Dernière émission Archives d'Afrique le 28 octobre 2023. L'histoire contemporaine de l'Afrique à travers ses grands hommes. Illustrée d'archives sonores et de témoignages des acteurs encore vivants. Nul n'a le droit d'effacer une page de l'histoire d'un peuple, car un peuple sans histoire est un monde sans âme. Une émission présentée par Alain Foka. Journaliste coordinatrice d’émission : Delphine Michaud. Réalisateur : Olivier Raoul. *** Diffusions le samedi vers toutes cibles * (+ Afrique* + FM Paris*, à 08h10 TU) * = une semaine sur deux ; et à 22h10 TU vers toutes cibles. À partir du 4 novembre 2023, l'émission sera remplacée provisoirement par des diffusions de podcasts.
24 épisodes disponibles en replay et MP3
Mali, mardi 19 novembre 1968. Il est 7 heures du matin, l’heure des informations à la radio nationale. Pourtant, à la place du bulletin traditionnel, le média d’État diffuse de la musique. Des chansons du vieux griot Banzoumana Sissoko qui évoquent l’époque du Grand Mali, des grands Empires. Le changement de programme suscite la curiosité des habitants de la capitale Bamako. Que se passe-t-il donc ? Peut-on craindre un coup de force ? Où se trouve le président Modibo Keïta ?
Modibo Keïta ne peut se résoudre à l’éclatement de la Fédération du Mali. Comment a-t-on pu mettre fin à une union, un regroupement qui devait servir de socle, de base à la construction de l’unité africaine ? Alors que le Sénégal de Léopold Sedar Senghor tourne vite la page, Modibo Keïta fait les yeux doux à la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et forme l'Union des États ouest-africains avec le Guinéen Sékou Touré et Kwamé Nkrumah du Ghana.
Modibo Keïta ne peut se résoudre à l’éclatement de la Fédération du Mali. Comment a-t-on pu mettre fin à une union, un regroupement qui devait servir de socle, de base à la construction de l’unité africaine ? Alors que le Sénégal de Léopold Sedar Senghor tourne vite la page, Modibo Keïta fait les yeux doux à la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et forme l'Union des États ouest-africains avec le Guinéen Sékou Touré et Kwamé Nkrumah du Ghana.
Premier président de la République du Mali, Modibo Keïta était un fervent partisan du panafricanisme. L’unité africaine passait même avant la souveraineté de son propre pays. Retour dans Archives d’Afrique sur le parcours de ce leader qui a marqué durablement l’histoire contemporaine du Mali et de l’Afrique de l’Ouest tout entière.
En cette année 1985, le Mozambique est au plus mal. Les accords de N’Komati signés quelques mois plus tôt n’ont pas permis de ramener la paix, et la guerre civile et son cortège de mutilations ont quasiment vidé le pays de sa population. Le développement promis lors de l’accession à l’indépendance semble bien loin au regard de cette famine qui frappe durement le pays. Au regard aussi de l’insécurité qui touche désormais la capitale Maputo.
Le 25 juin 1975, le Mozambique accède à l'indépendance. Samora Machel, l'ancien guérillero qui proclame l’accession du pays à la souveraineté internationale, hérite d'un territoire de plus de 9 millions d'habitants et d’une économie en ruine. 90% de la population est analphabète et les cadres manquent cruellement pour reconstruire la nation après le départ de la majorité des colons blancs. Une priorité s’impose : l’enseignement pour tous.
Au Mozambique, en cette première moitié de la décennie 70, le climat est particulièrement tendu entre les différentes communautés. Face à l’intransigeance et à la surdité de Lisbonne, les nationalistes sont plus que jamais déterminés à conquérir leur liberté par les armes. Tandis que les combats s’intensifient, un évènement va venir précipiter les choses : la révolution des Œillets et la chute de la dictature de Salazar au Portugal…
Dans l’ambiance des indépendances qui se succèdent, le jeune Mozambicain Samora Machel est séduit par le combat. Le déclenchement de la lutte de libération en Angola en 1961, puis l’accession à l’indépendance du Tanganyika vont l’amener à quitter la vie civile pour s’engager dans la lutte nationaliste. Qui est ce personnage qui ose défier ainsi le Portugal de Salazar ?
Au Burkina Faso, ce 15 octobre 1987, la radio diffuse de la musique militaire depuis le milieu de l’après-midi. Un peu plus tard, un communiqué laconique est diffusé.
15 octobre 1987. C’est Jeudi, jour du sport de masse. Vêtu d’un tee-shirt blanc et d’un pantalon de jogging rouge, le président Sankara prend place dans la Peugeot 205 noire qui lui sert de véhicule présidentiel ce jour-là. Comme à son habitude, il est en retard pour sa réunion, puisqu’il est déjà 16h20 lorsqu’il arrive au Conseil de l’entente. (Rediffusion)
Si le Capitaine Sankara, avec ses discours sur la promotion d’une Afrique décomplexée, une Afrique qui doit se prendre en main, conquit les jeunes Africains de tout âge, il a dans le même temps de plus en plus de mal à conduire avec sérénité la révolution burkinabè dont il est le leader. En interne, une opposition souterraine s’emploie à diviser, à opposer les principaux acteurs du changement.
Thomas Sankara, président du Burkina Faso, mène une diplomatie particulièrement active, sa voix porte à l’international. Usant d’un franc-parler et d’une audace rares pour un dirigeant de l’époque. Et il ne se gêne pas pour exprimer des critiques vis-à-vis de certains de ses voisins, en particulier à l’égard du Mali. Un affront que n’entend pas laisser passer Moussa Traoré, le dirigeant malien.
Si le président Thomas Sankara se réjouit de la bonne santé de la révolution, c’est parce qu’en deux ans le visage de son pays, mais également et surtout les esprits des populations, ont considérablement changé. La Haute-Volta, rebaptisée Burkina Faso, ressemble à un vaste chantier à ciel ouvert. Le peuple travaille, bâtit, se mobilise. Il gouverne à travers les Comités de défense de la révolution qui rendent la justice à travers les tribunaux populaires révolutionnaires.
Les actes forts et symboliques se multiplient en cet an 2 de la révolution sankariste : réorganisation agraire et foncière, baisse des frais de scolarité, journée des maris au marché, lancement de l’opération 7 000 villages, 7 000 terrains de sport. Il est également question de la santé des populations, le premier objectif étant de vacciner deux millions et demi d’enfants en 15 jours contre la rougeole, la méningite et la fièvre jaune. Et chacun est invité à pratiquer une activité sportive.
Depuis quelques mois, en cette seconde partie de l’année 1983, la Haute-Volta vit au rythme de la révolution. Un quarteron de Capitaines nourri aux théories de gauche a décidé de redonner à leur pays sa dignité. Un engagement qui passe par une lutte acharnée contre la corruption et la gabegie, mais également par le partage des richesses. Mais pour partager, il faut produire. L’austérité imposée par Sankara séduit et fait évoluer les mentalités.











