16 Guerre au Moyen-Orient : « Les Libanais se sentent prisonniers d’une ingérence étrangère », dénonce l’autrice Manal Salamé
David Abiker s'entretient avec Manal Salamé, autrice du roman Habibi Beyrouth. Cette écrivaine d'origine libanaise partage un regard intime et nuancé sur son pays meurtri par les crises successives.
Manal Salamé, photographe de formation, a choisi de raconter la réalité libanaise à travers une fiction autobiographique. Son personnage principal, Amal, est une femme de la diaspora qui retourne au Liban pour refaire sa carte d'identité, mais qui se retrouve finalement happée par la quête de ses propres racines. À travers ce prétexte administratif, l'autrice explore les questions d'identité et de réconciliation dans un pays marqué par la diversité de ses communautés.
Loin des clichés qui réduisent souvent le Liban à la guerre ou à la résilience, Manal Salamé dépeint avec finesse la complexité de son pays natal. Elle déconstruit notamment l'idée reçue selon laquelle appartenir à une communauté religieuse ou politique équivaut automatiquement à soutenir telle ou telle faction. Ses témoignages sur le quotidien de ses proches vivant à Beyrouth saisissent l'angoisse et la colère face à une situation géopolitique instable.
Malgré ce contexte difficile, l'autrice affirme cependant sa foi en la réconciliation des communautés libanaises. Elle s'appuie sur son expérience de la vie en communauté pour montrer que les divisions sont davantage le fait de manœuvres politiques que d'une incompatibilité entre les différents groupes. Avec Habibi Beyrouth, Manal Salamé offre ainsi un regard nuancé et optimiste sur un Liban qu'elle chérit profondément.
Cet épisode de L'invité de la matinale est une invitation à découvrir une vision intime et engagée du Liban, loin des représentations stéréotypées. À travers le parcours d'Amal, Manal Salamé nous fait voyager au cœur des questionnements identitaires d'un pays tiraillé entre ses multiples appartenances.
17 Guerre en Ukraine : « Poutine est nerveux car ça ne va pas très bien pour la Russie » observe l’experte en défense Ulrike Franke
On dit parfois que si la Russie n'a pas gagné la Guerre en Ukraine, au bout de 4 ans et demi, l'Ukraine n'a pas non plus perdu. Pour Ulrike Franke, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) et experte en question de sécurité et de défense, le pays de Volodymyr Zelensky tient bon. Et non seulement il tient bon, mais selon elle, « l'armée ukrainienne est la seule au monde capable de mener une guerre de drones». Elle était l'invitée de la matinale de Radio Classique ce lundi.
18 Gilles Jacob, la correspondance intime des grands noms du cinéma mondial
Dans cet épisode, David Abiker reçoit Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, pour parler de son ouvrage En fidèle amitié, une fascinante compilation de lettres échangées avec les plus grandes personnalités du 7e art au cours de ses 75 années de passion pour le cinéma.
Gilles Jacob, figure emblématique du Festival de Cannes, nous ouvre les portes de sa riche correspondance, véritable trésor de confidences et d'anecdotes sur la vie intime des stars et des réalisateurs qui ont marqué l'histoire du cinéma mondial. De Juliette Binoche à Isabelle Huppert, en passant par Kurosawa, Truffaut ou encore Sergio Leone, ce livre dévoile une facette méconnue de ces artistes, loin des projecteurs.
L'invité de David Abiker raconte comment, dès son adolescence, il a commencé à conserver précieusement ces lettres, témoignages d'une époque où la communication était encore manuscrite. Il évoque les défis qu'il a dû relever pour apprivoiser les plus grands noms du cinéma et les convaincre de venir présenter leurs films à Cannes, tout en préservant leur intimité.
Un moment fort de l'entretien est lorsque Gilles Jacob revient sur sa relation privilégiée avec certains acteurs, comme Juliette Binoche, qui n'hésitaient pas à se confier à lui sur leurs doutes et leurs joies personnelles. Ces confidences, jamais destinées à être publiées, offrent un regard unique sur la vie de ces artistes hors normes.
Au-delà des coulisses du Festival de Cannes, c'est toute l'histoire du cinéma mondial qui se dévoile à travers cette correspondance. Des anecdotes savoureuses, comme lorsque Gilles Jacob évoque ses échanges musclés avec le producteur Harvey Weinstein, viennent ponctuer ce passionnant entretien.
Loin d'être un simple ouvrage de cinéphile, En fidèle amitié se révèle être un témoignage intime sur l'âme des plus grands artistes du 7e art, une fenêtre ouverte sur leur humanité. Un épisode captivant à ne pas manquer pour tous les amateurs de cinéma et de belles histoires.
19 Georges Pompidou se savait malade avant de gouverner, les révélations du journaliste Patrice Duhamel
David Abiker reçoit Patrice Duhamel, auteur du livre « Le crépuscule des dieux », qui lève le voile sur les derniers mois de la vie de Georges Pompidou, alors président de la République.
Patrice Duhamel a eu accès à des documents inédits, notamment le journal intime du professeur Jean Bernard, médecin personnel de Georges Pompidou, qui révèle des informations inédites sur la maladie du président. Dès 1968, le professeur Bernard diagnostique une leucémie lymphoïde chronique chez Pompidou, mais ce dernier choisit de se taire et de se présenter à l'élection présidentielle de 1969, malgré sa santé défaillante.
L'invité explique comment l'entourage de Pompidou et l'ORTF, le média d'État de l'époque, ont alors mis en place un véritable mensonge d'État pour dissimuler la gravité de la maladie du président aux Français. Patrice Duhamel, qui était lui-même journaliste à l'ORTF, raconte avec émotion comment il a dû se plier aux consignes de ne pas filmer de gros plans du président, afin de cacher son état de santé.
Au fil du témoignage poignant de Patrice Duhamel, on découvre le courage et la souffrance de Georges Pompidou, qui a continué à exercer ses fonctions jusqu'à la fin, malgré une santé défaillante. Le journaliste soulève également des questions éthiques et démocratiques sur le secret qui entoure la santé des présidents de la République.
Cet épisode captivant offre un éclairage inédit sur une page sombre de l'histoire politique française, et interroge sur la transparence nécessaire dans la gestion de la santé des plus hauts responsables de l'État.
20 Crise de l’eau : « Il y a des polluants éternels, on paie le prix de notre développement industriel » analyse l’essayiste Simon Porcher
David Abiker reçoit Simon Porcher, professeur à l'Université Paris-Dauphine et auteur de Nous sommes faits d’eau, l’avenir d’une ressource vitale aux éditions Les Corps Conducteurs. Ensemble, ils explorent les multiples facettes de la crise de l'eau qui frappe la France et le monde, et proposent des pistes ambitieuses pour y faire face.
Dès le début, Simon Porcher dresse un constat alarmant : la France fait face à une véritable érosion de ses ressources en eau, avec des crises de quantité, de qualité et des inondations de plus en plus fréquentes. Il met en garde contre le risque d'une rupture brutale, avec des coupures d'eau de plus en plus régulières et des pollutions qui perdurent pendant des décennies.
L'invité souligne que le prix dérisoire de l'eau en France, à seulement 4 euros le mètre cube, est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. D'un côté, cela permet un accès universel à une eau de qualité, mais de l'autre, cela freine les investissements nécessaires pour rénover un réseau vieillissant et fuyard. Simon Porcher plaide ainsi pour une tarification saisonnière, plus élevée en été quand les ressources sont rares, afin d'inciter les usagers à la sobriété.
Un autre sujet central abordé est le faible taux de recyclage des eaux usées en France, qui n'atteint que 1% contre 90% en Israël. Porcher explique que cette différence s'explique par des réglementations plus strictes en France, où l'eau potable est considérée comme irréprochable, contrairement à d'autres pays où l'on n'hésite pas à réutiliser des eaux traitées pour l'irrigation ou le nettoyage des rues.
L'invité revient également sur les conflits d'usage autour de l'eau, comme les récentes tensions à Sainte-Soline autour de la construction de méga-bassins de rétention. Il souligne la nécessité d'une vision à long terme et d'une meilleure coordination entre les différents ministères impliqués.
Porcher salue l'exemple de Singapour, qui s'est fixé l'objectif ambitieux d'atteindre l'autonomie en eau d'ici 2060, en misant sur le recyclage, le dessalement et la capture des eaux de pluie. Il estime qu'une telle stratégie, assortie d'une implication forte des citoyens, serait bénéfique pour la France.
Cet épisode passionnant offre un éclairage de premier plan sur les enjeux cruciaux liés à l'eau, invitant les auditeurs à prendre conscience de l'urgence d'agir pour préserver cette ressource vitale.
21 Terrorisme : « on constate un rajeunissement des individus, l’immense majorité a moins de 21 ans » déclare Céline Berthon, DG de la DGSI
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Céline Berthon, DG de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), pour aborder les enjeux de sécurité et de lutte antiterroriste auxquels la France est confrontée.
Céline Berthon commence par dresser un constat alarmant de la menace terroriste en France, qui serait à un niveau élevé depuis la fin de l'année 2023, sous l'effet de crises internationales comme les tensions dans le détroit d'Ormuz ou la situation au Proche-Orient. Elle révèle que les services antiterroristes ont déjoué neuf projets d'attentats en 2024 et sept en 2025, et que plusieurs autres ont été empêchés ces dernières semaines.
La patronne du Contre-Espionnage explique que la typologie des menaces a évolué, avec un rajeunissement notable des individus interpellés, qui se radicalisent souvent en ligne. Elle souligne également la résurgence de fragilités psychologiques et psychiatriques chez certains d'entre eux, ce qui complexifie l'analyse des actes préparatoires.
Au-delà du djihadisme, Céline Berthon met en lumière d'autres sources d'inspiration idéologique, comme l'ultra-droite ou l'ultra-gauche, qui peuvent également conduire à des projets d'action violente. Elle cite notamment l'exemple d'un jeune homme inspiré par l'idéologie Incel, qui voulait commettre un attentat dans un milieu scolaire.
La responsable de la DGSI insiste sur le rôle central joué par la consommation de contenus violents en ligne, qui peut désensibiliser les jeunes et les entraîner dans un processus d'endoctrinement, quelle que soit l'idéologie concernée.
Au-delà du terrorisme, Céline Berthon aborde également la question de l'ingérence et de l'espionnage, domaines dans lesquels la DGSI est également compétente. Elle souligne l'importance de protéger les secteurs stratégiques de l'économie et de la recherche contre les tentatives de déstabilisation et de vol d'informations confidentielles, y compris de la part d'États alliés comme les États-Unis.
Dans ce contexte, la patronne du Contre-Espionnage explique que la DGSI entretient des relations de confiance avec les grandes entreprises françaises, auxquelles elle prodigue des conseils pratiques et pragmatiques pour les aider à renforcer leur sécurité, sans pour autant se substituer à leur liberté d'action.
Malgré la gravité des menaces, Céline Berthon se veut rassurante, soulignant que la DGSI n'est pas seule dans cette mission, mais qu'elle s'appuie sur des milliers d'agents extrêmement professionnels et mobilisés, qui permettent d'obtenir des résultats concrets sur le terrain.
22 Mélenchon candidat pour 2027 : « Avec son programme économique, le déficit va flamber » alerte le prix Nobel Philippe Aghion
Le prix Nobel d’économie 2025 Philippe Aghion était l’invité de la matinale de Radio Classique. Au lendemain de l’annonce de la candidature pour la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, il a réagi au programme économique du leader de La France Insoumise. Il pointe des dépenses publiques massives, qui ne seront pas accompagnées de recettes fiscales adéquates. « C’est l’anti-Draghi », résume-t-il.
23 La musique de Bach, une passion intime et universelle, avec la pianiste Claire-Marie Le Guay
David Abiker reçoit la pianiste Claire-Marie Le Guay, passionnée par l'œuvre de Jean-Sébastien Bach. Ensemble, ils explorent les multiples facettes de cette musique qui a marqué la vie et la carrière de Claire-Marie, depuis ses débuts précoces jusqu'à aujourd'hui.
Dès les premières minutes, on est saisi par la ferveur avec laquelle Claire-Marie Le Guay évoque son amour pour la musique de Bach. Elle explique comment cette musique l'a aidée à se tenir plus droite, à se réparer et à s'élever spirituellement. Son récit révèle une véritable connexion intime avec l'œuvre du compositeur, qui l'a accompagnée depuis son plus jeune âge.
L'invitée confie également une hésitation initiale entre la voie du piano et une autre vocation, avant de se consacrer pleinement à sa carrière de pianiste. Cette confidence donne un éclairage fascinant sur les défis et les renoncements que peut impliquer le choix d'une telle carrière.
Au-delà de la passion musicale, Claire-Marie Le Guay partage sa fascinante découverte de la vie de Bach, de son parcours d'autodidacte, de sa famille nombreuse et de son travail acharné. Elle montre comment la connaissance de la biographie du compositeur a nourri sa compréhension et son interprétation de son œuvre.
Un moment fort de l'entretien est lorsque l'artiste évoque l'ambivalence de la musique de Bach, qui mêle le deuil et la consolation, les larmes et la lumière. Cette description poétique laisse entrevoir la profondeur émotionnelle que Claire-Marie Le Guay parvient à transmettre lorsqu'elle interprète les Variations Goldberg.
Tout au long de l'entretien, on sent l'immense respect et l'admiration de l'invitée pour le génie de Bach, mais aussi son humilité face à l'œuvre du compositeur. Elle partage ses réflexions sur la façon de se réapproprier une telle musique sans pour autant trahir l'esprit du créateur.
24 « La France et l’Europe disposent de bien plus d’atouts qu’elles ne le pensent », estime le géopolitologue François Heisbourg
Dans cet épisode, l'expert en géopolitique François Heisbourg analyse les enjeux géopolitiques majeurs du moment, notamment la réduction annoncée des troupes américaines en Allemagne et les tensions autour du détroit d'Ormuz. Il explique comment les marchés financiers peuvent devenir un contre-pouvoir face aux décisions politiques, et comment l'Europe peut gagner en autonomie stratégique face aux grands prédateurs. Il revient également sur la défaite d'Orban en Hongrie et sur l'importance d'avoir des dirigeants expérimentés en politique étrangère pour relever ces défis.
25 Bruno Le Maire : « La dette n’est pas une question de personne, mais de modèle »
L'ancien ministre des Finances publie un livre sur son expérience au cœur du pouvoir, Le Temps d'une décision. Accusé d'avoir contribué à l'augmentation de la dette, il estime en prendre sa part de responsabilité, mais souligne que depuis qu'il est parti, elle a augmenté de 250 milliards d'euros. Plutôt que d'accabler les personnes, mieux vaut régler le problème de fond.
26 « L'IA vous protège de ce que vous n'avez pas envie de savoir, et vous isole », affirme Bruno Patino
David Abiker s'entretient avec Bruno Patino, président d'Arte France, autour de son essai Le temps de l'obsolescence humaine. Ensemble, ils explorent les enjeux fascinants de l'intelligence artificielle et son impact grandissant sur nos vies.
Tout au long de la discussion, Bruno Patino partage ses réflexions profondes sur la façon dont les technologies numériques transforment notre rapport au monde et aux autres. Il revient notamment sur la notion d'obsolescence humaine, en référence aux écrits visionnaires de Günther Anders, et explique comment l'omniprésence des agents d'intelligence artificielle dans notre quotidien est en train de modifier nos comportements et notre perception de la réalité.
Un moment fort de l'entretien est lorsque Bruno Patino décrit ce qu'il appelle l'ère de l'imbrication entre l'homme et la machine. Il met en lumière les paradoxes de cette révolution numérique, qui devait à l'origine nous rassembler, mais qui finit par nous isoler les uns des autres, nous enfermant dans des bulles de filtre où nous dialoguons en réalité avec des versions de nous-mêmes.
Le président d'Arte France soulève également des questions essentielles sur la gouvernance et la responsabilité de ces intelligences artificielles, qui doivent être encadrées pour préserver un univers numérique humaniste. Il plaide pour que l'audiovisuel public joue un rôle central dans cette mission, en tant que garant d'un espace d'information et de culture commun, affranchi des logiques marchandes.
Cet épisode passionnant vous invite à réfléchir sur les enjeux sociétaux majeurs que soulève l'essor de l'intelligence artificielle, et sur le rôle crucial que peuvent jouer les médias pour nous aider à naviguer dans cette nouvelle ère technologique.
27 «La critique anti-occidentale est d'abord née en Occident», souligne le sociologue Frédéric Martel
Le sociologue et journaliste Frédéric Martel, spécialiste des États-Unis, est l'auteur de « Occidents, Enquête sur nos ennemis » (Plon).
Il partage les résultats de son enquête approfondie menée pendant huit ans dans 52 pays, à la rencontre des principaux idéologues qui s'opposent à l'Occident.
Le dialogue s'ouvre sur la figure emblématique de Steve Bannon, théoricien de la droite alternative américaine et artisan de l'élection de Donald Trump. Martel explique comment, bien que Bannon soit un personnage sérieux et influent, ses discours reposent sur des idées erronées et fantasmées sur l'Occident. Il en va de même pour d'autres figures comme Alexandre Douguine, idéologue russe proche de Poutine, qui prônent un retour à un passé médiéval fantasmé.
L'auteur révèle ensuite ses entretiens avec des responsables du Hezbollah et du Hamas, offrant un éclairage saisissant sur la nature de leur opposition à l'Occident. Loin d'être seulement une critique politique, cette hostilité s'enracine dans une volonté de maintenir leur pouvoir dictatorial et de s'opposer à la démocratie.
Martel souligne que ces discours anti-occidentaux ne sont pas l'apanage des régimes autoritaires, mais trouvent également leur source au sein même de l'Occident, chez des intellectuels comme Edward Saïd ou Frantz Fanon. Il montre comment ces critiques, nourries d'un héritage marxiste et anticolonialiste, sont ensuite récupérées et déformées par les régimes en place pour servir leurs propres intérêts.
L'auteur évoque également le cas de la Hongrie d'Viktor Orbán, qu'il considère comme un cheval de Troie au sein de l'Europe, reprenant les codes de l'extrême droite tout en se positionnant encore dans le champ de la droite conservatrice. Un exemple parmi tant d'autres de la complexité des lignes de fracture idéologiques qui traversent aujourd'hui l'Occident.
28 « Une société a besoin de bons citoyens, mais il faut rester un outsider, ne pas rentrer dans la pensée commune » assure Fanny Ardant
29 Déjeuner entre Jordan Bardella et le Medef : « nous traitons tous nos interlocuteurs, tous les chefs de partis, sur un pied d'égalité » affirme Patrick Martin
30 Loi fin de vie : « ce texte est d’une grande violence pour les personnes malades » selon Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs
Marc Bourreau reçoit Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs à Narbonne et responsable du plaidoyer de la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs.
Claire Fourcade vient présenter son nouveau livre, 'Fin de vie, manuel de résistance', qui paraît aux éditions Fayard. Ce livre est publié alors que le débat sur le droit à l'aide à mourir fait rage au Parlement . La médecin partage son point de vue critique sur ce projet de loi, qu'elle juge 'd'une grande violence' envers les personnes malades et les soignants.
Au cœur de cette discussion, Claire Fourcade explique pourquoi il est selon elle impossible de définir des critères stricts pour encadrer l'euthanasie. Elle souligne les risques d'injustice et de désignation arbitraire de patients éligibles, alors que la plupart d'entre eux demandent simplement à être accompagnés jusqu'au bout.
L'invitée revient également sur le quotidien des services de soins palliatifs, qui sont souvent sous-dotés et méconnus du grand public. Elle déplore que seule la moitié des personnes ayant besoin de ces soins y aient réellement accès, faute de moyens et de volonté politique. Un véritable 'scandale' selon elle.
Malgré ce sombre constat, Mme Fourcade se veut optimiste et appelle à la 'résistance'. Elle met en avant la 'créativité' et l''inventivité' des équipes soignantes qui, au quotidien, s'efforcent d'accompagner chaque patient de manière singulière, en prenant en compte toutes les dimensions de leur souffrance.
31 L'ingénieur Franck Lirzin alerte sur «une succession de catastrophe» d'ici 2050, si l'Europe ne s'adapte pas au réchauffement climatique
Franck Lirzin, ingénieur expert de l'adaptation aux risques climatiques est l'invité de la matinale de Radio Classique. Auteur du livre Habiter un monde qui brûle, Franck Lirzin partage son expérience et ses réflexions sur les défis que pose le changement climatique pour nos sociétés.
L'entretien commence par un scénario de fiction saisissant, où l'Europe est frappée de plein fouet par des canicules et des sécheresses en 2050. Ce tableau alarmant permet d'introduire les enjeux de l'adaptation, que Franck Lirzin décrit avec précision. Il explique que si la prise de conscience est réelle, les mesures concrètes sont encore loin d'être à la hauteur, avec seulement 2 milliards d'euros investis l'an dernier, alors qu'il en faudrait quatre fois plus.
L'ingénieur détaille alors les différentes solutions techniques envisageables, du court terme comme l'installation de climatiseurs ou de brasseurs d'air, au long terme avec la construction d'infrastructures comme des digues ou la plantation d'arbres en ville. Mais il insiste sur l'importance de la dimension humaine et politique de l'adaptation, soulignant que ce défi nécessite une véritable impulsion des décideurs.
À travers des exemples concrets comme la ville de Valence en Espagne ou le village du Prêcheur en Martinique, Franck Lirzin montre que les solutions techniques existent, mais que leur mise en œuvre se heurte souvent à des obstacles financiers et à la difficulté d'acceptabilité par les populations concernées. Il évoque ainsi le dilemme auquel fait face Venise, entre le coût astronomique de la construction de digues et l'éventualité d'un déménagement de la cité des Doges.
Au-delà des aspects techniques, l'invité met en lumière les enjeux humains et sociaux de l'adaptation, comme l'accompagnement des habitants confrontés à des bouleversements de leur cadre de vie. Il souligne également le rôle crucial des politiques, qui peinent encore à s'emparer pleinement de ces questions.
Malgré ce constat alarmant, Franck Lirzin conclut sur une note d'espoir, en évoquant une utopie où l'Europe aurait réussi à s'adapter de manière résiliente et désirable. Un message qui invite les auditeurs à se projeter dans un avenir où l'adaptation au changement climatique serait une réalité.
32 Guerre au Moyen-Orient : « On a l'impression que le régime iranien est à bout de souffle», constate le politologue Gilles Kepel
Le politologue Gilles Kepel, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, analyse en détail la situation géopolitique tendue entre l'Iran et les États-Unis.
Alors que les États-Unis s'apprêtent à envoyer une délégation au Pakistan pour de nouvelles négociations de paix, l'Iran a décidé de boycotter ces pourparlers. Selon Gilles Kepel, cette décision iranienne fait suite à l'arraisonnement d'un pétrolier iranien par les États-Unis, qui ont tiré dans la salle des machines. Cette action a fourni un prétexte aux factions les plus dures du régime iranien pour refuser de négocier.
Cependant, l'analyste estime que les États-Unis ont repris l'initiative face à l'Iran. En construisant un contre-blocus dans la mer d'Arabie, Washington a réussi à empêcher les navires iraniens de traverser le détroit d'Ormuz, privant ainsi le régime de ses principales ressources financières issues de la vente de pétrole et de gaz. Gilles Kepel considère que le système iranien est à bout de souffle, fragilisé par les sanctions économiques et les divisions internes.
Le politologue souligne également les tensions au sein du régime iranien, entre les factions ouvertes aux négociations et les conservateurs intransigeants. Il note que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, semble être désormais l'otage de la clique des Gardiens de la Révolution, sans avoir la même autorité que son père, l'ancien guide suprême Khamenei.
Concernant le Liban, Gilles Kepel évoque la situation précaire de la trêve entre Israël et le Hezbollah, après la mort d'un soldat français de la FINUL lors d'une embuscade attribuée au Hezbollah. L'analyste souligne que cet incident révèle des failles dans le contrôle du Hezbollah sur ses agents au sud du Liban, et pose des questions sur la fiabilité du régime syrien de Bachar al-Assad, qui aurait permis le maintien de tunnels reliant la Syrie au Liban, utilisés autrefois pour faire passer des armes.
Enfin, Gilles Kepel s'interroge sur la marge de manœuvre du gouvernement libanais dans ces négociations, alors qu'Israël a créé une «ligne jaune» à l'intérieur du territoire libanais, dans laquelle il s'arroge le droit de tout détruire, y compris des biens appartenant à la communauté chrétienne. Une situation qui risque d'affaiblir considérablement le pouvoir libanais.
33 L'étonnante géométrie des lettres, avec le mathématicien Etienne Ghys
Dans cet épisode passionnant de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Étienne Ghys, éminent mathématicien et directeur de recherche au CNRS. Étienne Ghys, fils d'imprimeur, nous entraîne dans un fascinant voyage à travers l'histoire et la géométrie des lettres.
Les lettres que nous utilisons quotidiennement sont porteuses d'une riche histoire, d'une géométrie subtile, et influencent même notre manière de penser.
Le mathématicien-géomètre nous fait découvrir comment les humanistes de la Renaissance se sont inspirés de l'Antiquité pour dessiner de nouvelles lettres, adaptées au corps humain. Il nous fait revivre les travaux passionnants de Luca Pacioli, qui a décrit dans ses moindres détails la construction géométrique de chaque lettre. Étienne Ghys nous montre que derrière l'apparente simplicité des lettres se cache une véritable œuvre d'art.
Mais l'invité ne s'arrête pas là. Il nous alerte sur l'influence politique des lettres, citant l'exemple des choix typographiques de l'administration Trump, jugés trop woke. Il s'interroge également sur l'impact de l'écriture inclusive, qui transforme fondamentalement notre lecture.
L'un des moments forts de l'entretien est lorsqu'Étienne Ghys nous fait part de son expérience dans une classe d'école primaire, où il a fait découvrir aux enfants les magnifiques alphabets du XIXe siècle. Il nous fait partager son émerveillement face à la difficulté des enfants à reproduire avec leur corps les formes des lettres, nous rappelant que la lecture est un processus complexe qui s'apprend.
Enfin, Étienne Ghys nous éclaire sur l'évolution de notre rapport aux lettres, du crayon à la machine à écrire jusqu'au smartphone. Il nous invite à ne pas craindre la disparition des lettres, mais à nous ouvrir aux nouvelles formes qu'elles peuvent prendre dans notre monde numérique.
Cet épisode de L'invité de la matinale est une véritable invitation à redécouvrir les lettres sous un jour nouveau, à travers le prisme passionnant des mathématiques et de la géométrie. Un entretien captivant qui ravira tous les amateurs de belles lettres et d'histoire des sciences.
34 « On perd de vue l’idée qu’on peut confier des décisions à l’IA parce qu’on peut faire des choses plus intéressantes » souligne Olivier Sibony
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Olivier Sibony, professeur à HEC Paris et à l'Université d'Oxford, spécialiste de la décision stratégique. Ensemble, ils explorent les enjeux passionnants de la prise de décision à l'ère de l'intelligence artificielle.
Olivier Sibony commence par expliquer l'émergence relativement récente des sciences de la décision, qui étudient de manière transversale les processus décisionnels, s'appuyant sur des disciplines comme l'économie, les mathématiques et la psychologie cognitive. Il souligne notamment l'importance cruciale de la notion de probabilité, qui a permis de passer d'une évaluation des décisions sur leurs seuls résultats à une analyse ex ante des risques.
Le professeur partage ensuite son regard avisé sur la communication et la mise en scène des décisions politiques, illustrant son propos par l'exemple des interventions médiatiques de Donald Trump. Il explique comment le simple fait d'affirmer une décision peut parfois en produire des résultats, même involontaires.
Le cœur de l'entretien porte sur les usages de l'intelligence artificielle dans la prise de décision. Olivier Sibony et son co-auteur Éric Hazan ont cartographié dans leur ouvrage les différentes situations où l'IA peut s'avérer supérieure à l'humain, comme en radiologie ou pour l'optimisation des ressources économiques. Mais ils soulignent également les domaines où la décision humaine doit être préservée, comme la justice ou la politique, en raison de considérations éthiques et de la valeur intrinsèque du jugement humain.
35 Guerre au Moyen-Orient : « On dit que le régime iranien tient bon, ce n’est pas vrai. Economiquement c’est catastrophique » selon le chercheur Farid Vahid
Farid Vahid est co-directeur de l’Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la fondation Jean Jaurès, spécialiste de l'Iran. Il explique que si les négociations ont eu lieu, c'est que la guerre ne peut pas durer, ni pour l'Iran, ni pour les Etats-Unis.
Farid Vahid commence par analyser la dernière décision de Donald Trump, à savoir le blocus américain sur les pétroliers et les bateaux iraniens. Il explique que cette mesure, bien que rationnelle d'un point de vue géopolitique et économique, a des conséquences désastreuses pour l'Iran, dont la situation économique est au bord du gouffre avec une inflation dépassant les 50%. Cependant, il souligne que les États-Unis ne peuvent pas non plus se permettre de prolonger cette guerre trop longtemps, notamment en raison des prochaines élections de mi-mandat.
L'invité met en lumière le paradoxe de la situation, où les Iraniens ont eux-mêmes donné l'idée du blocus en bloquant le détroit d'Ormuz, démontrant ainsi leur capacité à perturber l'économie mondiale. Farid Vahid explique que cette guerre est une véritable guerre de résilience, où chaque camp tente de faire craquer l'autre en premier. Il souligne que le régime iranien, composé d'anciens commandants de la guerre Iran-Irak, est prêt à sacrifier des vies civiles pour rester au pouvoir, contrairement aux États-Unis qui doivent tenir compte de l'opinion publique.
L'invité aborde ensuite la question des négociations entre l'Iran et les États-Unis. Il estime qu'un accord sur le nucléaire est envisageable, avec un renoncement provisoire à l'enrichissement de l'uranium. Cependant, il souligne que les sujets épineux comme les missiles balistiques et le soutien aux milices pro-iraniennes dans la région seront beaucoup plus difficiles à résoudre.
Farid Vahid souligne également que le régime iranien actuel, qu'il qualifie de militaro-oligarchique, n'a plus grand-chose à voir avec le régime des mollahs. Il met l'accent sur le rôle prépondérant des Gardiens de la Révolution et des oligarques, plutôt que sur celui du clergé.
Enfin, l'invité aborde la situation de la population iranienne, qui espérait une intervention militaire étrangère après les massacres de manifestants en janvier 2020, mais qui se sent aujourd'hui désemparée et déprimée face à l'impasse dans laquelle se trouve le pays. Il estime que sans une lutte armée intérieure ou un effondrement du régime sous les coups de boutoir israélo-américains, il sera difficile pour les Iraniens de prendre leur destin en main et de faire tomber ce régime sanguinaire.
36 « Le pape tient bon car il ne se laisse pas impressionner par Donald Trump, son attitude est magnifique » salue l’écrivain Pierre Assouline
Dans cet épisode, l'académicien Pierre Assouline partage son inquiétude face au déclin de la lecture, notamment chez les jeunes. Cependant, il reste optimiste et explique comment la littérature peut nous aider à traverser les moments difficiles et à préserver nos valeurs fondamentales. À travers des extraits de ses écrits et des œuvres d'auteurs comme Alphonse Daudet ou le Livre de Job, il nous invite à résister aux tentations de la résignation et à tenir bon face à l'incertitude de notre époque.
37 Guerre au Moyen-Orient : « Depuis plusieurs décennies, on a des administrations américaines qui s'engagent dans une guerre au Moyent-Orient et qui se retrouvent piégées » selon Laurence Nardon
Aujourd'hui dans l'invité de la matinale, David Abiker reçoit Laurence Nardon, experte reconnue des relations internationales et directrice du programme Amérique de l'IFRI.
Leur discussion se concentre sur la crise actuelle dans le détroit d'Ormuz, où les tensions entre les États-Unis et l'Iran semblent s'intensifier. Elle offre un éclairage sur les motivations et les stratégies du président américain Donald Trump, qui a annoncé que les États-Unis allaient à leur tour bloquer le détroit.
Selon l'experte, Donald Trump chercherait à « reprendre la main » dans une situation qui lui échappe, après l'échec des récentes négociations avec l'Iran, médiées par le Pakistan. Laurence Nardon explique que le président américain veut éviter d'être perçu comme un « perdant » et tente de mobiliser des « armes annexes », comme le contrôle du détroit d'Ormuz, pour peser sur l'économie mondiale.
Mais ce faisant, Trump s'approprie une arme traditionnellement détenue par l'Iran, ce qui soulève des questions sur la cohérence de sa stratégie. L'invitée souligne également les paradoxes de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient, où les présidents successifs se sont fait « piéger » dans des guerres coûteuses et sans issue.
Au-delà de la crise iranienne, l'entretien aborde également les récentes élections en Hongrie, où le soutien du camp MAGA de Donald Trump au Premier ministre Viktor Orbán n'a pas porté ses fruits. Elle y voit un signe que l'alliance transatlantique des extrêmes droites ne fonctionne pas nécessairement.
Enfin, l'experte livre un éclairage sur l'ambiance politique actuelle à Washington, où les démocrates semblent regagner du terrain face à l'administration Trump, notamment avec la mission Artémis de la Nasa.
38 Hongrie : « Même si Magyar l'emporte, ce n'est pas pour autant qu'il pourra démanteler le système de Orbán » selon Jacques Rupnik
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Jacques Rupnik, directeur de recherche et mérite à la Fondation Nationale des Sciences Politiques, pour analyser les enjeux de l'élection en Hongrie.
Ancien conseiller du président tchèque Václav Havel, l'invité offre un éclairage unique sur le parcours politique hors norme de Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois en place depuis 16 ans. Passé du libéralisme au national-conservatisme, Orban a fait de la Hongrie une démocratie illibérale, selon ses propres termes, remettant en cause l'état de droit et les contre-pouvoirs.
Face à lui, le challenger Péter Magyar, un conservateur plus européen, semble avoir ses chances d'après les sondages. Mais Jacques Rupnik met en garde contre un possible resserrement dans la dernière ligne droite, le Premier ministre hongrois ayant l'habitude de retourner les situations à son avantage.
L'expert analyse finement les atouts de Péter Magyar, un homme neuf et peu exposé, qui connaît bien de l'intérieur le parti de Viktor Orbán et ses turpitudes. Il souligne également son talent pour la campagne, qui lui a permis de surfer sur la vague de l'attente du changement chez les jeunes Hongrois.
Cependant, il nuance les chances de Péter Magyar, rappelant que la Hongrie est un pays vieillissant, traditionnellement enclin à voter pour des partis conservateurs voire ultra-conservateurs. Le Premier ministre hongrois peut ainsi compter sur son électorat historique, notamment dans les petites villes de province.
Jacques Rupnik décrypte également les soutiens dont bénéficie Viktor Orbán, à la fois de la part de Donald Trump et de Poutine, ce qui brouille son image de candidat de la paix. Un soutien qui peut s'avérer être un boulet pour le Premier ministre hongrois.
39 "L'économie française est résiliente parce qu'on a amorti les chocs en augmentant le déficit" analyse l'économiste Antonin Bergeaud
David Abiker reçoit Antonin Bergeaud, Prix du meilleur jeune économiste 2025 et auteur de La prospérité retrouvée, les leviers de la croissance au XXIe siècle.
Antonin Bergeaud commence par souligner la résilience remarquable de l'économie française, qui a su absorber les conséquences de crises majeures comme les Gilets jaunes, la pandémie de Covid-19 ou encore la guerre en Ukraine. Cependant, cette résilience a un coût : un déficit public abyssal, qui met en péril la soutenabilité de la dette française. L'économiste met en garde contre les dangers de cette stratégie à court terme, qui hypothèque l'avenir des générations futures.
Au-delà de ce constat, Antonin Bergeaud livre une analyse approfondie des causes du décrochage économique de l'Europe par rapport aux États-Unis. Selon lui, le problème réside dans un manque de productivité, lié à l'incapacité de l'Europe à trouver un modèle économique fonctionnel et à financer efficacement l'innovation. Contrairement aux États-Unis, l'Europe n'a pas su tirer parti de la révolution numérique pour booster sa croissance.
Pour remédier à cette situation, l'économiste plaide pour une profonde refonte du modèle économique européen. Il appelle à une politique industrielle commune, qui miserait sur les valeurs européennes en matière d'environnement et de protection des données, plutôt que de s'aligner sur le modèle américain, jugé trop destructeur. Cet arbitrage, s'il est mené à bien, pourrait permettre à l'Europe de retrouver une prospérité durable, en accord avec ses aspirations.
Cet épisode offre un éclairage passionnant sur les enjeux économiques auxquels la France et l'Europe sont confrontées, avec la voix d'un expert reconnu. Une écoute indispensable pour comprendre les défis à relever pour assurer la résilience et la prospérité de nos économies.
40 « Le choc pétrolier de 73 était plus important que ce que nous vivons aujourd’hui » observe l’historien Philippe Chalmin
« Nous sommes au cœur d’un choc énergétique », estime l’historien de l’économie Philippe Chalmin. Même s’il est moins important que la crise pétrolière de 73, l’épisode que nous vivons est particulièrement inquiétant.
Philippe Chalmin explique que le véritable enjeu réside dans l'état de santé fragile des économies actuelles, avec des niveaux d'endettement public sans précédent. Contrairement aux années 70, les États n'ont plus les moyens de soutenir efficacement leurs citoyens face à la flambée des prix de l'énergie.
Le cœur de l'entretien se concentre ensuite sur le rôle crucial du détroit d'Ormuz, véritable cordon ombilical de l'économie pétrolière et gazière mondiale. Philippe Chalmin souligne que la géopolitique a rattrapé la puissance militaire américaine, rendant le contrôle de ce passage stratégique extrêmement complexe. Il invite même les auditeurs à se plonger dans la bande dessinée Le Secret de l'Espadon d'Edgar P. Jacobs pour mieux comprendre les enjeux de ce lieu !
L'économiste estime que le statut du détroit d'Ormuz sera désormais différent, avec de fortes chances de voir émerger un système de péage, à l'instar de celui qui a existé pendant deux siècles sur le détroit du Sund, entre la Suède et le Danemark. Cette évolution aura des conséquences majeures pour les pays du Golfe, qui avaient fait de Dubaï un hub financier et monétaire mondial, mais dont le rôle pourrait être remis en cause.
Philippe Chalmin prévient que les répercussions économiques de cette crise énergétique seront lourdes, avec des tensions inflationnistes et des impacts sur les taux d'intérêt. Il estime que la croissance mondiale pourrait perdre jusqu'à 0,5 point de pourcentage, un coup dur pour des économies déjà fragilisées.
41 Cyberdjihad : «les acteurs ont conscience du savoir-faire et faire savoir pour terroriser les populations et recruter», selon la chercheuse Héloïse Heuls
Héloïse Heuls est diplômée de l’École normale supérieure, autrice d’une thèse de doctorat sur l’utilisation des technologies numériques par les groupes armés djihadistes. Elle publie Cyberdjihad - le grand recrutement aux éditions du Cerf.
Pendant dix ans, Héloïse Heuls a mené une enquête approfondie sur les pratiques des groupes djihadistes en ligne, révélant un phénomène complexe qui dépasse largement la simple préparation d'attentats. Elle explique comment ces groupes ont su s'emparer des outils numériques pour recruter, communiquer et diffuser leur idéologie, créant une véritable Silicon Valley du djihad.
Au-delà des actes de violence, Héloïse Heuls met en lumière la dimension politique et identitaire de ce cyber-djihad, où la conquête des esprits passe par la maîtrise des technologies de l'information. Elle décrit ces recruteurs, prédicateurs et autres partisans qui, loin d'être de simples combattants assoiffés de sang, cherchent à façonner une vision alternative du monde.
Mais la menace n'est pas que virtuelle. L'invitée détaille les récentes attaques perpétrées par ces groupes en Europe, soulignant leur capacité à brouiller les pistes et à s'adapter aux évolutions technologiques. Face à cette nébuleuse mouvante, elle interroge la réponse de l'État, partagé entre impératifs de sécurité et liberté académique.
42 "La musique est innée, le cerveau est pré-câblé pour y répondre" explique la chercheuse Isabelle Peretz
David Abiker reçoit Isabelle Peretz, titulaire de la chaire de recherche Neurocognition de la musique à l'Université de Montréal. C'est une sommité mondiale dans le domaine de la recherche sur le lien entre le cerveau et la musique, et elle partage avec les auditeurs les découvertes fascinantes de ses travaux. Elle publie Soigner avec la musique - nouvelles des neurosciences aux Éditions Odile Jacob
Tout d'abord, Isabelle Peretz explique ce qu'est le « cerveau musical », cet ensemble de modules et de systèmes dans le cerveau qui permettent d'apprécier et de produire de la musique. Elle souligne que ces capacités musicales semblent innées chez l'être humain, avec des études montrant que les nouveau-nés réagissent déjà à la musique classique.
Mais le cœur de cet entretien porte sur l'utilisation de la musique comme outil thérapeutique, notamment pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Isabelle Peretz décrit avec passion comment la musique, et en particulier les chansons de leur jeunesse, peuvent permettre à ces patients de recouvrer temporairement leur identité et leurs souvenirs autobiographiques. La musique emprunte en effet des voies privilégiées dans le cerveau pour atteindre ces mémoires enfouies, passant par le système limbique des émotions.
L'auditeur est fasciné d'apprendre que la simple écoute ou le fait de chanter en groupe peuvent améliorer significativement le bien-être des patients Alzheimer sur plusieurs mois. Isabelle Peretz explique que la musique a un effet rassembleur et de fusion avec les autres, permettant de transcender les frontières individuelles.
Mais les bienfaits de la musique ne s'arrêtent pas là. L'invitée de David Abiker évoque également son utilisation prometteuse pour les patients atteints de la maladie de Parkinson. Là encore, le lien entre le rythme musical et l'activation des zones motrices du cerveau semble offrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
43 « Vladimir Poutine dispose de 7 ou 8 palais et a une fascination pour les yachts » selon le grand reporter Vincent Jauvert
David Abiker reçoit Vincent Jauvert, journaliste et auteur du livre Kremlin confidentiel aux éditions Albin Michel.
Le grand reporter suit de près l'ascension de Poutine depuis 25 ans, et partage des révélations étonnantes sur les manœuvres du président russe. Il explique notamment comment celui-ci a tenté, sans succès, de déstabiliser politiquement l'Ukraine en 2020 en organisant des manifestations d'extrême-droite pour ensuite intervenir en ami protecteur. Cette opération ratée contraste avec les actions plus efficaces d'Israël contre le régime iranien, soulignant les limites des services secrets russes.
Mais le cœur de cet entretien réside dans l'obsession de Poutine pour le pouvoir et l'argent. Jauvert décrit en détail comment le président russe a mis en place un système de détournement de fonds à son profit, notamment dans le secteur médical, enrichissant ainsi sa vaste famille. Cette famille, longtemps tenue secrète, est l'un des éléments les plus fascinants du livre de Jauvert, révélant un Poutine bien loin de l'image d'austérité qu'il souhaite donner.
Au-delà de cette quête effrénée de richesses, Poutine est également hanté par la peur d'être renversé, comme en témoigne l'épisode de la rébellion avortée de Evgueni Prigojine. Jauvert explique comment le président russe a été raisonné par le président biélorusse, craignant que ce conflit n'entraîne une révolution en Russie.
Cet épisode captivant offre un éclairage unique sur les rouages du pouvoir en Russie, dévoilant les obsessions d'un homme qui semble prêt à tout pour conserver son emprise sur le pays.
44 « Le niveau de vie ne cesse de progresser en France depuis des générations », souligne l’économiste Hippolyte d'Albis
Hippolyte d'Albis est professeur à l’ESSEC Business School, vice-président du Cercle des économistes. Il publie Économie des Âges de la Vie aux éditions Odile Jacob, dans lequel il met fin à certaines idées reçues. S'agissant du niveau de vie, il l'assure, il continue de progresser, mais son accélération s'est ralentie ces dernières années. Parmi les critères qu'il retient, l'accès aux études supérieures et la situation des femmes sur le marché du travail.
Il explique que les sociétés mettent en place des transferts considérables, représentant jusqu'à 30% du PIB, pour permettre aux jeunes et aux personnes âgées de consommer, alors que seuls 40% de la population sont en emploi. Cette réalité remet en question de nombreuses idées reçues sur les générations.
L'économiste déconstruit ainsi le cliché selon lequel les générations passées s'en sont mieux sorties que celles d'aujourd'hui. Grâce à des données objectives, il démontre que le niveau de vie ne cesse de progresser, même si le rythme de cette progression ralentit. Il remet également en cause le discours sur la « jeunesse sacrifiée », expliquant que ce sont souvent les actifs d'âge moyen qui se plaignent le plus.
Un moment fort de l'épisode est lorsque David Abiker interroge Hippolyte D'Albis sur la situation des seniors et des retraités. Ce dernier souligne que, malgré les débats sur leur contribution, les personnes âgées reçoivent en réalité de moins en moins de transferts de la part de l'État. Il met en lumière l'importance des transferts informels, comme le soutien familial, qui ne sont pas pris en compte dans les statistiques.
Enfin, Hippolyte D'Albis aborde la question du vieillissement de la population, qu'il considère comme une excellente nouvelle plutôt qu'un problème. Il explique que les sociétés s'adaptent à ces changements démographiques, notamment en favorisant l'emploi des seniors et des femmes. Pour lui, le défi est de construire un modèle de solidarité plus inclusif, en accueillant tous les talents et en permettant à chacun de contribuer.
45 « Dans ce monde qui va de chaos en chaos, la cuisine est la seule chose qui nous réunit encore » selon Bruno Verjus, chef doublement étoilé
Bruno Verjus, chef du restaurant 2 étoiles La Table Bruno Verjus était l'invité de la matinale. Il publie le roman La Recette aux éditions Albin Michel, qui met en scène une jeune Cantonaise passionnée par l'histoire gastronomique française. C'est une rencontre entre l'Orient et l'Occident autour de la quête d'une recette oubliée, la célèbre tarte aux pralines roses de Lyon. Bruno Verjus a vécu 18 ans en Chine. Selon lui dans ce monde qui va de chaos en chaos, la cuisine est la seule chose qui nous réunit encore.
Bruno Verjus explique comment cette immersion l'a profondément marqué et a influencé sa vision de la cuisine. Fasciné par les liens étroits qui unissent les Chinois et les Français autour de la nourriture, il nous fait découvrir les subtilités de la cuisine cantonaise et son approche holistique du vivant.
Au-delà des frontières culinaires, le chef partage ses réflexions sur la capacité de la cuisine à rassembler les cultures et à nous réconcilier avec le monde. Ses mots résonnent comme un appel à la découverte et au dialogue interculturel, une invitation à explorer la diversité qui fait la richesse de notre humanité.
Mais l'épisode ne se limite pas à ces considérations philosophiques. Bruno Verjus nous fait également l'honneur de nous dévoiler une recette printanière et originale, mêlant seiche, poire et rhubarbe, qui promet de ravir les papilles des auditeurs les plus gourmands.
Que vous soyez amateur de cuisine, passionné de culture ou simplement curieux de découvrir de nouveaux horizons, cet épisode de L'invité de la matinale vous réserve de belles surprises. Laissez-vous emporter par ce voyage culinaire et culturel captivant en compagnie de Bruno Verjus.
46 « Un néoconservateur accepte la démocratie, le néoréactionnaire veut rétablir un ordre ancien » analyse Arnaud Miranda
Arnaud Miranda était l'invité de la matinale Radio Classique - Le Figaro ce mardi 31 mars. Le docteur en théorie politique et auteur de «Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire» a souligné la différence entre «conservateur» et «réactionnaire».
47 Guerre au Moyen-Orient : « Le régime iranien n’a pas peur de l’arrivée de soldats américains » assure Bruno Tertrais
La guerre en Iran a pris un nouveau tournant, puisque Donald Trump évoque désormais un véritable « changement de régime » et un accord permettant le passage de 20 pétroliers dans le Détroit d’Ormuz. Des déclarations qui n’empêchent pas le président américain d’agiter la menace d’une invasion par l’armée américaine. Une stratégie qui n’a rien d’absurde, selon Bruno Tertrais, invité de la matinale de Radio Classique ce lundi.
Bruno Tertrais est directeur Adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de La Question Israélienne aux Éditions de l’Observatoire. Il estime qu’avec Donald Trump, « tout est crédible, il peut parler de négociation et évoquer une escalade ». L’arrivée de troupes américaines en Iran constituerait selon lui « un tournant symbolique important, mais pas forcément acceptable pour les Républicains ».
48 Guerre au Moyen-Orient : « N’écoutez pas Trump si vous voulez comprendre ce qu’il se passe » explique le diplomate Éric Danon
Éric Danon est ancien ambassadeur de France en Israël. Invité de la matinale ce vendredi, il a souligné la manière dont le président américain brouille les cartes de ses ennemis en disant une chose et son contraire, mais en le faisant, il brouille aussi la compréhension des occidentaux. Pour bien comprendre la situation, explique le diplomate, il faut séparer la réalité sur le terrain des déclarations du président américain.
49 Armement : « On a multiplié par deux l’ensemble de notre production de missiles entre 2023 et 2025 » révèle le PDG du géant MBDA
Éric Béranger, PDG du leader européen des missiles, était l’invité exceptionnel de David Abiker dans la matinale de Radio Classique ce jeudi. Dans un contexte de multiplication des conflits, il a décrit le basculement d’un « monde du droit international au monde de la force brutale », avec une conséquence pour le groupe français : l’augmentation considérable de la production de missiles et de drones. « L’anticipation est un gros enjeu. Depuis plusieurs années nous n’attendons pas les commandes pour fabriquer », a-t-il révélé.
50 Guerre au Moyen-Orient : « Aujourd’hui l’Iran a les meilleures cartes, et Trump ne l’a pas compris » analyse Dominique Moïsi
Le géopolitologue Dominique Moïsi était l'invité de la matinale ce mercredi. Il décrit un président américain qui ne sait pas lui-même quelle est sa stratégie au Moyen-Orient, parlant d'une erreur majeure sur l'organisation du pouvoir en Iran : ce n'est pas une pyramide verticale, mais des réseaux horizontaux. Aujourd'hui, Donald Trump cherche à sortir de ce guêpier. Pour le régime des mollahs, à l'inverse, survivre à cette infériorité militaire, c'est quasiment une victoire, juge-t-il.
51 « La santé de nos océans n’est pas bonne et se dégrade en accélérant » alerte l’océanographe Marina Lévy
On le sait peu, mais l’océan est un régulateur du climat, qui absorbe une partie des excédents de chaleur et de CO2. Aujourd’hui, il nous protège encore, mais jusqu’à quand ? L’océanographe Marina Lévy était l’invitée de la matinale de Radio Classique ce mardi. Elle souligne que les entreprises « sont les acteurs premiers pour réduire les pollutions ».
Marina Lévy est océanographe, directrice de recherche de classe exceptionnelle au CNRS, directrice de l’Institut de l’océan de l’Alliance Sorbonne université. Elle vient de publier avec Olivier Poivre d’Arvor Quand l’océan s’éveillera – Enquête au cœur de la planète bleue aux éditions Stock
52 Municipales 2026 : « C'est effarant : du RN à LFI, tout le monde s’est réjoui des résultats » note le politologue Pascal Perrineau
Pascal Perrineau, professeur des universités à Sciences Po et auteur de Le Goût de la politique aux éditions Odile Jacob, est l'invité de la matinale. Le politologue revient sur les résultats du second tour des municipales rendus hier, avec les enseignements qu'il convient d'en tirer.
53 2027 : « Les municipales ne sont pas l’antichambre de la présidentielle » tranche le politologue Martial Foucault
Contrairement à ce qu’on entend ici ou là, jamais un scrutin municipal n’indique le rapport de force politique pour la présidentielle, assure Martial Foucault, avant le second tour des élections ce dimanche. Ce politologue spécialiste des élections locales a rétabli un certain nombre de vérités dans la matinale de Radio Classique.
54 Guerre au Moyen-Orient : « Elle arrange Poutine car la pression des Etats-Unis disparaît » selon l’ex-ambassadrice Sylvie Bermann
Cette nouvelle guerre au Moyen-Orient a-t-elle déjà un impact sur la guerre en Ukraine ? Pour la spécialiste de la Russie Sylvie Bermann, invitée de la matinale de Radio Classique, elle permet à Vladimir Poutine non seulement de bénéficier d’une accalmie diplomatique, mais aussi de légitimer l’invasion de l’Ukraine – puisque la guerre menée par les Etats-Unis et Israël a été lancée en dehors du droit international.
Sylvie Bermann est ancienne ambassadrice de France en Russie (2017-2019), autrice de L’Ours et le dragon, Chine-Russie, histoire d’une amitiés sans limite aux Editions Taillandier.
55 Iran : "On est à un tournant, le monde réalise qu'on ne peut pas négocier avec ce régime" estime la spécialiste Maneli Mirkhan
Maneli Mirkhan est franco-iranienne, experte des relations internationales et de l’Iran. Elle est également fondatrice de DORNA, organisation non partisane pour une transition démocratique en Iran. Elle décrit un régime des mollah habile pour contourner les sanctions, ce qui entraîne selon elle une limite dans les actions possibles.
56 Dette : « On cache aux Français qu’elle est composée à 50% d’insuffisance de financement des prestations sociales trop généreuses » souligne Jean-Pascal Beaufret
L’ancien haut fonctionnaire de Bercy Jean-Pascal Beaufret dénonce une présentation des comptes publics « biaisée, faussée », avec des déficits sociaux en réalité 4 fois supérieurs à ce qui est annoncé. Invité de la matinale de Radio Classique, il a détaillé ces chiffres.
Jean-Pascal Beaufret est un ancien inspecteur des Finances, associé au fonds de capital développement Ring Capital. Il est l’auteur du dossier « Les comptes de la Sécurité Sociale et le redressement des finances publiques » paru dans la revue Commentaire du 12 mars.
57 Municipales 2026 : « On a dû déboucher le champagne chez Mélenchon », selon le politologue Benjamin Morel
La percée de LFI au premier tour des municipales est un des principaux enseignements de ce scrutin, selon le constitutionnaliste et politologue Benjamin Morel, invité de la matinale de Radio Classique. Une poussée « intéressante » lorsqu’on considère que l’électorat de LFI est « plutôt abstentionniste aux élections locales ». L’autre leçon majeure de ces élections selon lui, est que désormais « le champ politique local n’échappe pas à la crise politique qui touche le pays ».
58 Guérir tous les cancers en 2050 ? « Une nouvelle ère s’ouvre en cancérologie » annonce le Pr. Alain Puisieux
Un monde dans lequel presque tous les cancers pourraient être soignés est désormais à portée de main. Le professeur Alain Puisieux, président du directoire de l’Institut Curie a souligné sur Radio Classique les progrès considérables de la médecine, surtout ces 20 dernières années. « Aujourd’hui, plus de 65% des cancers sont guéris, contre 30% en 1960 », a-t-il souligné, assurant que les dernières avancées étaient particulièrement prometteuses.
59 Détroit d'Ormuz : « C'est la première fois que le blocage s'opère réellement et avec une telle incertitude sur la suite » souligne Patrice Geoffron
Patrice Geoffron, professeur d'économie à Dauphine et directeur du CGEMP, était l'invité de la matinale du jour. Il est revenu sur le conflit actuel au Moyen-Orient, qui a engendré le blocage du détroit d'Ormuz, et a analysé la possibilité de se diriger vers un nouveau choc pétrolier.
60 Trump suscite « l’insatisfaction des Américains car les résultats ne viennent pas » selon le diplomate Jean-Claude Beaujour
Jean-Claude Beaujour était l’invité de la matinale Radio Classique. L’avocat et spécialiste du droit international et des Etats-Unis, a livré son analyse de la « méthode Trump » qui atteint ses limites outre-Atlantique.
61 Fabrice Luchini : "Malgré son appétit pour les femmes, Victor Hugo a toujours été exemplaire avec elles"
Fabrice Luchini est à l'affiche du film Victor comme tout le monde, qui sort demain au cinéma. Une mise en abyme dans laquelle il interprète un comédien, Robert Zucchini, qui, inspiré par Victor Hugo renoue avec sa fille. Invité de la matinale de Radio Classique, il s'est livré sur sa vision du grand écrivain.
62 Guerre au Moyen-Orient : « L’Iran est un adversaire de taille qui a été sous-estimé » selon Jean-Paul Paloméros
Ancien chef d'État-major de l'armée de l'air française, Jean-Paul Paloméros revient sur le conflit en Iran qui dure depuis maintenant 10 jours. Selon l'ancien commandeur suprême de l'OTAN, l'Iran, bien qu'il soit frappé violemment, tient bon.
63 Guerre au Moyen-Orient : « Ma famille est en Israël et est chaque jour sous les tirs des missiles iraniens » s’inquiète l’ambassadeur d’Israël en France
Au septième jour de la guerre en Asie de l’Ouest, Israël dit entrer dans « une phase suivante » de ses opérations, tandis que les tensions débordent aussi sur le front libanais. Invité de la matinale de Radio Classique, Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, évoque la stratégie israélienne contre Téhéran, la distinction qu’il martèle entre le Liban et le Hezbollah, ainsi que la menace sécuritaire accrue visant les intérêts israéliens en France, sur fond d’inquiétude personnelle pour sa famille restée en Israël.
64 « Xi Jinping découvre que Donald Trump est peut-être beaucoup plus "chinois" qu'on ne l'a pensé » indique Emmanuel Lincot
Alors que l’escalade militaire autour de l’Iran rebat les cartes en Asie de l’Ouest, la Chine se contente d’un appel au calme et d’un silence prudent. Pour Emmanuel Lincot, invité de la matinale, directeur de recherche à l’IRIS, et co-directeur du programme Asie-Pacifique. Spécialiste des dynamiques politiques et stratégiques en Asie, il analyse les rapports de force régionaux, les enjeux de puissance et leurs répercussions sur les équilibres internationaux. Cette retenue dit moins une stratégie qu’une contrainte : Pékin est économiquement exposé, politiquement fragilisé et potentiellement ciblé par une séquence américaine qui pourrait viser, au fond, la puissance chinoise.
65 Dissuasion nucléaire : « On est capable d’avoir un arsenal qui puisse dissuader l’ensemble de nos ennemis sur l’Europe » déclare Emmanuelle Galichet
Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en sciences et technologies nucléaires au Cnam, est l'invitée de la matinale du jour. Elle revient sur la dissuasion nucléaire, incarnation de la souveraineté française, et sur la capacité de notre arsenal à défendre l'Europe. La présidente de Women In Nuclear France analyse également l'origine de cette évocation de notre capacité de défense : l'embrasement actuel au Moyen-Orient.
66 Guerre en Iran : pour appréhender la menace terroriste, il faudra « savoir dans quelle mesure une radicalisation du propos peut ouvrir la voie à une radicalisation des attitudes » selon Gilles Kepel
Gilles Kepel, politologue, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, est l’invité du jour de la matinale de Radio Classique. Il revient sur les conséquences de la guerre en Iran, de la menace terroriste sur le territoire français à l’impact sur les différents pays du Moyen-Orient.
67 Guerre en Iran : « Si le régime tombe, il y aura une longue période d’anarchie avant que la situation se décante » selon François Heisbourg
François Heisbourg, conseiller principal pour l'Europe à l'IISS, était l’invité de la matinale du jour. Il revient sur la situation actuelle de l’Iran et sur l’évolution à venir dans les prochains mois suite à l’attaque menée par les États-Unis et Israël ces derniers jours. Le diplomate décrypte également les conséquences de ces attaques sur les différents pays du Moyen-Orient.
68 Eric-Emmanuel Schmitt : « Mozart a idéalisé son père avant de le tuer symboliquement en l’éloignant »
« Sans Léopold, pas de Wolfgang Amadeus Mozart ». Eric-Emmanuel Schmitt ne parle pas d’un point de vue biologique, mais bien musical, saluant la capacité du père à encourager les talents du fils et à oser passer la main en constatant sa propre médiocrité. Invité de la matinale, et devenu père récemment, il a parlé de son dernier livre, dédié à la relation entre les Mozart, père et fils.
Eric-Emmanuel Schmitt est dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste. Traduit en 45 langues et joué dans plus de 50 pays, il publie Juste après Dieu, il y a Papa aux éditions Albin Michel.
69 « Laissez faire les acteurs privés, ça marche toujours mieux » : le plaidoyer d’Alexandre Bompard, PDG de Carrefour
Alors que les négociations dans la grande distribution se terminent ce week-end, le PDG de Carrefour Alexandre Bompard était l’invité de la matinale. Il s’interroge sur « l’opprobre » jetée sur le secteur et estime que la grande distribution est « le bouc émissaire parfait » des politiques. Il dénonce le poids législatif (20 lois en 30 ans) et les tentatives d’intervention politique dans un domaine qui selon lui se porte mieux lorsqu’il a les mains libres.
70 « La Russie n’a pas gagné, l’Ukraine n’a pas perdu » selon le général Pellistrandi
Le général Jérôme Pellistrandi était l'invité de la matinale de David Abiker. Il est revenu sur le fiasco militaire que représente la guerre en Ukraine pour la Russie, quatre ans après le début de l'invasion. Il a également pointé l'attitude des Européens sur le sujet, plus unis que le souhaiterait Vladimir Poutine. Il a également averti que l'Union européenne devait se réveiller après avoir compté sur les dividendes de la paix, laissant aux Etats-Unis la charge d'assurer la sécurité du monde.
71 Mathématiques : « Avant de faire des dessins figuratifs, les hommes en ont fait des géométriques dans la pierre » déclare Stanislas Dehaene
Stanislas Dehaene était l'invité de la matinale du jour. À l’occasion de la publication de son livre « Le Rectangle de Lascaux » aux Éditions Odile Jacob, le neuroscientifique met en lumière la façon dont notre réseau cérébral s'active lorsque l'on pratique les mathématiques.
72 Mort de Quentin Deranque : « Les anti fascistes proclamés se comportent comme d'authentiques fascistes » estime Aquilino Morelle
« Ce qui s’est passé à Lyon est un tournant ». Aquilino Morelle, ancien conseiller politique de François Hollande a réagi ce lundi à la mort de Quentin Deranque le 14 février, après un affrontement avec l’extrême gauche. L’essayiste décrit deux gauches désormais irréconciliables.
Aquilino Morelle est l’auteur de l’ouvrage La France au miroir de l’Amérique. Quand les progressistes font triompher le populisme, paru aux éditions Grasset. Il pointe le déni de réalité des Démocrates américains, qui ne se sont pas interrogés sur les raisons de la première élection de Donald Trump, comptant aveuglément sur un vote des minorités, supposées être de leur côté.
73 10% des Français pensent que la violence peut être légitime pour faire avancer des causes, selon Jérôme Fourquet
La mort de Quentin Deranque à Lyon, « va peut-être rendre plus difficile la mécanique du front républicain dans les rangs de l’électorat modéré » avant le premier tour des municipales. C’est l’hypothèse de Jérôme Fourquet. Analyste politique, expert en géographie électorale, directeur du département Opinion à l’IFOP, il était l’invité de la matinale.
74 Mort de Quentin : « Où est passée la réflexion de la gauche sur la violence ? » lance la philosophe Hélène L’Heuillet
Hélène L’Heuillet est philosophe et psychanalyste. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Tu haïras ton prochain comme toi-même et Le vide qui est en nous, parus aux éditions Albin Michel. Au sujet de la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite lynché au cours d'une bagarre avec des jeunes d’extrême gauche, elle l’assure : « Un homme à terre n’est plus un militant, on a passé un cap terrifiant »
75 « La criminalité en France est très importante, mais ce n’est pas un système mafieux » estime la magistrate Vanessa Perrée
Vanessa Perrée est procureure nationale du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO). Cette toute nouvelle juridiction, entrée en fonction le 5 janvier dernier, vise à mieux lutter contre la criminalité organisée, alors que le narcotrafic concerne désormais des villes de taille réduite, épargnées jusque-là. Elle rejette les termes de «mexicanisation» ou «narco-État» pour parler de l’évolution du crime organisé en France.
76 Agroalimentaire : La France « surtranspose » les normes européennes et en souffre, assure Nicolas Bouzou
Nicolas Bouzou est économiste. Il publie L’Eternel Sursaut - une histoire confiante de la France aux éditions XO. A rebours du défaitisme ambiant, l'économiste Nicolas Bouzou explique qu'en France, le meilleur succède toujours au pire, exemples à l'appui.
77 Loi sur l'aide à mourir : "Ce serait bien plus intéressant de faire valoir les valeurs du soin et les décliner tout au long de la vie " lance le médecin Alexis Burnod
Alexis Burnod est chef du service de soins palliatifs à l’Institut Curie de Paris. Invité de la matinale de Radio Classique, il réagit à la proposition de loi sur l'aide à mourir, qui après le rejet du Sénat, revient aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Le médecin urgentiste plaide pour un recours à l'aide à mourir qui reste applicable au cas par cas, mettant d'abord en valeur le soin du patient.
78 « À la Comédie-Française, depuis Molière, il y a une égalité salariale entre hommes et femmes ! » souligne Clément Hervieu-Léger
C’est une plongée dans un joyau de l’art théâtral français que nous a proposé ce vendredi David Abiker. Il recevait Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française, acteur et metteur en scène, membre de la troupe depuis une vingtaine d’années. Il a évoqué les dernières actualités de l’institution créée par Molière : travaux dans la salle Richelieu, pièces hors les murs, et les 10 ans du partenariat avec Pathé.
79 « C’est ma décision personnelle » : François Villeroy de Galhau dément les rumeurs d’agenda politique
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, était l’invité de la matinale. À la tête de l’institution depuis 2015, il vient d'annoncer qu'il quittait son mandat avant terme. Un calendrier qui a donné lieu à des rumeurs, liées à une supposée volonté d'Emmanuel Macron de placer quelqu'un d'autre à ce poste. Des bruits qu'il a fermement écartés. Il a justifié cette décision personnelle par le projet qui lui tient à cœur : prendre la présidence de la fondation des Apprentis d'Auteuil dès le mois de juin.
80 « La démocratie ne peut fonctionner qu’avec la confiance des citoyens envers les détenteurs du pouvoir », assure Marcel Gauchet
La démocratie va mal : c’est le constat dressé par l’historien et philosophe Marcel Gauchet. Invité de la matinale de Radio Classique, il a décrit le « déphasage profond » du personnel politique avec la vie des citoyens et brosse un portrait sévère de l’Europe, « qui n’a pas pris la mesure de sa petitesse à l’échelle du monde ». Pire, elle apparaît même marginale et n’est plus un lieu d’invention politique, technologique, ou culturelle.
81 Jean-Dominique Senard sur son refus d'être Premier ministre : « Je n’avais ni le temps ni la capacité d’agir »
Jean-Dominique Senard est président de Renault et de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, vice-Président de l’Institut Montaigne. Il a co-présidé avec Jean-Louis Boulanger l’étude de l’institut Montaigne Responsabilité : plaidoyer pour l'action
82 24% des Français ont peur du diable, révèle Anne Muxel, co-autrice du livre "Inventaire des peurs françaises"
Anne Muxel est directrice de recherche émérite au CNRS, membre du bureau du Département de science Politique de Sciences Po, membre élue du Conseil de gestion du CEVIPOF. Elle publie avec Pascal Perrineau le livre Inventaire des Peurs Françaises aux éditions Odile Jacob. Elle revient sur les peurs parfois surprenantes qui habitent l'esprit des Français.
83 « De Gaulle avait conscience de l’importance de la table, c’est la France qui reçoit » raconte l’essayiste Jonathan Siksou
Jonathan Siksou est écrivain et essayiste, spécialisé en gastronomie. Il est l’auteur de l’ouvrage Triompher en Festins – Une histoire de France en vingt repas, publié aux Éditions Perrin, où il explore les grands moments de l’histoire française par le prisme des tables et des festins qui les ont accompagnés. Au micro de David Abiker, il a raconté notamment le célèbre dîner à La Boisserie du général de Gaulle et de Konrad Adenauer.
84 Iran : "Je ne crois pas que Trump puisse aller jusqu'à l'engagement dans un changement de régime" affirme Hubert Védrine
Faute d'accord avec l'Iran sur l'arrêt du programme nucléaire, les Etats-Unis seraient-ils prêts à frapper ? Ce n'est pas impossible, mais extrêmement risqué, selon l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi. Quant à l'idée de provoquer un changement de régime, il n'y croit pas, et invoque la perspective d'une gigantesque guerre civile.
85 « CDI jeunes » : « la proposition du Medef a-t-elle déjà marché à l’étranger ?» lance l’économiste Gilbert Cette
L’idée a déjà mis le feu aux poudres et a été écartée par le gouvernement. Le Medef propose la création d’un dispositif pour lutter contre le chômage des jeunes, pouvant être rompu sans motif lors des premières années. Invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi, l’économiste Gilbert Cette a émis des doutes sur l’efficacité d’une telle mesure, s’interrogeant sur l’existence d’études ayant démontré son impact à l’étranger. Il appelle à prendre la proposition de l’organisation patronale « avec prudence ».
86 « Face à la Chine, on a été naïf : il faut travailler plus dans un monde compétitif » assure Matthieu Stefani, entrepreneur, créateur de podcast et documentariste
Matthieu Stefani est multi-entrepreneur, créateur des podcasts Génération Do It Yourself & La Martingale. Il vient de mettre en ligne sur YouTube un documentaire intitulé Comment la Chine est devenue imbattable.
87 « Les Midterms aux États-Unis seront un test pour la démocratie américaine » selon Laurence Nardon
Donald Trump multiplie les boutades au sujet de l'annulation des Midterms, ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis. En novembre, le rapport de force entre Républicains et Démocrates pourrait changer, et pas forcément en faveur du président américain. La chercheuse Laurence Nardon, spécialiste des Etats-Unis, décrit un locataire de la Maison Blanche fatigué, en bout de course, contesté sur sa politique étrangère, mais toujours plus charismatique que ses potentiels successeurs.
88 Marie-Claude Pietragalla incarne Barbara : « C'est l’artiste absolue, elle a théâtralisé ses chansons, presque comme une danseuse »
Leur ressemblance physique - et même vocale - est troublante : la danseuse et chorégraphe Marie-Claude Pietragalla joue, danse, et chante Barbara sur scène. Ni une imitation, ni un hommage, c’est une façon pour elle de refaire vivre la chanteuse, avec laquelle elle partage beaucoup de points communs. Elle en parlait ce matin au micro de David Abiker.
89 « Il n’est pas impossible qu’on se trompe sur les Etats-Unis comme on s’est trompé sur la Russie depuis l’invasion de la Crimée » selon Thomas Gomart
90 « L’Europe, malheureusement, est une colonie numérique et militaire des États-Unis » déplore Christian Saint-Étienne
50 années de dérive de l’Union Européenne ont entraîné une situation dramatique : nos pays sont devenus une « colonie numérique et militaire » américaine. L’économiste Christian Saint-Étienne nous ouvre les yeux sur la place de l’IUE dans le monde, et l’état économique de la France, entre budget « nécessaire mais qui n’est pas un bon budget » et les efforts à fournir pour réduire le déficit.
91 Pour Donald Trump, les états européens sont des « pays faibles qu'il faut racketter », affirme l'ancien colonel Michel Goya
Michel Goya, ancien colonel des troupes de marine et spécialiste de l'histoire militaire et l'analyse des conflits était l'invité de la matinale de David Abiker. Il est l'auteur de Théorie du combattant aux Éditions Perrin. Il explique que l'OTAN reste aujourd'hui un instrument de contrôle des Européens.
92 Iran : « J’attends de la France qu’elle aille au-delà du soutien verbal en renvoyant les diplomates iraniens » lance Mitra Hejazipour
93 Jean-Claude Casadesus : « La musique, c’est une conquête permanente, il faut être digne de la servir »
Jean-Claude Casadesus fête ses 90 ans lors d’un concert au Théâtre des Champs Elysées dimanche 25 janvier. L’occasion pour le chef d’orchestre à la carrière flamboyante de revenir sur son parcours exemplaire.
94 Alain Duhamel : « Il y a une division entre les Français que je n’ai pas vue depuis 1981 »
Alain Duhamel, éditorialiste et essayiste, auteur du livre Les Politiques – Portraits et Croquis aux Éditions de l’Observatoire, est l’invité de la matinale. Il a réagi au discours de Donald Trump, qualifiant le président américain de « grenade dégoupillée » et assure que le dernier champ d’action d’Emmanuel Macron est l’international. Il observe aussi une profonde division dans la population française, inédite depuis 45 ans.
95 « Faillite mondiale » de l’eau : « C’est une ressource locale, s’il ne pleut plus, on n’a plus d’eau à boire » avertit Gaspard Koenig
Le philosophe et écrivain, qui publie un nouveau roman, « Aqua » (ed. de L’Observatoire) réagit à cette déclaration choc de l’ONU : l’eau manque partout et c’est une « faillite mondiale ». Ce n’est pas une surprise pour les scientifiques, souligne l’invité de la matinale, qui rappelle à quel point cette ressource est fragile, y compris dans des régions françaises qu’on pense protégées.
96 Droits de douane : « une arme un peu fragile » brandie par Trump, selon le diplomate Philippe Étienne
C’est le retour de la menace des droits de douane. Donald Trump compte désormais surtaxer de 200% les vins et les champagnes français, après le refus de la France d’intégrer son « Conseil de paix ». Quelle réponse peuvent apporter les Européens ? Le diplomate Philippe Étienne était l’invité de la matinale de Radio Classique pour nous aider à comprendre cette nouvelle séquence.
97 Crise du Groenland : « L’idée d’une menace russe ou chinoise, comme l’affirme Trump, n’a aucun sens » déplore le chercheur Thierry Garcin
Thierry Garcin est chercheur associé à l’Université de Paris, docteur en Sciences Politiques, maître de conférence à HEC et auteur de Géopolitique de l’Arctique aux éditions Economica. Au micro de David Abiker, il a livré son analyse au sujet de la pression exercée par le président américain pour racheter le Groenland, territoire qu'il estime stratégique, non seulement pour les terres rares, dont le sous-sol regorge, mais aussi d'un point de vue géopolitique. Pour le chercheur, l'argument géopolitique est un mensonge de Donald Trump
98 « Paul Bocuse se rêvait en personnage de roman » affirme le journaliste gastronomique Gautier Battistella
Gautier Battistella, expert du monde de la gastronomie et des chefs est l'invité de la matinale à l’occasion de la sortie de son roman « Bocuse » aux éditions Grasset. Il revient sur la vie du célèbre cuisinier français, Paul Bocuse.
99 « Trump et Poutine adhèrent à la même vision du monde » analyse l'anthropologue Wiktor Stoczkowski
L'auteur de «Penser comme Poutine - Une menace pour nos démocraties» décrypte les liens de pensée entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Wiktor Stoczkowski, anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales, et auteur de Penser comme Poutine, Une menace pour nos démocraties (Editions du Cerf) était l'invité de la matinale de Radio Classique.
100 Iran : « Je ne sais pas si Trump lui-même sait ce qu'il a en tête » en menaçant d'intervenir, selon Gilles Kepel
Le politologue et spécialiste de l'islam pense que l'attaque américaine éventuelle en Iran, si elle a lieu, pourrait être un remake de la guerre des 12 jours.
101 « Aux yeux des Français, jamais la capacité du RN à exercer le pouvoir n'a été aussi grande » estime le politologue Pascal Perrineau
Le Rassemblement national domine désormais l'échiquier politique de cette Vème République fragilisée, assure Pascal Perrineau. Mais s'agissant de la présidentielle, qui reste une élection de personnalité, le choix du candidat n'est pas neutre et soulève des questionnements, indique le politologue, invité de Radio Classique ce mardi.
102 Même en démocratie, c'est « la tyrannie du flux permanent, un récit en chasse un autre, nous n’avons plus de repères » selon Asma Mhalla
La démocratie n'empêche pas l'infiltration des systèmes totalitaires, avertit la politologue Asma Mhalla. Invitée de la matinale de Radio Classique ce lundi, elle décrypte pour nous ce phénomène d'afflux permanent des images d'actualité, et explique comment retrouver des repère face à ce qu'elle qualifie de fluxocratie.
103 « La drogue, d'argument, est devenue prétexte » affirme l'ancien ambassadeur du Venezuela
Jean-Marc Laforêt, ancien ambassadeur français au Venezuela nous apporte son regard sur l’intervention américaine pour capturer Nicolás Maduro. Selon lui, la réelle motivation de cette opération n’est pas la lutte contre le narcotrafic, mais bel et bien le pétrole.
104 « Emmanuel Macron est le seul à avoir une proximité avec Donald Trump et avec Xi Jinping » selon Jean-Pierre Raffarin
L'ancien Premier ministre français, invité de la matinale, décrypte les relations internationales actuelles dans lesquelles le droit recule et le rapport de force domine. Une situation préoccupante marquée par le manque de puissance de l'Europe, face auquel seul l'arrêt du conflit en Ukraine pourra lui donner un regain. Dans ce contexte européen délicat, le président français s'avère être le seul à négocier à la fois avec les États-Unis et la Chine.
105 Spatial : « En termes d'excellence scientifique et technique, la France reste au premier rang international » affirme le président du CNES
François Jacq, président du CNES, était l’invité de la matinale. Il revient sur la prochaine mission de l’astronaute Sophie Adenot et sur l’excellence de la formation française. Selon lui, même si l’Allemagne dépense plus que la France dans le spatial, la France est dotée de compétences techniques et scientifiques qui en font le leader européen du secteur.
106 « L'Europe n'a plus le choix, elle doit rétablir sa souveraineté là où elle est menacée » prévient Bruno Tertrais
Face à Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping, qui veulent chacun redonner de la « grandeur » à leur pays, et expriment militairement leur puissance, comment l’Europe doit-elle se positionner ? Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, était l’invité de la matinale de Radio Classique pour nous aider à comprendre les grands mouvements géopolitiques et lancer un avertissement : l’Union européenne doit s’unir davantage pour affronter ces néo-empires.
107 Venezuela : « On voit la projection de la puissance américaine d'une façon atypique dans l'histoire moderne » selon Amy Greene
Le président déchu du Venezuela, Nicolas Maduro doit comparaître ce lundi devant la justice de New York, seulement deux jours après son enlèvement par les Etats-Unis pour « narcotrafic ». Amy Greene, experte associée à l’Institut Montaigne, spécialiste de la politique américaine, enseignante à Sciences Po à Paris, à la Boston University et à l’université de Californie, était l’invitée de la matinale de Radio Classique pour analyser cette opération américaine d’une ampleur inédite, selon elle.
108 Dénatalité : « En France on vit de plus en plus longtemps mais on fait deux fois moins d'enfants » assure Antoine Foucher de Quintet Conseil
C’est un grand retournement que le pays a connu l’an dernier : il y a eu en 2025 plus de décès que de naissances. Une preuve que la France fait face à un autre obstacle que celui de la dette, le mur de la démographie. Antoine Foucher, président de Quintet Conseil et auteur de « Sortir du travail qui ne paie plus » aux éditions de l’Aube, analyse les différentes raisons et conséquences de cette chute de la natalité.
109 Gelosia ! Italian Cantatas : « Une balance entre modernisation et fidélité au style de l'époque » déclare le contre-ténor Philippe Jaroussky
Le premier invité de l’année de Radio Classique, Philippe Jaroussky, revient sur les inspirations et la construction de son nouvel album « Gelosia ! », célébrant ses vingt-cinq ans de carrière.
110 « Les restaurateurs ont leur rôle à jouer en soutenant les agriculteurs et en achetant les bons produits » déclare Anne-Sophie Pic
La cheffe la plus étoilée au monde avec ses dix étoiles, Anne-Sophie Pic était l’invitée de la matinale sur Radio Classique. Au menu du jour, les liens entre la cuisine française et asiatique, la place des femmes dans le monde culinaire ou encore l’importance du soutien des restaurateurs aux agriculteurs.
111 Taïwan : « Une invasion provoquerait pour l’économie mondiale un trou équivalent à celui de la 2nde Guerre mondiale » alerte F. Heisbourg
François Heisbourg, conseiller principal pour l’Europe à l’IISS, analyse le retour en fanfare de Donald Trump sur la scène internationale notamment au sujet de Taïwan et de l’Ukraine, à l’heure où les États-Unis sont plus que jamais incontournables. Une omniprésence qui, toutefois, s’apparente à un éléphant malade dans la pièce.
112 IA : « Les médias de masse auront demain un rôle majeur pour aider à distinguer les fausses informations des vraies » pour J-G Ganascia
Le professeur à la faculté des sciences de la Sorbonne Université et chercheur au sein de son laboratoire revient sur l’ascension fulgurante de l’IA en cette année 2025. Cela étant, même si elle nous a particulièrement marqués ces dernières années avec la démocratisation de l’outil ChatGPT, le spécialiste nous rappelle que cette discipline ne date pas d’hier.
113 « Aujourd'hui l’aide sociale à l’enfance est un naufrage » déclare Céline Greco
Céline Greco, présidente de l’association IM’PACTES, dénonce les graves défaillances de l’aide sociale à l’enfance, qui ne protège plus suffisamment les mineurs. Début décembre, dans un foyer de Paris, des éducateurs ont rasé un enfant de 8 ans en guise de sanction, avant de diffuser les images sur WhatsApp. Céline Greco regrette que la société se montre parfois plus vigilante envers ses biens matériels qu’envers la protection des enfants.
114 « La chanson populaire inonde l’histoire de la musique classique » constate le pianiste Alexandre Tharaud
115 « L’IA va vous amener à découvrir des artistes, des talents et des œuvres parfois très abordables » selon Maurice Lévy
Maurice Lévy, ancien directeur général de Publicis Groupe et fondateur d’ArtMajeur, perçoit l’intelligence artificielle comme un allié précieux pour le monde de l’art. Il envisage l’IA capable de générer des œuvres « à la manière de », ouvrant de nouvelles voies créatives. De plus, l’IA pourrait révolutionner la découverte artistique en proposant des expériences personnalisées comme sur les plateformes musicales… Un levier d’innovation et d’accès inédit à l’art.
116 Général Pierre de Villiers : « Dans un monde de plus en plus instable, le réarmement devrait être massif »
L’ancien chef d’État-Major des Armées était l’invité de la matinale. Il estime que « nous n’avons pas pris à ce stade les mesures nécessaires, notamment la fameuse économie de guerre, pour simplifier la bureaucratie et accélérer la production des équipements militaires ».
117 Budget 2026 : La suspension de la réforme des retraites, "un immense gâchis" selon l'économiste Bertrand Martinot
Dans un pays où la population active risque de stagner et va probablement décroître à partir des années 2030, Bertrand Martinot explique qu’on a besoin de mobiliser la force de travail existante. « La réforme des retraites, ce n’est pas qu’un sujet financier, ce n’est pas qu’un sujet comptable, c’est aussi une façon d’augmenter la taille du gâteau ».
118 Budget 2026 : « On ne résoudra ce problème des finances publiques que sous la contrainte extérieure » assure François Ecalle
Alors que la commission mixte paritaire a jusqu’à demain pour mettre d’accord l’Assemblée et le Sénat sur ce que pourrait être le projet de loi de finances 2026, le conseiller maître honoraire de la Cour des comptes nous détaille les grandes masses du budget français. Des chiffres à connaître dont on a fait abstraction dans ce marasme budgétaire.
119 Budget 2026 : « On était déjà sur le qui-vive, désormais on est très inquiets » lance Patrick Martin, président du Medef
Patrick Martin déplore qu’aucune mesure d’économie n’ait été prise dans le cadre du PLFSS. Il redoute que cela ne soit compensé par le projet de loi de finances.
120 «Les réseaux sociaux n'apportent rien, ni à la culture, ni au comportement des jeunes» selon le linguiste Alain Bentolila
Le rétrécissement des écrits et l’immédiateté des choses n’encourage pas à l’écriture distanciée ou à une lecture un peu longue, analyse le linguiste, qui parle d’une « addiction à dénoncer ».
121 Dermatose nodulaire : « Ce sont les déplacements illicites qui sont à l'origine de l'extension de la maladie » selon Jeanne Brugère-Picoux
La dermatose nodulaire contagieuse est au cœur d’une réunion ce mardi matin à Matignon, alors que la gestion de cette nouvelle crise agricole par le gouvernement est sous le feu des critiques. Faut-il abattre tout un troupeau de vaches pour un individu malade ? Jeanne Brugère-Picoux, professeure honoraire de l’Académie Vétérinaire de France et spécialiste de la pathologie du bétail, nous éclaire sur l’enjeu majeur de ce « dépeuplement massif » : rester en zone indemne et garantir nos exportations de viande bovine.
122 Zhang Zhang : « Discriminer les artistes selon leur origine, leur nationalité ou leur croyance, c'est du racisme »
La violoniste et auteure de « La Voie de L’Archet » aux éditions Fayard était l’invitée de David Abiker ce 12 décembre. Elle a réagi notamment à l’intrusion de militants pro-palestiniens à la Philharmonie de Paris pour perturber un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël. La musicienne se dit choquée que dans le monde libre, « on puisse attaquer, censurer, canceler des artistes selon leur origine ».
123 Budget : « On avait le choix entre la peste et le choléra », fustige Thierry Martel, DG de Groupama
Thierry Martel, directeur général de Groupama, était l’invité de la matinale Radio Classique ce jeudi 11 décembre. Il fallait à tout prix s’accorder sur un budget, reconnaît-il, même s’il fustige un PLFSS catastrophique, pointant l’abandon de la réforme des retraites.
124 Avec l'uniforme à l'école, «les enfants ne sont plus l'individu-roi, mais l'écolier» assure le sociologue Jean-Claude Kaufmann
Jean Claude Kaufmann, sociologue et auteur d’un ouvrage sur l’uniforme à l’école, « L’Uniforme scolaire, Vêtement archaïque ou instrument de la modernité ? » aux éditions Armand Colin, était l’invité de la matinale Radio Classique ce mercredi 10 décembre. Selon lui, une tenue unique est un outil efficace pour éduquer des enfants qui aujourd’hui sont sollicités pour tout : « L’enfant est-il une personne absolue et peut-il décider de tout ?»
125 «L'entêtement de la France à ne pas se réformer va devenir inacceptable» dans l'UE, selon l'économiste Patrick Artus
La France devra-t-elle être réformée par la force, sur décision de l’Union Européenne ? C’est ce qu’a laissé entendre ce matin Patrick Artus sur Radio Classique. Le professeur d’économie a ravivé le souvenir de la contrainte exercée par l’UE sur les pays d’Europe du Sud au début des années 2010, et assure que le scénario pourrait se reproduire pour notre pays.
126 Gad Elmaleh : « Je pense qu'il faut être à l'écoute de ceux qui vivent pleinement leur foi. Ils en ont le droit »
Gad Elmaleh est humoriste, acteur, réalisateur… et désormais récitant. Il lira des extraits des Confessions de Saint Augustin au coeur de la Sainte-Chapelle le 26 décembre à 19h30. Une lecture en musique, accompagnée par David Braccini et le quatuor Classik Ensemble.
127 « La musique est en lien avec ce qui se passe aujourd’hui, elle n’est pas qu’un regard vers le passé » selon la cheffe Zahia Ziouani
La cheffe d’orchestre qui dirigera les concerts de Noël de Radio Classique les 6 et 7 décembre prochains revient sur le rapport entre la musique et l’actualité. Pour elle, l’univers de cet art ne doit pas être déconnecté de la réalité et doit au contraire, à travers sa mélodie, en parler.
128 Crise politique : « les Français sont assez lucides sur la médiocrité du personnel politique » assure Raphaël Doan
A l’occasion de la publication de son livre Faire de la France une démocratie aux Éditions Passés Composés, l’essayiste revient sur l’étude du CEVIPOF qui met en lumière ce qui est devenu le problème numéro 1 des Français : les politiques.
129 Santé mentale : « Avec toutes ses répercussions, ce n’est pas juste un problème médical mais bel et bien social » assure Maria Melchior
C’est le grand thème de la cause nationale de 2025 et le sera également pour 2026 : L’épidémiologiste, spécialiste de la santé mentale Maria Melchior analyse cette épidémie du trouble de la santé mentale qui est devenue la première dépense de l’assurance maladie.
130 « La nuance est une position plus juste intellectuellement et plus efficace politiquement » assure l’essayiste Jean Birnbaum
La nuance et le mot juste ont-ils encore une place dans le débat public ? Dans une société de plus en plus polarisée, l’essayiste Jean Birnbaum, directeur du Monde des Livres, veut partager sa conviction : « dire les choses comme elles sont » vous met en position de force. Invité de David Abiker dans la matinale de Radio Classique, il est venu parler de son dernier livre, La Force d’être juste, publié aux éditions Flammarion.
131 « Accepter de perdre ses enfants » : Pour Sylvain Tesson, « le général Mandon parlait de ses hommes, des militaires »
132 « La littérature jeunesse est un outil de soft power de la France », se félicite la présidente du Centre National du Livre
Régine Hatchondo, la présidente du Centre National du Livre, était l’invitée de la matinale de Radio Classique à l’occasion du 41ème Salon du Livre et de la Presse jeunesse à Montreuil. Un secteur qui va bien, et s’exporte à l’étranger. C’est « une richesse incroyable » pour notre pays, souligne-t-elle. Et malgré la concurrence des écrans, qui fait plonger le temps de lecture de nos enfants, il est encore possible, selon elle, de leur redonner goût à la lecture.
133 Plan de paix pour l'Ukraine : « Je demande à voir les concessions russes, je n'en ai pas trouvé » lance la présidente de Géorgie
Salomé Zourabichvili, présidente de la Géorgie, était l’invitée exceptionnelle de la matinale de Radio Classique. Estimant qu’il y a eu une fraude lors de la dernière élection présidentielle de 2024, sur fond de soupçons d’ingérence russe, elle livre son regard sur ce qui se joue avec le plan proposé par les États-Unis pour une paix entre l’Ukraine et la Russie.
134 Pacte Dutreil : «Le rapport de la Cour des comptes est troublant, on dirait qu'il fait le jeu des financiers de Wall Street » affirme Renaud
Alors que la Cour des comptes a émis des doutes sur l’efficacité du pacte Dutreil, l’ancien dirigeant de l’UMP réagit à cette perplexité, trouvant le rapport assez troublant. Selon lui, ce bouclier face aux investisseurs étrangers est essentiel et permet de garder en France des entreprises de toute taille.
135 Dépenses de santé :« Nous avons des marges de progrès et d'économies considérables» estime Agnès Buzyn
Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, auteur de « Demain notre santé », aux éditions Plon, était l’invitée de la matinale Radio Classique ce mardi 25 novembre. Selon elle, il faut rendre le système de santé plus efficace en terme de dépenses et réduire considérablement les actes médicaux inutiles.
136 Plan de paix pour l'Ukraine : "Il a le mérite d'exister et il est amendable, c'est la moins mauvaise des solutions" selon l'ancien diplomate
Gérard Araud a été ambassadeur de France en Israël, entre 2003 et 2006, puis aux Etats-Unis entre 2014 et 2019. L’ancien ambassadeur vient de publier Leçons de diplomatie – la France face au monde qui vient, aux éditions Tallandier. Plan de paix américain pour l’Ukraine, COP30 sur le climat, la place d’Israël au Proche-Orient : l’invité de David Abiker a livré son analyse sur la situation des différents moments clés que nous vivons.
137 «La défiance dans les chiffres est plus forte qu'il y a quelques années, particulièrement aux extrêmes» selon Karine Berger
Karine Berger, secrétaire générale de l’Insee, était l’invitée de la matinale Radio Classique ce vendredi 21 novembre. Elle évoque un relativisme scientifique grandissant dans la société française, qui s’expliquent notamment par la dimension politique que les chiffres peuvent prendre. Cette défiance semble prendre de l’ampleur quand on se rapproche des extrêmes de l’échiquier politique.
138 Les millennials peuvent être "un îlot de résistance face au chaos du monde", selon la sociologue Monique Dagnaud
Monique Dagnaud, sociologue spécialiste des mutations de la jeunesse, était l’invitée de David Abiker. Si la génération dite des Millennials semble vouloir «tout changer» dans son rapport au monde et au passé, elle a avancé que celle-ci saura préserver les valeurs chères à l’Europe, notamment face au trumpisme et aux nouveaux impérialismes. Elle vient de publier « Génération Reset : ils veulent tout changer » aux éditions Odile Jacob
139 Ferme municipale, logements pour les apprentis, vélo pour aller à l'école : Le tour de France des idées qui marchent avec Raphaël Ruegger
Raphaël Ruegger a cofondé la Fédération Française des Trucs qui marchent et vient de publier un livre éponyme, aux éditions Buchet-Chastel. Son objectif : identifier et faire connaître des initiatives portées par les communes qui ont fait leur preuves, et qui peuvent fonctionner ailleurs
140 Le bunker auto-suffisant de Mark Zuckerberg, le jumeau numérique du fondateur de LinkedIn : les génies de la Tech racontés autrement
Guillaume Grallet est un des rares journalistes français à avoir rencontré les génies de la tech, de Mark Zuckerberg, PDG de META et co-créateur de Facebook, à Sam Altman, PDG d’OpenAI. Dans son livre « Pionniers, Voyage aux frontières de l’intelligence artificielle » édité chez Grasset, il propose une galerie de portraits fascinante en s’intéressant de manière anthropologique à ces patrons qui sont en train d’inventer l’IA. Il a rappelé qu’il ne fallait pas que l’IA se fasse sans la France, qui a la capacité scientifique de participer à ce bouleversement du monde intellectuel.
141 Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre Moscovici
« Un pays qui s’endette est un pays qui s’affaiblit » : l’avertissement vient du président de la Cour des comptes. Pierre Moscovici, invité de la matinale de Radio Classique ce lundi s’inquiète du déficit public qui se rapproche des 5% en plein débat budgétaire. Pour autant, il veut rester optimiste et estime qu’un accord pourrait être trouvé entre l’Assemblée nationale et le Sénat pour adopter le budget 2026 avant Noël.
142 « Lecornu est présidentiable, il peut faire consensus au-delà de la droite » selon Jean-Luc Barré, le biographe du général de Gaulle
Jean-Luc Barré publie « Le Premier des Français », deuxième tome de sa biographie monumentale du général de Gaulle. Il est aussi l’éditeur du Premier ministre Sébastien Lecornu, dont il brosse un portrait élogieux
143 13-Novembre : « Ce qui est nouveau dans le terrorisme, c'est la montée en puissance des très jeunes » réagit Jean-François Ricard
L’ancien procureur de la République au Parquet national antiterroriste au jour des 10 ans des attentats de Paris, décrypte les potentiels réitérations d’un tel acte et les mouvances terroristes actuelles.
144 Une rencontre entre Salah Abdeslam et les familles de victimes «ne peut pas venir d'une demande» du terroriste selon Jean-Xavier de Lestrade
Le réalisateur de la série « Des Vivants » nous explique pourquoi il a choisi de se centrer sur sept des multiples victimes rescapées du Bataclan. Ce groupe de personnes, otages des deux terroristes, a été le seul à avoir pu échanger avec eux. Une histoire qui, dans cet événement tragique, est encore méconnue.
145 11 novembre : « La fin de la guerre n’annule pas ses conséquences dans la vie de ceux qui ont été au combat » déplore Guillaume Piketty
L’auteur de Sortir de la guerre – des guerres de religions aux conflits asymétriques aux éditions Passés Composés nous livre son analyse sur ce que peut nous enseigner cette date à notre époque. Selon l’historien, les traumatismes des combattants se transmettent à leurs descendants.
146 Retraites : Jean-Michel Blanquer favorable à un système par points
Jean-Michel Blanquer était l’invité de la matinale Radio Classique ce lundi 10 novembre. L’ancien ministre de l’Éducation nationale s’est dit favorable au passage du système de retraite par répartition à un système par points.
147 Le concert de l'orchestre d'Israël perturbé : « cela pose le problème de la sécurité de la salle » selon Thibault de Montbrial
A Paris, un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël a été interrompu par des militants propalestiniens. Invité de la matinale, Thibault de Montbrial, avocat, lieutenant-colonel de gendarmerie dans la réserve et président du Cercle de réflexion sur la sécurité intérieure, expose un point de vue alarmiste quant à la sécurité en France.
148 « Donald Trump essaie de faire tomber les contrepoids que Tocqueville jugeait capital à la démocratie américaine » assure Françoise Melonio
Autrice de « Tocqueville », l’historienne met en lien la démocratie américaine à l’époque d’Alexis de Tocqueville avec celle actuelle sous l’ère Donald Trump.
149 Boualem Sansal : « Son emprisonnement représente aussi un message à la France » assure le romancier Kamel Daoud
Cela fait maintenant un an que l’écrivain est emprisonné en Algérie, tout comme son compatriote et journaliste sportif Christophe Gleizes. Kamel Daoud, romancier et journaliste franco-algérien, Prix Goncourt 2015 du premier roman et Prix Goncourt 2024, nous apporte sa lecture sur le régime algérien à travers ces détentions.
150 Affaire Ben Barka : « Il y a eu un crime impliquant trois États » assure le journaliste d’investigation Stephen Smith
À l’occasion des 60 ans de l’affaire et de la sortie de son livre coécrit « L’affaire Ben Barka : la fin des secrets » aux Éditions Grasset, le spécialiste de l’Afrique revient sur le profil de Ben Barka et de ceux qui avaient intérêt à sa disparition.
151 Thierry Breton : « Nous sommes entrés dans une phase de grand renoncement, la France ne maîtrise plus ses finances publiques »
L’ancien Commissaire européen se fait historien pour expliquer la crise politique et économique que nous vivons. Il publie « Les Dix renoncements qui ont fait la France » (éd. Plon), dans lequel il retrace le parcours historique des moments où la France a renoncé. Thierry Breton cherche à comprendre ce mécanisme pour mieux le « casser ».
152 Taxe Zucman : « On ne voit pas que la taxation des entreprises françaises est déjà l'une des plus élevées d'Europe » selon Nicolas Dufourcq
A l’étranger on tresse des couronnes de lauriers à ceux qui fabriquent de la richesse, en France on leur offre la taxe Zucman. Le directeur général de la BPI France souligne l’incompréhension des entrepreneurs face à cet impôt.
153 « Les gens qui paient les droits de douane sur la Chine, ce sont les MAGA » affirme l’économiste Jean-Marc Daniel
Le Professeur émérite à l’ESCP Business School nous explique quelles leçons il tire sur le plan économique du rapprochement américano-chinois auquel on a assisté cette nuit.
154 Budget 2026 : « Nous avons urgemment besoin de traiter la question de la cohésion sociale en France » prévient Carlos Tavares
Dans un sentiment de peine face au contexte de crise, l’auteur de « Un pilote dans la tempête » aux éditions Plon aborde les solutions qui, selon lui, permettraient à la France d’exprimer son plein potentiel.
155 Budget de la Sécurité sociale : « L’endettement extrêmement problématique fait qu’aujourd’hui nous sommes dans le mur » déplore Julien Damon
Le sociologue et auteur de « Petit éloge de la Sécu » aux Presses de Sciences Po nous livre son analyse sur le modèle social français et sur les solutions pour financer les 17 milliards de déficit de l’assurance maladie.
156 « On s’aperçoit combien désormais nos établissements culturels et patrimoniaux sont visés par le grand banditisme » déplore Gilles Pécout
Le directeur de la BnF revient sur l’impressionnant cambriolage du Louvre. Il aborde la question de la fragilité sécuritaire des lieux patrimoniaux français et les solutions pour s’assurer de remédier à ces failles.
157 Cambriolage au Louvre : « les chances de retrouver les bijoux ne sont pas très élevées » s’attriste Vincent Meylan
Vincent Meylan, journaliste et historien, spécialiste de la haute joaillerie, partage son inquiétude face au sort des bijoux d’une « valeur patrimoniale inestimable » dérobés au Louvre lors du cambriolage survenu dimanche 19 octobre. Pour cet expert, c’est une part du patrimoine culturel et historique qui risque d’être perdu à jamais.
158 Retraites : « Emmanuel Macron veut continuer à dire son mot et cela crée beaucoup de brouillage » déclare le politologue Pascal Perrineau
Entre la suspension annoncée par le Premier ministre et le terme de « simple décalage » employé par le président de la République, il y a un fort sentiment de brouille. L’invité du jour, ancien directeur du CECIPOF, nous offre son point de vue sur la situation.
159 Centenaire de la Martha Graham Dance Company : « Un challenge mais surtout une chance inouïe » pour la danseuse étoile Aurélie Dupont
L’ancienne directrice de la danse de l’Opéra de Paris revient sur scène à l’occasion d’une tournée pour le centenaire de la Martha Graham Dance Company. Une création sur mesure qui représente six minutes intenses d’une performance solo nommée « Désir ».
160 S&P abaisse la note de la France : « un avertissement pour qu'elle se mette d’accord sur un budget » selon Philippe Aghion
Le prix Nobel d’économie nous éclaire sur la préparation du budget 2026. Au menu : suspension de la réforme des retraites, taxe Zucman ou encore système de réforme à points.
161 Gaza : « On est à la merci de l’événement sans force internationale imposant un cessez-le-feu » assure le géopolitologue Dominique Moïsi
Le bruit des bombes résonne de nouveau à Gaza, une semaine après l’euphorie diplomatique autour des libérations d’otages et de prisonniers. Le membre de l’IFRI, Dominique Moïsi, analyse cette reprise des hostilités.
162 Crise politique : « Nous sommes pour la première fois en France dans une situation où le pouvoir exécutif se vide » déplore Dominique Reynié
Le politologue expose son point de vue sur la période de crise que nous traversons actuellement. Ce dernier revient sur la future élection présidentielle, qui empêche tout compromis, et la mort à petit feu de l’esprit national.
163 « L'armée française est prête en cas de conflit et ira sur les remparts de notre pays et de l’Europe si nécessaire » selon le général Schill
Suite à la publication de son livre Le sens du commandement (Éd. Cerf), le chef d’état-major de l’Armée de terre Pierre Schill analyse le conflit russo-ukrainien, évoque la possibilité d’entrer en guerre pour l’armée française, et revient sur le budget des armées pour 2026.
164 Retraites : Une réforme "reste absolument nécessaire" selon le président du Medef Patrick Martin
Le représentant des 240 000 chefs d’entreprises exprime son inquiétude et sa tristesse face à l’exigence de la suspension de la réforme par les socialistes. Pour le président du Medef, cette interruption va coûter des milliards d’euros dès 2026, il sera donc indispensable de reprendre la réforme des retraites.
165 Cessez-le-feu à Gaza : «C'est une fin de la guerre, mais ce n'est pas la paix» selon le politologue Gilles Kepel
Le spécialiste du monde arabe contemporain analyse les tenants et les aboutissants de ce cessez-le-feu dans un sentiment de soulagement global pour les Israéliens comme pour les Palestiniens. Néanmoins, la fin de cette guerre de 738 jours, qui en fait la plus longue du Moyen-Orient, n’assure en rien la stabilité d’une paix pour demain.
166 «La France s'appauvrit parce qu'on fait les mauvais choix depuis plusieurs décennies» selon Antoine Foucher, expert des questions sociales
Antoine Foucher était l’invité de la matinale de Radio Classique ce lundi 13 octobre. Pour l’ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud, la France surinvestit dans ses dépenses sociales, en particulier les retraites, au détriment de l’éducation et de l’industrie.
167 «Vladimir Poutine a fait une erreur historique majeure» avec l'invasion de l'Ukraine, affirme le diplomate Pierre Lévy
Pierre Lévy, ambassadeur de France en Russie de 2020 à 2024, était l’invité de la matinale Radio Classique. Il a expliqué que le président russe avait fait une erreur historique majeure en envahissant l’Ukraine en février 2022, la guerre étant vouée selon lui à se poursuivre encore.
168 Robert Badinter au Panthéon : « C'était l'un des derniers grands hommes » salue l'historien Jean Garrigues
Jean Garrigues vient de publier « Les avocats de la République » (Ed. Odile Jacob). L’ouvrage retrace l’histoire des grands avocats qu’a connus la France au XIXe et XXe siècle et leurs capacités à défendre un certain nombre de valeurs primaires républicaines. Selon le spécialiste d’histoire politique, on peine aujourd’hui à retrouver des hommes politiques qui soient capables par les paroles et les actes d’incarner la République Française. La crise politique actuelle que nous traversons en est le parfait exemple.
169 « Cette crise du régime politique est la plus grave depuis l’instauration de la Ve République » déclare le politologue Jérôme Jaffré
Jérôme Jaffré revient sur la crise politique actuelle que traverse le pays. Potentielle démission d’un Emmanuel Macron bouc-émissaire qui n’en reste pas moins le décideur, transfert des pouvoirs de l’exécutif vers les partis ou bien dissolution, l’analyste politique décrypte les éventualités politiques à venir.
170 « La mission confiée à Lecornu, s’il y parvient en 48h, est le 13e des travaux d'Hercule » selon le politologue Benjamin Morel
Recomposition du socle commun, dissolution ou encore démission d’Emmanuel Macron : le politologue et maître de conférences à Paris-Assas, Benjamin Morel, revient sur les différentes options qui se présentent au président dans une crise encore jamais connue sous la Ve République.
171 Reconnaissance de l'Etat palestinien par la France : «C'est venu trop tôt et c'était mal fichu», selon l'ex-ambassadeur de France en Israël
172 « Les Français ne sont pas dupes, de moins en moins de gens soutiennent LFI » déclare Omar Youssef Souleimane
Originaire de la Syrie, Omar Youssef Souleimane a été radicalisé pendant 25 ans, manipulé par le discours islamique. Il s’en libère avant de fuir vers la France en 2012. Son livre Les Complices du Mal (Plon), dénonce le lien qu’il y aurait entre La France Insoumise et les islamistes, à travers les manifestations dans lesquelles il s’est infiltré. Une œuvre qui lui a valu d’être attaqué en justice par le parti d’extrême-gauche.
173 « On a tellement pris l'habitude de vivre en démocratie qu'on ne jouit même pas de cette faveur-là » déplore le politologue Roland Cayrol
Dans un monde de plus en plus dur, la vision d’une démocratie inefficace au profit de régimes autoritaires prend de l’ampleur. Invité de la matinale, Roland Cayrol, politologue et auteur d’Alerte mondiale : démocratie en danger ! (éd. De l’Aube), constate l’effondrement des fondamentaux démocratiques américains. Selon lui, seule l’Europe – à l’exception de certains pays – continue de se battre
174 « La France a des atouts tout à fait considérables pour assurer son indépendance » affirme Alain Juppé
Entre le plan d’action de Donald Trump pour Gaza et les incertitudes sur l’avenir de l’Europe, le monde semble en plein bouleversement. Invité de la matinale, Alain Juppé, membre du Conseil constitutionnel et auteur de L’heure du choix : Pour une déclaration d’indépendance des Européens (Tallandier), permet un éclaircissement sur les enjeux européens et mondiaux.
175 Gaza : « Un énième plan de paix de Trump, mais il y a de vraies concessions de Netanyahu » note Nicole Bacharan
L’historienne et politologue Nicole Bacharan, spécialiste des Etats-Unis pointe une vraie concession du Premier ministre israélien : il envisage dans le futur de retirer les forces israéliennes de Gaza, en grande partie en tous cas. Autre point-clé, « il s’est excusé auprès du Qatar des frappes à Doha ».
176 Nicolas Sarkozy condamné : «C'est un séisme pour notre pays», réagit Eric Dupond Moretti
L’ancien Garde des Sceaux réagit à la condamnation à 5 ans de prison de l’ancien président de la République, un jugement qui a frappé de stupeur la classe politique. Eric Dupond-Moretti se dit « ému » à l’idée que Nicolas Sarkozy aille en prison dans quelques jours, « qu’on l’aime ou qu’on le déteste ».
177 Sarkozy condamné : « Au-delà de sa personnalité, c'est la fonction présidentielle qui est atteinte » selon le politologue Pascal Perrineau
L’annonce de la condamnation de Nicolas Sarkozy à une peine de cinq ans de prison, avec exécution provisoire, dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, a créé une onde de choc dans le paysage politique. Invité de la matinale, Pascal Perrineau, politologue, décrypte ce jugement qui dépasse le simple cadre judiciaire.
178 « Il y a quelque chose de clanique chez les Le Pen » estime Christophe Bourseiller
L’année 2025 aura été marquée par de nouveaux rebondissements dans la famille Le Pen. Entre la disparition de Jean-Marie Le Pen, et la condamnation de Marine Le Pen à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, la saga familiale continue d’agiter la scène politique française. Invité de la matinale, Christophe Bourseiller, historien, comédien et auteur de Les Le Pen : une famille française (Perrin), analyse ce phénomène politique atypique.
179 Le changement climatique, « une arnaque » selon Trump : « je pense qu’il a peur » affirme le climatologue Nathanaël Wallenhorst
Nathanaël Wallenhorst vient de publier « 2049, ce que le climat va faire de l’Europe » (Seuil). Le docteur en sciences de l’environnement et de l’éducation analyse le discours de Donald Trump à la tribune de l’ONU. Le président américain a mis en doute la réalité du réchauffement climatique, qui est pourtant évidente, explique le scientifique
180 La reconnaissance de la Palestine « marque le succès de la diplomatie française » selon l'essayiste Hakim El Karoui
181 Alexandre Desplat : « plus je compose, plus je me sens comme un acteur qui joue avec les acteurs sur l’écran »
Alexandre Desplat affirme : « plus j’avance en compositions, plus je me sens comme un acteur qui joue avec les acteurs sur l’écran. Je me mêle à eux, j’entends et j’accompagne les émotions, puis je les transmets au public ». Il voit la musique de film « comme un art collectif dans lequel le compositeur doit s’intégrer ».
182 Dette publique : « La France ne peut pas se permettre d’avoir des budgets à l’eau tiède » alerte Philippe Dessertine
L’économiste se prononce aussi contre certaines pistes pour réduire le déficit, comme la taxe Zucman sur les grandes fortunes. A ses yeux, ce n’est pas en alourdissant la fiscalité des entreprises ou des investisseurs que l’on trouvera une sortie de crise. Il plaide plutôt pour une baisse de la Contribution sociale généralisée (CSG), « c’est typiquement l’impôt qu’on ne voit pas, il n’est d’ailleurs pas comptabilisé comme impôt puisque c’est une charge sociale. »
183 Guerre en Ukraine : «L'Ukraine tiendra» estime le général Jérôme Pellistrandi
Le général Jérôme Pellistrandi était l’invité de la matinale de Radio classique ce jeudi 18 septembre. Interrogé sur la poursuite de la guerre en Ukraine, il a considéré qu’en l’absence de percée décisive de la part des Russes, l’Ukraine tiendra coûte que coûte.
184 Fin des avantages à vie des anciens ministres : « Politiquement, le geste a un sens, pas économiquement » estime Jean-Pierre Raffarin
« Les règles, ça se respecte ». L’ancien Premier ministre estime qu’il a toujours appliqué les lois de la République, et accepte ce changement décidé par l’exécutif, plaidant pour le respect de la règle commune.
185 « Darwin nous a offert l’idée que le vivant pouvait avoir une histoire », salue le physicien Christophe Galfard
Christophe Galfard, physicien et écrivain, est l’auteur du livre « La Vie à portée de main » aux éditions Albin Michel revient sur les origines de la Vie. Il explique que tous les humains sont curieux, et « veulent voir ce qu’il y a derrière la colline »
186 Jean-Pierre Jouyet plaide pour « un dialogue nourri entre Sébastien Lecornu et les socialistes »
« Sébastien Lecornu est un très bon négociateur, il peut trouver des compromis » assure Jean-Pierre Jouyet, ancien secrétaire général de l’Elysée. Il affirme qu’au cœur de cette crise politique « les socialistes n’ont pas intérêt à une dissolution, il doit y avoir un dialogue nourri entre le Premier ministre et le PS ».
187 Crise politique : « Le problème n'est ni à Matignon, ni à l'Assemblée nationale, il ne peut qu'être à l'Élysée » déclare Benjamin Morel
Benjamin Morel, maître de conférence, politologue à Paris-Assas, explique qu’au cœur de la crise politique que nous vivons, il y a l’absence de majorité au Parlement. Par le passé, ce phénomène a déjà entraîné la chute des gouvernements les uns après les autres. « Une crise de régime, c’est quand vous êtes dans un piège à souris et que vous n’arrivez pas à en sortir », résume-t-il
188 Dette publique : « La taxe Zucman n'a strictement aucun sens » affirme Jean Peyrelevade
189 « Au-delà du casting, nous voulons que la politique du gouvernement soit pro-entreprise » lance le président de la CPME
Amir Reza Tofighi redoute que tout l’effort pour résorber la dette soit demandé aux entreprises. « Quand on attaque l’entreprise, on attaque la France », assure le président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises, invité de la matinale ce mercredi.
190 La chute du gouvernement, « un moment grave de la démocratie française » s'alarme le politologue Pascal Perrineau
Sans surprise, François Bayrou a perdu son pari. Le Premier ministre a été renversé, lundi 8 septembre, lors du vote de confiance à l’Assemblée nationale. Un nouveau gouvernement doit être constitué dans les prochains jours. Invité de la matinale, Pascal Perrineau, politologue et auteur de « Le goût de la politique » (Odile Jacob), partage son constat quant à la fracture qui ne cesse de croître dans le paysage français.
191 Dette publique : « Il y a une espèce de complicité générale pour que ça continue » s’indigne l'économiste Élie Cohen
Pour Élie Cohen, la chute du Premier ministre ne fait aucun doute et est déjà intégrée par les marchés : « Cette chute est tellement anticipée que cela fait des mois que les acteurs économiques se sont calés sur cette perspective. […] Cette opération coûtera sans doute quelques dixièmes de points de croissance. » Mais ce n’est pas l’instabilité politique qui inquiète le plus l’économiste, c’est le rapport des Français à la dette. « Je n’ai jamais compris pourquoi les Français n’intègrent pas du tout cette donnée. Ils sont indifférents au niveau de la dette. Ils ont l’impression qu’on a toujours vécu avec, qu’on peut continuer à vivre avec », confie-t-il.
192 "Bloquons tout" : Le mouvement montre "une forme d'exaltation du présent sans regard pour le futur", analyse le sociologue Gérald Bronner
Le sociologue Gérald Bronner vient de publier « A l’assaut du réel » aux éditions PUF. Il estime que le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre a des relents « populistes », notamment parce qu’il ne prend pas en compte l’existence de la dette publique, « une façon de repousser le problème vers les générations à venir »
193 Antisémitisme : « La France a de vrais mécanismes, mais ce n'est pas suffisant » selon Joshua Zarka, l’ambassadeur d’Israël en France
Joshua Zarka était l’invité de la matinale de Radio Classique. Il a estimé que les pays occidentaux ne comprennent pas l’ampleur du traumatisme des attaques du 7 octobre 2023 pour la société israélienne. «C’est le traumatisme le plus important que l’Etat d’Israël a vécu»
194 IA : L'usage va se normaliser, comme « ce qu'il s'est passé avec l'écriture » rassure le sociologue Bernard Lahire
Le sociologue Bernard Lahire constate une « panique » devant l’intelligence artificielle. Et en effet, à court terme, il estime qu’il y a des raisons de paniquer, car il faut changer les modes d’évaluation : « des enfants vont passer directement à l’IA pour cracher des réponses, ça pose problème ». Le chercheur du CNRS pointe toute fois une forme de conservatisme face à cette technologie, rappelant que Platon s’était plaint de l’écriture, assurant qu’elle allait « tuer la mémoire », plaidant pour la transmission orale du savoir
195 Transformer Gaza en «French Riviera» et recevoir le Nobel de la paix, les rêves ambitieux de Trump selon l'historien André Kaspi
André Kaspi, historien spécialiste des États-Unis, était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mardi 2 septembre. L’occasion de rappeler les ambitions parfois peu réalistes du président américain à propos de Gaza et de son futur.
196 EXCLUSIVITÉ – La présidente de la BCE Christine Lagarde, évoque « un risque préoccupant » en cas de chute du gouvernement Bayrou
Alors que la France vit actuellement une crise politique et se prépare à la chute très probable du gouvernement Bayrou, la présidente de la Banque Centrale Européenne Christine Lagarde s’exprime sur Radio Classique. Inquiète de la situation en France, elle rappelle aussi que le système bancaire français reste bien structuré et supervisé.
197 EXCLUSIF - Patrick Martin, président du Medef : « Attal, Retailleau et Bardella sont les plus conscients des périls économiques »
Lors d’un débat de clôture de l’université d’été du MEDEF, les représentants politiques de divers horizons – Gabriel Attal, Jordan Bardella, Manuel Bompard, Fabien Roussel ou encore Marine Tondelier – ont exposé leurs points de vue, témoignant de divergences dans leur perception de la situation. « Alors ce n’est pas un parti pris pour ma part, mais c’est plutôt Gabriel Attal, Bruno Retailleau et, dans une certaine mesure, Jordan Bardella qui se sont montrés les plus conscients des périls qu’on rencontre et surtout de ce qui se passe dans le reste du monde. Je veux dire par là que, dans leur couloir, certains n’ont même pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l’énergie, au durcissement de la concurrence incroyable. »
198 Droits de douane : «C'est un mauvais accord» pour l'Europe juge Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC
Pascal Lamy était l’invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi 28 août. L’ancien directeur général de l’OMC est revenu sur l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis de Donald Trump
199 Vote de confiance : « Nous entrons dans un moment catastrophique » estime le politologue Dominique Reynié
Dominique Reynié, politologue et directeur général du Think Tank « Fondation pour l’innovation politique » Fondapol était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi 27 août. Alors que le pays s’enfonce dans une crise politique majeure avec un vote de confiance qui semble perdu d’avance pour Bayrou, Dominique Reynié a estimé que les Français ne mesurent pas encore la gravité du moment.
200 Dette : « Ce qui nous attend, c'est un effort qu'on ne fait qu'une fois par siècle », estime Antoine Foucher
François Bayrou a donné une conférence de presse de rentrée ce lundi 25 août, en grande partie consacrée au budget 2026. Il a notamment annoncé qu’il se soumettrait à un vote de confiance de l’Assemblée le 8 septembre prochain. Invité de la matinale, Antoine Foucher, ex-directeur de cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, décrypte le panel de mesures destinées à économiser près de 44 milliards d’euros.
Si je prends notre exemple avec mon mari nous avons tous les deux un bac+5 et nous avons à peine le niveau de vie de nos parents qui avaient juste le bac ou un BTS, pour ma fille, faudra-t-il qu'elle atteigne un bac+10 pour juste être dans la classe moyenne?
Je crois qu'il faudrait proposer à nos gouvernants de suivre pendant une semaine toutes les tranches de la population, un exercice pratique qui leur permettrait d'être dans la réalité et pas dans une nébuleuse où seuls les chiffres ont leur crédit!
bonne journée.