➕ Autres émissions avec Stéphan Bureau

Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle pour sortir des sentiers battus du prêt-à-penser.

100 épisodes disponibles en replay et MP3

Le pouvoir de déclencher le feu nucléaire. Une plongée exclusive à bord d’un sous-marin lanceur d’engins en compagnie du vice-amiral d'escadre Didier Maleterre.
Durée : 4811h00m73.45 MB
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À l’heure où le retour des rapports de force entre grandes puissances remet la dissuasion nucléaire au cœur de l’actualité, Contact vous entraîne dans un univers aussi secret que stratégique : celui des sous-marins nucléaires. Ancien commandant du Saphir et du Triomphant, le vice-amiral d’escadre Didier Maleterre ouvre les écoutilles d’un monde où l’on disparaît pendant des semaines sous les océans, sans nouvelles de ses proches, avec pour mission ultime de garantir la paix par la menace de la riposte. « Lorsqu’on ferme le sas et qu’on plonge, on se coupe délibérément du monde », raconte-t-il, décrivant une aventure humaine autant qu’un défi technologique. Au fil de cet entretien, Didier Maleterre décrypte aussi la profonde transformation des conflits contemporains. Guerre en Ukraine, tensions avec l’Iran, rivalité entre les États-Unis et la Chine, explosion des drones et de l’intelligence artificielle : selon lui, les armées occidentales sont confrontées à une nouvelle réalité stratégique. « On est dans un monde darwinien où il y a des prédateurs et des herbivores. Soit vous vous adaptez, soit vous disparaissez », résume-t-il. Un regard sans détour sur une époque où le nucléaire, que beaucoup croyaient relégué à la Guerre froide, redevient un élément central des équilibres internationaux. Mais derrière les doctrines militaires et les considérations géopolitiques se cache une question plus intime : comment vit-on avec la responsabilité potentielle de l’arme absolue? De la vie quotidienne à bord d’un sous-marin aux procédures qui encadrent un éventuel ordre de tir, l’ancien commandant raconte la discipline, le doute et le sens du devoir qui animent les équipages. « Si on est obligé de mettre en œuvre l’arme nucléaire, c’est qu’on n’a pas dissuadé. C’est un échec ». Une plongée rare dans les coulisses de la dissuasion française, où la technologie, le facteur humain et la politique se rejoignent dans une même quête : empêcher que l’impensable ne se produise.

« Je pense profondément que Trump va échouer parce que le système, la démocratie américaine, est beaucoup plus puissante que lui. » Entretien avec le journaliste Frédéric Martel
Durée : 4609h00m04-06-202670.37 MB
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Nous recevons Frédéric Martel à l’occasion de la parution de son livre Occidents. Après plusieurs années d’enquête et plus d’une centaine de voyages à travers le monde, il dresse une cartographie inquiétante des forces politiques, idéologiques et médiatiques qui contestent le modèle démocratique occidental. De Vladimir Poutine à Xi Jinping, en passant par les réseaux proches du Hamas, du Hezbollah ou encore de Donald Trump, Frédéric Martel raconte une « bataille mondiale des idées » où se croisent propagande, récits identitaires et guerre culturelle. « Derrière le mot Occident, il y a le mot démocratie », affirme-t-il. Au fil de l’entretien, l’auteur revient aussi sur sa méthode d’enquête, qui l’a conduit aussi bien dans les cercles intellectuels russes qu’auprès de figures de la droite radicale américaine. Une immersion totale qui donne au livre des allures de reportage géopolitique sous haute tension. « Ces gens-là veulent nous détruire et je pense qu’on sous-estime la menace », lance-t-il, en évoquant les stratégies d’influence menées contre les démocraties libérales. Frédéric Martel défend l’idée que la guerre contemporaine se joue désormais autant dans les récits que sur les terrains militaires : « Le contrôle du narratif est aujourd’hui l’enjeu fondamental. » Mais l’échange dépasse rapidement la seule géopolitique. Il est aussi question des limites de nos démocraties, de la montée des populismes, du rôle des réseaux sociaux et de la fragilité de l’État de droit face aux tentations autoritaires. À travers des débats nourris sur Marine Le Pen, Viktor Orbán ou encore les « techno bros » de la Silicon Valley, Frédéric Martel plaide pour une défense assumée des valeurs démocratiques. « On ne peut pas être en désaccord sur l’État de droit », insiste-t-il dans une conversation dense, passionnée et profondément politique.

« Quand vous négociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du régime autour de la table ». Entretien avec le diplomate Jacques Audibert, négociateur du JCPOA sur le programme nucléaire iranien
Durée : 3708h00m28-05-202656.62 MB
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À l’heure où les tensions autour de l’Iran atteignent un nouveau sommet, le diplomate français Jacques Audibert nous ouvre les coulisses des négociations nucléaires menées pendant plus de cinq ans avec Téhéran. Ancien directeur des affaires politiques au Quai d’Orsay et acteur central du fameux accord de Vienne, il raconte de l’intérieur la mécanique complexe des discussions avec le régime iranien, les rapports de force entre grandes puissances et les fragilités d’un équilibre aujourd’hui en miettes. « Quand vous négociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du régime autour de la table. », explique-t-il. Dans cet entretien dense, Jacques Audibert déconstruit plusieurs idées reçues sur l’Iran et sur l’échec de la stratégie occidentale depuis le retrait américain du JCPOA. Il revient notamment sur les tensions entre alliés occidentaux, le rôle souvent méconnu de la diplomatie patiente et les erreurs stratégiques qui, selon lui, ont aggravé la situation actuelle. « L’utilisation de la force n’a conduit nulle part. », tranche-t-il. Audibert livre aussi une réflexion plus large sur la diplomatie contemporaine, les limites du rapport de force et les risques d’une escalade incontrôlée au Moyen-Orient. Entre anecdotes inédites sur les négociations secrètes, analyse du rôle de Donald Trump et regard inquiet sur le sort du peuple iranien, cet épisode de Contact propose une plongée rare dans les arcanes du pouvoir international. « Les diplomates sont les derniers à se parler avant la guerre et les premiers à se reparler après. ».

« La Chine s’est engagée dans une posture qui est plus que oeil pour oeil, dents pour dents ! » Entretien avec Alice Ekman, directrice de la recherche à l‘Institut d’études de sécurité de l’Union européenne.
Durée : 2925h00m21-05-202644.66 MB
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À l’heure où les tensions internationales se redessinent autour du tandem Washington-Pékin, la sinologue Alice Ekman livre une analyse dense et sans détour des ambitions chinoises et de la nouvelle phase de rivalité qui s’installe avec les États-Unis. Au lendemain du sommet entre Xi Jinping et Donald Trump, elle décrit une Chine « beaucoup plus dure en négociation », assumant désormais publiquement ses lignes rouges, notamment sur Taïwan, l’Iran ou les sanctions occidentales. « La Chine est de plus en plus dure en négociation et le fait de manière de plus en plus publique et ouverte », affirme-t-elle. Directrice de la recherche à l’Institut d'études de sécurité de l'Union européenne, Alice Ekman revient aussi sur la transformation idéologique opérée sous Xi Jinping : centralisation du pouvoir, purges internes, contrôle accru de la société et affirmation d’un modèle présenté comme une alternative au référentiel occidental. « Pour la Chine, l’objectif n’est pas uniquement de dépasser les États-Unis économiquement : c’est aussi de marginaliser leur référentiel politique », explique-t-elle. Derrière la puissance économique et technologique, elle décrit un régime obsédé par la stabilité politique et profondément marqué par la peur de l’effondrement soviétique. La chercheuse éclaire également les nouvelles solidarités géopolitiques qui se dessinent entre Pékin, Moscou et Téhéran. Entre soutien implicite à l’Iran, rapprochement stratégique avec la Russie et volonté de fédérer ce que Pékin appelle le « Sud global », elle décrypte une Chine qui cherche désormais à remodeler l’ordre international selon ses propres codes. « Il est temps de montrer au monde qui nous sommes vraiment », résume-t-elle en exposant la vision chinoise du monde, une vision où l’Occident n’est plus la référence, mais l’adversaire à dépasser.

« Depuis que je suis enfant, j’aime l’histoire, la guerre et la politique. C’est pas un choix, c’est comme ça. » Entretien avec Louis Sarkozy, essayiste, chroniqueur et conseiller municipal à Menton
Durée : 5221h00m14-05-202679.71 MB
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Entretien enregistré le 22 avril 2026. Figure médiatique et politique en ascension, Louis Sarkozy se livre dans un long entretien où se mêlent convictions idéologiques, récit intime et fascination pour l’histoire américaine. Entre réflexions sur le libéralisme, défense acharnée de la liberté d’expression et critique des nouvelles orthodoxies politiques, il assume une pensée à contre-courant, forgée autant par ses lectures que par son parcours atypique. « Le monde est rempli de mauvaises idées et de gens bêtes. Donc, une conclusion : on avance lentement », résume-t-il pour expliquer sa vision du conservatisme. Louis Sarkozy revient aussi sur son rapport à son nom, à son père et à l’héritage familial. Loin du discours victimaire souvent associé aux dynasties politiques, il affirme porter ce patronyme « comme un honneur », tout en racontant les conséquences très concrètes qu’il a eues sur son existence, notamment son exclusion de l’armée américaine, après avoir été soupçonné « d’influence étrangère ». L’entretien prend une tournure encore plus personnelle lorsque Louis Sarkozy évoque son passage dans une école militaire américaine, un univers qu’il décrit comme « extrêmement violent », mais fondateur. Il raconte comment cette expérience l’a arraché à une jeunesse protégée pour lui apprendre la discipline, la résistance et le goût de l’effort. « Il n’y a rien de pire qu’une vie de facilité », affirme-t-il, convaincu que les sociétés modernes produisent des individus trop éloignés de l’épreuve.

Sommet Trump-Xi Jinping à Pékin. La Chine va-t-elle se mouiller dans le détroit d’Ormuz ? Entretien avec François Godement, Expert Résident principal et Conseiller spécial – Asie et États-Unis à l'Institut Montaigne
Durée : 4866h00m07-05-202674.29 MB
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À quelques jours d’un important sommet Trump-Xi Jinping, François Godement, un des plus grands sinologues européens, décrypte une Chine plus opaque que jamais, à la croisée des tensions géopolitiques et des fragilités internes. Il dresse le portrait d’un régime à la fois sûr de sa trajectoire et inquiet de son environnement économique. « Les contentieux se sont accumulés, mais les raisons de parler aussi », résume-t-il, évoquant une rivalité sino-américaine où s’entremêlent dépendances commerciales, guerre technologique et calculs stratégiques. Derrière la puissance affichée, la Chine reste vulnérable aux soubresauts du commerce mondial. Sur le plan intérieur, l’équilibre du modèle chinois apparaît plus fragile qu’il n’y paraît. Croissance ralentie, crise immobilière persistante, inégalités massives : autant de signaux d’alerte pour un régime qui fonde sa légitimité sur la prospérité. « Si on ne rallume pas la consommation, […] la ligne actuelle est insoutenable », rapporte Godement, soulignant les débats internes qui traversent le pays. Mais mesurer le mécontentement réel relève du défi dans un système où « le contrôle […] est sans précédent », notamment grâce aux outils numériques. À l’international, la Chine avance avec prudence, notamment face aux crises comme celle impliquant l’Iran. Pékin privilégie ses intérêts économiques et évite toute prise de risque directe, tout en profitant des tensions pour renforcer son influence. « La Chine est devant un exercice d’équilibrisme », explique Godement, entre opportunisme stratégique et retenue diplomatique. Dans ce jeu de puissance, une constante demeure : la capacité chinoise à penser le temps long. Face à des démocraties occidentales fragmentées, le rapport de force pourrait bien se jouer moins sur l’instant que sur la durée.

« Il ne faut pas avoir peur de la vérité ». Les journalistes font-ils encore leur métier ? Entretien avec Franz-Olivier Giesbert
Durée : 4442h00m30-04-202667.81 MB
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Figure incontournable de la presse, passé par les plus grandes rédactions, Franz-Olivier Giesbert dresse le portrait d’un monde, celui de l’information, qu’il juge assez sévèrement. Mais derrière le polémiste se dessine aussi un parcours intime, marqué par des rencontres fondatrices, notamment celle avec Alberto Giacometti, et une ligne de conduite restée intacte : « N’écoute personne, fais-toi une opinion par toi-même ». Giesbert revendique une forme de liberté absolue, quitte à en payer le prix. « Ne faites pas carrière », lance-t-il aux jeunes journalistes, plaidant pour un métier exercé sans peur ni compromis. Une vision exigeante, presque brutale, du rôle d’informer, à rebours d’une profession qu’il juge aujourd’hui trop conformiste. Car c’est bien le journalisme contemporain qui se retrouve au cœur de ses critiques. Entre « vérités alternatives », pression idéologique et perte de repères, Giesbert s’inquiète d’une dérive profonde : « Il y a des choses qu’on ne peut plus dire ». À ses yeux, la disparition de figures indépendantes fragilise le débat démocratique, au profit d’un discours uniformisé. Dans un monde saturé d’informations et de tensions politiques, il appelle à retrouver une exigence fondamentale : « Il ne faut pas avoir peur de la vérité ». Une injonction qui résonne comme le fil rouge de cet échange dense et sans concession.

Comment les services secrets israéliens et américains ont-ils pénétré l’appareil de sécurité iranien ? Entretien avec le journaliste et spécialiste du renseignement Rémi Kauffer
Durée : 4382h00m23-04-202666.9 MB
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Le journaliste et spécialiste du renseignement Rémi Kauffer nous plonge au cœur d’un univers aussi discret que déterminant : celui des services secrets. À l’occasion de la parution de son Dictionnaire mondial de l’espionnage, il propose une lecture alternative de l’histoire contemporaine, où les opérations clandestines éclairent autrement les grands événements. « Il y a un certain nombre de choses que ça explique […], les historiens qui se privent de cette dimension ne comprennent pas toute l’histoire ». Kauffer décrypte les logiques à l’œuvre dans les conflits actuels, notamment au Moyen-Orient, où la guerre se joue autant dans l’ombre que sur le terrain. Entre assassinats ciblés, opérations psychologiques et infiltrations, les services secrets deviennent des acteurs centraux de la déstabilisation des États. « Le but de la manœuvre, c’est que vos adversaires s’autodétruisent », résume-t-il, insistant sur l’importance de la peur et de la paranoïa comme armes stratégiques. Derrière l’image d’omnipotence du Mossad se cache une mécanique fine, où la technologie et la manipulation psychologique se combinent pour affaiblir l’ennemi de l’intérieur. Mais au-delà des opérations spectaculaires, l’épisode met en lumière les ressorts profondément humains de l’espionnage : motivations, failles, loyautés. Qu’il s’agisse de recruter un agent ou de former un exécutant, tout repose sur une compréhension aiguë de la psychologie. « La raison principale, c’est le patriotisme », rappelle Kauffer, loin des fantasmes véhiculés par le cinéma. Dans un monde où les lignes entre alliés et adversaires se brouillent, le renseignement apparaît plus que jamais comme un révélateur des rapports de force, et des fragilités, qui structurent notre époque.

« Les Américains, en 1 mois de conflit, ont dépensé à peu près 50 milliards de dollars. Les chinois avec 50 milliards de dollars construisent 2500 km de train à voie rapide. » La suite de l’entretien avec Jacques Baud
Durée : 1680h00m14-04-202625.67 MB
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Dans la foulée d’un premier entretien consacré à ses sanctions par l’Union européenne, Jacques Baud prolonge la réflexion et élargit le regard. Au cœur de cet épisode : une actualité brûlante, marquée par l’escalade entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et ses répercussions sur l’équilibre mondial. « On a l’impression qu’on est dans quelque chose qui est totalement émotionnel », observe-t-il, dénonçant des logiques de confrontation de moins en moins rationnelles. À ses yeux, les grandes puissances occidentales reproduisent les mêmes erreurs, en s’engageant dans des conflits sans en mesurer les conséquences à long terme. L’ancien officier du renseignement pointe une constante : la sous-estimation des adversaires. De l’Afghanistan à l’Ukraine, en passant par Gaza, les conflits récents témoignent d’une lecture biaisée des rapports de force. « On lance des conflits sans réellement mesurer l’impact […] et avec une forme d’arrogance », tranche-t-il. Dans le cas iranien, il évoque une stratégie plus subtile qu’il n’y paraît, où la notion de « victoire décisive » ne signifie pas destruction totale, mais capacité à dissuader durablement l’ennemi. Une dynamique qui, selon lui, pourrait prolonger l’instabilité plutôt que la résoudre. Enfin, Jacques Baud analyse les conséquences globales de cette guerre, notamment sur le conflit en Ukraine et les équilibres géopolitiques. Il note un déplacement des priorités américaines vers le Moyen-Orient, au détriment de Kiev, et entrevoit un possible recul de la présence militaire américaine dans la région. En filigrane, une autre puissance tire son épingle du jeu : la Chine. « Nous, on dépense notre argent dans des conflits […]. Les autres […] construisent, ils éduquent », souligne-t-il, esquissant le portrait d’un monde en recomposition, où la puissance ne se mesure plus seulement à la force militaire, mais aussi à la capacité d’investir dans l’avenir.

10 Comment manger quand on est sanctionné par l’UE ? « J’ai été alimenté uniquement par des gens qui étaient choqués par l’attitude de l’UE, choqués par cette situation, et qui ont, de leur bon cœur, amené de la nourriture. » Entretien avec Jacques Baud et son avocat William Julié
Durée : 4066h00m09-04-202662.07 MB
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Jacques Baud, ancien officier du renseignement suisse, raconte comment sa vie a basculé après avoir été placé sur une liste de sanctions de l’Union européenne, sans procès ni avertissement préalable. Installé à Bruxelles, il découvre soudainement qu’il est accusé d’être « un propagandiste à la solde du Kremlin ». Une décision aux conséquences immédiates et brutales : comptes gelés, déplacements restreints, isolement financier. « Du jour au lendemain, je n’avais plus accès à de quoi me nourrir », résume-t-il, décrivant une situation qu’il qualifie lui-même de « kafkaïenne ». Aux côtés de son avocat William Julié, l’entretien plonge au cœur d’un mécanisme opaque, où la sanction précède toute forme de défense. Aucun jugement, aucune audience, mais une décision politique aux effets très concrets : « Lorsque vous êtes sanctionné, plus personne ne peut vous donner de l’argent », explique Me Julié, évoquant même une forme d’« intouchabilité » au sein de l’Union européenne. Ensemble, ils dénoncent une inversion du fardeau de la preuve et une atteinte potentielle aux principes fondamentaux de l’État de droit, notamment en matière de liberté d’expression. Au-delà du cas personnel, l’épisode soulève une question plus large : celle des limites du débat public en temps de guerre. Jacques Baud insiste sur son rôle d’analyste, affirmant n’avoir « jamais pris parti », mais simplement cherché à exposer les perceptions des deux camps dans le conflit ukrainien. « Dans mon cas, on sanctionne d’abord, et ensuite vient le procès », déplore-t-il. Pour ses défenseurs, cette affaire pourrait devenir un précédent majeur, révélateur des tensions croissantes entre sécurité, information et liberté dans l’espace démocratique européen.

11 Guerre en Iran. Le rappel brutal au réel:  « Nous sommes toujours dans un temps qui à l’échelle de la planète est le temps du pétrole et du charbon. » Entretien avec l’économiste Philippe Chalmin
Durée : 4121h00m02-04-202662.93 MB
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Philippe Chalmin est économiste et un des plus grands spécialistes mondiaux des commodités. Il estime que la guerre contre l’Iran vient acter une brutale réalité, celle d’un monde entré dans « le marché de l’incertain ». Alors que le détroit d’Ormuz est désormais perturbé, les repères vacillent. « Aujourd’hui, ma seule certitude est que demain sera différent d’aujourd’hui », résume-t-il, illustrant une volatilité extrême qui touche autant le pétrole que l’ensemble des grandes commodités. Gaz, pétrole, engrais, métaux, transport maritime : tout est affecté, jusque dans les chaînes d’approvisionnement les plus invisibles. Cette guerre agit comme un révélateur brutal : malgré les ambitions de transition, « les énergies fossiles font encore beaucoup fonctionner l’économie mondiale ». Résultat : un retour forcé aux réalités énergétiques, où le gaz, le charbon, et même le nucléaire, redeviennent des pivots stratégiques. Mais au-delà du choc immédiat, c’est la durée de la crise qui inquiète. Même dans le scénario le plus optimiste, prévient-il, « il faudrait six mois pour revenir à la normale ». Et encore, à condition d’un improbable apaisement géopolitique. Car cette guerre ne ressemble pas aux précédentes : imprévisible, fragmentée, elle redéfinit les rapports de force et rebat les cartes économiques mondiales au profit, notamment, de puissances comme la Russie. « Nous ne savons pas où nous allons », confie l’économiste, comparant notre époque à une ascension à l’aveugle. Entre instabilité chronique, dépendances énergétiques persistantes et recomposition géopolitique, cet épisode de Contact éclaire une certitude : la guerre en Iran n’est pas un événement parmi d’autres, mais un tournant.

12 « Je pense que tous les éléments sont réunis pour que la République islamique sombre [...], mais il faut en face que les oppositions iraniennes [...] soient soutenues par l’Occident. » Entretien avec le journaliste et grand reporter Emmanuel Razavi
Durée : 4977h00m23-03-202675.97 MB
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Dans cet épisode de Contact, nous recevons le journaliste et grand reporter Emmanuel Razavi, spécialiste du Moyen-Orient et fin connaisseur de l’Iran. Né d’un père iranien et d’une mère française, il raconte un parcours façonné par deux cultures et une curiosité précoce pour les bouleversements politiques qui ont marqué son pays d’origine. De la révolution de 1979 à ses reportages sur le Hezbollah ou les réseaux d’influence iraniens, il propose une lecture engagée et incarnée d’un régime qu’il n’a cessé d’enquêter. « J’ai toujours eu la parole très libre », souligne-t-il, revendiquant un regard construit autant par son histoire personnelle que par son expérience de terrain. Mais cet entretien prend une dimension particulière : en raison de ses enquêtes, Emmanuel Razavi vit aujourd’hui sous protection policière. « Ma vie est menacée en raison des enquêtes que j’ai publiées », explique-t-il, évoquant notamment ses travaux sur les réseaux iraniens et les activités clandestines du régime. Au fil de la discussion, il développe une réflexion plus large sur le rôle du journaliste et la difficulté d’atteindre une véritable objectivité. « Je ne cherche pas l’objectivité pour l’objectivité », affirme-t-il, préférant revendiquer une démarche ancrée dans le réel et assumant un engagement en faveur de la démocratie. De la révolution iranienne à l’influence contemporaine du régime, il décrit un système qu’il juge profondément idéologique et expansionniste. Un échange dense, où se mêlent analyse géopolitique et témoignage personnel, et qui pose une question essentielle : peut-on encore dire librement ce que l’on voit lorsque cela met sa propre sécurité en jeu ?

13 Le fascisme, ça ne sort pas d’un chapeau de magicien : « c’est un glissement tranquille. » Entretien avec l’auteur et chercheur Jonathan Durand Folco
Durée : 4492h00m19-03-202668.58 MB
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Dans son essai, Le fascisme tranquille, Jonathan Durand Folco propose une réflexion ambitieuse et dérangeante sur l’état de nos démocraties. Il explique pourquoi le mot « fascisme » doit être manié avec prudence, mais ne doit pas non plus être évacué du débat public. « Le mot en F est utilisé à toutes les sauces », reconnaît-il, mais certaines dynamiques contemporaines - peur, insécurité, défiance envers les institutions - créent, selon lui, un terrain propice à un glissement plus insidieux vers l’autoritarisme. Loin d’annoncer un basculement brutal, Durand-Folco parle plutôt d’un phénomène diffus, presque imperceptible. « Le fascisme n’est pas seulement un régime politique : c’est aussi une attitude, une manière de voir l’autre et la société », explique-t-il. Ce qu’il appelle le « fascisme tranquille », c’est précisément ce processus graduel par lequel certaines idées, certains réflexes autoritaires ou identitaires s’installent peu à peu dans l’espace public. « C’est quelque chose qui s’installe progressivement, parfois à notre insu, dans nos têtes, dans nos interactions sociales. » Mais l’essai est aussi un appel à repenser la démocratie elle-même. Pour l’auteur, les démocraties libérales actuelles restent fragiles parce qu’elles reposent largement sur la délégation du pouvoir. « La démocratie, ce n’est pas seulement voter tous les quatre ans », rappelle-t-il. « Une démocratie forte serait une société où les citoyens participent réellement aux décisions qui les concernent. » Entre montée de l’autoritarisme, crises économiques et défiance politique, la question demeure : nos démocraties sont-elles encore capables de se réinventer avant qu’il ne soit trop tard ?

14 « La liberté politique n’est pas un besoin fondamental, dans la mesure où nos véritables besoins sont satisfaits. » Entretien avec le professeur agrégé de science politique Jean-François Caron
Durée : 4661h00m12-03-202671.16 MB
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Entretien enregistré le 12 janvier 2026. Professeur agrégé de science politique, installé depuis plus d’une décennie au Kazakhstan et actuellement en poste à l’Université américaine d’Arménie, Jean-François Caron revient au micro de Contact pour interroger l’un des grands angles morts de notre époque : la fragilisation de l’esprit démocratique face à la montée des régimes autoritaires. Dans son prochain ouvrage, The Authoritarian Social Contract and the erosion of democratic legitimacy, Caron développe une thèse dérangeante : la démocratie n’est plus jugée à l’aune de ses idéaux, mais de sa capacité à satisfaire des besoins fondamentaux. « La liberté politique n’est pas un besoin essentiel, dit-il, si la sécurité, le bien-être matériel et la liberté personnelle sont garantis. » En s’appuyant sur des exemples allant de l’Union soviétique post-stalinienne au Salvador de Nayib Bukele, il explique pourquoi certains citoyens sont prêts à renoncer à une part de leurs libertés politiques en échange d’un État perçu comme efficace, protecteur et prospère. « Le problème de la démocratie, ce n’est pas le vote, c’est ce qui se passe entre les élections », affirme Caron, inquiet d’un climat où la contradiction devient suspecte. Face à des modèles de « capitalisme autoritaire » qui semblent parfois plus performants, il pose une question vertigineuse : la démocratie est-elle encore compétitive — ou devra-t-elle, pour survivre, se réinventer au risque de se renier ?

15 Attention, danger : L’IA vous connaît déjà mieux que vous vous connaissez ! Entretien avec l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati
Durée : 3317h00m05-03-202650.65 MB
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Entre accélération technologique et nécessité de ralentir, l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati pose un diagnostic sans détour sur le monde qui vient. Né en Algérie, entrepreneur français engagé dans le numérique et fondateur du mouvement Objectif France, il réfléchit depuis plusieurs années aux bouleversements politiques, économiques et anthropologiques provoqués par l’intelligence artificielle. Rafik Smati lance un cri d’alarme. L’IA accélère un enjeu de souveraineté technologique qui révèle la très grande dépendance de l’Europe et du Canada. « Nous sommes devenus des colonies numériques des États-Unis », avance-t-il, inquiet du retard face aux investissements colossaux des géants technologiques. Comparant la révolution de l’IA à la découverte du feu, il évoque une mutation « vertigineuse » capable de transformer le travail, la santé et jusqu’à la nature humaine elle-même - une transition historique dont, selon lui, nous ne mesurons pas encore pleinement les conséquences. Père de deux adolescents sans smartphone ni réseaux sociaux, Smati assume un choix à contre-courant qu’il présente non comme une interdiction, mais comme une responsabilité parentale. « Le courage, ce n’est pas l’interdiction. Le courage, c’est l’éducation. », affirme-t-il, plaidant pour préserver chez les enfants un luxe appelé à disparaître : le droit à l’ennui. Pour lui, la révolution numérique impose surtout de repenser notre rapport au temps, en apprenant à accélérer lorsque nécessaire tout en conservant des espaces de recul et de réflexion.

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