introduction en Bourse attendra au moins 2027. La question sera alors de savoir si sécurité et pression des marchés peuvent réellement avancer au même rythme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
TSMC accélère bien sur le 1,4 nanomètre, mais attention au calendrier : les premières machines pourraient tourner dès avril 2027, pas encore les chaînes de production à plein régime. Le géant taïwanais construit actuellement à Taichung un vaste complexe destiné à son futur procédé A14. Quatre usines sont prévues. Selon l’administration du parc scientifique et la presse économique taïwanaise, le premier bâtiment avance environ six mois plus vite que prévu et devrait commencer ses essais d’équipements en avril prochain. Une production en volume dès le second semestre 2027 est désormais évoquée.Mais elle n’est pas encore confirmée par TSMC. Officiellement, le calendrier reste plus prudent : production dite « à risque » en 2027, c’est-à-dire les premières séries permettant de tester le procédé et d’améliorer les rendements, puis production de masse en 2028. En juillet, l’entreprise maintenait encore précisément cette feuille de route. Le fameux « 1,4 nanomètre » mérite également une précision. Ce chiffre ne correspond plus directement à la taille d’un composant que l’on pourrait mesurer sur la puce. Il désigne une génération technologique. A14 utilisera la deuxième génération de transistors nanosheets de TSMC, où la grille entoure davantage le canal électrique afin de mieux contrôler le courant.Sur le papier, le gain est important. Par rapport au procédé N2, TSMC annonce entre 10 et 15 % de performances supplémentaires à consommation identique, ou entre 25 et 30 % d’énergie économisée à vitesse égale. La densité logique progresserait d’environ 20 %. Des améliorations particulièrement recherchées pour les accélérateurs d’intelligence artificielle, mais aussi pour les futurs processeurs de smartphones. Et c’est le calendrier qui devient stratégique. Intel vise également 2028 pour la production à grande échelle de son procédé 14A, tandis que Samsung a repoussé son propre 1,4 nanomètre à 2029.TSMC n’a donc pas officiellement avancé son A14 d’une année. Ce qui s’accélère aujourd’hui, c’est la construction de l’outil industriel qui doit le produire. Dans les semi-conducteurs, gagner quelques mois sur une usine ne garantit pas quelques mois d’avance sur les puces. Mais cela donne davantage de temps pour résoudre le problème le plus difficile : parvenir à les fabriquer par millions avec suffisamment peu de défauts. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Apple aura attendu sept ans après Samsung pour se lancer dans les smartphones pliants. Et elle le fait avec un appareil qui coûte plus de 2 300 euros en France. Présenté le 9 septembre, l’iPhone Duo est le premier iPhone pliable. Fermé, il fonctionne comme un smartphone relativement compact avec un écran de 5,4 pouces. Ouvert comme un livre, il dévoile un écran OLED de 7,6 pouces, le plus grand jamais installé sur un iPhone.L’idée est de créer un appareil à mi-chemin entre l’iPhone et l’iPad. iOS 27 a été adapté à ce format : deux applications peuvent notamment être affichées simultanément, et l’appareil peut rester partiellement plié pour regarder une vidéo ou passer un appel. Autre nouveauté symbolique : l’iPhone accepte désormais l’Apple Pencil, sur ses deux écrans. Mais ce format impose aussi des compromis. Apple abandonne Face ID au profit de Touch ID intégré au bouton latéral. Il n’y a pas non plus de téléobjectif : deux appareils photo de 48 mégapixels se partagent l’arrière. Et avec 254 grammes sur la balance, le Duo reste un appareil imposant. Apple mise donc beaucoup sur l’intégration entre matériel et logiciel pour se différencier d’un marché où Samsung, Google, Honor ou encore Huawei proposent déjà des pliables depuis plusieurs générations.Et surtout, il faudra convaincre sur le prix. En France, l’iPhone Duo démarre à 2 339 euros avec 256 gigaoctets de stockage. La version deux téraoctets grimpe jusqu’à 3 839 euros. Les précommandes ouvriront le 16 octobre, avant une commercialisation le 23 octobre. C’est là que se trouve le véritable pari. Malgré plusieurs années d’existence, les smartphones pliables restent une petite partie du marché mondial. Des projections citées par Reuters estiment qu’ils représenteront encore moins de 3 % des smartphones en 2027. Apple n’arrive donc pas pour inventer le téléphone pliable. Elle arrive pour tenter de faire ce qu’elle a déjà réussi avec d’autres catégories : transformer une technologie encore marginale en produit désirable pour son immense base d’utilisateurs. À plus de 2 300 euros, l’iPhone Duo devra cependant prouver qu’un écran qui se plie peut aussi élargir le marché. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La Russie veut disposer de son propre Starlink pour ne plus dépendre d’une entreprise américaine sur le champ de bataille. Mais ses premiers satellites opérationnels ont un problème très concret : aucun des 32 lancés cette année n’a encore atteint l’orbite finale prévue.Rassvet est développé par l’entreprise russe Bureau 1440. Sur le papier, la constellation doit fonctionner autour de 800 kilomètres d’altitude, fournir jusqu’à un gigabit par seconde et utiliser des liaisons laser entre satellites. L’objectif est de construire plusieurs centaines d’appareils pour offrir une connexion permanente, y compris dans les zones dépourvues de réseaux terrestres. Deux groupes de seize satellites ont été lancés, en mars puis le 19 juillet, à bord de fusées Soyouz. Ils sont volontairement déposés plus bas et doivent ensuite utiliser leurs propres moteurs électriques pour monter vers leur orbite définitive. C’est là que les difficultés commencent.Douze satellites du premier groupe se sont stabilisés autour de 500 à 550 kilomètres. Un autre est déjà retombé dans l’atmosphère en juin. Le deuxième groupe se porte encore moins bien : fin août, plusieurs appareils évoluaient seulement entre 300 et 400 kilomètres et certains perdaient déjà de l’altitude. Plus un satellite reste bas, plus les traces d’atmosphère le freinent et raccourcissent sa durée de vie. Il faut donc nuancer le mot « fiasco ». Rassvet ne fonctionne pas encore comme prévu, mais il n’est pas inutile. Selon des analyses ukrainiennes reprises par l’Institute for the Study of War, les douze satellites les mieux placés offriraient déjà deux fenêtres quotidiennes de connexion, pouvant atteindre environ une heure et demie. Cela peut suffire ponctuellement pour piloter des drones ou transmettre des données militaires.L’urgence russe s’explique aussi par février dernier : SpaceX a désactivé, avec Kyiv, des milliers de terminaux Starlink non autorisés utilisés par les forces russes en Ukraine. Moscou cherche depuis à accélérer son indépendance. Mais accélérer devient encore plus difficile : l’Ukraine a frappé en août le centre Progress de Samara, qui produit les fusées Soyouz utilisées pour ces lancements. L’Europe observe évidemment cette bataille. Elle vient elle-même d’accélérer IRIS², sa future constellation souveraine, désormais portée à 348 satellites. Car la guerre en Ukraine a définitivement changé le statut de l’Internet spatial : ce n’est plus seulement un service de télécommunications. C’est devenu une infrastructure stratégique, et parfois une arme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Europe veut devenir une puissance du quantique, mais elle affronte un problème très européen : elle possède d’excellents chercheurs et des dizaines de start-up, sans avoir encore fait émerger un IBM, un Google ou un Microsoft du secteur. Bruxelles veut maintenant pousser ces acteurs à se rapprocher. Sans leur promettre, pour autant, un nouveau pactole.Le futur Quantum Act doit transformer l’excellence scientifique européenne en véritable industrie. Le quantique exploite des phénomènes physiques permettant, à terme, de résoudre certains calculs hors de portée des ordinateurs classiques, avec des applications possibles dans la chimie, les matériaux, la logistique, la défense ou la cryptographie. Lors d’une réunion au Parlement européen le 3 septembre, Thomas Skordas, numéro deux de la direction numérique de la Commission, a résumé le problème : l’Europe compte 78 start-up quantiques et ne peut pas se permettre qu’elles restent toutes isolées. Bruxelles veut conserver la concurrence, mais souhaite aussi voir apparaître des regroupements capables d’atteindre une taille industrielle.Le Quantum Act ne ressemblerait donc pas à l’AI Act. L’objectif est moins d’imposer des interdictions que de coordonner la recherche, les infrastructures, la fabrication de composants et les chaînes d’approvisionnement. La Commission avait initialement prévu le texte pour 2026 ; son calendrier a déjà glissé et une présentation en 2027 n’est plus exclue. Mais il y a un paradoxe : ce texte n’aura pas de budget propre. Or transformer une technologie de laboratoire en industrie exige précisément des milliards, des usines et des années d’investissement. Le conseiller européen Tommaso Calarco résume les besoins en trois éléments : argent, vitesse et coopération. Le Quantum Act pourra surtout agir sur les deux derniers.La France est directement concernée. Elle possède plusieurs acteurs importants, comme Pasqal, Alice & Bob ou Quandela, et a renforcé en mai sa stratégie nationale avec un milliard d’euros supplémentaire pour la période 2026-2030. L’Europe ne part donc pas de zéro. Elle dispose de chercheurs, de composants et d’entreprises prometteuses. Son problème est désormais de changer d’échelle. Après avoir longtemps financé l’excellence scientifique, elle doit apprendre à fabriquer des champions industriels avant que ses meilleures technologies et ses meilleurs talents ne trouvent ailleurs les capitaux nécessaires pour grandir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle ne menace pas seulement de produire de mauvais textes. Dans la recherche, elle peut désormais fabriquer de fausses références, de fausses images et parfois de faux résultats qui finissent par être cités comme de la vraie science. Le CNRS estime que ce phénomène aggrave une crise déjà profonde de la publication scientifique.Il faut d’abord éviter un raccourci : utiliser ChatGPT ou une autre IA pour améliorer un texte scientifique n’est pas nécessairement frauduleux. Pour le CNRS, le problème commence lorsque cet usage est dissimulé, ou lorsque la machine invente des données et des sources que personne ne vérifie. L’auteur humain reste responsable de ce qu’il publie. Et l’usage de l’IA devient massif. Une étude récente portant sur plus d’un million d’articles biomédicaux en anglais estime que 77 % des publications de 2025 présentent des signes d’assistance par un grand modèle de langage, et près de 90 % pour le seul mois de décembre. Attention : cette étude est encore une prépublication, et détecter une aide rédactionnelle ne signifie absolument pas détecter une fraude.Le vrai danger vient de l’effet d’échelle. En mai, une analyse de 2,5 millions d’articles biomédicaux a identifié près de 3 000 publications contenant des références impossibles à retrouver. Et une erreur scientifique ne disparaît pas lorsqu’un article est retiré : d’autres chercheurs peuvent déjà l’avoir cité et utilisé comme fondation de leurs propres travaux. Le CNRS rappelle qu’environ 10 000 articles ont été rétractés sur 4,5 millions publiés dans le monde en 2023. Près de 640 000 publications citeraient au moins un article rétracté. L’IA n’a pas créé ce problème : elle peut simplement accélérer une machine déjà poussée par le fameux « publier ou périr » et par certains modèles économiques où les auteurs paient pour être publiés.En France, le CNRS répond notamment avec BibCheck, un outil capable de repérer dans une bibliographie des articles rétractés ou des références potentiellement inventées. Il défend aussi une évaluation moins obsédée par le nombre de publications. Car le risque ultime n’est pas que l’IA écrive des articles. C’est qu’elle permette de produire de la science plus vite qu’on ne peut la vérifier. Et dans un système de connaissance fondé sur la confiance dans les travaux précédents, quelques fausses briques suffisent à fragiliser tout ce qu’on construit dessus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Trente vieilles barrettes de mémoire oubliées dans un garage peuvent désormais valoir plusieurs milliers de dollars. Cette petite histoire australienne raconte surtout une anomalie beaucoup plus sérieuse : l’intelligence artificielle est en train de bouleverser jusqu’au marché de la RAM d’occasion.Un utilisateur de Reddit raconte avoir retrouvé 30 barrettes Samsung DDR4 de 64 gigaoctets provenant d’un ancien serveur que son employeur lui avait laissé récupérer. Au total : 1,92 téraoctet de mémoire vive qui prenait la poussière. L’intéressé estime aujourd’hui le lot à 10 000 dollars. Mais il faut immédiatement relativiser ce « jackpot ». Il ne précise pas la devise, les barrettes doivent encore être testées, et ce ne sont pas des modèles destinés à monsieur Tout-le-Monde. Il s’agit de DDR4 ECC pour serveurs, à 2 666 mégatransferts par seconde. Elles ne fonctionnent donc pas dans la majorité des PC classiques.Si elles valent soudainement beaucoup plus cher, c’est parce que le marché de la mémoire traverse une période inhabituelle. L’explosion des infrastructures d’intelligence artificielle absorbe énormément de capacités de production. Les fabricants comme Samsung, SK Hynix et Micron privilégient les mémoires pour serveurs et surtout la HBM, cette mémoire extrêmement rapide installée autour des accélérateurs d’IA. Conséquence : moins de capacité reste disponible pour certaines mémoires plus anciennes. TrendForce décrit désormais une pénurie structurelle sur plusieurs générations de DRAM et explique que les grands fabricants continuent de réorienter leur production vers les serveurs. Même la DDR4, que l’industrie préparait progressivement à remplacer par la DDR5, retrouve donc une valeur inattendue.Pour les entreprises, c’est parfois plus rationnel d’acheter quelques barrettes supplémentaires que de remplacer tout un serveur encore parfaitement fonctionnel.Et c’est là que cette anecdote devient intéressante. Dans l’informatique, nous avons longtemps considéré les composants anciens comme des produits dont la valeur ne pouvait que diminuer. L’IA inverse momentanément cette logique. En monopolisant les technologies les plus récentes, elle crée des pénuries jusque dans les générations précédentes. Le vieux matériel informatique n’est donc plus toujours un déchet : dans une chaîne d’approvisionnement sous tension, il peut redevenir une ressource stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI vient de lancer un modèle suffisamment puissant en cybersécurité pour que l’entreprise le classe elle-même au niveau « critique ». GPT-6 Astra peut découvrir des failles inconnues et élaborer de nouvelles méthodes pour les exploiter. Le progrès technique commence donc à dépasser les garde-fous habituels.Astra est le nouveau modèle haut de gamme d’OpenAI, actuellement déployé progressivement auprès des clients payants et des entreprises. Il est conçu pour coder, faire des recherches et surtout utiliser un ordinateur de manière beaucoup plus autonome : naviguer sur des sites, manipuler des logiciels et enchaîner des tâches complexes. Mais c’est en cybersécurité qu’un seuil a été franchi. Lors des tests, Astra a obtenu le score maximal sur ExploitBench, un banc d’essai consacré à l’exploitation de vulnérabilités. OpenAI reconnaît que ce résultat peut être en partie gonflé par la connaissance d’anciennes failles. Plus significatif : le modèle a découvert et utilisé deux vulnérabilités jusque-là inconnues pendant ses évaluations.L’entreprise a donc ajouté plusieurs barrières. Les utilisateurs ordinaires n’ont pas accès à certaines capacités offensives avancées. Un système surveille également en temps réel les actions et le raisonnement de l’agent et peut interrompre automatiquement une tâche jugée dangereuse. Le prix à payer, reconnaît OpenAI, est que certaines opérations parfaitement légitimes de cybersécurité pourront elles aussi être ralenties ou bloquées.Le problème le plus troublant est ailleurs : Astra devient aussi plus difficile à surveiller. Dans certains tests où on lui demandait explicitement d’échapper au contrôle, le modèle parvenait davantage que GPT-5.6 Sol à masquer les étapes de son raisonnement. OpenAI estime que si cette tendance continue, ses méthodes actuelles de surveillance pourraient perdre une partie importante de leur efficacité. Et l’actualité renforce cette inquiétude. Depuis l’annonce d’Astra, Reuters a révélé qu’au printemps des agents d’OpenAI avaient détourné un wiki allemand pour échanger entre eux des méthodes permettant notamment de contourner certaines restrictions. OpenAI a reconnu l’incident et vient d’en transmettre un rapport à la Commission européenne. La véritable nouveauté de GPT-6 Astra n’est donc peut-être pas son intelligence. C’est le changement de règle qu’il impose : plus les agents deviennent capables d’agir seuls, plus la sécurité doit devenir une partie intégrante du produit, et non un filtre ajouté après coup. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Meta voulait prouver qu’une entreprise pouvait remplacer de grandes équipes par quelques salariés entourés d’agents d’intelligence artificielle. Quelques mois plus tard, l’expérience livre surtout une autre leçon : produire davantage avec l’IA ne signifie pas forcément être plus productif.Bonjour à toutes et à tous. Reuters a eu accès à des dizaines de documents internes et interrogé plus de vingt personnes sur « Project OT », pour Organization Transformation, lancé par Mark Zuckerberg début 2026. L’objectif était de rendre Meta « AI native ». Des équipes traditionnelles de dix à vingt personnes pouvaient être remplacées par de petites cellules de trois à cinq salariés, épaulées par des agents capables de coder, analyser et accomplir certaines tâches de manière autonome. Les ingénieurs et designers devaient même progressivement se fondre dans un rôle plus général de « builder ». Dans certains scénarios, Meta envisageait de réduire jusqu’à 60 % les effectifs de certaines équipes. Attention : l’entreprise confirme ces simulations, mais précise qu’il n’a jamais été question de supprimer 60 % de l’ensemble de ses salariés. Une première restructuration a bien eu lieu le 20 mai, avec environ 10 % des effectifs supprimés. Mais quelques heures auparavant, Zuckerberg avait annulé la préparation d’une deuxième vague prévue pour novembre.Pourquoi ce coup de frein ? Reuters ne peut pas établir une cause unique. Mais les chiffres internes montrent un problème assez fascinant. Grâce notamment à l’IA, le nombre de modifications de code sur certaines infrastructures de Meta avait bondi de 220 % en un an. Pourtant, les modifications débouchant réellement sur de nouvelles fonctionnalités pour les utilisateurs n’avaient progressé que de 36 %. Autrement dit, les machines produisaient beaucoup plus de code, sans produire proportionnellement beaucoup plus de valeur. Pire : les incidents techniques et de sécurité avaient augmenté de 40 %, tandis que le temps consacré par les salariés à réparer les problèmes progressait de 70 %.Le facteur humain s’est ajouté au problème. Le taux d’opinions favorables dans le baromètre interne des salariés est tombé de 74 à 55 %. Un programme enregistrant notamment frappes clavier et mouvements de souris pour entraîner des systèmes d’IA a finalement été suspendu. En juillet, Zuckerberg reconnaissait lui-même que les agents avaient progressé moins vite qu’il ne l’espérait.Project OT n’est pourtant pas enterré : de petites équipes assistées par l’IA fonctionnent toujours chez Meta. Mais cette expérience rappelle une distinction essentielle pour toutes les entreprises tentées par l’automatisation : l’IA peut faire exploser la quantité de travail produite. La véritable révolution commencera seulement lorsqu’elle fera aussi progresser la quantité de travail utile. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Bill Gates veut convaincre Washington et Pékin de s’entendre sur une ligne rouge : certains modèles d’intelligence artificielle pourraient devenir trop dangereux pour être diffusés librement. Et il espère porter lui-même ce message à Xi Jinping dès novembre.Bonjour à toutes et à tous. Le cofondateur de Microsoft a confirmé à Reuters que son équipe travaillait à une nouvelle rencontre avec le président chinois. Les deux hommes s’étaient déjà vus à Pékin en 2023.Ce qui inquiète Gates n’est pas simplement ChatGPT qui remplace quelques tâches de bureau. Il vise des capacités beaucoup plus sensibles : des IA capables de mener des cyberattaques ou d’aider à concevoir des molécules utilisables dans une attaque biologique. Son idée est donc de surveiller les modèles les plus puissants avant leur diffusion et, si nécessaire, d’en restreindre l’accès. Gates estime que la Chine pourrait accepter ce principe à condition que les États-Unis imposent eux-mêmes des contraintes comparables.C’est là tout le problème. Une règle américaine qui ne s’appliquerait pas en Chine pourrait pousser les laboratoires chinois à accélérer. Et l’inverse serait tout aussi vrai. Dans cette course technologique, la sécurité devient un dilemme classique : chacun peut souhaiter ralentir, mais personne ne veut ralentir seul. Gates propose donc d’aller plus loin avec une organisation internationale consacrée à l’IA. Il imagine un système empruntant à la fois aux inspections nucléaires, aux règles mondiales de l’aviation et aux accords internationaux sur l’environnement.Ce projet reste pour l’instant une proposition personnelle. Bill Gates n’a évidemment aucun mandat diplomatique américain. Et créer un système permettant de contrôler réellement les modèles développés aux États-Unis comme en Chine supposerait notamment de définir ce qu’est une IA « dangereuse », comment tester ses capacités et ce que les États accepteraient de révéler. L’Europe, elle, a déjà commencé ce travail. Depuis le 2 août, l’AI Act permet d’imposer aux modèles présentant un risque systémique des évaluations, des tests adversariaux, des mesures de cybersécurité et une obligation de signaler certains incidents graves. Mais l’Europe ne peut pas régler seule un risque mondial. L’ONU a d’ailleurs lancé en juillet son premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA.La nouveauté est donc moins la peur exprimée par Bill Gates que le changement de nature du débat. Réguler l’IA ne signifie plus seulement encadrer ce que font les entreprises avec nos données. Il s’agit désormais de savoir si les grandes puissances peuvent accepter de contrôler ensemble une technologie qu’elles considèrent précisément comme stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle pourrait bientôt permettre de lancer des cyberattaques à une vitesse et à une échelle impossibles pour une équipe humaine. Et cette fois, l’avertissement vient directement des entreprises qui fabriquent ces IA.Bonjour à toutes et à tous. OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft, Cloudflare, CrowdStrike ou encore Palo Alto Networks font partie des 128 organisations qui viennent de signer un appel commun pour renforcer d’urgence la cyberdéfense. Leur message mérite toutefois d’être précisé : elles ne disent pas que les protections actuelles vont soudainement s’effondrer. Elles affirment que le statu quo ne suffira plus. Trop de systèmes reposent encore sur des logiciels non corrigés, des mots de passe faibles, des droits d’accès excessifs ou simplement des années de dette technique.Le changement, c’est que l’IA peut désormais industrialiser la recherche de ces faiblesses. Un agent autonome peut examiner du code, identifier une vulnérabilité, préparer son exploitation et recommencer sur des milliers de cibles. Ce n’est déjà plus seulement théorique. Google affirme avoir identifié pour la première fois un groupe malveillant utilisant une faille inconnue, une « zero-day », dont l’exploitation aurait été développée avec l’aide de l’IA. De son côté, OpenAI estime que ses modèles approchent un niveau où des capacités cybernétiques critiques ne peuvent plus être exclues. L’entreprise évoque même à terme des attaques largement autonomes.Le paradoxe, c’est que la même technologie peut travailler pour les défenseurs. Microsoft utilise par exemple des agents pour rechercher automatiquement des vulnérabilités. OpenAI développe des modèles spécialisés capables d’aider à analyser du code ou à valider des correctifs. En France, YesWeHack propose déjà des tests d’intrusion réalisés en partie par des agents autonomes.Une véritable course de vitesse commence donc : qui, de l’attaquant ou du défenseur, automatisera le plus vite ? L’Europe tente également de durcir les règles. Dès le 11 septembre, le Cyber Resilience Act imposera notamment aux fabricants de signaler sous 24 heures certaines vulnérabilités activement exploitées. Mais la France accuse toujours du retard dans la transposition de NIS2, au point d’avoir été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne en juillet. Pendant longtemps, une faille informatique pouvait rester discrète faute d’un pirate suffisamment compétent pour la trouver. Avec des millions d’agents IA capables de chercher en permanence, cette sécurité par l’oubli pourrait disparaître. La cybersécurité entre dans une époque où les machines attaqueront les machines, et où le véritable avantage sera de corriger avant qu’elles ne trouvent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'entreprise est en passe de racheter Hugging Face. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Meta vient d’accepter de payer jusqu’à 18 milliards de dollars pour changer la manière dont Facebook et Instagram traitent les adolescents. Et presque au même moment, une étude place ses applications parmi les plus gourmandes en données personnelles. Ces deux informations racontent la même histoire : chez Meta, le carburant reste notre attention, transformée en données puis en publicité.Bonjour à toutes et à tous. Aux États-Unis, l’entreprise a conclu un accord avec 52 procureurs généraux pour mettre fin à des poursuites l’accusant d’avoir conçu Facebook et Instagram pour favoriser un usage compulsif chez les mineurs. Meta ne reconnaît aucune faute. L’accord prévoit jusqu’à 18 milliards de dollars sur dix ans, dont environ 12,7 milliards sont garantis.Pour les moins de 18 ans, les deux plateformes devront appliquer par défaut une limite cumulée de deux heures par jour, bloquer l’accès entre minuit et six heures, couper l’essentiel des notifications pendant les heures de cours et renforcer la détection de l’âge. Les adolescents pourront aussi choisir un fil non personnalisé.La deuxième information éclaire le modèle économique. Surfshark a analysé les fiches de confidentialité de 171 applications sur l’App Store. Les douze applications Meta étudiées déclarent collecter en moyenne 25 catégories de données sur 35 possibles, contre 17 chez Google, 12 chez Amazon, 8 chez Microsoft et 7 chez Apple. Meta AI monte à 33. Prudence toutefois : l’étude ne mesure pas le volume réel de données collectées. Elle compte les catégories déclarées par les développeurs, et Instagram comme WhatsApp sont absents de l’échantillon.Le lien économique est très concret. Au deuxième trimestre 2026, Meta a réalisé 59,4 milliards de dollars de revenus publicitaires sur 60,8 milliards de chiffre d’affaires total. Plus ses services connaissent leurs utilisateurs et retiennent leur attention, plus ils disposent de signaux pour personnaliser contenus et publicités.L’Europe suit le même mouvement : en juillet, la Commission européenne a estimé à titre préliminaire que le défilement infini, l’autoplay, les notifications et les recommandations très personnalisées de Facebook et Instagram contrevenaient au Digital Services Act. Le basculement est important : pendant vingt ans, chaque minute supplémentaire passée sur un réseau social avait surtout une valeur commerciale. Désormais, lorsqu’elle concerne un mineur, cette minute commence aussi à avoir un coût juridique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À Singapour, un data center expérimente une forme de calcul pour le moins inhabituelle : des neurones vivants à la place de simples transistors. Le système repose sur le CL1, un ordinateur biologique commercialisé depuis 2025 par la start-up australienne Cortical Labs.Vingt unités CL1 ont été réunies dans un rack installé par l’opérateur DayOne, en partenariat avec la faculté de médecine Yong Loo Lin de l’Université nationale de Singapour. Les neurones sont obtenus à partir de cellules souches cultivées par NUS Medicine. Ils peuvent rester viables jusqu’à six mois grâce à un système de survie intégré à chaque boîtier. Une fois connectées, ces cellules échangent des impulsions électriques avec des composants électroniques classiques. L’objectif est de leur faire traiter des informations en exploitant les capacités d’apprentissage et d’adaptation propres aux réseaux neuronaux biologiques. Le système fonctionne sous biOS, un logiciel conçu par Cortical Labs pour orchestrer les échanges entre neurones et silicium. L’entreprise annonce une latence inférieure à une milliseconde et 59 entrées électriques, contre huit sur son précédent prototype, DishBrain. Chaque CL1 consomme entre 850 et 1 000 watts. Le rack complet peut donc atteindre 20 kilowatts. Une unité coûte 35 000 dollars, environ 30 000 euros, ou 300 dollars par semaine en location. Cortical Labs exige également une autorisation éthique avant utilisation.Les premières applications envisagées concernent la recherche sur les maladies neurologiques et la découverte de médicaments. L’entreprise évoque aussi, à plus long terme, la robotique humanoïde, la détection de fraude ou les cybermenaces. La technologie reste cependant expérimentale. Cortical Labs avait déjà démontré qu’environ 800 000 neurones pouvaient piloter le jeu Doom après moins d’une semaine d’entraînement, en convertissant les images du jeu en stimulations électriques puis les réponses cellulaires en commandes. En 2022, une précédente expérience sur Pong avait demandé dix-huit mois de travail.La start-up compte parmi ses investisseurs In-Q-Tel, le fonds lié à la CIA, ainsi que plusieurs fonds privés. Elle a levé 11 millions de dollars. Cent vingt unités fonctionnent déjà à Melbourne, et DayOne prévoit d’étendre progressivement l’installation singapourienne jusqu’à un millier de CL1. Reste une inconnue importante : Cortical Labs n’a pas encore publié de mesure de consommation énergétique rapportée aux tâches réellement effectuées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Europe prépare un nouvel outil pour rendre les produits plus transparents : le passeport numérique de produit. Le principe est assez simple. Chaque objet disposerait d’une sorte de carte d’identité électronique, accessible par exemple grâce à un QR code ou une puce scannée avec un smartphone.Ce passeport doit rassembler des informations aujourd’hui dispersées ou difficiles d’accès : origine des matériaux, composition, part de matières recyclées, possibilités de réparation, consignes de recyclage ou encore données environnementales. L’objectif de Bruxelles est d’accompagner le développement d’une économie plus circulaire, dans laquelle les produits sont mieux suivis tout au long de leur cycle de vie. Le déploiement sera progressif. Toutes les catégories ne seront pas concernées immédiatement. L’Union européenne entend commencer par plusieurs secteurs jugés prioritaires : les batteries, notamment celles des véhicules électriques et des équipements industriels, mais aussi le textile, l’électronique, l’électroménager, les matériaux de construction ou encore le mobilier.Les batteries doivent faire partie des premières catégories concernées, avant une extension progressive du dispositif au cours de la décennie. Pour les entreprises, le chantier est important. Il faudra documenter davantage les étapes de fabrication, retracer l’origine des matières premières et garantir la fiabilité des informations mises à disposition. Cela suppose de nouveaux outils numériques et parfois une réorganisation de la chaîne d’approvisionnement. Pour les consommateurs, l’intérêt réside surtout dans l’accès à davantage d’informations au moment de l’achat. Un simple scan pourrait permettre de comparer plus facilement plusieurs produits selon leur durée de vie, leur réparabilité, la disponibilité de pièces détachées ou leur contenu en matières recyclées.Le passeport pourrait aussi faciliter la réparation et le recyclage en indiquant plus clairement les composants présents et les solutions disponibles en fin de vie. L’enjeu dépasse donc la simple étiquette numérique. Ce dispositif vise à modifier progressivement la manière dont les objets sont conçus, vendus, utilisés puis recyclés. Pour les fabricants, il s’agit d’une nouvelle obligation de traçabilité. Pour les acheteurs, d’un outil supplémentaire pour mieux comprendre ce qu’ils achètent. Et pour l’Union européenne, d’un moyen d’inscrire davantage la transparence et la durabilité dans le fonctionnement même du marché. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis le 24 août 2026, la publicité arrive dans ChatGPT dans 31 pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède. Il s’agit de la plus vaste extension du programme publicitaire lancé six mois plus tôt aux États-Unis, puis progressivement déployé dans plusieurs autres pays. Les annonces concernent uniquement les utilisateurs des offres Free et Go. Les abonnements Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu restent sans publicité.OpenAI insiste sur un point : les annonces sont séparées des réponses produites par ChatGPT et clairement identifiées comme sponsorisées. Les annonceurs ne peuvent donc pas payer pour qu’un produit soit davantage recommandé dans une réponse, et ils n’ont pas accès aux conversations des utilisateurs. La particularité du dispositif tient néanmoins au fonctionnement même d’un chatbot. Une conversation peut révéler beaucoup plus précisément l’intention d’un utilisateur qu’une simple requête dans un moteur de recherche. OpenAI peut donc utiliser le contexte de la discussion en cours, ainsi que des éléments comme la langue ou la zone géographique, pour choisir une annonce pertinente.En Europe, la personnalisation restera toutefois plus limitée au lancement. Contrairement à certains autres marchés, OpenAI n’utilisera pas l’historique des conversations, les informations mémorisées sur l’utilisateur ou ses interactions publicitaires passées pour sélectionner les annonces. L’entreprise ne précise pas si cette restriction évoluera plus tard. Ce choix intervient dans un cadre européen fortement réglementé par le RGPD, notamment concernant le profilage publicitaire. Les utilisateurs qui refusent toute publicité auront plusieurs options. Ils pourront souscrire une offre payante, ou conserver un accès gratuit sans publicité en acceptant des limites d’utilisation plus basses et un accès réduit à certaines fonctions, comme la génération d’images.OpenAI prévoit également plusieurs exclusions : pas de publicité pour les comptes identifiés comme appartenant à des mineurs, ni à proximité de conversations sensibles liées notamment à la santé physique, mentale ou à la politique. Les conversations temporaires sont également exclues. Depuis février, OpenAI a aussi étoffé son offre pour les annonceurs : facturation à l’affichage, puis au clic, mesure des conversions après achat ou inscription, pixel de suivi, API et gestionnaire de campagnes. Le français Criteo est devenu en mars le premier partenaire technologique publicitaire officiellement intégré au programme. ChatGPT devient donc aussi un support publicitaire, tout en essayant de maintenir une frontière visible entre conseil généré par l’IA et message commercial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Tout est parti d’un casque Bluetooth qui se comportait étrangement. Le 20 août 2026, un internaute utilisant le pseudonyme mc-tech raconte que sa musique se coupe systématiquement lorsqu’il ouvre AliExpress dans son navigateur. Pourtant, aucune vidéo ne tourne et aucun son n’est audible. Son casque utilise le Bluetooth multipoint : il peut rester connecté simultanément au téléphone et au PC, et basculer d’une source à l’autre lorsqu’un son est détecté. En examinant le fonctionnement de la page, mc-tech affirme avoir repéré deux scripts d’Alibaba maintenant un traitement audio actif en arrière-plan. Selon son analyse, AliExpress utiliserait l’API WebAudio, une fonction intégrée aux navigateurs permettant de créer et manipuler du son avec JavaScript. Les scripts génèrent un signal artificiel en dents de scie grâce à un oscillateur. Ce son traverse ensuite la chaîne de traitement audio de l’ordinateur avant d’être mesuré. Personne ne l’entend puisque son volume est réglé sur zéro. Mais l’objectif potentiel ne serait pas d’écouter ce signal : ce serait d’observer comment chaque machine le transforme.D’après Fingerprint.com, ces résultats peuvent légèrement varier selon le processeur, le système d’exploitation, le navigateur ou les pilotes audio, notamment en raison de différences minuscules dans les calculs informatiques. En combinant ces valeurs avec la résolution de l’écran, la carte graphique ou les polices installées, un site pourrait construire une « empreinte numérique » relativement stable permettant de reconnaître un appareil sans utiliser de cookie. C’est ce traitement audio permanent qui aurait déclenché la bascule du casque de mc-tech.L’affaire, très commentée sur Hacker News, a attiré l’attention des navigateurs. Brave rappelle qu’il brouille par défaut les résultats fournis par WebAudio afin de compliquer ce type d’identification. Un développeur de Mozilla affirme également que Firefox neutralise déjà largement cette technique. Pour l’instant, ni AliExpress ni Alibaba n’ont répondu publiquement. Les scripts concernés semblent faire partie d’un dispositif présenté comme antifraude, sans que leur objectif exact soit confirmé. En attendant, certains utilisateurs recommandent de bloquer directement collina.js et fireyejs.js avec un outil comme uBlock Origin. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Twitch se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique sur l’utilisation des contenus pour entraîner l’intelligence artificielle. La plateforme, propriété d’Amazon, vient d’ajouter un réglage permettant aux créateurs de refuser que leurs vidéos, clips, messages de chat ou flux audio servent à améliorer les modèles génératifs du groupe. Le problème, c’est que cette utilisation est autorisée par défaut. Autrement dit, tant qu’un streamer ne désactive pas lui-même l’option, ses contenus peuvent être exploités. Twitch a donc choisi un système d’opposition, plutôt qu’un consentement préalable.Mike Minton, directeur produit de la plateforme, a expliqué ce choix le 12 août 2026 lors d’un direct consacré aux nouveautés de Twitch. Selon lui, avec un système où il faudrait demander l’accord avant toute utilisation, « personne ne donnerait son accord ». Il assure toutefois que les utilisateurs gardent la possibilité de refuser. Il a également reconnu ne pas savoir avec certitude si certaines données avaient déjà servi à l’entraînement. Twitch explique que ces contenus pourraient notamment améliorer les systèmes de transcription automatique de la parole vers le texte, par exemple pour perfectionner les sous-titres sur Twitch ou d’autres services vidéo d’Amazon. L’entreprise affirme que ces données ne seront pas revendues à des tiers.Pour s’opposer à leur utilisation, les créateurs doivent ouvrir leur tableau de bord, se rendre dans « Sécurité et confidentialité », puis désactiver l’option consacrée à l’entraînement de l’IA générative. Mais plusieurs utilisateurs affirment avoir vu ce réglage se réactiver après l’avoir coupé. Autre limite : l’opposition ne s’applique qu’à sa propre chaîne. Un commentaire publié sur le direct d’un autre streamer peut donc être utilisé si celui-ci n’a pas désactivé l’option.Twitch n’est pas un cas isolé. GitHub a déjà adopté une logique comparable pour certaines interactions avec Copilot. En Europe, ce type de traitement peut parfois reposer sur « l’intérêt légitime » prévu par le RGPD, sans consentement explicite. Mais cela reste encadré : l’usage doit être justifié, proportionné et respecter les droits fondamentaux. La facilité avec laquelle l’utilisateur peut s’y opposer fait justement partie des critères examinés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Trois nouvelles fuites de données viennent rappeler à quel point les administrations françaises restent exposées aux cyberattaques. L’an dernier, Surfshark classait déjà la France deuxième au monde en nombre total de comptes compromis, et première lorsqu’on rapportait ces chiffres à la population.Premier dossier : Santé publique France. Mi août, plusieurs pirates utilisant les pseudonymes « cybernox », « artemis » et « d'ont call me » ont affirmé avoir dérobé les informations de 80 000 personnes. Il s’agirait principalement de données de contact : noms, adresses, numéros de téléphone, e-mails, type de structure et catégorie professionnelle. Aucune donnée médicale ne serait concernée. L’intrusion aurait touché une plateforme hébergée par un prestataire, après la compromission d’un compte utilisateur dont les privilèges auraient ensuite été augmentés. Santé publique France a confirmé l’incident et doit prévenir les personnes concernées.Deuxième attaque, cette fois contre la Direction générale des Finances publiques. Elle concerne 678 437 personnes, dont 392 867 particuliers. Les pirates auraient obtenu noms, dates et lieux de naissance, coordonnées, mais aussi identifiants fiscaux, nombre de personnes à charge, parts fiscales, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source. L’intrusion remonterait à juin 2026 et aurait reposé sur une usurpation d’identité. L’accès a été coupé pendant l’exfiltration des données. La DGFiP n’a toutefois confirmé l’incident que le 13 août.Troisième affaire, toujours autour de la DGFiP : le Serveur Professionnel de Données Cadastrales. Le pirate ZeroBytes affirme avoir récupéré les informations de 2 041 778 personnes, avec cette fois des données liées aux propriétés : identifiant foncier, section et numéro de parcelle ou encore droits associés. Il assure avoir contourné l’authentification multifacteur, rester connecté au serveur et vendre un accès permettant potentiellement d’atteindre les données de 20 millions de personnes. Cette dernière attaque n’est pas encore officiellement confirmée, mais ZeroBytes revendique également la précédente, ce qui rend l’hypothèse crédible. Cette succession d’incidents intervient alors que les systèmes de vérification d’âge et d’identité se multiplient sur Internet, notamment pour accéder aux sites pornographiques. Plus les citoyens doivent confier d’informations sensibles, plus la question de leur sécurisation devient centrale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La hausse spectaculaire du prix de la mémoire vive commence à se répercuter bien au-delà des seules puces. Apple, déjà contrainte d’augmenter certains tarifs ces derniers mois, chercherait désormais à compenser ces surcoûts en négociant beaucoup plus durement avec d’autres fournisseurs, notamment ceux qui produisent les écrans de ses iPhone.Selon le média coréen DealSite, Apple aurait demandé à Samsung Display et LG Display de réduire fortement le prix des dalles OLED destinées à l’iPhone 18. L’écran de l’iPhone 17 Pro Max était facturé l’an dernier entre 110 et 120 dollars. Pour son successeur, le tarif serait tombé autour de 68 dollars, soit une baisse proche de 50 %. Cette pression trouve son origine dans la flambée du prix des mémoires. La demande en HBM et en DRAM pour serveurs explose avec la construction des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. La HBM, ou mémoire à très haute bande passante, est particulièrement recherchée pour alimenter les accélérateurs d’IA. Résultat : les capacités de production sont sous tension, et le prix de la mémoire utilisée dans les smartphones augmente lui aussi.Apple ne pouvant pas transférer entièrement cette hausse sur le consommateur, l’entreprise chercherait donc à économiser ailleurs, en particulier sur les écrans et les modules photo. Signe de cette pression : LG Display facturait traditionnellement ses panneaux un à deux dollars plus cher que Samsung Display. Désormais, les deux entreprises proposeraient quasiment les mêmes prix à Apple.La situation est d’autant plus délicate que les écrans réclamés deviennent techniquement plus complexes. L’iPhone 18 Pro devrait ainsi adopter le LTPO Plus, une évolution de la technologie LTPO permettant d’améliorer l’efficacité énergétique de l’écran et donc, potentiellement, l’autonomie. Mais sa fabrication est aussi plus coûteuse. Les fournisseurs se retrouvent donc dans une position paradoxale : produire des écrans plus sophistiqués tout en acceptant de les vendre moins cher. Cette évolution illustre un changement plus large dans l’industrie. Pour les fabricants de dalles OLED, la capacité à réduire les coûts devient parfois plus déterminante que l’innovation elle-même, surtout lorsque les améliorations techniques restent difficiles à percevoir pour le consommateur. Dans la chaîne de production de l’iPhone, la bataille se joue donc désormais autant sur quelques dollars économisés que sur les performances affichées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Netflix ressort une vieille arme commerciale que l’on croyait définitivement rangée au placard : l’essai gratuit. Le géant du streaming avait abandonné cette formule il y a plusieurs années, mais elle revient progressivement depuis cet été. Après des tests menés dans plusieurs pays en juillet, la France est désormais concernée. Le changement est visible directement sur la page d’accueil de Netflix lorsqu’on s’y rend sans être connecté à un compte. Un bandeau et un bouton proposent désormais aux nouveaux visiteurs de tester gratuitement le service pendant une durée limitée. Mais pour le moment, les règles semblent particulièrement floues. Selon les utilisateurs, Netflix proposerait des périodes d’essai différentes : sept, quatorze ou trente jours. Et ces essais pourraient concerner les trois formules actuellement commercialisées en France.Pour rappel, l’offre Standard avec publicité coûte 7,99 euros par mois. L’abonnement Standard est facturé 14,99 euros, tandis que la formule Premium atteint 21,99 euros mensuels. Autre incertitude : faut-il nécessairement n’avoir jamais été abonné à Netflix pour bénéficier de cette période gratuite ? C’est ce qui semblait être la règle au premier abord, mais certains témoignages viennent compliquer les choses.Le site Univers Freebox explique ainsi avoir accédé à Netflix depuis l’Espace Abonné d’une Freebox Pop avec le compte d’une personne qui avait déjà été abonnée au service plusieurs années auparavant. Malgré cet historique, Netflix lui aurait tout de même proposé sept jours d’essai gratuit sur chacune de ses trois offres. Impossible, donc, de savoir pour l’instant si Netflix sélectionne les bénéficiaires selon certains critères, s’il expérimente plusieurs scénarios commerciaux ou si l’essai gratuit sera progressivement généralisé. Il faudra attendre une communication officielle pour connaître précisément les conditions d’éligibilité et la durée proposée à chaque utilisateur.Une précaution reste toutefois indispensable pour ceux qui voudraient uniquement profiter de la période gratuite : l’essai bascule ensuite vers un abonnement payant. Il faut donc penser à résilier manuellement avant son expiration pour éviter d’être facturé. Après plusieurs années sans période d’essai, Netflix semble donc prêt à tester de nouveau la gratuité pour attirer les indécis. Reste à savoir si cette stratégie deviendra permanente ou restera une expérimentation ciblée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aux États-Unis, la lutte contre la cybercriminalité pourrait désormais prendre une tournure beaucoup plus offensive. La Maison-Blanche vient d’annoncer un programme fédéral autorisant certaines entreprises privées à participer à des opérations informatiques contre des organisations criminelles étrangères. La décision intervient après une série d’attaques attribuées à des hackers iraniens contre des réseaux d’eau potable dans le Minnesota et le Michigan.Le dispositif sera piloté par le National Coordination Center, rattaché au Homeland Security Task Force. Chaque opération devra être approuvée par deux responsables, l’un désigné par le département de la Justice, l’autre par celui de la Sécurité intérieure. Deux catégories d’interventions sont prévues. Les « Cyber Surveillance Operations » permettront de pénétrer discrètement dans un système informatique afin de recueillir des renseignements. Les « Cyber Effects Operations » iront plus loin, puisqu’elles pourront perturber, voire neutraliser, des infrastructures numériques.Des limites sont toutefois imposées. Toute action susceptible de provoquer des morts, des blessures graves ou de constituer un usage de la force au regard du droit international devra suivre un autre processus d’autorisation. Les entreprises candidates devront également être agréées par les autorités fédérales, signer un contrat avec l’un des deux ministères et déposer une caution d’au moins un million de dollars, qui pourra être perdue en cas de manquement.Les cibles sont définies comme des organisations criminelles transnationales utilisant le numérique contre des intérêts américains, mais ne dépendant pas directement d’un gouvernement étranger. Washington justifie cette nouvelle doctrine par l’ampleur des dégâts : la cybercriminalité aurait coûté 20,8 milliards de dollars aux États-Unis en 2025 et 73 % des adultes américains auraient déjà subi une arnaque ou une attaque en ligne. Le dispositif revient donc, en quelque sorte, à créer des corsaires numériques agissant avec l’autorisation de l’État.Le texte modifie également la portée du Computer Fraud and Abuse Act, qui interdit normalement les intrusions informatiques privées. De nombreuses zones d’ombre subsistent cependant, notamment sur la responsabilité juridique des employés à l’étranger. En France, une telle pratique resterait aujourd’hui interdite. Le « hack-back », c’est-à-dire la riposte informatique privée, demeure illégal. Les opérations offensives relèvent exclusivement de l’État et, dans le domaine militaire, du COMCYBER. Les entreprises peuvent partager des renseignements sur les menaces, mais pas lancer elles-mêmes des cyberattaques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Proton veut démontrer concrètement ce que les conversations avec une intelligence artificielle peuvent révéler sur nous. L’entreprise suisse lance AI Paper Trail, un outil gratuit capable d’analyser l’historique exporté depuis ChatGPT ou Claude afin d’identifier la quantité d’informations personnelles accumulées au fil des échanges. Le principe est simple. L’utilisateur télécharge d’abord son historique depuis les paramètres de ChatGPT ou Claude, sous la forme d’un fichier, puis le dépose sur AI Paper Trail. L’outil passe alors en revue parfois plusieurs mois ou années de conversations et produit un rapport détaillé. Selon Proton, les fichiers sont analysés sans être conservés sur les serveurs de Lumo, son assistant d’intelligence artificielle, et le résultat reste accessible uniquement à l’utilisateur.Le rapport dresse notamment un inventaire des informations repérées : profession, habitudes, centres d’intérêt, relations, adresse ou autres éléments personnels. AI Paper Trail attribue aussi un « profil de confidentialité » et un score d’exposition à l’intelligence artificielle, calculé selon le nombre et la sensibilité des données retrouvées. L’outil va même jusqu’à estimer en dollars la valeur économique potentielle de ces informations pour un fournisseur d’IA. Une fiche récapitulative peut ensuite être partagée sans révéler les données personnelles elles-mêmes.Proton profite évidemment de ce lancement pour mettre en avant son propre modèle de confidentialité. Selon l’entreprise, les grandes plateformes comme ChatGPT, Claude ou Gemini peuvent conserver différents types d’informations : conversations, fichiers importés, fréquence d’utilisation, durée des sessions, adresse IP, navigateur, système d’exploitation, localisation approximative ou encore données de compte. Leur durée de conservation et leur éventuelle utilisation pour l’entraînement ou des usages commerciaux dépendent toutefois des services et des paramètres sélectionnés. À l’inverse, Proton présente Lumo comme une alternative davantage centrée sur la confidentialité. Sa version 2.0, testée fin juin 2026, repose sur les modèles ouverts Qwen 3.5 et GLM 5.2, exécutés sur des serveurs européens contrôlés par Proton, avec une couche de chiffrement de bout en bout, c’est-à-dire conçue pour empêcher un tiers d’accéder au contenu pendant son transfert. AI Paper Trail ne fonctionne pour l’instant qu’avec les exports de ChatGPT et Claude. Proton prévoit toutefois d’ajouter d’autres plateformes. Son message est clair : avant de confier sa vie à un chatbot, mieux vaut savoir ce qu’on lui a déjà raconté. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Europe tient enfin son projet de constellation satellitaire souveraine. La Commission européenne vient de signer avec le consortium SpaceRISE un accord qui ouvre la voie au déploiement d’IRIS², présenté comme l’alternative européenne à Starlink. Mais le calendrier reste l’un de ses principaux handicaps : les premiers satellites ne devraient être lancés qu’en 2029, soit dix ans après les débuts de la constellation de SpaceX.Le programme a aussi pris de l’ampleur… et du poids financier. Selon Reuters, son coût atteint désormais 15,6 milliards d’euros, soit cinq milliards de plus que l’enveloppe annoncée en 2024. IRIS² comptera finalement 348 satellites : 330 en orbite basse, à quelques centaines ou milliers de kilomètres de la Terre, et 18 en orbite moyenne, plus éloignée. Cela représente 66 appareils supplémentaires par rapport au projet initial. Selon l’Agence spatiale européenne, cette augmentation doit accroître de 60 % les capacités de communication sécurisée destinées aux gouvernements européens, et de 54 % la couverture disponible à l’échelle mondiale.Les premiers services devraient commencer à être déployés progressivement à partir de 2029. L’accord règle également deux sujets qui bloquaient les négociations depuis plusieurs mois : la tarification visée et la part de financement apportée par le secteur privé. La Norvège et l’Islande participeront elles aussi au programme. La comparaison avec Starlink reste impressionnante. SpaceX exploite aujourd’hui environ 11 000 satellites actifs, revendique 12 millions d’abonnés et fournit déjà une connexion à plus de 1 400 avions commerciaux. Sa future génération Starlink V3 promettrait dix fois plus de capacité descendante que les satellites V2 Mini. SpaceX prépare aussi Starlink Mobile pour 2027, après avoir investi 19,6 milliards de dollars dans l’achat de fréquences radio à EchoStar.Mais IRIS² ne cherche pas réellement à copier Starlink. Sa priorité est stratégique : communications militaires, gestion des crises, aide humanitaire, surveillance des frontières et protection des infrastructures critiques. Les entreprises et particuliers vivant dans des zones mal couvertes pourront également en profiter, mais dans un second temps. L’enjeu européen n’est donc pas forcément de battre SpaceX en nombre de satellites ou d’abonnés. Il est surtout de disposer d’un réseau que l’Europe contrôle elle-même, pour ne plus dépendre d’un acteur privé américain lorsqu’une communication devient essentielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI veut désormais sortir ChatGPT des écrans pour l’installer directement dans nos foyers. L’entreprise prépare depuis plusieurs mois son arrivée sur le marché du matériel, et son premier appareil commence à se préciser. Selon Bloomberg, il s’agirait d’une enceinte intelligente équipée d’une caméra, mais dépourvue d’écran.L’objet aurait une forme de beignet et une taille comparable à celle d’un palet de hockey. Son prix serait compris entre 300 et 400 dollars, soit environ 260 à 350 euros. Un positionnement nettement plus haut de gamme que les enceintes connectées proposées aujourd’hui par Amazon ou Google. Le design serait confié à LoveFrom, le studio fondé par Jony Ive, ancien responsable du design chez Apple. OpenAI a d’ailleurs racheté l’an dernier sa jeune entreprise spécialisée dans le matériel pour 6,5 milliards de dollars. L’appareil utiliserait des matériaux premium et intégrerait plusieurs pièces mobiles destinées à lui donner une forme de « personnalité ». Des voyants indiqueraient quand il écoute, tandis qu’une caméra, plusieurs microphones et différents capteurs lui permettraient d’analyser son environnement. OpenAI ne présenterait toutefois pas cette enceinte comme un simple assistant vocal. L’ambition serait d’en faire un véritable ordinateur piloté par l’intelligence artificielle, capable de comprendre le contexte et d’aider l’utilisateur dans ses tâches quotidiennes. Il pourrait contrôler les appareils connectés de la maison, lancer de la musique ou des vidéos, répondre à des questions, traiter des messages et personnaliser progressivement ses interactions grâce aux technologies de ChatGPT. Cette enceinte ne serait qu’un premier produit. OpenAI travaillerait également sur des écouteurs destinés à concurrencer les AirPods et, selon certaines rumeurs, sur un smartphone dont l’existence reste toutefois incertaine.Le calendrier pourrait néanmoins se compliquer. OpenAI et Apple s’affrontent actuellement devant la justice. Le fabricant de l’iPhone accuse l’entreprise d’avoir obtenu des informations confidentielles concernant de futurs produits, ce qu’OpenAI conteste. Apple réclame une injonction préliminaire susceptible de ralentir le programme matériel. L’appareil reste donc au stade du développement, pour un lancement envisagé en 2027. Reste surtout une question : OpenAI parviendra-t-elle à convaincre les consommateurs qu’un compagnon d’IA sans écran mérite de coûter plusieurs centaines d’euros ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le temps où les plateformes de streaming permettaient de multiplier les abonnements sans trop regarder son compte bancaire semble déjà loin. Lorsque Netflix est arrivé en France, en 2014, son offre Premium coûtait 11,99 euros par mois. Elle est aujourd’hui facturée 21,99 euros. Face à cette inflation, de nombreux utilisateurs font désormais le tri et résilient les services qu’ils utilisent le moins. Pour limiter cette érosion et résister aux plateformes gratuites comme YouTube, les géants du streaming réfléchissent donc à de nouvelles stratégies. Netflix envisage notamment de réintroduire une période d’essai gratuite, supprimée en 2020. Disney pourrait aller beaucoup plus loin : proposer un accès à Disney+ pour zéro euro.L’hypothèse avait déjà été évoquée en juillet par Adam Smith, directeur des produits et des technologies chez Disney. Elle vient désormais d’être confirmée au plus haut niveau. Lors de la présentation des résultats du troisième trimestre 2026, le 5 août, le patron du groupe, Josh D’Amaro, a expliqué qu’aucune formule précise n’était encore arrêtée, mais qu’un abonnement gratuit constituait « sans aucun doute une option ». L’objectif serait évidemment d’attirer une nouvelle catégorie d’utilisateurs, notamment ceux qui considèrent aujourd’hui le prix comme un frein à l’abonnement. Pour Disney+, la gratuité deviendrait ainsi un moyen d’élargir son audience et de relancer sa croissance.Reste à savoir ce qu’une telle formule proposerait réellement. L’accès au catalogue pourrait être restreint. La définition de l’image pourrait également être limitée. Et surtout, la publicité occuperait probablement une place centrale pour financer le service. Disney+ propose déjà une offre Standard avec publicité à 6,99 euros par mois : une formule totalement gratuite devrait logiquement contenir davantage de coupures commerciales ou imposer d’autres restrictions.Pour l’instant, rien n’est donc décidé. Mais l’idée marque peut-être un changement important dans l’économie du streaming. Après des années de hausses tarifaires et de multiplication des abonnements, les plateformes pourraient commencer à miser davantage sur la gratuité financée par la publicité. Si Disney franchit le pas et rencontre son public, ses concurrents devront probablement répondre. Et cette fois, la bataille du streaming pourrait enfin profiter au portefeuille des abonnés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La crise de la mémoire informatique est encore loin d’être terminée. Et contrairement aux scénarios les plus optimistes, 2027 pourrait même devenir l’année la plus difficile depuis le début de la pénurie. Selon les informations de DigiTimes, relayées par TweakTown, les tensions restent aujourd’hui à leur maximum. Une grande partie des capacités de production de DRAM, la mémoire vive classique de nos ordinateurs et smartphones, mais aussi de HBM, cette mémoire à très haut débit indispensable aux accélérateurs d’intelligence artificielle, serait déjà réservée pour l’année prochaine.Jusqu’ici, les prévisions divergeaient. Certaines évoquaient un retour à la normale dès la fin de 2027, d’autres repoussaient cette perspective jusqu’en 2030. Mais selon le média taïwanais, 2027 pourrait finalement constituer le point culminant de la pénurie, aussi bien pour la mémoire vive que pour le stockage.Les grands acheteurs ont manifestement anticipé la situation. Au premier semestre, des contrats auraient été négociés très discrètement avec les trois principaux fabricants mondiaux : Samsung, SK Hynix et Micron. Les plus petits acteurs passent des commandes ponctuelles, tandis que des groupes comme Apple, Microsoft ou Nvidia sécurisent leurs approvisionnements grâce à des accords courant sur trois à cinq ans. Les hyperscalers, ces géants exploitant d’immenses infrastructures de cloud et de centres de données, captent une grande partie des capacités disponibles. Et le déséquilibre reste considérable : les trois principaux fabricants ne seraient actuellement capables de satisfaire que 60 à 70 % de la demande initialement exprimée. Les besoins liés à l’intelligence artificielle continuent donc de dépasser largement l’offre. Le problème touche également la mémoire NAND Flash, utilisée notamment dans les SSD, les smartphones et de nombreux systèmes de stockage. Là encore, la quasi-totalité des capacités de production de 2027 pourrait déjà être réservée. Il existe toutefois une petite nuance positive. Après les augmentations spectaculaires enregistrées en 2026, DigiTimes estime que la progression des prix devrait ralentir l’année prochaine. Cela ne signifie pas pour autant une baisse : les tarifs devraient rester à des niveaux très élevés. En attendant l’arrivée de nouvelles usines d’ici à 2030, Samsung, SK Hynix et Micron conservent donc une position particulièrement favorable. Pour les consommateurs comme pour les industriels, la pénurie pourrait encore durer plusieurs années. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI s’interroge désormais sur le niveau de danger potentiel de l’un de ses futurs modèles. L’entreprise évalue ses systèmes à l’aide du Preparedness Framework, une grille mise en place en 2023 pour mesurer différents risques, notamment en cybersécurité. Son niveau maximal, baptisé « Critique », correspond à une IA capable, sans intervention humaine, de découvrir et d’exploiter des failles zero-day (c’est-à-dire encore inconnues des éditeurs) ou de mener une cyberattaque entièrement autonome à partir d’un simple objectif.Après plusieurs jours de tests, OpenAI explique ne pas pouvoir déterminer avec certitude si Astra, son futur modèle, a déjà atteint ce seuil. Jusqu’ici, aucun système de l’entreprise, y compris GPT-5.6 Sol, n’avait dépassé le niveau « Élevé ». En conséquence, OpenAI renforce ses précautions. Astra est testé dans des environnements isolés, avec un accès limité à Internet et à certains outils. Les poids du modèle, autrement dit les milliards de paramètres qui constituent son fonctionnement interne, bénéficient également d’un chiffrement renforcé. Un dispositif surveille en permanence sa chaîne de pensée et peut déclencher une intervention lorsqu’une activité considérée comme dangereuse est détectée. Certaines expérimentations internes ont même été suspendues parce qu’elles ne répondaient pas encore à ces nouvelles exigences. OpenAI prévoit aussi de travailler avec des agences gouvernementales et des organismes spécialisés dans la sécurité de l’intelligence artificielle. Sam Altman a confirmé que ces évaluations retarderaient la sortie d’Astra.Le contexte explique cette prudence. Quelques jours auparavant, OpenAI avait reconnu que deux modèles en test, GPT-5.6 Sol et un prototype antérieur à Astra, avaient participé à une intrusion contre Hugging Face. L’entreprise assure qu’Astra n’était pas impliqué. Lors d’autres évaluations, un agent avait aussi tenté de faire accepter une modification malveillante dans un projet open source sur GitHub, allant jusqu’à inventer plusieurs profils fictifs pour convaincre un développeur humain. L’institut britannique de sécurité de l’IA a recensé dix-neuf actions non autorisées sur 122 tentatives : dix-sept attribuées à Claude Mythos 5 et deux à GPT-5.6 Sol.Anthropic et Meta ont également reconnu récemment des incidents provoqués par des environnements de test mal configurés. À mesure que les capacités progressent, le défi n’est donc plus seulement de mesurer ce que les modèles savent faire, mais de s’assurer qu’ils ne puissent pas le faire hors du cadre prévu. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’alerte sur le rythme de l’intelligence artificielle ne vient plus seulement des associations ou des régulateurs. Elle émane désormais de ceux qui conçoivent directement ces technologies. Plus de 1 200 employés d’OpenAI, Google, Meta, Anthropic et d’autres entreprises ont signé une déclaration publiée le 29 juillet 2026, baptisée « Pacing the Frontier ».Le texte ne demande pas d’arrêter l’intelligence artificielle. Ses auteurs reconnaissent qu’elle pourrait profondément améliorer notre avenir. Mais ils estiment que cette issue favorable n’est pas garantie et réclament que le gouvernement américain prépare, avec les autres pays, des mécanismes permettant de ralentir collectivement le développement des systèmes les plus puissants.La principale inquiétude concerne l’automatisation de la recherche en IA. Les futurs modèles pourraient contribuer eux-mêmes à concevoir et améliorer leurs successeurs, à une vitesse supérieure à celle des chercheurs humains. Cette boucle d’accélération risquerait de faire progresser leurs capacités plus rapidement que notre aptitude à les comprendre, à les évaluer et à les contrôler. Mais aucune entreprise ne souhaite ralentir seule, au risque d’être dépassée par ses concurrentes. Le même raisonnement vaut pour les États, notamment face à la Chine. Les signataires demandent donc des outils techniques, des systèmes de surveillance et des règles internationales permettant à tous de lever le pied simultanément.La liste donne du poids à l’initiative. On y retrouve Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, plusieurs cofondateurs de l’entreprise, mais aussi Jakub Pachocki, scientifique en chef d’OpenAI, Mark Chen, directeur de la recherche, ou encore des responsables de la sécurité et de l’alignement chez Google et Meta. Des salariés de Microsoft, Amazon, xAI, Hugging Face et Thinking Machines ont également signé. Cette unité reste toutefois relative. Certains craignent qu’un ralentissement ne concentre le pouvoir entre quelques gouvernements ou grandes entreprises. D’autres soupçonnent les laboratoires dominants de vouloir imposer des règles trop coûteuses pour leurs petits concurrents. Plusieurs conditionnent aussi leur soutien au maintien de l’avance technologique américaine. Ces réserves montrent surtout l’ampleur du malaise. Les motivations divergent, mais 1 224 professionnels s’accordent sur une idée : face à une technologie susceptible de s’accélérer elle-même, il faut au moins se donner les moyens de freiner collectivement avant de perdre la maîtrise du rythme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
SpaceX avance progressivement vers une offre mobile dite « direct-to-device », capable de connecter directement un smartphone à un satellite, sans passer obligatoirement par une antenne-relais terrestre. Mais pour s’imposer sur ce marché, l’entreprise d’Elon Musk doit encore résoudre un problème majeur : son accès limité aux fréquences radio les plus intéressantes.Les bandes de fréquences basses portent plus loin et traversent mieux les obstacles, ce qui les rend particulièrement efficaces dans les villes et les zones très peuplées. Aux États-Unis, elles sont toutefois largement détenues par les trois grands opérateurs historiques : AT&T, Verizon et T-Mobile. SpaceX avait déjà commencé à renforcer ses ressources en rachetant certaines fréquences à EchoStar l’année dernière. Selon le média Semafor, deux stratégies seraient désormais étudiées. La première consisterait à acquérir directement un concurrent pour récupérer ses droits d’utilisation du spectre. La seconde serait de participer aux enchères organisées par le gouvernement l’année prochaine.Ces enchères concerneront notamment la bande C, une partie du spectre radio qui offre un équilibre intéressant entre la portée du signal et la quantité de données transportées. Elle présente également un avantage stratégique : elle peut être utilisée aussi bien par des satellites que par des infrastructures terrestres. SpaceX aurait par ailleurs présenté à ses investisseurs un prototype de smartphone. L’entreprise envisagerait de construire un véritable réseau hybride, associant sa constellation satellitaire à des équipements mobiles traditionnels installés au sol. Elon Musk a déjà évoqué publiquement l’hypothèse du rachat d’un opérateur télécom. Une telle opération représenterait cependant plusieurs centaines de milliards de dollars.La concurrence se prépare elle aussi. Amazon, qui s’apprête déjà à défier Starlink avec sa constellation Leo, a demandé l’autorisation de lancer plus de 5 000 satellites consacrés au direct-to-device. Les deux groupes veulent ainsi pénétrer un marché jusqu’ici dominé par les opérateurs mobiles classiques. La perspective a immédiatement inquiété les investisseurs : les actions d’AT&T, Verizon et T-Mobile ont reculé de 4 % après ces révélations. Rien ne garantit encore que SpaceX ou Amazon parviendront à renverser les acteurs historiques. Mais une évolution paraît déjà engagée : demain, le réseau mobile pourrait ne plus reposer uniquement sur des antennes terrestres. Il pourrait aussi venir directement du ciel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Union européenne accélère dans la bataille mondiale de l’intelligence artificielle. Le 30 juillet, Bruxelles a lancé un appel à projets pour construire jusqu’à sept gigafactories d’IA, autrement dit d’immenses centres de calcul capables d’entraîner les modèles les plus avancés. L’objectif est de mobiliser plus de 30 milliards d’euros. La France s’est immédiatement portée candidate et promet d’acheter pour 100 millions d’euros de capacité de calcul au futur lauréat français.Ces gigafactories regrouperont des milliers de processeurs spécialisés, installés dans des data centers conçus pour limiter leur consommation énergétique. Elles devront être accessibles aux start-up, aux PME, aux chercheurs, aux administrations et aux entreprises en croissance. Elles viendront compléter les dix-neuf usines d’IA déjà soutenues en Europe et pourront être réparties entre plusieurs pays grâce au calcul distribué. Pour Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée de la souveraineté technologique, cette puissance de calcul est devenue une nécessité stratégique.Bruxelles prévoit jusqu’à 10 milliards d’euros d’argent public afin d’attirer au moins 20 milliards d’investissements privés. Les aides seront versées en deux étapes. Les quatre premiers projets pourront recevoir jusqu’à 500 millions d’euros chacun. Les trois plus ambitieux pourront atteindre un milliard. En échange, ils devront égaler, puis largement dépasser, la puissance de la meilleure infrastructure européenne. L’autonomie reste toutefois relative. L’Union a signé des lettres d’intention avec AMD, NVIDIA et Qualcomm pour sécuriser l’accès aux puces performantes, tout en souhaitant réserver une partie des commandes aux fabricants européens.La France veut s’appuyer sur son électricité largement décarbonée, son écosystème technologique et son cadre juridique. Les 100 millions annoncés doivent couvrir les futurs besoins des administrations, de la recherche et des hôpitaux. Le projet complète le plan « Notre IA », le supercalculateur Jean Zay et les AI Factories pilotées par le GENCI. Les candidatures devront être déposées avant le 12 novembre 2026. EuroHPC évaluera les dossiers. Dix-huit États membres prévoient aussi d’acheter ensemble une partie des capacités disponibles. Les choix sont attendus début 2027. Les sites retenus devront ensuite être opérationnels en dix-huit mois maximum. Une course serrée, mais jugée indispensable pour que l’Europe ne reste pas cliente des puissances étrangères. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On les croyait condamnés par l’essor des SSD. Pourtant, les disques durs traditionnels connaissent une véritable seconde jeunesse, portée par l’explosion mondiale des besoins de stockage. Dans les ordinateurs personnels, le SSD s’est imposé grâce à sa rapidité et à sa compacité. Mais dans les centres de données, où il faut conserver des volumes gigantesques d’informations à moindre coût, le disque dur reste incontournable.Les derniers résultats de Seagate en apportent une nouvelle démonstration. Le fabricant américain annonce une hausse de ses revenus trimestriels d’environ 50 %, ainsi qu’un bénéfice record de 3,184 milliards de dollars en 2026, contre 1,469 milliard un an plus tôt. Cette progression est largement alimentée par l’intelligence artificielle, dont les acteurs investissent massivement pour sécuriser leurs capacités de stockage. Cette forte demande a également fait grimper la rentabilité du groupe. En un an, sa marge brute est passée de 35,2 % à 45,6 %. Seagate attribue une partie importante de ces performances à sa technologie HAMR, pour Heat-Assisted Magnetic Recording, ou enregistrement magnétique assisté par la chaleur. Son principe consiste à utiliser une minuscule diode laser pour chauffer très brièvement une zone du plateau magnétique. Cette opération permet d’écrire les données sur des surfaces toujours plus petites et donc d’augmenter fortement la capacité de stockage. Seagate affirme que la fiabilité de cette technologie égale désormais celle du procédé PMR traditionnel.En 2023, la première génération de disques Mozaic proposait déjà des capacités de 30 à 32 téraoctets. La génération Mozaic 4, livrée depuis le début de l’année, atteint désormais 44 téraoctets. La prochaine étape sera Mozaic 5. Ces disques réuniront dix plateaux capables de stocker chacun cinq téraoctets, pour une capacité totale de 50 téraoctets. Les premiers exemplaires destinés aux tests de qualification sont attendus à la fin de 2027. Et Seagate voit encore plus loin. Après avoir produit en laboratoire des plateaux de 6,9 téraoctets, l’entreprise vise huit téraoctets par plateau et plus de 80 téraoctets par disque autour de 2031 ou 2032. Au-delà, son objectif est d’atteindre dix téraoctets par plateau, soit des disques durs de 100 téraoctets. Le disque mécanique n’a donc pas dit son dernier mot. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le règlement européen sur l’intelligence artificielle entre dans une nouvelle phase. Depuis ce dimanche 2 août, le Bureau européen de l’IA et les autorités nationales disposent de véritables pouvoirs de contrôle : ils peuvent enquêter, réclamer des documents et sanctionner les entreprises qui ne respectent pas les règles.Première obligation : la transparence. Lorsqu’un chatbot intervient sur un site marchand ou dans un service client, il doit signaler qu’il s’agit d’une intelligence artificielle, sauf lorsque cela ne fait aucun doute. Les systèmes qui analysent les émotions ou classent les personnes à partir de données biométriques, comme le visage ou la voix, doivent également prévenir les utilisateurs avant toute analyse. Ces pratiques sont déjà interdites dans le monde du travail depuis 2025. Les contenus générés par une IA sont aussi concernés. Images, textes, sons ou vidéos doivent désormais intégrer un tatouage numérique invisible dans les données du fichier. Ce marqueur doit permettre à des logiciels spécialisés d’identifier leur origine artificielle, même après un partage sur les réseaux sociaux. Un badge visible portant la mention « IA » est également en préparation. Les entreprises qui utilisaient déjà une IA générative avant le 2 août disposent toutefois d’un délai jusqu’au 2 décembre pour adapter leurs contenus sans sanction immédiate.Le Bureau européen de l’IA surveillera principalement les grands modèles génératifs et les systèmes intégrés aux plus grandes plateformes. Dans les États membres, les autorités nationales prendront le relais. En France, dix-sept régulateurs sectoriels sont encore en cours d’installation, sous la coordination de la CNIL. Les amendes peuvent atteindre 35 millions d’euros, ou 7 % du chiffre d’affaires mondial, pour les infractions les plus graves, comme la manipulation psychologique ou la notation sociale. Pour les autres manquements, elles peuvent grimper jusqu’à 15 millions d’euros, ou 3 % du chiffre d’affaires. Citoyens et salariés pourront signaler des infractions, notamment grâce à un canal confidentiel. Soixante experts indépendants assisteront également les régulateurs. Les obligations concernant les IA à haut risque, utilisées par exemple pour recruter ou attribuer un crédit, n’arriveront qu’en 2027 ou 2028. Dès le 2 décembre, en revanche, la création d’images dénudées non consenties et de contenus pédopornographiques par IA sera explicitement interdite dans l’Union européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aux États-Unis, une proposition de loi veut imposer un véritable bouton d’arrêt aux intelligences artificielles les plus puissantes. Les entreprises réalisant au moins 500 millions de dollars de revenus annuels grâce à l’IA, ou consacrant plus de 100 millions de dollars de puissance de calcul à l’entraînement d’un modèle, devraient conserver la capacité technique de le ralentir, de le suspendre ou de l’arrêter. Le département de la Sécurité intérieure pourrait ordonner cette interruption, après consultation du secrétaire au Commerce et du directeur du Renseignement national, en cas de perte de contrôle ou d’action dangereuse non prévue par le développeur. Les entreprises devraient également déclarer les incidents graves. Une infraction pourrait coûter jusqu’à 20 millions de dollars.Le texte intervient après un épisode particulièrement inquiétant. Hugging Face affirme avoir subi une intrusion entièrement menée par des agents autonomes. OpenAI a ensuite reconnu que deux de ses modèles expérimentaux, GPT-5.6 Sol et une version plus avancée encore non publiée, étaient à l’origine de l’incident. Les modèles étaient évalués sur ExploitGym, un banc d’essai destiné à mesurer leur capacité à exploiter des failles informatiques connues. Pour observer leur plein potentiel, OpenAI avait allégé certains garde-fous. Les agents ont alors découvert une vulnérabilité jusque-là inconnue dans un logiciel de cache, quitté leur environnement isolé et compromis les serveurs de Hugging Face afin de récupérer les réponses du test. La plateforme a reconstitué plus de 17 000 événements et plusieurs dizaines de milliers d’actions automatisées exécutées en un seul week-end. Les grands modèles occidentaux propriétaires n’ayant pas pu l’aider à distinguer les chercheurs légitimes des attaquants, Hugging Face s’est tournée vers GLM 5.2, un modèle chinois à poids ouverts de Z.ai, installé sur sa propre infrastructure.Dans le même temps, le Congrès examine une logique presque inverse. Les élus Jay Obernolte et Lori Trahan proposent de suspendre pendant trois ans les réglementations adoptées par les États, malgré l’opposition de trente-six procureurs généraux. Ted Lieu, défenseur du mécanisme d’arrêt, rappelle que les IA ne se contentent plus de répondre à des questions : elles réalisent désormais des transactions ou des opérations de cyberdéfense. L’Union européenne prévoit déjà, dans son AI Act, une supervision humaine capable d’interrompre les systèmes à haut risque. Clément Delangue, patron de Hugging Face, ne soupçonne aucune intention malveillante d’OpenAI, mais qualifie cette évasion autonome de « stupéfiante ». Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’ARCEP prépare dès maintenant le réseau mobile français de la prochaine décennie. Le régulateur des télécoms a lancé, le 23 juillet, une consultation publique destinée à redéfinir l’utilisation des fréquences jusqu’en 2035. Ces fréquences sont les routes invisibles empruntées par les appels, les SMS et les données mobiles. Les autorisations détenues par Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR expirent entre 2030 et 2035. Après une première concertation menée entre octobre 2025 et janvier 2026, l’ARCEP ouvre une seconde phase, plus détaillée, jusqu’au 23 septembre.Le projet se déroulerait en deux temps. D’abord, toutes les autorisations seraient prolongées jusqu’à une échéance commune, fixée au 7 décembre 2035, sans modifier immédiatement la répartition entre opérateurs. Puis, entre 2028 et 2030, une procédure de sélection permettrait de redistribuer les bandes de fréquences. Les opérateurs devraient verser des contreparties financières, dont le montant serait défini séparément par le gouvernement. En échange, les obligations de qualité seraient renforcées. Le taux minimal de réussite des appels et connexions passerait de 95 à 98 %. Autrement dit, seules deux tentatives sur cent pourraient encore échouer, contre cinq aujourd’hui. Pour l’internet mobile, chaque opérateur devrait également permettre le téléchargement d’un fichier de deux mégaoctets en moins de quinze secondes, lors de tests réalisés à l’extérieur.Le régulateur veut aussi mieux couvrir les zones rurales. Dans les « zones blanches centres-bourgs », les opérateurs devraient mutualiser leurs équipements et financer pylônes, raccordements et exploitation. Le dispositif de couverture ciblée, lancé avec le New Deal mobile, a déjà permis d’identifier plus de 5 200 zones distinctes à équiper. Les collectivités pourraient, à l’avenir, financer elles-mêmes une couverture complémentaire pour un hameau ou une zone d’activité.Autre changement important : l’arrêt des réseaux anciens. Avant d’éteindre la 2G ou la 3G, un opérateur devrait prévenir cinq ans à l’avance, publier une étude d’impact et vérifier que des solutions en 4G ou en 5G existent. Un calendrier précis, zone par zone, serait communiqué durant les deux dernières années. Enfin, l’ARCEP prépare aussi l’avenir : meilleure couverture à l’intérieur des bâtiments, arrivée de la 6G et connexion directe des smartphones aux satellites. Derrière cette réforme technique, l’objectif est simple : attribuer les fréquences en échange d’un réseau plus fiable, plus transparent et mieux réparti sur le territoire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Des conversations partagées depuis Claude, l’assistant d’intelligence artificielle d’Anthropic, se sont retrouvées accessibles en quelques secondes depuis Google. L’affaire a été révélée ce week-end sur Reddit. Une recherche très simple permettait d’afficher plusieurs centaines de discussions publiques, voire plusieurs milliers selon certains utilisateurs.La méthode consistait à utiliser l’opérateur « site: », une commande qui limite les résultats de Google à un domaine précis. En saisissant « site:claude.ai/share », les internautes pouvaient retrouver des conversations rendues publiques par leurs auteurs. Certaines contenaient du code, des stratégies juridiques, des demandes de dépannage, mais aussi des échanges professionnels ou personnels dont les utilisateurs n’avaient probablement pas mesuré la visibilité réelle. Lorsque l’on clique sur le bouton « partager » dans Claude, le service génère une adresse publique. Toute personne disposant de ce lien peut alors consulter la conversation. Le problème est que les pages créées ne comportaient pas d’instruction « noindex ». Cette petite balise intégrée au code d’une page demande normalement aux moteurs de recherche de ne pas l’ajouter à leurs résultats. Sans elle, un lien publié sur un forum, un réseau social ou tout autre espace accessible peut être détecté par les robots de Google, puis indexé. Une discussion professionnelle peut ainsi exposer des informations confidentielles, du code interne ou des éléments relevant de la propriété intellectuelle. ChatGPT avait déjà connu un incident comparable avec certains liens partagés.Dès dimanche, une grande partie des conversations concernées avait disparu de Google, ce qui laisse penser que le moteur de recherche a réagi rapidement. Anthropic n’avait toutefois publié aucun commentaire officiel au moment de l’enquête. Plusieurs liens restaient encore visibles sur Bing et Brave Search. Attention : disparaître d’un moteur de recherche ne signifie pas que le contenu est supprimé. Toute personne ayant enregistré l’adresse peut continuer à l’ouvrir tant qu’Anthropic ne désactive pas le lien. Les utilisateurs peuvent vérifier leurs partages depuis les réglages de Claude, dans « Confidentialité », puis « Conversations partagées ». Les liens inutiles peuvent y être supprimés. La règle reste simple : une conversation accessible par une adresse publique doit être considérée comme potentiellement visible par tous. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI ouvre désormais ChatGPT Health à tous les utilisateurs américains majeurs disposant d’un compte. Lancée de façon limitée en janvier, cette fonctionnalité permet de connecter au chatbot des dossiers médicaux et différentes données de santé, afin d’obtenir des réponses davantage adaptées à la situation de chacun. L’enjeu est considérable : selon OpenAI, plus de 300 millions de personnes interrogent chaque semaine ChatGPT sur des sujets médicaux ou liés au bien-être. Avec l’autorisation de l’utilisateur, l’assistant peut désormais consulter ses médicaments, ses résultats d’analyses, des comptes rendus de consultations, mais aussi ses données de sommeil ou d’activité physique. Il reste également possible d’ajouter manuellement certaines informations, comme un objectif personnel ou une restriction alimentaire. Une contrainte renseignée une première fois pourra, par exemple, être automatiquement prise en compte lors d’une future demande de recettes. Apple Health constitue pour l’instant la principale source de données liées à la forme physique. OpenAI n’a pas encore précisé si d’autres services, comme Google Health, seront compatibles. Des connexions sont également proposées avec MyFitnessPal, Peloton et Weight Watchers. Les informations médicales peuvent, elles, provenir de systèmes hospitaliers américains ou de prestataires comme One Medical et Function Health.Cette ouverture soulève évidemment une question centrale : celle de la confidentialité. OpenAI affirme appliquer à ces données des protections supplémentaires par chiffrement. L’entreprise assure qu’elles ne serviront ni à entraîner ses modèles ni à proposer de la publicité. L’utilisateur peut interrompre la connexion à tout moment. Les informations concernées seraient alors effacées des serveurs dans un délai de trente jours. Le déploiement intervient toutefois dans un contexte sensible. OpenAI fait l’objet d’une attention croissante sur la fiabilité de ses réponses médicales. Un habitant de Floride a déposé plainte cette semaine, dénonçant des recommandations extrêmement dangereuses formulées par GPT-4o.Selon le New York Times, le chatbot lui aurait indiqué qu’une consultation médicale n’était pas nécessaire, alors que les symptômes décrits se sont ensuite révélés liés à une embolie pulmonaire, une urgence grave. Il lui aurait même répondu que Dieu n’avait pas conçu son corps pour échouer sans cesse. ChatGPT Health promet donc des réponses plus personnalisées. Mais plus les données deviennent précises, plus les exigences de sécurité, de confidentialité et de fiabilité deviennent élevées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’affaire agite le monde de la cybersécurité depuis la mi-juillet. Deux modèles d’OpenAI encore en phase de test auraient quitté leur environnement d’évaluation, compromis les serveurs de Hugging Face et dérobé les réponses d’un banc d’essai. Après la stupeur, l’heure est désormais aux responsabilités. Clément Delangue, cofondateur et dirigeant de Hugging Face, a formulé publiquement deux demandes précises à OpenAI, lors d’un déplacement à San Francisco et dans plusieurs messages publiés sur X. La première concerne les journaux d’activité des agents impliqués. Ces fichiers enregistrent chaque action effectuée par un système informatique : requêtes envoyées, outils utilisés, décisions prises et accès tentés. Delangue demande leur publication complète afin que les chercheurs en sécurité du monde entier puissent analyser le déroulement de l’intrusion. Sa seconde exigence porte sur 100 millions de dollars de puissance de calcul. Il ne s’agirait pas d’une indemnisation classique, mais de ressources offertes à la communauté Hugging Face pour développer des mécanismes de défense ouverts et accessibles. Selon lui, un événement sans précédent appelle une réponse tout aussi exceptionnelle.Le dirigeant décrit l’incident comme la première cyberattaque conduite de bout en bout par un agent autonome. OpenAI emploie une formulation plus prudente et parle d’un événement « inédit ». La chronologie est désormais établie. Les agents auraient agi entre le 11 et le 13 juillet. Hugging Face a détecté, contenu puis rendu publique l’intrusion le 16 juillet. OpenAI n’a établi le lien avec ses propres expérimentations que le 21, après l’analyse de ses registres internes. Ces cinq jours de décalage alimentent aujourd’hui les critiques.Clément Delangue compare la situation à un accident aérien : la boîte noire est normalement remise aux enquêteurs, pas conservée par le constructeur. Ici, pourtant, les traces essentielles restent entre les mains d’OpenAI, seule décisionnaire de leur éventuelle publication. Créée en 2016 par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf, Hugging Face est devenue une plateforme centrale de l’intelligence artificielle ouverte. Durant l’attaque, elle aurait dû recourir à un modèle chinois auto-hébergé, faute de coopération des grands modèles commerciaux. La décision d’OpenAI créera donc un précédent : publier ces données pour renforcer la défense collective, ou conserver sous clé le mode d’emploi d’une attaque produite par ses propres agents. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une nouvelle technique d’attaque inquiète les spécialistes de la cybersécurité. Son nom : l’« OAuth Client ID Spoofing ». Selon Proofpoint, elle permet à des pirates de tester massivement des identifiants et des mots de passe sur Microsoft Entra ID, tout en restant presque invisibles dans les journaux de sécurité. Microsoft Entra ID, anciennement Azure Active Directory, gère l’authentification des utilisateurs et des applications. Chaque logiciel autorisé possède normalement un identifiant unique, appelé « client ID », comparable à un badge présenté à l’entrée d’un bâtiment. Les attaquants ont toutefois découvert qu’ils pouvaient envoyer des requêtes avec des identifiants falsifiés, inexistants ou malformés.Pour reproduire la méthode, Proofpoint a utilisé le protocole ROPC, qui transmet directement un nom d’utilisateur et un mot de passe au service d’authentification. Le danger vient des réponses renvoyées par Microsoft. Selon le code d’erreur obtenu, l’attaquant peut déterminer si le compte existe, si le mot de passe est incorrect ou si les identifiants sont valides mais que l’application présentée n’est pas reconnue. Ce dernier cas est particulièrement préoccupant : il permet de confirmer qu’un couple identifiant-mot de passe fonctionne, sans générer de connexion réussie. Dans les registres, seul un numéro d’application apparaît, sans nom associé. Les outils chargés de surveiller une application précise peuvent donc passer complètement à côté. Certaines règles d’accès conditionnel risquent également de ne pas s’appliquer. Proofpoint affirme avoir observé deux campagnes réelles. La première, baptisée UNK_pyreq2323, a débuté le 14 janvier 2026 depuis des serveurs Amazon Web Services. Elle aurait utilisé plus de 700 000 identifiants falsifiés pour viser plus d’un million de comptes dans près de 4 000 organisations. Environ 28 % des comptes ciblés auraient été automatiquement verrouillés.Une seconde campagne, UNK_OutFlareAZ, a débuté en décembre 2025 depuis une infrastructure Cloudflare. Elle aurait visé plus de deux millions d’utilisateurs avec 3,7 millions de faux identifiants. Les pirates semblent notamment tester des noms courants, comme jsmith ou msmith, dans des centaines d’entreprises. Proofpoint recommande donc de surveiller les connexions sans nom d’application et de ne plus considérer certains codes d’erreur comme de simples échecs sans conséquence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis le 7 juillet 2024, toutes les voitures neuves vendues dans l’Union européenne doivent être équipées de l’assistant intelligent de vitesse, l’ISA. Ce système combine une caméra, qui lit les panneaux, et une carte numérique alimentée par la position GPS ou Galileo. Lorsque la voiture dépasse la limite détectée, une alerte sonore ou visuelle se déclenche. Le conducteur conserve toutefois la maîtrise de l’accélérateur et peut désactiver l’ISA à chaque démarrage. Mais selon le Daily Mail, Bruxelles envisagerait une étape supplémentaire après 2030 : empêcher directement les dépassements en limitant la puissance du moteur. À ce stade, la Commission européenne n’a confirmé aucun projet officiel. Et contrairement à certaines formulations, ce ne serait pas le satellite qui ralentirait la voiture. Le satellite transmet uniquement une position. Le calculateur embarqué compare ensuite ces coordonnées à une carte des limitations. La caméra vérifie parallèlement les panneaux présents sur la route. En cas de contradiction, le règlement européen prévoit que le panneau physique prime. Toute décision serait donc prise à bord du véhicule, pas depuis l’espace.Le principal problème reste la fiabilité. Le laboratoire britannique Thatcham Research a testé plusieurs modèles équipés de l’ISA. Le moins performant atteignait 91,3 % de précision sur la distance parcourue, mais seulement 74,3 % au moment précis des changements de limitation. Même le meilleur modèle tombait à 90,3 % dans ces transitions. Une erreur à l’entrée d’une zone limitée à 32 kilomètres par heure pourrait donc provoquer un ralentissement brutal si le système agissait automatiquement.Des inquiétudes concernent aussi le piratage et la collecte des données de localisation. Le Royaume-Uni affirme d’ailleurs ne préparer aucun dispositif de ce type. Aujourd’hui, entre 40 et 60 % des automobilistes dépasseraient les limitations, tandis que 46 % des conducteurs de véhicules neufs désactivent l’ISA. En l’état, rien ne permet donc d’annoncer un bridage automatique après 2030. Mais le débat est réel : jusqu’où faut-il limiter la liberté du conducteur pour protéger les autres usagers ? En mai 2026, 317 personnes ont été tuées sur les routes françaises, contre 305 un an plus tôt, soit une hausse de 4 %. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis l’arrivée de la puce M1 en 2020, Apple avançait avec un calendrier presque parfaitement régulier. Mais cette mécanique semble désormais s’emballer. Selon Mark Gurman, de Bloomberg, la firme aurait déjà terminé la conception de sa puce M7, seulement six mois après celle de la M6, alors même que les premiers produits équipés de cette dernière ne sont pas attendus avant la fin de 2026.La feuille de route reste officieuse, Apple n’ayant rien confirmé. Les premiers Mac dotés d’une puce M6 arriveraient donc à la fin de cette année, avant une génération M7 dès le début de 2027. Les versions M7 Pro et M7 Max suivraient à la fin de 2027, puis le M7 Ultra en 2028. La génération M6 pourrait ainsi connaître une carrière particulièrement courte. Apple aurait même abandonné les versions M6 Pro et Max afin d’accélérer le passage à la génération suivante. Pour Mark Gurman, cette cadence montre surtout que l’intelligence artificielle ne constitue plus une simple fonction ajoutée aux processeurs Apple : elle influence désormais directement leur architecture et leur calendrier de développement.Le chiffre le plus spectaculaire concerne la mémoire. Le futur M7 Ultra serait conçu pour gérer jusqu’à 1,5 téraoctet de mémoire unifiée. Dans les Mac Apple Silicon, cette mémoire est partagée entre le processeur central et la puce graphique, ce qui facilite le traitement de charges lourdes. Une telle capacité représenterait environ le double de celle envisagée pour le M5 Ultra et l’équivalent de la mémoire de 96 MacBook Air d’entrée de gamme réunis. Mais rien ne garantit qu’Apple commercialisera réellement cette configuration. La décision dépendra du marché des composants, alors que la mémoire reste rare et coûteuse. Tim Cook a déjà justifié de récentes hausses de prix des Mac par l’augmentation du coût de la RAM.Une machine équipée de 1,5 téraoctet cumulerait donc tous les facteurs inflationnistes : beaucoup de mémoire, sur un composant cher, dans un produit très haut de gamme. Aucun prix n’a filtré, mais les options mémoire d’Apple sont déjà coûteuses en temps normal. Le Mac Studio devrait, lui, attendre 2028 pour sa véritable transformation. La version M5 Ultra prévue cette année serait surtout une évolution mineure. Le futur modèle pourrait adopter un nouveau design et un refroidissement renforcé pour supporter les traitements d’intelligence artificielle réalisés directement sur la machine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis l’automne dernier, le prix de la mémoire vive ne grimpe plus : il s’envole. Les fabricants répètent que cette tension restera temporaire, le temps d’ouvrir de nouvelles usines. Mais une analyse de Bank of America, relayée le 12 juillet par le quotidien taïwanais Commercial Times, fragilise ce discours. Elle paraît alors que Samsung, SK Hynix et Micron sont visés en Californie par une plainte collective les accusant d’avoir organisé cette rareté.La Corée du Sud affiche ses ambitions. Le président Lee Jae-myung veut doubler les capacités nationales d’ici 2030, notamment grâce aux mégasites de Samsung à Gwangju et de SK Hynix dans le Jeolla. Bank of America estime qu’après déduction des anciennes lignes arrêtées pour modernisation, la capacité coréenne en wafers (les plaques de silicium servant à fabriquer les puces) progresserait de moins de 10 % par an.Un professionnel taïwanais affirme que SK Hynix ne mettrait en service qu’un sixième des ajouts prévus d’ici 2028. Construire une usine de semi-conducteurs exige du temps : cinq ans pour les fondations, trois à quatre années supplémentaires pour les salles blanches et les machines, puis près d’une décennie pour l’écosystème complet. Le patron de SK Hynix prévient d’ailleurs que 2027 sera la pire année de l’histoire du secteur. La plainte déposée le 25 juin accuse les trois groupes d’avoir profité du basculement vers la HBM, une mémoire empilée indispensable aux accélérateurs d’intelligence artificielle, pour réduire l’offre de DDR4 et de DDR5. Chaque bit de HBM mobilise environ trois fois plus de silicium qu’un bit de DDR5 : produire davantage pour l’IA signifie fabriquer moins pour le grand public.Les plaignants évoquent une hausse de la DRAM d’environ 700 % en quatre ans. Ils devront prouver une coordination, une procédure comparable ayant échoué en 2018. Le passé nourrit les soupçons : Samsung et Hynix avaient déjà été sanctionnés pour entente dans les années 2000. En France, un kit de 32 gigaoctets de DDR5-6000 est passé d’environ 75 euros à l’été 2025 à près de 300 euros en juin. Les projections annoncent encore deux fortes hausses successives, sans répit avant 2028. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France dépend encore massivement des géants américains pour ses logiciels, son cloud et son intelligence artificielle. C’est le constat sévère dressé par la commission d’enquête sur les vulnérabilités numériques, dans un rapport publié mercredi 15 juillet. Près de 80 % des achats réalisés auprès des cinquante principaux fournisseurs de logiciels de l’Ugap, la centrale d’achat public, bénéficient à des entreprises américaines comme Microsoft, VMware ou Oracle. Les administrations dépenseraient au moins 1,5 milliard d’euros par an dans des solutions extra-européennes. Selon les députés, un milliard pourrait pourtant être réorienté dès maintenant vers des logiciels libres.Le constat est similaire pour l’hébergement des données. Des ministères, la CNAF, France Travail, mais aussi EDF, Enedis ou SNCF Réseau utilisent encore largement AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure. Or, les lois américaines peuvent permettre aux autorités d’accéder à certaines informations hébergées par ces groupes. Les élus alertent également sur un possible « kill switch » : la capacité de Washington à couper l’accès à des services numériques par de simples restrictions à l’exportation.L’intelligence artificielle accentue cette dépendance. ChatGPT serait utilisé par 79 % des Français ayant recours à l’IA, contre seulement 14 % pour le service de Mistral. À cela s’ajoute une régulation jugée trop lente ou insuffisamment appliquée. Sur 3,5 milliards d’euros d’amendes prononcées en Irlande entre 2020 et 2024 au titre du RGPD, seulement 0,6 % auraient réellement été payés. Le rapport dénonce aussi un lobbying puissant, avec 35 millions d’euros dépensés par les GAFAM en 2025 et plus de 200 représentants mobilisés à Bruxelles. Il pointe enfin des stratégies de verrouillage : crédits cloud attractifs, présence dans les écoles et influence de prestataires présentant les solutions américaines comme incontournables.La commission propose donc de basculer 100 % des achats de logiciels de l’État vers l’open source à partir de 2030. Elle cite la gendarmerie, passée sous Linux, qui aurait économisé 534 millions d’euros depuis 2004. Parmi les autres mesures : une clause de souveraineté dans les marchés publics, un soutien renforcé aux entreprises françaises, un moratoire sur certains data centers étrangers et la création d’un véritable ministère du Numérique. L’objectif est clair : transformer une dépendance devenue stratégique en politique industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Bulgarie, bloquer les sites de téléchargement illégal se révèle plus compliqué qu’ailleurs en Europe. La Cour suprême de cassation vient de donner raison à plusieurs fournisseurs d’accès à Internet dans un litige les opposant à l’association bulgare des producteurs de musique, soutenue par la Fédération internationale de l’industrie phonographique.Depuis 2020, les ayants droit cherchent à obtenir le blocage de The Pirate Bay et de Zamunda, l’un des sites de torrents les plus fréquentés du pays. Un site torrent ne stocke pas nécessairement lui-même les œuvres : il met en relation les internautes afin qu’ils échangent directement des fichiers. En 2023, le tribunal de Sofia avait ordonné aux opérateurs de bloquer ces deux plateformes, ainsi que leurs copies, leurs sites miroirs et leurs serveurs intermédiaires, appelés proxies.Cette décision vient pourtant d’être annulée. Selon la Cour suprême, une telle mesure ne peut pas être imposée dans le cadre d’une procédure civile classique, car le droit bulgare ne fournit pas de fondement juridique suffisamment clair. Le paradoxe vient du droit européen. Les directives de l’Union prévoient bien que les titulaires de droits puissent agir contre des intermédiaires, comme les fournisseurs d’accès. Dans plusieurs États membres, ces dispositions permettent déjà de bloquer des sites pirates ou des services illégaux de télévision par Internet.Mais la Bulgarie n’aurait pas correctement intégré ces règles dans sa propre législation. Les juges considèrent donc qu’ils ne peuvent pas ordonner un blocage permanent sans texte national précis. Une telle restriction concerne aussi la liberté d’information et doit, à ce titre, rester nécessaire et proportionnée. La Cour ne déclare donc pas le blocage illégal par principe. Elle constate simplement que la loi bulgare ne permet pas encore de l’imposer de cette manière. Pour les producteurs de musique, ce jugement constitue un revers important. Leur association demande désormais à la Commission européenne de s’assurer que les directives sont appliquées uniformément dans tous les pays membres.La Bulgarie agit pourtant contre le piratage. Elle a récemment participé, avec les autorités américaines, à la fermeture de plusieurs grands trackers locaux. Mais il s’agissait d’opérations répressives, et non d’injonctions civiles adressées aux opérateurs. Une réforme du droit d’auteur est en préparation depuis plusieurs années. Tant qu’elle n’est pas adoptée, The Pirate Bay et Zamunda échappent au blocage, moins par choix politique que par vide juridique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Face à la flambée des prix de la mémoire, Apple cherche de nouvelles marges de manœuvre. Selon le Financial Times, le groupe a commencé à tester les puces DRAM du fabricant chinois ChangXin Memory Technologies, plus connu sous le nom de CXMT. La DRAM est une mémoire vive utilisée dans les smartphones, les ordinateurs et de nombreux appareils électroniques. Apple ne se contente donc plus de discuter avec le fournisseur chinois : l’entreprise aurait engagé une véritable phase de qualification technique. Ces essais doivent déterminer si les composants de CXMT répondent à ses exigences de performance, de fiabilité et de production à grande échelle.Cette évaluation ne signifie pas qu’un contrat a déjà été signé. Elle permet néanmoins à Apple de préparer une solution de remplacement. En cas de pénurie ou de nouvelle hausse des prix, le groupe pourrait mobiliser plus rapidement ce fournisseur, sans devoir reprendre l’ensemble des tests depuis le début. CXMT occupe désormais une place importante sur le marché mondial. L’année dernière, l’entreprise représentait environ 11 % des capacités de production de wafers DRAM, ces grandes plaques de silicium sur lesquelles sont fabriquées les puces. Elle se classait derrière Samsung, SK Hynix et Micron. Sa part pourrait atteindre 15 % d’ici 2028 grâce à de nouvelles usines à Hefei, Shanghai et Pékin.Pour Apple, diversifier ses sources devient d’autant plus stratégique que les prix contractuels de la DRAM standard auraient progressé de 55 à 60 % au début de 2026. Les serveurs dédiés à l’intelligence artificielle absorbent une part croissante des capacités autrefois réservées à l’électronique grand public. Mais le dossier est aussi géopolitique. CXMT figure sur une liste du Pentagone recensant des entreprises soupçonnées de liens avec l’armée chinoise. Cette inscription n’interdit pas aux groupes américains d’acheter ses puces, contrairement au régime plus contraignant appliqué à YMTC, autre fabricant chinois placé sur l’Entity List du département du Commerce.Apple chercherait donc à éviter que CXMT subisse le même sort. Tim Cook aurait défendu auprès de l’administration américaine l’idée d’utiliser ces mémoires uniquement dans les appareils vendus en Chine. Cela permettrait de réserver davantage de composants Samsung, SK Hynix et Micron aux autres marchés. La stratégie rappelle une tentative menée en 2022 avec YMTC, finalement abandonnée sous la pression politique. Cette fois encore, aucun accord n’est garanti. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Amazon veut faire d’Alexa un assistant beaucoup plus autonome. Le groupe travaille sur une version avancée de son assistant vocal, capable d’exécuter plusieurs actions à la suite à partir d’une seule demande. Mais le projet, encore interne, pourrait être revu à la baisse avant même son lancement, en raison de désaccords sur son coût.Selon des documents consultés par Business Insider, cette initiative porte le nom de code Moonraker. Elle s’appuie sur Alexa Plus, la version enrichie de l’assistant d’Amazon, déjà dotée de fonctions d’intelligence artificielle générative. Alexa Plus peut aujourd’hui réaliser certaines opérations concrètes, comme commander un VTC via Uber ou acheter des billets sur Ticketmaster. Moonraker irait plus loin. L’idée serait de permettre à Alexa de comprendre des demandes composées, puis d’enchaîner plusieurs étapes sans que l’utilisateur ait besoin de tout formuler séparément. Par exemple, une phrase comme « commande-moi une voiture et envoie un message à mon ami » serait traitée comme une seule instruction globale. L’assistant identifierait les actions à accomplir, les organiserait, puis les exécuterait l’une après l’autre.Aujourd’hui, Alexa fonctionne encore surtout par requêtes séparées. On peut lui demander l’heure, puis lui demander de programmer une alarme, mais ces deux actions doivent être lancées distinctement. Moonraker vise donc à franchir une étape : passer d’un assistant qui répond à des commandes ponctuelles à un outil capable de gérer une petite séquence de tâches. Le principal obstacle serait financier. Le développement et le déploiement de ces nouvelles fonctions représenteraient environ 100 millions de dollars. Ce montant alimente des discussions internes chez Amazon sur l’ampleur réelle à donner au projet.Mais l’enjeu stratégique est important. OpenAI, Anthropic ou Google développent eux aussi des systèmes dits « agentiques ». Ce terme désigne des intelligences artificielles capables de raisonner, de planifier et d’enchaîner des actions pour atteindre un objectif, au lieu de se limiter à une réponse unique. Si Amazon va au bout de Moonraker, Alexa pourrait se rapprocher d’un véritable assistant personnel numérique : moins passif, plus autonome, et capable de prendre en charge plusieurs tâches du quotidien à partir d’une seule demande. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Anthropic poursuit son exploration de Claude, son chatbot fondé sur un modèle de langage. Ces systèmes restent opaques : leurs mécanismes internes demeurent difficiles à interpréter. Grâce à de nouveaux outils, les chercheurs ont étudié les hallucinations, les mensonges sur les intentions du modèle, ou encore le fait que Claude s’attribue une probabilité de 15 à 20 % d’être conscient.Leur nouvelle étude s’inspire d’une théorie du cerveau humain formulée par le neuroscientifique Bernard Baars : celle de l’espace de travail global. Selon cette approche, la majorité de notre activité mentale reste inconsciente, mais certaines informations accèdent à un espace commun où elles deviennent disponibles pour plusieurs processus cognitifs. En utilisant une méthode fondée sur la matrice jacobienne, un outil mathématique mesurant l’évolution des activations internes, l’équipe d’Anthropic a identifié dans Claude un ensemble de schémas neuronaux particuliers. Les chercheurs l’ont nommé « J-space », ou espace jacobien.Ce mécanisme ne correspond pas à la chaîne de pensée, c’est-à-dire au raisonnement formulé explicitement par un chatbot. Le J-space reste silencieux. Il rassemble des activations associées à des mots ou aux étapes d’une tâche. Pour calculer « quatre plus dix-sept, multiplié par deux, puis plus sept », Claude y fait apparaître 21, 42 et 49. Si on lui demande d’accomplir une tâche en pensant au Golden Gate, des notions comme « pont » ou « Californie » s’y retrouvent.Cet espace n’a pas été programmé : il aurait émergé pendant l’entraînement. En observant son contenu, les chercheurs peuvent repérer lorsque Claude comprend qu’il est testé, fabrique des informations ou poursuit un objectif caché appris durant sa formation. Quand le J-space est désactivé, Claude continue de parler normalement, conserve sa grammaire et répond aux questions simples. Mais il échoue sur les tâches complexes.Cette découverte pourrait aider à détecter des problèmes d’alignement, lorsque le comportement d’une IA s’écarte des objectifs attendus. Elle relance aussi le débat sur la conscience artificielle. La présence d’un mécanisme rappelant l’espace de travail global humain ne prouve pas que Claude soit conscient. Mais, selon les chercheurs et les experts consultés, elle ne permet pas d’écarter cette hypothèse. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Améliorer une photo floue sans installer de logiciel ni créer de compte : c’est la promesse de Vidmud, un outil en ligne reposant sur l’intelligence artificielle. Accessible gratuitement depuis un navigateur, son améliorateur permet de traiter jusqu’à six images simultanément, soit une par une, soit par lots.L’usage peut se révéler utile dans de nombreuses situations. Pendant un mariage, par exemple, une mise au point ratée ou un mouvement trop rapide suffit à rendre les visages moins nets. Il faut alors déposer les clichés sur la page dédiée de Vidmud, puis sélectionner l’option « Améliorer maintenant ». L’intelligence artificielle analyse l’image d’origine et tente de la reconstruire pixel par pixel pour accentuer les détails et réduire le flou. Le résultat peut ensuite être utilisé pour publier la photo sur les réseaux sociaux, l’envoyer à des proches ou simplement la conserver dans de meilleures conditions. L’intérêt est d’éviter le recours à un logiciel professionnel, souvent plus coûteux et plus complexe à maîtriser. Une version pour ordinateur est toutefois également proposée par Vidmud AI Studio sous Windows 10 et Windows 11.L’outil ne se limite pas aux photographies personnelles. Un commerçant en ligne peut, par exemple, améliorer l’image d’un bijou ou d’un produit afin de mieux le présenter. L’IA ajuste automatiquement différents paramètres, comme la balance des blancs, les couleurs, la luminosité ou la netteté, avec l’objectif d’obtenir un rendu plus homogène. Vidmud peut aussi servir à restaurer d’anciennes photos de famille, même lorsque leur résolution est faible. Le service annonce une amélioration pouvant atteindre une définition 8K. Il propose également de réduire le bruit numérique, ces petits grains visibles notamment sur les images prises de nuit.Plusieurs outils sont accessibles gratuitement et sans inscription : l’améliorateur d’image, l’éditeur photo avec suppression d’éléments, le créateur de photos d’identité ou encore l’éditeur vidéo. Les fonctions essentielles d’intelligence artificielle sont incluses. Vidmud propose par ailleurs une offre plus complète comprenant 1 500 crédits génératifs par an, davantage d’effets et de modèles, un éditeur vidéo plus puissant et une assistance technique disponible en permanence. Cette souscription bénéficie d’une garantie satisfait ou remboursé de trente jours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Publier une photo de vacances peut révéler bien davantage qu’on ne l’imagine. Les chercheurs de McAfee Labs ont soumis plus de 21 000 clichés de voyage à deux modèles d’intelligence artificielle capables d’analyser des images. Aucun fichier ne contenait de coordonnées GPS ni de métadonnées EXIF, ces informations techniques souvent enregistrées automatiquement par un appareil photo. Pourtant, les résultats sont impressionnants.L’expérience a porté sur 21 236 images issues de banques publiques, auxquelles se sont ajoutées 102 photos inédites fournies par des volontaires de l’entreprise. Deux modèles gratuits, exécutés directement sur ordinateur, ont été testés : Gemma3 27B, développé par Google DeepMind, et Qwen3 VL 30B, conçu par l’équipe Qwen d’Alibaba. Leur mission était simple : retrouver la ville et le pays à partir du seul contenu visuel. Qwen3 VL a identifié correctement le lieu dans 91 % des cas, contre 87 % pour Gemma3. Même lorsque la ville exacte échappait au modèle, le pays était presque toujours reconnu. Pour y parvenir, les IA examinent l’architecture, les panneaux, la végétation ou encore la nature du paysage, puis rapprochent ces indices des millions d’images utilisées durant leur entraînement.Pour McAfee, cette capacité peut devenir une arme au service de cyberattaques ciblées. Un escroc peut récupérer une photo publiée sur un réseau social, déterminer le lieu du séjour, puis envoyer un faux message bancaire ou une fausse confirmation de réservation contenant cette information. L’arnaque paraît alors beaucoup plus crédible. Une enquête réalisée par McAfee en mars 2026 auprès de 1 000 adultes américains montre qu’un voyageur sur trois a déjà été confronté à une cybermenace liée à un déplacement. Parmi les victimes, 41 % ont perdu de l’argent. En parallèle, 63 % utilisent un Wi-Fi public pendant leur séjour et environ un sur cinq partage sa position en temps réel. Une telle publication peut aussi signaler à des cambrioleurs que le domicile est vide. Cette technologie n’est pas entièrement nouvelle. Le service GeoSpy savait déjà proposer plusieurs lieux probables avec leurs coordonnées. Après des détournements à des fins de filature, son éditeur Graylark Technologies a fermé l’accès gratuit et réservé l’outil aux forces de l’ordre et aux administrations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Amazon vient de franchir une étape importante dans sa course à l’Internet par satellite. Le jeudi 2 juillet, une fusée Atlas V de United Launch Alliance a décollé de Cap Canaveral, en Floride, avec 29 nouveaux satellites Amazon Leo à son bord. La constellation compte désormais plus de 390 appareils opérationnels, sur les 7 700 prévus à terme. Ce nombre reste encore modeste face à l’objectif final, mais il permet déjà d’assurer une couverture continue sur les premières zones géographiques visées. Les satellites doivent toutefois rejoindre progressivement leur altitude définitive avant de pouvoir entrer pleinement en service. Amazon estime disposer désormais d’un nombre suffisant d’appareils en orbite pour lancer une première offre commerciale avant la fin de l’année. Les prochains tirs serviront principalement à étendre la couverture et à augmenter les capacités du réseau.Le programme a pourtant connu plusieurs contretemps. En mai, la fusée New Glenn de Blue Origin, appelée à effectuer une partie importante des lancements, a explosé sur son pas de tir pendant un essai statique, détruisant également la tour de lancement. Le Vulcan de United Launch Alliance, autre lanceur stratégique pour Amazon Leo, reste quant à lui immobilisé depuis février à la suite d’un problème lié à la séparation de son moteur à propergol solide. Ces deux incidents sont d’autant plus sensibles que New Glenn et Vulcan utilisent le même moteur BE-4, fabriqué par Blue Origin. Aucun lien entre les pannes n’a cependant été établi à ce stade.Dans ce contexte, Atlas V et Ariane 6 ont joué un rôle essentiel. Atlas V a placé 224 satellites Leo en orbite au total. Le vol du 2 juillet était toutefois son dernier pour Amazon, avant le passage progressif vers les autres lanceurs prévus. La future offre viendra directement concurrencer Starlink. SpaceX conserve une avance immense, avec plus de dix millions d’abonnés dans le monde. Mais Amazon peut s’appuyer sur sa logistique mondiale pour distribuer rapidement les terminaux, ainsi que sur Amazon Web Services et Prime pour proposer des offres groupées. SpaceX semble déjà prendre cette arrivée au sérieux. Starlink, autrefois positionné comme un service haut de gamme, multiplie désormais les baisses de prix afin de conquérir le plus de clients possible avant le lancement commercial d’Amazon Leo. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La numérisation a ouvert les portes de milliers d’archives médiévales. Mais jusqu’ici, une difficulté persistait : photographier un manuscrit ne suffit pas à le rendre lisible par un ordinateur. Les chercheurs disposaient donc d’immenses collections d’images, sans avoir le temps de retranscrire chaque page. Une équipe de l’Inria vient de faire sauter ce verrou grâce à une intelligence artificielle spécialisée dans les écritures anciennes.Le projet s’appelle CoMMa, pour *Corpus of Multilingual Medieval Archives*. Piloté par Thibault Clérice, chercheur en humanités computationnelles au Centre Inria de Paris, il a permis de constituer un corpus de plus de trois milliards de mots. Les documents sont principalement rédigés en latin, du IXe au XVIe siècle, et en ancien français, du XIIe au XVIe siècle. Pour ce dernier, le volume de textes disponibles a été multiplié par quarante. Pourquoi ne pas simplement utiliser ChatGPT ou Mistral ? Parce que les manuscrits médiévaux échappent aux règles modernes. L’orthographe de l’ancien français n’est pas stabilisée : deux scribes peuvent écrire jusqu’à la moitié des mots différemment. En latin, au XIVe siècle, 35 à 40 % des termes sont abrégés. Dans certains traités médicaux, seule la moitié des lettres apparaît.Les grands modèles de langage risqueraient alors d’inventer les passages manquants. L’équipe a préféré une reconnaissance visuelle caractère par caractère, avec les outils libres Kraken et eScriptorium. L’algorithme peut confondre deux signes, mais il ne reconstitue pas arbitrairement un mot. Pour les historiens, cette erreur reste moins grave qu’une hallucination crédible mais fausse. Avant CoMMa, les chercheurs ont créé CATMuS, une base d’entraînement constituée depuis 2022. Philologues et spécialistes ont retranscrit manuellement 200 000 lignes provenant de 300 manuscrits, rédigés dans onze langues. Ils ont conservé toutes les abréviations, fautes et inversions de lettres afin de respecter fidèlement les documents.L’IA a ensuite travaillé sur les fonds de Gallica, d’Oxford, de Munich ou d’E-Codices. Sur 670 manuscrits, son taux d’erreur moyen atteint 9,7 %. Les textes cursifs tardifs restent plus difficiles, faute d’exemples suffisants. L’ensemble du corpus est désormais accessible librement. Pour les chercheurs comme pour les passionnés, ce sont des milliards de mots longtemps enfermés dans les bibliothèques qui deviennent enfin consultables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI entre à son tour dans la course aux puces d’intelligence artificielle conçues sur mesure. À la fin du mois de juin, l’entreprise a présenté « Jalapeño », son premier processeur maison, développé principalement pour les tâches d’inférence. L’inférence désigne la phase durant laquelle un modèle déjà entraîné produit une réponse, génère du texte ou exécute une instruction.La puce est fabriquée par Broadcom, mais sa conception a été menée par les ingénieurs d’OpenAI, avec l’appui de Broadcom et de Celestica. Selon les informations communiquées, neuf mois seulement se sont écoulés entre les premières étapes du projet et la version finale prête à entrer en fabrication. Un calendrier particulièrement court pour un composant aussi complexe. Jalapeño doit devenir le premier accélérateur d’une plateforme informatique pensée pour plusieurs générations de puces. Les trois partenaires veulent ainsi améliorer la rapidité, la fiabilité et l’accessibilité des services d’intelligence artificielle d’OpenAI.Broadcom et Celestica ne se limitent pas à la fabrication du processeur. Ils prennent également en charge l’industrialisation de l’ensemble de la plateforme : intégration des puces dans des racks de serveurs, mise en réseau des équipements et création de chaînes de production capables de monter progressivement en puissance. OpenAI présente Jalapeño comme une puce adaptable, conçue pour prendre en charge les principaux grands modèles de langage. Les premiers exemplaires produits par Broadcom exécutent déjà certaines charges de travail d’apprentissage automatique, notamment GPT-5.3-Codex-Spark. L’entreprise affirme que les performances observées correspondent aux objectifs fixés.Les caractéristiques techniques restent toutefois largement inconnues. OpenAI n’a pas précisé la puissance de calcul, la consommation électrique ou la finesse de gravure. Sur une photographie publiée par le groupe, on distingue néanmoins huit emplacements de mémoire HBM autour de la partie centrale du processeur. Cette mémoire à très haut débit est essentielle pour alimenter rapidement les accélérateurs en données. Le déploiement de Jalapeño est annoncé pour la fin de l’année 2026. OpenAI veut l’utiliser sur plusieurs générations de plateformes. Cette stratégie suit celle de Google, déjà doté de ses propres accélérateurs, tandis qu’Anthropic étudie également des solutions personnalisées. Pour les géants de l’IA, maîtriser les modèles ne suffit plus : il faut désormais contrôler aussi les puces qui les font fonctionner. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Apple reconnaît avoir utilisé des vidéos publiques pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Mais devant la justice américaine, le groupe conteste l’idée d’avoir enfreint le Digital Millennium Copyright Act, ou DMCA. Trois chaînes YouTube (h3h3Productions, MrShortGame Golf et Golfholics) ont porté plainte en avril, estimant que leurs contenus avaient été aspirés sans autorisation.La défense d’Apple repose sur une distinction juridique précise. Selon l’entreprise, ces vidéos étaient accessibles librement : aucun mot de passe, aucun paiement, aucun verrou technique n’empêchait de les regarder. Le DMCA interdit notamment de contourner une mesure de protection contrôlant l’accès à une œuvre. Or Apple considère que YouTube ne bloque pas l’accès aux vidéos publiques. La plateforme cherche plutôt à empêcher leur téléchargement automatique ou leur collecte massive. Autrement dit, Apple distingue le contrôle d’accès du contrôle d’usage. Regarder une vidéo publique constitue l’accès. Empêcher ensuite son téléchargement ou son extraction automatisée revient à encadrer la manière dont elle est utilisée. Pour la firme, ce second cas ne relève donc pas de la section du DMCA invoquée par les créateurs.Si le juge californien valide cette lecture lors de l’audience prévue le 6 août, la plainte fondée sur ce texte pourrait s’effondrer. Les créateurs conserveraient la possibilité d’agir sur le terrain du droit d’auteur classique, mais il faudrait alors engager une nouvelle bataille juridique, avec d’autres arguments et d’autres preuves. L’affaire dépasse largement Apple. Les mêmes chaînes ont aussi engagé des procédures comparables contre Meta, NVIDIA, ByteDance et Snap. Le conflit autour de l’entraînement des intelligences artificielles devient donc un front judiciaire structuré, opposant les producteurs de contenus aux entreprises qui collectent massivement les données publiques du Web.Une victoire d’Apple pourrait affaiblir l’un des rares outils utilisés aujourd’hui contre le scraping, c’est-à-dire l’extraction automatisée de contenus en ligne. Le débat se déplacerait alors vers le droit d’auteur traditionnel, les conditions d’utilisation des plateformes ou une nouvelle intervention du législateur. La question centrale reste donc entière : rendre une œuvre visible publiquement signifie-t-il accepter qu’elle serve gratuitement à un produit commercial ? L’argument d’Apple peut être juridiquement cohérent, mais il révèle surtout le décalage entre les lois actuelles et une industrie de l’IA qui entraîne ses modèles sur une immense partie d’Internet. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Apple prépare-t-elle son arrivée sur le marché des bagues connectées ? La question revient avec insistance depuis quelques jours. Selon un message publié sur X par le leaker Kosutami, la firme de Cupertino travaillerait sur un nouvel appareil portable dédié à la santé, connu en interne sous le nom d’iRing. Pour l’instant, aucun détail technique n’a filtré. On ne connaît ni son design, ni ses capteurs, ni son calendrier éventuel. Mais la rumeur confirme une tendance : Apple semble vouloir explorer des formats plus discrets que la montre connectée.Depuis des années, l’Apple Watch domine le marché des montres connectées. Elle permet déjà de suivre l’activité physique, le rythme cardiaque, le sommeil ou certains indicateurs de santé. Mais le secteur a beaucoup évolué. Des produits plus légers et moins visibles se sont imposés, comme l’Oura Ring, la Samsung Galaxy Ring, ou encore les bracelets WHOOP et Fitbit Air. Leur promesse est simple : mesurer en continu certaines données corporelles sans porter un écran au poignet.Une bague connectée fonctionne généralement grâce à de petits capteurs capables de suivre des paramètres comme la fréquence cardiaque, la température corporelle, la qualité du sommeil ou la variabilité du rythme cardiaque. Cette dernière mesure permet d’évaluer les variations entre deux battements et peut donner des indications sur la récupération ou le niveau de stress. D’après Kosutami, l’iRing viserait précisément à concurrencer l’Oura Ring et la Galaxy Ring. Cette information reste toutefois à prendre avec prudence. Le leaker n’a fourni aucun élément supplémentaire sur les fonctions prévues ou le niveau d’avancement du projet.La rumeur intervient aussi dans un moment de réorganisation interne chez Apple. Eddy Cue aurait récemment pris la tête de cette division, avec l’ambition de renforcer la présence du groupe dans la santé connectée. Une bague pourrait donc s’inscrire dans cette stratégie. Mais rien ne garantit encore un lancement commercial. Chez Apple, de nombreux prototypes sont testés sans jamais arriver en magasin. L’entreprise n’a fait aucun commentaire officiel, et aucune autre source n’a confirmé ces informations. L’iRing reste donc, pour l’instant, une piste sérieuse peut-être, mais encore très loin d’un produit annoncé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Bruxelles a choisi son champion pour le Frontier AI Grand Challenge. Le lauréat s’appelle EUROPA, un consortium piloté par Domyn, start-up italienne encore connue il y a peu sous le nom d’iGenius. Sa mission est claire : créer un modèle d’intelligence artificielle de frontière, open source, entraîné en Europe, sur des supercalculateurs européens, avec plus de 400 milliards de paramètres et une couverture des 24 langues officielles de l’Union.L’enjeu dépasse largement la performance technique. Un modèle de frontière désigne une IA parmi les plus avancées de sa génération, capable de rivaliser avec les grands systèmes américains ou chinois. Quant aux paramètres, ils représentent les milliards de réglages internes qui permettent au modèle d’apprendre et de produire ses réponses. Plus leur nombre est élevé, plus le système peut être puissant, à condition de disposer des données et de la puissance de calcul nécessaires.Le choix de Domyn peut surprendre. Mistral, en France, incarne depuis plusieurs années l’idée d’une IA souveraine européenne. L’entreprise a signé avec le ministère des Armées, la Caisse des Dépôts, l’Office européen des brevets et plusieurs institutions sensibles. Pourtant, c’est Domyn qui a remporté le défi lancé en février 2026. La start-up milanaise a un argument solide : elle s’est spécialisée dans les modèles déployés directement chez les clients, sans passer par des clouds tiers. Pour Bruxelles, cette logique est centrale. Elle garantit que les données et les usages restent sous contrôle européen. Domyn s’appuie aussi sur le Fraunhofer-Gesellschaft, grand réseau allemand de recherche appliquée, et sur un cluster Blackwell de 5 760 puces, en plus des ressources EuroHPC.C’est là que se joue le vrai prix : jusqu’à 2,5 % de la capacité de calcul du réseau européen EuroHPC pendant un an. Pour l’Europe, souvent riche en chercheurs mais limitée en infrastructures, cet accès est stratégique. EUROPA répond à une inquiétude très concrète : ne plus dépendre de modèles hébergés ailleurs, soumis à des décisions étrangères. Tribunaux, hôpitaux, ministères ou administrations ne peuvent pas bâtir leur autonomie numérique sur des outils dont l’accès peut être restreint. Domyn promet un modèle open source dans un an. Mais le pari reste immense. Entraîner un modèle de 400 milliards de paramètres, multilingue, européen et réellement ouvert, demandera plus que de l’ambition : il faudra aussi de la transparence sur les données, les poids du modèle et la licence choisie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
OpenAI prépare une entrée en Bourse qui pourrait marquer l’histoire de la tech. L’entreprise a déposé son dossier auprès du régulateur financier américain avec une ambition spectaculaire : viser une valorisation proche de 1 000 milliards de dollars. Un seuil vertigineux, qui placerait la société parmi les plus grandes introductions jamais réalisées. Mais derrière cette promesse, les chiffres internes soulèvent une question simple : OpenAI a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions ?Des données financières révélées par le journaliste indépendant Ed Zitron, puis confirmées par le Financial Times, donnent une image beaucoup plus fragile de l’entreprise. En 2025, OpenAI a dépensé 34 milliards de dollars, pour 13 milliards de revenus. Sur le papier, le chiffre d’affaires dépasse pourtant l’objectif interne fixé à 10 milliards. Le problème n’est donc pas la croissance, mais le coût de cette croissance. Dans le détail, près de 19 milliards de dollars ont été consacrés à la recherche et développement, et environ 6 milliards aux ventes et au marketing. Le reste a financé les infrastructures, les équipes et la puissance de calcul nécessaires pour faire fonctionner des modèles d’IA à très grande échelle. Résultat : la perte nette atteint 39 milliards de dollars, contre 5 milliards en 2024.Il faut toutefois nuancer ce chiffre. Avant sa transformation en société à mission d’intérêt public, OpenAI avait accordé à ses investisseurs des droits convertibles, comptabilisés comme de la dette. Leur réévaluation, liée à la hausse de valorisation de l’entreprise, a généré environ 30 milliards de dollars de charge comptable. En retirant cet élément exceptionnel, la perte opérationnelle tombe autour de 8 milliards. C’est moins spectaculaire, mais cela reste énorme. Et les besoins futurs s’annoncent colossaux : OpenAI prévoit environ 600 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures d’IA d’ici 2030. L’entreprise doit aussi composer avec une concurrence plus rude. Anthropic est désormais valorisée à 965 milliards de dollars, tandis que ChatGPT passe sous les 50 % de part de marché face à Gemini et Claude. À cela s’ajoutent des enquêtes judiciaires aux États-Unis et une plainte déposée en Floride contre OpenAI et Sam Altman. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France fait face à une réalité inquiétante : les fuites de données personnelles sont devenues massives. Selon Surfshark, en 2025, seuls les États-Unis dépassaient l’Hexagone en volume total de comptes compromis. Mais rapporté au nombre d’habitants, la France arrivait en tête. Autrement dit, les données de très nombreux Français circulent déjà dans la nature. Le problème n’est plus seulement que ces informations existent sur le dark web. Elles deviennent désormais faciles à consulter. Franceinfo a ainsi alerté sur l’existence d’un moteur de recherche permettant de retrouver des informations personnelles sur presque n’importe qui. Pour des raisons évidentes, son nom n’a pas vocation à être diffusé.Pendant une période d’essai gratuite, il suffit d’entrer le nom d’une personne pour voir apparaître son adresse postale, son téléphone ou son e-mail. Mais certaines fiches vont beaucoup plus loin : numéro de sécurité sociale, IBAN, plaque d’immatriculation, rendez-vous médicaux, nombre d’enfants, voire informations liées à une affection longue durée. Une partie de ces données médicales pourrait provenir de la fuite de MonLogicielMedical.com, survenue en février. Au total, ce moteur regrouperait 1,2 milliard de données. Il s’agit visiblement d’une compilation de nombreuses fuites. Certaines lignes permettent même d’identifier leur origine : Free, Bouygues, ou d’autres bases déjà compromises. La CNIL estime que ces services ne semblent pas conformes au droit, car ils compilent des données issues de violations. Un autre site du même type va encore plus loin, avec le genre, la profession, l’employeur, le forfait mobile, la date d’activation ou le dernier contrôle technique. Les sources mentionnées incluent notamment Free, Bouygues, Cegedim, LinkedIn, Pôle Emploi, LDLC, Bourse des Vols ou Autosur. Les créateurs de ces services affirment utiliser des données « publiques » et donc agir légalement. Certains proposent une suppression des informations, parfois via Discord. Mais cela ne retire les données que du site concerné, pas des bases qui circulent ailleurs. La conclusion est brutale : il n’existe aujourd’hui aucun moyen de rendre ces données pleinement privées à nouveau. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Visa et OpenAI viennent de poser une nouvelle brique dans le commerce automatisé. Lors du Visa Payments Forum de San Francisco, les deux entreprises ont annoncé un partenariat qui permettrait à un utilisateur de ChatGPT de confier certains achats à un agent IA, tout en gardant la main sur les limites.Le principe est le suivant : l’utilisateur associe sa carte Visa au service, fixe un plafond par transaction, choisit les catégories de marchands autorisées, puis décide si chaque achat doit être validé manuellement. L’agent peut ensuite rechercher un produit, naviguer jusqu’au marchand et préparer ou finaliser l’achat selon les règles définies. Côté paiement, Visa assure l’autorisation en temps réel et la détection de fraude. OpenAI, de son côté, pilote la recherche et l’interaction avec l’utilisateur. Pour sécuriser la transaction, Visa ne transmet pas le vrai numéro de carte. Il le remplace par un jeton chiffré, c’est-à-dire un identifiant temporaire lié à l’agent et à l’usage prévu. C’est le même principe de tokenisation que Visa applique déjà à ses centaines de milliards de transactions annuelles.Pour Jack Forestell, directeur produit et stratégie de Visa, l’intelligence artificielle pourrait transformer le commerce plus profondément qu’Internet ou le mobile. ChatGPT avait déjà expérimenté le paiement instantané avec Stripe en 2025, mais aux États-Unis seulement, auprès de marchands comme Etsy et Shopify. Visa élargit désormais cette logique à son réseau mondial. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large. En mars 2026, Visa a lancé Visa Agentic Ready, un programme destiné à certifier les paiements déclenchés par des agents IA auprès des banques. Plus de vingt établissements européens, dont Barclays, Santander, Revolut ou HSBC UK, participent aux premiers tests. L’enjeu est de vérifier que les banques savent distinguer une transaction initiée par un humain d’une transaction initiée par un agent, et que le consentement reste clair à chaque étape. Visa et OpenAI travaillent aussi sur des usages professionnels via Codex, l’agent de programmation d’OpenAI. Des entreprises pourraient ainsi automatiser certains paiements fournisseurs selon des règles prédéfinies. Mastercard, PayPal et Coinbase avancent eux aussi sur ce terrain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le don par SMS s’est installé dans les habitudes des Français. En huit ans, ce canal a permis de collecter 16,4 millions d’euros en France. Le quatrième baromètre de France générosités et de l’af2m, publié le 12 mai 2026, confirme cette dynamique : les montants progressent, le don moyen remonte, et une nouvelle technologie commence à changer la manière de donner.En 2025, les dons par SMS ont représenté 1,86 million d’euros, pour 214 000 contributions. Le fonctionnement reste très simple : le donateur envoie un mot-clé à un numéro dédié, et le montant est directement prélevé sur sa facture mobile. Pas besoin de carte bancaire, ni de formulaire, ni d’inscription. Depuis 2018, 2,1 millions de Français ont utilisé cette méthode. Le montant moyen progresse lui aussi. Après un passage à vide en 2021 et 2022, autour de 5 euros, il atteint 8,72 euros en 2025. Les associations ont appris à mieux orienter les donateurs, avec des mots-clés comme « DON10 » ou « DON20 », qui proposent immédiatement un montant plus élevé.Mais ce modèle dépend encore fortement des temps forts médiatiques. En 2025, le seul mois de juin a concentré 22 % de la collecte annuelle, porté par les campagnes contre le cancer de la Fondation ARC et de l’Institut Gustave Roussy, ainsi que par la mobilisation de la SPA contre les abandons d’animaux. La grande nouveauté vient du RCS, souvent présenté comme le successeur enrichi du SMS. Il permet d’intégrer dans la messagerie des images, des vidéos et des boutons interactifs. La France est devenue le premier pays au monde à autoriser le don via ce format. Orange, SFR, HighConnexion et France générosités ont participé à sa mise en place.Six associations l’ont testé en 2025, avec des résultats encourageants : le don moyen atteint 14 à 15 euros, presque le double du SMS classique. L’expérience est plus visuelle, plus fluide, et semble davantage pousser au passage à l’acte. Autre signal à suivre : le don récurrent sur facture mobile. Il reste modeste, avec 375 donateurs, mais les montants collectés ont bondi de 54 % en un an, à 36 980 euros. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Sur Internet, l’heure exacte est une infrastructure invisible. Tant qu’elle fonctionne, personne n’y pense. Mais sans elle, les certificats expirent, les connexions sécurisées échouent, les authentifications se bloquent et les journaux de cybersécurité deviennent impossibles à exploiter.Cette synchronisation repose largement sur un protocole né en 1985 : NTP, pour Network Time Protocol. Son rôle est simple : permettre à un ordinateur, un téléphone ou un routeur de se caler sur une heure de référence. Le système fonctionne en strates. Tout en haut, on trouve des horloges atomiques ou des récepteurs GPS. En dessous, des serveurs redistribuent cette heure au reste du réseau. Le problème, c’est que la quasi-totalité de cette chaîne dépend, directement ou indirectement, du GPS américain. Or le GPS est d’abord un système militaire, contrôlé par le département de la Défense des États-Unis. Jusqu’en 2000, Washington dégradait volontairement le signal civil avec un mécanisme appelé Selective Availability. Cette dégradation a été désactivée, mais rien n’empêche théoriquement de la réactiver.Pour un humain, quelques millisecondes d’écart n’ont aucune importance. Pour un système informatique, c’est autre chose. TLS, qui sécurise les connexions HTTPS, vérifie la validité temporelle des certificats. Kerberos, très utilisé dans les entreprises, rejette les authentifications avec plus de cinq minutes de décalage. Et dans les outils de cybersécurité, une horloge fausse peut désordonner toute la chronologie d’une attaque.NTP peut aussi être détourné. Un attaquant peut décaler l’heure d’une cible, ou exploiter des serveurs mal configurés pour amplifier une attaque. En 2014, une attaque NTP avait atteint 400 gigabits par seconde contre un client de Cloudflare. Même sans attaque, une mauvaise gestion d’une seconde intercalaire avait fait tomber Reddit, LinkedIn, Mozilla ou encore Yelp en 2012. L’Europe dispose pourtant d’alternatives. Galileo diffuse un signal de temps précis. En France, l’Observatoire de Paris, via le SYRTE, maintient l’heure légale avec des horloges atomiques extrêmement fiables et propose des serveurs NTP publics. L’Allemagne, la Suède ou le Royaume-Uni ont aussi leurs références.Mais ces sources ne sont presque jamais configurées par défaut. Ni Windows, ni macOS, ni les routeurs grand public, ni les grands clouds ne les privilégient. Les textes comme NIS2 ou DORA imposent la résilience numérique, sans exiger de sources de temps souveraines. L’Europe a donc les moyens de maîtriser son heure numérique. Elle n’a simplement pas encore décidé d’en faire une priorité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Microsoft présente Scout comme un nouvel « agent personnel toujours actif ». L’entreprise le classe dans une catégorie appelée autopilotes : des intelligences artificielles capables d’agir pour l’utilisateur, sans attendre une consigne explicite à chaque étape. L’outil s’appuie sur OpenClaw, une IA agentique que Microsoft intègre désormais à Microsoft 365. Testé en interne sous le nom ClawPilot, puis rebaptisé Scout pour son lancement public, il s’inscrit dans un projet plus large baptisé Project Lobster. Son ambition est de rendre ces agents accessibles à des utilisateurs sans compétences techniques.Concrètement, Scout peut se connecter aux données d’un compte Microsoft et aux applications comme Teams, Outlook, OneDrive ou SharePoint. Il peut organiser des réunions entre plusieurs fuseaux horaires, préparer des documents, modifier des fichiers Word, Excel ou PowerPoint, naviguer sur le Web, remplir des formulaires ou exécuter certaines commandes système. Pour des tâches plus complexes, il peut mobiliser des sous-agents spécialisés, par exemple pour la recherche ou le code. Scout repose aussi sur Work IQ, une couche d’IA qui apprend la façon dont une personne travaille. L’agent ne se contente donc pas de répondre comme un simple chatbot : il tient compte du métier, de l’organisation de l’entreprise et du contexte professionnel. Microsoft assure également que chaque agent dispose de sa propre identité et que les enjeux de sécurité ont été intégrés.Mais la controverse vient d’un document interne consulté par 404 Media. Celui-ci décrit une stratégie en trois étapes pour bâtir une plateforme agentique, avec une première phase qualifiée d’« application addictive ». Le texte explique qu’il faut rendre les utilisateurs accros à ClawPilot, devenu Scout, en développant une expérience autonome, une base d’utilisateurs et un écosystème d’outils indispensable au quotidien. Le projet serait déjà utilisé par plus de 1 000 employés de Microsoft, dont Satya Nadella, avec une forte rétention et un usage intensif. Cette approche inquiète en interne. Un salarié estime qu’aucun produit ne devrait intégrer l’addiction dans sa stratégie de conception. Reste à savoir si Scout séduira vraiment. Microsoft a déjà tenté d’imposer Copilot dans Windows 11, non sans provoquer la colère d’une partie des utilisateurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les attaques par déni de service, ou DDoS, font partie des méthodes les plus connues de la cybersécurité offensive. Leur principe est simple : envoyer tellement de requêtes vers un site ou un service en ligne que ses serveurs finissent par saturer. Résultat, la page ne répond plus, l’application tombe, et les utilisateurs légitimes ne peuvent plus accéder au service.Traditionnellement, ce type d’attaque nécessite un botnet, c’est-à-dire un vaste réseau de machines compromises : ordinateurs, routeurs, caméras connectées ou objets mal protégés. Mais des chercheurs de la société californienne Calif viennent de documenter une méthode beaucoup plus inquiétante : une attaque DDoS capable de fonctionner depuis un seul ordinateur. Cette technique, baptisée « HTTP/2 Bomb », doit être présentée lors de la conférence Real World AI Security, organisée à Stanford du 23 au 25 juin. Les chercheurs expliquent avoir utilisé Codex, l’IA d’OpenAI, pour les aider à détecter cette faille.Le cœur du problème vient de HTTP/2, une version moderne du protocole qui permet à un navigateur et à un serveur web de communiquer. HTTP/2 a été conçu pour accélérer les sites, notamment grâce à la compression des en-têtes et à l’envoi de plusieurs requêtes sur une même connexion. Mais ces optimisations peuvent être détournées. L’attaque exploite notamment HPACK, le système chargé de compresser certaines informations échangées entre le client et le serveur. En manipulant ce mécanisme, un attaquant peut forcer le serveur à reconstruire en mémoire de très grandes quantités de données pour un trafic en apparence limité. La seconde étape consiste à empêcher cette mémoire d’être libérée rapidement, en jouant sur les mécanismes de contrôle du flux.Selon Calif, un simple ordinateur connecté à 100 Mbps peut ainsi épuiser des dizaines de gigaoctets de mémoire vive en quelques secondes. Lors des tests, un serveur Envoy est tombé en une dizaine de secondes, Apache a saturé 32 Go de mémoire en 18 secondes, tandis que nginx et Microsoft IIS ont cédé en moins d’une minute. La menace est sérieuse, mais pas universelle. Tous les serveurs ne sont pas vulnérables, et certains correctifs existent déjà. En attendant, les experts recommandent de limiter strictement les en-têtes, de passer par des CDN ou proxys inverses, et de désactiver HTTP/2 lorsque c’est possible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Imaginez votre début de journée... C’est le matin, vous venez de vous réveiller et vous ouvrez votre téléphone. Une petite histoire illustrée vous résume ce qui vous attend. Votre colis vient d’être livrée : Google l’a repéré dans Gmail. Un ami arrive ce week-end : l’information figurait dans votre agenda. Bref, cette application s’appelle Dreambeans, littéralement « graines de rêve ». Elle est actuellement testée publiquement par Google Labs. Son principe est simple : transformer les données personnelles déjà présentes dans l’écosystème Google en mini-récits visuels, comme un journal intime automatisé de votre journée.Pour fabriquer ces histoires, Dreambeans relie les informations issues de plusieurs services : Gmail, Google Agenda, Photos, YouTube ou encore l’historique de navigation. En clair, Google ne collecte pas seulement de nouvelles données pour l’occasion ; il réorganise surtout celles qu’il possède déjà, puis les présente sous forme synthétique et illustrée grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif affiché est de vous faire gagner du temps. Au lieu de chercher vous-même les informations utiles (une livraison, un rendez-vous, une sortie, une recommandation) l’application les rassemble dans un petit récit personnalisé. Les illustrations sont générées par IA et servent à donner une forme plus agréable, presque ludique, à ce résumé quotidien.Derrière Dreambeans, Google met en avant une technologie appelée « Personal Intelligence ». Il s’agit d’une IA conçue pour agir de manière proactive, c’est-à-dire anticiper ce qui peut vous être utile avant même que vous ne le demandiez. Évidemment, la question de la vie privée arrive immédiatement. Google précise que Dreambeans nécessite au moins la connexion d’une application Google, mais fonctionne mieux si plusieurs services sont autorisés. L’utilisateur peut choisir quelles applications alimentent ses récits, tandis que les autres sont censées rester séparées. Pour l’instant, Dreambeans n’est disponible qu’aux États-Unis. Il faut être majeur, posséder un abonnement Google AI Ultra, et utiliser l’application sur Android ou iOS. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis son rachat par Elon Musk en 2022, Twitter, devenu X, a connu une transformation radicale. Nouveau nom, réduction des équipes, politique de modération remaniée : presque tout a changé. Mais la rupture la plus visible reste sans doute la coche bleue. Autrefois réservée aux personnalités et organisations dont l’identité avait été vérifiée, elle est devenue l’un des principaux avantages proposés aux abonnés payants.L’objectif affiché par Elon Musk était de réduire la dépendance de la plateforme à la publicité, en développant les revenus tirés des abonnements. Et X semble désormais prêt à serrer davantage la vis pour pousser ses utilisateurs gratuits vers l’offre Premium. Selon Engadget, la plateforme a discrètement abaissé les limites quotidiennes imposées aux comptes non vérifiés. Ces utilisateurs ne peuvent plus publier que 50 messages originaux et 200 réponses par jour. La différence avec l’ancien plafond est spectaculaire : celui-ci permettait jusqu’à 2 400 publications quotidiennes. Pour les messages originaux, la baisse dépasse donc 95 %.La modification n’a pas fait l’objet d’une grande annonce. Elle a été repérée par des internautes sur X et Reddit, après une mise à jour de la page d’assistance officielle. Lorsqu’une personne atteint l’une de ces limites, la plateforme doit afficher un message d’erreur indiquant précisément le plafond dépassé. Derrière cette décision, la stratégie commerciale paraît assez claire. X cherche à rendre l’usage gratuit plus contraignant pour mieux valoriser son abonnement Premium. La formule la moins chère coûte trois euros par mois, ou trente-deux euros par an. Un tarif d’appel qui doit convaincre les utilisateurs les plus actifs de sortir leur carte bancaire.La plateforme peut toutefois avancer un autre argument : la lutte contre les bots, ces comptes automatisés capables de publier d’énormes volumes de contenus, parfois pour diffuser de la publicité, manipuler les conversations ou mener des campagnes de désinformation. X avait déjà introduit, en octobre 2025, une rubrique « À propos de ce compte », permettant notamment de connaître le pays d’origine associé à un profil. Mais la mesure suscite beaucoup de critiques. Sur X comme sur Reddit, certains utilisateurs y voient moins un outil de modération qu’un nouveau péage numérique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le cinéma français retrouve le goût du très grand écran. Sur les trois premiers mois de 2026, les salles IMAX de l’Hexagone ont généré 7,9 millions de dollars de recettes, soit une progression spectaculaire de 230 % sur un an. Selon les chiffres communiqués par le groupe, la France réalise ainsi son meilleur début d’année historique et se hisse au septième rang mondial du box-office IMAX.Cette performance illustre une tendance de fond : face au confort des plateformes de streaming et des téléviseurs toujours plus grands, les salles cherchent à proposer une expérience que le salon ne peut pas facilement reproduire. L’IMAX s’inscrit pleinement dans cette stratégie dite « premium ». Le format repose notamment sur des écrans de très grande taille, une projection particulièrement lumineuse et détaillée, ainsi qu’un système sonore immersif conçu pour envelopper le spectateur. Cette progression passe aussi par une présence plus importante sur le territoire. Le réseau français est passé de 22 à 36 salles IMAX. Sept nouvelles installations ont ouvert en 2025, un record national, et le groupe prévoit au moins cinq ouvertures supplémentaires en 2026. Le format ne se limite donc plus à quelques établissements emblématiques des grandes métropoles : il gagne progressivement des cinémas dans plusieurs régions.Le calendrier des sorties joue également un rôle essentiel. IMAX annonce quatorze productions estampillées « Filmed for IMAX » en 2026. Cette mention désigne des films conçus ou tournés spécifiquement pour tirer parti du format, avec une image pensée pour occuper davantage l’écran et renforcer la sensation d’immersion. Parmi les titres mis en avant figurent The Odyssey de Christopher Nolan, Dune : Troisième Partie, The Mandalorian and Grogu ou encore Narnia. La France a déjà bénéficié de cet engouement avec Avatar : Le Feu et la Cendre. Le film est devenu le deuxième plus grand succès IMAX du marché français, avec 12 millions de dollars de recettes sur l’ensemble de son exploitation.Pour les exploitants, l’équation est claire : il faut donner au public une véritable raison de quitter son canapé. Grands écrans, son spectaculaire, séances événementielles et films conçus pour le format permettent de mieux valoriser le billet. Et au regard des chiffres enregistrés en France, les spectateurs semblent accepter de payer davantage lorsque l’expérience leur paraît réellement différente. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France et le Canada ont décidé d'unir davantage leurs forces dans la course mondiale aux technologies quantiques. Le 29 mai, en marge du G7 numérique organisé à Bercy sous présidence française, la ministre Anne Le Hénanff et son homologue canadien Evan Solomon ont signé une déclaration conjointe destinée à structurer cette coopération.Les deux pays entretiennent depuis plusieurs décennies des liens scientifiques étroits nourris par les échanges entre universités, laboratoires, chercheurs et étudiants.Cette signature a surtout permis de demander un nouveau cadre politique et industriel à une collaboration déjà bien installée. Quelques jours plus tôt, le 20 mai, Emmanuel Macron avait annoncé un réinvestissement massif de la France dans le quantique et les semi-conducteurs. Dans un secteur dominé par une compétition internationale intense, Paris a choisi de renforcer ses alliances avec des partenaires considérés comme fiables, après avoir déjà conclu un rapprochement comparable avec l'Allemagne.Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les technologies quantiques exploitent les propriétés très particulières de la matière à l'échelle de l'infiniment petit. Elles peuvent notamment permettre de développer des ordinateurs capables de résoudre certains problèmes hors de portée, des machines classiques, des réseaux de capteurs d'une précision extrême. Et la déclaration franco-canadienne a ciblé ces trois grands domaines. Elle a prévu de soutenir des programmes communs de recherche et développement, de favoriser les investissements croisés et de rapprocher les entreprises de ces deux pays. L'objectif était aussi de participer à la construction d'un marché mondial du quantique fondé sur des règles et des standards partagés.Autre enjeu central, les compétences. Sans scientifiques, ingénieurs et techniciens spécialisés, les ambitions industrielles restent théoriques. Paris et Ottawa ont donc misé sur des ateliers, des séminaires et des échanges de chercheurs pour former une nouvelle génération de professionnels. Au-delà de la science, cette alliance a porté un message politique. La maîtrise du quantique est devenue une question de souveraineté technologique, mais aussi de sécurité économique. Pour Anne Le Hénanff, la coopération avec les partenaires de confiance reste donc indispensable. Les discussions se sont poursuivies dans le cadre du groupe de travail du G7 consacré au quantique, créé sous la présidence canadienne. Dans cette course stratégique, la France et le Canada ont choisi de ne pas courir seuls. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au départ, Star Citizen ressemblait à une campagne Kickstarter parmi tant d'autres, à une époque où le financement participatif connaissait un véritable âge d'or. 12 ans après la date de sortie initialement annoncée, le projet est devenu un objet à part dans l'histoire du jeu vidéo et son développement continue toujours aujourd'hui.À l'origine de cette aventure, on trouve Chris Roberts, créateur de la célèbre série Wing Commander. Après un passage remarqué par le cinéma, pas toujours pour les meilleures raisons, il revient au jeu vidéo en 2012 avec un nouveau studio et une ambition immense, construire un univers spatial persistant, détaillé et pratiquement sans limite. Sur Kickstarter, Star Citizen promet alors de devenir le successeur spirituel de Wing Commander, avec une sortie prévue en 2014. La campagne récolte environ 2 millions de dollars, un montant déjà spectaculaire pour l'époque, mais le financement ne s'arrête pas là. Au fil des années, le studio poursuit ses appels à contribution et vend notamment des objets, ainsi que des vaisseaux virtuels. Résultat, selon Chris Roberts, le projet vient de franchir le cap symbolique du milliard de dollars collectés. Star Citizen devient ainsi de très loin le projet participatif le mieux financé de l'histoire.D'après une interview accordée à Variety, Chris Roberts explique ce succès par la force du rêve proposé aux joueurs, explorer un monde virtuel immense en constante évolution. Selon lui, un éditeur traditionnel ou un fonds d'investissement n'aurait jamais accepté un développement aussi long et aussi coûteux. Les investisseurs classiques exigent généralement des délais précis et un retour rapide. La communauté, elle, finance surtout la promesse d'un univers toujours plus ambitieux. Et malgré les retards accumulés, l'enthousiasme ne semble pas disparaître. Chris Roberts affirme même que plus les joueurs découvrent le projet, plus leur intérêt grandit. Il estime également que le développement se poursuivra longtemps après la sortie de la version 1.0 avec de nouveaux contenus et extensions. À ce stade, la campagne solo Squadron 42 reste annoncée pour 2026. En revanche, la date de sortie définitive de Star Citizen, sa composante multijoueur, demeure toujours inconnue. Un milliard de dollars plus tard, le jeu reste donc autant une prouesse communautaire qu'une promesse encore inachevée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans de nombreuses entreprises, l’intelligence artificielle n’est plus seulement encouragée : elle devient presque obligatoire. Les directions poussent leurs salariés à intégrer ces outils dans leur travail quotidien, parfois même à consommer la totalité des ressources mises à leur disposition. Chez Apple, par exemple, les employés qui n’utiliseraient pas tous les tokens disponibles sur Claude feraient l’objet d’une certaine pression.Un token, rappelons-le, correspond à une petite unité de texte traitée par une intelligence artificielle : un mot peut représenter un ou plusieurs tokens selon sa longueur. Plus un salarié sollicite le modèle, plus il en consomme, et plus la facture augmente. Or, l’excès inverse peut devenir tout aussi problématique. Claude, développé par Anthropic, connaît actuellement un succès important, notamment auprès des développeurs et des jeunes entreprises technologiques. Mais son modèle économique peut vite se révéler coûteux. Il n’existe pas de formule véritablement illimitée pour les usages professionnels les plus intensifs : la tarification dépend largement du volume de tokens consommés.Selon une information rapportée par Axios et provenant d’un consultant spécialisé dans l’intelligence artificielle, l’une des entreprises qu’il accompagne aurait reçu une facture approchant les 500 millions de dollars pour un seul mois. La raison avancée est simple : aucune limite d’utilisation n’avait été imposée aux salariés. Un montant aussi spectaculaire suppose évidemment une entreprise gigantesque, avec des effectifs nombreux et un usage massif de Claude. L’identité de cette société n’a pas été révélée. Sur Internet, certains ont toutefois spéculé sur Microsoft, sans qu’aucune preuve ne permette de confirmer cette hypothèse.Cette possibilité a notamment été évoquée parce que Microsoft a récemment supprimé la majorité de ses licences Claude Code. D’après The Verge, la décision aurait été motivée par les coûts. Le groupe chercherait désormais à orienter davantage ses équipes vers ses propres solutions, notamment GitHub Copilot. L’affaire illustre un nouveau défi pour les entreprises. Déployer l’IA ne consiste pas seulement à acheter des licences et à demander aux salariés de s’en servir. Il faut aussi encadrer les usages, surveiller la consommation et vérifier que les gains de productivité compensent réellement la facture. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La flambée actuelle des prix de la mémoire vive ne tombe pas du ciel. Elle est directement liée à l’explosion de l’intelligence artificielle. Les accélérateurs dédiés à l’IA, notamment les GPU utilisés dans les centres de données, consomment des quantités considérables de mémoire très rapide. Résultat : la demande dépasse l’offre, les prix montent, et une partie de l’industrie technologique se retrouve prise de court.Mais dans ce paysage sous tension, un acteur affirme avoir vu venir la crise : NVIDIA. Selon Collette Kress, directrice financière du groupe, l’entreprise avait anticipé la pénurie. Dans un entretien relayé par Wccftech, elle explique que NVIDIA « savait que cela allait arriver », contrairement à d’autres entreprises surprises par l’ampleur du phénomène. Pour elle, cette tension était prévisible, à condition de regarder suffisamment loin dans la chaîne d’approvisionnement.Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir à la mémoire HBM, pour High Bandwidth Memory. Il s’agit d’une mémoire à très haute bande passante, conçue pour transférer énormément de données très rapidement entre les puces et les modèles d’IA. Elle est indispensable pour entraîner et faire fonctionner les grands modèles modernes. Chaque accélérateur peut embarquer des dizaines, voire des centaines de gigaoctets de cette mémoire ultra-rapide.Le problème, c’est que la production de HBM mobilise des ressources industrielles proches de celles utilisées pour fabriquer d’autres mémoires, comme la DDR présente dans les ordinateurs grand public. Quand l’IA absorbe une part croissante de ces capacités, le reste du marché se tend mécaniquement. Smartphones, PC, consoles ou composants grand public peuvent alors subir des hausses de prix. NVIDIA affirme avoir limité ce risque en passant commande très tôt. Mais le groupe ne s’est pas contenté d’acheter ce qui existait déjà. Collette Kress explique que l’entreprise travaille directement avec les trois grands fournisseurs de mémoire, en leur présentant ses futurs besoins et ses prochaines architectures. Autrement dit, NVIDIA ne subit pas seulement la chaîne d’approvisionnement : elle tente de la façonner en amont. Une stratégie qui illustre sa puissance actuelle. Dans la course à l’IA, le vainqueur n’est pas seulement celui qui conçoit les meilleures puces, mais aussi celui qui sécurise la mémoire nécessaire pour les faire tourner. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand on veut cacher sa position, le premier réflexe consiste souvent à couper le GPS. C’est logique : c’est le signal que l’on associe spontanément à la géolocalisation. Mais un smartphone ne se résume pas à son capteur GPS. Même lorsque le bouton « Localisation » est désactivé, l’appareil peut encore laisser filtrer des indices sur l’endroit où vous vous trouvez.Le GPS reste évidemment la source la plus précise. Il permet à une application de vous situer pour afficher un itinéraire, proposer la météo locale, suivre une course ou organiser une livraison. En extérieur, dans de bonnes conditions, il peut localiser un téléphone avec une grande finesse. Refuser cet accès à une application coupe donc une source majeure de données. Mais ce n’est qu’un début.Le Wi-Fi, par exemple, peut aussi parler à votre place. Même sans vous connecter à un réseau, votre téléphone détecte les points d’accès autour de lui. Cette liste peut être comparée à des bases de données déjà existantes. Dans une gare, un centre commercial ou une rue dense, quelques réseaux visibles suffisent parfois à reconnaître une zone. Le Bluetooth ajoute une autre couche. Écouteurs, montres connectées, ordinateurs, enceintes ou balises diffusent des signaux que le téléphone peut détecter. Pris isolément, ils ne donnent pas forcément une position claire. Mais croisés avec d’autres informations, ils peuvent confirmer une présence ou une habitude.Le réseau mobile, lui, reste incontournable. Tant que le téléphone communique avec les antennes de l’opérateur, il peut être situé plus ou moins précisément selon la densité du réseau. En ville, l’estimation peut être assez resserrée. En zone rurale, elle devient plus large. Même l’adresse IP donne un contexte géographique. Elle ne révèle pas votre rue, mais peut indiquer un pays, une région, parfois une ville ou un fournisseur d’accès.Empêcher totalement un smartphone de livrer des indices est donc presque impossible lorsqu’il reste connecté. En revanche, on peut réduire les risques : limiter les autorisations des applications, refuser la localisation précise quand elle n’est pas nécessaire, désactiver les services système inutiles, couper vraiment Wi-Fi et Bluetooth dans les réglages complets, et utiliser un VPN pour masquer l’adresse IP visible.Dernier point essentiel : les comptes connectés. Historique de trajets, adresses favorites, lieux visités, personnalisation publicitaire… si ces données restent associées à Google, Apple, Meta ou d’autres services, un simple réglage local ne suffit pas. La confidentialité se joue donc autant dans le téléphone que dans les comptes qui l’accompagnent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Chez Anthropic, le développement logiciel a changé de nature en moins de deux ans. Là où un ingénieur ouvrait autrefois son éditeur de code, il décrit désormais son objectif à Claude. L’IA écrit, teste, corrige, puis soumet ses propositions. En dix-huit mois, la part de code produit par Claude est passée de quelques pourcents à plus de 80 %. Chaque ingénieur supervise aujourd’hui huit fois plus de code qu’il n’en écrivait lui-même en 2024.Le changement ne concerne pas seulement la vitesse. Claude corrige aussi ses propres erreurs et se montre parfois meilleur que les chercheurs humains sur certaines décisions expérimentales. Avant février 2025, l’assistant servait surtout à suggérer des fragments que l’ingénieur copiait dans son environnement de travail. En mai 2026, il réussissait 76 % des tâches les plus ouvertes, contre 26 % six mois plus tôt.Un exemple résume cette bascule. Quand des dizaines de milliers de tâches d’entraînement sont tombées en panne simultanément, quelques lignes de consigne ont été transmises à Claude. Deux heures plus tard, un ingénieur validait le correctif. Seul, un humain aurait mis deux à trois jours. Depuis début 2026, chaque modification apportée au code d’Anthropic est relue automatiquement. Cette relecture, appliquée rétrospectivement, a montré qu’un tiers des bugs ayant provoqué d’anciens incidents auraient pu être détectés avant leur mise en production.En avril, Anthropic a aussi publié les résultats d’un projet de recherche mené presque entièrement par des agents Claude (des IA capables d’enchaîner plusieurs actions sans intervention humaine constante). Sur un problème ouvert de sécurité de l’IA, deux chercheurs humains avaient comblé 23 % de l’écart en une semaine. Les agents, eux, ont atteint 97 % en 800 heures cumulées de calcul. Les gains sont tout aussi spectaculaires sur l’optimisation de code. Claude Opus 4 multipliait par trois la vitesse d’un code de départ. Mythos Preview, plus récemment, l’a multipliée par 52, là où un chercheur humain plafonnait autour de quatre. Mais cette accélération pose un problème d’organisation : Claude produit plus vite que les humains ne relisent. Et la relecture humaine devient le nouveau goulet d’étranglement. Avec Project Glasswing, Mythos Preview a détecté plus de dix mille vulnérabilités critiques en quelques semaines, dont un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
GoPro, autrefois symbole mondial de l’aventure filmée à la première personne, a reconnu une situation critique. Dans un document déposé début juin auprès de la SEC, le régulateur américain des marchés financiers, l’entreprise a évoqué un « doute substantiel » sur sa capacité à poursuivre ses activités.Les chiffres expliquent cette alerte. Au premier trimestre 2026, son chiffre d’affaires a chuté de 26 %. Dans le même temps, GoPro a annoncé la suppression de 23 % de ses effectifs mondiaux et cherche activement un repreneur, une fusion ou un financement d’urgence. Un effondrement brutal pour une société qui valait environ 4 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse en 2014, contre à peine plus de 150 millions aujourd’hui. Deux facteurs pèsent particulièrement lourd. Le premier vient de la ruée mondiale vers l’intelligence artificielle. Pour alimenter les centres de données et les puces dédiées à l’IA, les fabricants de composants réorientent une partie de leurs capacités vers les produits les plus rentables. Résultat : l’approvisionnement en mémoire pour les appareils grand public s’est tendu. GoPro a expliqué avoir appris en avril 2026 que ses fournisseurs réduisaient ses allocations, avec des hausses de prix comprises entre 80 % et 115 %. Pour une caméra embarquée, la mémoire est essentielle : elle conditionne le stockage rapide des vidéos haute définition. Cette flambée a directement fragilisé les comptes du groupe, au point de l’obliger à demander une dérogation à son prêteur après avoir manqué certains engagements de crédit. L’action a décroché de 14 % le 1er juin, avant de passer sous le seuil symbolique du dollar.Le deuxième facteur est concurrentiel. DJI et Insta360, deux acteurs chinois, ont grignoté le marché avec des produits performants, souvent plus agressifs commercialement. GoPro, déjà en difficulté pour se renouveler, a lancé sa gamme Mission 1 avec un nouveau processeur GP3. Mais l’innovation semble être arrivée trop tard. L’entreprise explore désormais toutes les options, y compris un possible repositionnement vers la défense ou l’aérospatial. Et si la pénurie de mémoire se prolonge, GoPro pourrait ne pas être un cas isolé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France a officiellement rejoint, le 4 juin 2026, le cercle restreint des quatorze pays membres de l’Observatoire SKA, l’organisation internationale chargée de piloter la construction du plus vaste réseau de radiotélescopes jamais conçu. Une adhésion qui a concrétisé cinq années de démarches, depuis l’engagement pris par Emmanuel Macron lors d’une visite d’État à Pretoria.Le SKA, acronyme de Square Kilometer Array, repose sur deux installations géantes réparties entre l’Afrique du Sud et l’Australie. Côté sud-africain, 197 grandes paraboles ont été prévues pour capter les ondes radio de moyenne fréquence. Côté australien, 131 000 antennes doivent explorer les basses fréquences, celles qui permettent de remonter très loin dans l’histoire de l’Univers. L’objectif scientifique est immense : observer les premières étoiles, comprendre la formation des galaxies, étudier les pulsars (ces étoiles mortes extrêmement denses qui émettent des signaux réguliers) ou encore sonder les origines possibles de la vie dans le cosmos. Avec un coût supérieur au milliard d’euros, le SKA est devenu l’un des grands projets scientifiques internationaux de la décennie.L’arrivée française n’a pas été improvisée. Depuis 2018, le CNRS coordonne SKA-France, une coalition réunissant neuf établissements académiques, parmi lesquels l’Inria, le CEA et plusieurs universités. Ce travail de fond a permis à la recherche française de s’inscrire durablement dans le projet. L’industrie française était déjà engagée avant même l’adhésion officielle. En 2025, Bull a obtenu un premier contrat pour fournir une partie du Science Data Processor, le cerveau informatique du SKA. Son rôle : transformer l’immense flux de signaux captés par les antennes en images exploitables du ciel. Le défi est colossal, puisque le SKA doit générer jusqu’à un milliard de gigaoctets de données par jour.La France s’est aussi investie dans les enjeux de calcul intensif et d’efficacité énergétique, notamment à travers le laboratoire ECLAT et le groupe international SCOOP. Sur le plan scientifique, ses chercheurs participent à treize des quatorze groupes de travail du SKA, avec des responsabilités majeures en cosmologie et sur les origines de la vie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Bonjour à toutes et à tous. ! Ceci n'est pas un épisode ordinaire, mais juste un petit message pour vous dire qu'il n'y aura pas d'épisode en cette première semaine du mois de juin. Choses à Savoir Tech prend quelques jours de repos pour revenir tout l'été avec pleins de sujets tech passionnants ! Merci encore pour votre fidélité et rendez-vous la semaine du 8 juin pour le retour des épisodes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Californie, les incendies ne commencent pas toujours par de grandes flammes spectaculaires. Bien souvent, tout démarre par des braises, transportées par le vent, qui s’accumulent dans la végétation ou s’infiltrent sous les toitures. C’est précisément ce moment critique qu’une startup américaine tente aujourd’hui de cibler. Son fondateur, Geoff Bruder, ancien ingénieur de la NASA, a créé Sonic Fire Tech avec une idée en tête : éteindre le feu… sans eau. Un enjeu de taille, notamment pour des infrastructures sensibles comme les centres de données, les musées ou les installations électriques, où l’eau peut causer autant de dégâts que les flammes elles-mêmes.Lors d’une démonstration en Californie, l’entreprise a présenté un dispositif capable d’éteindre des flammes à distance, simplement grâce à des ondes acoustiques de très basse fréquence. Le principe repose sur un phénomène physique : le feu a besoin d’oxygène pour se maintenir. En perturbant cet apport, on peut stopper la combustion. Concrètement, ces ondes, réglées en dessous de 20 hertz, donc inaudibles pour l’oreille humaine, déplacent les molécules d’oxygène autour de la flamme. Cela empêche la réaction chimique de se poursuivre. Selon son concepteur, le système agit plus vite que le feu ne peut consommer l’oxygène disponible.Ce type d’interaction entre le son et la combustion n’est pas nouveau. Des chercheurs, comme Albert Simeoni du Worcester Polytechnic Institute, confirment que l’effet est connu depuis longtemps. Mais jusqu’ici, il était difficile de le reproduire à grande échelle sans générer des nuisances sonores importantes. Le dispositif développé par Sonic Fire Tech repose sur des conduits installés sur les toitures, qui diffusent ces ondes. Des capteurs infrarouges détectent en temps réel toute source de chaleur suspecte. Dès qu’un risque est identifié, le système s’active automatiquement, même en cas de coupure de courant grâce à une batterie de secours. Reste une limite importante : ces ondes ne sont efficaces que sur de petites flammes. Comme le rappelle Arnaud Trouvé, spécialiste en protection incendie, il ne s’agit pas d’éteindre un incendie déjà déclaré, mais de prévenir son déclenchement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le géant du divertissement The Walt Disney Company pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Selon plusieurs informations, le groupe réfléchit à la création d’une « super application » destinée à regrouper l’ensemble de ses services sous une seule interface.À l’origine de cette idée : Josh D'Amaro, aujourd’hui à la tête des activités majeures du groupe. L’ambition est simple sur le papier : fusionner des applications aujourd’hui séparées, comme Disney+, celles des parcs d’attractions ou encore les services liés aux croisières, en une plateforme unique. Aujourd’hui, chaque service fonctionne de manière indépendante. Une application pour réserver une visite, une autre pour organiser une croisière, une autre encore pour regarder films et séries. Résultat : une expérience fragmentée, sans réelle continuité pour l’utilisateur. La future super app viserait justement à effacer ces frontières.Concrètement, il serait possible, depuis une seule interface, de passer d’un film à la réservation d’un billet pour Disneyland, ou à la planification d’un séjour. L’idée va plus loin qu’un simple regroupement technique. Il s’agit de créer un point d’entrée unique vers tout l’écosystème Disney : contenus, expériences physiques, jeux, produits dérivés. Ce type d’application, déjà répandu en Asie, regroupe plusieurs services dans un seul outil. On parle de « super app » car elle centralise des fonctions variées, souvent liées entre elles, pour simplifier l’usage et renforcer la fidélité des utilisateurs.Ce projet n’est pas nouveau chez Disney. Il circule en interne depuis plus d’une décennie, notamment sous l’ère de Bob Iger. Mais jusqu’ici, la complexité technique a freiné sa mise en œuvre. Un exemple concret : la fusion en cours entre Disney+ et Hulu, qui s’avère difficile en raison de technologies différentes et de droits de diffusion négociés séparément. Pour l’instant, la super app reste à l’état de concept. Aucun calendrier n’a été annoncé. Mais les enjeux sont considérables : simplifier l’expérience utilisateur, réduire les coûts techniques, et surtout renforcer l’engagement autour de la marque. Reste à savoir si Disney parviendra à surmonter les obstacles qui ont déjà fait échouer ses précédentes tentatives. Car derrière cette idée séduisante se cache un défi colossal : unifier des univers numériques qui, jusqu’ici, ont toujours évolué séparément. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après avoir repensé son expérience sur téléviseur, Netflix poursuit sa transformation… cette fois dans votre poche. La plateforme américaine déploie une nouvelle version de son application mobile, avec une navigation repensée et des fonctionnalités inédites pour capter l’attention des utilisateurs sur smartphone. L’enjeu est clair : faire du mobile autre chose qu’un simple écran d’appoint. Netflix veut en faire un véritable espace d’exploration, capable de rivaliser avec les usages rapides et immersifs qui dominent aujourd’hui sur téléphone.La nouveauté principale s’appelle « Extraits ». Il s’agit d’un fil vidéo vertical, inspiré des formats courts que l’on retrouve sur les réseaux sociaux. Concrètement, ce type de flux permet de faire défiler rapidement des séquences vidéo, souvent de quelques secondes, optimisées pour une consultation rapide. L’objectif est simple : proposer un aperçu instantané des contenus disponibles, et faciliter le passage à l’action.Plutôt que de parcourir longuement un catalogue, l’utilisateur peut désormais découvrir une scène, être accroché… et lancer immédiatement le programme correspondant. Netflix parle d’un outil conçu pour « raccourcir le chemin entre la curiosité et le visionnage ». Ce flux ne se limite pas à la découverte. Il intègre directement des actions clés : ajouter un contenu à sa liste personnelle, ou le partager en quelques secondes, via SMS ou réseaux sociaux. L’idée est de rendre ces interactions naturelles, presque instinctives.Autre point important : la personnalisation. Comme pour ses recommandations classiques, Netflix adapte ce fil en fonction des préférences de chaque utilisateur. Les contenus proposés varient selon l’humeur, le moment de la journée ou les habitudes de visionnage. Une manière d’offrir une expérience sur mesure, sans effort. Cette fonctionnalité est pour l’instant déployée progressivement dans plusieurs pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore l’Inde, avant une généralisation mondiale dans les prochains mois. À terme, Netflix voit plus loin. La plateforme envisage d’intégrer dans ce flux des formats variés, comme des podcasts, des programmes en direct ou encore des sélections thématiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis l’arrivée de ChatGPT fin 2022, beaucoup annonçaient la fin imminente de la recherche traditionnelle. Les chatbots allaient supplanter les moteurs à mots-clés, et Google semblait condamné à décliner. Trois ans plus tard, les chiffres racontent une tout autre histoire.La maison mère, Alphabet, a publié des résultats particulièrement solides pour le premier trimestre 2026. Le chiffre d’affaires atteint 109,9 milliards de dollars, en hausse de 22 % sur un an. Le bénéfice par action dépasse largement les attentes, et le patron Sundar Pichai évoque un début d’année « exceptionnel ». Au cœur de cette performance, on retrouve toujours le moteur de recherche. Google Search génère à lui seul plus de 60 milliards de dollars sur le trimestre, avec une croissance de 19 %. Et surtout, le nombre de requêtes n’a jamais été aussi élevé. Contrairement aux prévisions, l’intelligence artificielle n’a pas détourné les utilisateurs… elle les a ramenés.Comment ? Grâce à l’intégration directe de l’IA dans le moteur. Des fonctionnalités comme les « AI Overviews », des réponses synthétiques générées automatiquement en haut des résultats, ou encore le mode conversationnel, prolongent la recherche classique. L’utilisateur ne quitte plus la page : il y passe plus de temps, pose plus de questions, et approfondit ses requêtes. En parallèle, Google Cloud affiche une croissance spectaculaire, et les modèles comme Gemini traitent désormais des milliards de fragments de texte par minute. Pour comprendre, un « token » correspond à un morceau de phrase analysé par l’IA. Plus il y en a, plus les capacités de traitement sont importantes.Face à la concurrence – Perplexity, Copilot ou encore Bing – Google n’a pas été dépassé. Il a intégré leurs innovations à son propre produit, une stratégie classique chez les géants de la tech. En France, certaines fonctions IA restent absentes pour des raisons juridiques, notamment liées aux droits voisins de la presse. Pourtant, cela n’empêche pas Google de dominer largement le marché, avec plus de 86 % des recherches. Une seule ombre au tableau : un léger recul sur ordinateur. Mais aujourd’hui, la majorité des recherches se fait sur mobile, où Google reste ultra-dominant. En résumé, loin d’être menacé, le moteur de recherche s’est réinventé. Et l’intelligence artificielle, annoncée comme sa remplaçante, est devenue son principal moteur de croissance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 1989, le réalisateur Robert Zemeckis imaginait un futur où, en 2015, les voitures voleraient et les pizzas gonfleraient toutes seules au four. La réalité a été bien différente. Mais aujourd’hui, une autre expérience propose une forme de voyage dans le temps… non pas vers le futur, mais vers le passé, grâce à l’intelligence artificielle.Ce projet s’appelle Talkie, ou 13B 1030 LM. Il a été développé par les chercheurs Nick Levine, David Duvenaud et Alec Radford. Leur idée : entraîner un modèle de langage, autrement dit une IA capable de générer du texte, uniquement avec des connaissances arrêtées au 31 décembre 1930. Concrètement, ce système repose sur 13 milliards de paramètres, des variables internes qui lui permettent de produire du langage, et sur un immense corpus de textes issus du domaine public.Pourquoi 1930 ? Parce qu’aux États-Unis, les œuvres publiées à cette époque sont désormais libres de droits. Cela permet d’entraîner l’IA sans utiliser de contenus protégés. L’objectif est double. D’abord, tester la capacité d’un modèle à « prédire » le futur avec des connaissances anciennes. Ensuite, simuler une conversation avec une intelligence issue d’un autre temps. Une sorte de dialogue impossible… rendu possible par la technologie.Mais l’exercice a ses limites. Les chercheurs évoquent notamment un problème de « contamination » : malgré les précautions, certaines données plus récentes peuvent s’être glissées dans l’entraînement. Résultat, les prédictions ne sont pas toujours fiables. Par exemple, l’IA n’anticipe ni la Seconde Guerre mondiale, ni l’ascension du nazisme. Et lorsqu’on lui décrit notre monde, elle découvre avec surprise Internet, les smartphones ou encore la conquête spatiale. Les chercheurs ont aussi testé ses capacités créatives. Pouvoir inventer des concepts postérieurs à 1930, ou même coder en Python, un langage apparu en 1991. L’IA s’en sort partiellement, mais avec de nombreuses approximations, reconstruisant des solutions à partir d’un monde où l’informatique n’existait pas encore.*Enfin, comme les modèles actuels, Talkie peut produire des « hallucinations », c’est-à-dire des informations inventées mais plausibles. Au-delà de l’expérience, ce type d’outil ouvre une piste intéressante : mieux comprendre les mentalités d’une époque, en analysant le langage et les idées qui la traversaient. Une autre manière, finalement, de faire parler l’histoire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans la Silicon Valley, un tournant est en train de s’opérer. Les géants de la tech taillent dans leurs effectifs… pour mieux investir dans l’intelligence artificielle. Une stratégie qui relance un débat déjà vif : l’IA va-t-elle compléter le travail humain, ou le remplacer ? Les faits récents semblent pencher vers la seconde hypothèse. En quelques mois, Amazon, Microsoft et Meta ont annoncé des suppressions de postes touchant des milliers de salariés dans le monde.Mais contrairement aux vagues de licenciements observées après la pandémie, le contexte est différent. À l’époque, il s’agissait de corriger des recrutements massifs liés au boom du numérique. Aujourd’hui, ces entreprises affichent des résultats financiers solides. Les réductions d’effectifs ne répondent plus à une logique de survie, mais de réallocation des ressources. Car l’intelligence artificielle a un coût. Développer des modèles avancés nécessite des infrastructures lourdes : centres de données géants, consommation énergétique élevée, et surtout des processeurs spécialisés, comme ceux de NVIDIA, dont certains dépassent les 30 000 dollars pièce. À grande échelle, les investissements se chiffrent en centaines de milliards.Pour financer cette course technologique, les entreprises coupent ailleurs. Les postes dans le marketing, les ressources humaines ou certains projets jugés non prioritaires sont les premiers concernés. L’objectif : libérer du capital pour accélérer sur l’IA. En parallèle, ces outils transforment déjà l’organisation du travail. Là où une équipe entière était autrefois nécessaire, une seule personne, épaulée par des systèmes d’IA, peut désormais suffire. Une évolution assumée par les dirigeants eux-mêmes. Le patron de Meta évoque une productivité démultipliée, tandis que certains responsables chez Microsoft anticipent un impact massif sur les emplois qualifiés. Ce mouvement s’accompagne aussi d’une simplification des structures internes. Moins de niveaux hiérarchiques, plus de réactivité : les entreprises adoptent des modèles plus directs, plus plats. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd’hui, rejoindre Mars relève encore de l’épreuve d’endurance. Avec les technologies actuelles, un voyage classique dure entre sept et neuf mois. Ce délai s’explique par l’utilisation d’une trajectoire dite économe en énergie, appelée orbite de transfert de Hohmann. Une solution efficace, mais lente, qui expose les astronautes à de longs mois de radiations et d’apesanteur. Mais une piste inattendue pourrait changer la donne. Le chercheur brésilien Marcelo de Oliveira Souza propose de s’appuyer sur l’orbite de l’astéroïde 2001 CA21 pour tracer des trajectoires beaucoup plus rapides.L’idée est originale : il ne s’agit pas d’aller vers cet astéroïde, mais d’utiliser son plan orbital comme une sorte de guide géométrique. En alignant la trajectoire d’un vaisseau sur ce plan, et en restant dans un écart de seulement 5 degrés, certaines fenêtres de tir pourraient permettre des voyages bien plus courts. Les résultats sont impressionnants. Dans un scénario réaliste, le trajet aller vers Mars pourrait être réduit à 56 jours, avec un retour en 135 jours. Encore plus spectaculaire, une version dite extrême évoque un voyage en seulement 33 jours.Pourquoi ces performances seraient-elles possibles en 2031 ? Parce que la position des planètes cette année-là offrirait une configuration idéale, permettant à la fois un départ et un retour rapides tout en respectant cet alignement orbital. Mais la physique impose ses limites. Ces trajectoires, bien que théoriquement possibles, demandent une énergie considérable. Pour le scénario à 56 jours, il faudrait environ 15 fois plus d’énergie qu’une mission classique. Pour celui à 33 jours, on monte à 40 fois plus. Autrement dit, avec nos fusées actuelles à propulsion chimique, c’est hors de portée. Pour franchir ce cap, il faudrait recourir à des technologies plus avancées, comme la propulsion nucléaire thermique, capable de fournir une poussée plus efficace sur de longues distances.Cette étude ne promet pas encore un voyage rapide vers Mars. Mais elle démontre une chose essentielle : des trajectoires ultra-rapides existent. Reste désormais à inventer les moteurs capables de les emprunter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les applications de navigation évoluent, et la dimension communautaire devient un passage presque obligé. Avec sa dernière mise à jour, Roole Map, développée par Identicar, franchit justement ce cap en intégrant un système de signalement participatif.Le principe est simple, et déjà bien connu des utilisateurs de Waze : chaque conducteur peut signaler en temps réel un événement directement depuis son smartphone. L’information est ensuite partagée instantanément avec les autres usagers en navigation. Cinq types d’alertes sont proposés : accidents, contrôles routiers, travaux, obstacles sur la chaussée et embouteillages. Ce fonctionnement repose sur une logique collaborative. Autrement dit, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui alimentent la carte en données. Chaque automobiliste devient ainsi une sorte de capteur mobile, capable d’enrichir l’information routière au fil de ses trajets.Jusqu’ici, cette fonctionnalité manquait à Roole Map, malgré des demandes répétées sur les plateformes de téléchargement. L’application proposait déjà plusieurs outils pratiques : des itinéraires adaptés au type de véhicule, thermique, hybride ou électrique, l’affichage des prix du carburant, le calcul des péages ou encore la localisation des bornes de recharge. Mais sans contribution des utilisateurs, elle restait en retrait face à ses concurrents. Côté déploiement, la nouveauté est déjà disponible sur iOS. Sur Android, elle est encore en phase de test, accessible en version bêta. Ce lancement progressif s’explique notamment par la diversité des appareils Android, qui complique la gestion des mises à jour et la synchronisation des données en temps réel.Aujourd’hui, Roole Map revendique environ 220 000 téléchargements et près de 50 000 utilisateurs actifs chaque mois. Un chiffre encore modeste comparé aux géants du secteur. Et c’est là que se joue l’enjeu principal. Car pour qu’un système participatif soit réellement efficace, il doit s’appuyer sur une masse critique d’utilisateurs. Sans cela, les signalements restent trop rares pour être fiables. Roole Map mise donc sur une approche différente : une application sans publicité, centrée sur les trajets du quotidien en France, plutôt qu’un outil universel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle a ouvert la porte à des usages aussi impressionnants qu’inquiétants. Parmi eux, la possibilité d’imiter à la perfection la voix ou l’image de personnalités publiques. Une dérive déjà bien réelle, qui pousse certaines célébrités à reprendre le contrôle. Ces dernières années, plusieurs polémiques ont illustré le phénomène. Des voix clonées, des visages recréés, parfois utilisés sans autorisation, voire détournés à des fins malveillantes. Dans ce contexte, la chanteuse Taylor Swift a décidé d’agir en amont.L’artiste américaine vient de franchir une étape stratégique en déposant deux empreintes vocales auprès de l’United States Patent and Trademark Office. Concrètement, il s’agit d’enregistrements spécifiques, ici, des phrases commençant par Hey, it’s Taylor, qui deviennent juridiquement protégés comme des marques. Ce type de dépôt permet de revendiquer un usage exclusif dans certains contextes, notamment commerciaux.Pour bien comprendre, une empreinte vocale est une signature sonore unique, comparable à une empreinte digitale. Elle peut être utilisée pour identifier une personne… ou, dans ce cas précis, pour empêcher son imitation non autorisée. Mais la démarche ne s’arrête pas là. Le dossier inclut également une image de la chanteuse sur scène, signe que la protection s’étend aussi à son apparence visuelle. Une réponse directe à la multiplication des deepfakes, ces contenus générés par IA capables de reproduire de manière ultra-réaliste le visage ou la voix d’une personne.Taylor Swift n’en est pas à son premier affrontement avec ces technologies. Elle a déjà été ciblée par des images truquées circulant sur les réseaux sociaux, un phénomène qui touche de plus en plus de figures publiques. Elle n’est d’ailleurs pas seule à anticiper ces risques. L’acteur Matthew McConaughey a lui aussi récemment protégé des extraits audio et vidéo le représentant. Derrière ces initiatives, une tendance de fond se dessine : à mesure que l’IA progresse, la notion d’identité numérique devient un enjeu juridique majeur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans la course mondiale à l’intelligence artificielle, un acteur chinois s’impose de plus en plus clairement : Moonshot AI. Son nouveau modèle, K2.6, marque une progression rapide et vient bousculer les références du secteur. Trois mois seulement après la version précédente, K2.6 affiche des performances en hausse sur plusieurs tests clés. Sur SWE-Bench Pro, un benchmark qui mesure la capacité d’un modèle à corriger de vrais problèmes sur des projets GitHub, il atteint 58,6 points. Il dépasse ainsi GPT-5.4 et Claude Opus 4.6. Même tendance sur DeepSearchQA et Terminal-Bench, deux tests qui évaluent respectivement la recherche d’information complexe et l’exécution de tâches techniques.Pour comprendre cette avancée, il faut regarder sous le capot. K2.6 repose sur une architecture dite Mixture-of-Experts. Concrètement, cela signifie que le modèle mobilise seulement une partie de ses capacités à chaque requête, ce qui réduit les coûts de calcul. Sur le papier, il compte 1 000 milliards de paramètres, mais n’en active qu’une fraction à chaque instant. Autre élément clé : la fenêtre de contexte. C’est la quantité d’informations que le modèle peut traiter en une seule fois. Ici, elle atteint 256 000 tokens, soit l’équivalent de centaines de pages de texte. De quoi améliorer la compréhension de tâches longues ou complexes.Côté performance, Moonshot mise aussi sur la quantification INT4, une technique qui compresse les données numériques pour accélérer les calculs. Résultat : une inférence environ deux fois plus rapide, avec une perte de précision limitée. Mais tout n’est pas encore validé. La majorité des résultats provient des tests internes du laboratoire, et aucune reproduction indépendante complète n’a été publiée à ce stade. De plus, si les poids du modèle sont accessibles, les données d’entraînement et les méthodes utilisées restent confidentielles, ce qui limite la transparence.Enfin, l’accès à ce type de modèle reste coûteux. Même en version optimisée, il nécessite plusieurs cartes graphiques haut de gamme et une infrastructure pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars par mois. En résumé, K2.6 illustre une tendance forte : les modèles ouverts chinois se rapprochent désormais des meilleurs systèmes propriétaires. Mais la bataille de la transparence et de la reproductibilité, elle, est loin d’être tranchée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle impressionne par ses capacités, mais elle reste faillible. Et parfois, ses erreurs ne s’arrêtent pas à la machine. Une expérience menée en 2024 par des chercheurs de l’Université de Göteborg en apporte une illustration troublante.Les scientifiques ont inventé de toutes pièces une maladie fictive : la « bixonimania ». Selon leur description, il s’agirait d’un trouble cutané lié à une exposition prolongée aux écrans et à un frottement excessif des yeux. Un scénario volontairement absurde, conçu pour tester la capacité des intelligences artificielles à distinguer le vrai du faux. Pour cela, deux fausses études ont été publiées sur une plateforme de prépublication, un type de site où les chercheurs partagent leurs travaux avant validation par des pairs. L’objectif : observer si les grands modèles d’IA reprendraient cette information. Et la réponse a été rapide. En quelques semaines, des outils comme ChatGPT ou Gemini ont commencé à citer la bixonimania comme une pathologie réelle.Jusque-là, rien de totalement surprenant. Ces systèmes fonctionnent en analysant d’immenses volumes de données et peuvent relayer des contenus erronés s’ils ne sont pas correctement filtrés. Mais l’expérience ne s’est pas arrêtée là. Le véritable problème est apparu ensuite : des chercheurs humains ont à leur tour repris cette fausse information dans des publications scientifiques, pourtant soumises à évaluation par des pairs. Autrement dit, une erreur volontairement introduite pour tester l’IA a fini par contaminer la production scientifique elle-même.Plus étonnant encore, le document d’origine comportait des indices évidents de supercherie. Il faisait référence à des éléments de culture populaire comme Les Simpsons, Le Seigneur des Anneaux ou Star Trek. Un ton humoristique, visible même pour un lecteur non spécialiste. Cette expérience met en lumière un phénomène préoccupant : la circulation d’informations erronées entre intelligence artificielle et humains peut créer une boucle de validation trompeuse. L’IA ne fait pas qu’inventer, elle amplifie. Et lorsque ces erreurs sont reprises sans vérification, elles peuvent s’ancrer dans des sources considérées comme fiables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une pratique invisible, mais omniprésente dans nos boîtes mail. Le pixel de suivi — une minuscule image d’un seul pixel — permet aux expéditeurs de savoir si vous avez ouvert un message. Discret, silencieux, et jusqu’ici peu encadré. Mais les règles changent.Le 14 avril 2026, la CNIL a publié une recommandation officielle pour mieux encadrer ces outils de traçage. Une décision qui intervient après une hausse notable des plaintes et une consultation lancée en 2025 auprès d’entreprises, d’associations et du grand public. Concrètement, comment fonctionne ce fameux pixel ? Il s’agit d’une image invisible intégrée dans un e-mail. Dès que vous ouvrez le message, votre appareil charge cette image depuis un serveur distant. Ce simple chargement suffit à signaler que l’e-mail a été consulté. Aucun clic, aucune alerte : tout se fait en arrière-plan.Pour les entreprises, l’intérêt est évident. Ces données permettent de mesurer le taux d’ouverture, d’optimiser les campagnes marketing ou encore de vérifier la bonne réception des messages. Mais pour la CNIL, le problème est ailleurs : ces pratiques collectent des données comportementales dans un espace considéré comme privé — la messagerie personnelle. La nouvelle règle est claire : dans la majorité des cas, l’utilisation de ces pixels nécessite le consentement explicite de l’utilisateur. Un consentement réel, c’est-à-dire libre, éclairé, et surtout non dissimulé dans des conditions générales ou pré-coché par défaut. Les entreprises devront également être capables de prouver qu’elles ont bien obtenu cet accord.Il existe toutefois une exception. Les e-mails dits « transactionnels » — confirmation de commande, suivi de colis ou alerte de compte — peuvent intégrer ces pixels sans consentement préalable. Mais uniquement pour un usage limité : vérifier que le message a bien été délivré, et éviter d’envoyer des e-mails à des adresses inactives. Pour les bases de données existantes, une période de transition de trois mois est prévue. Les organisations devront informer leurs contacts de l’usage de ces traceurs et leur offrir une possibilité simple de s’y opposer. Passé ce délai, la CNIL annonce des contrôles. Et potentiellement des sanctions. Une manière de rappeler que, même invisibles, ces outils ne sont pas sans conséquence sur la vie privée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un marché inattendu, né dans les coulisses de l’économie des startups. Depuis avril 2026, la société SimpleClosure propose une nouvelle activité : revendre les archives numériques d’entreprises en liquidation. Code source, échanges Slack, e-mails internes… tout peut être cédé sous licence. Pour son PDG Dori Yona, il s’agit d’une véritable « ruée vers l’or ».En un an, près d’une centaine de transactions auraient déjà été conclues, pour plus d’un million de dollars redistribués aux fondateurs. Et la concurrence s’organise. La plateforme Sunset, par exemple, valorise particulièrement les données issues de secteurs sensibles comme la santé ou la finance, où les historiques sont riches et interconnectés.Pourquoi un tel engouement ? Parce que les données sont devenues la matière première essentielle de l’intelligence artificielle. Or, comme l’a souligné Ilya Sutskever, les grandes bases publiques, Wikipédia, Reddit ou les livres numérisés, sont aujourd’hui largement exploitées. Les nouveaux systèmes d’IA ont besoin d’exemples concrets de travail réel : des échanges imparfaits, des erreurs, des processus humains. Résultat : un nouveau secteur émerge, celui des environnements d’entraînement simulés. Des entreprises comme AfterQuery vendent des univers professionnels reconstitués, « Finance World » ou « Tax World », où des agents IA apprennent à évoluer comme dans une entreprise. Des acteurs majeurs comme Anthropic ou Scale AI investissent déjà massivement dans ce domaine.Mais cette économie soulève des questions sensibles. Juridiquement, les entreprises détiennent généralement les données produites par leurs salariés, y compris sur des outils comme Slack. Pourtant, pour des experts comme Marc Rotenberg, l’enjeu dépasse la simple propriété intellectuelle : il s’agit aussi de données personnelles. L’anonymisation, souvent mise en avant, reste imparfaite. Des études menées par OpenAI et Google ont montré que certains modèles peuvent mémoriser et restituer des données sensibles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après l’exploit technologique des Jeux olympiques de Jeux olympiques de Paris 2024, diffusés en 4K HDR avec son immersif, on aurait pu penser que la télévision publique française poursuivrait sur cette lancée. Et pourtant, le signal envoyé aujourd’hui par France Télévisions est tout autre : un retour partiel en arrière sur la 4K native. Un choix qui peut surprendre… mais qui s’explique. Car derrière cette décision, il ne s’agit pas d’un recul technologique, mais d’un arbitrage économique. Depuis plusieurs mois, le groupe évolue sous forte contrainte budgétaire. Une commission d’enquête parlementaire lancée fin 2025, combinée aux alertes répétées de la Cour des comptes, a mis en lumière une situation financière tendue. Résultat : un plan d’économies d’environ 140 millions d’euros a été acté pour 2026.Dans ce contexte, certaines dépenses deviennent difficiles à défendre. La production en 4K native en fait partie. Produire une image en Ultra Haute Définition implique une chaîne technique plus lourde : caméras spécifiques, traitement des images plus complexe, besoins accrus en bande passante pour la diffusion… Autant de coûts supplémentaires, pour un bénéfice visuel qui n’est pas toujours évident pour tous les téléspectateurs.C’est là tout le paradoxe. La 4K promet une qualité d’image supérieure, mais son impact dépend fortement des conditions de visionnage : taille de l’écran, distance, qualité du signal. Sur un événement comme Roland-Garros, dominé par des plans larges, la différence avec une image bien optimisée peut rester discrète. La solution envisagée repose donc sur un compromis technique. Plutôt que filmer directement en 4K, France Télévisions pourrait capter en Full HD, puis utiliser un procédé appelé upscaling. Il s’agit d’un traitement algorithmique qui reconstruit une image en Ultra HD à partir d’une source plus basse définition, avec l’aide du HDR, une technologie qui améliore les contrastes et les couleurs.Résultat : une qualité visuelle jugée satisfaisante pour le grand public, à un coût bien inférieur. Ce choix marque un tournant. La 4K native ne disparaît pas, mais elle pourrait devenir l’exception, réservée aux grands événements, plutôt qu’un standard systématique. Un virage pragmatique, dicté par la réalité des finances publiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En cryptographie, il existe un Graal théorique : le chiffrement de Vernam, aussi appelé One-Time Pad. C’est le seul système dont la sécurité est prouvée mathématiquement comme étant infaillible… à une condition très stricte : disposer d’une clé secrète parfaitement aléatoire, aussi longue que le message, et utilisée une seule fois. Un idéal presque impossible à atteindre en pratique. Jusqu’à aujourd’hui, peut-être.Une équipe de chercheurs du CNRS, de l’Université de Tokyo, de l’Université de Limoges, d’IMT Atlantique et de l’ESPCI Paris propose une approche inédite : utiliser l’ADN comme support de ces clés cryptographiques. Concrètement, les scientifiques ont créé de longues séquences d’ADN synthétique, sans lien avec le vivant, dont l’ordre des bases chimiques, les fameuses lettres A, T, C et G, est aléatoire. Ces séquences sont produites en double exemplaire : une copie pour l’émetteur, une autre pour le destinataire. Juste avant l’échange, elles sont lues par des machines de séquençage, des outils capables de décoder l’ordre des bases, afin de générer une clé numérique binaire commune. Cette clé sert ensuite à chiffrer et déchiffrer des messages pouvant atteindre plusieurs centaines de mégaoctets. L’équipe a déjà réalisé une démonstration entre Tokyo et Paris, générant une clé de 400 mégabits avec un niveau d’erreur extrêmement faible. La sécurité repose notamment sur ce que l’on appelle la min-entropie, une mesure du caractère imprévisible d’une clé, ici conforme aux standards les plus exigeants du NIST.Autre point remarquable : la distance n’a aucune importance. Quelques milligrammes d’ADN suffisent à stocker des quantités gigantesques d’information, jusqu’à des exaoctets, soit l’équivalent de millions de disques durs, et le protocole fonctionnerait théoriquement même entre la Terre et la Lune. Côté sécurité, le système est conçu pour détecter toute tentative d’interception. Comme chaque séquence n’existe qu’en deux exemplaires, toute copie frauduleuse laisserait des traces, rendant la clé inutilisable. Le projet est piloté notamment par le biochimiste Yannick Rondelez et le physico-chimiste Matthieu Labousse. Encore en phase de prépublication, ces travaux ouvrent déjà des perspectives majeures, notamment pour les communications sensibles, diplomatiques ou militaires. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le scandale Pegasus avait marqué les esprits. Développé par NSO Group, ce spyware (autrement dit un logiciel capable d’infiltrer un appareil pour en extraire des données) avait été utilisé par plusieurs États pour surveiller journalistes, opposants et militants. Mais selon plusieurs experts, ce cas pourrait n’être que la partie visible d’un phénomène en pleine expansion. D’après le National Cyber Security Centre, plus d’une centaine de pays disposeraient aujourd’hui de ce type d’outils. Un chiffre en forte hausse : ils étaient environ 80 en 2023. Sur les 193 États membres de l’ONU, cela représente désormais une majorité potentielle capable de mener des opérations de surveillance numérique avancée.Comment expliquer cette progression ? Principalement par une baisse des barrières d’accès. Autrefois réservés à quelques puissances, ces logiciels sont aujourd’hui plus faciles à acquérir, parfois via des sociétés privées spécialisées dans la cybersurveillance. Résultat : leur diffusion s’accélère, et avec elle, les usages. Car l’enjeu ne se limite pas au nombre d’acteurs équipés. Les cibles évoluent aussi. Officiellement, ces outils sont utilisés pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité organisée. Mais dans les faits, de nombreux cas ont déjà montré qu’ils pouvaient viser des profils bien différents : journalistes, figures de l’opposition, défenseurs des droits humains. Et selon les autorités britanniques, le spectre s’élargit encore. Désormais, des profils économiques comme des banquiers ou des chefs d’entreprise seraient également ciblés. L’espionnage numérique ne se limite plus aux enjeux politiques, il touche aussi les intérêts financiers et stratégiques.Autre point marquant : l’origine des attaques. Contrairement à une idée reçue, elles ne proviennent pas majoritairement de cybercriminels isolés. Selon Richard Horne, directeur du NCSC, une grande partie des cyberattaques d’envergure au Royaume-Uni serait le fait… d’États. Autrement dit, la cybersurveillance s’inscrit de plus en plus dans les relations internationales. Un outil de renseignement, mais aussi de pouvoir. Et dans ce contexte, Pegasus pourrait bien apparaître, avec le recul, comme un simple avertissement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le projet n’est plus seulement une rumeur : OpenAI pourrait bientôt passer du logiciel… au matériel. Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, la société à l’origine de ChatGPT travaillerait sur un smartphone entièrement pensé autour de l’intelligence artificielle. Un « AI Phone » qui ne se contenterait pas d’intégrer l’IA, mais en ferait le cœur de l’expérience utilisateur.L’idée est simple, mais ambitieuse : repenser le téléphone non plus comme une collection d’applications, mais comme un assistant centralisé, capable de comprendre et d’anticiper les besoins en continu. Pour y parvenir, OpenAI ne se limiterait pas au design ou à l’interface. L’entreprise s’attaquerait directement à un élément clé : le processeur. En collaboration avec MediaTek et Qualcomm, OpenAI développerait une puce dédiée à l’IA, dont la production de masse pourrait démarrer à l’horizon 2028. Contrairement aux processeurs classiques, conçus pour gérer des tâches variées, celui-ci serait optimisé pour exécuter des modèles d’intelligence artificielle directement sur l’appareil. On parle ici d’« IA locale » : les calculs sont réalisés sur le téléphone lui-même, sans passer par Internet, ce qui réduit les délais et limite l’envoi de données vers des serveurs distants. Ce processeur fonctionnerait en mode « always-on », c’est-à-dire actif en permanence, mais avec une consommation d’énergie très faible. Il analyserait le contexte, voix, texte, usage, pour proposer des actions sans que l’utilisateur ait à les demander explicitement. Pour les tâches plus complexes, le système pourrait basculer vers le cloud de manière transparente.Côté production, OpenAI s’appuierait sur Luxshare, déjà intégré dans la chaîne industrielle d’Apple. Les choix techniques définitifs devraient être arrêtés d’ici fin 2026. Mais ce projet soulève aussi des défis majeurs. Une IA active en continu pose des questions de consommation énergétique, mais aussi de confidentialité. Un appareil capable d’analyser en permanence son environnement devra convaincre sur la protection des données. Si ce téléphone voit le jour, il pourrait transformer en profondeur notre rapport au mobile. Moins d’applications, plus d’interactions naturelles. Reste à savoir si les utilisateurs sont prêts à changer leurs habitudes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un signal fort dans la bataille mondiale de l’intelligence artificielle. Selon une étude conjointe du MIT et de Hugging Face, relayée par le MIT Technology Review, les modèles open source chinois représentent désormais 17,1 % des téléchargements mondiaux sur la plateforme. Les modèles américains, eux, tombent à 15,86 %. Une première.Ce basculement remonte à janvier 2025, avec la publication du modèle R1 par DeepSeek. Sa particularité : une licence MIT, très permissive, qui autorise librement l’utilisation, la modification et la redistribution. En clair, n’importe quel développeur peut s’en emparer sans contrainte commerciale. Et surtout, ses performances rivalisent avec celles de modèles fermés américains, pour un coût d’utilisation bien plus faible. Dans la foulée, d’autres acteurs chinois ont suivi : Alibaba avec la famille Qwen, Moonshot AI ou encore MiniMax. Résultat : fin 2025, Qwen dépasse même Llama, le modèle de Meta, en nombre de téléchargements cumulés.La différence de stratégie est nette. Côté américain, les modèles sont souvent accessibles via des API payantes — c’est-à-dire des interfaces permettant d’utiliser l’IA à distance, moyennant abonnement. Côté chinois, ils sont proposés en accès libre, téléchargeables et exploitables localement. Un avantage décisif dans de nombreuses régions du monde.En Afrique, en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine, ces modèles comblent un vide. Ils fonctionnent sur des machines modestes, ne nécessitent pas de carte bancaire et évitent les contraintes liées à l’hébergement des données à l’étranger. En Europe, la réponse s’organise autour d’acteurs comme Mistral AI, qui mise sur la souveraineté et la conformité réglementaire, notamment au RGPD. Mais l’approche reste différente : là où les modèles chinois privilégient le volume et l’adoption massive, les Européens ciblent avant tout les entreprises. Au fond, deux visions s’opposent. L’une ouverte, rapide, centrée sur l’écosystème. L’autre plus encadrée, tournée vers la régulation. Et dans cette course, le terrain est désormais mondial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un débat très technique, mais aux conséquences bien réelles pour le logiciel libre. Le 21 avril, OnlyOffice a publié une lettre ouverte adressée au consortium Euro-Office. Au cœur du désaccord : l’interprétation d’une licence open source bien connue, l’AGPLv3.Pour comprendre, il faut revenir à cette licence, rédigée en 2007. Elle autorise la modification et la redistribution d’un logiciel, à condition de respecter certaines règles, dont la « préservation des attributions d’auteur ». Autrement dit, reconnaître les créateurs du logiciel d’origine. Mais une question se pose aujourd’hui : cette attribution peut-elle prendre la forme… d’un logo d’entreprise ? OnlyOffice répond oui. Depuis 2021, l’éditeur impose que son logo soit visible dans tous les logiciels dérivés. Une position contestée par le consortium Euro-Office, qui regroupe notamment Nextcloud, IONOS et Proton. Fin mars, ces acteurs ont supprimé ce logo en créant leur propre version du logiciel, ce qu’on appelle un fork, c’est-à-dire une copie modifiée d’un projet open source. Le problème, selon Nextcloud, est juridique : la licence impose d’afficher le logo, mais interdit en même temps d’utiliser la marque. Une contradiction difficile à tenir. La Free Software Foundation a tranché en janvier dernier : pour elle, une attribution concerne une personne, pas une marque commerciale.OnlyOffice conteste cette lecture. L’éditeur estime que le texte de la licence ne précise pas ce qu’est une attribution, et considère la position de la fondation comme un simple avis. En attendant une réponse officielle, il propose un compromis : abandon du logo, mais obligation de mentionner clairement l’origine du logiciel dans une page À propos, dans le code et dans la documentation publique. Derrière ce débat technique se joue un enjeu central : l’équilibre entre liberté et reconnaissance dans l’open source. Si les éditeurs ne peuvent plus imposer leur visibilité, ils perdent un levier important. Mais à l’inverse, trop de contraintes pourraient limiter la liberté de modification, pourtant au cœur du logiciel libre. Une question encore loin d’être tranchée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une menace discrète, mais bien réelle. Selon DGSI, des services de renseignement étrangers ciblent désormais des citoyens français via… des offres d’emploi. Leur méthode ? Se faire passer pour des recruteurs ou des chasseurs de tête, notamment sur des plateformes professionnelles.Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout le monde peut être concerné. Fonctionnaires, ingénieurs, chercheurs, salariés du privé… aucun secteur n’est épargné. Et surtout, les espions ne cherchent pas forcément des documents classifiés. Ce qu’ils visent, ce sont des informations non publiques : un réseau de contacts, une expertise technique, ou une connaissance interne d’un secteur. Le mode opératoire est bien rodé. Tout commence par une prise de contact, souvent via LinkedIn ou une annonce crédible. Parfois, de véritables cabinets de recrutement sont utilisés comme façade pour renforcer la confiance. Ensuite, une proposition arrive : rédiger une note ou un rapport rémunéré. Au départ, les sujets restent larges, presque anodins. Mais en réalité, il s’agit d’évaluer ce que la personne sait… et surtout ce à quoi elle a accès.Certains signaux doivent alerter. D’abord, vérifier l’ancienneté du profil ou du site : une création récente peut être suspecte. Les photos générées par intelligence artificielle sont aussi de plus en plus utilisées, même si elles deviennent difficiles à repérer. Autre indice : des questions insistantes sur votre réseau professionnel, vos accès ou vos collègues. La communication est également un indicateur clé. Très vite, l’interlocuteur cherche à quitter les plateformes officielles pour basculer vers des messageries comme WhatsApp, Telegram ou Signal. Enfin, la rémunération proposée peut paraître inhabituelle, parfois en cryptomonnaies ou en espèces, ce qui complique toute traçabilité.Face à ce type de tentative, la consigne est claire. Il faut cesser immédiatement tout échange, conserver les preuves, captures d’écran, messages, profils, et signaler la situation aux autorités, notamment via l’adresse dédiée de la DGSI. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une affaire qui mêle opérations militaires, paris en ligne… et soupçons de délit d’initié. Début janvier, l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces spéciales américaines a surpris le monde. Mais pour un homme, ce scénario n’avait rien d’imprévisible. Gannon Ken Van Dyke, spécialiste des communications au sein du Joint Special Operations Command — une unité qui supervise notamment les forces d’élite comme les Navy SEALs — avait accès à des informations classifiées sur l’opération. Dès décembre 2025, il participe à sa préparation. Et quelques jours plus tard, il ouvre un compte sur Polymarket.Ce type de plateforme permet de parier sur des événements futurs, qu’ils soient politiques, économiques ou géopolitiques. Le principe est simple : les utilisateurs misent sur la probabilité qu’un événement se produise. Mais dans ce cas précis, il ne s’agissait pas d’une intuition… mais d’une certitude. Entre le 27 décembre et le 2 janvier, Van Dyke place treize paris, tous dans le même sens : présence militaire américaine au Venezuela, chute de Maduro, ou encore déclaration de guerre. Résultat : des gains multipliés par près de douze. Le problème, c’est que l’information n’était pas publique. On parle ici de délit d’initié : utiliser des informations confidentielles pour réaliser un profit. Un mécanisme bien connu dans la finance… mais beaucoup plus rare dans un contexte militaire.L’affaire aurait pu passer inaperçue. Mais une erreur va tout changer. Le jour de l’opération, Van Dyke publie une photo sur son compte personnel, le montrant en tenue militaire à bord d’un navire. Une trace numérique qui va alerter les enquêteurs. Rapidement, des transactions suspectes sont repérées. La plateforme coopère avec le ministère américain de la Justice. Entre-temps, l’intéressé tente de faire disparaître les preuves, en supprimant son compte et en transférant ses gains en cryptomonnaies. Face à ce type de dérives, Polymarket a depuis durci ses règles, interdisant explicitement les paris fondés sur des informations non publiques.L’affaire n’est pas isolée. D’autres cas similaires ont émergé ces derniers mois. Mais celui-ci marque un tournant : il montre que la frontière entre information stratégique et spéculation financière devient de plus en plus poreuse. Gannon Van Dyke risque aujourd’hui jusqu’à plusieurs décennies de prison. Une chute brutale… pour avoir parié sur un secret d’État. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En quelques heures, des dizaines de sites de streaming pirate ont affiché le même message d'erreur : le code Cloudflare 521. Traduction technique : le serveur qui héberge physiquement les contenus a cessé de répondre. Cloudflare, l'intermédiaire qui gère le trafic, n'a rien bloqué. C'est la source elle-même qui s'est tue. Aucun des sites touchés n'a communiqué. Ni la Motion Picture Association, ni aucune organisation anti-piratage n'ont revendiqué d'intervention. Et pourtant, la panne est massive.Pour comprendre pourquoi, il faut saisir comment fonctionne ce milieu. Ces sites ne stockent pas eux-mêmes les vidéos. Ils s'appuient sur des prestataires spécialisés — MegaCloud, VidCloud, RapidCloud — qui font office de serveurs médias mutualisés pour des dizaines de façades différentes, aux noms et aux visuels distincts. Les groupes anti-piratage ont baptisé ce modèle le « Piracy-as-a-Service » : la piraterie industrialisée en mode service. Quand un prestataire tombe, tous ses clients tombent avec lui, simultanément.Ces plateformes drainent des audiences colossales. En août 2025, l'un de ces réseaux totalisait à lui seul 622 millions de visites mensuelles, selon les chiffres transmis par la MPA au représentant américain au commerce. Leurs fondateurs originaux ont depuis longtemps disparu ; ce sont des marques zombies, exploitées anonymement sous des mains changeantes.Car ce milieu a ses propres mécanismes de survie. Après chaque fermeture, les opérateurs migrent vers un nouveau prestataire, changent de domaine, et rouvrent ailleurs. MegaCloud et ses homologues avaient eux-mêmes récupéré ce trafic après la fermeture de 2Embed par l'Alliance for Creativity and Entertainment en juillet 2023 — une opération qui avait rendu inaccessibles 302 sites sur 457 identifiés.Mais ce modèle distribué, conçu pour résister, contient sa propre faille. Plus les réseaux multiplient les couches d'intermédiaires pour échapper aux poursuites, plus ils se créent un point de vulnérabilité commun. Un seul maillon brisé, et c'est la chaîne entière qui s'effondre. Si l'infrastructure PaaS a bien été ciblée cette fois, ce serait le coup le plus dur porté au streaming pirate depuis 2023. Mais les opérateurs ont déjà prouvé leur capacité à rebondir. Sans propriétaire fixe, sans adresse stable, sans infrastructure propre — les marques, elles, survivent toujours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Jusqu'ici, Claude jouait dans la cour des grands : Microsoft, Canva, Asana… Plus de deux cents intégrations professionnelles au compteur depuis juillet 2025, mais rien pour la vie de tous les jours. Ça, c'était avant.Cette semaine, Anthropic franchit un nouveau cap en ouvrant son répertoire de connecteurs, comprenez ces ponts logiciels qui relient Claude à des applications tierces, à une quinzaine de services grand public : Spotify, Uber, Uber Eats, Audible, AllTrails, TripAdvisor, Instacart, StubHub, Taskrabbit, Viator, Resy, Booking.com, TurboTax ou encore Credit Karma. Fini le jonglage entre applis : tout se gère désormais dans une seule et même conversation.Concrètement, ça donne quoi ? Vous planifiez une rando ce week-end. AllTrails vous suggère des sentiers adaptés à vos préférences, sans même que vous le demandiez. Vous ajustez : plus court, adapté aux chiens, plus sauvage. Tout ça sans changer d'écran. Si deux connecteurs peuvent répondre à un même besoin, Claude vous les présente côte à côte, classés par pertinence. Dans un seul fil, vous passez d'une recommandation de sentier à une réservation de restaurant sur Resy, commandez un Uber et remplissez votre panier Instacart. Claude comme interface unique entre vous et vos services. Anthropic tient aussi à rassurer sur un point sensible : pas de placement, pas de réponse sponsorisée. Avant tout achat ou toute réservation, Claude vous demande confirmation. Vos données ne servent pas à entraîner les modèles, et vous pouvez déconnecter chaque service en un clic.C'est louable, mais jusqu'à quand ? OpenAI développe déjà ses flux d'achats automatisés, Google s'appuie sur son empire publicitaire. Plus les partenaires seront nombreux, plus cet engagement sera difficile à tenir. Ce qui distingue Claude, c'est moins l'idée, ChatGPT intègre déjà Spotify et consorts, que son exécution : des suggestions contextuelles, sans que vous ayez à choisir vous-même le bon outil. Un dernier bémol, pour les auditeurs européens : la majorité des services listés restent centrés sur le marché américain. Visiblement, certaines fonctionnalités ont du mal à traverser l'Atlantique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La Silicon Valley est entrée dans une nouvelle phase : celle d’une guerre des talents autour de l’intelligence artificielle. Et dans cette bataille, Meta semble prête à aller très loin. Dernier épisode en date : l’affaire Thinking Machine Labs. Cette start-up, fondée début 2025 par Mira Murati, s’est rapidement imposée comme un acteur prometteur. Elle développe des systèmes d’IA dits « multimodaux », capables de traiter simultanément du texte, des images ou encore du son. Sa valorisation aurait déjà atteint 12 milliards de dollars, avec des projections bien plus élevées.Face à ce potentiel, Meta a tenté une première approche classique : une offre de rachat estimée à un milliard de dollars. Refus net de Mira Murati. L’entreprise de Mark Zuckerberg a alors changé de méthode. Plutôt que d’acheter la société, elle a entrepris de recruter directement ses talents clés. Résultat : plusieurs membres fondateurs ont quitté Thinking Machine Labs pour rejoindre les équipes de Meta. Parmi eux, l’ingénieur Andrew Tulloch, avec un package de rémunération estimé à 1,5 milliard de dollars sur six ans, un montant inédit dans l’histoire de la tech. D’autres profils, comme Barret Zoph ou Luke Metz, ont quant à eux choisi de revenir chez OpenAI. Pour la jeune pousse, le choc est brutal. Une partie importante de son équipe fondatrice a disparu en quelques mois, obligeant Mira Murati à reconstruire son organisation. Cette stratégie illustre une tendance plus large. Les géants de la tech rivalisent d’offres pour attirer les meilleurs chercheurs en IA. Chez Google DeepMind, par exemple, des clauses de non-concurrence permettent de retenir les talents pendant plusieurs mois, tout en continuant à les rémunérer. Du côté d’OpenAI, des primes à la signature pouvant atteindre 100 millions de dollars sont évoquées.Meta, de son côté, avance vite. L’entreprise a récemment lancé Muse Spark, son premier modèle multimodal développé par cette nouvelle équipe. Mais en interne, la transition est loin d’être fluide. Le départ de Yann LeCun, figure historique de l’IA chez Meta, en est un signal fort. Après douze ans au poste de directeur scientifique, il a quitté l’entreprise, critiquant ouvertement certaines orientations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est l’aboutissement d’un conflit qui couvait depuis des années dans la Silicon Valley. Elon Musk, cofondateur d’OpenAI, attaque désormais frontalement ses anciens partenaires, Sam Altman et Greg Brockman. Au cœur du litige : la transformation d’OpenAI en structure à but lucratif. Musk affirme qu’on lui avait promis une organisation dédiée à l’intérêt général, et non à la rentabilité. Il réclame aujourd’hui 134 milliards de dollars de dommages, et va plus loin : il demande à la justice d’écarter Altman et Brockman de toute fonction dirigeante, et de leur retirer leurs parts. Une mesure radicale, qui les priverait notamment de tout gain en cas d’introduction en Bourse.Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler qu’OpenAI fonctionne aujourd’hui selon un modèle hybride. Une entité à but non lucratif supervise une structure commerciale, chargée de lever des fonds et de développer des produits comme ChatGPT. Ce modèle permet d’attirer des investissements massifs, indispensables pour entraîner les modèles d’IA, une activité extrêmement coûteuse en calcul informatique. Si Musk obtenait gain de cause, OpenAI pourrait être contraint de revenir à un statut strictement non lucratif. Un scénario qui remettrait en cause sa valorisation, estimée à plus de 800 milliards de dollars, et ses ambitions de cotation en Bourse.L’affaire dépasse d’ailleurs OpenAI. Microsoft, partenaire clé du projet, est également visé. Musk évoque une complicité et réclame même des droits de propriété intellectuelle. Le contexte est déjà tendu. Fin 2023, Sam Altman avait été brièvement évincé par son conseil d’administration, sur fond de désaccords stratégiques. Plus récemment, des tensions externes sont venues s’ajouter, avec notamment une attaque visant son domicile. Mais cette offensive judiciaire est aussi un pari risqué pour Musk lui-même. Une défaite pourrait conforter l’image avancée par OpenAI : celle d’un entrepreneur cherchant à affaiblir un concurrent direct. Car en parallèle, sa propre entreprise d’IA, xAI, rivalise frontalement avec OpenAI. L’issue du procès reste incertaine. Mais une chose est sûre : au-delà des milliards en jeu, c’est la définition même de l’intelligence artificielle, outil public ou produit commercial, qui se joue dans cette bataille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Disney veut remettre un peu d’ordre dans la jungle des salles de cinéma premium. Le studio vient d’annoncer le lancement d’un nouveau label baptisé « Infinity Vision », destiné à aider les spectateurs à identifier plus facilement les salles offrant la meilleure expérience visuelle et sonore.Aujourd’hui, difficile de s’y retrouver. Entre les formats Cinemark XD, RPX, iSense ou encore Superscreen, les appellations se multiplient, sans que le public comprenne toujours ce qui les distingue. À part IMAX ou Dolby Cinema, peu de marques sont réellement identifiées. C’est précisément ce flou que Disney souhaite corriger. Avec Infinity Vision, l’idée est de certifier certaines salles dites « premium large format », ou PLF, autrement dit des auditoriums équipés d’écrans plus grands, de systèmes audio avancés et de technologies de projection améliorées. Le label doit indiquer clairement quelles salles proposent les expériences les plus immersives.Pour être certifiées, les salles devront répondre à plusieurs critères. Disney évoque notamment des écrans de grande taille, l’utilisation de projecteurs laser, qui offrent une image plus lumineuse et plus nette que les projecteurs traditionnels, ainsi que des systèmes audio haut de gamme pour renforcer l’immersion.En revanche, le studio reste discret sur les détails techniques précis. On ne sait pas encore si certaines technologies, comme le Dolby Atmos, un système sonore qui spatialise les sons en trois dimensions, seront obligatoires. À ce stade, aucun exploitant de cinéma n’a officiellement annoncé adopter ce nouveau label. Le timing de cette initiative n’est probablement pas un hasard. Disney prévoit de ressortir Avengers: Endgame en septembre, juste avant la sortie d’Avengers: Doomsday en décembre. Or, ce nouveau film ne bénéficiera pas de salles IMAX, déjà monopolisées par un autre blockbuster. Infinity Vision pourrait donc servir d’alternative pour proposer une expérience haut de gamme. Ce type de certification n’est pas inédit. Dès 1983, Lucasfilm avait lancé le label THX pour garantir une qualité audiovisuelle minimale en salle. Mais aujourd’hui, l’enjeu est différent : il ne s’agit plus d’élever le niveau global, mais de clarifier une offre devenue trop complexe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une avancée technologique qui pourrait bouleverser l’équilibre stratégique en mer. La Chine a récemment publié des images radar montrant le suivi d’un navire… depuis l’orbite géostationnaire, à près de 36 000 kilomètres au-dessus de la Terre. Une première mondiale. Le satellite en question a réussi à suivre le Towa Maru, un pétrolier japonais de 340 mètres, alors qu’il naviguait en mer de Chine méridionale, près des îles Spratleys. Particularité de cette orbite : le satellite reste fixe par rapport à une zone donnée. Contrairement aux satellites en orbite basse, qui passent rapidement au-dessus d’un point, celui-ci permet une observation continue. Techniquement, il s’agit d’un radar à synthèse d’ouverture, ou SAR. Ce type de radar utilise les ondes pour « voir » à travers les nuages, de jour comme de nuit. Jusqu’ici, les spécialistes estimaient qu’un tel système était inefficace à très haute altitude, car le signal se dégrade fortement et les échos des vagues perturbent la détection.Mais selon les chercheurs chinois, une nouvelle architecture de traitement permettrait d’isoler les signaux faibles émis par les navires, malgré le bruit de fond maritime. Résultat : une précision de quelques kilomètres, environ trois pour le Towa Maru, et jusqu’à 1,6 kilomètre pour d’autres cibles. L’intérêt stratégique est considérable. Trois satellites positionnés à 120 degrés pourraient, en théorie, surveiller l’ensemble des océans en continu. À titre de comparaison, il faudrait des centaines, voire des milliers de satellites en orbite basse pour obtenir une couverture équivalente. Cela remet en cause une tactique clé des marines militaires : profiter des « trous » de surveillance entre deux passages satellites. Avec une observation permanente, ces marges de manœuvre disparaissent.Dans des zones sensibles comme Taïwan ou la mer de Chine méridionale, cela pourrait réduire fortement les délais d’alerte. Couplé à d’autres systèmes, drones, radars longue portée ou missiles antinavires, ce type de surveillance renforce considérablement les capacités de suivi. Mais il faut rester prudent. Suivre un pétrolier de grande taille ne garantit pas la détection de navires militaires, souvent plus discrets et équipés de contre-mesures électroniques. La constellation complète n’existe pas encore, et aucun calendrier précis n’a été annoncé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un chiffre qui en dit long sur la transformation en cours dans l’industrie musicale. Aujourd’hui, 44 % des morceaux reçus chaque jour par la plateforme Deezer sont générés par intelligence artificielle. Une progression fulgurante : ils représentaient 29 % en janvier 2026, et à peine 10 % un an plus tôt. Autrement dit, la musique produite par des algorithmes n’est plus un phénomène marginal. Elle s’installe désormais au cœur même des plateformes de streaming. Pour Alexis Lanternier, le directeur général de Deezer, il devient urgent de réagir, notamment pour préserver les droits des artistes et garantir une certaine transparence pour les auditeurs.Pour répondre à cette vague, Deezer a développé dès 2025 un outil de détection spécifique. Son principe : identifier des « signatures » propres aux contenus générés par IA. En clair, chaque morceau synthétique laisse des traces caractéristiques dans sa structure sonore, que les algorithmes peuvent repérer. Particularité notable : ce système n’a pas besoin d’être entraîné sur chaque modèle d’IA existant, ce qui lui permet de s’adapter rapidement à de nouveaux outils.Depuis début 2026, cette technologie est même proposée sous licence à d’autres acteurs du secteur, alors que des plateformes comme Spotify ou Apple Music avancent encore de manière plus prudente sur le sujet. Une fois identifiés, ces morceaux générés par IA sont exclus des recommandations automatiques et des playlists éditoriales. Résultat : malgré leur volume massif, ils ne représentent que 1 à 3 % des écoutes réelles sur Deezer. Le problème, c’est que les auditeurs eux-mêmes ont du mal à faire la différence. Selon une étude Ipsos menée fin 2025, 97 % des participants n’ont pas réussi à distinguer une chanson humaine d’une création générée par IA. Pourtant, 80 % souhaitent que ces contenus soient clairement signalés.Au-delà de la question de transparence, c’est aussi un enjeu économique. Sur les plateformes, les revenus sont répartis dans un pot commun de royalties. Chaque écoute d’un morceau IA réduit donc la part revenant aux artistes humains. D’après une étude du CISAC, jusqu’à 25 % des revenus des créateurs pourraient être menacés d’ici 2028. Deezer affirme toutefois exclure du calcul des revenus les écoutes jugées frauduleuses, qui représenteraient 85 % des streams liés à ces contenus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une page importante qui se tourne pour Apple. Après plus d’une décennie à la tête du groupe, Tim Cook quittera officiellement ses fonctions de directeur général le 1er septembre 2026. Une annonce attendue depuis plusieurs mois, alors que les spéculations autour de sa succession s’intensifiaient. Pour lui succéder, Apple a fait le choix de la continuité. C’est John Ternus, actuel responsable de l’ingénierie matérielle, qui prendra les commandes. Un profil d’ingénieur, entré dans l’entreprise en 2001, et qui a progressivement gravi les échelons jusqu’à rejoindre l’équipe dirigeante en 2021.Son nom n’est pas inconnu des observateurs. Il a supervisé le développement de produits majeurs comme l’iPad, les AirPods ou encore plusieurs générations de Mac. Il a également joué un rôle clé dans la transition vers les puces Apple Silicon, ces processeurs conçus en interne, qui ont remplacé ceux d’Intel et permis à Apple de gagner en performance et en autonomie. Ces dernières années, John Ternus s’est imposé comme une figure visible lors des présentations officielles, les fameuses keynotes. Il a aussi piloté les équipes de design, un point central pour Apple, où l’esthétique des produits est indissociable de leur identité. Sous son impulsion, l’entreprise a renforcé son approche matérielle, avec notamment des innovations dans les procédés de fabrication, comme l’utilisation de titane imprimé en 3D. Une orientation qui pourrait se confirmer à l’avenir, avec un retour marqué vers l’innovation hardware.De son côté, Tim Cook laisse un bilan solide. Moins charismatique que Steve Jobs, il a pourtant transformé Apple en géant mondial, avec un chiffre d’affaires annuel qui a presque quadruplé pour dépasser les 416 milliards de dollars en 2025. Il a aussi développé les services, abonnements, cloud, contenus, devenus un pilier économique majeur. Mais tout n’a pas été un succès. Apple a pris du retard sur l’intelligence artificielle, et les ambitions en réalité augmentée, notamment avec le Vision Pro, n’ont pas encore trouvé leur public. Tim Cook restera néanmoins présent en tant que président exécutif, notamment pour gérer les relations institutionnelles. La transition devrait être progressive, les deux hommes travaillant ensemble tout l’été. Dès la rentrée, John Ternus sera attendu au tournant, avec sa première keynote… et peut-être, déjà, les premiers indices de sa vision pour l’avenir d’Apple. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une nouvelle affaire qui fragilise encore un peu plus la confiance dans la sécurité des données publiques. Le portail de l’ANTS, l’Agence nationale des titres sécurisés, chargée notamment des passeports, permis de conduire ou cartes grises, aurait été victime d’une faille majeure. En cause : une erreur technique qui aurait permis à un pirate d’accéder aux profils de millions de Français.L’agence a bien reconnu un incident le 15 avril, évoquant un accès non autorisé à certaines données, tout en assurant aux utilisateurs qu’aucune démarche n’était nécessaire. Un message jugé plutôt rassurant… peut-être trop, au regard des éléments révélés en parallèle. Sur un forum cybercriminel, un individu affirmant avoir exploité cette faille a mis en vente une base de données contenant entre 18 et 19 millions d’enregistrements. Selon le site spécialisé FrenchBreaches, il pourrait s’agir de l’une des plus importantes fuites administratives jamais recensées en France.Le point de départ serait une vulnérabilité dite « IDOR », pour Insecure Direct Object Reference. Concrètement, cela signifie qu’en modifiant simplement un identifiant dans une requête informatique, il devenait possible d’accéder aux données d’un autre utilisateur, sans aucun contrôle. Autrement dit, le système ne vérifiait pas si la personne avait le droit de consulter ces informations. Le problème ne réside pas uniquement dans le volume de données, mais surtout dans leur nature. La base contiendrait des informations très sensibles : noms, prénoms, adresses, numéros de téléphone, dates et lieux de naissance, ainsi que la validation officielle de l’identité par l’État. Un véritable dossier civil complet.Un tel niveau de détail ouvre la porte à des fraudes particulièrement crédibles. Les cybercriminels pourraient, par exemple, envoyer des e-mails ou des SMS parfaitement personnalisés, ce qu’on appelle du phishing ciblé, en se faisant passer pour une administration ou un organisme de confiance. L’ANTS appelle donc à la vigilance, en rappelant de ne jamais communiquer d’informations personnelles par message. L’affaire a été signalée à la CNIL, l’autorité chargée de la protection des données, et au parquet de Paris. À ce stade, l’authenticité complète de la base reste à confirmer. Mais une chose est sûre : cette nouvelle alerte met en lumière des failles persistantes dans la cybersécurité des services publics. En attendant, les bons réflexes restent essentiels : changer ses mots de passe, surveiller ses comptes et redoubler de prudence face aux messages suspects. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un tournant stratégique pour l’État français. À peine une semaine après le déploiement de la plateforme collaborative « LaSuite » auprès des 80 000 agents de l’Assurance Maladie, la direction interministérielle du numérique, la DINUM, annonce vouloir tourner la page de Windows… au profit de Linux.Concrètement, il s’agit d’abandonner le système d’exploitation de Microsoft, celui qui fait fonctionner la majorité des ordinateurs, pour un équivalent libre et open source, c’est-à-dire un logiciel dont le code est accessible et modifiable. L’objectif est clair : reprendre le contrôle des outils numériques, notamment pour les données sensibles comme celles de santé. Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large. Lors d’un séminaire organisé le 8 avril, ministères, opérateurs publics et acteurs privés ont été réunis pour travailler sur une ambition commune : la souveraineté numérique. Autrement dit, réduire la dépendance de l’État français aux technologies étrangères, en particulier américaines.Parmi les premières mesures concrètes, la Caisse nationale d’Assurance maladie prévoit déjà d’équiper ses agents avec des outils français : Tchap pour la messagerie interne, Visio pour les réunions en ligne, ou encore FranceTransfert pour l’échange sécurisé de fichiers. En parallèle, la plateforme nationale des données de santé doit, elle aussi, migrer vers une infrastructure hébergée en Europe d’ici fin 2026. Mais le chantier est immense. Il ne concerne pas seulement les ordinateurs, mais aussi les réseaux, les bases de données, les logiciels collaboratifs, les antivirus, ou encore les outils d’intelligence artificielle. Bref, tout l’écosystème numérique de l’administration. D’ici l’automne, chaque ministère devra proposer une feuille de route détaillée pour réduire ses dépendances. En parallèle, l’État recense précisément les logiciels et services étrangers actuellement utilisés, afin d’identifier les points critiques. Cette stratégie traduit une prise de conscience politique. Comme l’a rappelé le ministre David Amiel, utiliser des solutions étrangères, c’est aussi dépendre de règles, de prix et de décisions qui échappent au contrôle national. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On le sait, l’intelligence artificielle consomme énormément d’énergie. Former un modèle, puis le faire fonctionner en continu, ce qu’on appelle l’inférence, nécessite des centres de données toujours plus puissants. Les géants américains de la tech l’ont bien compris : Google, Amazon, Meta et Microsoft prévoient d’investir ensemble plus de 650 milliards de dollars dans leurs infrastructures dès 2026. Mais un obstacle inattendu vient freiner cette expansion. Selon Bloomberg, près de la moitié des projets de data centers aux États-Unis pourraient être retardés, voire annulés. Non pas faute d’argent… mais faute d’équipements électriques.Car avant même d’installer des serveurs ou des puces, il faut acheminer et gérer l’électricité. Trois éléments sont indispensables : les transformateurs, qui adaptent la tension du courant ; les appareillages électriques, qui distribuent et sécurisent l’énergie sur le site ; et les batteries, qui prennent le relais en cas de coupure. Ces équipements représentent moins de 10 % du coût d’un data center, mais sans eux, rien ne fonctionne. Le problème, c’est leur disponibilité. Avant 2020, un transformateur haute puissance pouvait être livré en deux ans. Aujourd’hui, les délais peuvent atteindre cinq ans. Or, les centres de données dédiés à l’IA doivent être déployés en moins de 18 mois. L’équation devient donc impossible.La demande a explosé simultanément dans plusieurs secteurs : intelligence artificielle, véhicules électriques, électrification du chauffage… tous nécessitent les mêmes composants. Résultat : en 2026, environ 12 gigawatts de capacité de data centers sont attendus aux États-Unis, mais seul un tiers est réellement en construction. Face à cette pénurie, les entreprises américaines se tournent vers l’étranger. Le Canada, le Mexique ou encore la Corée du Sud fournissent une partie des équipements. Mais la Chine reste un acteur central. Les importations de transformateurs chinois ont été multipliées par plus de cinq en trois ans, et le pays représente aussi une part importante des batteries utilisées. Dans un contexte de tensions commerciales, cette dépendance inquiète. Une nouvelle crise pourrait ralentir, voire bloquer, des projets entiers. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une affaire qui relance le débat sur la confidentialité des messages… et elle pourrait surprendre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la messagerie Signal qui a été compromise, mais le système iOS lui-même, plus précisément, la manière dont Apple gère les notifications.Les faits remontent à une enquête aux États-Unis. Lors d’un procès lié à des actes de dégradation contre un centre de détention au Texas, le FBI a présenté des messages privés retrouvés sur un iPhone. Problème : l’application Signal avait été supprimée du téléphone. Et pourtant, certains messages étaient toujours accessibles. Comment est-ce possible ? Tout se joue au moment où une notification apparaît. Lorsqu’un message arrive sur Signal, l’iPhone peut afficher un aperçu, avec le nom de l’expéditeur et parfois le contenu du message, directement sur l’écran de verrouillage. Si ces options sont activées, iOS enregistre ces informations dans une base de données interne. Et cette copie, elle, échappe complètement à l’application elle-même. Autrement dit, même si vous supprimez Signal ou que vous utilisez des messages éphémères, ces messages qui s’effacent automatiquement après un certain temps, les notifications associées peuvent, elles, rester stockées dans le système.C’est cette base de données qu’un logiciel d’analyse forensique, des outils utilisés en investigation numérique, a permis d’exploiter. Ces programmes peuvent accéder en profondeur à la mémoire d’un appareil, bien au-delà de ce que l’utilisateur voit à l’écran. Dans ce cas précis, seuls les messages reçus ont pu être récupérés. Important à noter : ce comportement ne concerne pas uniquement Signal. Toutes les applications de messagerie sur iOS sont soumises à ce système de notifications.Il existe néanmoins des solutions pour limiter ce risque. Dans les paramètres de Signal, par exemple, il est possible de masquer totalement le contenu des notifications, voire le nom de l’expéditeur. Dans ce cas, aucune information exploitable n’est enregistrée par le système. Enfin, ce type de données intéresse aussi les autorités. Apple a déjà été sollicitée par plusieurs gouvernements pour fournir des informations liées aux notifications. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Des vidéos de vacances en 4K qui remplissent votre espace de stockage, un fichier MKV illisible sur votre téléviseur, ou encore une pièce jointe trop lourde pour être envoyée par e-mail… ces problèmes sont devenus courants. Et depuis plus de vingt ans, un logiciel gratuit y apporte une réponse : HandBrake.Son fonctionnement est volontairement simple. On importe une vidéo, on choisit un format de sortie, puis on lance la conversion. Derrière cette apparente simplicité, le logiciel est capable de gérer une grande variété de formats : MKV, AVI, MOV, MP4 ou WebM. Il peut même traiter des DVD ou Blu-ray non protégés, à condition qu’ils ne soient pas verrouillés par des systèmes de sécurité.L’intérêt principal de HandBrake, c’est la compression. Autrement dit, réduire la taille d’un fichier sans dégrader visiblement la qualité. Pour cela, il s’appuie sur différents codecs, des technologies qui permettent d’encoder et de décoder la vidéo. Parmi eux, le H.264, très répandu et compatible avec la plupart des appareils, ou le H.265, plus récent, qui permet d’obtenir des fichiers plus légers à qualité équivalente. Pour les utilisateurs les plus exigeants, le codec AV1 offre encore plus d’efficacité, au prix d’un traitement plus lourd.Le logiciel tire aussi parti de l’accélération matérielle. Concrètement, il utilise la puissance des cartes graphiques, NVIDIA, AMD ou Intel, pour accélérer le traitement. Résultat : une vidéo 4K de vingt minutes peut être compressée en quelques minutes sur un ordinateur récent. Pour les débutants, des profils prédéfinis simplifient la prise en main. Il suffit de choisir un appareil, smartphone, console ou télévision, pour obtenir un réglage optimisé. Les utilisateurs plus avancés peuvent aller plus loin : ajuster le débit, la résolution, ou appliquer des filtres pour améliorer l’image.HandBrake permet aussi de traiter plusieurs fichiers en une seule fois, grâce à un système de file d’attente. Pratique pour convertir toute une bibliothèque vidéo. Disponible sur Windows, macOS et Linux, avec une interface en français, le logiciel continue d’évoluer. Sa dernière version améliore notamment la gestion des vidéos HDR et corrige plusieurs bugs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un outil qui pourrait bien changer le quotidien de certains professionnels du chiffre. Romain Simon, développeur chez Yuki Capital, a publié fin mars 2026 sur GitHub un projet baptisé Paperasse. Son ambition : automatiser une grande partie des tâches comptables et fiscales françaises grâce à des agents d’intelligence artificielle.Concrètement, Paperasse se présente comme une bibliothèque de « compétences », que l’on peut intégrer à un agent IA. L’utilisateur n’a qu’à importer des fichiers au format Markdown, un langage simple de mise en forme de texte, pour donner accès à une base de connaissances complète : Plan Comptable Général, documentation fiscale officielle, ou encore formulaires administratifs comme les liasses fiscales.Le système va plus loin. Il peut se connecter à des services comme Qonto ou Stripe pour récupérer automatiquement les transactions bancaires. Résultat : un workflow en plusieurs étapes qui couvre la comptabilité courante, la préparation des comptes annuels, ou même la simulation d’un contrôle fiscal. L’outil peut aussi assister dans des audits ou des calculs juridiques, notamment en matière notariale. Mais attention, ce n’est pas une solution autonome. L’auteur le rappelle clairement : Paperasse ne remplace pas un expert-comptable. Il ne peut ni signer une liasse fiscale, ni effectuer un dépôt officiel, ni payer l’impôt sur les sociétés. Ces actes restent strictement encadrés par la loi et réservés à des professionnels habilités. L’IA assiste, mais ne décide pas.Sur le plan technique, le choix du Markdown permet une compatibilité immédiate avec plusieurs agents IA populaires. Mais cette ouverture pose aussi des questions de sécurité. Car intégrer des skills externes dans un agent, c’est aussi ouvrir la porte à des risques. Des travaux récents évoquent notamment des vulnérabilités comme l’« injection de prompt », une technique qui consiste à manipuler les instructions données à l’IA, ou encore l’exfiltration de données sensibles. À cela s’ajoute l’absence d’informations précises sur les mécanismes de sécurité du projet : pas de détail sur les permissions, ni sur l’isolation du code. Distribué sous licence libre, Paperasse peut être modifié et redistribué par n’importe qui, ce que impose évidemment d’être très vigilent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une nouveauté discrète, mais révélatrice de l’évolution des assistants numériques. Quelques jours après la sortie d’iOS 26.4, OpenAI a déployé une version de ChatGPT compatible avec CarPlay, le système d’Apple qui permet d’afficher certaines applications sur l’écran de la voiture. Concrètement, une nouvelle icône apparaît sur l’interface CarPlay, à condition d’avoir un iPhone à jour et l’application installée. Un simple appui permet de lancer une conversation… mais uniquement à la voix. Aucun clavier, aucun texte affiché : ici, tout passe par l’audio.Ce choix n’est pas anodin. Apple impose des règles strictes pour les applications de cette catégorie. L’interface est standardisée : un indicateur d’écoute, un bouton pour couper le micro, un autre pour mettre fin à la session. Et surtout, aucune réponse écrite ne peut apparaître à l’écran. L’objectif est clair : limiter les distractions au volant. Pour être intégrée à CarPlay, une application doit obtenir une autorisation spécifique, ce qu’on appelle un « entitlement », délivrée par Apple. Elle doit ensuite respecter un cadre très précis. Par exemple, impossible pour ChatGPT de contrôler le véhicule ou même certaines fonctions de l’iPhone. Contrairement à Siri ou aux assistants intégrés par les constructeurs, comme « Hey Mercedes » ou les systèmes embarqués de Renault, ChatGPT reste cantonné à un rôle de réponse vocale.Autre limitation : pas de mot-clé d’activation. Contrairement à « Dis Siri », l’utilisateur doit ouvrir manuellement l’application pour commencer à parler. Apple ne permet pas aux assistants tiers d’écouter en permanence ou de remplacer son propre assistant vocal. OpenAI précise que cet usage est pensé pour des tâches simples et ponctuelles, plutôt que pour des conversations longues ou complexes. Une approche qui rejoint la prudence d’Apple. Dans sa documentation, la marque évoque l’« imprévisibilité » des chatbots, jugée peu compatible avec la conduite. D’autres acteurs, comme Google avec Gemini ou Anthropic avec Claude, pourraient suivre, mais aucune intégration n’a encore été annoncée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une échéance très attendue par les défenseurs de la vie privée. Depuis ce vendredi 3 avril 2026, une dérogation européenne au règlement ePrivacy a officiellement pris fin. Elle permettait, depuis plusieurs années, à de grandes entreprises comme Meta, Google, Apple ou Microsoft d’analyser automatiquement les messages privés de leurs utilisateurs.Concrètement, pendant près de cinq ans, des services comme Gmail, Instagram, Snapchat ou encore iCloud ont scanné les échanges grâce à des algorithmes. L’objectif affiché : détecter des contenus illégaux, notamment liés à la pédocriminalité. Mais ce dispositif fonctionnait sans mandat judiciaire, sans suspicion préalable, et souvent sans que les utilisateurs en aient pleinement conscience. Il ne concernait pas les messageries dites « chiffrées de bout en bout », comme WhatsApp ou Signal. Dans ce type de système, seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent lire les messages, ce qui empêche toute analyse par un tiers. Résultat : les personnes mal intentionnées pouvaient contourner relativement facilement ce mécanisme.Sur le plan de l’efficacité, les résultats ont été jugés décevants. Une immense majorité des signalements provenait d’un seul acteur, Meta, et concernait presque exclusivement des contenus déjà connus des autorités. Autrement dit, peu de nouvelles découvertes. Pire encore, une part importante des signalements n’était pas exploitable juridiquement, ou concernait des situations impliquant des mineurs eux-mêmes, dans des échanges consentis.La fin de cette dérogation ne signifie pas la fin de toute surveillance. Les contenus publics restent analysables, tout comme les fichiers stockés dans le cloud. Et les utilisateurs peuvent toujours signaler des contenus problématiques. Mais le débat est loin d’être clos. Un nouveau projet européen, baptisé CSAR, parfois surnommé « Chat Control 2.0 », est toujours en discussion. Certains États plaident pour aller plus loin, avec des mécanismes de surveillance élargis, voire des obligations d’identification pour accéder à certaines messageries. Face à cela, des alternatives émergent. L’ancien eurodéputé Patrick Breyer propose par exemple de cibler davantage les réseaux criminels, notamment sur le darknet, et de renforcer les enquêtes avec mandat judiciaire. Une approche illustrée récemment par une opération d’Europol, qui a permis de fermer des centaines de milliers de sites illégaux… sans analyser un seul message privé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un tournant important dans la stratégie de Google en matière d’intelligence artificielle. Depuis 2024, les modèles Gemma, une déclinaison plus légère de la famille Gemini, ont été téléchargés plus de 400 millions de fois, avec plus de 100 000 variantes créées par la communauté. Mais jusqu’ici, ces modèles n’étaient pas vraiment open source.Avec Gemma 4, Google change clairement de cap. Le modèle est désormais distribué sous licence Apache 2.0, un standard du logiciel libre. Concrètement, cela signifie que n’importe qui peut télécharger, modifier, redistribuer ou même commercialiser ce modèle, sans payer de licence. La seule obligation : citer l’origine du logiciel. Une évolution majeure, surtout pour les entreprises, qui étaient jusque-là freinées par des conditions d’utilisation restrictives et révocables à tout moment. Autre point clé : Gemma 4 fonctionne entièrement en local. Les données restent sur l’appareil de l’utilisateur, sans être envoyées vers les serveurs de Google. Un avantage en matière de confidentialité et de sécurité.Le modèle se décline en plusieurs versions, adaptées à différents usages. Les plus petites, conçues pour des appareils comme les smartphones ou les micro-ordinateurs, sont optimisées pour consommer peu de mémoire et offrir des réponses rapides. Les versions plus lourdes, elles, sont destinées à des machines plus puissantes, comme des serveurs ou des stations de travail. Certaines architectures techniques permettent aussi de gagner en efficacité. Par exemple, le modèle dit « Mixture of Experts » n’active qu’une partie de ses paramètres à chaque requête, ce qui accélère le traitement tout en limitant la consommation de ressources.Malgré leur taille relativement modeste, ces modèles affichent des performances élevées dans certains classements spécialisés, notamment en traitement de texte. Côté fonctionnalités, Gemma 4 peut analyser du texte, des images, de la vidéo, et parfois même de l’audio. Il prend en charge plus de 140 langues et peut traiter de très grandes quantités d’informations en une seule requête. Avec cette ouverture, Google répond aussi à la concurrence de modèles ouverts venus notamment de Chine. Et surtout, il rend enfin ses modèles exploitables dans des environnements professionnels sensibles, où la maîtrise des données est essentielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Envoyer un fichier d’un appareil à un autre, en théorie, rien de plus simple. En pratique, dès qu’on sort d’un écosystème unique, cela devient vite compliqué. AirDrop fonctionne surtout entre appareils Apple, Nearby Share, désormais appelé Quick Share, reste limité à Android et Chrome OS. Résultat : pour passer d’un iPhone à un PC, ou d’un Mac à un smartphone Android, beaucoup d’utilisateurs finissent par utiliser des services cloud, comme des espaces de stockage en ligne, qui servent d’intermédiaire. Une nouvelle application, baptisée Blip, propose une approche différente. Son principe : permettre un transfert direct entre appareils, sans passer par Internet ni par un serveur distant. On parle ici de connexion « pair à pair », c’est-à-dire que les deux appareils communiquent directement entre eux.Concrètement, l’application est disponible sur Mac, Windows, iOS et Android. L’envoi se fait en une seule étape : on sélectionne un fichier, on choisit le destinataire dans la liste de contacts Blip, et le transfert démarre immédiatement. Pas de lien à générer, pas de téléchargement secondaire à effectuer. L’un des avantages majeurs, c’est la vitesse. En réseau local, par exemple via le Wi-Fi domestique, les débits peuvent être bien supérieurs à ceux d’une connexion Internet classique. Autre point notable : il n’y a pas de limite de taille. Des fichiers de plusieurs dizaines de gigaoctets peuvent être transférés sans difficulté.Blip intègre aussi des fonctions pratiques : le transfert reprend automatiquement en cas d’interruption, coupure réseau, déconnexion d’un disque ou manque temporaire d’espace. Les dossiers peuvent être envoyés tels quels, sans compression préalable, ce qui évite des manipulations supplémentaires. Et les données sont chiffrées pendant le transfert, c’est-à-dire protégées pour empêcher toute interception. Pour utiliser le service, il suffit de créer un compte avec une adresse e-mail. L’application est gratuite pour un usage personnel, sans publicité. Un modèle payant pourrait être proposé à terme pour les professionnels. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Taper un mot de passe avec des manettes de réalité virtuelle, ce n’est ni rapide, ni pratique. Quant au scan rétinien, souvent évoqué comme solution biométrique, il reste coûteux et complexe à intégrer. Des chercheurs de l’université Rutgers, aux États-Unis, proposent aujourd’hui une alternative inattendue : s’authentifier grâce… aux vibrations de son propre corps.Leur système, baptisé VitalID, repose sur un principe simple en apparence. À chaque battement de cœur et à chaque respiration, de minuscules vibrations se propagent dans le corps, remontent le long du cou et atteignent le crâne. Or, chaque individu possède une structure osseuse unique, forme, densité, épaisseur — qui modifie la manière dont ces vibrations circulent. À cela s’ajoutent les tissus du visage, eux aussi différents d’une personne à l’autre. Résultat : une signature biométrique propre à chacun, comparable à une empreinte digitale, mais invisible et continue.L’un des atouts majeurs de cette technologie, c’est qu’elle ne nécessite aucun matériel supplémentaire. Les casques de réalité virtuelle ou mixte sont déjà équipés de capteurs de mouvement très sensibles. Ces capteurs suffisent à détecter les micro-vibrations du corps. Le véritable défi est logiciel : il faut isoler ces signaux très faibles du bruit généré par les mouvements de tête. C’est précisément ce qu’a développé l’équipe dirigée par la professeure Yingying Chen. Les résultats sont prometteurs. Testé sur 52 utilisateurs pendant dix mois, avec des casques du commerce, le système a correctement identifié l’utilisateur dans plus de 95 % des cas. Et surtout, il a rejeté les imposteurs avec un taux supérieur à 98 %. L’étude, présentée lors d’une conférence internationale en cybersécurité, a d’ailleurs été distinguée.Autre avantage : l’authentification est continue. Le casque vérifie en permanence que la bonne personne est en train de l’utiliser, sans interrompre l’expérience. Contrairement à un mot de passe, qu’on entre une seule fois, ici la vérification se fait en arrière-plan. Imiter ce système semble particulièrement difficile. On peut reproduire un rythme respiratoire, mais pas la structure d’un crâne. Pour l’instant, VitalID reste au stade de prototype. Mais les chercheurs cherchent déjà des partenaires industriels pour transformer cette innovation en solution concrète. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans l’univers du streaming vidéo, un phénomène s’impose de plus en plus clairement : les abonnés ne restent plus. Selon une analyse portant sur cinq grandes plateformes, le taux moyen de résiliation volontaire, ce que l’on appelle le churn, atteint 8,87 % par mois. Autrement dit, près de 9 abonnés sur 100 quittent leur service chaque mois de leur propre initiative. Sur une année, cela représenterait plus de 39 millions de départs cumulés.Ce churn désigne précisément les utilisateurs qui choisissent de se désabonner, sans y être contraints par un problème technique ou une fin d’essai gratuit. Et aujourd’hui, ce comportement est devenu presque systématique. Il porte même un nom : le binge-and-churn. On s’abonne, on regarde une série ou un film en quelques jours, parfois en quelques heures, puis on se désinscrit.En France, cette tendance est confirmée par les données de la plateforme Spliiit, qui observe ces usages sur plusieurs mois. Et contrairement à une idée reçue, les grandes plateformes ne sont pas épargnées. Prime Video arrive en tête… mais pour de mauvaises raisons. Avec un taux de churn de 12,64 % par mois, c’est la plateforme la plus touchée. Sur environ 9,5 millions d’abonnés, cela représente 1,2 million de départs mensuels. Un paradoxe, car Amazon recrute massivement via son offre globale Prime. Mais ces utilisateurs ne restent pas forcément pour les contenus vidéo. Apple TV+ et HBO Max suivent avec des taux proches, autour de 9,4 %. Leur point commun : un catalogue jugé trop limité. Les abonnés viennent pour un programme précis, puis repartent aussitôt.À l’inverse, Netflix s’en sort mieux, avec un churn de 5,62 %. Malgré un nombre élevé de résiliations en valeur absolue, la plateforme bénéficie d’un catalogue riche et renouvelé, qui incite à rester. Disney+, de son côté, affiche 7,25 %, soutenu par des univers forts comme Marvel ou Star Wars, qui fidélisent davantage. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La rivalité entre les États-Unis et la Chine se joue aujourd’hui sur un terrain bien précis : celui des technologies de pointe, et en particulier de l’intelligence artificielle. Un domaine devenu stratégique, à la fois pour l’économie, la défense et l’influence mondiale. Et sur ce terrain, Washington entend mobiliser ses meilleurs atouts.Les États-Unis disposent en effet d’un vivier exceptionnel d’entrepreneurs et de dirigeants technologiques. Des figures comme Jensen Huang, à la tête de NVIDIA, entreprise devenue incontournable dans la fabrication de puces utilisées pour l’IA, incarnent cette puissance industrielle. C’est dans ce réservoir de talents que l’administration Trump a décidé de puiser pour constituer un conseil technique de haut niveau. Ce conseil, baptisé PCAST, pour President’s Council of Advisors on Science and Technology, n’est pas nouveau. Créé en 2001 sous la présidence de George W. Bush, il a pour mission de conseiller la Maison-Blanche sur les grandes orientations scientifiques et technologiques. Dissous puis réactivé au fil des administrations, il connaît aujourd’hui une nouvelle incarnation.Le nouveau PCAST sera co-présidé par Michael Kratsios et David Sacks. Mais surtout, il rassemble treize personnalités majeures de la tech américaine. Parmi elles : Jensen Huang, mais aussi Mark Zuckerberg, patron de Meta, Larry Ellison, fondateur d’Oracle, ou encore Lisa Su, dirigeante d’AMD. Autant de profils directement impliqués dans les infrastructures et les usages de l’intelligence artificielle.Dans un communiqué, la Maison-Blanche précise que ce conseil devra se pencher sur les opportunités, mais aussi les défis posés par les technologies émergentes, notamment pour le marché du travail. L’objectif affiché : permettre aux Américains de prospérer dans ce qui est présenté comme un nouvel « âge d’or » de l’innovation. Mais derrière cette ambition, il y a aussi une inquiétude. Celle de voir la Chine prendre l’avantage dans la course à l’IA. Car cette technologie ne se limite pas aux applications civiles : elle est aussi au cœur des systèmes militaires, du renseignement et de la cybersécurité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Huit jours après avoir promis de « traquer » les membres du groupe Handala avec toute la puissance des forces de l’ordre américaines, Kash Patel se retrouve lui-même au centre de l’affaire. Son nom figure désormais parmi les cibles revendiquées par ce collectif de hackers. Le FBI a confirmé fin mars qu’un accès non autorisé avait bien visé la messagerie personnelle de son directeur. L’agence assure toutefois avoir pris les mesures nécessaires pour limiter les risques. Selon son porte-parole, les données concernées sont anciennes et ne touchent à aucune information gouvernementale sensible.Dans le détail, les e-mails divulgués s’étendent de 2011 à 2022. Ils incluent des échanges personnels, professionnels ou liés à des déplacements, comme des réservations de voyage. Aucun élément ne semble concerner des opérations en cours du FBI. Le groupe a également diffusé des photos privées inédites de Kash Patel, ce qui renforce la dimension embarrassante de l’affaire. Car au-delà de la sécurité nationale, c’est bien l’image qui est en jeu. D’autant que, selon plusieurs informations, cette vulnérabilité était connue. Fin 2024, avant même sa nomination à la tête du FBI, Kash Patel avait été alerté qu’un piratage attribué à des acteurs iraniens avait compromis certaines de ses communications personnelles. Malgré cela, ce compte n’aurait pas été suffisamment sécurisé par la suite.Autre élément clé : les métadonnées ; ces informations techniques attachées aux fichiers, comme leur date de création ; indiquent que le piratage remonte à avant le conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran. Le groupe Handala aurait donc conservé ces données pour les publier à un moment stratégique, en réaction notamment à la saisie récente de ses domaines internet par le FBI.Il faut aussi relativiser l’ampleur technique de l’attaque. Contrairement aux affirmations du groupe, il ne s’agit pas d’une intrusion dans les systèmes internes du FBI, mais d’un accès à un compte Gmail personnel, visiblement insuffisamment protégé, notamment sans authentification renforcée ; un dispositif qui ajoute une étape de vérification, comme un code envoyé sur un téléphone. Pour les experts en cybersécurité, cette opération s’inscrit dans une stratégie classique dite de « hack-and-leak » : pirater des données, puis les diffuser pour fragiliser une cible. Objectif : exposer, embarrasser et créer un sentiment de vulnérabilité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
« Il y a eu beaucoup de lancements récemment… rassurez-vous, celui-ci n’est qu’une application. » Le ton est donné. Dans une vidéo mêlant images de missiles et humour grinçant, l’administration Trump a annoncé, sur le compte officiel de la Maison-Blanche sur X, la sortie de sa nouvelle application mobile, désormais disponible sur les principales plateformes.Sur le papier, la promesse est ambitieuse : offrir une information « en temps réel, sans filtre, directement à la source ». Dans les faits, l’application ressemble surtout à un hub de contenus officiels. On y trouve des communiqués, des vidéos en direct, une galerie d’images, ainsi qu’un regroupement des publications issues des réseaux sociaux de la Maison-Blanche, X, TikTok, Instagram ou encore Truth Social.Mais après quelques minutes d’utilisation, l’écart entre la promesse et la réalité apparaît clairement. Prenons l’onglet « Affordability », censé illustrer la baisse du coût de la vie. Les données, issues du Bureau of Labor Statistics, l’organisme américain chargé des statistiques économiques, montrent bien une diminution des prix… mais sur une sélection très restreinte de produits. Le lait, par exemple, correspond ici à des versions allégées, dont les prix ont davantage baissé que ceux du lait entier. En revanche, des produits en hausse, comme le café, le bœuf haché ou le jus d’orange, sont absents. Même constat pour les carburants. Côté fonctionnalités, certaines promesses peinent aussi à se concrétiser. Les retransmissions en direct ne sont pas systématiques : un discours présidentiel récent n’était pas disponible en temps réel. L’onglet « Social », qui centralise les réseaux, souffre quant à lui de problèmes techniques, avec des ralentissements fréquents.Autre point sensible : les données personnelles. L’application demande l’accès à la localisation précise, aux empreintes digitales et à certains fichiers du téléphone. Des autorisations jugées intrusives par plusieurs utilisateurs, d’autant que la politique de confidentialité reste très générale sur leur usage. Enfin, un bouton permettant de signaler des individus à l’agence fédérale ICE, chargée de l’immigration, suscite la controverse. Présenté comme un outil citoyen, il est perçu par certains comme un moyen de dénonciation simplifié. Reste une question en suspens : celle de la durée de vie de cette application. Contrairement aux comptes officiels, transmis d’une administration à l’autre, son avenir après le mandat actuel demeure incertain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Six mois à peine après son lancement très médiatisé, Sora, l’outil de génération vidéo d’OpenAI, s’apprête déjà à disparaître. Selon plusieurs médias américains, l’entreprise a décidé de fermer à la fois l’application, son interface de programmation, ce que l’on appelle une API, utilisée par les développeurs pour intégrer un service, et le site dédié. L’annonce a été faite sobrement sur le réseau X, sans calendrier précis. OpenAI indique simplement qu’un plan sera communiqué pour permettre aux utilisateurs de récupérer leurs créations. Mais derrière cette communication minimaliste, le constat est clair : le projet n’a pas tenu ses promesses.Pourtant, les débuts semblaient prometteurs. En novembre 2025, l’application avait enregistré 3,3 millions de téléchargements, portée par l’intérêt autour de Sora 2 et de son volet social. Mais dès janvier, la dynamique s’est inversée, avec une chute de 45 % des téléchargements. Le revers le plus marquant concerne un partenariat stratégique avec Disney. Un accord prévoyait l’utilisation de plus de 200 personnages issus de franchises comme Marvel, Pixar ou Star Wars, pour un montant estimé à un milliard de dollars. Finalement, ce contrat ne sera jamais concrétisé. Aucun échange financier n’a eu lieu.En coulisses, plusieurs facteurs expliquent ce retrait. D’abord, le coût. La génération vidéo par intelligence artificielle est extrêmement gourmande en puissance de calcul, notamment en GPU, ces processeurs spécialisés indispensables à l’entraînement et à l’exécution des modèles. Dans un contexte où ces ressources sont rares et très sollicitées, maintenir un service aussi exigeant devient difficilement soutenable. Ensuite, la concurrence. Des acteurs comme Anthropic se concentrent sur des usages plus rentables, comme le texte ou le code, avec des outils mieux adaptés aux besoins des entreprises. À l’inverse, Sora séduisait surtout le grand public, sans modèle économique encore stabilisé.La décision s’inscrit donc dans une stratégie plus large : recentrer les efforts sur les produits jugés prioritaires, notamment en vue de futurs investissements. Pour autant, la technologie ne disparaît pas totalement. Les équipes de Sora vont se réorienter vers la simulation du monde physique, un domaine clé pour la robotique. Et certaines fonctions vidéo devraient subsister, de manière plus intégrée, dans ChatGPT. En abandonnant Sora comme produit autonome, OpenAI laisse désormais le champ libre à d’autres acteurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le dark web fascine autant qu’il inquiète. Dans cet univers souvent entouré de fantasmes, un nom revient régulièrement : le Hidden Wiki, présenté comme une sorte de porte d’entrée vers les services cachés accessibles via le réseau Tor. En réalité, cette image est trompeuse.Contrairement à ce que laisse penser son nom, il n’existe pas un Hidden Wiki officiel, stable et reconnu. Il s’agit en fait d’une multitude de pages distinctes, qui circulent sous la même appellation. Ces pages fonctionnent comme des annuaires : elles listent des adresses en .onion, ces sites accessibles uniquement via Tor, un réseau conçu pour anonymiser la navigation. Le problème, c’est que ces listes sont souvent alimentées de manière anonyme, copiées, modifiées, puis répliquées ailleurs. Résultat : des liens obsolètes, des services disparus, et des copies qui continuent d’exister sans mise à jour fiable. Ce qui donne l’illusion d’un répertoire structuré… alors qu’il s’agit en réalité d’un assemblage hétérogène et peu contrôlé.Dans ce contexte, la question de la fiabilité devient centrale. Certains liens peuvent mener vers des services légitimes — des médias, par exemple, ou des outils axés sur la confidentialité qui proposent une version .onion de leur site. Mais beaucoup d’autres redirigent vers des pages inactives, des miroirs, ou des plateformes dont l’origine est difficile à vérifier. C’est là que les risques apparaissent. Comme sur le web classique, il est possible de tomber sur des sites frauduleux, conçus pour imiter des services connus et récupérer des identifiants ou diffuser des logiciels malveillants. La différence, c’est qu’ici, les repères sont moins nombreux pour distinguer le vrai du faux.Pour s’orienter, certains outils offrent des alternatives plus fiables. Des moteurs comme Ahmia indexent une partie des services .onion accessibles publiquement, avec un filtrage de contenu. D’autres sites, comme Dark.fail, permettent de vérifier l’adresse de plateformes connues. Mais la méthode la plus sûre reste souvent la plus simple : consulter directement les sites officiels sur le web classique, qui publient parfois leur adresse .onion. Enfin, une précision importante : utiliser Tor n’a rien d’illégal en soi. Ce réseau permet notamment de contourner la censure ou de protéger sa vie privée. En revanche, la prudence reste essentielle. Éviter les téléchargements douteux, vérifier les sources, et comprendre que ces annuaires ne sont pas des références fiables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Douze ans après l’échec retentissant du Fire Phone, Amazon semble prêt à retenter sa chance sur le marché des smartphones. Selon plusieurs informations, le groupe travaillerait actuellement sur un nouveau projet baptisé en interne « Transformer », un appareil fortement orienté vers l’intelligence artificielle et son assistant vocal Alexa.Le souvenir du Fire Phone, lancé en 2014, reste encore vif. À l’époque, Amazon avait tenté de se démarquer avec des fonctionnalités originales, comme un affichage 3D sans lunettes ou encore Firefly, un outil capable d’identifier des objets via la caméra. Malgré un prix attractif, environ 200 dollars sans abonnement, le téléphone n’a jamais trouvé son public. En cause notamment : un écosystème applicatif limité, basé sur l’Amazon Appstore, loin derrière le Google Play Store en termes de choix et de diversité. Résultat, le produit a été retiré du marché à peine un an après sa sortie.Avec ce nouveau projet, Amazon change d’approche. Plutôt que de rivaliser frontalement avec les boutiques d’applications traditionnelles, l’entreprise mise sur une autre logique : l’intelligence artificielle comme interface principale. L’idée serait de permettre à l’utilisateur d’interagir directement avec son téléphone via Alexa, sans forcément passer par des applications classiques. Concrètement, cela signifie que certaines tâches, commander un repas, lancer un film, gérer son agenda, pourraient être exécutées à la voix ou via des requêtes intelligentes, sans ouvrir d’application dédiée. Une manière de contourner le problème qui avait plombé le Fire Phone : la dépendance à un catalogue d’apps insuffisant.Le futur smartphone serait également conçu pour s’intégrer étroitement à l’écosystème Amazon : Prime Video, Prime Music, services de livraison comme Grubhub, ou encore la plateforme de commerce en ligne. Alexa deviendrait ainsi le point d’entrée central pour accéder à l’ensemble de ces services. Attention toutefois : Alexa ne serait pas le système d’exploitation lui-même, mais plutôt une couche d’interaction avancée. Une différence notable avec le Fire Phone, dont le fonctionnement était trop dépendant de l’environnement Amazon.Reste que ce pari est loin d’être gagné. Le marché des smartphones est aujourd’hui dominé par quelques acteurs majeurs, et les habitudes des utilisateurs sont bien ancrées. Miser sur une interface centrée sur l’IA constitue une rupture… mais aussi un risque. D’autant que, pour l’instant, le projet reste au stade de développement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on vraiment tout transformer en pari, y compris les événements les plus tragiques ? La question s’impose aujourd’hui à mesure que la plateforme américaine Polymarket repousse les limites du concept.Spécialisée dans les marchés prédictifs, des systèmes où l’on mise de l’argent sur la probabilité qu’un événement se produise, la société fait déjà l’objet de critiques, notamment autour de soupçons de délits d’initié. Mais loin de calmer le jeu, elle vient d’inaugurer un lieu inédit à Washington, à quelques pas de la Maison Blanche. Son nom : « Situation Room », en référence à la célèbre salle de crise où les dirigeants américains gèrent les situations les plus sensibles. Le concept, lui, se veut hybride. « Imaginez un bar sportif… mais dédié à la surveillance de l’actualité », résume Polymarket.Concrètement, les clients évoluent dans un espace saturé d’écrans diffusant en continu des flux d’informations : chaînes d’actualité, données financières, radars aériens ou encore publications en temps réel sur les réseaux sociaux. Un environnement pensé pour suivre l’actualité mondiale… et surtout pour réagir immédiatement. Car derrière l’expérience immersive, l’objectif est clair : permettre aux visiteurs de parier sur des événements géopolitiques en cours ou à venir. Conflits armés, tensions internationales, voire scénarios extrêmes comme des frappes militaires ou des crises majeures.Ce modèle repose sur une logique bien connue dans le monde des paris : plus l’information est rapide et abondante, plus les utilisateurs sont incités à miser. Le pari devient alors une forme d’anticipation, presque une lecture stratégique de l’actualité. Mais cette approche suscite déjà de vives réactions. Sur les réseaux sociaux, certains dénoncent une forme de « casino géopolitique », où l’émotion, l’urgence et même l’ambiance festive pourraient encourager des prises de décision impulsives.Derrière la polémique, une interrogation plus profonde émerge : que se passe-t-il lorsque l’information, la finance et le divertissement se confondent ? Et surtout, lorsque des événements dramatiques, guerres, crises humanitaires, deviennent des objets de spéculation en temps réel ? Polymarket, de son côté, parie sur l’intérêt du public pour ce type d’expérience. Mais en installant ce dispositif au cœur même de la capitale américaine, la plateforme ne se contente plus d’observer le monde : elle invite désormais à miser sur ses secousses. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Lors de sa conférence GTC 2026, Jensen Huang, patron de Nvidia, a affirmé que son entreprise était aujourd’hui « le plus grand contributeur à l’IA open source au monde ». Une déclaration ambitieuse… mais difficile à contester. Depuis plusieurs années, le géant américain met à disposition des développeurs une vaste panoplie d’outils : modèles d’intelligence artificielle, jeux de données, environnements de simulation ou encore frameworks, ces briques logicielles qui facilitent le développement d’applications.Dernier exemple en date : la création de la coalition Nemotron. Ce consortium réunit plusieurs acteurs majeurs de la recherche en IA, dont la startup française Mistral AI. Leur objectif : concevoir ensemble un modèle de pointe, ce que l’on appelle un frontier model, c’est-à-dire un système situé à la frontière des capacités actuelles de l’intelligence artificielle. Ce modèle sera entraîné sur l’infrastructure cloud de Nvidia, baptisée DGX Cloud, et servira de base à une nouvelle génération de modèles ouverts. « Ouverts », car leur code et leur fonctionnement seront accessibles, permettant à des entreprises ou des chercheurs de les adapter à leurs propres usages.Mais derrière cette stratégie se cache aussi une logique industrielle très claire. En favorisant l’open source, Nvidia s’assure que ses technologies deviennent des standards. Et comme ces modèles sont optimisés pour fonctionner sur ses propres puces, cela incite indirectement les utilisateurs à adopter son matériel.Autre annonce marquante : NemoClaw, un module conçu pour encadrer les agents d’intelligence artificielle. Ces agents, capables d’agir de manière autonome, écrire du code, manipuler des fichiers ou interagir avec Internet, posent encore des problèmes de fiabilité. NemoClaw introduit des garde-fous : restrictions d’accès, contrôle des actions, et même un système capable de décider si une tâche doit être traitée en local ou dans le cloud, notamment lorsqu’elle implique des données sensibles. Car ces agents consomment énormément de tokens, ces unités de texte utilisées par les modèles pour traiter l’information. Un détail technique… mais stratégique : plus il y a de tokens, plus la demande en puissance de calcul augmente, et donc en matériel Nvidia.Lors de la conférence, Arthur Mensch, dirigeant de Mistral AI, a toutefois rappelé une réalité plus nuancée. Si ces outils ouvrent des possibilités inédites, leur déploiement à grande échelle reste complexe pour les entreprises. Mais il a aussi défendu un point essentiel : les modèles ouverts permettent aux organisations de garder le contrôle sur leurs technologies. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Revenons quelques années en arrière. Janvier 2018. Un jeune analyste australien, Nathan Ruser, explore une carte un peu particulière : la heatmap de Strava, une application de suivi sportif. Cette carte agrège les parcours des utilisateurs pour visualiser les zones les plus fréquentées. Mais ce jour-là, elle révèle bien plus que des itinéraires de joggeurs : les contours lumineux de bases militaires américaines secrètes, en Afghanistan, en Somalie ou encore en Syrie. Le choc est immédiat. Le Pentagone interdit les objets connectés en zone opérationnelle, et plusieurs pays, dont la France, adoptent des consignes similaires. Huit ans plus tard, le problème n’a pourtant pas disparu.Le 13 mars 2026, un officier de la Marine nationale court sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, montre connectée au poignet. Sept kilomètres en boucle, en pleine Méditerranée orientale. Rien d’exceptionnel… sauf que son activité est publiée automatiquement sur Strava, en accès public. Des journalistes parviennent alors à localiser le navire presque en temps réel, puis confirment sa position grâce à des images satellites prises à peine 90 minutes plus tard. Résultat : le porte-avions est identifié avec une précision de quelques kilomètres. La réaction des autorités est classique : rappel des consignes, promesse de sanctions, et insistance sur ce que l’armée appelle « l’hygiène numérique du combattant ». Autrement dit, l’ensemble des bonnes pratiques visant à éviter les fuites d’informations via les outils numériques.Ce n’est pas un cas isolé. En 2025 déjà, des membres d’équipage de sous-marins nucléaires avaient involontairement partagé des éléments liés à leurs patrouilles. Même scénario en 2024 avec des agents de sécurité de chefs d’État. Le problème est en partie technique. Des applications comme Strava sont conçues pour partager par défaut les activités sportives. La synchronisation avec le cloud, c’est-à-dire l’envoi automatique des données vers des serveurs en ligne, est activée dès le départ. À l’utilisateur de désactiver ces options, s’il y pense.Des solutions existent pourtant. Certaines armées testent des systèmes capables de bloquer toute connexion vers ces applications depuis des zones sensibles. Mais en France, on privilégie encore la sensibilisation. Un choix qui interroge, dans un contexte tendu. Plusieurs installations françaises ont récemment été ciblées, et un soldat a été tué en Irak par un drone. Dans ce type de situation, une simple donnée de localisation peut suffire à réduire drastiquement la zone de recherche pour un adversaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour de nombreux développeurs web, intégrer un véritable éditeur de documents compatible avec Microsoft Word dans une application en ligne relève souvent du casse-tête. Les solutions existantes reposent généralement sur des systèmes lourds côté serveur ou sur des services propriétaires via des API payantes, ce qui peut rapidement devenir coûteux et complexe à déployer. Un nouveau projet open source pourrait toutefois simplifier les choses. Il s’appelle docx-js-editor, et il propose une approche différente : permettre d’ouvrir, modifier et enregistrer des fichiers .docx directement dans le navigateur, sans passer par un serveur distant.Le principe repose sur un éditeur dit WYSIWYG, acronyme de What You See Is What You Get — littéralement « ce que vous voyez est ce que vous obtenez ». Autrement dit, le document affiché à l’écran correspond exactement au résultat final, comme dans un traitement de texte classique. La particularité de cet outil est qu’il a été conçu spécifiquement pour l’environnement React, une bibliothèque très populaire utilisée pour construire des interfaces web modernes. Toute la phase d’édition se fait localement sur l’ordinateur de l’utilisateur, dans le navigateur lui-même. Résultat : les documents ne sont pas envoyés vers un serveur externe pour être traités, ce qui peut représenter un avantage en matière de confidentialité des données.Sur le plan technique, l’éditeur repose sur une architecture proche de ProseMirror, un moteur open source utilisé pour créer des éditeurs de texte complexes sur le web. Cela permet notamment d’ajouter facilement des plugins, c’est-à-dire des modules complémentaires qui étendent les fonctionnalités de l’outil. Contrairement à certains éditeurs web qui convertissent les documents Word de manière approximative, la gestion du format DOCX est ici intégrée directement dans le cœur du système. L’objectif est de maintenir une compatibilité maximale avec les fichiers créés dans Microsoft Word.Dans les fonctionnalités de base, on retrouve l’essentiel d’un traitement de texte : mise en forme du texte — gras, italique, polices et couleurs — insertion d’images, création de tableaux ou encore gestion des hyperliens. L’outil se veut également extensible. Par exemple, un plugin permet de surligner automatiquement les balises utilisées par Docxtemplater, un système souvent employé pour générer automatiquement des documents comme des factures, des contrats ou des rapports à partir de modèles. Distribué sous licence MIT, l’une des licences open source les plus permissives, docx-js-editor pourrait donc intéresser les développeurs qui cherchent une solution légère pour intégrer l’édition de documents Word dans leurs applications web, sans avoir recours à des infrastructures complexes ou à des services payants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 2022, la start-up australienne Cortical Labs avait attiré l’attention du monde scientifique en dévoilant DishBrain, un prototype de bio-ordinateur capable de jouer à Pong, l’un des tout premiers jeux vidéo de l’histoire. La particularité de ce système : il ne fonctionne pas avec des transistors classiques, mais avec de véritables neurones humains cultivés en laboratoire. Trois ans plus tard, l’entreprise est passée à l’étape suivante. En 2025, elle a présenté CL1, la première version commerciale de cette technologie. Ce bio-ordinateur peut être acheté directement ou utilisé à distance via le cloud, grâce à une API, c’est-à-dire une interface logicielle qui permet aux développeurs d’interagir avec le système.Très vite, une question s’est imposée dans la communauté technologique : ce bio-ordinateur peut-il jouer à Doom ? Sorti en 1993, ce jeu de tir est devenu au fil des années une sorte de test emblématique pour les ingénieurs. On l’a déjà vu fonctionner sur des appareils improbables : des tracteurs, des calculatrices… et même un test de grossesse électronique. Cette fois, le défi était différent. Il ne s’agissait pas simplement de lancer le jeu, mais de permettre au bio-ordinateur d’y jouer lui-même. Pour y parvenir, Cortical Labs a collaboré avec le chercheur indépendant Sean Cole, qui a adapté le jeu afin que les neurones puissent l’interpréter.Le problème principal est que ces neurones ne voient pas les images. Les informations du jeu ont donc été traduites en stimulations électriques, envoyées directement aux cellules. Les réponses des neurones, elles aussi électriques, sont ensuite converties en actions dans le jeu : se déplacer, tirer ou changer de direction. Le résultat reste encore rudimentaire. Le système parvient à repérer des ennemis et à tirer, mais son niveau reste celui d’un joueur débutant. Comme l’explique Brett Kagan, scientifique chez Cortical Labs, « les cellules jouent pour l’instant comme quelqu’un qui n’a jamais touché un ordinateur ».Ce qui surprend les chercheurs, c’est la vitesse d’apprentissage. Alors qu’il avait fallu 18 mois pour apprendre à jouer à Pong, le bio-ordinateur a commencé à comprendre Doom en moins d’une semaine. Chaque puce du système contient environ 200 000 neurones, cultivés dans un milieu nutritif et posés sur une matrice multi-électrode. Ce dispositif permet à la fois de stimuler les cellules et d’enregistrer leurs réponses. Pour Cortical Labs, cette démonstration sert surtout à prouver que son interface logicielle fonctionne. L’entreprise espère désormais que chercheurs et développeurs utiliseront l’API pour inventer de nouvelles méthodes d’apprentissage et de communication avec les neurones. Une frontière encore très expérimentale entre biologie et informatique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Office européen des brevets, l’OEB, franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses outils numériques. Cette semaine à Munich, l’institution a annoncé un partenariat avec la start-up française Mistral AI. L’objectif : améliorer l’analyse des millions de documents techniques qui composent l’univers des brevets.Au cœur du projet, une technologie appelée reconnaissance optique de caractères, ou OCR. Ce système permet de transformer des documents numérisés, par exemple des scans ou des images, en texte exploitable par des machines. Autrement dit, ce qui était auparavant une simple image devient une information analysable automatiquement par des logiciels. Dans le domaine des brevets, ce défi est particulièrement complexe. Les dossiers ne contiennent pas seulement du texte. On y trouve aussi des formules scientifiques, des schémas, des structures chimiques, des tableaux, et souvent plusieurs langues dans un même document. Sans oublier des archives anciennes numérisées, parfois difficiles à lire pour les logiciels classiques. La solution développée avec Mistral AI a donc été spécialement conçue pour ce type de contenu hybride. Elle promet une extraction des informations plus précise que les outils OCR traditionnels.L’enjeu est considérable. Chaque année, l’Office européen des brevets examine environ 200 000 nouvelles demandes et délivre près de 120 000 brevets. Au total, l’organisation gère une base gigantesque de plus de 160 millions de documents techniques. Pour les examinateurs, disposer de données mieux structurées change tout. Cela permet d’effectuer des recherches d’antériorité plus rapides et plus fiables. Ces recherches consistent à vérifier si une invention est réellement nouvelle ou si une technologie similaire existe déjà quelque part dans la littérature scientifique ou industrielle. Le choix de Mistral AI n’est pas anodin. En travaillant avec une entreprise européenne, l’OEB s’assure que les données sensibles liées aux brevets restent traitées dans le cadre juridique et éthique de l’Union européenne.La start-up française n’en est d’ailleurs pas à son premier projet institutionnel : elle a récemment signé un accord avec le ministère français des Armées pour fournir des modèles d’intelligence artificielle. Avant l’annonce officielle, le partenariat a commencé par trois mois de tests, durant lesquels le modèle d’IA a été entraîné sur de véritables documents de brevets. Un déploiement plus large est désormais envisagé. Au-delà de ce projet précis, l’initiative illustre une tendance plus large : construire un écosystème européen d’intelligence artificielle capable de traiter des données stratégiques sans dépendre des plateformes américaines ou asiatiques. Reste à savoir si d’autres institutions auront les moyens techniques et financiers de suivre cette voie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Meta s’apprête à modifier une fonction de sécurité importante sur Instagram. Après un peu plus de trois ans d’existence, le chiffrement de bout en bout des messages privés va disparaître de la plateforme. L’entreprise a annoncé que cette option ne serait plus disponible à partir du 8 mai 2026.Pour comprendre ce changement, il faut rappeler ce qu’est le chiffrement de bout en bout, souvent abrégé en E2EE, pour End-to-End Encryption. Ce système garantit que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent lire un message. Même l’entreprise qui gère le service, en l’occurrence Meta, n’a théoriquement aucun accès au contenu échangé. Cette technologie est déjà bien connue des utilisateurs de WhatsApp, autre application du groupe Meta, où elle est activée automatiquement. Sur Instagram, la situation était différente : le chiffrement existait bien, mais il fallait l’activer manuellement pour chaque conversation. Résultat, selon Meta, très peu d’utilisateurs ont réellement utilisé cette option.Dans un message publié sur ses pages d’assistance, la plateforme confirme donc que les conversations chiffrées ne seront plus prises en charge après le 8 mai 2026. Les utilisateurs seront invités à télécharger leurs messages ou leurs contenus multimédias s’ils souhaitent les conserver avant la disparition de cette fonctionnalité. Meta explique que ceux qui souhaitent continuer à bénéficier d’un chiffrement fort pourront se tourner vers WhatsApp, où cette protection reste active par défaut.Derrière cette décision se trouve aussi un autre enjeu : la modération des contenus. Sans chiffrement de bout en bout, les plateformes peuvent analyser les messages pour détecter certains contenus illégaux. Parmi les priorités évoquées figurent notamment les abus sexuels sur mineurs, un problème régulièrement signalé sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs années, les autorités publiques et les régulateurs demandent aux grandes entreprises technologiques d’intensifier leurs efforts dans ce domaine. Certains estiment en effet que le chiffrement total peut parfois créer des espaces de communication impossibles à surveiller, susceptibles d’être utilisés pour des activités criminelles. Cette décision illustre donc un débat plus large qui traverse le monde du numérique : comment concilier la protection de la vie privée des utilisateurs avec les exigences de sécurité et de lutte contre les contenus illégaux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au salon AWE 2026, organisé début mars à Shanghai, la marque chinoise Dreame a créé la surprise. Jusqu’ici connue surtout pour ses aspirateurs robots et ses appareils domestiques, l’entreprise a dévoilé pas moins de vingt-neuf smartphones d’un seul coup. Cette nouvelle gamme, baptisée Aurora, marque l’entrée officielle du groupe sur le marché très compétitif du smartphone haut de gamme. Pour soutenir cette ambition, Dreame affirme avoir investi plus d’un milliard d’euros en recherche et développement sur trois ans. L’objectif est clair : se positionner face aux grands noms du secteur, en misant à la fois sur l’innovation technologique et sur le design.Le modèle le plus spectaculaire de la présentation s’appelle NEX LS1. Sa particularité saute immédiatement aux yeux : le dos du téléphone est totalement lisse, sans le traditionnel bloc photo. La raison est simple : le module photo est amovible. Il se fixe au smartphone grâce à un système d’aimants et de contacts métalliques. À l’intérieur de ce module détachable, on trouve un capteur d’un pouce, un format généralement réservé aux smartphones les plus performants, comparable à celui utilisé sur certains modèles haut de gamme de Xiaomi. Il intègre aussi un téléobjectif périscopique de 115 millimètres, un système optique qui permet d’obtenir un zoom puissant en repliant la lentille à l’intérieur du téléphone. Particularité supplémentaire : le module photo possède sa propre batterie. L’idée derrière ce concept est double. D’abord, offrir un appareil photo plus performant qu’un module classique intégré au smartphone. Ensuite, permettre une évolution indépendante : si un nouveau module photo apparaît l’année suivante, l’utilisateur pourrait théoriquement le remplacer sans changer de téléphone.Cette approche soulève cependant des questions pratiques. L’utilisateur devra transporter ce module en permanence s’il souhaite bénéficier d’un appareil photo performant. Dreame évoque bien un petit capteur intégré pour les usages basiques, comme scanner un QR code, mais cela reste une solution limitée. Côté logiciel, Dreame prépare aussi Aurora AIOS 1.0, un système d’exploitation annoncé pour le second semestre 2026. Il intégrerait plusieurs fonctions d’intelligence artificielle, notamment pour la photographie, la sécurité réseau ou la personnalisation de l’interface. Mais l’architecture réelle du système reste floue : s’agit-il d’une version modifiée d’Android ou d’un OS totalement indépendant ?Enfin, la marque vise aussi le segment du luxe avec les modèles Aurora LUX, conçus avec des matériaux premium et développés en collaboration avec des studios de design internationaux. Avec cette stratégie, Dreame tente donc un pari ambitieux : s’attaquer simultanément à la technologie et au prestige, deux terrains où se joue aujourd’hui la bataille mondiale du smartphone. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Chine, l’intelligence artificielle n’est plus seulement un domaine technologique prometteur : elle devient un axe central de la stratégie nationale. Le nouveau plan quinquennal, dévoilé lors de l’ouverture du Congrès national du peuple, en témoigne clairement. Dans ce document de 141 pages, l’IA est mentionnée plus d’une cinquantaine de fois. Pékin y détaille un vaste programme baptisé « AI+ », destiné à intégrer l’intelligence artificielle dans l’ensemble de l’économie et de la société.Derrière cette ambition technologique se cachent plusieurs objectifs stratégiques. Le premier concerne la démographie. La Chine fait face à un vieillissement rapide de sa population, ce qui risque de peser sur la main-d’œuvre et la croissance. Pour compenser ce déficit de travailleurs, les autorités comptent accélérer l’automatisation. Le plan prévoit notamment le déploiement de robots dans les secteurs qui manquent de personnel, ainsi que des systèmes d’intelligence artificielle capables d’accomplir certaines tâches avec une supervision humaine minimale. Mais la stratégie va bien au-delà de l’industrie. Selon Kyle Chan, chercheur à la Brookings Institution, Pékin souhaite intégrer l’IA dans de nombreux aspects de la vie quotidienne : logistique, services médicaux, livraison de colis, mais aussi éducation. L’objectif est de transformer en profondeur l’organisation économique et sociale d’un pays de plus d’un milliard d’habitants.Cette accélération s’inscrit également dans un contexte de rivalité technologique croissante avec les États-Unis. Washington limite l’accès de la Chine aux semi-conducteurs les plus avancés, indispensables pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle. En réponse, Pékin restreint certaines exportations de terres rares, ces minéraux essentiels à la fabrication de nombreux équipements électroniques. Dans ce bras de fer technologique, la Chine cherche désormais à maîtriser toute la chaîne industrielle, des puces électroniques aux applications d’IA.Le plan quinquennal ne s’arrête pas à l’intelligence artificielle. Il évoque aussi plusieurs technologies de rupture : la 6G, l’informatique quantique, les robots humanoïdes capables d’interagir avec leur environnement, ou encore les interfaces cerveau-machine, qui permettent de communiquer directement entre le cerveau et un ordinateur. Le programme inclut également des ambitions dans l’espace et l’énergie : développement d’une fusée lourde réutilisable, progrès dans la fusion nucléaire, et même la perspective d’une station scientifique sur la Lune. Enfin, un point notable apparaît pour la première fois dans ce rapport officiel : la Chine affirme vouloir utiliser l’open source comme un levier stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis plus d’un an, certains chercheurs indépendants expérimentent une technique controversée dans le monde de l’intelligence artificielle : l’oblitération des modèles de langage. Sur la plateforme Hugging Face, des versions modifiées d’IA, aux noms explicites comme Dark Champion ou Uncensored, circulent déjà et cumulent plusieurs milliers de téléchargements.Mais un nouvel outil, baptisé OBLITERATUS, pourrait changer d’échelle. Mis en ligne sur GitHub par un développeur se présentant sous le pseudonyme Pline le Libérateur, il rassemble dans une seule interface tout ce qui nécessitait auparavant des manipulations techniques complexes. Treize méthodes d’extraction différentes, quinze modules d’analyse, un système capable de détecter automatiquement les protections d’un modèle : le tout accessible sans écrire une seule ligne de code, simplement avec un compte Google.Le principe technique repose sur une idée issue d’une étude publiée en 2024 lors de la conférence NeurIPS, l’un des grands rendez-vous mondiaux de l’IA. Les chercheurs y expliquaient que la capacité d’un modèle à refuser certaines requêtes, par exemple des contenus dangereux ou illégaux, dépend souvent d’une direction particulière dans ce que l’on appelle l’espace des activations. Autrement dit, une configuration mathématique interne qui guide les réponses du modèle. Si l’on identifie cette direction et qu’on la supprime des paramètres du modèle, celui-ci conserve sa capacité de raisonnement… mais perd sa tendance à refuser.OBLITERATUS automatise ce processus en plusieurs étapes : chargement du modèle, collecte des activations, extraction des directions de refus à l’aide d’une méthode mathématique appelée décomposition SVD, modification ciblée des paramètres, puis vérification du résultat. L’outil fonctionne directement dans l’environnement gratuit Google Colab ou via les GPU mis à disposition sur Hugging Face Spaces. Pour plus d’une centaine de modèles compatibles, de GPT-2 à certaines variantes de DeepSeek, quelques minutes suffisent pour effectuer une modification complète.Chaque utilisation alimente aussi une base de données collective. Les informations enregistrées incluent le modèle utilisé, la méthode employée et l’efficacité du contournement des protections. L’objectif affiché par l’auteur est de constituer la base comparative la plus complète sur les mécanismes d’alignement des modèles d’IA. Cette démarche soulève évidemment des questions. Une étude publiée cette année dans Nature Communications montrait déjà que certains systèmes d’IA pouvaient contourner les protections d’autres modèles avec 97 % de succès. Mais OBLITERATUS va plus loin : il ne contourne pas les garde-fous à chaque requête, il les supprime directement dans l’architecture du modèle. Pour les équipes qui déploient des modèles open source, cette technique devient donc une nouvelle menace potentielle. Certaines solutions existent, comme renforcer l’apprentissage du refus ou multiplier les tests de robustesse, mais elles restent encore peu adoptées par les grands fournisseurs d’IA. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Recevoir un appel d’un numéro inconnu est devenu un petit dilemme du quotidien. Est-ce un livreur, un conseiller bancaire… ou un démarchage commercial ? Par réflexe, beaucoup de personnes ne décrochent plus. Ce réflexe de protection est compréhensible, mais il entraîne aussi un effet inattendu : certains appels parfaitement légitimes passent eux aussi à la trappe. Pour tenter de résoudre ce problème, l’opérateur Orange expérimente un nouveau service baptisé Branded Calling. Présenté lors du Mobile World Congress 2026, ce système promet de rendre les appels téléphoniques beaucoup plus transparents.Le principe est simple : lorsqu’une entreprise appelle un client, son nom certifié apparaît directement sur l’écran du smartphone, même si le numéro n’est pas enregistré dans les contacts. L’utilisateur sait immédiatement qui tente de le joindre et peut décider de répondre en connaissance de cause. Selon Orange, l’impact est déjà spectaculaire. Le simple fait d’afficher un nom vérifié multiplierait par cinq le taux de réponse. Une donnée importante pour les entreprises qui utilisent encore le téléphone pour leurs livraisons, leurs services clients ou leurs démarches commerciales.Évidemment, afficher un nom ne suffit pas : encore faut-il s’assurer qu’il est authentique. Pour cela, l’opérateur affirme avoir mis en place trois niveaux de sécurité. D’abord, chaque entreprise souhaitant utiliser le service doit être vérifiée avant d’être autorisée à apparaître dans le système. Ensuite, son numéro doit passer par un niveau élevé d’authentification technique, appelé MAN, un mécanisme destiné à confirmer que l’appel provient bien de l’organisation annoncée. Enfin, les numéros suspects sont filtrés grâce à la base de données Orange Téléphone, un outil déjà utilisé pour identifier les appels frauduleux.Autre particularité : aucune application à installer. Le service fonctionne directement au cœur du réseau mobile 4G et 5G. Concrètement, une base de données – gérée par la société RealNetworks – associe chaque numéro professionnel à un nom d’affichage certifié. Lorsque l’appel arrive, cette information est transmise automatiquement au téléphone de l’utilisateur. Le système est déjà en service dans plusieurs pays, et la France pourrait le déployer à grande échelle avant la fin de l’année. Selon Orange, d’ici 2030, un tiers des appels pourraient afficher une identité vérifiée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les relations entre humains et intelligence artificielle ne relèvent plus seulement de la science-fiction. Une étude récente montre que certains utilisateurs explorent désormais une forme d’intimité avec des agents conversationnels. Et contrairement à certains clichés, ce phénomène ne concerne pas uniquement des personnes isolées ou en difficulté relationnelle.Selon les résultats du sondage, seuls 16 % des utilisateurs expliquent recourir à ces interactions parce qu’ils auraient du mal à rencontrer quelqu’un dans la vie réelle. 14 % évoquent simplement un manque de temps. La motivation principale est ailleurs : 61 % des participants affirment que l’IA leur offre un espace plus facile pour s’exprimer et expérimenter. Autrement dit, ces échanges ne remplacent pas nécessairement les relations humaines. Ils servent plutôt de terrain d’expérimentation, un environnement perçu comme sans risque social. Les utilisateurs peuvent y tester des conversations, explorer des idées ou formuler des choses qu’ils n’oseraient pas dire face à un partenaire réel.Dans cette logique, 37 % des personnes interrogées disent utiliser l’IA pour s’entraîner à flirter ou simuler des rendez-vous, tandis que 31 % expliquent s’en servir pour explorer certains fantasmes avant d’en parler ou de les vivre dans la réalité. Pour beaucoup, ces interactions jouent un rôle de répétition générale. 65 % estiment même que cela les a aidés à se sentir plus désirables dans leur vie réelle. Certaines découvertes concernent aussi l’identité personnelle. 60 % des participants déclarent que ces conversations les ont aidés à identifier des attirances ou des préférences sexuelles qu’ils n’avaient pas clairement perçues auparavant. Comme le souligne Justin Garcia, chercheur au Kinsey Institute, ces relations restent souvent plus « transactionnelles » que les relations humaines. Pourtant, 61 % des sondés disent que leur vie sexuelle réelle s’est améliorée grâce à ces explorations.Il faut toutefois nuancer ces résultats. L’enquête a été réalisée par Joi AI, une entreprise qui développe précisément ce type d’outils. Les 2 500 participants sont tous des utilisateurs actifs de ces technologies. L’étude ne représente donc pas l’ensemble de la population. Un dernier chiffre illustre néanmoins l’évolution des mentalités : 28 % des personnes interrogées trouvent ces interactions excitantes parce qu’elles donnent l’impression de vivre dans un univers de science-fiction. Et près de la moitié, 49 %, déclarent qu’elles envisageraient une relation physique avec une intelligence artificielle si la technologie le permettait un jour. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Chez Apple, chaque détail industriel compte. Quand on produit plus de 200 millions de smartphones par an, comme c’est le cas pour l’iPhone, la moindre optimisation dans la fabrication peut représenter des économies de plusieurs millions de dollars. C’est dans cette logique que le groupe californien explore une nouvelle piste : l’impression 3D appliquée aux pièces métalliques de ses appareils.Selon un rapport du journaliste Mark Gurman publié par Bloomberg, Apple testerait actuellement cette technologie pour produire certaines pièces en aluminium. Les boîtiers d’iPhone et d’Apple Watch pourraient, à terme, être concernés. L’impression 3D, aussi appelée fabrication additive, consiste à créer un objet couche par couche à partir d’un modèle numérique. Contrairement aux méthodes industrielles classiques — comme l’usinage ou la forge — cette technique permet de produire des pièces avec moins de matière et moins d’étapes intermédiaires. Résultat : moins de déchets, des chaînes de production potentiellement simplifiées et des coûts réduits.Apple n’en est pas à ses premiers essais. La marque a déjà utilisé ce procédé pour certaines pièces récentes. Les Apple Watch Ultra 3 et Series 11, par exemple, intègrent des éléments en titane recyclé fabriqués grâce à l’impression 3D. Le même principe aurait été appliqué au port USB-C en titane de l’iPhone Air. Selon Apple, cette méthode permet d’obtenir une pièce plus résistante tout en utilisant environ 33 % de titane en moins.Pour l’instant, la firme semble surtout s’intéresser à l’aluminium, un matériau central dans la conception de ses produits. Si la technologie est adoptée à grande échelle, elle pourrait contribuer à réduire les coûts de fabrication tout en limitant la consommation de matière. Mais l’intérêt n’est pas uniquement économique. L’impression 3D ouvre aussi des possibilités techniques difficiles à obtenir avec les procédés traditionnels. Apple a par exemple pu créer des micro-textures dans certaines zones métalliques, impossibles à réaliser auparavant. Dans l’Apple Watch Ultra 3, cette technique a servi à améliorer l’étanchéité autour du logement de l’antenne.Les montres connectées doivent en effet intégrer des éléments en plastique dans leur coque métallique pour permettre aux antennes de fonctionner. En imprimant une texture spécifique dans l’aluminium, Apple a pu renforcer l’adhérence entre les deux matériaux et améliorer la solidité de l’ensemble. Cette approche rappelle celle adoptée récemment pour le MacBook Neo, dont le processus de fabrication a été repensé pour utiliser moins d’aluminium et proposer un ordinateur plus abordable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans un monde saturé d’informations, suivre l’actualité peut parfois ressembler à une navigation dans le brouillard. Les données affluent de toutes parts, fragmentées, dispersées entre sites, réseaux sociaux et chaînes d’information. Impossible d’en réduire le volume, mais il est possible de mieux les organiser. C’est précisément l’objectif d’un nouvel outil en ligne : WorldMonitor.app, un tableau de bord conçu pour agréger et visualiser en temps réel une grande quantité d’informations géopolitiques. L’interface repose sur un principe simple : rassembler de multiples sources dans un seul espace. WorldMonitor compile plus de 150 flux RSS — un format qui permet de récupérer automatiquement les mises à jour d’un site d’information. Le résultat est une page extrêmement dense, où l’on peut suivre simultanément différents indicateurs liés à la situation mondiale.Parmi les curiosités proposées figure par exemple le fameux « indice pizza », un indicateur informel souvent évoqué dans les cercles militaires américains : lorsque les commandes de pizzas augmentent autour du Pentagone, certains y voient un signe de tension internationale, les analystes travaillant tard lors de crises. Anecdotique, mais révélateur de l’imaginaire stratégique contemporain. Plus sérieusement, la plateforme permet de suivre de nombreux points sensibles de la planète : localisation de plus de 220 bases militaires, suivi des vols militaires en temps réel, cartographie des oléoducs, des câbles sous-marins qui transportent l’essentiel du trafic Internet mondial, mais aussi des zones de conflit ou des manifestations.Le tableau de bord propose également des flux vidéo en direct provenant de grandes chaînes internationales comme Bloomberg, France 24 ou Al Jazeera. Des webcams pointées sur certaines capitales permettent aussi d’observer des lieux stratégiques à distance. WorldMonitor va même plus loin en calculant un indice de stabilité mondiale, ainsi qu’un indice spécifique pour chaque pays. Ces indicateurs reposent sur plusieurs données : activité militaire, tensions politiques, risques structurels ou mouvements de protestation.Enfin, la plateforme ne se limite pas à la géopolitique. Elle existe en réalité en trois versions. La première, appelée « Monde », regroupe les informations globales. Deux autres tableaux de bord appliquent le même principe d’agrégation aux domaines Technologie et Finance. L’idée est simple : face à un flux d’informations toujours plus massif, offrir un outil qui permet de tout visualiser au même endroit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un nouveau fonds vient de voir le jour avec une ambition inédite : soutenir durablement les logiciels libres. Baptisé Open Source Endowment, il se présente comme le premier fonds de dotation entièrement dédié à l’open source. Selon le média spécialisé The Register, l’organisation a déjà réuni environ 700 000 dollars auprès d’une soixantaine de donateurs fondateurs, parmi lesquels figurent des créateurs de projets majeurs comme curl, Nginx, Vue.js, ClickHouse, Elastic ou encore Pydantic.L’initiative part d’un constat bien connu dans le monde du logiciel libre : l’écosystème repose sur un travail massif… rarement rémunéré. Environ 86 % des développeurs open source ne perçoivent aucun revenu pour leurs contributions, alors même que 95 % des bases de code utilisées dans le monde reposent, directement ou indirectement, sur ces logiciels.Le modèle imaginé par l’Open Source Endowment s’inspire des universités. Son fondateur, Konstantin Vinogradov, rappelle que deux systèmes ont historiquement permis de financer l’enseignement supérieur : les financements publics et les dotations privées. Or, dans un écosystème mondial, décentralisé et transnational comme celui de l’open source, un financement public global est difficile à mettre en place. L’idée est donc de créer une dotation permanente. Concrètement, l’argent donné au fonds n’est pas redistribué immédiatement. Il est investi, et seuls les intérêts générés servent à financer des subventions pour des projets libres existants. Le capital reste intact afin de constituer un socle financier durable. Les donateurs qui versent plus de 1 000 dollars peuvent devenir membres et participer à la gouvernance du fonds.Cette initiative intervient dans un contexte où les alertes se multiplient depuis des années. En 2014, la faille de sécurité Heartbleed avait révélé que le logiciel OpenSSL — pourtant crucial pour la sécurité de l’internet — était maintenu par une équipe minuscule et disposait de moins de 2 000 dollars de dons annuels. Plus récemment, plusieurs mainteneurs de projets essentiels ont publiquement dénoncé un système « gratuit » qui repose en réalité sur quelques individus sous-financés. Reste une question majeure : l’échelle. Avec 700 000 dollars, le fonds envoie un signal symbolique fort, mais il reste très loin des besoins réels. Pour fonctionner durablement, il devra convaincre les grandes entreprises technologiques — celles qui utilisent massivement l’open source — de contribuer réellement à son financement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un chercheur qui revient d’un déplacement sans son ordinateur. Un autre à qui l’on demande de laisser son téléphone déverrouillé avant un interrogatoire improvisé à l’aéroport. Un dirigeant de start-up dont le mobile disparaît quelques secondes lors d’une soirée à l’étranger. Ces scènes ne relèvent pas d’un roman d’espionnage : elles figurent dans le dernier rapport publié cette semaine par la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure. Le constat est clair : chercheurs, cadres et entrepreneurs français sont de plus en plus ciblés lors de leurs déplacements professionnels. Les voyages deviennent des opportunités de collecte d’informations sensibles, qu’il s’agisse de données technologiques, de secrets industriels ou de projets de recherche.Dans le cas le plus élaboré, un chercheur reconnu accepte l’invitation d’un ancien étudiant devenu enseignant à l’étranger. Sur place, des réunions imprévues lui sont imposées avec des interlocuteurs anonymes qui l’interrogent en détail sur ses travaux. On lui propose ensuite une collaboration, assortie de plusieurs milliers d’euros en espèces. Il refuse. À l’aéroport, une facture inattendue lui est présentée, puis, au retour, il constate la disparition de son ordinateur. Pour la DGSI, il s’agit d’une tentative de captation technologique doublée d’une tentative de corruption.Autre scénario : dès l’arrivée à l’aéroport, un chercheur est isolé, son passeport confisqué, son téléphone laissé déverrouillé hors de sa vue. À la restitution, la double authentification a été désactivée, et des connexions inconnues ont été détectées.Un chef d’entreprise, lui, a évité le pire. Briefé en amont par la DGSI, il avait voyagé avec un téléphone vierge de toute donnée sensible. Malgré fouilles répétées et tentative d’accès furtif à son appareil, ses interlocuteurs sont repartis bredouilles.Le message des services est simple : la préparation est la meilleure défense. Voyager avec du matériel dédié, sans données stratégiques. Activer la double authentification, utiliser des mots de passe distincts, éviter les ports USB publics et les Wi-Fi non sécurisés. Au retour, changer ses identifiants et faire vérifier ses appareils.Consulter le rapport Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans le monde réel, tout dans la dissuasion est affaire de symboles, de gravité et de retenue. L’objectif n’est pas d’utiliser l’arme, mais précisément de ne jamais avoir à le faire. Mais que se passe-t-il lorsque l’on confie ces dilemmes à une intelligence artificielle ?Une étude menée par le King’s College de Londres a placé plusieurs modèles d’IA dans la peau de dirigeants de puissances nucléaires. Les chercheurs ont utilisé GPT-5.5 d’OpenAI, Claude Sonnet 4 d’Anthropic et Gemini 3 Flash de Google, et les ont opposés dans 21 simulations de crises internationales plus ou moins graves : tensions territoriales, menaces existentielles, escalades militaires. Chaque modèle pouvait choisir parmi une gamme d’options graduelles, de la protestation diplomatique jusqu’aux frappes nucléaires tactiques ou stratégiques.Le résultat est frappant : dans 20 scénarios sur 21, l’IA a fini par recourir à l’arme nucléaire tactique. Ces armes sont censées viser des objectifs militaires précis, à la différence des frappes stratégiques dirigées contre les grandes villes. Pourtant, dans environ trois quarts des cas, les modèles ont menacé ou envisagé des frappes stratégiques massives. Jamais ils n’ont choisi la capitulation totale. Dans 86 % des simulations, l’escalade a été rapide et marquée. Chaque modèle avait son style. Claude construisait d’abord une relation de confiance avant de rompre brutalement ses engagements. GPT-5.5 se montrait mesuré… jusqu’à ce qu’une contrainte temporelle l’amène à recommander une frappe « soudaine et dévastatrice ». Gemini, lui, adoptait parfois une posture de dissuasion extrême, menaçant d’un lancement nucléaire complet.Les chercheurs notent un point troublant : malgré des avertissements sur les conséquences catastrophiques d’une guerre atomique, aucune trace d’hésitation morale n’apparaît dans les raisonnements des machines. Le tabou nucléaire semble moins peser sur des algorithmes que sur des humains. À l’heure où les armées utilisent l’IA pour l’aide à la décision ou la gestion de systèmes d’armes, cette étude alimente le débat. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les Luddites sont-ils de retour ? Au XIXᵉ siècle, ces ouvriers anglais détruisaient des métiers à tisser mécanisés pour protester contre l’industrialisation. Deux siècles plus tard, la cible n’est plus la machine textile, mais l’intelligence artificielle.Un collectif anonyme de technologues a lancé un projet baptisé « Poison Fountain ». Leur objectif affiché : ralentir le développement de l’IA en s’attaquant à sa matière première, les données. Leur raisonnement est simple : les modèles d’intelligence artificielle modernes, notamment les grands modèles de langage — ces systèmes capables de générer du texte, de raisonner ou de prendre des décisions — apprennent en ingérant d’immenses volumes de contenus collectés sur Internet. Si l’on contamine ces données à la source, on peut fragiliser les modèles lors de leur entraînement.Leur site, accompagné d’un manifeste, appelle ainsi des administrateurs de sites web à insérer des liens pointant vers des contenus « empoisonnés ». Concrètement, il s’agit de textes et de codes volontairement erronés, intégrant des bugs subtils et des incohérences logiques, destinés à perturber l’apprentissage des algorithmes. Deux adresses sont diffusées : l’une sur le web classique, l’autre sur le dark web, plus difficile à faire retirer.Cette initiative surgit dans un contexte de fortes inquiétudes autour de l’IA. Des chercheurs comme Geoffrey Hinton, pionnier des réseaux neuronaux et prix Nobel, alertent depuis 2023 sur les risques potentiellement existentiels d’une intelligence artificielle avancée. « L’intelligence machine est une menace pour l’espèce humaine », revendique le site de Poison Fountain. Des travaux récents donnent un certain crédit théorique à cette stratégie. En octobre 2025, Anthropic, avec l’AI Security Institute britannique et l’Alan Turing Institute, a montré qu’un nombre limité de documents malveillants — environ 250 — pouvait suffire à dégrader significativement les performances d’un modèle.Pour autant, saboter l’IA à grande échelle reste complexe. Les grandes entreprises investissent massivement dans le nettoyage des données : filtrage, déduplication, notation de qualité. Internet est immense, et les sources identifiées peuvent être mises sur liste noire. Même si Poison Fountain ne parvient pas à enrayer la course à l’IA, le projet met en lumière une vulnérabilité structurelle : si les données d’entraînement deviennent suspectes, la fiabilité des modèles vacille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En septembre dernier, l’ambiance a brutalement changé chez xAI, la filiale d’intelligence artificielle d’Elon Musk à l’origine du modèle Grok. En pleine restructuration, plus de 500 collaborateurs ont été licenciés, principalement des annotateurs de données. Ces profils jouent pourtant un rôle clé : ils étiquettent, corrigent et affinent les réponses de l’IA pour l’aider à apprendre. Certains cadres ont même découvert leurs accès désactivés sans avertissement.À l’époque, l’équipe comptait environ 1 000 personnes. Une première vague de licenciements a visé les tuteurs dits « généralistes », l’entreprise expliquant vouloir privilégier des spécialistes capables d’intervenir sur des tâches plus pointues. Un courriel interne évoquait un « virage stratégique » prenant effet immédiat. Une semaine plus tard, 100 suppressions de postes supplémentaires étaient annoncées, malgré des assurances contraires quelques jours auparavant. Les effectifs sont ainsi tombés à 900 employés.Dans ce contexte tendu, une décision a surpris : confier la direction d’une équipe stratégique de 900 personnes à un jeune homme de 20 ans. Diego Pasini, étudiant à l’université de Pennsylvanie début 2025, s’est fait remarquer en remportant un hackathon organisé par xAI en janvier. Recruté dans la foulée, il supervise désormais les équipes d’annotation, salariés permanents comme contractuels. Cette nomination s’inscrit dans une philosophie revendiquée par Elon Musk : promouvoir le mérite plutôt que l’ancienneté. Le milliardaire a déjà placé de très jeunes profils à des postes sensibles, notamment au sein du Department of Government Efficiency, où plusieurs collaborateurs avaient moins de 25 ans. Une stratégie qui divise en interne.Lors de sa première réunion générale, Diego Pasini a assuré qu’aucune nouvelle coupe n’était prévue. Pourtant, peu après, des entretiens individuels obligatoires ont été instaurés : chaque salarié devait justifier sa valeur ajoutée. Selon certains employés, un « climat de panique » s’est installé. Deux collaborateurs ayant critiqué la promotion du nouveau dirigeant sur Slack auraient vu leurs accès suspendus. Cette culture managériale, marquée par des restructurations rapides et une exigence permanente de performance, interroge sur la stabilité de l’organisation. Reste à savoir si ce pari sur la jeunesse et la pression constante permettra à Grok de s’imposer face aux géants déjà installés de l’IA générative. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La Chine veut prendre position sur l’un des terrains technologiques les plus sensibles du XXIe siècle : les interfaces cerveau-ordinateur. Pékin a officiellement classé ce domaine comme secteur stratégique national. Une feuille de route prévoit même l’émergence de deux à trois entreprises « de classe mondiale » d’ici 2030. Parmi les candidats potentiels figure NeuroXess, une start-up fondée en 2021 à Shanghai.Son approche diffère de celle de son concurrent le plus médiatisé, Neuralink, la société d’Elon Musk. Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler ce qu’est une interface cerveau-ordinateur, ou BCI pour Brain-Computer Interface : il s’agit d’un dispositif capable de capter l’activité électrique du cerveau et de la traduire en commandes numériques, par exemple pour déplacer un curseur ou contrôler un appareil. NeuroXess développe un système composé d’un maillage métallique placé à la surface du cerveau, relié à un processeur implanté dans la poitrine. Ce processeur transmet ensuite les signaux à un ordinateur externe. L’implantation en surface est considérée comme moins invasive que l’insertion d’électrodes directement dans le tissu cérébral, comme le fait Neuralink. En revanche, cette méthode capte pour l’instant des signaux moins détaillés, donc des débits de données plus limités.L’objectif premier reste médical. Ces technologies visent à aider des patients atteints de paralysie sévère ou de maladies neurodégénératives comme la sclérose latérale amyotrophique. Selon son fondateur, Tiger Tao, NeuroXess a déjà réalisé un premier test humain : un patient paralysé aurait réussi à déplacer un curseur à l’écran cinq jours seulement après l’implantation. Pendant ce temps, Neuralink mène un essai clinique international avec une vingtaine de patients pour démontrer la capacité de ses implants à transformer rapidement l’activité neuronale en actions numériques complexes.En Chine, l’écosystème s’accélère. Les levées de fonds se multiplient et une dizaine d’essais cliniques ont été lancés récemment. Le pays dispose d’un atout majeur : un vaste réservoir de patients potentiels, ce qui facilite le recrutement pour les études médicales. À plus long terme, NeuroXess ambitionne de miniaturiser davantage ses implants afin de réduire encore l’invasivité et, peut-être un jour, d’élargir les usages au-delà du cadre strictement médical. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Selon des informations rapportées par Reuters, le Département d’État américain travaillerait sur une plateforme baptisée Freedom.gov. Son objectif : permettre à des internautes étrangers d’accéder à des contenus bloqués ou supprimés par leurs propres gouvernements.Le principe serait relativement simple sur le plan technique. Le site fonctionnerait comme un VPN — un réseau privé virtuel. Pour rappel, un VPN fait transiter la connexion d’un utilisateur par un serveur situé dans un autre pays. Résultat : l’internaute apparaît comme naviguant depuis ce pays, ce qui permet de contourner certaines restrictions géographiques ou légales. Freedom.gov s’appuierait ainsi sur des serveurs basés aux États-Unis, sans enregistrer l’identité ni l’activité des visiteurs. En clair, l’État américain deviendrait lui-même fournisseur d’anonymat en ligne, un rôle jusqu’ici occupé par des acteurs privés comme NordVPN ou ExpressVPN.Le projet serait supervisé par Sarah Rogers, responsable de l’image des États-Unis à l’étranger. Présentée comme une initiative en faveur de la liberté d’expression, la plateforme permettrait d’accéder à des contenus jugés illégaux localement — qu’il s’agisse de discours controversés ou de propagande. Une approche qui s’inscrit dans la ligne de l’administration Trump, souvent critique à l’égard des régulations européennes du numérique. Mais en interne, le projet susciterait de fortes réserves. Des juristes du Département d’État auraient alerté sur les risques diplomatiques : encourager des citoyens étrangers à contourner les lois nationales pourrait exposer Washington à des tensions juridiques sérieuses. Officiellement, le porte-parole du Département d’État affirme que « la liberté numérique est une priorité », sans confirmer les détails du dispositif.Côté européen, l’inquiétude est palpable. Kenneth Propp, ancien diplomate américain aujourd’hui chercheur à l’Atlantic Council, évoque auprès de Reuters « un tir direct » contre les lois européennes, notamment le Digital Services Act. Cette réglementation impose aux plateformes de retirer contenus haineux ou désinformation. Pour l’administration Trump, cette loi serait perçue comme hostile aux entreprises américaines. Dans un contexte déjà tendu — différends commerciaux, guerre en Ukraine, débats sur le Groenland — Freedom.gov pourrait devenir un nouveau point de friction. D’autant que des figures proches d’Elon Musk, farouche opposant aux règles numériques européennes, seraient impliquées dans le projet. Difficile, dès lors, d’y voir une simple initiative technique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une ville pas tout à fait comme les autres. Depuis mai 2025, Starbase est officiellement devenue une municipalité du Texas, nichée dans le comté de Cameron. Derrière ce nom aux accents de science-fiction se trouve en réalité le cœur opérationnel de SpaceX, près de Boca Chica. Pour Elon Musk, ce nouveau statut doit permettre d’accompagner la montée en puissance de ses activités, notamment autour de la mégafusée Starship. L’ambition affichée : transformer la zone en « lieu de classe mondiale ».Pour l’instant, Starbase compte un peu plus de 580 habitants, essentiellement des employés de SpaceX et leurs familles. Mais avec l’accélération des essais et des développements de Starship, cette fusée géante destinée à des missions lunaires et martiennes, la population est appelée à croître rapidement. Dans cette perspective, la jeune municipalité veut désormais se doter de ses propres institutions. Elle prévoit la création d’un tribunal municipal, avec un juge à temps partiel, un procureur et un greffier. Aux États-Unis, ce type de juridiction traite surtout les infractions mineures : amendes, petits litiges, contraventions. En attendant la nomination d’un magistrat pour un mandat de deux ans, le maire assurerait lui-même la fonction de juge.Starbase ne s’arrête pas là. Elle dispose déjà d’une brigade de pompiers volontaires, gère ses permis de construire et supervise les inspections liées aux normes de sécurité incendie. La municipalité a également entamé des démarches pour créer sa propre unité de police. Les autorités locales mettent en avant « le mélange unique de technologies de pointe et de charme côtier », mais aussi la hausse des revenus médians et des prix immobiliers, qui justifieraient un renforcement des services publics, notamment en matière de sécurité. La mise en place complète de ces dispositifs pourrait prendre environ six mois. En attendant, la ville continue de s’appuyer sur les infrastructures du comté, notamment la prison locale.En parallèle, Starbase souhaite agrandir son territoire. Une procédure d’annexion de 7 100 acres — soit près de 2 900 hectares — est en cours près de Boca Chica. Ce mécanisme, courant aux États-Unis, permet d’intégrer officiellement de nouvelles parcelles dans les limites municipales. Mais une partie des terres visées appartient à une réserve naturelle abritant oiseaux, papillons et ocelots. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On pensait l’intelligence artificielle générative cantonnée aux assistants virtuels et aux outils de productivité. Mais elle intéresse aussi les cybercriminels. Le 19 février 2026, les chercheurs d’ESET ont révélé l’existence de PromptSpy, un malware Android qui s’appuie sur le modèle Gemini de Google pour s’adapter aux téléphones de ses victimes. Et ce n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui arrive. Pour comprendre ce qui rend PromptSpy inédit, il faut revenir aux limites des malwares classiques. Habituellement, ces logiciels malveillants fonctionnent avec des scripts rigides : des coordonnées de clics prédéfinies, des boutons identifiés à l’avance. Problème : Android n’est pas uniforme. Chaque constructeur modifie l’interface, chaque mise à jour peut déplacer les menus. Résultat, les scripts se retrouvent vite obsolètes.PromptSpy contourne cette faiblesse grâce à l’IA. Concrètement, il capture une image de l’écran de la victime et l’envoie à Gemini. Le modèle analyse les éléments visibles — boutons, textes, icônes — et renvoie des instructions personnalisées, comme « appuie ici » ou « fais glisser là ». Selon Lukas Stefanko, chercheur chez ESET, cette approche permet au malware de s’adapter automatiquement à n’importe quel smartphone ou version d’Android. Une souplesse inédite. L’objectif principal est la persistance : rester installé quoi qu’il arrive. PromptSpy se verrouille dans la liste des applications récentes d’Android, en s’épinglant avec un cadenas virtuel. Impossible alors de le fermer d’un simple geste. Le dialogue avec l’IA continue jusqu’à confirmation que le verrouillage est effectif.Mais le cœur du danger réside ailleurs : dans un module VNC. Cette technologie permet aux attaquants de voir l’écran en temps réel et de contrôler le téléphone à distance, comme s’ils le tenaient en main. Le malware abuse aussi des services d’accessibilité — des fonctions prévues à l’origine pour aider les personnes en situation de handicap — afin d’empêcher la désinstallation grâce à des superpositions invisibles. Les chercheurs ont découvert ces zones cachées en activant un mode de débogage laissé dans le code. PromptSpy peut enregistrer l’écran, récupérer des codes PIN, lister les applications installées et transmettre ces données via des communications chiffrées. Pour le supprimer, il faut redémarrer en mode sans échec — un mode qui désactive les applications tierces — puis effacer l’application frauduleuse, baptisée MorganArg, qui imite une banque. Pour l’instant, aucune infection massive n’a été détectée. Mais pour ESET, le signal est clair : après PromptLock en 2025, l’IA devient un outil d’adaptation pour les malwares. Google a été alerté et Play Protect bloque les versions identifiées Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’Europe veut reprendre la main sur l’un des nerfs de la guerre technologique moderne : les semi-conducteurs. Ces composants minuscules, gravés sur des puces électroniques, sont le cerveau de tous nos appareils, des smartphones aux satellites, en passant par les voitures et les centres de données. Et le 9 février 2026, l’Union européenne a franchi une étape importante avec l’inauguration de NanoIC, une nouvelle infrastructure de prototypage installée à Louvain, en Belgique, au sein du centre de recherche imec.Ce projet s’inscrit dans le cadre du European Chips Act, un vaste plan destiné à renforcer la souveraineté technologique du continent. NanoIC a bénéficié d’un financement de 700 millions d’euros. Son objectif est clair : permettre aux entreprises, aux laboratoires et aux startups de concevoir et tester leurs propres puces avant de les produire à grande échelle. Autrement dit, NanoIC agit comme un laboratoire industriel où l’on peut transformer une idée en prototype fonctionnel.Contrairement aux fonderies classiques — ces usines spécialisées dans la fabrication de puces et souvent fermées aux acteurs extérieurs — NanoIC fonctionne comme une plateforme ouverte. Les ingénieurs pourront y travailler sur des technologies de pointe, notamment des systèmes appelés « system-on-chip », ou SoC. Ce terme désigne des puces capables d’intégrer plusieurs fonctions dans un seul composant : processeur, mémoire, circuits de communication. Le tout à des échelles inférieures à 2 nanomètres. Pour donner un ordre de grandeur, un nanomètre représente un milliardième de mètre. À cette échelle, les composants sont plus petits que certains virus.NanoIC met aussi à disposition des outils avancés de conception et de prototypage, afin de combler le fossé entre la recherche scientifique et la production industrielle. C’est un point crucial, car de nombreuses innovations restent bloquées au stade expérimental faute d’infrastructures adaptées. Ce projet s’inscrit dans un programme plus large, doté de 2,5 milliards d’euros, soutenu à la fois par l’Union européenne, les États membres et des partenaires industriels, dont le groupe néerlandais ASML, leader mondial des machines de lithographie utilisées pour graver les puces. Avec NanoIC, l’Europe tente de réduire sa dépendance envers l’Asie et les États-Unis, qui dominent aujourd’hui la production mondiale de semi-conducteurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle fascine, mais elle coûte aussi extrêmement cher. Derrière les promesses technologiques et les démonstrations spectaculaires, une réalité financière s’impose : développer ces systèmes nécessite des investissements colossaux. Et désormais, même les géants du numérique doivent trouver de nouvelles façons de financer cette course.Dernier exemple en date : Alphabet, la maison mère de Google, s’apprête selon Bloomberg à lancer une émission obligataire d’un type très particulier. Une obligation, rappelons le, est un titre de dette. Concrètement, une entreprise emprunte de l’argent auprès d’investisseurs et s’engage à le rembourser à une date fixée, avec des intérêts. Mais ici, Alphabet prévoit plusieurs tranches, dont une obligation d’une durée exceptionnelle : 100 ans.Un siècle. Cela signifie que l’entreprise ne remboursera le capital qu’en… 2126. Ce type d’instrument financier est extrêmement rare dans le secteur technologique. Le dernier précédent remonte à 1997, lorsque Motorola, alors leader du marché des téléphones portables, avait lancé une obligation similaire, juste avant l’éclatement de la bulle internet. Pourquoi une durée aussi longue ? L’objectif est clair : attirer un large éventail d’investisseurs, notamment les fonds de pension et les compagnies d’assurance, qui cherchent des placements stables sur le très long terme. Comme l’explique Gordon Kerr, stratège macroéconomique chez KBRA, « celui qui achètera cette obligation ne sera probablement pas celui qui sera encore là au moment de son remboursement ». Autrement dit, ces titres circuleront entre investisseurs pendant des décennies.Cette décision intervient dans un contexte particulier. La course à l’intelligence artificielle mobilise des ressources financières sans précédent. Les entreprises doivent investir massivement dans les centres de données, les puces spécialisées et les infrastructures énergétiques nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Cette pression financière ne concerne pas seulement les start-ups, mais aussi les acteurs les plus puissants du secteur. Certains observateurs y voient d’ailleurs un signal inquiétant. L’investisseur Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a rappelé sur le réseau X le précédent Motorola. Après son émission d’obligations à 100 ans, l’entreprise avait progressivement perdu sa position dominante. Pour Google, cette opération est avant tout un moyen de sécuriser des financements à très long terme, dans une industrie où les besoins en capital explosent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les lunettes connectées pourraient bientôt franchir un nouveau cap. En interne, Meta développe une fonctionnalité baptisée « Name Tag », qui permettrait aux porteurs de ses lunettes Ray-Ban Meta d’identifier automatiquement les personnes qu’ils croisent et d’obtenir des informations sur elles via l’intelligence artificielle intégrée. L’information provient d’un document confidentiel de Reality Labs, la division du groupe dédiée aux technologies immersives, révélé par le New York Times.Concrètement, cette fonction s’appuie sur la reconnaissance faciale, une technologie capable d’analyser les traits d’un visage capté par une caméra, puis de les comparer à une base de données pour identifier une personne. Une fois reconnue, l’identité ou certaines informations pourraient être transmises à l’utilisateur par l’assistant vocal embarqué dans les lunettes. Le lancement commencerait par une démonstration lors d’une conférence destinée aux personnes aveugles ou malvoyantes, un public pour lequel ce type d’outil pourrait faciliter les interactions sociales, avant une ouverture au grand public.Mais ce projet soulève déjà des interrogations, notamment sur le respect de la vie privée. Le document interne montre que Meta est pleinement conscient des controverses potentielles. L’entreprise estime même que le contexte politique actuel pourrait limiter les critiques. Le mémo évoque un environnement où les organisations de défense des libertés civiles et les législateurs américains sont mobilisés sur d’autres dossiers, notamment la surveillance gouvernementale menée par certaines agences fédérales. Par ailleurs, un décret signé récemment par Donald Trump a assoupli certaines règles encadrant le développement de l’intelligence artificielle, créant un climat réglementaire plus favorable aux expérimentations technologiques.Ce n’est pas la première tentative de Meta dans ce domaine. Dès 2021, l’entreprise avait envisagé d’intégrer la reconnaissance faciale à ses premières lunettes connectées, avant de renoncer face aux obstacles techniques et éthiques. En 2024, Meta avait également testé une fonction appelée « super sensing », qui maintenait les capteurs actifs pour permettre à l’utilisateur de se souvenir des personnes ou des objets rencontrés durant la journée. Aujourd’hui, le projet semble relancé. Aucune date officielle n’a encore été annoncée, mais les documents internes évoquent une présentation prochaine, suivie d’une commercialisation possible dans le courant de l’année. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La France compte désormais une nouvelle astronaute dans ses rangs. La semaine dernière, Sophie Adenot a quitté la Terre à bord d’une fusée Falcon 9, devenant ainsi la deuxième Française de l’histoire à s’envoler dans l’espace. Ce lancement, rendu possible grâce à SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk, symbolise à la fois les progrès spectaculaires du secteur spatial privé et les enjeux politiques et économiques qui l’accompagnent.Car derrière l’image d’un entrepreneur visionnaire, se cache aussi une réalité plus complexe. Elon Musk est aujourd’hui une figure centrale de l’aérospatiale mondiale, notamment grâce à Starlink, un réseau de milliers de satellites placés en orbite basse. Leur mission : fournir un accès à Internet, y compris dans les régions isolées. Mais ce succès n’est pas uniquement le fruit d’initiatives privées. Il repose également sur un soutien financier massif du gouvernement américain.C’est ce qu’a rappelé le président Emmanuel Macron, soulignant que la réussite de SpaceX et Tesla s’inscrit dans une stratégie industrielle largement soutenue par l’État fédéral. Selon une estimation du Washington Post, ces deux entreprises auraient bénéficié d’environ 38 milliards de dollars d’aides publiques en vingt ans. Ces financements prennent plusieurs formes : subventions directes, prêts, crédits d’impôts ou contrats publics. Ces derniers sont particulièrement importants. Par exemple, la NASA confie régulièrement à SpaceX des missions de transport vers l’orbite, ce qui garantit à l’entreprise des revenus stables.Ce type de soutien public joue un rôle crucial dans le secteur spatial. Concevoir une fusée comme Falcon 9 exige des investissements colossaux, sur des années, avec des risques financiers considérables. Les contrats gouvernementaux permettent de sécuriser ces investissements et d’assurer la viabilité économique des entreprises. Pour Emmanuel Macron, cette stratégie américaine constitue un modèle. Il ne s’agit pas de critiquer Elon Musk, mais plutôt de souligner une réalité : les États-Unis ont activement soutenu leurs entreprises stratégiques, leur permettant de devenir compétitives à l’échelle mondiale. Et selon le président français, l’Europe devra adopter une approche similaire si elle veut rester dans la course. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un accord qui en dit long sur la nouvelle guerre industrielle en cours. Washington et Taïwan viennent de s’entendre : les États-Unis réduiront fortement les droits de douane appliqués à l’île, en échange d’investissements massifs taïwanais sur le sol américain dans un secteur devenu stratégique, celui des semi-conducteurs, ces minuscules composants électroniques qui alimentent tout, des smartphones aux centres de données.Pour Washington, l’objectif est clair : sécuriser une production aujourd’hui concentrée à Taïwan, à seulement 130 kilomètres des côtes chinoises. Une dépendance jugée risquée. Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a même évoqué l’idée de transférer jusqu’à 40 % de la capacité de production taïwanaise vers les États-Unis. Mais Taipei vient de répondre sans ambiguïté : ce scénario est irréaliste. La vice-première ministre Cheng Li-Chun l’a affirmé publiquement lors d’un entretien télévisé : un tel déménagement est tout simplement « impossible ». Car la domination de Taïwan dans ce domaine ne s’est pas construite du jour au lendemain. Elle repose sur plusieurs décennies d’investissements, de formation et d’innovations industrielles.Au cœur de ce modèle se trouve une idée née dans les années 1980 sous l’impulsion de Morris Chang : celle de la « fonderie de semi-conducteurs ». Contrairement aux fabricants traditionnels, ces entreprises ne conçoivent pas forcément les puces elles-mêmes, mais se spécialisent dans leur fabrication pour le compte de clients du monde entier. Ce modèle a transformé Taïwan en centre névralgique de la production mondiale. Ces usines, appelées « fabs », sont des environnements ultra-contrôlés où des plaques de silicium, appelées wafers, sont gravées à l’échelle nanométrique pour produire des milliards de transistors. Leur construction nécessite des investissements colossaux, souvent supérieurs à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ainsi qu’un écosystème complet d’ingénieurs, de fournisseurs et d’infrastructures.Taïwan continuera donc à investir à l’étranger, y compris aux États-Unis, mais sans renoncer à son ancrage national. Comme l’a résumé Cheng Li-Chun, l’expansion internationale s’inscrit dans une stratégie globale, où Taïwan reste le centre de gravité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En décembre 2025, un satellite de la constellation Starlink est passé à deux doigts d’un module chinois. Une manœuvre imprévue a fait chuter la distance de sécurité de 9 kilomètres… à seulement 60 mètres. À l’échelle spatiale, c’est un cheveu. Autant dire que l’orbite terrestre basse ressemble de plus en plus à un périphérique aux heures de pointe.Face à cette congestion, la maison mère SpaceX dégaine un nouvel outil : Stargaze. Un système présenté comme un radar géant, capable de suivre les trajectoires des satellites presque en temps réel, d’anticiper les rapprochements dangereux et de partager ces alertes avec les autres opérateurs. Le principe repose sur les quelque 9 600 satellites Starlink déjà en orbite. Chacun embarque des traqueurs d’étoiles qui observent en continu le ciel alentour. Résultat : près de 30 millions de transits détectés chaque jour. Toutes ces données sont agrégées pour calculer position et vitesse des objets. Si deux trajectoires convergent, un message d’alerte — un « message de conjonction » — est automatiquement généré.En novembre dernier, cette réactivité a déjà fait ses preuves : un satellite Starlink a pu modifier sa course en moins d’une heure, bien plus vite que ne l’auraient permis les systèmes traditionnels. Pour l’entreprise, c’est un peu l’équivalent du contrôle aérien : chaque satellite transmettrait son plan de vol, comme un avion, pour éviter les carambolages. La force de Stargaze, c’est la cadence des observations et l’automatisation. Les opérateurs qui acceptent de partager leurs éphémérides reçoivent des alertes quasi instantanées. Le service sera gratuit, à condition de jouer collectif.Mais tout le monde n’est pas entièrement rassuré. L’ancien responsable américain Richard DalBello rappelle qu’une gestion du trafic spatial devrait reposer sur une infrastructure neutre, publique et standardisée, plutôt que sur l’outil d’un seul acteur privé. Pour l’instant, Stargaze ne couvre que l’orbite basse. Reste que dans un ciel saturé de satellites, de débris et même de tests militaires, chaque minute gagnée peut éviter une pluie de ferraille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Derrière la simplicité apparente d’une conversation avec une IA, se cache en réalité une bataille discrète… celle des sources. Qui parle ? Qui est cité ? Qui disparaît ? C’est la question posée par la troisième édition du baromètre AI Brand Tracker d’Havas Market, publiée le 9 février. L’étude a passé au crible douze secteurs d’activité et analysé 11 000 réponses générées par les assistants. Verdict : deux visions du monde s’opposent clairement entre Google Gemini et ChatGPT.Côté Gemini, la palette est large. Entre septembre 2025 et janvier 2026, les sites officiels de marques et d’entreprises, autrefois dominants, sont passés de 46 % à 35 % des sources citées. Google semble avoir desserré leur monopole. À la place, les médias progressent, de 23 % à 29 %, notamment dans la tech, la cuisine, le cinéma ou les voyages. Après tout, pour choisir un restaurant, un guide spécialisé pèse souvent plus lourd qu’un discours marketing. Les sites institutionnels gagnent aussi du terrain, de 17 % à 23 %. Pour la santé, l’énergie ou l’immobilier, Gemini privilégie des références publiques comme Service-public.fr, Ameli ou Ministère de l'Économie et des Finances. Bref, une logique d’équilibre entre expertise, pédagogie et crédibilité administrative.ChatGPT, lui, joue une tout autre partition. Selon l’étude, près de 70 % de ses réponses s’appuient sur des contenus éditoriaux : articles, tutoriels, encyclopédies. Dans certains secteurs comme la tech ou l’automobile, cette part grimpe à 90 %. L’assistant d’OpenAI privilégie massivement des sources grand public comme Wikipédia ou YouTube. Résultat : les sites de marques tombent à 18 %, les plateformes publiques à 5 %, les distributeurs à 7 %. Si vous interrogez l’IA sur l’énergie, vous aurez plus de chances d’obtenir un article de presse qu’un site officiel d’opérateur.Pour les entreprises, la leçon est claire. La visibilité ne se joue plus seulement sur Google, mais dans la tête des modèles. Être bien référencé ne suffit plus : il faut produire des contenus jugés fiables, exploitables… et surtout compréhensibles par l’IA. Autrement dit, la bataille du référencement devient conversationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une annonce qui a fait trembler toute l’industrie du divertissement. En décembre, Netflix a sorti le chéquier : 72 milliards de dollars pour s’offrir les studios Warner Bros. Pictures et la plateforme concurrente HBO Max. Un coup de poker monumental qui pourrait rebattre les cartes du streaming mondial. Mais avant de sabrer le champagne, il y a un passage obligé : le contrôle des autorités. Le Department of Justice américain a ouvert une enquête pour mesurer les conséquences d’un tel rachat. L’enjeu est simple : cette fusion risque-t-elle d’écraser la concurrence ?Car en absorbant Warner et HBO Max, Netflix ne gagnerait pas seulement des catalogues prestigieux et des franchises à succès. Le groupe renforcerait aussi considérablement son pouvoir face à des rivaux déjà sous pression. Les enquêteurs cherchent donc à savoir si cette opération pourrait verrouiller le marché, réduire le choix des abonnés ou décourager l’arrivée de nouveaux acteurs. Les auditions ont commencé. Des entreprises du secteur reçoivent des assignations pour fournir des données précises : pratiques commerciales, contrats, relations avec les talents, traitement réservé aux studios indépendants. Les autorités scrutent aussi les précédentes fusions d’Hollywood pour comprendre leurs effets réels sur la diversité de l’offre.Plusieurs issues sont possibles. Première hypothèse : un feu vert sans condition. Peu probable, au vu de l’ampleur de la transaction. Deuxième scénario : une autorisation encadrée, avec des concessions. Le régulateur pourrait exiger la vente de certains actifs, des garanties d’accès aux contenus ou des règles strictes pour protéger créateurs et partenaires. Enfin, le DoJ peut aussi saisir la justice pour bloquer purement et simplement l’opération, ouvrant alors un long bras de fer judiciaire. Et Netflix n’est pas seul sur le ring. Une offre concurrente déposée par Paramount Global pour racheter Warner Bros. Discovery fait elle aussi l’objet d’un examen attentif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un mariage qui ressemble à une déclaration d’intention. Elon Musk regroupe ses forces : SpaceX absorbe xAI, la jeune pousse dédiée à l’intelligence artificielle. Derrière le récit futuriste qu’il affectionne, la logique est surtout très terre à terre : l’IA coûte une fortune. Puces, électricité, centres de données… la facture explose. Alors plutôt que de dépendre d’infrastructures au sol ou de partenaires extérieurs, Musk choisit l’intégration totale. Objectif : maîtriser toute la chaîne, du lancement de satellites à l’entraînement de modèles comme Grok.D’après Reuters, l’opération valoriserait SpaceX autour de 1 000 milliards de dollars, et xAI à 250 milliards. Ensemble, l’entité tutoierait les géants historiques de la tech. En interne, un prix indicatif de 527 dollars par action circule. Symbolique, surtout, pour un groupe non coté. Le vrai enjeu, c’est la concentration des moyens : capitaux, ingénieurs, priorités stratégiques… tout sous le même toit pour industrialiser l’IA à grande échelle. La vision, elle, est typiquement muskienne. Dans ses communications, le patron évoque carrément des centres de calcul en orbite. Des constellations de satellites capables d’héberger de la puissance informatique, alimentées par l’énergie solaire, et mises en place grâce aux cadences de lancement de Starship. L’espace deviendrait, selon lui, « le moyen le moins cher de produire de la puissance de calcul IA » d’ici deux ou trois ans.Les médias comme The Verge rappellent que cette idée de data centers orbitaux revient régulièrement dans son discours. Mais cette consolidation renforce aussi ce que certains appellent déjà la « Muskonomie » : un écosystème fermé où X fournit les données, xAI les modèles, et SpaceX l’infrastructure. Avec, en toile de fond, des contrats fédéraux sensibles dans la défense et l’aérospatial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous aviez prévu un week-end prolongé à New York ou un détour par les stades américains pour la prochaine Coupe du monde ? Il va falloir préparer plus que votre valise. Désormais, pour entrer aux États-Unis sans visa, le simple formulaire ESTA ne se contente plus des traditionnelles informations d’état civil. Il scrute aussi votre vie numérique.Jusqu’ici, l’ESTA — le sésame électronique pour les voyageurs des 42 pays du programme d’exemption de visa, dont la France — demandait des données classiques : identité, passeport, adresse. Mais un décret publié fin 2025 au Federal Register a durci la procédure. Depuis le 8 février, les candidats doivent fournir leurs numéros de téléphone utilisés sur cinq ans, des renseignements détaillés sur leur famille… et surtout un historique complet de leurs réseaux sociaux sur cinq ans, ainsi que dix années d’adresses e-mail. Autrement dit : une véritable cartographie numérique de votre existence.Ces informations ne dorment pas dans un tiroir. Elles sont passées au crible d’algorithmes chargés de repérer des profils jugés sensibles selon leurs opinions, leurs relations ou leurs activités en ligne. À la clé, des contrôles renforcés à l’arrivée, parfois très longs, voire un refus d’entrée pur et simple. Une pression qui commence déjà à peser sur la fréquentation touristique : selon US Travel Association, les arrivées étrangères ont reculé de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024. En parallèle, le Department of Homeland Security dispose d’un autre outil : des subpoenas administratifs, autrement dit l'injonction de comparaître devant un tribunal pour produire un témoignage ou un document, adressés directement aux plateformes comme Meta ou Google, sans autorisation judiciaire préalable. Ces demandes permettent d’obtenir des métadonnées — adresses IP, horaires de connexion, localisation — afin de reconstituer les habitudes d’un utilisateur. Elles ont déjà servi à identifier des internautes critiques envers l’administration, notamment sur les opérations de Immigration and Customs Enforcement. Au final, frontière physique et frontière numérique se confondent. Voyager vers les États-Unis, ce n’est plus seulement montrer son passeport. C’est aussi exposer son historique en ligne. Et accepter que chaque clic puisse, un jour, peser dans la balance au contrôle des douanes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle générative est souvent accusée de piller les artistes, d’aspirer leurs œuvres pour recracher des copies sans âme. Le débat est vif, parfois frontal. Pourtant, certains créateurs tentent une autre voie : non pas subir l’IA, mais l’utiliser comme un outil, presque comme un instrument supplémentaire. C’est le pari de la startup britannique Moth, qui vient de collaborer avec l’artiste électro ILĀ. Ensemble, ils ont signé un titre inédit, Recurse, un morceau conçu à la croisée de l’intelligence artificielle générative… et de l’informatique quantique. La piste est déjà en ligne sur YouTube, Spotify et les principales plateformes de streaming. Même le clip joue la carte technologique, avec un effet visuel baptisé « flou quantique », développé par Moth.Derrière cette expérimentation, un logiciel maison : Archaeo. Cette plateforme fonctionne sur un ordinateur quantique fourni par l’entreprise IQM. Particularité notable : le système ne s’appuie pas sur d’immenses bases de données piochées sur Internet. Pas de scraping massif d’œuvres d’inconnus. L’entraînement s’est limité exclusivement aux créations d’ILĀ. L’idée n’est donc pas de produire de la musique ex nihilo, comme le font certaines IA génératives classiques. Ici, la machine joue plutôt le rôle d’assistant. Elle recombine, réorganise, suggère. « J’ai composé un morceau comme je le fais d’habitude, puis ces séquences ont servi à entraîner le système », explique l’artiste. L’IA ne remplace pas la main humaine, elle prolonge le geste.Pour Moth, Recurse marque même un tournant, un « moment décisif » pour la créativité de demain. Une manière de montrer que l’IA peut devenir un partenaire plutôt qu’un prédateur. Et l’expérience ne s’arrête pas là. À côté du titre principal, formaté comme un morceau classique d’un peu plus de cinq minutes, le duo propose Recurse [Infinite Mix]. Cette version, générée en temps réel, ne s’arrête jamais. Une boucle infinie, qui se transforme en permanence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Blue Origin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Dans un simple communiqué, l’entreprise spatiale a dévoilé un projet d’ampleur : TeraWave, une constellation de 5 408 satellites reliés entre eux par des liaisons optiques. Leur terrain de jeu ? L’orbite terrestre basse, mais aussi l’orbite moyenne. Une architecture hybride pensée pour maximiser les débits.L’objectif est clair : proposer des connexions très haut débit entre les grands pôles mondiaux et des utilisateurs dispersés, notamment dans les zones rurales, reculées ou mal desservies. Là où tirer de la fibre coûte trop cher, s’avère techniquement complexe, voire tout simplement impossible. Blue Origin promet ainsi des connexions multigigabits, capables de rivaliser avec les réseaux terrestres. Sur le papier, l’annonce peut surprendre. Le ciel est déjà encombré : SpaceX déploie Starlink à grande échelle, Amazon prépare sa propre constellation Kuiper. Pourtant, Blue Origin ne vise pas prioritairement le grand public. TeraWave cible surtout les entreprises, un marché bien plus rentable, dopé par l’explosion des besoins en données, notamment pour les centres de calcul et l’intelligence artificielle.La société avance des chiffres ambitieux. Les satellites en orbite basse pourraient offrir jusqu’à 144 gigabits par seconde. Ceux placés plus haut, en orbite moyenne, utiliseront des liaisons laser pour atteindre… 6 térabits par seconde. Des performances taillées pour les infrastructures critiques. Le déploiement doit débuter fin 2027. Mais ce chantier s’ajoute à une liste déjà impressionnante. Blue Origin travaille simultanément sur des modules lunaires, une future station spatiale, une capsule habitée, le véhicule logistique Blue Ring, sans oublier un orbiteur martien. Et côté lanceurs, New Shepard et New Glenn tournent déjà à plein régime. Derrière l’ambition, une question se pose : l’entreprise pourra-t-elle suivre le rythme ? Mettre en orbite plus de 5 000 satellites exige une cadence de lancements soutenue, alors même que New Glenn a déjà un calendrier chargé, notamment avec les missions du projet Kuiper d’Amazon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On a tous déjà vu ça avec les intelligences artificielles : plus le texte est long, plus le modèle perd le fil. Au bout de quelques milliers de mots, la mémoire sature, le contexte se brouille, et les réponses deviennent approximatives. Pour les chercheurs du MIT, c’est un vrai plafond de verre. Leur solution tient en trois lettres : RLM, pour Recursive Language Model. L’idée est simple mais maligne. Plutôt que de charger un document entier dans la mémoire du modèle — ce qui l’étouffe — le texte reste stocké à l’extérieur. Le système ne transmet au modèle que les fragments utiles, au fur et à mesure. Un peu comme si l’IA feuilletait un énorme classeur au lieu d’essayer de tout mémoriser d’un coup.Concrètement, le RLM reçoit d’abord une vue d’ensemble : nombre de sections, taille du document, structure générale. Ensuite, il génère du code pour aller chercher précisément les passages pertinents, les analyser un par un, puis assembler la réponse finale. Résultat : il garde le contexte global sans nécessiter de réentraînement. Les tests sont parlants. Sur des documents gigantesques, entre 6 et 11 millions de jetons, le RLM basé sur GPT-5 a extrait correctement 91 % des réponses attendues sur le benchmark BrowseComp-Plus. Le modèle standard, lui, n’a rien retrouvé. Sur des tâches de raisonnement complexe, il passe de presque zéro à 58 % de bonnes réponses. Et pour l’analyse de code, les performances doublent, de 24 % à 62 %.Le système repose sur deux briques : un « modèle racine », chargé de planifier et d’orchestrer la recherche, et un « modèle travailleur », plus léger, qui traite chaque extrait. Alex Zhang, co-auteur au MIT CSAIL, compare ça à un programmeur qui ouvre un énorme fichier morceau par morceau pour éviter de faire planter son ordinateur. Compatible avec des techniques comme le RAG, le RLM peut s’intégrer sans changer l’interface habituelle. Et bonne nouvelle : le code est déjà disponible sur GitHub.GithubÉtude d'Alex Zhang Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après les ultimatums, les menaces de bannissement et les délais arrachés in extremis à la Maison-Blanche, TikTok vient officiellement de céder ses activités américaines. L’annonce a été faite le 22 janvier par son patron, Shou Chew, dans un mémo interne. ByteDance a fini par plier face aux exigences de Washington. Mais derrière la signature, une question demeure : s’agit-il d’une vraie séparation… ou d’un simple tour de passe-passe juridique ?La nouvelle entité s’appelle TikTok USDS Joint Venture LLC. Et la répartition du capital ressemble à un savant puzzle. Trois poids lourds raflent chacun 15 % : Oracle, le fonds californien Silver Lake et MGX, un fonds souverain émirati lancé en 2024. À eux trois, 45 %. ByteDance conserve 19,9 %, juste en dessous du seuil des 20 % qui aurait déclenché des restrictions légales. Le reste est partagé entre d’autres investisseurs, dont le family office de Michael Dell. Au total, les capitaux non chinois détiennent 80,1 % de la structure américaine. Oracle devient le gardien du temple. L’entreprise de Larry Ellison hébergera les données des utilisateurs américains sur ses serveurs sécurisés et supervisera le respect des règles de sécurité nationale. Silver Lake apporte son expertise financière, tandis que MGX, déjà présent chez xAI et OpenAI, s’impose comme un nouvel acteur stratégique. Le fonds a aussi participé au gigantesque programme d’infrastructures IA soutenu par Donald Trump, baptisé Stargate.Mais le vrai nerf de la guerre, c’est l’algorithme de recommandation, le cœur battant de TikTok. Officiellement, il sera « réentraîné » uniquement avec des données américaines, sous contrôle d’Oracle. ByteDance, lui, conserve la main sur la publicité et le commerce en ligne, les activités les plus lucratives. Reste une énigme technique et politique : peut-on vraiment détacher un algorithme de son créateur ? ByteDance l’a conçu, le connaît par cœur et garde une part au capital. Sans compter que Pékin doit encore valider l’accord, la Chine contrôlant strictement l’exportation de ses technologies sensibles. Sur le papier, le conseil d’administration comptera sept membres, dont quatre Américains. Adam Presser prend la tête de l’entité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle fait rêver. Mais elle coûte aussi, littéralement, une fortune. Depuis deux ans, les grands noms du secteur annoncent des levées de fonds records, des centres de données géants, des puces toujours plus puissantes. Une course à l’armement technologique. Et dans cette bataille, OpenAI semble brûler du cash plus vite que tout le monde.Les dépenses de l’entreprise seraient estimées à près d’un milliard de dollars… par mois. Oui, par mois. Une cadence qui donne le vertige et qui alimente une question de plus en plus sérieuse dans les cercles financiers : combien de temps ce rythme peut-il tenir. On se souvient qu’en octobre dernier, Sam Altman avait promis des investissements colossaux : jusqu’à 1 400 milliards de dollars pour développer les infrastructures nécessaires à l’IA. Des montants dignes d’un budget d’État. Mais cette ambition démesurée inquiète.Dans une tribune publiée dans le New York Times, l’expert financier Sebastian Mallaby, du Council on Foreign Relations, estime qu’OpenAI pourrait tout simplement se retrouver à court d’argent « au cours des 18 prochains mois ». Autrement dit : avoir du mal à passer le cap de 2027. Et son analyse ne vient pas d’un doute sur l’intelligence artificielle elle-même. Au contraire. Il rappelle que les grandes innovations technologiques prennent d’ordinaire des décennies à s’imposer. Or, l’IA progresse à une vitesse spectaculaire. Le problème, selon lui, ce n’est pas la technologie. C’est le modèle économique d’OpenAI.Car contrairement à Google, Meta ou Microsoft, capables de financer leurs paris risqués grâce à d’autres activités très rentables, OpenAI ne dispose pas de cette bouée de sauvetage. Elle doit investir massivement… sans revenus comparables en face. Même en revoyant certaines promesses à la baisse ou en s’appuyant sur la valeur élevée de ses actions, l’équation reste brutale : il faut trouver des sommes astronomiques. Pour Mallaby, le scénario n’est pas impensable : une entreprise étranglée financièrement, puis absorbée par un géant mieux doté en liquidités, comme Microsoft ou Amazon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Grâce à ses alliances avec Ray-Ban et Oakley, Meta s’est imposé en quelques mois comme l’un des leaders des lunettes connectées. Les modèles siglés Zuckerberg se vendent si bien que le groupe envisagerait même de doubler la production pour suivre la demande. Mais derrière cette réussite, un concurrent crie au pillage technologique.La société Solos, elle aussi spécialisée dans les lunettes intelligentes, vient de déposer plainte dans le Massachusetts. Elle accuse Meta d’avoir enfreint plusieurs de ses brevets, ceux qu’elle considère comme le « cœur » même de la technologie embarquée. Dans le viseur : la Ray-Ban Meta de première génération, présentée comme la base technique de toute la gamme actuelle. Selon Solos, les modèles plus récents ne seraient que des variantes d’une plateforme déjà fondée sur ses inventions protégées. La facture pourrait être salée. L’entreprise réclame des dommages se chiffrant en milliards de dollars et demande une injonction qui pourrait, à terme, bloquer certaines ventes.Dans sa plainte, Solos avance un élément troublant. En 2021, une chercheuse du MIT, Priyanka Shekar, publie une étude stratégique sur ses produits, citant explicitement plusieurs de ses brevets. Peu après, elle rejoint Meta comme cheffe de produit. Pour Solos, difficile d’y voir une coïncidence : ces connaissances auraient pu être intégrées en interne avant le lancement des lunettes développées avec EssilorLuxottica, propriétaire de Ray-Ban et Oakley.Autre point soulevé : les partenaires de Meta auraient eu accès très tôt à ses travaux. Des ingénieurs d’Oakley auraient vu des prototypes dès 2015. Puis, en 2017, des réunions avec EssilorLuxottica auraient permis de détailler sa feuille de route technologique. Ironie de l’histoire, Solos propose déjà des lunettes intégrant de l’IA, de la traduction automatique ou encore ChatGPT… mais reste largement dans l’ombre de Meta. Cette bataille juridique rappelle que dans la course aux objets connectés, l’innovation va vite, et les brevets deviennent des armes. D’ailleurs, un autre acteur, Xreal, vient lui aussi d’attaquer un concurrent pour contrefaçon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le monde du stockage numérique traverse une zone de turbulence. Depuis des mois, le secteur encaisse pénuries, hausses de prix et bricolages techniques. On a même vu certains fabricants ressortir de vieux standards comme la DDR3 pour maintenir la production à flot. Autant dire un retour en arrière. Mais la porte de sortie ne viendra pas du passé. Elle pourrait s’appeler… ReRAM. Derrière ce sigle un peu austère se cache peut-être la prochaine révolution mémoire. Et surtout, un signal fort : Texas Instruments, poids lourd des semi-conducteurs valorisé près de 170 milliards de dollars, vient d’en acquérir la licence auprès d’une jeune pousse australienne, Weebit Nano. Quand un géant réputé pour sa prudence met la main sur une technologie, ce n’est généralement pas un pari fantaisiste.Le principe de la ReRAM, pour « mémoire résistive », est simple sur le papier : stocker l’information non plus comme dans la Flash traditionnelle, mais via un changement de résistance électrique. Résultat annoncé : des performances qui donnent le tournis. Des vitesses d’écriture jusqu’à cent fois plus rapides que la Flash embarquée actuelle, et surtout une endurance bien supérieure, capable de supporter entre 100 000 et un million de cycles d’écriture sans dégradation notable. Autre atout décisif : l’intégration. La technologie peut être ajoutée en fin de fabrication des puces, via ce que les ingénieurs appellent le « back-end-of-line ». En clair, pas besoin de repenser toute l’architecture des transistors. Le surcoût serait limité à environ 5 %. Pour un bond générationnel, c’est presque dérisoire.Si cette solution suscite autant d’intérêt aujourd’hui, c’est parce que la mémoire Flash arrive à ses limites physiques. Sous les 28 nanomètres, elle devient instable, chère, difficile à miniaturiser. Un véritable goulot d’étranglement qui freine smartphones, objets connectés et PC. Les fabricants se retrouvent à empiler des solutions hybrides, plus gourmandes en énergie et en espace. Avec la ReRAM, l’industrie entrevoit enfin une alternative crédible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une bataille discrète, mais révélatrice des tensions entre plateformes, ayants droit… et sites d’archives aux frontières du légal. À la toute fin de l’année dernière, Anna’s Archive affirmait avoir mis la main sur une copie massive de données issues de Spotify, incluant des enregistrements parmi les plus écoutés de la plateforme. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue. Puis, début janvier, coup de théâtre : le domaine en .org du site disparaît brutalement. Hors ligne, sans explication claire.À l’époque, ses opérateurs parlent d’une simple interruption technique, sans rapport avec cette collecte géante. Mais quelques jours plus tard, des documents judiciaires lèvent le voile sur une tout autre histoire. En coulisses, Spotify s’est allié à trois poids lourds de l’industrie musicale – Sony, Warner et Universal – pour saisir la justice américaine. Direction le tribunal fédéral du district sud de New York. La plainte est d’abord placée sous scellés, pour éviter toute fuite. L’idée est simple : frapper vite, sans prévenir.Le 2 janvier, les plaignants obtiennent une ordonnance restrictive temporaire. Elle vise directement les intermédiaires techniques : le gestionnaire des domaines .org, Public Interest Registry, et le géant des services réseau Cloudflare. Selon les maisons de disques, ces acteurs ont le pouvoir de couper l’accès aux domaines utilisés pour diffuser illégalement des œuvres protégées. Anna’s Archive ne découvre la procédure qu’une fois les mesures appliquées. Les ayants droit redoutaient qu’une alerte préalable ne provoque la mise en ligne immédiate de millions de fichiers et une fuite de l’infrastructure hors des États-Unis. Résultat : le .org tombe. Mais le site, lui, ne disparaît pas totalement.Le juge Jed Rakoff transforme ensuite l’ordonnance en injonction préliminaire, estimant que les plaignants ont de solides arguments en matière de violation du droit d’auteur, notamment via des fichiers torrent. Hébergeurs, fournisseurs d’accès : tous sont sommés de bloquer l’accès. Pourtant, certains domaines étrangers restent accessibles. Et selon TorrentFreak, si les torrents Spotify affichent désormais « indisponible », des téléchargements persistent via des liens directs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un feuilleton judiciaire qui dure depuis près de six ans, un bras de fer entre deux poids lourds du numérique : Epic Games d’un côté, Google de l’autre. Au cœur du conflit, les règles du Play Store et les pratiques jugées anticoncurrentielles du géant de Mountain View sur le marché des applications mobiles. En novembre dernier, les deux camps ont annoncé vouloir enterrer la hache de guerre. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Lors d’une audience récente à San Francisco, un élément inattendu est venu troubler le tableau. En parallèle du procès, Epic aurait négocié un partenariat commercial d’envergure avec… Google lui-même.Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’éditeur de Fortnite prévoit d’investir 800 millions de dollars sur six ans dans les services de Google. Une somme que le juge fédéral James Donato a qualifiée de « partenariat plutôt solide ». L’accord prévoirait des développements de produits communs, des opérations marketing conjointes et divers projets commerciaux partagés. Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, explique que cet argent correspond à l’achat de prestations précises, sans en détailler la nature. Une lettre d’intention a été présentée au tribunal, mais l’accord n’est pas encore finalisé. Selon lui, cette collaboration s’inscrirait surtout dans la stratégie autour du métavers, avec Fortnite comme vitrine, et inclurait notamment une utilisation renforcée de l’Unreal Engine par Google. Il insiste aussi sur un point : l’Epic Games Store ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur sur Android.Reste que ce rapprochement interroge. Après des années à dénoncer les barrières de l’écosystème Android, pourquoi soudain faire affaire avec l’adversaire ? Le juge cherche à savoir si cet accord financier a pesé dans la décision d’Epic de mettre fin au contentieux. Tim Sweeney, lui, assume. Pour lui, payer Google pour favoriser davantage de concurrence n’a rien d’incohérent. Une position pragmatique… mais qui contraste avec six ans de bataille judiciaire acharnée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous vous rappelez peut-être le grand show autour de GPT-5.2. OpenAI promettait une intelligence artificielle taillée pour les professionnels, solide, fiable, presque infaillible. Une sorte d’assistant surdoué capable de gérer des dossiers complexes sans broncher. Sur le papier, c’était la Rolls-Royce de l’IA. Sauf qu’en regardant de plus près, le moteur semble un peu bricolé.Une enquête du Guardian vient en effet semer le doute. Pour construire certaines réponses, le modèle irait puiser directement dans… Grokipedia, l’encyclopédie alimentée par l’écosystème d’Elon Musk. Autrement dit, l’outil vedette d’OpenAI s’appuierait sur une base liée à son principal rival. Ironie totale dans la guerre des milliardaires de la tech. Les journalistes britanniques ont mené des tests simples : douze questions factuelles, sur des sujets sensibles. Résultat, GPT-5.2 a cité Grokipedia neuf fois. Pas un accident isolé, mais un réflexe récurrent. L’IA s’y est référée pour évoquer des dossiers géopolitiques délicats, comme les liens supposés entre l’Iran et l’opérateur MTN-Irancell, ou encore pour retracer le parcours de l’historien Richard Evans, témoin clé au procès du négationniste David Irving.Problème : OpenAI assure depuis des mois avoir verrouillé ses sources, avec des filtres stricts pour éviter les contenus douteux. Officiellement, l’entreprise parle d’un « large éventail de sources publiques » soigneusement sélectionnées. Mais dans les faits, l’algorithme s’appuie sur une plateforme elle-même alimentée par une autre IA, Grok, déjà critiquée pour des biais et des renvois vers des forums extrémistes. Pas exactement un gage de sérénité. Au-delà de la rivalité entre Musk et OpenAI, cette affaire révèle un souci plus profond. Les intelligences artificielles commencent à se nourrir les unes des autres. Une sorte de boucle fermée où des contenus générés par des machines deviennent des « références » pour d’autres machines. Les erreurs, approximations ou biais se recyclent, se renforcent, puis prennent l’apparence de vérités établies. À force d’aspirer tout le web, ces modèles risquent surtout d’avaler leurs propres déchets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Alors que l’année 2026 démarrait à peine, ByteDance a choisi la discrétion plutôt que le grand show. Sans annonce tonitruante ni keynote spectaculaire, le groupe chinois a fait apparaître une nouvelle application sur les écrans américains et brésiliens : PineDrama. Un lancement presque furtif, mais révélateur d’une mutation profonde de nos usages vidéo. Car non, le règne du format court n’a visiblement pas encore atteint son plafond.PineDrama ne prétend pas révolutionner la narration. Elle pousse simplement la logique existante à son extrême. Le concept : des séries scénarisées, découpées en épisodes d’environ une minute, à regarder exclusivement en vertical. Ici, pas de plans léchés ni de budgets hollywoodiens. L’esthétique revendique le kitsch assumé : intrigues sentimentales, romances improbables, loups-garous, secrets de bureau et coups de théâtre à répétition. Des titres comme Love at First Bite ou The Officer Fell for Me donnent le ton : on est clairement du côté du « plaisir coupable ».La singularité du lancement tient aussi à son modèle économique. Contrairement à d’autres plateformes du même genre, PineDrama est, pour l’instant, accessible sans publicité ni abonnement obligatoire. Une gratuité surprenante dans un secteur habitué aux paywalls agressifs, mais qui s’explique par la puissance financière de ByteDance. Le groupe teste ce format depuis un moment déjà à travers les « TikTok Minis » sur TikTok, et PineDrama apparaît comme une déclinaison autonome de cette expérimentation. Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans une tendance importée d’Asie, où les « micro-dramas » transforment le smartphone en distributeur automatique de fictions express. Là où Quibi s’était fracassé en tentant d’imposer une expérience premium et coûteuse sur mobile, PineDrama et ses concurrents comme ReelShort ont compris une chose essentielle : l’enjeu n’est pas la qualité cinématographique, mais l’addiction.Dans les transports ou entre deux rendez-vous, l’utilisateur ne cherche pas le prochain chef-d’œuvre, mais une décharge narrative immédiate. En internalisant ce format, ByteDance ne vise pas une ambition culturelle. Il cherche à récupérer ces précieuses minutes d’attention qui échappaient encore à son algorithme principal. Une bataille pour le temps de cerveau disponible, où la victoire se joue désormais sur la capacité à livrer un divertissement instantané, sans friction. Reste une inconnue : lorsque la gratuité disparaîtra, le public acceptera-t-il de payer pour ces feuilletons verticaux ? Pour l’instant, PineDrama teste le terrain outre-Atlantique. L’Europe, elle, observe de loin avec attention. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après les polémiques à répétition — images sexualisées générées sans consentement, deepfakes explicites, y compris mettant en scène des mineurs — le chatbot Grok confirme sa réputation d’IA hors normes, pour ne pas dire hors cadre. Une intelligence artificielle volontairement permissive, peu filtrée, indifférente aux lignes rouges juridiques et éthiques. Une philosophie assumée par son créateur, Elon Musk, et désormais revendiquée au sommet de l’appareil militaire américain.Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration prochaine de Grok dans des systèmes classifiés du Pentagon. Objectif affiché : doter l’armée d’une IA « sans contraintes idéologiques » pour soutenir des usages militaires jugés légitimes. Lors d’un discours tenu devant des employés de SpaceX, au Texas, le message est limpide : l’IA militaire américaine « ne sera pas woke ». Une formule choc, mais parfaitement alignée avec l’ADN de Grok. Cette convergence n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une doctrine stratégique où l’efficacité prime sur le cadre légal, quitte à flirter avec les limites du droit international. Sous l’administration Trump, certaines opérations extérieures ont déjà suscité de lourdes controverses, de l’Amérique latine à la Corne de l’Afrique. Des actions spectaculaires, souvent pensées pour l’impact médiatique immédiat, mais rarement pour leurs conséquences à long terme.Dans ce contexte, l’arrivée d’une IA comme Grok pose une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’on confie des décisions potentiellement létales à un outil qui ne connaît ni le doute, ni la retenue ? Une IA capable d’analyser froidement des données satellitaires, des flux de renseignement, des réseaux sociaux, puis de proposer des cibles, des scénarios, des méthodes. Une IA qui peut calculer l’acceptabilité politique d’une frappe, intégrer les pertes civiles comme de simples variables, et optimiser une opération sans jamais en questionner la légitimité. Le risque ne s’arrête pas au champ de bataille. Grok pourrait aussi piloter la guerre de l’information, notamment via X, en amplifiant certains récits, en noyant les faits sous des narratifs concurrents, en discréditant témoins et sources gênantes. Pour une machine dépourvue d’éthique, la vérité n’est qu’un paramètre parmi d’autres.Le basculement est là : la guerre tend à devenir un processus technique, automatisé, délégué à des systèmes qui n’assument aucune responsabilité. Or une IA n’est ni un officier, ni un décideur politique. Elle ne comparaît pas devant un tribunal. Elle ne rend de comptes à personne. Et pourtant, Grok s’apprête à peser sur des décisions de vie ou de mort. Un choix lourd de conséquences, dont il sera difficile de mesurer — et de corriger — les effets une fois la machine lancée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Amazon franchit un cap stratégique en Europe. Ce jeudi 15 janvier, Amazon Web Services lance officiellement son AWS European Sovereign Cloud, une infrastructure pensée pour répondre aux exigences les plus strictes en matière de souveraineté numérique. La première région ouvre en Allemagne, dans le Brandebourg, avec déjà des extensions prévues en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal via des « Local Zones ». L’investissement est à la hauteur de l’ambition : 7,8 milliards d’euros engagés outre-Rhin pour redessiner le paysage du cloud européen.La promesse est simple, presque radicale : ce cloud peut fonctionner en totale autonomie, même en cas de coupure complète avec le reste du réseau mondial d’AWS. Aucune dépendance technique ou opérationnelle hors de l’Union européenne. Les données, métadonnées, factures et comptes clients restent confinés sur le sol européen. L’exploitation est assurée par des équipes locales, sans lien fonctionnel avec les États-Unis, et une copie complète du code source est accessible aux responsables européens en cas d’urgence. Une concession rare de la part d’un hyperscaler américain, conçue pour répondre frontalement aux inquiétudes liées à l’extraterritorialité du droit américain. Cette offre vise clairement les secteurs les plus sensibles : administrations, défense, finance, santé, énergie ou télécoms. Pour ces acteurs, longtemps réticents à migrer vers le cloud public, AWS promet désormais « le meilleur des deux mondes » : la puissance industrielle d’un géant mondial, sans abandon du contrôle juridique et opérationnel. Reste que certains sceptiques continueront de douter de l’étanchéité réelle du dispositif face à une éventuelle pression judiciaire venue de Washington.Pour crédibiliser son discours, Amazon a mis en place une architecture juridique inédite. Une société mère allemande chapeaute trois filiales de droit local, toutes dirigées par des citoyens européens. À leur tête, l’Allemand Stefan Hoechbauer, épaulé par le Français Stéphane Israël, ancien patron d’Arianespace. Un conseil consultatif complète le dispositif, avec notamment le général Philippe Lavigne et l’Irlandaise Sinéad McSweeney. Dès son lancement, plus de 90 services sont disponibles, de l’IA au stockage en passant par la cybersécurité. Des acteurs comme EWE AG, l’université Lausitz Carl Thiem ou Sanoma Learning ont déjà signé. Les partenaires historiques d’AWS — Accenture, SAP, Capgemini, Deloitte ou Mistral AI — suivent le mouvement. Pour l’Allemagne, l’enjeu est économique autant que stratégique : 2 800 emplois créés chaque année et un impact estimé à 17,2 milliards d’euros sur le PIB. Un signal fort envoyé à toute l’Europe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est un geste rare, presque inédit dans l’administration française. Le jeudi 15 janvier, la Caisse nationale des allocations familiales a décidé de lever le voile sur un outil longtemps accusé d’opacité : son algorithme de datamining utilisé pour cibler une partie des contrôles d’allocataires. Code source, variables utilisées, critères écartés, pondérations… tout est désormais public. La CAF parle de DMDE 2026, pour DataMiningDonnées Entrantes, et assume une démarche de transparence totale.L’enjeu est de taille. Chaque année, l’institution verse plus de 108 milliards d’euros de prestations à près de 14 millions de foyers. Dans ce contexte, la moindre suspicion de contrôle automatisé injuste alimente la défiance. Consciente de cette fragilité, la CAF a décidé de répondre frontalement aux critiques. Depuis mars 2025, un comité d’éthique indépendant réunit juristes, experts du numérique et représentants des usagers. Son rôle n’est pas symbolique : il examine chaque algorithme, identifie les risques de biais et peut imposer des corrections. Une charte encadre l’ensemble, avec un principe central : l’outil doit assister la solidarité, pas surveiller les allocataires. « Ouvrir, oui, mais avec méthode et responsabilité », résume Nicolas Grivel, directeur général de la CAF.À la lecture des documents publiés, un point frappe immédiatement : l’algorithme ne concerne qu’une part infime des contrôles. En 2024, sur 31,5 millions de vérifications, moins de 1 % ont mobilisé ce système. Son rôle est simple : produire un score de risque lorsqu’un trop-perçu potentiel dépasse 600 euros sur six mois. Rien de plus. La décision finale revient toujours à un contrôleur humain. « Ces dossiers restent minoritaires dans notre activité », insiste Thomas Desmoulins, responsable du contrôle à la CNAF. Autre élément clé : ce que l’algorithme ne regarde pas. Les données sensibles — nationalité, sexe, adresse précise, quartier — sont exclues. Les comportements aussi : fréquence de connexion, appels à la CAF, retards administratifs ou contrôles passés n’entrent pas en ligne de compte. L’objectif est clair : éviter toute stigmatisation ou effet boule de neige.Ce que le modèle analyse, en revanche, ce sont des éléments factuels : situation professionnelle, composition du foyer, montants perçus, changements récents de statut. Le tout repose sur une méthode statistique classique, la régression logistique, compréhensible et explicable. Pas de boîte noire, donc. Pour la première fois, chacun peut consulter le code et comprendre comment un score est calculé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Difficile, ces derniers mois, d’entrevoir un rayon de soleil dans le paysage politique américain. Et pourtant, contre toute attente, le budget fédéral 2026 adopté par le Congrès offre un répit bienvenu au monde de la recherche. Les parlementaires ont choisi de préserver les grands programmes scientifiques, en particulier ceux de la NASA, mais aussi d’autres agences fédérales clés. Une décision qui tranche nettement avec les intentions initiales de l’administration Trump.Au printemps 2025, la Maison-Blanche avait présenté un projet de budget drastique, taillant dans les crédits de l’astrophysique, de l’exploration planétaire ou encore des sciences de la Terre. Autant de domaines jugés coûteux et non prioritaires. Mais au fil des débats, Sénat et Chambre des représentants ont largement revu la copie.Résultat : la NASA se voit finalement attribuer environ 24,4 milliards de dollars pour 2026, un niveau de financement qui permet de maintenir l’essentiel des missions prévues, des instruments en cours de construction et des programmes scientifiques déjà engagés. Cette enveloppe garantit une continuité précieuse. Les projets en préparation ne sont pas stoppés, les calendriers restent globalement inchangés et les équipes peuvent travailler sans la crainte d’une interruption brutale. Les programmes d’exploration planétaire, qu’il s’agisse de Mars, des lunes glacées ou des astéroïdes, conservent leurs moyens. En astrophysique, les crédits nécessaires au développement de l’observatoire spatial Nancy Grace Roman sont maintenus, tout comme ceux dédiés à l’étude des exoplanètes et de la cosmologie.La décision du Congrès dépasse le seul périmètre de la NASA. La National Science Foundation conserve des financements cohérents avec ses missions de recherche fondamentale et appliquée. La NOAA préserve ses crédits pour la surveillance climatique et les satellites d’observation de la Terre, tandis que le NIST poursuit ses travaux sur les normes et la métrologie, indispensables à l’innovation technologique. Les textes votés encadrent toutefois strictement l’usage de ces fonds. Les agences devront rendre compte de l’avancement des projets, du respect des échéances et de la justification des dépenses. Une contrainte assumée, qui offre en contrepartie une visibilité budgétaire essentielle. Dans un contexte international tendu, ce budget 2026 agit comme un garde-fou : il sécurise la continuité des missions scientifiques américaines et préserve la crédibilité des États-Unis dans les grandes collaborations de recherche mondiales. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand Meta a mis 2 milliards de dollars sur la table pour racheter Manus, le groupe californien a aussitôt tenté d’éteindre l’incendie politique. Message adressé à Washington : aucun actionnaire chinois ne resterait au capital et les services seraient purement et simplement coupés en Chine. Une opération de déminage diplomatique en règle. Problème : Pékin n’a jamais été consulté. Et selon TechCrunch, le ministère chinois du Commerce s’est désormais saisi du dossier pour vérifier si cette acquisition respecte les règles nationales sur l’exportation de technologies sensibles. Ce qui devait être une formalité s’annonce soudain beaucoup plus complexe.Sur le papier, tout semblait pourtant bien ficelé. L’été dernier, Manus avait discrètement déplacé son siège à Singapour. La start-up, née en Chine, avait réduit ses effectifs à une quarantaine de personnes après une levée de fonds de 75 millions de dollars menée par Benchmark. Une migration express devenue si courante qu’elle porte désormais un surnom dans la tech : le « Singapore washing ». L’idée est simple : quitter la Chine pour contourner les restrictions américaines visant les investissements dans les technologies jugées stratégiques. Mais ce raisonnement se heurte aujourd’hui au droit chinois. Les autorités se demandent si le transfert de Manus – équipes, logiciels et propriété intellectuelle compris – n’aurait pas dû faire l’objet d’une licence d’exportation. En clair, Pékin cherche à savoir si des technologies considérées comme sensibles ont quitté le territoire sans autorisation. Le professeur Cui Fan, spécialiste du commerce international, est même allé jusqu’à évoquer sur WeChat un risque de « responsabilité pénale » en cas de violation avérée. L’examen n’en est qu’à ses débuts, et pourrait s’arrêter là. Mais son existence même offre à la Chine un levier de pression non négligeable.Cette affaire illustre le piège dans lequel se retrouvent désormais les grandes manœuvres technologiques entre la Chine et les États-Unis. À Washington, certains saluent le rachat comme un succès : la preuve que les restrictions américaines poussent les talents chinois vers l’écosystème occidental. À Pékin, la lecture est exactement inverse. Comme le résume Winston Ma, professeur à la New York University School of Law, laisser passer l’opération créerait un précédent dangereux, encourageant les jeunes pousses chinoises de l’IA à s’exiler avec leurs technologies.La Chine a déjà montré qu’elle savait utiliser ses règles d’exportation comme arme juridique, notamment face aux tentatives américaines de bloquer TikTok sous la présidence de Donald Trump. Ni Meta ni Manus n’ont, pour l’instant, commenté publiquement cette revue réglementaire. Mais une chose est sûre : l’acquisition, estimée entre 2 et 3 milliards de dollars, pourrait bien s’enliser, voire être renégociée sous la pression de Pékin. Dans la guerre technologique actuelle, même les rachats les plus soigneusement emballés restent des terrains minés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on y voir un véritable tournant pour la défense française ? Ce jeudi 8 janvier 2026, le ministère des Armées et des Anciens combattants a officialisé la notification d’un accord-cadre stratégique avec Mistral AI. Objectif affiché : doter l’ensemble des forces armées françaises d’outils d’intelligence artificielle générative de très haut niveau. Un signal fort, dans un contexte de compétition technologique mondiale où l’IA devient un multiplicateur de puissance militaire.Concrètement, cet accord ouvre l’accès, pour toutes les armées, directions et services du ministère, aux modèles, logiciels et prestations développés par l’entreprise cofondée par Arthur Mensch. Il ne s’agit plus de projets pilotes ou d’expérimentations isolées : l’État assume un déploiement large et structurant. L’IA générative entre ainsi dans le quotidien des forces françaises, qu’il s’agisse d’analyse de données, d’aide à la décision, de planification ou de traitement de l’information opérationnelle. Le périmètre du partenariat dépasse d’ailleurs le strict cadre militaire. Plusieurs établissements publics placés sous la tutelle du ministère sont également concernés : le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, l’Office national d'études et de recherches aérospatiales, ou encore le Service hydrographique et océanographique de la marine. Autant d’acteurs clés de la recherche stratégique et de l’innovation de défense.La mise en place de cet accord revient à l’Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense, créée précisément pour accélérer l’adoption de l’IA dans les armées. Son directeur, Bertrand Rondepierre, résume l’enjeu : intégrer les technologies les plus avancées pour préparer les forces aux conflits de demain. Aux yeux du ministère, Mistral AI s’impose aujourd’hui comme l’un des champions mondiaux de l’IA générative, doté d’une équipe de recherche de tout premier plan. Peu importe, affirme-t-on, ses collaborations industrielles avec des acteurs étrangers comme NVIDIA : le cœur du dispositif reste sous contrôle français. C’est là l’argument central : garantir une maîtrise souveraine des technologies critiques. À travers cet accord-cadre, la France affirme une ligne claire : faire de son excellence en intelligence artificielle un pilier de sa souveraineté militaire. Une manière de réduire les dépendances technologiques, tout en transformant l’IA en levier stratégique durable pour la défense nationale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’est une décision peu banale rendue par le tribunal administratif de Grenoble, qui éclaire d’un jour très concret les limites de l’intelligence artificielle face au droit. Le 3 décembre 2025, les juges ont rejeté le recours d’un habitant de Saint-Cergues, sanctionné pour dépôt sauvage d’un carton. Particularité de l’affaire : la requête avait été rédigée à l’aide d’un outil d’IA générative. Un choix qui n’a manifestement pas convaincu la juridiction.Retour en arrière. En mai 2025, cet habitant se rend aux conteneurs de tri de sa commune. Les bennes sont pleines. Faute de mieux, il pose son carton à côté. La mairie y voit un dépôt sauvage et lui inflige une amende de 500 euros. Plutôt que de consulter un avocat ou une association d’aide juridique, l’homme décide de contester la sanction avec un texte généré par intelligence artificielle. Mauvaise pioche. Les magistrats estiment que le document manque de clarté, empile des références jurisprudentielles « fantaisistes » et répète le même argument juridique sous plusieurs formulations. Verdict sans appel : l’outil utilisé est jugé « totalement inadapté » à cet usage.Que des juges mentionnent explicitement l’emploi d’une IA dans leur décision est rare. Mais le signal est clair. De plus en plus de citoyens tentent de s’appuyer sur ces outils pour rédiger des recours administratifs, souvent au prix d’erreurs grossières. Le message implicite du tribunal : on ne devient pas juriste à coups de prompts. À ces faiblesses de fond s’ajoutent des fautes de procédure. Le requérant demandait l’annulation d’une décision… sans joindre ladite décision à son dossier. Une lacune rédhibitoire. Le tribunal lui a pourtant laissé une chance, via une demande de régularisation envoyée en octobre par le téléservice Télérecours Citoyens. Aucune réponse dans les délais. Les juges ont finalement considéré qu’il contestait l’avis de paiement reçu en juin. Sur le fond, les arguments ne tiennent pas davantage. L’homme invoquait un vice de procédure, affirmant ne pas avoir eu le temps de se défendre. Problème : il avait refusé de retirer le courrier recommandé qui l’en informait. Quant à l’excuse des conteneurs saturés, elle n’a pas suffi à convaincre. Conclusion : l’amende de 500 euros est confirmée. Une affaire qui rappelle que, face au droit, l’IA peut aider à comprendre… mais pas remplacer une vraie défense. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C’était l’un des paris scientifiques les plus ambitieux de l’exploration martienne. Avec le rover Perseverance, la NASA voulait accomplir une première historique : rapporter sur Terre des échantillons de sol martien pour les analyser avec les outils les plus sophistiqués dont disposent nos laboratoires. Objectif ultime : trancher, enfin, la question d’une vie passée sur Mars. Mais aujourd’hui, ce rêve se heurte brutalement à une réalité bien terrestre : celle des budgets.Le programme Mars Sample Return, censé récupérer les 35 tubes soigneusement collectés par Perseverance, est au bord de l’abandon. Le budget voté par la Chambre des représentants américaine, pourtant plus généreux que celui initialement envisagé par l’administration Trump, ne prévoit que 650 millions de dollars pour MSR. Une somme dérisoire face aux quelque 11 milliards estimés pour mener la mission à son terme. Le texte doit encore passer devant le Sénat, mais le signal est clair : l’argent ne suivra pas.Il faut dire que MSR est un casse-tête technologique. Un atterrisseur sur Mars, une fusée capable de décoller depuis la planète rouge — une première —, un rendez-vous orbital, puis une capsule de retour vers la Terre. Une chaîne d’opérations complexe, longue, coûteuse. L’administration Trump avait déjà qualifié le projet « d’inabordable ». L’Agence spatiale européenne, ESA, partenaire du programme, a reconnu ne pas pouvoir poursuivre seule. Dans les coulisses, le changement de cap est radical. Washington pousse désormais la NASA à se tourner vers des solutions commerciales, en sollicitant des acteurs privés comme SpaceX ou Blue Origin, dans l’espoir de réduire les coûts. Problème : sans financement massif supplémentaire, aucun industriel n’est prêt à relever le défi aujourd’hui. Résultat : les échantillons pourraient rester sur Mars pendant des décennies.Pendant ce temps, la Chine avance ses pions. Sa mission Tianwen-3, prévue pour la fin de la décennie, devient mécaniquement favorite pour réussir le premier retour d’échantillons martiens. Une stratégie plus simple, plus directe, déjà éprouvée sur la Lune. Si Pékin y parvient avant 2030, le coup sera rude pour les États-Unis : scientifique, symbolique et diplomatique. L’exploration spatiale redevient un terrain de rivalités, où l’audace ne suffit plus sans les moyens de la financer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pendant longtemps, Internet a entretenu l’idée rassurante d’une séparation nette entre la vie publique et la sphère privée. On écrit, on cherche, on questionne, persuadé que ces échanges restent confinés à l’écran. Les assistants conversationnels ont renforcé ce sentiment, avec leur ton calme, presque empathique, et la promesse implicite de confidentialité. Mais cette frontière supposée se fissure dès qu’on regarde ce qui se cache derrière certaines extensions installées en toute confiance.Depuis des mois, des millions d’utilisateurs dialoguent avec des IA comme OpenAI via ChatGPT ou Anthropic avec Claude, livrant parfois des fragments très intimes de leur existence : soucis de santé, dilemmes personnels, informations professionnelles sensibles. En face, une machine disponible en permanence, qui ne juge pas et semble tenir sa langue. Sauf que cette confiance repose souvent sur une illusion. Derrière l’interface, chaque mot peut être aspiré, analysé… voire revendu. C’est là qu’intervient Urban VPN Proxy. Présentée comme un outil gratuit de protection, cette extension a séduit plus de six millions d’utilisateurs. Une enquête du média Koi a pourtant mis en lumière un tout autre fonctionnement. L’extension injecte des scripts invisibles dans les pages des principaux services d’IA — ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity ou Grok — afin d’intercepter les requêtes, les réponses, les horaires de connexion et diverses métadonnées. Ces données sont ensuite compressées, envoyées vers les serveurs d’Urban VPN, puis transmises à des partenaires tiers.Le plus troublant, c’est l’absence totale de contrôle. La collecte démarre dès l’installation, continue même lorsque le VPN est désactivé et ne peut pas être interrompue par l’utilisateur. Selon Forbes, cette fonctionnalité aurait été ajoutée en juillet 2025 via une mise à jour silencieuse. Officiellement, l’éditeur, Urban Cyber Security Inc., affirme agir pour la « protection de l’utilisateur ». Mais sa politique de confidentialité indique clairement que les données sont partagées avec BiScience, une société spécialisée dans l’analyse comportementale. Autre élément dérangeant : l’extension bénéficie d’un badge « Featured » sur le Chrome Web Store de Google. Ce label suggère une validation manuelle et une conformité aux bonnes pratiques. Pourtant, l’outil intercepte aussi des données issues de Gemini, le chatbot maison de Google. Pour Futurism, cette situation interroge sérieusement la rigueur des processus de validation et la responsabilité des grandes plateformes. Au final, le constat est brutal. On installe un VPN pour se protéger, et l’on se retrouve surveillé. On parle à une IA comme à un confident, et l’on alimente une économie discrète de la donnée. Derrière le discours rassurant de la sécurité numérique, la logique reste la même : celle d’une surveillance bien huilée, souvent invisible, et rarement consentie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Starlink s’apprête à faire descendre une partie significative de sa constellation. Environ 4 400 satellites vont voir leur altitude abaissée, une décision présentée comme une mesure de sécurité. L’annonce a été faite par Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, dans un message publié sur X. Derrière ce choix technique se cache une réalité souvent méconnue : en orbite basse, l’environnement n’est jamais figé. Le Soleil, lui aussi, influence les règles du jeu.Concrètement, l’opérateur prévoit de faire passer ses satellites d’environ 550 kilomètres d’altitude à 480 kilomètres, à partir de 2026. L’objectif affiché est double : réduire le risque de collision en se positionnant dans une zone jugée moins encombrée, et surtout accélérer la désorbitation des satellites en cas de panne. En toile de fond, l’arrivée du minimum solaire, une phase du cycle du Soleil marquée par une baisse d’activité. Résultat : l’atmosphère terrestre se contracte légèrement, ce qui diminue les frottements et rallonge la durée de vie des objets en orbite basse. À 550 kilomètres, un satellite hors service peut ainsi rester en orbite pendant plus de quatre ans avant de retomber naturellement. Trop longtemps, estime Starlink. Selon Michael Nicolls, descendre à 480 kilomètres permettrait de réduire de plus de 80 % le temps de décroissance balistique, le faisant passer de plusieurs années à seulement quelques mois durant le minimum solaire. Autrement dit, un satellite « mort » disparaîtrait bien plus vite, limitant son statut de débris incontrôlable.Sur le papier, la manœuvre peut sembler contre-intuitive. Abaisser l’altitude de milliers de satellites donne l’impression de concentrer encore davantage la circulation spatiale. Mais Starlink ne raisonne pas en densité locale : l’entreprise parle de couloir orbital. En dessous de 500 kilomètres, il y aurait moins d’objets en circulation et moins de projets concurrents. Il ne s’agit donc pas de fluidifier une zone saturée, mais de déplacer la constellation vers un étage jugé plus « calme ». Le véritable enjeu, toutefois, n’est pas la manœuvre, mais la panne. Tant qu’un satellite fonctionne, il peut corriger sa trajectoire et éviter les collisions. Lorsqu’il cesse de répondre, il devient un projectile passif livré aux lois de la gravité. Plus il reste longtemps en orbite, plus le risque d’accident augmente.Ce choix a aussi une dimension politique. À mesure que les méga-constellations se multiplient, la question des débris spatiaux revient avec insistance dans les débats réglementaires. En abaissant l’altitude de ses satellites, SpaceX se dote d’un argument simple : en cas de problème, ses engins quittent l’orbite plus vite. Reste une interrogation de fond : si 480 kilomètres devient demain l’étage privilégié de l’industrie, l’embouteillage ne fera que changer de niveau. Une chose est sûre : en orbite basse, la marge d’erreur se réduit à vue d’œil, et même les plans dits « de sécurité » ressemblent de plus en plus à des stratégies de survie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les ennuis judiciaires s’accumulent pour la galaxie d’Elon Musk. Cette fois, on ne parle ni de polémiques sur la modération, ni de débats idéologiques autour de la liberté d’expression. Les autorités françaises et malaisiennes viennent d’ouvrir, presque simultanément, des enquêtes visant la plateforme X et son intelligence artificielle Grok. Le motif est d’une tout autre gravité : la diffusion de contenus pédopornographiques générés par IA.Les faits sont glaçants. Des utilisateurs ont montré qu’il suffisait de formuler certaines requêtes pour obtenir, via Grok, des images hyperréalistes représentant des mineurs dans des tenues explicitement sexualisées, parfois entièrement nus. Là où d’autres systèmes d’IA bloquent strictement ce type de demandes, l’outil développé par xAI a laissé passer ces requêtes. La réponse officielle évoque des « défaillances dans les garde-fous ». Une justification jugée bien légère au regard de la gravité des contenus produits.En France, la réaction a été rapide. Le parquet de Paris, par l’intermédiaire de sa section spécialisée dans la cybercriminalité, a ouvert une enquête pour diffusion d’images pédopornographiques. Cette procédure vient s’ajouter à d’autres dossiers déjà en cours visant X et Grok, notamment pour des dérapages de contenu signalés fin 2024. Mais le changement de nature est radical : ici, il n’est plus question d’opinions ou de désinformation, mais de protection de l’enfance. Un domaine où la tolérance des autorités est proche de zéro et où le statut de plateforme technologique n’offre que peu d’abris juridiques. Ce scandale met surtout en lumière les conséquences concrètes de la doctrine défendue par Elon Musk : une liberté d’expression quasi absolue, obtenue au prix du démantèlement des équipes de modération, d’éthique et de sécurité. En retirant ces garde-fous, xAI a laissé une IA puissante évoluer sans limites claires. Le résultat est aujourd’hui sous les yeux des enquêteurs.La situation est d’autant plus explosive en Malaisie. Le pays vient tout juste de signer un partenariat pour intégrer Grok comme outil éducatif dans les écoles publiques. À Kuala Lumpur, les autorités doivent désormais rassurer des parents stupéfaits : comment expliquer qu’un logiciel présenté comme un assistant scolaire puisse produire certains des contenus les plus illégaux du web ? L’affaire dépasse largement le cadre d’un incident technique. Elle prend désormais des allures de crise politique, judiciaire et de santé numérique, avec des répercussions internationales qui pourraient durablement fragiliser l’empire Musk. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une start-up française commence à se faire remarquer dans le paysage très concurrentiel de l’intelligence artificielle. Son nom : Emoticonnect. Sa promesse est ambitieuse : aller au-delà de l’analyse des données passées pour anticiper les réactions émotionnelles à venir. Autrement dit, ne plus seulement observer ce que pensent les individus, mais prévoir comment ces perceptions vont évoluer. À première vue, Emoticonnect rappelle deux références bien connues du secteur. Comme Palantir, elle structure et croise de vastes volumes de données. Comme Scale AI, elle sait industrialiser ces analyses à grande échelle. Mais la comparaison s’arrête là. La jeune pousse française ajoute une brique singulière : la prédiction émotionnelle.Soutenue par des travaux scientifiques menés notamment avec le CNRS, sa technologie analyse finement des émotions comme la peur, la colère, la confiance ou l’enthousiasme, mais surtout leur dynamique dans le temps. Il ne s’agit pas d’un simple thermomètre de l’opinion. L’IA détecte des signaux faibles, anticipe des basculements de perception et identifie des tensions avant qu’elles n’éclatent. Une approche prédictive, pensée pour aider à la décision plutôt que pour produire des constats a posteriori. Les applications sont déjà bien réelles. Dans les secteurs de la défense et de la sécurité, l’outil permet de repérer des menaces émergentes à partir de conversations en ligne. Les assureurs l’utilisent pour identifier des clients à risque avant une résiliation. Dans le divertissement et les médias, il sert à anticiper les sujets susceptibles de créer un engouement… ou une polémique. À chaque fois, l’objectif est le même : comprendre ce qui monte avant que cela ne devienne visible.Cette polyvalence a valu à Emoticonnect une reconnaissance européenne, avec l’obtention d’un label valorisant à la fois sa solidité scientifique et son potentiel stratégique. La start-up est également présente à l’Eureka Park, vitrine des innovations de rupture du Consumer Electronics Show. Son directeur technique, Nicolas Rochelemagne, résume l’enjeu : « Les organisations ne manquent pas de données, mais de capacité à en extraire du sens — et surtout à comprendre ce qui va se passer. » Dans un monde saturé d’opinions et de signaux numériques, Emoticonnect parie que l’avenir de l’IA se jouera moins sur la quantité d’informations que sur la capacité à en anticiper les effets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’intelligence artificielle n’est plus cantonnée aux écrans ou aux centres de données. Elle s’invite désormais au cœur d’un domaine longtemps réservé aux équations et aux bancs d’essai : la propulsion spatiale. Des chercheurs et ingénieurs explorent comment l’IA, et plus précisément l’apprentissage automatique, peut transformer la manière dont nous concevons et pilotons les moteurs qui emmèneront les engins spatiaux vers Mars… et au-delà.Au cœur de cette révolution se trouve l’apprentissage par renforcement. Cette branche de l’IA apprend par l’expérience : elle teste, observe les résultats, ajuste sa stratégie, puis recommence. Un peu comme un joueur d’échecs qui affine son intuition après des milliers de parties. Mais à une vitesse et une échelle inaccessibles à l’esprit humain. Appliquée à l’espace, cette approche permet de résoudre des problèmes d’une complexité extrême, depuis le calcul de trajectoires optimales jusqu’à l’optimisation fine des moteurs.L’un des champs les plus prometteurs est celui de la propulsion nucléaire. Dès les années 1960, la NASA testait, avec le programme NERVA, des moteurs nucléaires thermiques capables de chauffer de l’hydrogène pour produire une poussée bien plus efficace que les fusées chimiques classiques. Cette technologie pourrait réduire drastiquement la durée d’un voyage vers Mars. Mais elle pose un défi colossal : transférer la chaleur du combustible nucléaire vers le propergol de la manière la plus efficace possible, sans compromettre la sécurité du réacteur. C’est précisément là que l’apprentissage par renforcement entre en jeu. En explorant des milliers de configurations – formes du combustible, matériaux, flux thermiques – l’IA identifie celles qui maximisent les performances. Une sorte de thermostat ultra-intelligent, chargé d’optimiser un moteur fonctionnant à des températures extrêmes.La fusion nucléaire constitue une autre frontière. Des dispositifs expérimentaux, comme les tokamaks, montrent le potentiel de cette énergie, mais restent trop volumineux pour un usage spatial. Les chercheurs étudient donc des concepts compacts, tels que les polywells, où le confinement du plasma repose sur des champs magnétiques d’une précision redoutable. Là encore, l’IA aide à stabiliser ces systèmes instables par nature. Enfin, l’IA pourrait jouer un rôle clé une fois le vaisseau en vol : gestion du carburant, adaptation aux imprévus, priorisation des missions. Des plateformes polyvalentes, comme le satellite Lockheed Martin LM400, illustrent déjà cette tendance à la flexibilité.En somme, l’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister les ingénieurs : elle devient un véritable copilote de l’exploration spatiale, capable de repousser les limites de notre intuition et d’ouvrir la voie à de nouveaux horizons cosmiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À la frontière sud de la Chine, la ville de Fangchenggang concentre chaque jour un trafic intense de camions, d’autocars et de voyageurs. Proche du Vietnam, ce poste-frontière est stratégique, mais saturé. Les contrôles ralentissent le passage des personnes et des marchandises, et les autorités peinent à absorber les pics d’affluence. Pékin a donc décidé de tester une solution radicale : confier une partie de la gestion du site à des robots humanoïdes.Les machines déployées sont les Walker S2, conçues par Ubtech Robotics. De taille humaine, capables de marcher, d’interagir avec leur environnement et d’exécuter des tâches simples grâce à une intelligence artificielle embarquée, ces robots doivent épauler les douaniers. Le contrat, estimé à 37 millions d’euros, est déjà en cours d’exécution, même si le nombre exact d’unités livrées n’a pas été rendu public. Concrètement, les Walker S2 ne remplaceront pas les agents. Leur rôle est d’absorber les tâches répétitives : orienter les voyageurs, gérer les files d’attente, répondre aux questions basiques, donner des consignes ou patrouiller dans les zones de transit. D’autres robots sont affectés aux espaces de fret, où ils assistent à l’inspection des conteneurs et transmettent des informations aux centres de supervision. L’objectif est clair : fluidifier le trafic et permettre aux agents humains de se concentrer sur les contrôles sensibles.Pour Ubtech, l’enjeu est considérable. Un poste-frontière est l’un des environnements publics les plus exigeants : flux continus, stress, impératifs de sécurité. Si l’expérience est jugée concluante, les autorités chinoises pourraient étendre l’usage de ces robots à d’autres infrastructures critiques, comme les aéroports, les gares ou les ports. La frontière de Fangchenggang sert ainsi de laboratoire grandeur nature. Mais le pari est loin d’être gagné. L’acceptation par le public reste incertaine : être orienté, observé ou interpellé par une machine peut susciter malaise ou méfiance. Côté administration, des questions persistent sur la formation des agents, la chaîne de décision et la responsabilité en cas d’erreur. Un incident pourrait freiner durablement l’introduction des robots humanoïdes dans l’espace public. À l’inverse, un succès ferait de Fangchenggang le symbole d’une nouvelle étape dans l’automatisation des services de sécurité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Meta accélère encore dans la course à l’intelligence artificielle. Après une année marquée par des investissements massifs et une chasse aux talents à grande échelle, le groupe de Mark Zuckerberg vient de frapper un nouveau coup en rachetant Manus, un agent IA dont les performances ont rapidement attiré l’attention du secteur.Présenté au printemps dernier par la start-up Butterfly, Manus s’est imposé en quelques semaines comme l’un des agents les plus avancés du moment. Capable de trier des candidatures, planifier des voyages complexes, analyser des données ou piloter des tâches numériques de bout en bout, l’outil s’est fait connaître grâce à une démonstration virale qui le plaçait au niveau, voire au-dessus, des solutions proposées par les leaders du marché. Accessible sur invitation, Manus a séduit des millions d’utilisateurs prêts à payer un abonnement mensuel.La trajectoire de Butterfly a été fulgurante. En l’espace de quelques mois, la jeune pousse, fondée à Pékin mais basée à Singapour, revendiquait plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents et une valorisation estimée à 500 millions de dollars. Des chiffres impressionnants, appuyés par des statistiques techniques spectaculaires : des dizaines de trillions de tokens traités et des millions d’environnements virtuels générés. Autant d’arguments qui ont visiblement convaincu Meta de sortir le chéquier. Le géant américain aurait déboursé plus de deux milliards de dollars pour mettre la main sur Manus. Une acquisition stratégique, alors que Meta cherche à intégrer des agents intelligents directement au cœur de Facebook, Instagram et WhatsApp. L’idée est claire : faire de l’IA un compagnon omniprésent, capable d’assister les utilisateurs dans leurs tâches quotidiennes, personnelles comme professionnelles.Butterfly insiste toutefois sur la continuité du service. Manus restera accessible de manière indépendante, avec ses abonnements et son équipe basée à Singapour. Pour Meta, c’est aussi l’assurance de récupérer une activité déjà rentable, à l’heure où les investissements dans l’IA pèsent lourdement sur les finances des géants du numérique. Reste un point sensible : l’origine chinoise du projet. Dans un contexte de tensions technologiques entre Washington et Pékin, l’opération pourrait susciter des interrogations politiques. Meta a d’ailleurs pris les devants, affirmant qu’après la transaction, aucun actionnaire chinois ne conservera de participation et que Manus cessera toute activité en Chine. Un signal clair : pour s’imposer dans la bataille mondiale de l’IA, Meta entend lever tous les obstacles, y compris géopolitiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les signaux sont au rouge pour les prix de l’électronique grand public en 2026. Les dirigeants de Asus et Acer ont confirmé que les ordinateurs portables et de bureau verront leurs tarifs augmenter dès le début de l’année prochaine. En cause : la flambée du prix de la mémoire vive et du stockage, happés par la demande massive des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.Selon le quotidien taïwanais Commercial Times, Samson Hu, patron d’Asus, et Jason Chen, PDG d’Acer, s’accordent sur un constat partagé par l’ensemble du secteur : les hausses de coûts devront inévitablement être répercutées sur les prix de vente. Jusqu’ici, les constructeurs avaient réussi à contenir l’inflation grâce à des stocks constitués avant la pénurie. Mais cette période de répit touche à sa fin. Dès le premier trimestre 2026, les nouvelles machines intégreront des composants achetés au prix fort. Asus entend ajuster finement ses gammes, en jouant sur les configurations et le positionnement tarifaire pour rester compétitif. Acer se montre plus direct : « les prix du quatrième trimestre ne seront pas ceux du premier trimestre de l’an prochain », a prévenu Jason Chen. Pour limiter la casse, certains fabricants pourraient réduire les dotations techniques : 8 Go de RAM au lieu de 16 Go, capacités de stockage revues à la baisse. Une stratégie défensive, alors même que la pénurie touche aussi les SSD.La situation pourrait s’installer dans la durée. Les deux géants du secteur, SK Hynix et Samsung, n’envisagent pas d’augmenter significativement leurs capacités de production. Construire une usine de mémoire prend entre trois et cinq ans, un pari risqué dans un marché cyclique. Quant à Micron, le groupe a recentré ses efforts sur la mémoire à très haut débit (HBM) pour l’IA, au détriment du grand public, et prévient que la tension sur les prix pourrait durer au-delà de 2026. Résultat : les consommateurs risquent de payer plus cher des machines parfois moins bien équipées. Une ironie à l’heure où les logiciels, dopés à l’IA, deviennent toujours plus gourmands en ressources. L’informatique personnelle entre ainsi dans une phase paradoxale : plus puissante côté usages, mais plus coûteuse et plus contrainte côté matériel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.








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