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Qu'est-ce que la demi-vie d'un médicament ?
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Lorsqu'on prend un médicament, combien de temps reste-t-il dans notre organisme ? Quelques heures ? Plusieurs jours ? Et pourquoi certains traitements doivent-ils être pris trois fois par jour, tandis que d'autres ne nécessitent qu'une seule prise ?Pour comprendre, il faut connaître une notion essentielle en pharmacologie : la demi-vie.La demi-vie d'un médicament correspond au temps nécessaire pour que sa concentration dans le sang diminue de moitié.Prenons un exemple très simple.Supposons qu'un médicament possède une demi-vie de 12 heures. Si sa concentration dans le sang est de 100 unités au départ, elle ne sera plus que de 50 unités après 12 heures.Douze heures plus tard, elle tombera à 25 unités. Puis à 12,5 unités après 36 heures.Vous l'avez compris : à chaque demi-vie, la quantité restante est divisée par deux.Mais attention, cela signifie qu'un médicament ne disparaît pas complètement après une demi-vie. Il en reste encore 50 % !En réalité, on considère généralement qu'après cinq demi-vies, environ 97 % du médicament a été éliminé.Ainsi, pour un médicament dont la demi-vie est de 12 heures, il faut environ deux jours et demi pour en éliminer la quasi-totalité.Mais pourquoi cette notion est-elle si importante ?D'abord, parce qu'elle aide les médecins à déterminer la fréquence des prises. Un médicament éliminé rapidement peut nécessiter plusieurs administrations quotidiennes. À l'inverse, un médicament dont la demi-vie est longue peut parfois être pris une seule fois par jour.Ensuite, parce qu'elle permet de comprendre un phénomène appelé l'accumulation.En effet, si vous prenez une nouvelle dose alors que la précédente n'a pas encore été éliminée, les quantités présentes dans l'organisme s'additionnent.Cette accumulation est souvent normale et recherchée. Elle permet d'obtenir une concentration relativement stable du médicament dans le sang.Généralement, cet équilibre est atteint après quatre à cinq demi-vies, lorsque les prises sont régulières.Enfin, il faut savoir que la demi-vie peut varier selon les individus. L'âge, le fonctionnement du foie et des reins, ou encore certaines interactions médicamenteuses peuvent la modifier.Et surtout, la demi-vie ne correspond pas nécessairement à la durée des effets ressentis. Certains médicaments continuent d'agir alors que leur concentration diminue, tandis que d'autres cessent de produire un effet bien avant leur élimination complète.En résumé, la demi-vie est une sorte d'horloge biologique du médicament. Elle aide à comprendre combien de temps il reste dans notre organisme et comment adapter son administration, sans suffire à elle seule pour décider de la posologie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Pourquoi l’emballage de votre burger peut-il être dangereux ?
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Lorsque vous mangez un burger dans un fast-food, vous pensez probablement aux calories, aux graisses ou au sel qu’il contient. Mais un autre danger, beaucoup moins visible, pourrait se cacher dans ce qui entoure votre repas : son emballage. Je vous explique.Ici, pendant des décennies, les industriels ont utilisé des substances chimiques particulières pour fabriquer les papiers et les cartons alimentaires. Et leur objectif était simple : empêcher les graisses et les sauces de traverser les emballages.Or, ces substances appartiennent à une grande famille appelée les P.F.A.S, souvent surnommés « polluants éternels ».Pourquoi ce nom ? Et bien parce que leurs liaisons chimiques sont extrêmement résistantes. Certaines de ces molécules se dégradent très lentement dans l'environnement et peuvent s’accumuler dans les organismes vivants.Or, le problème apparaît lorsque ces emballages entrent en contact avec nos aliments.En effet, certains P.F.A.S peuvent migrer du papier ou du carton vers la nourriture. Cette migration dépend notamment de la température, de la composition des aliments et de la durée du contact.Autrement dit, en mangeant votre burger ou vos frites, vous pouvez également ingérer de petites quantités de substances provenant de leur emballage.Mais alors, quels sont exactement les risques ?Et bien les recherches scientifiques ont associé l’exposition à certains P.F.A.S à plusieurs problèmes de santé : augmentation du cholestérol, perturbations du fonctionnement du foie, effets sur la reproduction et affaiblissement de certaines réponses immunitaires.En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer a même classé l’un de ces composés, le PFOA, comme cancérogène pour l’être humain.Attention cependant : cela ne signifie pas qu’un hamburger emballé dans du papier contenant des PFAS provoque un cancer. Le risque dépend des substances concernées, des quantités absorbées et de la durée d’exposition.Aussi, face à ces inquiétudes, l’Union européenne a décidé d’agir.Depuis le 12 août 2026, une nouvelle réglementation interdit la mise sur le marché des emballages alimentaires dépassant certains seuils de PFAS.Les fabricants doivent donc développer des alternatives : fibres végétales, matériaux issus de la canne à sucre ou nouveaux revêtements capables de résister aux graisses.Toutefois, cette réglementation ne fait pas disparaître immédiatement toute trace de PFAS, déjà présents dans notre environnement.D'ailleurs, les emballages ne représentent qu’une source d’exposition parmi d’autres, notamment l’eau et certains aliments contaminés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Pourquoi certaines personnes ont-elles une peur panique du vendredi 13 ?
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Pour beaucoup, le vendredi 13 est un jour comme un autre. Mais pour certaines personnes, cette date provoque une véritable angoisse, au point de les empêcher de sortir, de voyager ou de prendre des décisions importantes. Cette peur porte un nom particulièrement compliqué : la paraskevidékatriaphobie.Ce terme vient du grec : « paraskevi » signifie vendredi, « dekatreis » désigne le nombre treize et « phobos » signifie peur. Mais pourquoi cette date est-elle devenue si inquiétante ?Pour le comprendre, il faut remonter à plusieurs traditions anciennes.D'abord, le nombre 13 possède depuis longtemps une mauvaise réputation dans les sociétés occidentales. En effet, le nombre 12 symbolise traditionnellement l'ordre et l'harmonie : douze mois dans l'année, douze signes du zodiaque, douze apôtres. Le 13, qui vient rompre cet équilibre, aurait progressivement été considéré comme un nombre néfaste.D'ailleurs, dans la tradition chrétienne, treize personnes participent au dernier repas de Jésus, la Cène, avant sa trahison par Judas.Mais pourquoi associer ce nombre au vendredi ?Tout simplement parce que, selon la tradition chrétienne, Jésus aurait été crucifié un vendredi. Ce jour possédait donc lui aussi une connotation négative.Cependant, contrairement à une idée répandue, la superstition du vendredi 13 ne remonte pas nécessairement à l'Antiquité. L'association précise de ces deux éléments semble surtout s'être popularisée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, notamment grâce à la littérature, puis au cinéma.Mais alors, comment une simple superstition peut-elle devenir une véritable phobie ?C'est ici qu'intervient la psychologie.En effet, notre cerveau cherche constamment à établir des liens entre les événements. Si une personne connaît une mauvaise expérience un vendredi 13, elle risque de l'attribuer à cette date plutôt qu'au hasard.Ce phénomène s'appelle le biais de confirmation : nous retenons davantage les événements qui confirment nos croyances et oublions ceux qui les contredisent.Par conséquent, la peur peut progressivement s'amplifier. Chez certaines personnes, elle provoque des palpitations, des sueurs, des tremblements ou des crises de panique.Toutefois, être superstitieux ne signifie pas nécessairement souffrir d'une phobie. On parle véritablement de trouble phobique lorsque la peur devient disproportionnée, persistante et perturbe la vie quotidienne.Heureusement, cette peur peut être traitée, notamment grâce aux thérapies cognitivo-comportementales, qui permettent de modifier les pensées anxieuses et de s'exposer progressivement à ce qui fait peur.Finalement, le vendredi 13 illustre une particularité fascinante de notre cerveau : une croyance peut provoquer une peur bien réelle, même lorsque le danger, lui, n'existe pas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Pourquoi certaines personnes sentent-elles des odeurs qui n'existent pas ?
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Sentir une odeur de fumée alors que rien ne brûle, percevoir une odeur de parfum dans une pièce vide, ou avoir soudainement l'impression que quelque chose pourrit autour de soi… Ces expériences peuvent sembler étranges, voire inquiétantes. Pourtant, elles correspondent à un phénomène médical bien réel : la fantosmie.La fantosmie est une forme d'hallucination olfactive. Autrement dit, le cerveau perçoit une odeur alors qu'aucune substance odorante ne se trouve réellement dans l'environnement.Pour comprendre ce phénomène, rappelons comment fonctionne normalement notre odorat.Lorsque nous respirons, de minuscules molécules odorantes pénètrent dans notre nez. Elles stimulent des récepteurs spécialisés, situés dans la partie supérieure des fosses nasales. Ces récepteurs envoient ensuite des signaux électriques au cerveau, qui les interprète comme des odeurs.Mais dans le cas de la fantosmie, ce système se dérègle. Le cerveau reçoit ou produit un signal olfactif anormal, qu'il interprète comme une véritable odeur.Et ce qui est particulièrement étonnant, c'est que ces odeurs imaginaires sont souvent désagréables : fumée de cigarette, caoutchouc brûlé, produits chimiques ou aliments pourris.Pourquoi cela arrive-t-il ?Les causes sont nombreuses.La fantosmie peut apparaître après une infection respiratoire, notamment la Covid-19, qui peut perturber durablement le fonctionnement de l'odorat.Elle peut également être liée à une inflammation des sinus, à un traumatisme crânien ou à certains médicaments.Dans d'autres cas, son origine est neurologique. Certaines migraines peuvent s'accompagner de perceptions olfactives inhabituelles. Plus rarement, une crise d'épilepsie touchant les régions temporales du cerveau peut provoquer une odeur fantôme.Et parfois, aucune cause précise n'est identifiée.Faut-il s'en inquiéter ?Dans la majorité des cas, la fantosmie est bénigne et peut disparaître spontanément, parfois après quelques semaines. Mais si elle persiste, un examen médical, notamment auprès d'un ORL, est recommandé.Il faut enfin distinguer la fantosmie d'un autre trouble, la parosmie. Dans ce dernier cas, l'odeur existe réellement, mais elle est déformée : un café peut, par exemple, sentir les ordures.La fantosmie révèle ainsi une particularité fascinante de notre cerveau : il peut nous faire sentir quelque chose qui n'existe absolument pas, avec une impression aussi réaliste qu'une véritable odeur. Cleveland Clinic+2 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Comment peut-on contrôler le cerveau avec de la lumière ?
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Peut-on commander certains neurones avec de la lumière ? Cela ressemble à de la science-fiction. Pourtant, c’est précisément ce que permet l’optogénétique, une technique devenue essentielle en neurosciences et couronnée en 2026 par le prix Nobel de médecine.Son principe repose sur une idée simple : rendre certains neurones sensibles à la lumière.Pour cela, les chercheurs utilisent des protéines particulières, appelées opsines, dont certaines proviennent de micro-organismes comme des algues. Ces protéines fonctionnent comme de minuscules interrupteurs lumineux. Lorsqu’elles reçoivent une lumière d’une couleur précise, elles modifient l’activité électrique de la cellule dans laquelle elles se trouvent.Mais un neurone humain ne possède normalement pas ce type d’interrupteur.Les scientifiques commencent donc par introduire, dans certains neurones seulement, le gène permettant de fabriquer une opsine. Ils peuvent cibler une catégorie particulière de cellules cérébrales. Une fois ces neurones équipés, une fibre optique ou une autre source lumineuse permet de les stimuler.Un bref flash de lumière peut alors les activer. Avec d’autres protéines, il est au contraire possible de les inhiber.L’intérêt est considérable.Le cerveau humain contient environ 86 milliards de neurones organisés en réseaux extrêmement complexes. Pendant longtemps, lorsqu’on stimulait électriquement une région cérébrale, on activait simultanément plusieurs types de cellules. Il était donc difficile de savoir précisément lesquelles étaient responsables d’un comportement donné.L’optogénétique permet une précision beaucoup plus grande.Chez des animaux de laboratoire, les chercheurs peuvent par exemple activer un groupe précis de neurones et observer immédiatement les conséquences : déclenchement d’un mouvement, modification du sommeil, apparition d’un comportement de peur ou changement de la motivation.L’expérience peut également être inversée : désactiver momentanément certains neurones pour vérifier si un comportement disparaît.Cette technique permet ainsi de comprendre non seulement quelles régions du cerveau sont actives, mais surtout quels circuits sont directement responsables de certaines fonctions.L’optogénétique est aujourd’hui utilisée pour étudier des maladies comme Parkinson, l’épilepsie, les addictions ou certains troubles psychiatriques. Elle ouvre également des pistes thérapeutiques, même si son utilisation chez l’être humain reste encore très expérimentale.Sa force tient donc à une idée presque paradoxale : pour mieux comprendre l’un des organes les plus complexes de notre corps, les scientifiques utilisent quelque chose d’extrêmement simple.De la lumière.Grâce à elle, ils peuvent désormais allumer ou éteindre certains neurones avec une précision de l’ordre de la milliseconde et observer, presque en direct, comment fonctionne le cerveau. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Faut-il craindre le retour de la peste ?
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La peste évoque immédiatement la peste noire du Moyen Âge et ses dizaines de millions de morts. Alors forcément, lorsqu’un possible cas de peste pulmonaire apparaît en Russie, l’inquiétude peut être immédiate. Mais faut-il réellement craindre une nouvelle épidémie ?L’affaire débute en Sibérie, dans la région d’Irkoutsk. Une technicienne de 28 ans travaillant dans un institut spécialisé dans l’étude de la peste tombe gravement malade avant de mourir le 2 octobre 2026 d’une pneumonie.Plusieurs médias russes affirment qu’elle aurait auparavant été victime d’un accident de laboratoire impliquant la bactérie responsable de la peste, Yersinia pestis. Mais attention : cette version n’est, pour l’instant, pas officiellement confirmée. Les autorités sanitaires russes parlent d’une « pneumonie d’origine indéterminée » et affirment n’avoir retrouvé aucun microorganisme lié à son activité professionnelle.Par précaution, près de 200 personnes ayant potentiellement été en contact avec elle ont néanmoins été placées sous surveillance médicale.Pourquoi une telle prudence ?Parce que si la peste bubonique, transmise principalement par les puces de rongeurs, passe très rarement directement d’un humain à l’autre, la peste pulmonaire est différente. Lorsque la bactérie atteint les poumons, un malade peut transmettre Yersinia pestis à une autre personne par des gouttelettes respiratoires, notamment lors de contacts rapprochés.Sans traitement, cette forme est extrêmement dangereuse et peut tuer en seulement quelques jours, parfois même en moins de 24 heures après l’apparition des symptômes graves.Mais plusieurs éléments sont rassurants.D’abord, la peste n’est plus la maladie incontrôlable qu’elle était au Moyen Âge. C’est une infection bactérienne, et elle peut aujourd’hui être traitée efficacement avec des antibiotiques lorsqu’ils sont administrés suffisamment tôt.Ensuite, la peste pulmonaire ne se transmet pas aussi facilement que des maladies comme la rougeole ou le Covid-19. Sa propagation nécessite généralement un contact assez proche avec une personne malade.Enfin, pour l’instant, aucun foyer important de transmission n’a été mis en évidence autour du cas russe. L’Organisation mondiale de la santé estime d’ailleurs que, sur la base des informations disponibles, le risque pour la population générale est faible.Il faut donc surveiller attentivement la situation, mais pas imaginer le retour imminent de la peste noire.La peste existe toujours au XXIe siècle. La différence essentielle, c’est que nous disposons désormais des antibiotiques, du diagnostic, de l’isolement des malades et de la surveillance des contacts pour empêcher quelques cas de devenir une catastrophe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Comment soignait‑on la gueule de bois autrefois ?
2m25s2.37 MB

La gueule de bois est probablement presque aussi ancienne que l’alcool lui-même. Et pendant des siècles, les hommes ont imaginé des remèdes parfois surprenants pour faire disparaître maux de tête, nausées et fatigue après une soirée trop arrosée.Dans l’Antiquité, l’un des grands remèdes était… le chou.Pline l’Ancien rapporte ainsi que certains Grecs pensaient que le chou avait une sorte d’« inimitié naturelle » avec la vigne. Manger du chou avant de boire devait empêcher l’ivresse ; en consommer après devait aider à dissiper ses effets. Les Romains lui attribuaient d’ailleurs toutes sortes de vertus médicinales.Mais les textes antiques mentionnent des traitements beaucoup plus étranges. Pline rapporte par exemple une recette attribuée aux Assyriens : un bec d’hirondelle broyé et mélangé à de la myrrhe. Difficile de savoir à quel point ce traitement était réellement répandu, mais il montre jusqu’où pouvaient aller les pharmacopées anciennes.Au Moyen Âge et à l’époque moderne, on retrouve d’autres remèdes. Les amandes amères furent longtemps réputées protéger contre les effets de l’alcool. Leur efficacité était pourtant déjà contestée au XVIIe siècle. D’autres préparations recommandaient même des anguilles crues ou diverses décoctions censées rééquilibrer les humeurs du corps.Un principe particulièrement tenace apparaît également : combattre l’alcool… avec de l’alcool.C’est le fameux « hair of the dog », littéralement « le poil du chien ». L’expression vient d’une ancienne croyance selon laquelle, après avoir été mordu par un chien, on pouvait soigner la blessure en y appliquant des poils de l’animal. Transposé à l’alcool, le principe devient simple : puisque l’alcool vous a rendu malade, reprenez-en un peu le lendemain matin.Au XIXe siècle apparaît ainsi le « Prairie Oyster », cocktail destiné aux lendemains difficiles : jaune d’œuf cru, sauce Worcestershire, poivre, sel et parfois sauce piquante. Certaines versions contiennent également de l’alcool.Le problème, c’est que la plupart de ces remèdes ne guérissent pas réellement la gueule de bois.Aujourd’hui, on sait qu’elle résulte de plusieurs phénomènes : déshydratation, perturbation du sommeil, inflammation, irritation digestive et transformation de l’alcool dans l’organisme.Le remède le plus efficace aurait donc certainement déçu nos ancêtres : boire moins, s’hydrater, manger normalement et attendre que le corps élimine l’alcool.Beaucoup moins spectaculaire qu’un bec d’hirondelle à la myrrhe… mais nettement plus raisonnable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Comment peut-on ne pas voir un gorille sous ses yeux ?
2m05s2.06 MB

Aujourd'hui je vais vous parler d'un phénomène appelé la « cécité d’inattention ». Il désigne notre incapacité à percevoir un élément pourtant bien visible lorsque notre attention est fortement mobilisée par autre chose.Pour tout comprendre ici, il faut rappeler que le cerveau humain reçoit en permanence une immense quantité d’informations visuelles. Pour ne pas être submergé, il doit faire des choix. Aussi il sélectionne ce qui lui semble pertinent et ignore une grande partie du reste. Et ce mécanisme est indispensable : sans lui, il nous serait presque impossible de nous concentrer.Mais il a une conséquence surprenante. Quand notre attention est focalisée sur une tâche précise, nous pouvons littéralement ne pas voir quelque chose qui se trouve pourtant juste devant nos yeux.Une expérience menée en 2013 l’a démontré de manière spectaculaire. Des chercheurs ont demandé à des radiologues expérimentés d’examiner des scanners pulmonaires afin d’y repérer de petits nodules susceptibles d’être anormaux.Mais les scientifiques avaient ajouté discrètement quelque chose d’inattendu dans certains scanners : l’image d’un gorille.Et ce gorille n’était pas exactement discret. Il était environ 48 fois plus grand que la taille moyenne des nodules recherchés.Pourtant, 83 % des radiologues ne l’ont pas remarqué.Le plus étonnant, c’est qu’une partie d’entre eux avaient pourtant dirigé leur regard vers la zone où se trouvait l’animal. Leurs yeux avaient donc reçu l’information, mais leur cerveau ne l’avait pas véritablement traitée.Pourquoi ? Parce que leur attention était entièrement orientée vers une mission précise : chercher des nodules blancs caractéristiques. Leur cerveau filtrait donc le reste.Alors la cécité d’inattention ne concerne évidemment pas seulement les radiologues. Elle peut survenir lorsque nous conduisons, lorsque nous traversons une rue en regardant notre téléphone ou lorsque nous cherchons un objet précis dans une pièce.Elle permet aussi de comprendre pourquoi des témoins d’un même événement peuvent avoir des souvenirs très différents : chacun porte son attention sur des éléments différents. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Quel est l'âge où le bonheur atteint son niveau le plus bas ?
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Existe-t-il un âge où le bonheur atteint son niveau le plus bas ? Selon une vaste étude publiée en 2020 dans le Journal of Economic Behavior & Organization, la réponse se situerait autour de 49 ans.L’économiste David Blanchflower, professeur à Dartmouth College, a analysé plusieurs gigantesques bases de données internationales représentant près de 14 millions de personnes. Son objectif n’était pas seulement de demander aux participants s’ils étaient « heureux » ou non, mais d’étudier une vingtaine d’indicateurs de mal-être : anxiété, tristesse, solitude, stress, troubles du sommeil, perte de confiance en soi, sentiment d’échec ou encore dépression.Et un schéma étonnamment régulier apparaît.Si l’on trace le niveau de mal-être en fonction de l’âge, on obtient une sorte de U inversé. Le mal-être augmente progressivement à partir de la jeunesse, atteint son maximum au milieu de la vie, puis diminue à nouveau.L’âge moyen du pic est d’environ 49 ans, que les chercheurs tiennent compte ou non de différentes variables socio-économiques.Vu sous l’angle du bonheur, cela correspond à la fameuse « courbe en U » : relativement élevé chez les jeunes adultes, le bien-être diminuerait jusqu’à la quarantaine ou la cinquantaine avant de remonter ensuite. D’autres travaux situent généralement ce creux entre 35 et 50 ans, même si son existence et son amplitude varient selon les méthodes utilisées.Pourquoi cette baisse au milieu de la vie ?Une hypothèse concerne les attentes. Lorsque nous sommes jeunes, nous avons tendance à surestimer la satisfaction que nous procurera notre vie future. Arrivé à la quarantaine, l’écart entre nos ambitions passées et notre situation réelle peut devenir particulièrement visible : carrière, argent, couple, famille ou projets personnels. Une étude utilisant des données allemandes a justement montré que les jeunes surestiment leur satisfaction future, alors que les personnes âgées ont plutôt tendance à la sous-estimer.Mais attention : 49 ans n’est évidemment pas une date de péremption du bonheur. Il s’agit d’une moyenne statistique portant sur des millions de personnes. Une personne de 49 ans peut parfaitement vivre la meilleure période de son existence.Le résultat intéressant est ailleurs : contrairement à l’idée selon laquelle le vieillissement nous rendrait progressivement plus malheureux, plusieurs études suggèrent qu’après le creux du milieu de vie, le bien-être peut au contraire remonter.Autrement dit, la fameuse « crise de la quarantaine » pourrait avoir, au moins statistiquement, un véritable écho dans les données. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Quel est le médicament contre le racisme ?
2m16s2.23 MB

Existe-t-il un médicament capable de réduire le racisme ? La question paraît provocatrice. Pourtant, une expérience menée par des chercheurs de l’université d’Oxford a obtenu un résultat étonnant avec un médicament très connu : le propranolol.Le propranolol appartient à la famille des bêtabloquants. Il est notamment utilisé contre certains troubles cardiovasculaires, mais aussi contre les migraines, les tremblements ou les manifestations physiques de l’anxiété. Son action principale consiste à bloquer certains effets de l’adrénaline et de la noradrénaline dans l’organisme.En 2012, des chercheurs d’Oxford ont voulu savoir si cette action pouvait également modifier certaines réactions émotionnelles inconscientes. Ils ont recruté 36 volontaires blancs en bonne santé. Dans cette étude réalisée en double aveugle, certains reçurent une dose unique de 40 milligrammes de propranolol, les autres un placebo.Une à deux heures plus tard, les participants passèrent notamment un « test d’association implicite », ou IAT. Ce test mesure la rapidité avec laquelle une personne associe certaines catégories — par exemple des visages noirs ou blancs — à des mots positifs ou négatifs.Résultat : dans le groupe ayant reçu du propranolol, le biais racial négatif implicite mesuré par ce test était significativement réduit, au point de ne plus être détectable statistiquement dans cette expérience. En revanche, le médicament ne modifiait pas les opinions raciales exprimées consciemment par les participants.Comment l’expliquer ?Les chercheurs ont proposé que certains préjugés automatiques puissent être en partie liés à des réactions émotionnelles faisant intervenir la noradrénaline. En atténuant ces réactions physiologiques, le propranolol pourrait donc modifier certaines associations automatiques.Mais attention : cela ne signifie absolument pas que le propranolol est un « médicament contre le racisme ».D’abord, l’expérience ne portait que sur 36 personnes et sur une seule dose. Ensuite, elle mesurait un biais implicite à l’aide d’un test psychologique, et non des comportements racistes dans la vie quotidienne. Les auteurs eux-mêmes soulignaient que d’autres études étaient nécessaires avant de savoir si cet effet pouvait se retrouver chez des patients prenant régulièrement le médicament.Cette étude soulève néanmoins une question fascinante : nos opinions morales et sociales sont-elles totalement indépendantes de notre biologie ?Le propranolol ne transforme évidemment pas les convictions d’une personne. Mais cette expérience suggère qu’un médicament agissant sur nos réactions émotionnelles pourrait, dans certaines circonstances, modifier certaines associations sociales inconscientes.Et cela pose une question vertigineuse : jusqu’à quel point notre chimie cérébrale participe-t-elle à ce que nous appelons nos opinions ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Pourquoi notre audition baisse-t-elle avec l'âge ?
2m32s2.51 MB

Pourquoi, avec l’âge, avons-nous tendance à monter le son de la télévision ou à demander aux autres de répéter ? Ce phénomène porte un nom : la presbyacousie. Il s’agit de la diminution progressive de l’audition liée au vieillissement.Elle apparaît généralement de façon lente et touche les deux oreilles. Au début, ce sont surtout les sons aigus qui deviennent difficiles à percevoir. Une personne peut ainsi continuer à entendre quelqu’un parler, mais avoir du mal à distinguer certains sons de la parole, notamment lorsqu’il y a du bruit autour. C’est pourquoi les conversations dans un restaurant animé deviennent souvent particulièrement difficiles.Que se passe-t-il dans nos oreilles ?Dans l’oreille interne se trouve la cochlée, une petite structure en forme d’escargot contenant des cellules sensorielles extrêmement fragiles, les cellules ciliées. Elles transforment les vibrations sonores en signaux électriques transmis au cerveau.Avec les années, certaines de ces cellules et d’autres structures de l’oreille interne se détériorent. Des modifications peuvent également toucher les voies nerveuses qui acheminent et analysent les sons. Or ces cellules sensorielles ne se renouvellent pratiquement pas chez l’être humain. Les pertes accumulées au cours de la vie deviennent donc progressivement perceptibles.Mais l’âge n’est pas seul responsable. Notre histoire sonore compte énormément. Des décennies passées à proximité de machines bruyantes, de concerts, de moteurs ou simplement à écouter de la musique trop fort peuvent accélérer la dégradation de l’audition. La génétique intervient également, ainsi que certains facteurs de santé. L’hypertension et le diabète sont notamment associés à davantage de troubles auditifs avec l’âge. Certains médicaments dits « ototoxiques » peuvent aussi endommager l’oreille interne.Peut-on alors empêcher la presbyacousie ? Pas complètement : on ne sait actuellement pas stopper le vieillissement naturel du système auditif. Mais il est possible d’en limiter certains facteurs aggravants.La mesure la plus importante consiste à protéger ses oreilles du bruit : réduire le volume des écouteurs, limiter la durée d’exposition aux sons intenses et utiliser des bouchons ou un casque de protection lors d’un concert ou dans un environnement très bruyant.Il est également utile de surveiller sa santé cardiovasculaire et de faire tester son audition lorsqu’on commence à moins bien comprendre les conversations.Car la presbyacousie est progressive : plus elle est repérée tôt, plus rapidement des solutions, notamment les aides auditives, peuvent être proposées.Préserver son audition, c’est donc aussi protéger ses oreilles aujourd’hui pour mieux entendre demain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Quels sont les bienfaits prouvés par la science de la spiruline ?
2m38s1.21 MB

La spiruline est souvent présentée comme un « superaliment » capable de renforcer l’immunité, donner de l’énergie, détoxifier l’organisme ou même prévenir certaines maladies. Mais que dit réellement la science ?La spiruline, ou Arthrospira, est une cyanobactérie naturellement très riche en protéines : sous forme séchée, celles-ci peuvent représenter plus de la moitié de son poids. Elle contient également du fer, des caroténoïdes et surtout de la phycocyanine, le pigment bleu qui lui donne sa couleur caractéristique.Les résultats les plus solides concernent aujourd’hui certains facteurs de risque cardiovasculaire. Une méta-analyse portant sur 20 essais cliniques randomisés et plus de 1 000 participants a montré que la consommation de spiruline pouvait réduire modestement le cholestérol total, le LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol », ainsi que les triglycérides, tout en augmentant légèrement le HDL.Deuxième effet intéressant : la pression artérielle. Une méta-analyse récente d’essais randomisés a observé une diminution moyenne d’environ 4,4 mmHg de la pression systolique et de près de 3 mmHg de la pression diastolique. L'effet semblait surtout visible chez les personnes ayant déjà une tension élevée ou présentant un surpoids.La spiruline pourrait également avoir un petit effet sur le métabolisme du glucose. Plusieurs essais montrent une baisse de la glycémie à jeun et une amélioration de certains marqueurs de résistance à l’insuline. Mais la qualité des preuves varie selon les paramètres étudiés et ces résultats ne permettent évidemment pas de remplacer un traitement contre le diabète.Certaines études suggèrent aussi une légère réduction du poids ou de marqueurs de l’inflammation. Là encore, il s’agit d’effets modestes : la spiruline doit plutôt être considérée comme un complément alimentaire que comme un médicament.Et certaines affirmations sont beaucoup moins solides. On ne dispose pas de preuves convaincantes montrant qu’elle « détoxifie » l'organisme, prévient le cancer ou stimule spectaculairement l’immunité.Autre surprise : contrairement à une idée très répandue, la spiruline n’est pas une bonne source de vitamine B12 pour les végétaliens. Une grande partie de ce qu’on mesure comme B12 est en réalité une forme analogue, appelée pseudo-vitamine B12, que notre organisme utilise mal.Enfin, la qualité du produit compte : certaines préparations peuvent contenir des contaminants, notamment des cyanotoxines ou des métaux lourds.La conclusion scientifique est donc moins spectaculaire que la publicité : la spiruline possède bien quelques effets mesurables, principalement sur certains paramètres cardiovasculaires et métaboliques, mais ce n’est certainement pas un aliment miracle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Nycturie : comment arrêter de se lever la nuit pour faire pipi ?
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Se réveiller une fois pendant la nuit pour aller aux toilettes peut arriver à tout le monde. Mais lorsque ces réveils deviennent réguliers et répétés, on parle de nycturie : le besoin de se lever pendant sa période de sommeil pour uriner.La nycturie devient surtout gênante lorsqu’elle fragmente le sommeil, provoquant fatigue, somnolence et difficultés de concentration pendant la journée. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas forcément un problème de vessie.Il existe en effet plusieurs causes possibles.La première est très simple : produire trop d’urine pendant la nuit. Cela peut arriver lorsqu’on boit beaucoup en soirée, notamment de l’alcool ou des boissons contenant de la caféine. Avec l’âge, l’organisme peut également produire moins efficacement certaines hormones, notamment la vasopressine, qui contribuent normalement à réduire la fabrication d’urine durant le sommeil.Deuxième possibilité : la vessie peut avoir du mal à stocker suffisamment d’urine. Une vessie hyperactive, une infection urinaire ou, chez l’homme, une augmentation du volume de la prostate peuvent alors multiplier les envies.Plus étonnant : la nycturie peut parfois être liée au sommeil lui-même. Une personne souffrant d’insomnie peut se réveiller pour une autre raison, puis profiter de ce réveil pour aller uriner. L’apnée obstructive du sommeil peut également favoriser les mictions nocturnes.Alors comment éviter de se lever ?Quelques mesures simples peuvent aider : limiter les boissons dans les deux à quatre heures précédant le coucher, réduire l’alcool et la caféine en soirée et aller uriner juste avant de dormir. Chez les personnes dont les jambes gonflent pendant la journée, surélever les jambes quelques heures avant le coucher peut également permettre d’éliminer plus tôt une partie de l’eau accumulée.Attention cependant à ne pas simplement arrêter de boire : une restriction excessive peut entraîner une déshydratation.Lorsque la nycturie persiste, le traitement dépend surtout de sa cause. Un médecin peut demander de tenir pendant quelques jours un calendrier mictionnel, en notant les horaires, les quantités bues et les volumes urinés. Cela permet de déterminer si le problème vient de la production d’urine, de la vessie ou du sommeil.Enfin, se lever plusieurs fois toutes les nuits n’est pas forcément une conséquence inévitable de l’âge. Une nycturie importante ou apparue récemment mérite d’être explorée, car elle peut parfois révéler un diabète, une maladie cardiovasculaire, un trouble de la prostate ou une apnée du sommeil.La bonne stratégie n’est donc pas simplement de « boire moins », mais surtout de comprendre pourquoi on urine la nuit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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L'être humain peut-il attraper la myxomatose ?
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Si vous avez déjà vu un lapin atteint de myxomatose, vous vous êtes peut-être demandé si cette maladie spectaculaire pouvait se transmettre à l’être humain. La réponse est rassurante : non, l’être humain ne peut pas attraper la myxomatose.La myxomatose est provoquée par le virus myxomateux, ou Myxoma virus, qui appartient à la famille des Poxviridae, celle des poxvirus. Chez le lapin européen, ce virus peut provoquer une maladie extrêmement grave, caractérisée notamment par des gonflements autour des yeux, des lésions cutanées, de la fièvre et un affaiblissement important de l'animal.Mais ce virus possède une particularité essentielle : il est extrêmement spécialisé dans le choix de ses hôtes. Dans la nature, il infecte essentiellement certains lagomorphes, en particulier les lapins. L’Organisation mondiale de la santé animale précise ainsi que la myxomatose ne présente aucun risque pour la santé humaine.Cela signifie qu’une personne peut toucher un lapin atteint de myxomatose sans développer elle-même la maladie. Même les moustiques ou les puces qui transmettent le virus entre lapins ne peuvent pas provoquer de myxomatose chez un humain. Ces insectes jouent simplement le rôle de transporteurs mécaniques du virus d’un animal sensible à un autre.Cette impossibilité d’infecter l’être humain s’explique par ce que les biologistes appellent le tropisme viral. Pour qu’un virus provoque une infection, il ne suffit pas qu’il entre en contact avec notre organisme. Il doit être capable de pénétrer dans certaines cellules, d’y détourner la machinerie cellulaire et surtout de contourner leurs défenses antivirales. Or les cellules humaines normales constituent un environnement dans lequel le virus de la myxomatose ne parvient pas à provoquer une infection productive normale.Il existe cependant une curiosité scientifique étonnante. En laboratoire, les chercheurs ont découvert que le virus myxomateux pouvait infecter certaines cellules cancéreuses humaines. Celles-ci possèdent parfois des défenses antivirales dérégulées, ce qui les rend vulnérables au virus.Cette propriété intéresse beaucoup les chercheurs, qui étudient le virus de la myxomatose comme possible virus oncolytique, c’est-à-dire un virus capable de cibler et de détruire certaines cellules tumorales tout en épargnant les cellules normales.Paradoxalement, donc, un virus redoutable pour les lapins est totalement inoffensif pour nous dans la nature, mais pourrait un jour devenir un outil contre certaines formes de cancer.Un bel exemple de la remarquable spécialisation des virus envers leurs hôtes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Pourquoi le corps humain émet-il une lumière invisible ?
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Cela paraît incroyable, mais c’est vrai : le corps humain émet en permanence de la lumière. Nous « brillons » littéralement, même dans l’obscurité totale. Seulement, cette lumière est tellement faible que nos yeux sont incapables de la percevoir.Les scientifiques parlent d’émission ultra-faible de photons, ou UPE, parfois surnommée émission de « biophotons ». Il faut cependant éviter une confusion : ce phénomène n’est pas exactement comparable à la bioluminescence d’une luciole ou de certains animaux marins. Ces organismes possèdent des réactions chimiques spécialisées dont la fonction est précisément de produire de la lumière. Chez l’être humain, celle-ci est plutôt un sous-produit de l’activité de nos cellules.Tout commence avec notre métabolisme.Pour produire de l’énergie, nos cellules utilisent notamment de l’oxygène. Ces réactions génèrent de petites quantités de molécules très réactives appelées espèces réactives de l’oxygène, ou ROS. Elles peuvent réagir avec les lipides, les protéines ou d’autres constituants cellulaires.Au cours de certaines de ces réactions d’oxydation, des molécules passent temporairement dans un état dit « excité » : elles contiennent davantage d’énergie que dans leur état normal. Lorsqu'elles reviennent à un niveau d’énergie inférieur, une petite partie de cette énergie peut être libérée sous la forme d’un photon, c’est-à-dire une particule de lumière.En 2009, des chercheurs japonais ont réussi à photographier ce phénomène grâce à une caméra CCD extrêmement sensible. Ils ont montré que l’intensité lumineuse du corps humain était environ 1 000 fois trop faible pour être détectée par l’œil nu. Ils ont aussi découvert qu’elle variait au cours de la journée, probablement en relation avec les fluctuations de notre métabolisme.Fait étonnant, toutes les parties du corps ne brillent pas avec la même intensité. Dans cette expérience, le visage était notamment une zone où l’émission était relativement importante.L’intensité peut également augmenter lorsque les cellules subissent davantage de stress oxydatif. Les ultraviolets, par exemple, augmentent l’émission de photons par la peau, tandis que certains antioxydants peuvent la réduire.Les chercheurs étudient donc aujourd’hui ces photons comme un possible moyen non invasif d’observer certains phénomènes métaboliques ou le stress oxydatif, même si leurs applications médicales restent encore expérimentales.Nous ne sommes donc pas des lucioles humaines. Mais à chaque instant, les réactions chimiques qui nous maintiennent en vie produisent aussi quelque chose d’inattendu : une minuscule lumière invisible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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