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Cause animale

Monsieur Gattegno,

Je comprends votre point de vue sur les priorités qui s'imposent entre les Hommes et les animaux. Cependant, bien que la cause animale et la cause des migrants soient indépendantes, distinctes, elles ne sont pour autant pas exclusives l'une de l'autre. Et c'est justement parce que nous sommes des Hommes libres, que nous vivons dans une démocratie que nous pouvons choisir une cause plutôt qu'une autre ou bien les deux. Les différents combats qui intéressent les êtres humains sont omniprésents et très largement relayés par les médias alors que la cause animale se faufile ponctuellement dans l'actualité. On ne peut pas dire que nous sommes étouffés par la place qu'elle prend.

Que l'on s'indigne pour les faits perpétrés dans les abattoirs ou que l'on s'indigne pour le drame vécu par les migrants, n'est-il pas important que l'on s'indigne, et ce quelle que soit la cause pourvu qu'elle soit juste?

Oui, il faut tuer un animal pour le consommer. Non, sa consommation n'est pas obligatoire pour avoir une alimentation équilibrée. Et si on décide de tuer un animal pour nos besoins alimentaires, on peut le faire dans des conditions décentes parce que nous avons aujourd'hui les moyens techniques de le faire. C'est une question d'humanité que de refuser d'imposer des souffrances inutiles, en marge de nos valeurs et surtout de la loi.

Vous reprochez l'incohérence dans le fait qu'un individu puisse être condamné pour avoir tué un animal alors que des récidivistes ayant commis des vols avec violence peuvent être libérés plus tôt, je vous réponds qu'il ne convient pas de choisir entre l'un ou l'autre des individus mais de faire davantage de place dans les prisons. Avec votre raisonnement, on en viendrait à devoir choisir entre un violeur ou un voleur, vous voyez bien que vous vous trompez de problème : ces deux maux ont leur place en prison.

Si Brigitte Bardot prend la défense des animaux, d'autres prennent la défense des migrants. A chacun sa cause. Il ne s'agit pas de faire un combat de coqs; le plus important dans cette affaire c'est "l'esprit de résistance".

L'indignation des Français, des associations, des éleveurs et du ministre de l'agriculture face aux conditions de mise à mort des animaux n'infériorise pas la cause des migrants mais elle renforce notre capacité à exprimer notre humanité.

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