Podcast L’esprit critique

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Mediapart

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

641 épisodes disponibles en replay et MP3

PARTIE 3 -EP179, autour de la rétrospective Brion Gysin, au Musée d'Art Moderne de Paris
Durée : 13m42s12.55 MB
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Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première rétrospective de l’œuvre de Brion Gysin dans un musée parisien et l’intitule « Le dernier musée », titre donné par l’artiste à une série d’œuvres réalisée à la fin de sa vie dans laquelle il représente graphiquement et photographiquement le Centre Pompidou qui est alors en train de surgir de terre sous ses fenêtres. Né en Grande-Bretagne en 1916, Brion Gysin fut à la fois peintre, poète, performeur, écrivain, photographe ; et les 140 œuvres réunies ici permettent d’aborder la dimension protéiforme de son travail. Associé à la Beat Generation, il est considéré comme l’inventeur de la technique du Cut-up – et un de ses cutters est même ici exposé comme un bijou - mais aussi de la Dreamachine considérée comme un geste pionnier de l’art optique. On passe ainsi de ce cylindre éclairé de l’intérieur qu’il faut regarder les yeux fermés pour élargir ses perceptions mentales à une calligraphie monumentale, intitulée Calligraffiti of Fire, un polyptique composé de dix tableaux et de plus de 16 mètres de long dont Gysin considérait qu’elle était « LA peinture de sa vie » L’exposition retrace ainsi le parcours éclaté tant artistiquement que géographiquement de Brion Gysin, marqué notamment par ses années passées au Maroc et à Paris, et le met en regard d’œuvres d’artistes dont il fut proche : William Burroughs, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith ou Ramuntcho Matta... Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert en avril et se termine en juillet est signé par le directeur du Musée d’Art Moderne de Paris, Fabrice Hergott, accompagné d’Olivier Weil, Juliette Theureau et Hélène Leroy. Brion Gysin. Le dernier musée, c’est visible au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au milieu du mois de juillet prochain.

PARTIE 2 -EP179, autour de l'exposition "Cartes Imaginaires" à la BnF
Durée : 14m31s28-06-202613.29 MB
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« Cartes imaginaires. Inventer des mondes » est le titre de l’exposition qui a ouvert à la Bibliothèque Nationale de France en mars dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de juillet. Elle invite visiteurs et visiteuses à un voyage à la découverte des liens entre cartographie et imaginaire en s’intéressant aux cartes qui ne tracent pas les contours de terres connues mais donnent forme à des territoires imaginaires, que ceux-ci prolongent, détournent ou s’émancipent du monde réel. Le parcours se fait en quatre étapes. La première nous entraîne dans la cartographie des mondes inexplorés établie au Moyen Âge et à la Renaissance, dans un moment où connaissances et croyances s’entrecroisent et intègrent, aux frontières des mondes connus, des créatures chimériques et des terres incertaines, « là où sont les dragons », avec une volonté de combler les vides du réel. La seconde nous emmène dans les mondes légendaires qui situent sur le globe des lieux mythiques que l’on trouve dans des récits antiques et médiévaux issus de récits de voyage ou de textes religieux : Atlantide, Eldorado ou royaume du prêtre Jean. La troisième est consacrée aux mondes forgés par la littérature, où la fiction s’appuie sur des cartes imaginaires qui confèrent une consistance aux univers narratifs, de L’Île au trésor à Game of Thrones en passant par le monde de Narnia ou l’Utopie de Thomas More. La dernière, intitulée « Les mondes de la carte » fait dialoguer œuvres anciennes et œuvres d’artistes contemporains qui s’inspirent de la cartographie pour déconstruire le dispositif de représentation spatiale lui-même et mettre à jour tout ce qu’on peut y projeter. Le commissariat de cette exposition est signé Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, conservatrices au département des Cartes et plans de la BnF.

PARTIE 1 -EP 179, autour de la rétrospective Hilma af-Klint au Grand Palais
Durée : 15m48s28-06-202614.47 MB
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Hilma af-Klint. Les peintures du Temple (1906-1915) Et si l’abstraction en peinture n’avait pas commencé, comme on le dit souvent, en 1911, à Munich, lorsque Kandinsky trace au dos de son « Tableau avec cercle » cette phrase « le premier tableau abstrait », mais quelques années avant, à Stockholm ? La redécouverte de l’œuvre d’Hilma af Klint, née en 1862 et morte en 1944 perturbe la chronologie de l’art moderne avec une force décuplée par le fait que l’artiste avait choisi de garder ses œuvres abstraites cachées, en les faisant sceller pendant vingt ans après sa mort. Il a donc fallu attendre 1986, et l’exposition The Spiritual in Art à Los Angeles, pour que son œuvre soit enfin révélée au grand public. Son travail singulier est pour la première fois visible en majesté en France, au Grand Palais, qui expose son grand œuvre : le cycle des Peintures du Temple (1906‑1915), dont la série monumentale intitulée Dix Plus Grands. Formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, Hilma af Klint a mené une double vie artistique : une pratique figurative conforme aux attentes de son époque et, dans le secret, une production avant-gardiste, nourrie par la théosophie et le spiritisme, explorant harmonie cosmique et forces invisibles qui s’exprime à travers des grandes compositions mêlant couleurs vives, motifs organiques, formes géométriques et symboles ésotériques. Le commissaire de la rétrospective Hilma af Klint, coproduite par le Centre Pompidou et le Grand Palais, qui a ouvert le 6 mai dernier et demeure visible jusqu’à la toute fin du mois d’août, est signé Pascal Rousseau, professeur à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

INTEGRALE -EP179, autour des rétrospectives Hilma af-Klint et Brion Gysin et de l'exposition "Cartes Imaginaires"
Durée : 44m54s28-06-202641.12 MB
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Des œuvres scellées pendant 20 ans et qui obligent à reconsidérer complètement la chronologie habituelle de l’histoire de l’art et de l’abstraction en peinture ; un parcours dans la cartographie réelle des mondes imaginaires, inexplorés, fantasmées ou inventés ; et une trajectoire protéiforme allant de la technique du cut up à la fabrication de machines pour catalyser les rêves. On discute aujourd’hui, pour ce qui sera le dernier « Esprit critique » de la saison, de l’impressionnante rétrospective que le Grand Palais consacre à la peintre suédoise Hilma af-Klint ; de l’exposition minutieuse que la Bibliothèque nationale de France dédie aux cartes imaginaires depuis les temps médiévaux jusqu’aux jeux vidéos ; et enfin du parcours de l’artiste multiple de Brion Gysin tel qu’il est restitué par le Musée d’Art Moderne de Paris. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Rose Vidal, critique et autrice « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong.

PARTIE 2 -EP178, autour de "Coming Soon" mis en scène et interprêté par Soraya Leila Emery
Durée : 14m26s21-06-202613.23 MB
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PARTIE 1 -EP178, autour de "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer à la Comédie française
Durée : 13m35s21-06-202612.45 MB
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Sur une scène en pente, avec en fond comme une stèle de béton géante, une femme, buste droit, seins nus et bouche hébétée, tient dans ses bras un homme nu et ensanglanté dont le cadavre viendra bientôt rouler presque jusque sous les yeux des spectateurs et spectatrices assis·es au premier rang. Au Vieux-Colombier, salle de la Comédie-Française dont le site Richelieu est fermé pour travaux, la pièce Penthésilée, dans une version proposée par le metteur en scène allemand Michael Thalheimer, débute par son image finale. Affirmant ainsi immédiatement sa dimension tragique et l’issue inéluctable du combat qui oppose les deux amants et adversaires que sont Penthésilée, reine des Amazones, et Achille, le héros grec fils de Pélée. Dans la version classique du mythe antique, Penthésilée, lors de la guerre de Troie, accourt à l’aide du roi de la ville, Priam, combat Achille mais finit transpercée par son épée, au moment même où leurs regards se croisent et où Achille tombe amoureux d’elle. Dans la pièce du poète et dramaturge allemand Heinrich von Kleist, écrite en 1808, et ici proposée dans une traduction de Julien Gracq, Éros et Thanatos ont toujours partie liée, mais la situation est inversée puisque c’est Penthésilée qui finit par tuer Achille. Elle obéit ainsi à la loi de son peuple, qui lui interdit de tomber amoureuse et de se reproduire autrement qu’avec des guerriers vaincus, capturés et soumis auxquels les Amazones s’unissent lors de la fête des Roses, sans avoir le droit ni de les choisir ni de les aimer. Michael Thalheimer réduit la distribution de la pièce à trois personnages, Achille et Penthésilée et une femme qui incarne une sorte de chœur individuel synthétisant différents personnages de la pièce. Penthésilée, de Michael Thalheimer, avec Suliane Brahim, Sébastien Pouderoux et Clotilde de Bayser, est visible jusqu’au 10 juillet.

INTEGRALE EP-178, autour des specrtacles "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer, "Coming Soon" de Soraya Leila Emery
Durée : 44m18s21-06-202640.56 MB
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Une pièce du début du XIXe siècle traduite par Julien Gracq qui raconte le combat amoureux et à mort de la reine des Amazones et d’un demi-héros grec et une chorégraphie qui cherche à émanciper le plaisir féminin en détournant les codes de la représentation des odalisques. On parle de deux spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour : d’abord de Penthésilée mise en scène par Michael Thalheimer dans la salle du Vieux Colombier de la Comédie française ; ensuite de Coming Soon, chorégraphie créée et dansée par Soraya Leila Emery. Et on termine cette émission non pas avec un exercice critique traditionnel concernant une troisième pièce, mais avec des envies et des ouvertures proposés par chacun et chacune de nos trois titulaires des micros ce jour : - Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».- Vincent Bouquet qui écrit pour ScèneWeb.- Callysta Croizer qui travaille pour Mouvement et Les Echos « L’esprit critique » est enregistré et réalisé par les équipes de Gong.

PARTIE 3 -EP177, autour de "La bagarre" de Lauren Groff
Durée : 12m23s14-06-202611.35 MB
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Une jeune fille qui emmène en autobus son frère à l’esprit déficient pour le laisser dans une institution après la mort de leur mère afin de pouvoir poursuivre ses études ; une mère et ses enfants qui échappent à la violence du père mais pas forcément au vent qui la porte ; un couple formé depuis 25 ans que la femme hésite à défaire moins pour quitter l’homme que pour « frôler à nouveau un avenir radieux » ; un concours de plongeon ; des amies d’adolescence qui se sont parfois perdues de vue mais se retrouvent au chevet d’une amie commune mourante et se racontent la pire chose qu’elles aient faite de leur vie ; une dynastie de banquier dont le canard noir se refait une santé en retapant une cabane du domaine familial et croit rencontrer l’amour… On trouve tout cela, et encore beaucoup d’autres histoires, dans La bagarre, titre donné à un recueil de neuf nouvelles de l’écrivaine américaine Lauren Groff, autrice de roman remarqués, parmi lesquels Les Furies, Arcadia ou les Terres indomptées, mais également de deux précédents recueils de nouvelles regroupés sous les titres Fugues (Plon, 2009) et Floride (L’Olivier, 2019). La plupart des nouvelles de ce recueil ont été initialement publiés dans le New Yorker et sont traduites par Carine Chichereau aux éditions de l’Olivier, comme la plupart des textes de Lauren Groff.

PARTIE 2 -EP177, autour de "Works" de Vitaliano Trevisan
Durée : 13m48s14-06-202612.64 MB
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Pendant près d’un quart de siècle, Vitaliano Trevisan né en 1960 et mort en 2022, a exercé un nombre infini de métiers dans une région industrieuse du nord-est de l’Italie, en Vénétie : fabricant de cages d’oiseaux, serveur dans une pizzeria, maçon, dessinateur de meubles, glacier, géomètre, magasinier mais aussi dealer dans la mesure où écrit-il, « aux gens qui se demandent ce que les acides ont à voir avec le travail, je dirais que, contrairement à ce qu’on croit, dealer est un travail de tous les points de vue. » Ces métiers le plus souvent manuels, déclarés ou non, la plupart précaires, Vitaliano Trevisan les a exercés sans avoir toujours le temps d’écrire, mais en se sachant écrivain, même s’il a dû attendre des décennies pour pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture de livres, de pièces de théâtre et de scénarios. En 2016, il publie un ouvrage de plus de 700 pages, intitulé Works, qui rend compte de ses expériences de travail depuis son adolescence dans les années 1970 jusqu’au début des années 2000, en offrant un regard d’une précision littéraire et sociologique inédite sur un monde souvent négligé par les écrivains. Un livre au ton souvent imprécateurs contre les hypocrisies de la société qui l’entoure, au sujet de laquelle il écrit notamment : « Mais qu’est-ce que l’Italie, me suis-je pris à penser en me levant et en m’acheminant vers le Panthéon, sinon un conglomérat de lieux communs. Les prendre à coups de marteau, voilà une de mes tâches » ? C’est ce livre qui paraît aujourd’hui en français aux éditions Verdier, traduit par Christophe Mileschi et Martin Rueff, quatre ans après le décès de son auteur et une décennie après sa publication en Italie.

10 PARTIE 1 -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal
Durée : 14m34s14-06-202613.34 MB
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C’est le livre qui a bouleversé le monde éditorial français, signé l’arrêt de mort d’une maison d’édition plus que centenaire et déclenché une fronde inédite d’auteurs et d’autrices venant d’horizons littéraires et politiques hétérogènes contre la mainmise croissante de Vincent Bolloré sur le champ culturel. On évoque La Légende, le dernier livre de Boualem Sansal que publient les éditons Grasset. Cet ouvrage raconte sa détention dans les geôles du régime algérien tout en réglant ses comptes avec son ancienne maison d’édition, Gallimard, mais aussi une bonne partie de la presse française, la France insoumise et plus généralement toutes celles et ceux qu’il juge complice de dérouler le tapis rouge à l’islamisation de la France et, à le lire, ils sont nombreux. A la fois journal d’un prisonnier, manifeste et commentaire politique, autoportrait d’un écrivain récemment reçu à l’Académie française mais s’imaginant entrer dans la légende pour s’assurer peut-être davantage une forme d’immortalité, La Légende est un texte étrange, hétéroclite et parfois confus, dont il faudrait pouvoir parler « en oubliant le bruit qui l’entoure » comme le disait l’article du Monde le chroniquant récemment. Mais il est néanmoins difficile d’oublier ce bruit, tant ce texte écrit en quarante jours surfe précisément sur le vacarme médiatique qu’a eu l’emprisonnement de l’écrivain, puis sa décision de quitter son éditeur historique pour rejoindre l’empire Bolloré et les sommes astronomiques que ce dernier était prêt à mettre pour obtenir cette prise de guerre. Un livre qui étonne moins par ses qualités littéraires que par l’absence de travail éditorial ayant entouré un texte qui regorge d’erreurs, et le gouffre entre ce qu’il est et ce qu’il prétend être, par exemple lorsque Sansal écrit qu’il se réjouit de rejoindre Grasset, « une grande maison qui compte tant d’auteurs fameux dont beaucoup sont mes amis, où j’ai trouvé ce que je venais de perdre : de l’amitié, de l’attention, de la confiance, de la correction, et même, chose rare, de la modestie. Chez son directeur, Olivier Nora, que je ne connaissais pas, j’ai trouvé les qualités humaines que ses auteurs lui reconnaissent sans restriction. Je me suis renseigné, quand même. Se tromper deux fois serait grave ».

11 INTEGRALE -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal ; "Works" de Vitaliano Trevisan et "La bagarre" de Lauren Groff
Durée : 41m43s14-06-202638.2 MB
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« L’esprit critique » discute de l’ouvrage qui a fait imploser l’édition française et une maison plus que centenaire ; d’un roman monstre sur le monde du travail dans la Vénétie industrieuse de la dernière partie du XXe siècle et d’un recueil de nouvelles américaines qui saisissent leurs personnages – le plus souvent des femmes – à un instant décisif de leurs trajectoires. On évoque en effet successivement La Légende, le livre écrit en quarante jours par Boualem Sansal après sa détention en Algérie et dont il n’aura échappé à personne qu’il est publié chez Grasset ; de Works signé Vitaliano Trevisan traduit en français par les éditions Verdier dix ans après sa parution initiale en Italie, et enfin de La bagarre, recueil de nouvelles de Lauren Groff qui est sorti aux éditions de l’Olivier. Avec : • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart. • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong.

12 PARTIE 1 -EP176, autour du film d'Antonin Baudry, "La Bataille de Gaulle. L'âge de fer"
Durée : 20m54s07-06-202619.14 MB
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La Bataille de Gaulle. L’âge de fer est la première partie d’un film de près de cinq heures dont le second tronçon intitulé J’écris ton nom sortira au début du mois de juillet. Il est signé Antonin Baudry, ancien diplomate, auteur de la bande dessinée à succès Quai d’Orsay en 2013, puis du film de guerre sous-marine Le Chant du loup. Le réalisateur se concentre ici sur les deux premières années de la guerre, c’est-à-dire sur le moment où le « petit colonel » devient général à l’occasion de la débâcle des armées françaises devant les troupes hitlériennes, puis entend incarner la France et la Résistance depuis Londres, en dépit de son isolement, de l’hostilité des Américains et des réticences des Britanniques vis-à-vis de ce militaire dont le film raconte la légende tout en lui donnant, aussi, un aspect chaplinesque, jouant ainsi tout au long du film d’un contraste entre l’hagiographie et la pantomime. Avec un budget de près de 100 millions d’euros et produit par Pathé, une pelletée d’acteurs stars incarnant les grands noms de la Seconde Guerre mondiale, des moments de dialogue entre Churchill et de Gaulle et des scènes de batailles sur mer ou dans le désert, le diptyque entend être un grand film populaire, et prendre directement sa place au sein d’un certain patrimoine historique et cinématographique français. Tout en mettant sur un piédestal une figure pour laquelle les principes républicains et la vision de la France étaient totalement incompatibles avec le fait d’accepter, directement ou indirectement, le fascisme : ce qui n’est pas forcément inutile par les temps qui courent…

13 PARTIE 3 -EP176, autour de "Bouchra", de Meriem Bennani et Orian Barki
Durée : 12m15s07-06-202611.22 MB
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Bouchra est le titre d’un film d’animation signé Meriem Bennani et Orian Barki en forme d’autofiction, puisque Bouchra est, comme Meriem Bennani, une jeune femme vivant sa vie d’artiste et de lesbienne à New York, portant blouson de cuir et piercing. Mais Bouchra est représentée ici sous la forme d’une coyote aux grands yeux et aux dents acérées dans un monde peuplé d’animaux anthropomorphes : ours, béliers, girafes… Le film est construit comme une mise en abyme, puisque Bouchra travaille dans son studio à l’écriture d’un film dans lequel elle raconte sa vie amoureuse et son identité queer, vécue ouvertement à New York, mais encore niée au Maroc, dont elle est originaire, même si ses parents sont au courant depuis une décennie et si les échanges avec sa mère restée dans son pays d’origine – et les difficultés d’échanger avec elle sur ce sujet – scandent un film rythmé, dans tous les sens du terme. Ce film s’inscrit aussi dans cette tendance des films d’animation pour adulte, à l’instar de deux films présentés à Cannes, Jim Queen, dans lequel un virus étrange transforme tous les hommes gays en hétérosexuels, ou encore Le Vertige, projet animé de Quentin Dupieux.

14 PARTIE 2 -EP176, à propos de "Notre Salut" d'Emmanuel Marre
Durée : 14m09s07-06-202612.96 MB
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Notre Salut a été une des révélations du Festival de Cannes (où nous n’étions pas), mais a été projeté dans quelques salles en avant-première la semaine dernière, avant une sortie prévue le 30 septembre. L’idée n’était ni de parler d’un film qu’il n’est pas encore possible de voir pour faire les malins, ni d’absolument vouloir évoquer un long métrage récompensé par le prix du scénario lors du Festival de Cannes. Mais Notre salut d’Emmanuel Marre nous intéressait tout particulièrement. D’abord parce qu’il s’inscrit dans un moment du cinéma obsédé par l’époque vichyste et la question de la résistance et de la collaboration. Le film d’Emmanuel Marre arrive en effet en écho au biopic sur de Gaulle, mais aussi au long métrage de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres, qui retraçait le parcours du collaborationniste Jean Luchaire exécuté à la Libération, et au nouveau film de László Nemes sur Jean Moulin, avec Gilles Lellouche dans le rôle-titre, qui était en compétition à Cannes et sortira en salles à l’automne. Ensuite parce qu’il s’inscrit dans ce moment avec une grammaire cinématographique qui percute de plein fouet le genre du film d’époque, avec une forme « d’anachronisme contrôlé », pour reprendre les termes de l’helléniste Nicole Loraux, et qu’il parvient peut-être ainsi à être autre chose qu’un film d’histoire dont on attendrait soit de la véracité, soit des leçons. Et ce même s’il est fondé sur une histoire bien réelle, en l’occurrence celle de l’arrière-grand-père du cinéaste, petit fonctionnaire de la collaboration ordinaire, ayant adhéré avec enthousiasme à la « révolution nationale » pétainiste, après avoir écrit un livre à compte d’auteur intitulé précisément Notre salut sur le choc qu’a été la défaite rapide des armées françaises face à celles d’Hitler.

15 INTEGRALE EP-176, autour de "La Bataille de Gaulle" d'Antonin Baudriy ; "Notre Salut" d'Emmanuel Marre et "Bouchra" de Meriem Bennani et Orian Barki
Durée : 48m42s07-06-202644.6 MB
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Aujourd’hui, « L’esprit critique » s’intéresse plus particulièrement à l’intérêt que le cinéma porte en ce moment à la période de Vichy et aux questions de résistance et de collaboration, avec deux films qu’en apparence tout oppose. D’un côté, La Bataille de Gaulle, signé Antonin Baudry, film à grand spectacle et gros budget sur le parcours de l’homme qui a emblématisé la résistance à Pétain depuis Londres. De l’autre, Notre salut, d’Emmanuel Marre, prix du scénario à Cannes, qui innove esthétiquement et politiquement pour retracer le parcours d’un petit fonctionnaire rallié à la « révolution nationale » et qui se trouve être l’arrière-grand-père du cinéaste. Pour terminer cette émission, on changera totalement de registre en évoquant un objet cinématographique peu identifié : une autofiction prenant la forme d’un film d’animation pour adultes. Il s’intitule Bouchra et est signé Meriem Bennani et Orian Barki. Avec : - Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï ;- Salima Tenfiche, maîtresse de conférences en cinéma à l’université Sorbonne-Nouvelle ;- Raphaël Nieuwjaer, qui écrit pour les Cahiers du cinéma et la revue Études.Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong.

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